L’Achaïe est une région littorale située au nord-ouest du Péloponnèse. Elle est frontalière de l’Élide au sud-ouest, de l’Arcadie au sud et de la Corinthie et de la Sicyonie au sud-est. La cité la plus importante est Patras. Au Ve siècle, douze cités d’Achaïe s’allient pour former un koinon. Les Achaiens s’engagent d’abord aux côtés d’Athènes dans la Guerre du Péloponnèse (430-404 av. J.-C.), mais tombent progressivement sous l’influence de Sparte. Au IVe siècle av. J.-C., le koinon intègre des cités extérieures à l’Achaïe, mais il est dissous avant la fin du siècle sous la pression de l’expansion macédonienne en Grèce. Patras et Dymé restaurent le koinon achaien au IIIe siècle av. J.-C. Malgré son opposition au royaume de Macédoine, le koinon poursuit son expansion dans le Péloponnèse : une alliance avec les Étoliens lui permet d’inclure l’Arcadie et Argos. Dans les années 220 av. J.-C., le koinon passe sous l’influence du royaume de Macédoine, il seconde finalement les Romains contre les Macédoniens lors de la Seconde guerre de Macédoine (200-197 av. J.-C.). Grâce à cette alliance, le koinon atteint son apogée au IIe siècle av. J.-C. et parvient à intégrer de nouveaux membres, parfois par la force. Plus tard, le koinon s’oppose à la puissance romaine qui réagit en déclarant indépendantes les cités hors d’Achaïe. Une guerre éclate en 147 av. J.-C., la bataille de Corinthe qui, en 146 av. J.-C., marque la fin du koinon des achaiens comme État fédéral indépendant.

Cinq cités d’Achaïe frappent monnaie avant la création du koinon. Aigai émet son premier monnayage au début du Ve siècle av. J.-C., il s’agit d’hémidrachmes portant des types dionysiaques. Au début du IVe siècle av. J.-C., Dymé commence à produire des monnaies d’argent et de bronze. Égira et Pellène suivent peu de temps après. Le premier monnayage attribué au koinon des achaiens est daté vers 360 av. J.-C., il s’agit de quelques statères, drachmes et hémidrachmes d’argent d’étalon éginétique. Le droit porte toujours la tête d’Artémis alors que le revers varie : tantôt Zeus, tantôt Athéna. La production s’interrompt au moment de la dissolution du koinon et reprend avec sa restauration en 250 av. J.-C. Des trioboles en argent d’étalon symmachique (un étalon éginétique réduit) sont alors émises et ce jusqu’en 30 av. J.-C. Elles représentent Zeus associé à une couronne de feuilles entourant le monogramme du koinon. Une dénomination de bronze reprenant le type de l’argent est introduite au IIIe siècle av. J.-C. Il est difficile de déterminer dans quelles cités se trouvaient les ateliers de production, Patras et Dymé ont été envisagées pour plusieurs émissions. Plusieurs cités émettent des séries fédérales avec leurs marques distinctives, ce qui n’empêche d’ailleurs pas certaines d’entre elles de continuer à produire des monnayages civiques.

Les actes du colloque « Achaia und Elis in der Antike », organisé à Athènes en 1991 par l’Institut autrichien d’Archéologie à Athènes, comportent plusieurs articles traitant des monnayages d’Achaïe. On peut également signaler l’article de M. Amandry sur le monnayage de Dymé publié dans la Revue Numismatique (vol. 6, n° 23, 1981, p. 45-67). Pour des études plus générales, on se tournera également vers des ouvrages tels que Handbook of coins of the Peloponnesos, de O. D. Hoover.