Les premières gravures européennes sont le produit d’un travail du bois parent de celui des sculpteurs. La gravure sur bois est le résultat d’un procédé de taille d’épargne, qui consiste à creuser la planche pour "épargner" les seules parties destinées à être encrées et imprimées, en faisant donc saillir le tracé du dessin, en relief. Ce procédé, rapide et peu coûteux, fut mis en œuvre au Moyen Âge pour décorer des textiles rapidement et à faible coût, ou encore fabriquer des cartes à jouer.

La composition typographique des textes étant elle-même faite de l'assemblage de caractères à l'extrémité desquels la lettre à imprimer est dessinée en relief, gravure sur bois et typographie sont aisément combinables : les deux techniques appartenant à la même famille des procédés d'impression en relief, texte et image peuvent être imprimés en un seul passage sous presse.

Bamberg : Albrecht Pfister

L’aire germanique, où la typographie avait éclos, fut également la première à intégrer des gravures sur bois dans le processus d’impression.

Albrecht Pfister, actif à Bamberg au début des années 1460, est reconnu comme le premier typographe à avoir inséré des bois dans des éditions imprimées. Formé à Mayence et installé à Bamberg, il publie vers 1461 un recueil de fables en langue allemande intitulé Edelstein, suivi vers 1463 d’une autre œuvre de littérature morale, Ackerman von Bohmen, également illustrée. Les bois de Pfister présentent des contours très marqués, aux tracés épais, qui semblent appeler l’apposition manuelle et en à-plat de couleurs aquarellées.

Lyon, capitale du livre illustré français

C’est à un imprimeur lyonnais, Guillaume Le Roy (actif de 1473 à 1488 environ), que sont dues les premières impressions en français du XVe siècle (une Bible abrégée et une édition des Merveilles du Monde, toutes deux non datées mais estimées avoir été produites vers 1473), suivies quelques années après des premiers livres français illustrés, publiés par Martin Huss, actif à Lyon de 1477 environ à 1481.

Grands incunables avec cycle gravé

Certains incunables ont été illustrés au moyen de bois gravés nombreux et intimement dépendants du texte qu’ils servent. D'une édition à l'autre, voire d'un lieu d'impression à l'autre, ils peuvent être repris, copiés, adaptés.