Le regard se trouble, la nostalgie laisse peu à peu la place à l'inquiétude. Les victoires militaires du Japon en 1895 contre la Chine puis en 1905 contre la Russie, obligent les nations occidentales à reconsidérer l'ordre établi et la place qu’occupe ce dernier sur la scène internationale. En cette fin du XIXe siècle, le "petit" Japon apparaît comme la nouvelle puissance avec laquelle il faut maintenant compter.

Récits de voyage et temps de guerre

Après un séjour de quatre ans au Japon, le juriste et observateur de terrain Georges Bousquet, publie en 1877 l'ouvrage intitulé : Le Japon de nos jours et les échelles de l'Extrême-Orient. Il y envisage un possible soulèvement des peuples de l'Asie contre l’Occident et y relève avec une certaine anxiété le danger que représenterait pour les Européens la perspective d’une invasion asiatique. C’est d’abord la Chine qui est perçue comme la principale menace, et lorsque le Japon défait celle-ci en 1895, la surprise est grande.

L'évocation de la guerre russo-japonaise dans la presse française

Le conflit armé russo-japonais va susciter, un an durant, un véritable tourbillon médiatique. Les rédactions parisiennes des quotidiens à gros tirages comprennent rapidement l’enjeu que représente la couverture en temps réel d'un tel évènement. Ils s’empressent de dépêcher des envoyés spéciaux au Japon et en Russie :
Charles Pettit publie de grands reportages dans la rubrique "Au Japon (De notre envoyé spécial)" du journal Le Temps. Charles Victor-Thomas devient le correspondant de guerre du quotidien Le Gaulois qui publiera sa nécrologie (01/08/1908).