Située au nord-ouest du Péloponnèse, l'Élide est frontalière de l'Achaïe, l'Arcadie et la Messénie. Sa cité principale est Élis mais le site le plus fameux est sans conteste Olympie, célèbre pour les concours panhelléniques qui se déroulent dans son sanctuaire. Pourtant, Olympie appartenait originellement à la Pisatide, région conquise par l'Élide à l'époque archaïque, de même que la Triphylie. Ces deux régions récupèrent d’ailleurs leur indépendance à l'issue de la guerre du Péloponnèse (430-404 av. J.-C.) lorsqu'elles sont intégrées à la ligue béotienne. L'Élide garde malgré tout la main sur les concours olympiques. Les Élidiens participent à de nombreux conflits, en particulier aux côtés des Macédoniens et, plus tard, du koinon des étoliens dans le but de contrer le koinon achaïen. Finalement, ils sont contraints d'intégrer ce dernier au cours du IIe siècle av. J.-C.

Grâce à l'importance de leur sanctuaire panhellénique, la région produit dès le milieu du Ve siècle av. J.-C. de nombreuses monnaies d'argent de poids éginétique. Il s'agit principalement de statères et de fractions telles que la drachme ou l'obole. On peut noter deux productions principales : le "monnayage de Zeus" et le "monnayage d'Héra". Le premier présente au droit un aigle et au revers tantôt un foudre (symbole de Zeus), tantôt une Niké (symbole de la victoire en lien avec les concours). À partir de 360 avant notre ère, on trouve parfois une représentation du dieu lui-même au revers. Le second porte un profil d'Héra au droit et également soit un aigle soit un foudre au revers. Après l'intégration au koinon, les monnaies sont frappées au type de Zeus avec le monogramme de la ligue au revers. En ce qui concerne le monnayage de bronze, il ne semble exister que pour Olympie, et ce du milieu IVe au début du IIe siècle av. J.-C.

Les monnayages de cette région ont été étudiés dans la thèse de doctorat inédite de Fr. Wojan : Les Eléens (IVe siècle a.C. – IIIe siècle p.C.) : Recherche de numismatique et d'histoire, Tours, 2011. Notons également que O. D. Hoover y consacre une section dans Handbook of Coins of the Peloponnesos, Lancaster/London, 2011, p. 70-112.