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La station de métro Bastille

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Découvrez grâce à la RATP et Gallica l'histoire des stations du métro parisien. Pour ce troisième épisode direction Bastille.

Jules Hervieu, Le chemin de fer métropolitain municipal de Paris, 1903-1908

Une nouvelle station de transports en commun ouvre le 19 juillet 1900 place de la Bastille, au sein de la toute première ligne du très attendu chemin de fer métropolitain de Paris. La place en elle-même existe depuis la fin du XVIIIe siècle, aménagée progressivement sur les ruines de la Bastille. Elle se situe administrativement à la frontière de deux arrondissements (le VIIIe et le IVeme), issus du premier découpage historique de la ville en 12 arrondissements et 48 quartiers en 1795, puis de trois arrondissements (le 4eme, le 11eme et le 12eme) créés par le nouveau découpage de 1859. Au croisement de ces limites administratives se trouve un très concret carrefour routier à l'intersection de 7 rues, carrefour qui n'a pas attendu le passage du Métropolitain pour être un nœud important du réseau des transports parisiens, comme l’illustre ce détail d'un plan commode de Paris avec les lignes d'omnibus et tramways, gravé par L.C Gigon et édité par L. Joly en 1899, à l’usage des voyageurs parisiens des transports en commun de surface.

Ainsi, à la veille de l’ouverture de la ligne 1, Bastille est déjà un écheveau de lignes en tout genre : 5 lignes de tramways, 6 lignes d’omnibus hippomobiles s’y arrêtent ou traversent la place. Entre les rues de Lyon et de Charenton se trouve également une gare ouverte en 1859, point de départ et terminus de la « ligne de Vincennes » qui relie Paris à Verneuil-l’Étang à l'aide de trains à vapeur circulant jusqu’aux années 1960.

Retour en l'an 1900, où la station de métro est l'unique à ciel ouvert de la ligne 1 et doit participer à la désaturation de la place. Pour ces deux raisons, la ligne passe en viaduc sur un pont droit de plus de 20 mètres de portée au-dessus du canal Saint-Martin, qui doit, quant à lui, rester navigable. La station est également limitée par les deux boulevards qui bordent le bassin de l'Arsenal au nord de la place de la Bastille. Les travaux sont d'ampleur car ils consistent à établir un pont sous rails et un pont sous chaussée, sous la place élargie, en plus de la construction de la station elle-même. Calculé en 1900 pour supporter des motrices d'un poids de 31 tonnes, le pont franchissant le canal est renforcé en 1931 avec la mise en service sur la ligne de motrices de 54 tonnes à quatre moteurs.

 

Six ans après l’ouverture de la ligne 1, la station Bastille est également desservie par la ligne 5, reliant la station Lancry (actuellement Jacques-Bonsergent) à la place d’Italie en passant notamment par l'impressionnant viaduc d’Austerlitz. Un an plus tard, en 1907, la ligne 5 fusionne avec la ligne 2 sud (actuelle ligne 6) et relie la gare du Nord à la place de l'Étoile en passant par la place d’Italie.  
 

 

Enfin, en 1931, la station accueille une troisième ligne, la 8, dont l'extension est prévue par le Conseil général de la Seine dès 1928, au sein d'un grand plan de développement de dix lignes du métro vers les zones périphériques de Paris et sa proche banlieue. La ligne 8, dont la partie ouest allant de Porte d'Auteuil à Opéra a été inaugurée en 1913, assure désormais la desserte de la Porte de Charenton. Outre Bastille, elle passe par les Grands Boulevards, le Faubourg Saint-Antoine, la place Daumesnil et la Porte dorée. Le croisement des trois lignes à Bastille, visible ci-dessous sur ce Plan montrant la disposition des accès aux stations du Métropolitain dans le sud-est de Paris édité par Taride en 1931, demeure inchangé jusqu'à aujourd'hui. Seul l'aménagement des quais se renouvelle dans les décennies suivantes, comme le narre cet article du site de la RATP issu de la rubrique "Un jour, une station"
 

Et la station Bastille, c'est aussi...
L'Osiris de la Bastille... Un mystère entoure cette statuette égyptienne en terre cuite, retrouvée à 8 ou 9 mètres de profondeur à l'occasion des travaux de la station Bastille au milieu de vestiges de la prison. Mesurant 17 centimètres, elle "représente d'une façon très fruste, Osiris, le dieu protecteur des morts, coiffé de la mitre et les bras croisés sur la poitrine armés d'un fléau et d'une houe ou ascia", comme le détaille la Commission municipale du Vieux-Paris en 1905.

D'où vient cette statuette funéraire identifiée par l'archéologue Charles Sellier ? Elle est de fabrication gallo-romaine et date du 3ème ou 4ème siècle avant J-C, car "Osiris a adoré Paris. Parfaitement!", s'exclame La Cité, bulletin de la société archéologique du IVème arrondissement. S'il existe bien un temple d'Isis à Lutèce, c'est surtout la présence de la statuette dans le quartier de la Bastille qui interroge. Les théories les plus diverses circulent : la présence d'un cimetière voué à Isis, un voyageur gallo-romain sur la voie romaine qui égare sa statuette, un objet issu de la collection privée d'un ancien prisonnier embastillé ou d'un officier de la prison... Cette statuette, longtemps surnommée l'Osiris de la Bastille, repose au Musée Carnavalet, musée désigné dès 1899 comme dépositaire des découvertes archéologiques effectuées lors des travaux du Métropolitain.

Pour aller plus loin 
- "Un jour, une station : Bastille, un petit vent de Révolution" sur le site de la RATP 
- Présentation en direct en Gallica à l'occasion des 120 ans du métro parisien 

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