Le département des Monnaies, médailles et antiques conserve plus de 700 000 monnaies. Il s’agit de l’une des plus remarquables collections mondiales, tant par sa qualité et sa rareté que par le nombre des pièces conservées, qui offre un panorama complet de l’histoire de la monnaie, depuis son invention en Lydie à la fin du VIIe siècle avant J.-C. jusqu’à nos jours.
Les collections de numismatique de la BnF se répartissent en trois grands ensembles : un fonds très important de monnaies du territoire national depuis l’époque gauloise, des séries antiques grecques et romaines, recherchées dès le début de la « science des médailles » et des monnaies orientales du monde iranien ou musulman jusqu’à l’Extrême-Orient ainsi que d’autres monnayages étrangers, européens pour la plupart.

Monnaies grecques

La collection des monnaies grecques compte près de 122 000 exemplaires d’or, d’argent et de bronze. Ce fonds couvre un large champ géographique et chronologique. Il comprend les toutes premières monnaies, frappées en Asie Mineure puis en Grèce à partir de la fin du VIIe siècle avant J.-C., les numéraires des cités et royaumes grecs des époques classiques et hellénistiques (Ve – Ier siècle av. J.-C.) localisés autant sur le pourtour méditerranéen qu’au Proche et Moyen-Orient ainsi que les séries de monnaies provinciales émises sous l’Empire romain (fin du Ier siècle av. J.-C. – fin du IIIe siècle ap. J.-C.). S'y ajoutent les monnayages de peuples non grecs tels ceux des Phéniciens,  des Perses achéménides, des Carthaginois, des Parthes ainsi que ceux d’Arabie et d'Ibérie.

Monnaies romaines

La collection des monnaies romaines rassemble environ 100 000 exemplaires. Cet ensemble est composé de 23 000 monnaies républicaines - ce qui en fait le plus important fonds au monde - ainsi que de 80 000 monnaies impériales. Le numéraire de la République débute vers 300 av. J-C. et s'achève avec l'accession d'Auguste au Principat en 27 av. J.-C. Cette date marque l'inauguration du monnayage qualifié d'impérial. L'Empire, qui s'étend sur plus de cinq siècles (jusqu'en 476 ap. J.--C. en Occident) est traditionnellement subdivisé en fonction des dynasties qui se succèdent. Ne sont considérées comme impériales romaines que les séries émises sous l'autorité de l'Etat central à Rome, à Lyon ou ailleurs. Les monnaies locales, appellées provinciales, qui perpétuent des traditions antérieures en même temps qu'elles affichent bien souvent le portrait de l'empereur, sont classées au fonds grec. Le numéraire romain est essentiellement formé de bronze et d'argent sous la République, l'or y occupe une place croissante, et devient même prépondérant en valeur aux IVe et Ve siècles.

Monnaies byzantines

La collection de monnaies byzantines comprend environ 6 000 monnaies d'or, d'argent et de bronze, issues du fonds ancien, de la collection du byzantiniste Gustave Schlumberger, d’autres legs et d’acquisitions récentes. Elle est l’une des plus importantes au monde après celles de Dumbarton Oaks (Washington, DC), du British Museum et du Barber Institute (Birmingham). "Byzantin" est ici entendu selon la periodisation classique chez les numismates, à partir du règne d’Anastase Ier (491-517) contemporain de la disparition de l'Empire romain d'Occident (476), et jusqu’à la chute de Constantinople en 1453. Les monnaies émises de 491 à 1204 ont fait l’objet d’un catalogue imprimé. Sont ici présentées les 850 monnaies tardives (1204-1453).

Monnaies françaises

La collection des monnaies françaises rassemble plus de 50 000 exemplaires en or, argent ou billon. Ce fonds comprend les monnaies mérovingiennes (Ve-VIIIe siècles), carolingiennes (VIIIe-Xe siècles) et capétiennes (depuis Hugues Capet jusqu’à Louis XVI), ainsi que les monnaies modernes - postérieures à 1793- de la collection Claudius Côte, un grand collectionneur du XXe siècle.

Monnaies obsidionales

La collection des monnaies obsidionales, ou monnaies émises pendant les sièges durant des conflits armés, rassemble près de 500 pièces. Elles étaient frappées en raison d’une pénurie de numéraire et permettaient ainsi de payer les troupes et de subvenir aux besoins de la vie quotidienne.