La Révolution abolit le système de contrôle de la presse qui avait cours sous l'Ancien Régime. A partir de 1789, la presse connaît une expansion sans précédent en France. Plus de 1300 titres apparaissent, souvent éphémères, parfois interdits par le pouvoir en place. La liberté de la presse n'en est pas moins fragile. Dès son arrivée au pouvoir, Napoléon instaure un contrôle strict et rétablir la censure le 17 janvier 1800. Le nombre de journaux quotidiens est limité à onze par un arrêté, et ce durant toute la durée de la guerre. Ce nombre est réduit à quatre en 1811.

Le combat contre la censure agite tout le XIXe siècle. Dès 1836, les formules novatrices du Siècle et de La Presse ouvrent la marche de cet essor. Les titres généralistes retranscrivent les partitions politiques et alimentent le débat. Emile de Girardin invente un nouveau modèle écomique basé sur la publicité, qu'il inaugure dans la Presse en 1836. Les progrès techniques permettent l'essor de grands titres politiques. En 1836, le télégraphe inaugure l'ère des agences de presse et de la rapidité de diffusion de l'information. L'invention de la rotative en 1845, permet d'imprimer des dizaines de milliers d'exemplaires en une nuit et d'abaisser considérablement le coût unitaire d'un journal.

La Loi sur la liberté de la presse de 1881 inaugure un véritable « âge d’or de la presse ». D’abord peu présente, l’image gagne les colonnes des journaux et celles de leurs suppléments illustrés pour capter un lectorat croissant. « La civilisation du journal » ne se cantonne pas à Paris mais touche aussi la province (L’Indépendant du Berry, L’Ouest-Eclair…) et les colonies (Le Courrier de Tlemcen, La Petite Tunisie, L’Etoile de l’A.E.F). La figure du grand reporter apparaît.

Le sortir de la Première guerre mondiale qui a vu fleurir les journaux de tranchées marque un premier ralentissement malgré le succès de Paris-Soir, le dynamisme de certains hebdomadaires politiques ou littéraires (Gringoire, Marianne, Regards…) ou le renforcement de la presse magazine.

La défaite de 1940 puis l’Occupation marquent douloureusement la fin de cette période. Certains titres collaborent, d’autres se sabordent tandis que la Résistance diffuse ses idées à travers une presse clandestine (Combat, Défense de la France…).