Johann Gutenberg (Mayence, vers 1399 – Mayence, 1468) est reconnu comme l’inventeur de l’imprimerie européenne. C’est au terme de longues années de recherche dans les citées rhénanes de Strasbourg et de Mayence, et au prix de l’engloutissement de capitaux considérables, qu’il parvint à mettre au point dans les années 1450 la technique de la typographie à caractères mobiles.

La Bible est le premier livre d’envergure à avoir été produit au moyen de ce procédé mécanique. Elle a nécessité la collaboration de trois hommes : Gutenberg, l’inventeur et à ce titre, le plus renommé des trois associés ; Peter Schöffer, l’homme de l’art, un calligraphe devenu le fondateur d’une dynastie de typographes mayençais ; et Johann Fust, le financier de l’opération.

La Bible de Gutenberg, première grande œuvre typographique européenne, est aussi l’une des plus abouties que l’Occident médiéval ait engendrées. Sa beauté, sa célébrité et la diffusion rapide de sa technique de production, en ont fait le livre le plus emblématique de la culture occidentale.

Une petite cinquantaine d'exemplaires sont aujourd’hui conservés dans le monde, dont quatre en France. La BnF en possède deux : le plus luxueux est imprimé sur parchemin, l'autre sur papier.

La Bible de Gutenberg sur parchemin

Cet exemplaire de la Bible de Gutenberg, relié en quatre volumes, est imprimé sur un parchemin (vélin) de grande qualité. Il est l'un des douze exemplaires connus sur ce support de luxe. Il est orné de remarquables décors enluminés, qui reproduisent des modèles stylistiques en circulation dans la région de Mayence dans les années 1450.

La Bible de Gutenberg sur papier

En dépit d’une apparence plus modeste que l’exemplaire imprimé sur parchemin, l'exemplaire sur papier de la Bible de Gutenberg conservé à la BnF est d’une importance historique capitale : il contient en effet l’une des rares informations qui permettent de préciser le moment de l’impression de la Bible. À la fin de chacun des deux volumes, Heinrich Cremer, vicaire à la collégiale Saint-Etienne de Mayence, a daté d'août 1456 les travaux d'ornementation, de rubrication (inscription manuscrite des éléments de structuration du texte en rouge, et parfois en bleu) et de reliure. Il est ainsi établi que l'impression était achevée à cette date.