L’organisation homologuée sous le nom trompeur de « réseau du Musée de l'Homme » est en fait l'une des premières tentatives de constitution d'un mouvement après l'armistice de 1940. Elle se constitue au musée de l'Homme autour de la bibliothécaire Yvonne Oddon, du inguiste Boris Vildé et de l'anthopologue Anatole Lewitsky. Cette cellule entre en contact avec d'autres cellules naissantes en zone occupée, dont celle du colonel de La Rochère et celle constituée par Germaine Tillion et Paul Hauet à l'Union nationale des combattants coloniaux (UNCC). À la fin de l'automne, ces trois cellules se rapprochent et commencent à agir de concert. Le 15 décembre 1940 le groupe fait paraître un  journal clandestin, Résistance, Bulletin du Comité nationale de salut public.
Boris Vildé s'impose comme le chef de la nouvelle organisation mise en place à l'hiver 1940-1941. Il ne s'agit pas d'une organisation structurée et pyramidale, mais plutôt d'une organisation multipolaire en constante évolution, rassemblant des groupes autonomes de tendances politiques diverses. Novices dans l'action clandestine, ces groupes sont rapidement infiltrés par des agents doubles, qui font tomber le "secteur Vildé" en avril 1941, puis La Rochère en novembre 1941. En février 1942, 7 hommes, dont Vildé et Lewitsky, sont fusillés au mont Valérien. 3 femmes sont déportées. Germaine Tillion est arrêtée en août 1942 puis déportée. Le démantèlement du réseau du Musée de l'Homme n'est donc pas instantané, et la plupart des rescapés continuent la lutte au sein de nouvelles organisations clandestines.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la notice "Réseau du Musée de l'Homme" par Julien Blanc dans le Dictionnaire historique de la Résistance.