La bataille de Sadowa : Prusse 1-Autriche 0

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Publié par Luc Menapace le 4 juillet 2016 dans Collections

A l'occasion du 150e anniversaire de la bataille de Sadowa, Gallica vous propose de revenir sur cet événement qui a redessiné la carte de l'Europe.

Bataille de Sadowa, Pellerin et C.ie

Le 3 juillet 1866, la Prusse l’emporte sur l’Autriche à Sadowa et redessine la carte de l’Europe.En 1866, l’Allemagne est divisée entre une quarantaine d’États de taille très variée, de l’empire d’Autriche au grand-duché d’Oldenbourg, du royaume de Prusse aux duchés d’Anhalt. Un siècle plus tôt, ces États étaient plus de deux cents et formaient l’Empire, créé en 962 par Otton Ier. En 1803, En 1803, par le Recès d’Empire, Napoléon Bonaparte simplifie la carte de l’Allemagne en rattachant les principautés ecclésiastiques aux Etats voisins. L’année suivante, il fait pression sur l’empereur François II pour qu’il se proclame empereur d’Autriche sous le nom de François Ier, qui se retrouve doublement empereur pendant deux ans. En effet, en 1806, Napoléon Ier crée la Confédération du Rhin pour réunir les États allemands à l’exception notable de la Prusse et de l’Autriche. Un mois plus tard, François II abdique et l’Empire disparaît.
Après la défaite napoléonienne, les États allemands se réunissent dans la Confédération germanique, dont le président est François Ier empereur d’Autriche. Prusse et Autriche se disputent la direction de cet ensemble. Deux solutions s’affrontent : un ensemble allemand avec l’Autriche (la solution grande-allemande) ou sans l’Autriche (la solution petite-allemande). La Prusse étend alors son influence en signant une série d’accords douaniers avec les petits États d’Allemagne du Nord. Ces accords débouchent en 1833 sur une union douanière appelée Zollverein et dominée par la Prusse.

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Une querelle d’Allemands, Imp. lith. Pinot & Sagaire
Le personnage en bleu représente un Prussien ; celui en beige et gris un Autrichien

En 1864, Prusse et Autriche unissent leurs forces contre le Danemark pendant la guerre des duchés. En effet, un problème successoral au Danemark pourrait changer le statut des duchés de Schleswig, Holstein et Saxe-Lauenbourg. Une fois le Danemark battu, Prusse et Autriche se partagent les duchés qui deviennent un sujet de discorde : la Prusse souhaite les annexer, contrairement à l’Autriche. Bismarck, ministre des Affaires étrangères de Prusse, s’assure de la neutralité de la France et de la Russie. La Prusse en profite pour occuper le Schleswig en juin 1866 et déclenche la guerre. Les Etats allemands se divisent entre partisans de l’Autriche (au nord et au sud) et de la Prusse (au centre). La Prusse l’emporte rapidement en Allemagne et concentre ses troupes en Silésie contre la Bohème.
La bataille décisive a lieu à Sadowa le 3 juillet 1866. Les Autrichiens menés par le général Benedeck sont battus. L’Autriche doit accepter la disparition de la Confédération germanique. La Prusse annexe une partie des États allemands qui se sont opposés à elle : Hanovre, Nassau, Francfort… Elle forme également une alliance militaire avec une vingtaine d’États allemands. L’année suivante, cette alliance est rebaptisée Confédération d’Allemagne du Nord, dont le roi de Prusse Guillaume Ier prend la présidence. Les États d’Allemagne du Sud n’en font pas partie mais signent des alliances secrètes avec la Confédération. La Prusse a réussi à imposer la solution petite-allemande.

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Honoré Daumier, Croyez-moi ! prenez mon bras. [etc.], Arnaud de Vresse, 1866

L’Autriche a succombé sous le coup d’une double guerre. En effet, Victor-Emmanuel II, roi d’Italie, profite du déclenchement de la guerre pour attaquer la Vénétie sous domination autrichienne : c’est la troisième guerre d’indépendance italienne. Mais l’armée italienne est disparate car issue des armées des différents États italiens. Elle est vaincue à la bataille de Custoza le 24 juin. Les Autrichiens s’appuient sur le Quadrilatère, réseau de quatre forteresses (Mantoue, Peschiera, Vérone, Legnano) que les Italiens ne peuvent franchir. Les Autrichiens l’emportent également à la bataille navale de Lissa. Malgré toutes ces victoires, l’Autriche doit traiter et céder la Vénétie à la France qui la cède ensuite à l’Italie. L’offensive italienne aura immobilisé une partie de l’armée autrichienne au sud, au détriment du front allemand.
Une autre conséquence de la défaite autrichienne est le compromis austro-hongrois de 1867 : l’empire d’Autriche devient l’empire d’Autriche-Hongrie. Les Hongrois, qui s’étaient révoltés en 1848, obtiennent leur propre Parlement, ainsi qu’un budget et des ministres propres à la Hongrie. François-Joseph Ier est le souverain commun aux deux entités : empereur en Autriche et roi en Hongrie.
 

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Cham, O mon bonhomme, cette fois tu trouveras des arètes!, Arnaud De Vresse, 1869
Le chancelier Bismarck, reconnaissable à son casque à pointe prussien, a devant lui un verre portant l’inscription Sadowa, et un soldat français à l’air martial

La dernière étape de l’unification allemande amorcée en 1866 est la guerre franco-allemande de 1870, voulue par Bismarck pour rassembler toute l’Allemagne derrière la Prusse. Elle aboutit à la défaite française et à la proclamation de l’empire allemand à Versailles le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces. Par le traité de Francfort conclu le 10 mai, la France doit céder l’Alsace-Moselle. L’unification allemande crée une pomme de discorde franco-allemande qui mènera les deux pays à la guerre quarante ans plus tard.
 

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