Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la presse enfantine et de jeunesse est essentiellement consacrée à l’éducation et à la lecture. Ainsi le Journal d’éducation (1768) dispense-t-il aux parents et instituteurs des conseils d’éducation basés sur la religion. En 1832, Émile de Girardin lance le Journal des enfants. Un an plus tard est fondé le Journal des demoiselles, qui connaît une grande longévité. Sous le Second Empire, la presse enfantine fait des progrès décisifs. En 1857, Hachette et Lahure lancent la Semaine des enfants, qui publie les romans de la comtesse de Ségur, puis le Journal de la jeunesse. Peu à peu, illustrations et rubriques de divertissement gagnent du terrain, tout comme le traitement des questions d’actualité à travers le prisme de l’histoire. Avec l’abaissement du prix de vente et l’augmentation de la périodicité, la presse enfantine exerce une influence croissante sur son lectorat et véhicule dans ses pages les grands thèmes nationaux comme l’exaltation de l’armée, la haine de l’Allemagne et l’attachement aux colonies. Le Magasin d’éducation, édité par Hetzel, rencontre un vif succès jusqu’en 1915 et incite de nombreuses maisons d’édition de livres scolaires à publier des journaux de ce genre : le Saint-Nicolas (Maison Delegrave), le Petit Français illustré (Armand Colin), les Belles images (maison Fayard) ou encore Les petits bonshommes, édité par la Ligue ouvrière de Protection de l’enfance, patronnée par le PS et la Ligue de l’enseignement.