Pour compléter ces matériels hétérogènes et préparer son projet d’édition, Decroix copie lui-même ou fait copier par son principal assistant à Lille, Jean-Baptiste de Serre, les œuvres de Rameau qui lui manquent encore ou qui sont parcellaires. On peut suivre le travail de l’éditeur scientifique lorsqu’il prépare une source imprimée qu’il complète et annote pour son copiste, telle l’édition d’Acanthe et Céphise qui produira le manuscrit complet. Il rassemble aussi des volumes de variantes qui pourront être utiles (par exemple pour Les Paladins).

Par ailleurs, durant les années 1770, le Lillois avait pris contact avec Claude-François Rameau, le fils du compositeur, qui possédait des sources rares et inédites du père. Grâce à une lettre conservée, de Claude-François Rameau à Decroix (27 juillet 1777), nous savons que le fils Rameau lui prêtait des manuscrits et lui donnait même certains documents.  Ces contacts ont permis au collectionneur de rassembler des pièces introuvables. Il est probable, également, que grâce à ces liens étroits tissés avec la famille Rameau, il entra en possession, après la mort de Claude-François, des manuscrits autographes du compositeur encore conservés par la famille, parmi lesquels Les Paladins, et la pièce de clavecin La Dauphine, ainsi qu'un fragment de l’opéra perdu Linus (copie avec annotations autographes).