Entre 1928 et 1939, les ethnographes ou naturalistes des missions Griaule ou Ganay-Dieterlen ont rapporté de nombreux spécimens de la faune et de la flore africaines. Ils en ont documenté précisément les usages, les représentations et parfois les modes de culture ou de chasse par les populations locales. Cette spécialisation des recherches a donné naissance à l’ethnobotanique et l’ethnozoologie. Rédigés principalement par le chef de mission Marcel Griaule, les articles constituent des recueils de mythes, de légendes et d’informations diverses sur des plantes et animaux.

Outre ces spécialisations de l’ethnologie, les différentes missions ont progressivement fait appel à d’autres disciplines pour compléter les travaux des ethnologues : archéologie, linguistique, mais aussi histoire de l’art. En effet Marcel Griaule, lors de ses deux premières missions, a rapporté de nombreuses peintures éthiopiennes. Ces peintures qui, pour la plupart, mettent en image des scènes bibliques ou des mythes chrétiens, comblaient doublement les attentes de Griaule. Elles témoignaient de la vie religieuse des populations locales et satisfaisaient sa passion pour la mythologie et pour les objets les plus « sacrés » ou les plus anciens. Il utilisa d’ailleurs certaines de ces peintures pour illustrer ses publications sur des mythes, légendes ou cultes éthiopiens.

La sélection comprend ainsi plusieurs textes illustrés sur l’origine mythique du café, sur le culte d’un saint ou sur la reine de Saba. Elle compte également quelques récits ou études centrés sur les peintures éthiopiennes. Dans une revue d’avant-garde, le peintre français de la mission Dakar-Djibouti, Gaston-Louis Roux, a décrit le travail et les méthodes d’un peintre éthiopien embauché par Griaule. Un chercheur extérieur aux missions Griaule, Wilhelm Staude, a quant à lui publié ses analyses de la peinture éthiopienne à partir de la collection rapportée par la mission Dakar-Djibouti.