Régicides en série

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Publié par Benjamin Prémel le 1 janvier 2013 dans Collections

Sous l’Ancien Régime, la personne du roi, considéré comme un père par ses sujets, est sacrée. Assimilé à un véritable parricide, le régicide est sévèrement puni. Jacques Clément, pour le meurtre d’Henri III et François Ravaillac, pour celui d’Henri IV, subissent l’écartèlement. Que l’attentat contre la personne royale échoue n’excuse pas l’acte. Ainsi Robert-François Damiens est-il écartelé en 1757 pour avoir attenté à la vie de Louis XV.

Le Petit Parisien (Paris)

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Si le régicide peut se définir comme le meurtre ou la tentative de meurtre d’un souverain, il désigne aussi le jugement ou le vote de condamnation à mort du souverain. Sous la Restauration, la condamnation à mort de Louis XVI par la Convention nationale est considérée comme telle.  En 1816, les conventionnels ayant voté la mort du roi, rebaptisé alors Louis Capet, font à ce titre l’objet d’une loi d’indignité ou de bannissement.
L’Opéra semble un lieu propice au régicide. En 1820, le duc de Berry, fils du futur Charles X, est assassiné à la sortie d’un spectacle par Louis-Pierre Louvel. Celui-ci espérait par cet acte mettre fin à la dynastie des Bourbons, mais son espoir est ruiné par la naissance quelques mois plus tard du duc de Bordeaux. C’est également près de l’Opéra qu’en 1858, le révolutionnaire et patriote italien Felice Orsini tente d’assassiner Napoléon III.
En 1836, Giuseppe Fieschi attente à la vie de Louis-Philippe, fils du régicide Philippe-Egalité. Si certains dénoncent la « machine infernale » du régicide, d’autres voient en lui un « ancêtre de la Commune ».
L’essor du mouvement anarchiste à la fin du XIXe siècle entraîne une recrudescence des attentats contre les chefs d’État. En Russie, Alexandre II survit à plusieurs tentatives d'assassinats, jusqu'à la bombe lancée par Ignati Grinevitski en mars 1881. En septembre 1898, l’impératrice « Sissi » est poignardée par Luigi Luccheni. Deux ans plus tard, Gaetano Bresci tire au revolver sur Umberto Ier d'Italie tandis que le Shah de Perse échappe à un attentat. La Serbie et le Portugal voient également tomber leurs souverains sous les balles de terroristes : Alexandre Ier en juin 1903, Charles Ier en février 1908. La France n’est pas épargnée par cette vague d’assassinats : son président Sadi Carnot meurt poignardé par Caserio Santo à Lyon le 25 juin 1894.
L’attentat meurtrier commis à Sarajevo envers l’archiduc héritier François Ferdinand entraîne l’Europe dans une guerre qui précipite la chute des Romanov et l’assassinat de la famille impériale russe par les bolcheviques en 1918. Dans l’Entre-deux-guerres, Alexandre Ier de Yougoslavie meurt à Marseille en compagnie de Louis Barthou.

Benjamin Prémel - direction des Collections, département Droit, Economie, Politique

Publié initialement le 28 juillet 2011.

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