Dégagée du plateau de Brie par le passage large de 2 kilomètres qui s'ouvre entre et Villeneuve-Saint Georges et Ablon, la Seine pénètre dans la vaste plaine alluviale de Choisy-le-Roi, de 10 kilomètres de longueur sur 8 de largeur, entre le plateau de Villejuif-Ivry et le rebord de la Brie prolongé au nord par les hauteurs de Montreuil-sous- Bois. Cette plaine, où confluent la Seine et la Marne est une des grandes voies d'accès naturel de Paris : parallèlement à l'ancienne grande route de Lyon, les chemins de fer de Lyon et d'Orléans y pénètrent en longeant la Seine, le premier sur la rive droite, le second, sur la rive gauche.

Le creusement de la vallée s'est fait jusqu'au calcaire grossier, extrait jadis des catacombes comme aujourd'hui des carrières de Gentilly, d'Arcueil, de Vaugirard, où l'on exploite aussi l'argile plastique sous-jacente ; c'est le calcaire grossier qui constitue la plate-forme de Maisons-Alfort, celle que la Marne contourne à Saint-Maur, et le soubassement du bois de Vincennes. Mais la vallée est couverte, jusque sur ses flancs, d'alluvions formant plusieurs terrasses d'époque différente, généralement sableuses et silicieuses, exploitées dans les vastes sablières d'Ablon en face de Villeneuve-Saint-Georges ; sur la rive droite ces alluvions anciennes, d'âge tertiaire, étalent leurs cailloux roulés de silex et de quartz jusque sur la fôret de Sénart en bordure de la Brie : au nord de la Marne, des sables et des graviers analogues portent le bois de Vincennes, étendu jusqu'aux
portes de Paris.

Dans Paris même, la vallée alluviale, où nous retrouvons les mêmes graviers anciens dans la plaine du Gros-Cailloux, s'étend en croissant sur 2 ou 3 kilomètres de large entre la plate-forme convexe du sud et les hauteurs de la rive-droite, morcelées par la rencontre des eaux de la Marne et de la Seine : là, la plaine Saint-Denis se prolonge par une dépression, large de près de 3 kilomètre, ouverte entre Belleville et Montmartre. Cette dépression a toujours été le grand vestibule de Paris : c'est par là qu'arrivait jadis la route de Flandre: c'est là que se tenaient, à son débouché près de la Seine les grandes foires de la capitale au Moyen Age, comme celle du Lendit ; c'est dans cette même trouée, aujourd'hui hérissée de cheminées d'usines, que se rassemblent avant de pénétrer dans Paris les chemins de fer (de l'Est et du Nord) et les canaux (de l'Ourcq et de Saint-Denis).

Le Bassin parisien et les environs de Paris, par Paul Kaeppelin