On peut considérer les placards et feuilles d'opinion au XVIe siècle comme une forme précoce de presse religieuse, dans le sillage de la Réforme et de l'invention de l'Imprimerie. Toutefois, c'est avec le Journal des sçavans, animé par l'Abbé de la Rocque, à la fin du XVIIe siècle, que l'on peut trouver une première véritable parution à vocation religieuse. Au XVIIIe siècle, Les Nouvelles ecclésiastiques, journal janséniste, refléte la querelle théorique qui agite l'Eglise et doit longtemps paraître de manière clandestine. Les parutions religieuses favorables à la constitution civile du clergé profitent de la liberté de la presse sous la Révolution, avec des titres comme Les Annales de la Religion, où écrit l'Abbé Grégoire. Tout au long du XIXe siècle, la presse religieuse s'inscrit largement dans une démarche politique favorable à la monarchie, à l'instar de L'Ami de la religion et du roi ; mais de nombreuses publications religieuses (pas seulement catholiques, comme le montre des publications comme Le Protestant) mettent plutôt en avant une approche théorique ou littéraire. Sous la IIIe République, de nombreux journaux se rallient à la République à la suite du mouvement favorisé par l'encyclique "Rerum novarum" du pape Léon XIII. Les grands quotidiens catholiques tels que La Croix et L'Univers reflètent cette évolution, tandis que des journaux représentant les minorités religieuses juives et musulmanes connaissent un essor après la Première guerre mondiale (Le Journal juif, Amitiés musulmanes).