Avec près de 30 000 manuscrits musicaux autographes, la Bibliothèque nationale de France peut être considérée aujourd’hui comme l’une des plus riches bibliothèques musicales au monde. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’intérêt pour la conservation des manuscrits autographes est resté très marginal. De fait, les plus anciens conservés au département de la Musique ne remontent qu’au XVIIe siècle et sont issus de collections exceptionnelles comme celle réunie par Sébastien de Brossard (1655-1730) et celle constituée tout au long de sa carrière par Marc-Antoine Charpentier (1643-1704). Ces ensembles sont d’ailleurs parmi les plus anciens du département et fondateurs de la collection musicale de la BnF.

Au XVIIIe siècle, les manuscrits notés par les grands maîtres ont généralement été conservés par les institutions qui les employaient ou qui faisaient exécuter leurs œuvres : la Musique du roi (André Campra), l'Académie royale de musique (Jean-Philippe Rameau, Christoph Willibald von Gluck, Pierre-Montan Berton, François-Joseph-Gossec), ou plus exceptionnellement dans des archives familiales (Charles-Hubert Gervais).

A partir du XIXe siècle, la préservation des autographes devient plus systématique, y compris celle de brouillons et d’esquisses, comme ceux de Beethoven par exemple. Certains deviennent de véritables objets de culte (Don Giovanni de Mozart), et de plus en plus, de spéculation. Ces précieux manuscrits musicaux rejoignent principalement les collections de la bibliothèque du Conservatoire national de musique (rattachée à la Bibliothèque nationale en 1935) et dans une moindre mesure de la BN, par achats, dons ou legs de collections entières (collection de Charles Malherbe par exemple). Au XXe siècle, le département de la Musique poursuit cet enrichissement grâce à une politique d’acquisition patrimoniale axée sur la préservation de ces sources inestimables.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog Gallica :
Le manuscrit de Don Giovanni
Les manuscrits de Beethoven