Robert Schumann (1810-1856)

Cette sélection rassemble tous les manuscrits musicaux autographes de Schumann présents dans Gallica.

Pianiste, Robert Schumann compose pour son instrument tout au long de sa vie, et quasi exclusivement durant les années 1830. Il laisse certaines des pages majeures du répertoire pianistique du XIXe siècle avec, à côté d’œuvres virtuoses à l'écriture symphonique, des cycles de courtes pièces, merveilles de concision et de lyrisme, comme les Waldszenen présentes dans ce corpus.

Après la décennie du piano vient 1840, l’”année du lied” (“Liedesjahr”) de Schumann, comme il la qualifie lui-même : il n’en compose pas moins de 140, en partie inspirés par son idylle avec Clara Wieck, qu’il épouse le 12 septembre. Les Zwölf Gedichte aus F. Rückerts Liebesfrühling, les Fünf Lieder op. 40, Myrthen et les Lieder der Mignon présents dans ce corpus datent de cette année, tandis que les Sechs Gesänge op. 107 comptent parmi ses opus tardifs. C'est avec le lied que Schumann accomplit la synthèse de la musique et de la poésie classique et romantique allemande (Goethe, Heine, Eichendorff, Rückert entre autres) ou étrangère (Byron, Andersen, Burns).

Vingt-quatre opus de musique de chambre voient le jour, entre 1842, alors que Schumann vit à Leipzig, au sommet de sa production créatice, et 1853 à Düsseldorf, au soir de sa vie. Ce répertoire comporte à la fois des formes classiques héritées de Mozart, Beethoven ou Schubert (de la sonate au quintette), et des formes plus libres et personnelles, comme les Fantaisies (Phantasiestücke), les Romances (Romanzen) et les Contes (Märchen).

Prolixe dans le répertoire du lied et pour piano seul, Schumann s'est ouvert à la forme symphonique à partir des années 1840. Héritier de Beethoven, il compose quatre symphonies et des concertos pour le piano, le violon et le violoncelle, mais s’exprime également dans des formes plus libres, notamment la Fantaisie pour violon, op. 131 et des ouvertures pour des œuvres dramatiques. Les partitions présentes dans ce corpus ont été essentiellement écrites après 1850, quand le compositeur rejoint Düsseldorf avec sa famille comme directeur de la musique de la ville.

La musique chorale, a capella ou avec orchestre, représente une partie non négligeable de la production de Schumann, dans un contexte où les sociétés chorales se multiplient en Allemagne. Schumann lui-même devient directeur de la société chorale (Liedertafel) de Dresde à partir de 1847 et y fonde sa propre association (Verein für Chorgesang), dont les concerts semi-privés ont une part active dans la vie musicale de la ville. Par la suite, il dirige le chœur de la ville de Düsseldorf, ce qui l'amène à composer pour cette formation. Après son unique opéra Genoveva, Schumann cherche des formes alternatives pour la voix : les drames (Manfred, Scènes de Faust), les ballades dramatiques et autres musiques pour grandes formations chorales.

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Robert Schumann est un compositeur emblématique du romatisme allemand, contemporain de Frédéric Chopin, Felix Mendelssohn et Franz Liszt. La plupart de ses manuscrits autographes à présent conservés à la BnF, comme de nombreux autres manuscrits du domaine germanique, faisaient précédemment partie de l’importante collection d’autographes musicaux réunie par le musicologue et archiviste de l’Opéra Charles Malherbe (1853–1911) et qu’il légua à la Bibliothèque du Conservatoire, devenue ensuite une des composantes du département de la Musique de la Bibliothèqne nationale. Quelques feuillets proviennent des albums d'autographes constitués avec l’aide de Malherbe par Adèle Vincent (1837–1918), veuve du pianiste et compositeur Auguste Vincent (1829–1888), à la mémoire de son mari, qui entrèrent également par legs à la Bibliothèque du Conservatoire. Cet ensemble complète les collections conservées à Zwickau, Berlin (Staatsbibliothek), Bonn, Düsseldorf (Heinrich-Heine-Institut) et Vienne (Gesellschaft der Musikfreunde).

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