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Les grands poèmes épiques indiens (1) : le Rāmāyaṇa

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20 mars 2019

Ces 20 et 21 mars, nous célébrons Holī, fête indienne associée à plusieurs cultes, comme ceux de Viṣṇu et Kṛṣṇa, qui annonce l'arrivée du printemps. Aussi, à cette occasion, nous vous proposons de découvrir le Rāmāyaṇa et le Mahābhārata, textes fondamentaux de la culture indienne à travers les documents disponibles dans Gallica.

 

Le Rāmāyaṇa et le Mahābhārata tiennent une place importante dans le monde indianisé tant sur le plan religieux que culturel. Ces textes nous sont parvenus sous forme écrite en sanskrit, et on trouve par ailleurs maintes adaptations et versions dans tout le sous-continent indien comme le Ramayana de Kamban' en tamoul ou les traductions en bengali de Protap Chundra Roy qui en fit aussi une traduction en anglais (1893-1896).

 

Ces deux poèmes épiques font intervenir deux incarnations (avatāra) du dieu Viṣṇu, divinité qui avec Brahmā et Śiva constitue les trois aspects de la divinité suprême : la Trimūrti. Brahmā est le créateur de l'univers. Viṣṇu, son protecteur, s'incarne lorsque l’équilibre de l’univers est menacé par les démons (Asura). Śiva détruit la création quand celle-ci arrive à son terme afin qu'un autre cycle de création puisse avoir lieu.

 

 

Ainsi, dans ces épopées, Viṣṇu intervient dans le monde dans la mesure où l’ordre de l’univers est menacé par des Asura. Dans le Rāmāyaṇa, il est Rāma, le 7e avatāra, héritier du trône d'Ayodhyā, et dans le Mahābhārata, il s’incarne dans la figure Kṛṣṇa, 8e avatāra, roi de Dvārakā dont la naissance, l’enfance et les amours avec les gopi (les gardiennes de vaches) sont racontées dans les Bhāgavata purāna.
 

 

Rāmāyaṇa

Le Rāmāyaṇa, la "Geste de Rāma", est un poème de 24 000 śloka (distiques) dont l'auteur est Vālmīki. Ce poème évoque l'épopée de Rāma, prince héritier écarté du trône par une des épouses de son père. Ce prince parfait est contraint à un exil de quatorze années pendant lequel il vivra en ascète dans la forêt Dandaka. Rāma est accompagné dans cette épreuve par son épouse Sītā et Lakṣmaṇa, un de ses trois frères.
 

 

Au cours de cet exil, les deux frères accomplissent de nombreux exploits, terrassent des démons. Un jour, l'asura Rāvaṇa, roi de Lankā (actuelle Sri Lanka), profite de l'absence de Rāma pour venger sa soeur Śūrpaṇakhā humiliée par les deux princes d'Ayodhyā. Sītā restée au logis avec Lakṣmaṇa demande à celui-ci de chasser une biche envoyée par l'asura. Rāvaṇa saisit l'opportunité pour enlever Sītā.

Désespéré, Rāma part avec son frère à la recherche de son épouse. Leur pérégrination les mène sur les terres de Kiṣkindhā, le royaume des singes où ils viennent en aide à Sugriva qui a été banni par son frère Vali.

 

 

Une fois devenu roi, Sugriva envoie un homme dans chacune des quatre directions pour retrouver l'épouse du prince d'Ayodhyā. Hanumān, qui a pris la direction du Sud, retrouve Sītā dans le palais de Rāvaṇa.
 

Hanumān rend visite à Sītā au palais de Rāvaṇa

 

Aidés par Hanumān, Sugriva et son armée, Rāma et son frère parviennent jusqu'au palais du roi des Rakshasas. Le prince tue l'asura, délivre Sītā qui se voit contrainte de prouver par le feu sa fidélité. Agni, divinité du feu atteste alors de la pureté de l'épouse de Rāma.

Au terme de l'exil, Rāma, Sītā et Lakṣmaṇa retournent à Ayodhyā où les attendent leurs deux frères Bharata et Śatrughna. Leur père étant décédé, Rāma est couronné roi.

 

Quelques temps après, Rāma entend des rumeurs mettant en cause la fidélité de Sītā au cours de son emprisonnement chez Rāvaṇa. Influencé par les commérages, le roi bannit son épouse. Chassée alors qu'elle est enceinte, Sītā trouve refuge dans l’ermitage du sage Vālmīki, l'auteur-même du texte, où elle donne naissance à des jumeaux, Lava et Kuśa.

 

Les enfants grandissent dans le respect et l'adoration de Rāma. Celui-ci regrettant sa décison recherche Sītā. Quand il la retrouve, elle refuse de le suivre et demande à la Terre, la déesse Bhūmi, de l'accueillir en son sein si elle a été fidèle. La Terre s'ouvre et l'engloutit. Rāma inconsolable supplie que son épouse lui soit rendue. Selon certaines versions, Sītā accepte de retourner vivre avec lui mais dans d'autres elle reste sourde à sa douleur.
 

Avant qu'il ne disparaisse dans la rivière Sarayu pour retourner à sa forme divine, Rāma règne pendant 10 000 ans ; cette période est présentée comme une ère de paix et de prospérité.

 

Holī Hai !

Pour aller plus loin, découvrez une sélection de documents sur l'Inde dans le "Gallica vous conseille" qui lui est consacré.

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