Jusqu’à l’ouverture du Japon au milieu du XIXe siècle, l’image du Japon en France reste fondée sur les récits des jésuites portugais et espagnols, ou les ouvrages des employés de la Compagnie hollandaise des Indes orientales. A la toute fin du XVIIIe siècle, le navigateur La Pérouse passe au large des îles Ryûkyû, et découvre le détroit qui porte son nom, entre les îles de Hokkaidô et de Sakhaline. Il aborde Sakhaline : c’est la première incursion française dans les eaux japonaises.

Les premiers récits de voyageurs au Japon écrits directement en langue française sont publiés dès 1853, année de l’arrivée des canonnières américaines du commodore Perry aux abords des côtes japonaises. Ces écrits de plénipotentiaires, de militaires, de négociants ou de chargés de mission, savoureux et singuliers, révèlent un "pays aussi étrange qu’étranger" (Barbey d’Aurevilly, le Pays, 28 mars 1854). Ils attisent la curiosité des contemporains : le Japon enthousiasme.

Nombreux sont les touristes qui, dès les années 1880, décident de prendre le paquebot à Marseille, pour s’aventurer dans un périple autour du monde et atteindre ce Japon tant rêvé. D'un récit à l'autre s'élabore l'image d’une nation insulaire difficile d'accès, et s’ébauche la notion, encore vivace de nos jours, d’une alliance harmonieuse entre la tradition et la modernité.