Parcourue et habitée depuis environ 20 000 ans, l’Amérique n’émerge dans la cartographie occidentale qu’au seuil du XVIe siècle. Pour les premiers Européens, qui tel Christophe Colomb sont partis à la recherche d’une nouvelle voie maritime vers les Indes et la Chine, la nature de ces nouvelles terres n’est pas d’emblée défini : s’agit-il de divers archipels au large de la Chine, de territoires faisant partie intégrante de l’Asie ou d’un quatrième continent inconnu de la Bible ? C’est un voyageur florentin, Amerigo Vespucci, qui le premier émet l’hypothèse d’un « Mundus Novus» et c’est en son honneur que le géographe Martin Waldseemüller propose en 1507 de baptiser ce ‘nouveau continent’ America. On en trouve la mention dans sa Cosmographiae introductio et les deux documents cartographiques qui l’accompagnent : un planisphère et un globe constitué d’une carte en douze fuseaux.

On peut suivre l’avancée des connaissances européennes sur de nombreuses cartes marines manuscrites, comme celle copiée par Nicolo de Caverio sur un planisphère portugais (vers 1505), mais aussi sur les cartes imprimées qui se répandent rapidement dans toute l’Europe. Au milieu du siècle, Sébastien Cabot dessine bien dans sa mappemonde deux Amériques reliées par un isthme, mais au nord du continent toutes les incertitudes ne sont pas encore levées. Il faudra attendra l’expédition de Béring en 1728  pour avoir la preuve que les continents eurasien et américain sont bien séparés.

Dans la seconde partie du XVIe siècle, la nouvelle image du monde, intégrant à part entière le quatrième continent, se diffuse dans les élites européennes grâce aux atlas d’Abraham Ortelius (1570) et de Gérard Mercator (1595), traduits en plusieurs langues et enrichis de nouvelles cartes au fil des rééditions.

La production cartographique des XVIIe et XVIIIe siècles est marquée par l’enrichissement des connaissances sur le territoire, accumulées via les nombreuses explorations. Les descriptions géographiques et récits de voyages permettent la conception par les scientifiques européens de cartes générales précises sur les contours du continent et sur l’intérieur de ses terres. Les cartes revêtent également de plus en plus d’importance géopolitique. Les territoires sont explorés, puis leurs propriété et frontières sont disputées par les puissances européennes, notamment la France. La carte marine de Pierre de Vaulx montre ainsi les ambitions françaises en Amérique dès 1613. La carte Jean-Baptiste Franquelin « pour servir à l'éclaircissement du papier terrier de la Nouvelle-France » montre elle l'implantation française dans la vallée du Saint-Laurent en 1678, tandis que la carte attribuée à l’Abbé Bernou (1681) témoigne des explorations dans la vallée du Mississippi.

La plupart des cartes générales des Amériques font écho à ces ambitions et possessions jusqu’au premier temps des indépendances des États d’Amérique du nord, d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud, de la fin du XVIIIe au début du XIXe siècle.

Au XIXe siècle, à l’instar de la cartographie de l’Europe, la cartographie des territoires devient de plus en plus précise, et les nouvelles thématiques cartographiques (cartes géologiques, des reliefs, ferroviaires, statistiques, de denrées et de ressources) émergent jusqu’au siècle suivant.

La sélection Gallica consacrée aux « Amériques en cartes » signale tous les documents cartographiques numérisés par la BnF où figure l’ensemble ou une partie du continent américain, dont les cartes issues du Service hydrographique de la Marine et de la collection d’Anville.

Au sein de ce corpus, deux modes d’accès aux cartes sont proposés, chronologique ou géographique. L'accès chronologique siècle par siècle, du XVIe au XXe siècle, concerne les cartes représentant le continent américain dans sa totalité ou l’une de ses grandes zones continentales. L'accès géographique donne à voir les cartes de chaque territoire, par grandes zones continentales ou par État souverain actuel.

Les requêtes s’appuient sur la recherche avancée de Gallica et donc sur les données du catalogue général de la BnF. Les cartes nouvellement numérisées s’y ajoutent progressivement.

Les collections disponibles dans Gallica sont libres de droit, et ne concernent donc que les documents publiés jusqu’en 1948 : pour trouver des cartes plus récentes des Amériques, il est possible de consulter Gallica intra muros depuis les salles de recherche de la BnF.