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Le système Arnodin : Le pont-transbordeur

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L’ingénieur Ferdinand-Joseph Arnodin (1845-1924) s’est fait connaître en se spécialisant dans la construction des ponts suspendus et des ponts à transbordeur. En 1900, son œuvre se voit même couronnée par le grand prix de l’Exposition universelle de Paris.

Marseille : le vieux Port et le pont transbordeur

En réalité, la construction des ponts suspendus avait été stoppée en France après l’effondrement de ce type d’ouvrage à Angers en 1850, puis à La Roche-Bernard en 1852. Le mérite du système Arnodin consiste à en perfectionner la technique en vue d’une meilleure stabilisation des structures. 

 Dans Le Pont à transbordeur de Bordeaux paru en 1898, Arnodin se présente comme constructeur des ponts à transbordeur de Bilbao, Bizerte,  Rouen, Martrou et Nantes. Et quand il n’en est pas le constructeur, il est du moins l’auteur des projets de Bordeaux,Tancarville, Anvers, Copenhague, etc… En réalité, lors de la construction du prototype à Bilbao en 1893, il est associé à l’ingénieur espagnol Alberto de Palacio. 

Arnodin exporte par la suite ce concept en France. Il s’agit d’un ouvrage enjambant un port, un canal ou un fleuve. Son transbordeur, plus connu désormais sous le nom de nacelle, est suspendu à un chariot roulant sous le tablier du pont. Lequel est érigé à une hauteur de 50 mètres minimum afin d’autoriser le passage de grands voiliers, navires et autres bateaux sous la structure. Il permet ainsi de transporter d’une rive à l’autre des personnes et des véhicules sans bloquer la navigation fluviale. D’abord assurée par une machine à vapeur, la traction de la nacelle le fut ensuite par un moteur électrique. En 1899, on inaugure le pont-transbordeur de Rouen.

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Martrou près de Rochefort

 Un des ouvrages d’art le plus emblématique de notre ingénieur est celui qui est situé en Charente-Maritime. Jusqu’au XIXe siècle, la traversée de la Charente entre Rochefort et le Martrou (nom d’un quartier d’Echillais) se faisait par un bac. Ce moyen de transport était sujet à de nombreux aléas : marée basse ou au contraire courants trop forts, mauvaises conditions météorologiques. D’autre part, la présence de l’Arsenal de Rochefort générait un trafic maritime et  fluvial croissant qu’il importait de ne pas entraver. Comme le relate une monographie consacrée à l'histoire de la commune :

La Charente fut toujours un obstacle très sérieux aux communications entre Echillais et Rochefort. Pendant la Révolution, le passage d'une rive à l'autre s'effectuait à l'aide d'un bac. On percevait un droit de 10 sols par livre de marchandise. [...] On continua à payer jusqu'en 1896 pour passer au bac de Martrou alors remorqué par un vapeur ; une yole suppléait au service des piétons [...] A partir de cette date, le passage fut gratuit. Entre temps, des études furent faites pour obtenir un moyen de transbordement plus perfectionné.

Le système Arnodin est donc retenu en 1897 : les travaux démarrent dès l’année suivante et le pont à transbordeur du Martrou est inauguré en 1900. Il appartient à la catégorie des ponts suspendus semi-rigides.

 Désormais, la haute silhouette des deux pylones métalliques s’inscrit dans le paysage charentais, à la sortie Sud de Rochefort-sur-Mer. Non exploité depuis 1967, il fut longtemps menacé de destruction avant d’être sauvé in-extremis en 1976 par son inscription aux Monuments historiques : en effet, il s'agit du dernier pont-transbordeur en France sur un total de huit dans le monde. La structure a fait récemment l’objet d’une restauration. En outre, la Communauté d’agglomération Rochefort-Océan s’attache à préserver l’environnement naturel de toute cette zone de l’estuaire de la Charente.  

Pont transbordeur sur le Usk à Newport [Pays de Galles]  : [photographie de presse] / [Agence Rol]

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