Au XIXe siècle, le nombre d’habitants vivant dans les grands centres urbains augmente, en particulier à Paris, ce qui favorise l’ouverture de nouveaux lieux de spectacle, plus abordables sur le plan financier et culturel qu’au siècle précédent. L’affiche publicitaire en couleur contribue à forger l’image d’un Paris dédié aux plaisirs, aux loisirs et à la fête. Parmi les divertissements dits « populaires » qu’offre la capitale, le cirque connaît son âge d’or au cours du XIXe siècle.

Le Cirque Olympique

Dans les premières années du XIXe siècle, le cirque en France semble réellement incarné par les Franconi. Ils trouvent un terrain dans le 1er arrondissement et y font construire un nouvel édifice qu’ils baptisent Cirque Olympique et qui ouvre le 28 décembre 1807. Contraints de déménager, ils achètent l’amphithéâtre Astley qu’ils rebaptisent « Théâtre du Cirque Olympique » et qui ouvrira ses portes le 8 février 1817.

Les pantomimes chevaleresques

A partir de la fin du XVIIIe siècle, le cirque découvre les possibilités de la pantomime, vaste déploiement de foules qui mobilise sur la piste la totalité de la troupe et s’efforce d’illustrer à force de figurants et de marches triomphales les succès militaires de l’Empire.

Les Franconi obtinrent le droit de faire représenter des pantomimes chevaleresques. Ces spectacles, sorte d’hommage rendu à Napoléon, célébraient les victoires du grand homme.

Les hippodromes

Dans la première moitié du XIXe siècle, des producteurs avisés créent un nouveau lieu de spectacle : l’hippodrome. Dédié aux fastes sanglants des jeux romains dans l’Antiquité, l’hippodrome au XIXe siècle est un prétexte à toutes les fantaisies à grand spectacle..  

Hippodrome de l'Etoile

Premier hippodrome de Paris, l’Hippodrome de l’Etoile ouvre le 3 juillet 1845. Il connaît un succès immédiat. De style mauresque, entièrement fait en bois, il est partiellement détruit par un incendie dans la nuit du 27 juillet 1846, mais rouvre très rapidement quelques semaines plus tard. Rebaptisé brièvement « Hippodrome de la République » en 1848, un décret impérial du 13 août 1854 l’oblige à déménager sur le rond-point de la plaine de Passy (aujourd’hui la place Victor Hugo). Il ferme définitivement ses portes en septembre 1855 et est démoli le 27 juillet 1856.Recueil. Hippodrome de l'Etoile. 1845-1854

Hippodrome de la Porte Dauphine

Inauguré le 10 juin 1856 dans l’actuelle rue de Sontay à la suite de la démolition de l’hippodrome de l’Etoile, l’Hippodrome de la Porte Dauphine (aussi appelé Hippodrome de la Plaine de Passy) fut conçu par Gabriel Davioud, à qui l’on doit également le Palais du Trocadéro. Pantomimes équestres et spectacles de fauves s’y succèdent. De forme ovale et bâti entièrement en bois, il est lui aussi détruit par un incendie le 28 septembre 1869. Il faudra attendre 1877 pour qu’un nouvel hippodrome soit édifié à Paris.Recueil. Hippodrome de la Porte Dauphine. 1856-1869

Hippodrome de l'Alma

Construit à l’initiative de Charles Zidler, cofondateur quelques années plus tard du Moulin Rouge, l’Hippodrome de l’Alma est d’abord construit en bois, toile et brique pour une inauguration prévue en 1875. Démoli pour des raisons de sécurité et reconstruit en fer et en pierre, il ouvre finalement ses portes le 9 juin 1877. Pouvant accueillir jusqu’à 6000 spectateurs, c’est le premier hippodrome à disposer d’une toiture vitrée ouvrante, véritable innovation pour l’époque. Mais en 1892, le bail du terrain n’est pas renouvelé et l’hippodrome est contraint de fermer ses portes.Recueil. Hippodrome de l'Alma. 1878-1892

Hippodrome du Champ de Mars

Edifié sur les vestiges du Palais des Beaux-arts de l'Exposition de 1889, l'Hippodrome du Champ-de-Mars est implanté avenue Rapp et ouvre en juillet 1894. Malgré le grand succès de sa programmation, il doit fermer en 1899 pour laisser place aux travaux de l’Exposition universelle de 1900.Recueil. Hippodrome du Champ-de-Mars. 1894-189.

Hippodrome de la Place Clichy

L’Hippodrome de la Place Clichy (aussi appelé Hippodrome de Montmartre ou Hippodrome de Paris), située à l'angle de la rue Caulaincourt et de la rue Forest, ouvre ses portes le 13 mai 1900. Immense salle dotée de 5000 places assises, elle accueille des spectacles de cirque, de pantomime et même des matches de football et un spectacle de combat naval, sous une imposante charpente métallique. Revendu à l’Américain Franck Bostock en 1903 qui le transforme en profondeur, l'hippodrome ferme finalement ses portes le 10 mars 1907. Racheté en 1911 par Léon Gaumont, il est détruit et remplacé par le Gaumont-Palace en 1930, le « plus grand cinéma du monde », qui n’existe plus aujourd’hui

Cirque d'hiver

D’abord baptisé Cirque Napoléon du nom de l’empereur Napoléon III qui l’inaugura le 11 décembre 1852, le cirque d’Hiver est l’œuvre de Jacques Hittorf, architecte du Cirque d’Eté et de la Gare du Nord. C’est là que Jules Léotard invente le célèbre numéro dit du « trapèze volant ». Devenu « Cirque National » en 1870 puis « Cirque d’Hiver » en 1873, il est racheté en 1934 par la famille Bouglione, qui en est toujours propriétaire aujourd’hui. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 10 février 1975.

Cirque d'été

Le Cirque d’Eté, appelé tour à tour Cirque-Olympique des Champs-Élysées, Cirque-National puis Cirque de l'Impératrice, fut érigé en 1841. Conçu comme le pendant du Cirque d’Hiver, il fonctionnait du 1er mai au 1er septembre. Construit en pierres meulières et ayant une capacité de 6000 places, il est finalement rasé vers 1900.

Cirque Médrano (Anciennement Cirque Fernando)

Le Cirque Fernando, fondé en 1872 par Ferdinand-Constantin Baert et installé en 1875 à l’angle du boulevard Rochechouart et de la rue des Martyrs, se fit un nom en accueillant des artistes de légende, tels que Gustave Fratellini, Geronimo Medrano (le célèbre clown Boum-Boum) ou encore la Goulue. Il fut le sujet de nombreux peintres habitués de la Butte Montmartre : Renoir, Degas, Seurat, Toulouse-Lautrec. Mais au bord de la faillite, le cirque fut revendu à Geronimo Medrano en 1897, qui lui donna son nom. Le Cirque Medrano occupa ces mêmes lieux jusqu’en 1962.

Cirque Molier

Fondé par Ernest Molier en 1880 dans son hôtel particulier rue de Bénouville, le Cirque Molier fut un haut lieu du Paris mondain de la fin du siècle. Lors de deux représentations annuelles accessibles uniquement sur invitation, des membres de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie aimaient à s’adonner à des numéros d’équitation. Il ferma ses portes à la mort de son fondateur, en 1933.

Nouveau-Cirque (aujourd’hui détruit)

Ouvert  le 11 août 1866, le Nouveau cirque du Prince impérial (qui s’appelle alors le Cirque-Impérial ou encore Théâtre du Prince impérial) prend la suite du Cirque Olympique, détruit en 1862 lors de la création de la place du Château-d'Eau (actuelle place de la République). Pouvant abriter jusqu’à 5000 spectateurs, il est alors le plus grand cirque d'Europe. Mais en 1867, c’est la faillite. Racheté en 1869, il est rebaptisé Théâtre du Château d'eau. Il changera plusieurs fois de dénomination jusqu’en 1903, où il sera transformé en music-hall sous le nom d'Alhambra.Le Nouveau-Cirque est inauguré le 12 février 1886 au 251, rue Saint-Honoré, sur l'emplacement du « Panorama de Reichshoffen ». Cet établissement avait pour particularité d’être pourvu d’une piste aquatique. S’y produisaient tour à tour pantomimes équestres et nautiques. Il ferma ses portes le 18 avril 1926 pour être démoli.

Le Nouveau cirque du Prince impérial (actuel Alhambra):

Ouvert  le 11 août 1866, le Nouveau cirque du Prince impérial (qui s’appelle alors le Cirque-Impérial ou encore Théâtre du Prince impérial) prend la suite du Cirque Olympique, détruit en 1862 lors de la création de la place du Château-d'Eau (actuelle place de la République). Pouvant abriter jusqu’à 5000 spectateurs, il est alors le plus grand cirque d'Europe. Mais en 1867, c’est la faillite. Racheté en 1869, il est rebaptisé Théâtre du Château d'eau. Il changera plusieurs fois de dénomination jusqu’en 1903, où il sera transformé en music-hall sous le nom d'Alhambra.

Folies-Bergère

Située 32, rue Richer, la salle des Folies-Bergère ouvre le 2 mai 1869. Après des débuts hésitants, l’établissement prend véritablement son envol à partir de 1871 avec l’arrivée de Léon Sari à sa direction. On y donne revues, numéros de music-hall mais aussi pantomimes et fantaisies burlesques et acrobatiques.