Ludwig van Beethoven (1770–1827), artiste mythique déjà de son vivant, fut après sa mort l’objet d’un véritable culte qui amena ses proches à démembrer ses manuscrits, notamment les carnets d’esquisses, afin d’en offrir des fragments à des admirateurs. Les quelque 120 manuscrits autographes du compositeur conservés au département de la Musique de la BnF reflètent ces pratiques par l’histoire de leur provenance et par leur caractère souvent fragmentaire. Tous font partie du fonds de l’ancienne bibliothèque du Conservatoire de Paris, transféré dans les locaux du département de la Musique depuis 1964.

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Les provenances

Le premier à entrer dans les collections du Conservatoire – une série de dix arrangements de chansons écossaises réalisés par Beethoven pour l’éditeur George Thompson en 1812 et 1813, actuel MS-24 – fut donné directement à la bibliothèque le 6 mai 1842 par Anton Schindler (1795–1864), secrétaire du compositeur.
Il fallut attendre plus de cinquante ans, pour qu’un autre manuscrit autographe de Beethoven, celui de la sonate pour piano op. 57, dite Appassionata (MS-20),  entre dans les collections de la bibliothèque en 1889. Son histoire nous est particulièrement bien connue.

De l’esquisse à l’édition

Dès le XIXe siècle, les musicologues, à la suite de Gustav Nottebohm (1817–1882), ont étudié la genèse des oeuvres de Beethoven, bien documentée par ses manuscrits. Beethoven laisse un corpus d’esquisses abondant mais dispersé. Il notait et retravaillait ses idées tant sur des feuillets isolés que dans des carnets, mais ces derniers ont souvent été dépecés après sa mort. Dans leur ouvrage The Beethoven sketchbooks, paru en 1985, Douglas Johnson, Alan Tyson et Robert Winter ont proposé une reconstitution de ces carnets.