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Luther : une vie en images

500 ans de la Réforme
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31 octobre 2017

A l'occasion des 500 ans de la Réforme, Gallica vous invite à découvrir la vie de Luther en images.

Le 31 octobre 1517, les 95 thèses de Luther sont placardées sur la porte de l'église du château de Wittemberg. Cet  événement, dont la réalité est discutée par les historiens, a été retenu comme acte fondateur du protestantisme. Rapidement, les thèses traduites du latin en allemand sont diffusées, la dispute théologique gagne un public plus large et la polémique enfle. Dans la bulle pontificale Exsurge Domine, le pape donne à Luther 60 jours pour retirer 41 erreurs de ses thèses. Luther brûle le document publiquement. Il sera excommunié en 1521.
Le berceau du protestantisme étant l’Allemagne, la BnF conserve un nombre assez réduit de documents sur ce sujet. Les estampes protestantes appartiennent pour l'essentiel au fonds Michel Hennin, qui rassemble 15 000 pièces sur l'Histoire de France et comporte un ensemble remarquable de 16 estampes retraçant la vie de Luther. Elles sont pour la plupart inspirées des portraits réalisés de son vivant par son ami Lucas Cranach.

Les gravures présentent les moments clés de la vie de Luther, auxquels président le Christ. A plusieurs reprises dans cette série, Luther apparaît comme victime de l’ire du Pape : ses écrits sont brûlés, il est banni et excommunié. L’homme de foi n’est pas loin du saint martyr. Les petites scènes, au dessin très simple, presque naïf, sont encadrées de citations des écritures, qui confèrent un caractère sacré à la vie de Luther.

Son destin, puisque l’on peut dans ce cas parler de destin, est une actualisation de la Bible, ce qui, dans une perspective protestante, prend un sens particulier. Luther apparaît comme un élu, un instrument de la volonté divine. Le berceau du réformateur est à la fois protégé par un angelot et béni par le Christ.

Luther sur son lit de mort est évidemment à mettre en regard des nombreuses représentations de vie de saints s'achevant sur cette image.

Enfin, le cortège funèbre, surmonté de cette citation de Luther dédiée au Pape : "Vivant, j'étais pour toi la peste, Pape ! Mort, je serai ta mort" clôt la série et laisse présager de la force de son héritage spirituel.

Dans la plupart des portraits, Luther est en habit de moine ou en robe d’universitaire. Il porte souvent le bonnet professoral, ce qui lui confère une légitimité dans la dispute théologique. Mais il ne se réduit pas à un savant, ce qui enthousiasmerait peu les foules, il est également présenté comme l’envoyé de Dieu.
 

C’est  également le motif du justicier que l’on trouve associé à l’apocalypse dans cette pièce contre la Papauté. Luther une torche à la main fait reculer un monstre coiffé d'une tiare qui semble vouloir se jeter sur lui. Luther porte un livre ouvert sur lequel est écrit "Vous sondez les écritures" qui est le début d'un verset de Saint Jean (5:39). Tel Saint Georges avec pour seule arme la Bible, il pourfend le dragon-pape. Luther se tient paradoxalement devant une église pour repousser le représentant de l'Eglise. Sur la gauche, s'enfuient des rats et un moine qui vend des lettres d'indulgence comme n'importe quel colporteur. La satire est ici clairement rattachée au combat de Luther contre les indulgences. Figure épique surprenante, le théologien combat avec ses arguments et par la volonté de Dieu.

Laurence Jung

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