En 1875, Jean-Louis Pascal est nommé architecte de la Bibliothèque nationale, un an après la nomination de Leopold Delisle au poste d'administrateur général. Ses premiers travaux font suite à ceux d'Henri Labrouste, autour de la cour d'honneur. Celui-ci avait envisagé une reconstruction totale des bâtiments de Jules de Cotte et l'avait même amorcé au nord de la cour d'honneur.

Jean-Louis Pascal estima, au contraire, qu'il fallait conserver les vieux bâtiments. Il fut obligé de refaire entièrement les maçonneries, mais conserva la façade sur cour. Il démolit donc les travées amorcées par Henri Labrouste sur la façade nord de la cour d'honneur et y rétablit l'ordonnance de Jules de Cotte.

Le grand dossier des années Pascal fut l'acquisition des quatre immeubles de l'angle des rues Colbert- Vivienne et le chantier préparatoire à la « Salle ovale ». Ils étaient motivés par la nécessité de répondre au besoin d'espace de la Bibliothèque et de garantir de bonnes conditions de sécurité. L’on projeta donc d'exproprier les particuliers qui logeaient dans les quatre maisons situées à l'angle de la rue Colbert et sur la rue Vivienne aux nos 3, 5, 7 et 9 (dès 1724, des particuliers s'étaient installés à l'angle nord-est de la Bibliothèque), ce qui ajouterait deux mille six cent quarante mètres carrés de surface. La libération du « Carré Vivienne » permettait de construire la grande Salle ovale de lecture au rez-de-chaussée et le cabinet des Médailles au premier étage, ce qui libérait le bâtiment en bordure de la rue de Richelieu pour les imprimés et permettait le regroupement de ceux-ci.

Jean-Louis Pascal ne verra pas l'achèvement de la Salle ovale. Un décret du 30 avril 1907 interdit le cumul des fonctions d'inspecteur général et celle d'architecte en chef. En 1889, il est nommé inspecteur des Bâtiments civils et en 1912, il cède la place à Alfred Recoura qui devient architecte de la Bibliothèque nationale et parachève ainsi son œuvre.