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Madame de Staël (1766-1817)

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28 décembre 2017

Cette année, nous célébrons le bicentenaire de la mort d'une femme écrivain, républicaine, théoricienne de la littérature et philosophe : Anne-Louise Germaine de Staël-Holstein.

Anne Louise Germaine Necker Baronne de Staël Holstein, gravure de Laugier d'après la peinture de Gérard

 

Née dans une famille de la bourgeoisie suisse, Anne-Louise Germaine Necker reçoit une éducation soignée mêlant esprit des Lumières et calvinisme tolérant.

Le génie des affaires et la position de Directeur général des Finances de la France de son père, Jacques Necker, lui apportent un confort matériel et lui offre la possibilité de fréquenter des personnalités politiques de la fin de l'Ancien Régime. Sa mère, elle, anime un Salon et crée autour de l'enfant un environnement stimulant intellectuellement. Ainsi, dès sa jeunesse, la future Madame de Staël a l'opportunité de converser avec Encyclopédistes, écrivains et philosophes ; et c'est au contact de ces brillants esprits qu'elle s'enthousiasme pour les idées de Jean-Jacques Rousseau.
 

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Portrait de Germaine Necker enfant par Carmontelle

 

Après son mariage en 1786 avec le baron Erik Magnus de Staël-Holstein, alors ambassadeur du roi de Suède en France, Germaine de Staël ouvre un Salon où se répandent des idées nouvelles véhiculées par les vétérans de la guerre d’Indépendance des états d’Amérique.

La passion de l’écriture la prend très tôt. Les portraits qu'elle réalise des amis de ses parents ont aujourd’hui disparu, mais il est possible de retrouver quelques-unes de ses premières compositions que  Jakob-Heinrich Meister inséra dans La Correspondance littéraire, philosophique et critique de Grimm. En 1788, elle connaît son premier succès littéraire avec les Lettres sur le caractère et les ouvrages de J.-J. Rousseau imprimé à son insu à une vingtaine d’exemplaires par un ami de ses parents.

Auteure de pièces de théâtre (Sophie ou les Sentiments secrets, Jane Gray), Germaine de Staël s’intéresse aussi à la politique. Dans les premiers temps de la Révolution, elle est favorable à ce qu'elle considère comme une marque de progrès et une étape vers une monarchie constitutionnelle. Mais suite aux massacres de septembre 1792, contre lesquels Olympe de Gouges écrit La Fierté de l'innocence, ou le silence du véritable patriotisme, elle se voit obligée de quitter la France. Des années plus tard, elle reviendra sur ces événements et fera un parallèle entre les exécutions perpétuées par les septembriseurs et les exactions de la Saint Barthélémy.
 

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Du gouvernement appelé le règne de la terreur

Madame de Staël trouve alors refuge en Suisse, à Lausanne et à Coppet. Là, elle multiplie la rédaction et la publication de pièces et romans mais aussi d'essais et analyses théoriques. Elle publie entre autres, en 1793, un texte en réaction au procès de Marie-Antoinette : Réflexions sur le procès de la Reine par une femme.

Germaine de Staël rentre à Paris en mai 1795, quelques jours avant la suppression du Tribunal révolutionnaire. Pendant le Directoire, elle anime dans la capitale un Salon où elle professe une République modérée et raisonnable, enracinée dans le terreau des Lumières. Elle assiste à l'ascension d'un jeune militaire, Napoléon Bonaparte dont elle devient l'une des opposantes. Devenu Premier Consul, Bonaparte l'exile dans un premier temps à quarante lieues de Paris puis hors de France. Empêchée de publier, elle entame un voyage à travers l’Europe et accueille à Coppet des personnalités venant de divers pays opposées à l’Empire.
 

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Conférence de Madame de Staël, dessin de Philibert-Louis Debucourt

De retour en France après la chute de l’Empereur, elle est au faîte de sa gloire pendant la Première Restauration. Au retour de l’Ogre, elle trouve refuge à Coppet et refuse durant le temps des Cent Jours, la main tendue de celui qui l’avait âprement combattue durant tant d’années. Si à la fin de sa vie, elle réside régulièrement à Coppet, c’est à Paris qu'Anne-Louise Germaine de Staël née Necker décède en 1817, le 14 juillet ; date on ne peut plus symbolique pour une femme républicaine marquée par l’esprit des Lumières.
 

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Portrait de Madame de Staël d'après le portrait peint par P.-L. Bouvier

Pour en savoir plus sur Madame de Staël et son entourage, n'hésitez pas à consulter les pages des Essentiels de la Littérature qui lui sont consacrées ainsi que la Bibliographie publiée à l'occasion du Bicentenaire de De l'Allemagne ou le catalogue de l'exposition qui s'est tenue à la Bibliothèque nationale de France pour le bicentenaire de sa naissance ainsi que le site de la Société des Etudes Staëliennes.

Sur Gallica, vous pourrez voir l'essentiel de ses écrits ainsi que divers ouvrages qui lui sont consacrés.

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