Best-seller avant la lettre, le Roman de la Rose est un long poème écrit au XIIIe siècle par deux auteurs successifs : Guillaume de Lorris et Jean de Meun. Prenant la forme d’un songe allégorique, il conte la quête et la cueillette d’une rose – une jeune fille – par un jeune homme, l’Amant, du coup de foudre initial à la conquête-défloration de l’Aimée. Cette œuvre, qui débute sous les auspices de la « fin’amor » et se clôt dans une atmosphère dionysiaque, traite d’un sujet intemporel : l’amour, ses joies, ses écueils, ses enjeux sociaux et spirituels. Le poème aborde des questions sur l’art de la séduction, la crudité du langage, la misogynie, la place de l’amour dans le destin de l’humain qui restent d’une étonnante modernité.
Double miroir aux amoureux, résumant les thèmes de la courtoisie et de la philosophie médiévales, le Roman de la Rose est l’ouvrage profane le plus copié au Moyen Âge après la Divine Comédie de Dante, et connaît un énorme succès, devenant l’œuvre la plus célèbre du Moyen Âge, avec quelques 250 manuscrits connus.
Lu, cité, admiré, il a séduit des générations de lecteurs entre la fin du XIIIe et le début du XVIe siècle et connait aujourd’hui une nouvelle fortune grâce aux images numériques des manuscrits accessibles en ligne, dont un certain nombre sont présents sur Gallica.