Titre : Revue contemporaine
Éditeur : [s.n.?] (Saint-Pétersbourg)
Date d'édition : 1913-05-04
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328566919
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 04 mai 1913 04 mai 1913
Description : 1913/05/04 (A4,T11,N80). 1913/05/04 (A4,T11,N80).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6248065m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-18251
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/06/2013
2(i9
l'immense importance que l'opinion française doit !
donner à ce théâtre éloigné qui, au cœur d'une
grande nation amie de la France, et proche de sa
pensée, est appelé à faire rayonner le génie français.
Je ne ferai pas ici l'historique du Théâtre Michel.
Je me bornerai seulement à rappeler qu'il doit
sa fondation à la bienveillante sympathie que de
longue date déjà le pouvoir impérial russe a tou-
jours témoigné à la France, sous des formes mul-
tiples et variées. Depuis son origine jusqu'à ce jour,
le Théâtre Michel est subventionné immédiatement
par la Couronne et celle-ci lui consent sans comp-
ter les plus lourds sacrifices. Une pareille situation
ne saurait certes être passée sous silence, car elle attes-
te à un très haut degré les sentiments on ne peut
plus délicats de la Cour de Russie pour l'art français.
Le Théâtre Michel a derrière lui un passé dont
il peut d'ailleurs être justement fier. Pendant de lon-
gues années, il a été vraiment une seconde Comédie
Française. Il a eu l'honneur de voir débuter sur sa
scène les plus grands artistes français de l'heure
présente et de recevoir en tournée les célébrités les
plus incontestées de l'école dramatique française.
Il a eu aussi le grand mérite de représenter dans
toute leur pureté les traditions classiques françaises et
de veiller continuellement avec un soin jaloux à
l'observation scrupuleuse des règles de la diction
ainsi qu'au maintien de l'élégance et de la distinction
du jeu.
Le gouvernement russe vient de prende une dé-
cision qui, une fois de plus, montre combien est vive
la sollicitude qu'il a pour le Théâtre Michel et pour
le développement sans cesse croissant de son influence
artistique. Sur la proposition du Ministre de la Cour,
M. Francis de Croisset, le jeune et célèbre auteur
dramatique, a été tout récemment appelé à représen-
ter à Paris la Direction des Théâtres Impériaux.
Cette fonction, créée il y a deux ans, dans le but
d'élargir le domaine des relations artistiques franco-
russes, a déjà donné des résultats très appréciables.
Et il est facile de comprendre, au moment où l'art
russe est l'objet d'une unanime et admirative curiosité
de la part du public français, que la présence à Pa-
ris d'une personnalité chargée de représenter officiel-
lement d'une façon permanente la direction des
Théâtres Impériaux soit un facteur décisif.
En effet, se trouvant en contact permanent, d'une
part avec la Direction des Théâtres Impériaux de
Saint-Pétersbourg, d'autre part avec le monde artis-
tique, littéraire et musical français au milieu duquel
il vit, le délégué parisien des Théâtres Impériaux de
Russie apparaît comme un trait d'union constant
entre Paris et Saint-Pétersbourg. Grâce à ses avis et
à ses conseils éclairés, la Direction des Théâtres
Impériaux se trouve à même d'engager en temps
opportun les artistes de choix qui lui sont indis-
pensables pour assurer à Saint-Pétersbourg la pros-
périté de la scène française.
Grâce à ses indications et à ses démarches,
d'autre part, la Direction des Théâtres Impériaux a
la possibilité d'engager à Paris ceux de ses artistes
qui peuvent apporter au développement de l'art russe
un concours vraiment utile. Ce n'est pas tout.
Le rôle du délégué parisien des Théâtres Impé-
riaux ne se borne pas à des engagements d'artistes.
Je dirai même que ce n'est là qu'une petite partie de
la tâche très variée et très attrayante qui doit être la
sienne. C'est à lui d'étudier de très près et avec un
soin rigoureux le développement journalier de l'art
dramatique français et de l'art dramatique russe, de
se familiariser au jour le jour avec leurs nouvelles
productions, de les approfondir et de discerner ce
qui, dans chacune d'elles, peut être intéressant pour
le public de France ou de Russie. C'est à lui qu'il
appartient, en un mot, de guider utilement la Direc-
tion des Théâtres Impériaux, de lui inspirer sans
cesse d'originales et heureuses initiatives.
Et ainsi le délégué parisien des Théâtres Impé-
riaux se trouve amené à travailler dans les domaines
les plus divers: engagements d'artistes, choix de
pièces, adaptation de motifs de décoration théâtrale
(branche d'une richesse bien particulière actuellement
en Russie où la décoration produit de si puissants
chefs - d'œuvre), de musique, enfin, dans tous les
genres (musique d'opéra, musique symphonique, etc.).
Il est même à ce propos intéressant de remar-
quer que, lorsqu'on avait eu à Saint-Pétersbourg la
première idée d'un délégué parisien des Théâtres
Impériaux, on avait songé au comte de Che-
vigné dont la science musicale était si justement ap-
préciée. Malheureusement la mort enleva le comte de
Chevigné avant que le projet pût être mis à exécu-
tion. Cet événement regrettable toutefois ne fit que
retarder momentanément la réalisation de l'excellente
idée du Gouvernement russe. Le projet de créer à
Paris le poste que l'on avait eu en vue pour le re-
gretté comte de Chevigné finit par voir le jour et,
malgré diverses lacunes, depuis deux ans que ce
poste existe, des résultats très appréciables ont déjà
été obtenus, qui en démontrent merveilleusement la
grande utilité. Ces résultats peuvent se résumer prin-
cipalement dans le resserrement indéniable des rela-
tions artistiques entre Paris et Saint-Pétersbourg, dans
la venue en représentation sur la scène du Théâtre
Michel de célèbres vedettes parisiennes, dans l'aug-
mentation visible du nombre des concerts de musi-
que française en Russie et même dans la formation �
d'une sorte d'embryon de saison française à l'Opéra
Impérial. Ces résultats permettent de prévoir le dé-
veloppement intense qui va se manifester dans le
domaine artistique, littéraire et musical entre la France
et la Russie, maintenant que les fonctions de délé-
gué des Théâtres Impériaux à Paris viennent d'être
confiées à un littérateur et à un artiste de l'enver-
gure et de l'originalité de M. Francis de Croisset.
M. Francis de Croisset va se mettre à l'œuvre
l'immense importance que l'opinion française doit !
donner à ce théâtre éloigné qui, au cœur d'une
grande nation amie de la France, et proche de sa
pensée, est appelé à faire rayonner le génie français.
Je ne ferai pas ici l'historique du Théâtre Michel.
Je me bornerai seulement à rappeler qu'il doit
sa fondation à la bienveillante sympathie que de
longue date déjà le pouvoir impérial russe a tou-
jours témoigné à la France, sous des formes mul-
tiples et variées. Depuis son origine jusqu'à ce jour,
le Théâtre Michel est subventionné immédiatement
par la Couronne et celle-ci lui consent sans comp-
ter les plus lourds sacrifices. Une pareille situation
ne saurait certes être passée sous silence, car elle attes-
te à un très haut degré les sentiments on ne peut
plus délicats de la Cour de Russie pour l'art français.
Le Théâtre Michel a derrière lui un passé dont
il peut d'ailleurs être justement fier. Pendant de lon-
gues années, il a été vraiment une seconde Comédie
Française. Il a eu l'honneur de voir débuter sur sa
scène les plus grands artistes français de l'heure
présente et de recevoir en tournée les célébrités les
plus incontestées de l'école dramatique française.
Il a eu aussi le grand mérite de représenter dans
toute leur pureté les traditions classiques françaises et
de veiller continuellement avec un soin jaloux à
l'observation scrupuleuse des règles de la diction
ainsi qu'au maintien de l'élégance et de la distinction
du jeu.
Le gouvernement russe vient de prende une dé-
cision qui, une fois de plus, montre combien est vive
la sollicitude qu'il a pour le Théâtre Michel et pour
le développement sans cesse croissant de son influence
artistique. Sur la proposition du Ministre de la Cour,
M. Francis de Croisset, le jeune et célèbre auteur
dramatique, a été tout récemment appelé à représen-
ter à Paris la Direction des Théâtres Impériaux.
Cette fonction, créée il y a deux ans, dans le but
d'élargir le domaine des relations artistiques franco-
russes, a déjà donné des résultats très appréciables.
Et il est facile de comprendre, au moment où l'art
russe est l'objet d'une unanime et admirative curiosité
de la part du public français, que la présence à Pa-
ris d'une personnalité chargée de représenter officiel-
lement d'une façon permanente la direction des
Théâtres Impériaux soit un facteur décisif.
En effet, se trouvant en contact permanent, d'une
part avec la Direction des Théâtres Impériaux de
Saint-Pétersbourg, d'autre part avec le monde artis-
tique, littéraire et musical français au milieu duquel
il vit, le délégué parisien des Théâtres Impériaux de
Russie apparaît comme un trait d'union constant
entre Paris et Saint-Pétersbourg. Grâce à ses avis et
à ses conseils éclairés, la Direction des Théâtres
Impériaux se trouve à même d'engager en temps
opportun les artistes de choix qui lui sont indis-
pensables pour assurer à Saint-Pétersbourg la pros-
périté de la scène française.
Grâce à ses indications et à ses démarches,
d'autre part, la Direction des Théâtres Impériaux a
la possibilité d'engager à Paris ceux de ses artistes
qui peuvent apporter au développement de l'art russe
un concours vraiment utile. Ce n'est pas tout.
Le rôle du délégué parisien des Théâtres Impé-
riaux ne se borne pas à des engagements d'artistes.
Je dirai même que ce n'est là qu'une petite partie de
la tâche très variée et très attrayante qui doit être la
sienne. C'est à lui d'étudier de très près et avec un
soin rigoureux le développement journalier de l'art
dramatique français et de l'art dramatique russe, de
se familiariser au jour le jour avec leurs nouvelles
productions, de les approfondir et de discerner ce
qui, dans chacune d'elles, peut être intéressant pour
le public de France ou de Russie. C'est à lui qu'il
appartient, en un mot, de guider utilement la Direc-
tion des Théâtres Impériaux, de lui inspirer sans
cesse d'originales et heureuses initiatives.
Et ainsi le délégué parisien des Théâtres Impé-
riaux se trouve amené à travailler dans les domaines
les plus divers: engagements d'artistes, choix de
pièces, adaptation de motifs de décoration théâtrale
(branche d'une richesse bien particulière actuellement
en Russie où la décoration produit de si puissants
chefs - d'œuvre), de musique, enfin, dans tous les
genres (musique d'opéra, musique symphonique, etc.).
Il est même à ce propos intéressant de remar-
quer que, lorsqu'on avait eu à Saint-Pétersbourg la
première idée d'un délégué parisien des Théâtres
Impériaux, on avait songé au comte de Che-
vigné dont la science musicale était si justement ap-
préciée. Malheureusement la mort enleva le comte de
Chevigné avant que le projet pût être mis à exécu-
tion. Cet événement regrettable toutefois ne fit que
retarder momentanément la réalisation de l'excellente
idée du Gouvernement russe. Le projet de créer à
Paris le poste que l'on avait eu en vue pour le re-
gretté comte de Chevigné finit par voir le jour et,
malgré diverses lacunes, depuis deux ans que ce
poste existe, des résultats très appréciables ont déjà
été obtenus, qui en démontrent merveilleusement la
grande utilité. Ces résultats peuvent se résumer prin-
cipalement dans le resserrement indéniable des rela-
tions artistiques entre Paris et Saint-Pétersbourg, dans
la venue en représentation sur la scène du Théâtre
Michel de célèbres vedettes parisiennes, dans l'aug-
mentation visible du nombre des concerts de musi-
que française en Russie et même dans la formation �
d'une sorte d'embryon de saison française à l'Opéra
Impérial. Ces résultats permettent de prévoir le dé-
veloppement intense qui va se manifester dans le
domaine artistique, littéraire et musical entre la France
et la Russie, maintenant que les fonctions de délé-
gué des Théâtres Impériaux à Paris viennent d'être
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