L’effondrement militaire en juin 1940, et l’instauration du régime de Vichy dans une France occupée aux deux tiers par les troupes et services de l’Allemagne nazie, amenèrent les premiers résistants à se dresser contre l’occupant, et contre le nouveau régime. De nombreuses tentatives de regroupements clandestins échouèrent, donnant un rayonnement particulier aux structures qui réussirent au contraire à durer et se développer, au premier rang desquelles les mouvements de la résistance intérieure.

Outre un profil d’organisation de masse, la nature et la place des mouvements se détermine notamment par leur apparition  dans la clandestinité, le caractère politique de leur action, en lutte contre le  régime de Vichy et l’occupant, mais aussi en rupture avec la IIIème République. Si le renseignement, les activités de faux papiers, de passage de la ligne de démarcation, voir l’action armée sont aussi  pratiquées par les réseaux – organisations rattachées aux services secrets alliés - la propagande, et en son sein, la presse clandestine, fut en revanche l’apanage des mouvements, ainsi que des partis et syndicats résistants. L’information clandestine eut un impact considérable, favorisant le recrutement, se démultipliant par la création de petites feuilles pour des publics ciblés (ménagères, jeunes, cheminots) par les mouvements. En 1944, la presse des grands mouvements (Combat, Défense de la France, Libération ou Franc-Tireur) a gagné le combat de l’opinion publique. C’est cette presse, mais aussi celle de mouvements moins connus (Lorraine, Résistance, Valmy) ainsi que la presse d’organisations créées par le parti communiste clandestin  qui est présentée dans cette rubrique.