Le nom de Grande-Grèce a été attribué par les Grecs eux-mêmes aux régions du sud de la péninsule italienne qu'ils avaient largement colonisées. Cette zone correspond à peu près aux actuelles régions de Campanie, de Basilicate, de Calabre, et des Pouilles. Pour l'Antiquité, il est plus juste d'évoquer les régions de Campanie, de Lucanie, de Bruttium, et d'Apulie ou de Calabre pour sa partie la plus au sud (cette subdivision de l'Apulie ne correspond donc pas à la Calabre moderne).

Attirés par la richesse agricole de la région, des Grecs installent dès le VIIIe siècle avant J.-C. d'abord des comptoirs commerciaux (par exemple Pithécusses) puis finalement de véritables cités (par exemple Crotone, à la fin du VIIIe siècle). Beaucoup de ces établissements ont connu un véritable essor et ont, au moins à certaines périodes, frappé monnaies. Les premières séries apparaissent en plusieurs endroits entre le milieu et le premier tiers du VIe siècle, puis se poursuivent presque sans interruption jusqu'au courant du IIIe siècle, parfois jusqu'au Ier siècle avant J.-C. Parmi ces ateliers, les principaux, tant en termes de production que de longévité, sont sans doute Tarente et Métaponte.

Les monnaies de Campanie, d'Apulie et de Calabre (au sens antique du terme) de la collection du département des Monnaies, médailles et antiques ont été publiées par A.R. Parente, Sylloge Nummorum Graecorum france 6, 1, Italie, Etrurie - Calabre (Paris, 2003, pages 35-140). Les monnayages de Grande-Grèce dans leur ensemble ont fait l'objet d'un très utile catalogue raisonné édité par N.K. Rutter, Historia Numorum Italy (Londres, 2001, pages 58-197) ainsi que d'un ouvrage de synthèse du même auteur, The Greek coinages of southern Italy and Sicily, (Londres, 1997).