Durant deux cent cinquante ans, de la fin du XIIIe siècle au début du XVIe, le Roman de la Rose a fait partie du bagage du lettré, du clerc savant au simple bourgeois. La comparaison entre le Roman de la Rose et la Divine Comédie de Dante est souvent mentionnée ; elle donne en effet une idée de l’ampleur du succès que rencontra ce chef d’œuvre de la littérature courtoise et allégorique, comme de la popularité de ses deux auteurs, Guillaume de Lorris et Jean de Meun. Au cours de ce songe allégorique, Guillaume de Lorris raconte comment en rêve, il est entré dans le jardin où réside le Dieu d’Amour, et y est tombé amoureux d’un bouton de rose. Jean de Meun continuera l’œuvre inachevée, livrant un monument littéraire long de 18000 vers, quand le poème de Guillaume n’en comptait que 4000.
Le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris nait dans les chants, les parfums, les beautés d’une nature qui s’éveille et invite le poète à se faire le vassal du dieu d’Amour. En projetant sur ce monde idyllique et statique son théâtre d’ombres, le songe allégorique donne vie et sens à un art de vivre courtois et à un art d’aimer universel. Mais l’œuvre de Guillaume de Lorris (vers 1230) s’arrête sur l’emprisonnement de Bel Accueil et la mise à l’abri des rosiers derrière des fossés et une enceinte. Le Roman de la Rose aurait-t-il jamais existé pour les lecteurs, si Jean de Meun ne l’avait, quarante plus tard, poursuivi, complété et achevé, le remodelant et l’amplifiant au point d’en faire un miroir aux amoureux, une encyclopédie, une somme de savoirs sur l’amour ? L’histoire est ainsi menée à son terme, avec la prise du château de Jalousie et la cueillette de la rose.

XIIIe siècle

Les plus anciens manuscrits du Roman de la Rose datent de la fin du XIIIe siècle. Selon une mise en page courante du XIIIe à la première moitié du XIVe siècle pour les œuvres en vers, le texte est le plus souvent ordonné sur trois colonnes, et l’écriture du texte y est plutôt dense.

Huit témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : Français 378, Français 1559, Français 1568, Français 1569, Français 1573, Français 12786, Français 19157, Français 25524.

XIVe siècle

Le grand nombre de copies conservées pour la première moitié du XIVe siècle atteste le succès rapide du poème achevé par Jean de Meun. Au XIVe siècle, on adopte une mise en page claire et fonctionnelle, devenue archétypale pour les textes poétiques : texte sur deux colonnes, léger retrait et alignement vertical des premières lettres de chaque vers, lettrines et rubriques signalant les articulations du texte.

Quarante-huit témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : Français 380, Français 799, Français 802, Français 803, Français 807, Français 814, Français 1558, Français 1559, Français 1560, Français 1561, Français 1564, Français 1565, Français 1566, Français 1567, Français 1568, Français 1569, Français 1571, Français 1572, Français 1574, Français 1576, Français 2194, Français 2195, Français 2196, Français 9345, Français 12587, Français 12588, Français 12589, Français 12593, Français 12594, Français 12786, Français 15109, Français 19154, Français 19156, Français 24388, Français 24389, Français 24391, Français 25523, Français 25526, NAF 934, NAF 5094, NAF 9252, NAF 11387, NAF 20001, NAF 28047, NAL 718, Rothschild 2800, Rothschild 2801, Smith-Lesouëf 62.

XVe siècle

A la fin du XIVe et au XVe siècle, on fabriquera pour de grands mécènes des copies luxueuses et abondamment illustrées, mais dont la structure reste proche des copies du XIVe siècle.

Vingt-cinq témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : Français 798, Français 800, Français 801, Français 804, Français 805, Français 806, Français 807, Français 812, Français 814, Français 1562, Français 1570, Français 1665, Français 12591, Français 12592, Français 12594, Français 12595, Français 12596, Français 12786, Français 19137, Français 19153, Français 19155, Français 22551, Français 24392, Français 25525, NAF 934.

XVIe siècle

Au XVIe siècle, la production manuscrite se fait de plus en plus rare, au profit des éditions imprimées. On conserve quelques extraits du Roman de la Rose écrits au XVIe siècle.

Un témoin conservé au département des Manuscrits a été numérisé : Français 3939.