Hérités de l'Antiquité, les Arts libéraux sont un programme éducatif que l'on dirait aujourd'hui "secondaire", comprenant sept disciplines divisées en deux niveaux : le trivium regroupe grammaire, dialectique, rhétorique ; le quadrivium est consacré aux disciplines scientifiques, arithmétique, géométrie, musique et astronomie.
Entre 551 et 562, l'ancien sénateur romain Cassiodore (c. 480- c. 575) rédige pour les moines qu'il a rassemblé autour de lui à Vivarium (Calabre) un ouvrage en deux livres, destiné à leur procurer les éléments de base (institutiones) nécessaires à l'intelligence des Écritures (divinae litterae : livre I) et à l'apprentissage des notions élémentaires de la culture profane (saeculares litterae : livre II).

Les manuscrits profanes carolingiens dont nous disposons témoignent d’une attitude assez différente de celle qui préside aux textes sacrés. En effet, les ouvrages religieux sont l’occasion d’aborder des questions théologiques, et d’entretenir des débats (par exemple, sur la question de la double nature du Christ, humaine et divine) ; c’est pourquoi chaque manuscrit reflète l’évolution de cette réflexion, la décoration des ouvrages changeant en fonction de la conception qu’ils cherchent à transmettre. Dans le domaine du livre profane, en revanche, l’intention principale est de transmettre une matière première qu’on considère comme parfaite, donc sans modification possible.