Titre : Le Matin : derniers télégrammes de la nuit
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1905-05-12
Contributeur : Edwards, Alfred (1856-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 12 mai 1905 12 mai 1905
Description : 1905/05/12 (Numéro 7747). 1905/05/12 (Numéro 7747).
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 29/04/2008
ITingt-Deuxième Année. N« 7747
SIX PAGES Paris et Départements CINQ CENTIMES
Vendredi 12 Mai 1905
DERNIERS TÉLÉGRAMMES DE LA NUIT
Il
GUILLAUME II REND HONNEUR AUX MORTS DE
Une cérémonie imposante, L'empereur se rend au cime-
tière de Gravelotte et écoute en silence les discours qui
glorifient les soldats tombés pour leur pays
Des paroles sur des cercueil. La phrase
du statthalter et le mot du pasteur.
UN COIN DU CHAMP DE GRAVELOTTE
t, la. rouie de Metz aùec les croix marqioant tes tombes de 800 Français:
Mars-la-Touh, Il mai. Par dépêche
'dé notre envoyé spécial. L'empereur
d'Allemagne a-l-il pensé, en revenant de
Tanger,' que la diplomatie ut .r.iu-s-i l'opi-
nion publique -verraient, du ils la com-
plète exécution du pr'OgTairiine; militaire
oui axait été ̃d'a-bo.ril arrêta à i'occa-
6ton de la cérémonie d'aujourd'hui, la
prompts à s'alarmer': A-lriï,im|)|éijrK'iil
réfléchi que ce senijl façon
d'honorer' les morts cjuc -do. choisi! pour j
terrain de manœuvres un einuMi^rr. i\iu: Il
de faire défiler toute une .'inns'" ̃> ? 1 1 r;o do*:)
de parade, les
rent autrefois les br,ui|.s-d,os .Ioule: en
lutte, les plaintes des'-uiouraiils et les ap-
pels desbleçsés ? Son amour des décors
Guillaume II
glorieux: et des solennités guerrières a-
̃t-il, cette foie; reculé devant un conseil
de sagesse que lui dictait le pieux res-
pect des héroïsmes vaincus ? '1'
Toujours ent-il 'qu'une opportune rao-
!ditîealion'au.,x, ordres primitivement don-
nés a transformé en un paisible et paci-
fique, hommage aux ver! us des combat-
tants de 1870 une cércnionie qui mena-
çait, au .premier.jour, de prendre le ca-
ractère d'une vaine et un peu puériledé-
mon&tratioh militaire. Pasde manœu-
vres, pas de simulacre de combat,; pas
d'attaque de fort, pas de mise en scène
'tapageuse, pas de vivats ni de ho.urr.as,
pas de pastiche de triomphe. Tout s'est
borné ,à un. très imposant déploiement
de trouves restées inactives sous les ar-
mes, amenées là; plus pour rendre non-.
neur à -dos morts que pour satisfaire-la
fierté d'un monarque avide de galas.
Or, comme, ici rien ne se l'ait plus que
par ,ordre, qu'une démonstration quel-
conque reçoit son caractère particulier
par ordre, qu'elle est triste, par ordre,
©impie par ordre ou belliqueuse par or-
<}rev il n'est' pas sans intérêt de noter
l'intention; de celui qui a voulu, après
réflexion, que l'inauguration du monu-
ment de Gravelotte fût aujourd'hui une
cérémonie civile, triste et religieuse, si
:xxx ;i
Vous entendez bien cependant qu'elle
O'a pas été dépourvue de tout appareil
militaire. Sur l'ordre de l'empereur, la
place d'honneurt à l'entrée du cimetière,
avait été attribuée au 37e régiment d'in-
fanterie d'au régiment de dragons,
dont les effectifs lurent en 1870 presque
anéantis; et, par la route de Metz, ce
lut, à vrai dire, presque un corps d'ar-
tnée qui vint s'aligner et former la haie
à cette occasion.
Il est même permis de signaler corn-
bien est différente de la notre la mé-
thode qui, dans l'armée alleman.de. règle
l'arrivée des troupes sur les lieux où les
appelle un service d'honneur. Chez nous,
si une cérémonie à. laquelle des troupes
doivent prendre part .est fixée pour qua-
tre heures, par exemple, les hommes
Sont dès midi amenés à leur poste, ex-
posés immobiles à la pluie ou au soleil,
au-gré de la saison. Ici, les pointes:d'a-
vaut-garde.sont apparues juste trois
quarts d'heure avant l'arrivée de l'empe-
reur, et les choses n'en ont pas plus mal
marché pour. cela.
Les. guerriers, autrement dit les sur-
vivants des troupes allemandes' qui pri-
rent part aux batailles du mois d'août
1870, plus pressés et moins disciplinés
que leurs descendants "aujourd'hui. sous
les drapeaux, sont, eux, arrives beau-
coup plus tôt. Dès le matin, ils étaient
ta, encombrant des pans de leurs redin-
bçotes les étroites rues
| d'invraisemblables .chapeaux haute-for-
i. me, sans doute cou tempo rai'ns' de leur
héroïsme, tout plaqués de croix et de
1.0 tirs poitrines.. '̃•
Leur joie, de ne pas être morts s'est tra-
duite eu libations prolongées, car, au-
lpur des tonneaux mis en perce même
tes routes, ils ont beaucoup bu à la
gloire des défunts.!) n'eu: était pas au-
trement 'dans l'antiquité. Entre deii.v
chopes, très graxenuml, les, guerriers*
ont été faire une visite préalable au ci-
metière, et je ne rapporte ce détail que
pour avoir l'occasion de reproduire- ici
une réflexion que j'entendis formuler
par un Allemand devant une rangée de
̃tombes renfermant exclusivement des'
ossements français.
'Comme les tombes allemandes, com-
me celles où dorment côte à cote Alle-
ma mis. et Français, ces lombes, unique-
ment françaises, avaient été. décorées de
;rubans aux couleurs allemandes. Une
telle décoration a motivé, d'un vétéran
allrnand, cette observation
On eu tort. a-t-il dit. Ceux-lè.
avaient droit aux couleurs françaises,
car ils étaient Français quand ils sont
morts, et. si l'on ne voulait pas mettre
ici de drapeau français, on aurait pu
:tout au moins placer des bouquets trico-
lores.
L'avis m'a semblé valoir d'être rappor-
caractère qu'on se plaît, en ce pays, à at-
tribuer à la solennité fête du courage,
fête de la mort, que les vivants de bonne
volonté s'essayent à glorifier par les pau-
vres moyens humains, avec de la musi-
que, des régiments, des fleurs. des ru-
bans et un empereur.
̃̃-•̃. ̃'̃ A-
Cet empereur est arrivé en automo-
bile à la ferme Saint-Hubert, où il est
monté à cheval pour, de là, gagner Gra-
velotte. Il a.accompli ce parcours à une
allure si vive que l'étincelante cohue qui
l'accompagnait, officiers de toutes armes,
bleus, verts, gris,, rouges, jaunes, argon-
tés, dorés, énïpluniés, casques empana-
chés, avait peine à le suivre; et au tumul-
tueux galop des chevaux roulait une mas-
se cahotée le long des «kriegverein» ali-
gnés derrière leurs drapeaux qui sa-
luaient.
Guillaume II s'est arrêté brusquement
devant la porte du cimetière, a mis pied
à terre d'un bond, et déjà il était retour-
né pour saluer la compagnie de drapeaux
et étendards de' la garnison de Metz pré-
sentés en. groupe, suivant la coutume al-
lemande, que la chevauchée de luxe de
sa suite se débattait encore dans les der-
niers efforts des montures trop poussées.
Le président de la Lorraine, comte Zep-,
pelin, attendait le souverain à l'entrée du
cimetière, as gauche, à l'endroit où fut
planté un chêne, en souvenir d'une visite
que fit le prince de Bismarck, arbre ché-
tif et mal venu, qui semble se refuser à
prospérer au milieu de tant de victimes.
Le cortège, se déployant en pompe, Il
longé l'allée de cyprès-bordée des tom-
beaux de compagnies, entières. L'empe-
reur avait à sadroite le slalthalter prince
de Hohenlohé, et à sa gauche le général
Stœtxer..
A l'entrée du mousolée, de cette sorte
de cloître dont les galeries sont décorées
de médaillons de bronze figurant des
guerriers allemands, on avait disposé
une tribune basse qui recouvrait une
trentaine de tombeaux. Sur celle tribu-
ne, des chanteurs avaient pris place pour
pleurer en musique les morts allemands.
J'ai eu la curiosité de lire les inscrip-
tions des tombes ainsi masquées, qui
servaient de piédestal à la douleur offi-
cielle. Toutes, sans exception, étaient des
tombes françaises!.
Au cours du défilé, j'ai eu l'-occasioa,
de noie:' les incidents obligatoires que
les protocoles allemands règlent soi-
gncusemenl. l'n vétéran s'est avancé ni,
pendant familièrement la main à l'em-
pereur, lui a dit « Bonjour, Majesté »
Puis ce fut le tour de deux jeunes filles,
'une petite et une grande, toutes deux fil-
les de douaniers de Gravelotte. qui ont
balbutié des compliments et offert des
bouquets. Le kaiser a répondu au vété-
ran « Bonjour, mon brave et a re-
mercié les jeunes fillës. Ce sont là forma-
lités sans importance qui, pour avoir été
trop souvent renouvelées, n'émeuvent
plus personne.
Guillaume II a pénétré le premier, tout
seul, dans la cour intérieure du monu-
ment, et est allé se placer en face de
l'ange tout en or qui, au gré de l'artiste,
est chargé de symboliser les vertus guer-
rières des drapeaux des régiments de
Metz. La troupe s'est déployée 'de/chaque
côté de cet ange, simulant une manière
de glorieux éventail, nuis, à droite et à
gauche de l'empereur* ont' pris place-les
aumôniers en chef de la garnison, pas-
teur protestant et prêtre catholique à
l'extrême droite, le stallhalter et le gé-
néral Skrlzer à l'extrême gauche, le
comte Zeppelin en arrière, l'état-majok
EL ce décor une. fois posé, immédiate-
ment les discours ont commencé.
L'insignifiance 'de leurs textes m'a
Jaissé tout loisir de considérer rnUilud'ci
de celui qui tes plus
que l'empereur d'Allemagne n'excelle à
donner à son visage l'expression dont il
juge conveiKible d'accueillir les manifes-
tations de toute .nature auxquelles i] as-
siste par état. Commande-l-Hune revue, ?
La physionomie s'efforce de reflète!1 rme
sévérité toute militaire. Dans une église,
son œil trouve un regard- inspiré, et l'ail*
il mine de se distraire' au 'spectacle.1 qùti
tous ses traits témoignent d'une joie ex-,
cessive.
dans;.le!c'imelièrc.'de Grayelotte devait in-
qu'il'en'teridi.ut atta-
cher à Ifi ^cérémonie: d'aujourd'hui. Kh
;bien voici de, quelle façon l'empereur
is'est tenu très; droit, une main sur la
Ipoignée; de soir sal.ire, l'ati tre 'tenant le
;casque,-la ici'' très .haute, le regard doux
et triste' obstinément Hxé verë le. ciel.
LE FOIiT IHiSSEAU
La journée s'est passée dans l'attente vaine
d'Événements décisifs' Le procureur
général a été mandé à Pans, pour
conférer avec lé ministre de
la justice.
CHATKi.LErt.u;];r, 11 Inai. Par dépêche de
̃notre, envoyé- spécial: La nuit a été trou-
blée par deux coups de feu lires sur Roy par
des sentinelles qui l'avaient- aperçu traver-
sant sa cour. Tu>y se 'replia dans son fort
sans avoir été atteint.
L^i matinée s'est .écoulée sans nouveaux
incidents, et, vers dix heures, le hameau du
Chône a été visité par le parquet. Le pro-
cureur jouerai de Poitiers, le procureur de
la République et le sous-préfet, le juge d'ins-
Iruetioii de Chàlelloraull ont inspecté les
abords du fort. Ils ont longteinp's parlé à
voix 'basse:; ils' ont eu avec '.l'officier de gen-
darmerie de longs palabres, puis ils sont re-
montes dans le landau qui .les avait conduits
et ont regagné GMteflcrauli il l'heure du dé-
jeuner.
Alors, demandons-nous ù M. le procu-
reur général, c'est l'éternel statu quo
Le stalù qiu', forcément. L'autorité ju-
diciaire n'a pius rien u faire ici. Nous ve-
nons, nous, magistrats, uniquement pour
nous rendre compte de l'état des choses.
*-r- Alors vous passez la main il. l'autorité
militaire ?
Nous ne passons pas ]a main, nous res-
tons dans notre rôle. Nous avons délivré
un mandat -d'arrêt contre Roy. A l'autorité,
militaire incombe le soin d'exécuter ce man-
dat. Notre devoir à nous, autorités civiles,
est de nous assurer qu'il n'y aura pas d'im~
prudences commises lorsqu'on voudra exé-
cuter nos ordres.
Mais l'autorité militaire .se retranche
derrière ce fait qu'elle n'a pas d'ordres; A
qui donc doit-elle obéir, et quand peut-il lui
être permis d'agir sous sa propre responsa-
bilité ?
M. le procureur général esquisse un grand
geste vague
LA MAISON DE ROY
A ijaudhe, les soldats et les gendarmes mettant en joue L'assiégé.,
Du même air absent et détaché, :il a
l'écouté les trois discours, semblant en
conférence spéciale et confidentielle
avec un être ..supérieur, dédaigneux des
paroles humaines, tout entier à quelque
voix divine qui lui parlait en grand mys-
tère. 11 n'a pas paru entendre le statthal-
ter prononcer cette phrase qui fut pour-
tant très remarquée « C'est ici la fête
de la fidélité, et, si les circonstances, un
jour, l'exigeaient, la patrie allemande
retrouverait dans son armée la même
gloire et le même dévouement. »
Il n'a pas'semblé non plus- prêter plus
d'attention à ce propos du pasteur pro-
testant, à qui revient l'honneur d'avoir
dit le mot attendu « Il faut saluer ces
drapeaux qui ont été témoins du glorieux
martyre des soldats allemands et fran-
çais. »
Aucune marque d'approbation, pas un
mot, pas un mouvement de la paupière,
toujours ouverte vers l'azur. Quand les
prêtres eurent fini de parler, ils bénirent
le monument, et ce fut là, il faut le con-
fesser, un spectacle d'une incomparable
grandeur.
Au son. grave des hymnes lentes, tous
les drapeaux, devant les gestes des pré-
tres, s'abaissent, et, la main au casque,
le kaiser; très profondément s'incline,
courbe la tête très bas. C'est le salut aux
victimes.
bière, et là-bas,- sut1 la route de Metz,-
dans. un nuage de poussière que les àrj
mes élincelantes sous le soleil traver-
sent d'éclairs, l'empereur, s'en va peu à
peu. Chacun regagne su ^liaison ou sa
voilure, la dernière 'fanfare est éteinte,
le dernier régiment est disparu, et, dans
le village revenu à son silence, il sem-
ble, qu'il ne reste plus ce soir que les
morts.
DE MIDI A MINUIT
lies faits d'hier En Franco et è l'étranger.
V la Huiir^e de Paris le o est ferme. Le
jps'o,du uidichL Kbte calme.
1 h Vil iid li^n (M loiijonis grave (ju< kjiif iik jclenK se ^oui etume pru-
(Iuj|>- Un iionilucuscs tioui^s îemient icu-
ioii cm k .service d'ordre.
,Le; iitixiiti'. elun DPiilioifa do, (.lvdinliciy
i>n( 'dcddi 4 I iiuariimxfr dose iu<(he en
!,ii \i 1K i Lt'laniuiil ujjcJji^iim il hmil in/( i-i de \iin-
U dm duuul tu pins un iiini^ es| ii i iniiK o
I< vj1'!1 I H s 1 Ml i I ( C'pll tes IllUS pinposl-
Ihhvs \( [, 7s i i h s paiimis
l u ti li^iutiiiuc du général, liuj(\itili si-
iînii le des enndgeineutfe assez Tifs aux (¡,vaut-
JJUslo
Le unii'l'1 des, uimislies russe a t'idldné
un projet de loi Icndaul il donner aux pay-
sans des fauhkh poui atlennei les terres de
la couronne. Kn vue de mettre flu aux trou-
^blés aalioémiliqucs des provinces.- de Volliy-
liie el de' Podolie, legouverneniGnt a, d'au-
trc pari,, donné t'urdrc uu inallrd de la po-
lice de Kiclï de procéder à l'expulsiuii im-
-média te -des juifs..
A Moscou, on a découvert dans le coffre-
Nous attendons des instructions de
Paris. Je vais téléphoner au ministre de la
justice. La journée ne se passera pas sans
que j'aie des ordres formels.
Et pourtant la journée s'est passée,, et
rien n'a été décidé au sujet du fort d'Usseau.
M. le procureur général a pourtant reçu
une mslmclion': celle de se rendre il Paris,
.pour conférer avec le ministre de la justice.
I 1:1 sera reçu ce soir, vers six heures, et la
i troupe, les gendarmes, la population-
faut-il ajouter les nombreux 'jourimlislcs pa-
risiens et régionaux ? attendent avec im-
patience le télégramme définitif qui don-
nera des ordres possibles a exécuter.
Fanl-il rapporter des bruits qui n'ont
qu'une faible consistance ? On parle tou-
.jours de canon, de dynamite, d'assaut, voire
d'incendie. On parle et on parle on ne fait
| rien.
Qu'on ne tarde pas trop surfout, car la
population avoisinante, à elle seule, pour-
rait 6lre capable de prendre une énergique
résolution et de la mettre à exécution.
Exécution décidée.
Par départie de
notre envoyé spécial, Nous avons officiel-
lement appris ce soir que les différents mi-
nistères mis en cause dans cette singulière
affaire sont tombés d'accord pour faire exé-
cuter manu militari le mandat d'arrêt dé-
cerné par l'autorité judiciaire contre Roy.
Le général Trémeau, commandant le corps
d'armée de Tours, chargé de l'exécution,
prendra telles mesures que bon lui sem-
blera. Aux termes de la loi, il peut se servir
à son gré, selon qu'il le jugera utile, des
pompes a incendie, de la poudré, du canon
ou de la dynamite.
Inutile de vous dire que la date de cette
exécution sera rigoureusement cachée,- et
que, lorsqu'il y aura lieu d'agir, les curieux
seront tenus de très loiu il distance. L'an-
cien, garde-rh'asse Roy est désormais con-
damné. On le prendra" dans le délai.de quel-
ques heures dans le fort d'Usseau, à moins
qu'il ne s'évade ou ne se suicide.
fort d'une banque six bombes chargées. L'ar-
restation d'une bande de voleurs, à laquelle
un certain nombre d'ouvriers prirent part,
il été l'occasion de désordres assez graves
un des voleurs fut tué sur place et plusieurs
autres furent gravement maltraites.
L'exposition de Liège a reçu la visite du
roi Léopold, qu'accompagnait le prince Al-
bert de Belgique.
Le yacht royal anglais Vicloria-andrAlben
est arrivé en rade de Malte, avec la reine
Alexandra à son bord.
A la Chambre italienne, l'amiral Mira-
bello a déposé un projet de loi concernant
les crédits supplémentaires pour la marine.
Une rencontre a eu lieu dans le vilayet de
Salonique entre une bande grecque et des
réguliers turcs..
Deux catastrophes se sont produites aux
Etats-Unis à Snydér (Oklahoma), où un
grand nombre d'habitants ont/été tués par
un cyclone, et, il Hairisburg (Pensylvanie),
où uue collision s'est produite entre deux
trains, dont l'un portait de la dynamiste, une
explosion s'est produite et. une cinquantaine
de personnes, pour le moins, sont tuées ou
blessées.
Le croiseur Kersawl est ar.rivé'à Chan-
ghaï, venant de Chemulpb.
PROPOS D'UN PARISIEN
Il y a '-actuellement eu '.Europe deux pri-
sonniers ',il'in'ipo.r.ïan,t;e' deux '.pape:! les
seuls que nous possédions; :̃'̃
.L'unité pape de 'JloHie,'est enfermé 'dans
polir,, Vcsiclcncc dé'Tsarslcoïe- Séio.
.Et- l'on comprend tout de suite quo les cir-
constances no sont pas favorables aux' pa-
pçs à ce tournant de l'hisldiré du monde,
Ce a a de bizarre, c'est -que les deux
détenus n'ont commis aucun délit tombait
sous le coup des lois existantes.
Ils se*'sont eux-mêmes condamnées à la pri-
son. Aussi, pourraient-ils sortir .dans -les
rues,- s'ils Je voulaient, mais ils n'en ont au-
cune, envie.
Le pape de Rome sq trouve prisonnier
parce que, ̃ dit-il', on lui. a: volé sa capitale.
lar lcu.nc justire, il dr>\r«ijl 6(>-e en lil:erté,
lui, le \ole. H le volem mi prison
Mais le contraire sa-( predu t Vnou^z
que nous vivons l\ une p-poqn^ ctiango
Quant ,au, pape, or!hodo\e. son p'»u))dc a
Voulu un joui lui remettre im • pt-l'Uon Ce
peuple s'a\ an<,iut hUmbioniMit, piécédé par
des et dos icônes K', eonmv il ap-
piochait du palais mjnenal. xtes f^uv de.
sal\c furent tirés,, qui jolt'ieiit par terre
hommes femmosict enfants par tentâmes.'
C ^s] à. pnrtn de ce jour quf k pap'1 ortho-
doxe s psi mfhgc la poin^ 4" ta tfp-lention-
pour uli lomp.s,qm srmh'c illùnile. Imi tout
<'3s depuis, on ne la jamais revu il Mt
piiNoiauer, entoure do nombreuses sentinel-
les et dé postes de poliœ'qui gciide.ut toutes
\7iiM, no poss^fj^ni que ileuv papes, deux
ropicpentants 'de Bien, sur t,i
gne 41011e fait que tous deux sont en pri-
AUTOMOBILE
LA COUPE DE LA MÉDITEIIRANÉE
Le mauvais temps n'a pas permis encore de
donner le départ pour la croisière
Manon-Toulon. t
̃Mahon, 11 niai, Par dépêche de notre
envoiiô .spécial. -Le contre-torpilleur Ca-
rabine est sorti aujourd'hui pour constater
l'état de la mer. A son, retour dans le port,
le commandant a déclaré que le Vent souf-
flait du nord et que' la mer était toujours
agitée..
Encore qu'il n'y, ait qu'une/ houle
moyenne,, a-tril ajouté, nous ne pourrons
pas sortir, aujourd'hui
M. Gallinari,' constructeur dû Fiat-X, qui
est le vainqueur: de la croisière A Igôr-Ma-
hon, a reçu un télégramme de félicitations
des notabilités italiennes en résidence en
Espagne, et du corps consulaire, italien.
De leur cOté, les champions de .la course
Alger-Toulon ont. adressé, par, télégramme,
leurs salutations à S. M. le roi d'Espagne.
Le commandant du Ktéber a donné, à son
bord. un déjeuner auquel assistaient le com-
mandant du port de Mahon, le gouverneur
militaire, le commandant du Ixpanlo, l'al-
cade de Mahon, le commandant du Desaix,
le consul français, le représentant, du j>/o(tn.
M. Lestonnat, délégué technique du co-
mité d'Alger-Toulon automobile, a fait en
mer, ce soir, une nouvelle exploration, avec
le commandant de la marine à Mahon. Le
temps parait s'améliorer.
Suivant les prévisions, il est possible que
le départ.soit donné dans la nuit de vendredi
à samedi.
DEUX CATASTROPHES
Un cyclone et une collision de trains cau-
sent, aux Etats-Unis, la mort de cinq
cents personnes environ.
Dans.la même journée,: deux sinistres ont
accumulé, aux Etals-Unis, des monceaux
de cadavres sous des monceaux de ruines.
L'un s'est abafJu sur une petite ville de
treize cents habitants, Snyder, dans l'Etat
d'Oldahoma, qu'il a anéantie presque entiè-
rement. On n'a aucun détail. Les dépêches
reçues sont brèves et terrifiantes elles di-
sent' qu'un cyclone a balayé la petite ville
et ajoutent ceci
De 350 à 400 personnes ont péri durant le
cyclone à Snyder.'
» Les rues et les environs de la ville sont
remplis de cadavres.
Sur l'autre sinistre, on a des renseigne-
ments plus précis. 11 fut terrible aussi. Il
s'agit d'une collision de chemin de fer un
express estvenu se jeter dans un convoi de
marchandises transportant de la dynamite.
Une explosion formidable se produisit. Tou-
tes les voitures furent réduites en miettes et
les débris prirent feu.
On ne sait encore quel fut exactement le
nombre des morts. On parle. de cinquante.
Comment s'est produit cette catastrophe ?
C'est le train de marchandises qui t occa-
sionna. Il dérailla quelques minutes avant le
passage de l'express qui vint se jeter sur
lui avec «ne violence extrême. La locomotive
du train tamponneur fit explosion et la.coin-
motion détermina l'explosion des wagons de
dynamite.
De Harrisburg, la ville la plus proche du
lieu du sinistre, des secours furent envoyés.
C'est seulement des débris de cadavres qu'on
pourra retirer de dessous les débris des
deux trains.
LES TROUBLES DE LIMOGES
l!A JOURNÉE D'HIER
De nombreux renforts viennent grossir le
service d'ordre Les incidents se mul-
tiplient Les membres du tribunal
de commerce ont eu une entre-
vue avec le préfet.
LIMOGES, 11 -niai. "Dép&chë~ particulière,
du « Matin ». La ville de Limoges est-elle
en état de. siège ? On le croirait aisément
en voyant les nombreux gendarmes qui ar-
rivent à chaque train. Des ordres -nouveaux
viennent d'être donnés par le ministre, de la
guerre pour le départ, immédiat de 50 hom-
mes de la 5e légion, 50 de la 50 de la
et 150 de la
La troupe est maintenant maltresse, de h*
ville et les incidents se multiplient. Dans
nuit d'hier, un certain» nombre de dragon^
s'étaient rendus rue du Canard. Une per-
sonne leur ayant jeté de Tenu, les militai-
res dégainèrent et cassèrent les' carreaux
de plusieurs maisons. Les gendarmes char-
gèrent les manifestantes et parvinrent à les
disperser. .̃
Pendant toute la nuit, des patrouilles ont;
parcouru les principales rues -de, la ville^
mais aucun fait. grave ne s'est' produit. c-.
Ce matin, M., Benulieu afait sortir de son
usine les marchandises qui étaient- prêtes
i être Jiyréjes. depuis plus d'un mois. et dont,
darroés-'s.é sont. >'endus à ruô
'/M.. Labussière'
ris, et. doit être reçu' par Je riuuist-rè de,
place Carnot. Dès le .matin, la place. 'est gar-
doivent |>a,ssér',à cet endn.ul. pour se rendre
a leur travail/ Quelques rnssemb'lements se
forment, niais ils sout aussitôt' 'dispersés;
par les gendarmes a. cheval. No'us ^devons.
constater que les.chwgcs-'so-nt moins" violenr
tes, que la veille. On semble avoir compris
!que lés, faits d'hier ne. peuvent qu'exaspérer
jl.es ouvriers, et Ton' 'prend plus de précau-
fidiis.pour assurer Tordre, -Plusieurs' arres-
i tatiohs sont Cependant opérées pour'refus
de' circuler Ou pour cris contr-eTarmôe.
Les- juges- du tribunal de commerce sa
sont1 rendus auprès du préfet, pour lui éx-
poser; la situation fâcheuse créée su coin-
mercë par' la prolongation, des troubles, et
ca.
tégorie de citoyens. de se ;placer au-dessus
des lois. Ils ont également appelé ^'attention
i du gouvernement' sur tés craintessqu-'inspi-
j reiit' les -échéances, et pour demander l'ai–
doption de.mesm'es aptes iL mettre, un terme
à ce pénible état de choses.,
La grève, dés carriers continue toujours,
et c'est ce soir que doivent fermer les chan-
tiers de construction qui manquent de .'ma-
tériaux. =Un employé de M. Charbonnier, de-
meurant rue de' Bab'ylonev a'été frappé p"ar
plusieurs grévistes qui avaient pénètre dans
le domicile de; son patron.! Il a reçu les soins
du docteur Vaùzelle, et son état inspire de
vives inquiétudes. Une réunion des patrons
et des ouvriers carr,iers a eu lieu, hier, à la
,mairie, en présence de M. Labussière, les
patrons n'ayant pas voulu-accorder T-augt
mentation demandée par les ouvriers, ces
derniers ont repoussé les propositions.
<•: Là troupe charge.
Limoges, 11 mai: Dépêche particulière
du. « Matin ». Les incidents qui se sont
produits, ce soir, à la sortie des usines, n'ont'
pas été graves. On sait cependant que' là
foule est surexcitée et qu'il faudrait peu de'
chose pour amener un nouveau conflit. L'au-
torité préfectorale avait pris une sage mal
sure et n'avait laissé aucun gendarme dans
les rues.
Dès six heures, la foule se rend place Car-
not et place de la Caserne-des-Chasséui-s.
Elle éprouve une certaine déception en ne
voyant aucun uniforme. Toutes les forces
ont été, en effet, concentrées dans la cour
de la caserne. Les curieux attendént avec
impatience la sortie des usines. A sept heu-
res,'» la place commence à se garnir, '.et de
toutes les rues les ouvriers arrivent. Ils,af-
fectent le plus grand calme, et quelques
groupes s'approchent Jusqu'à la grille. Des
coups de sifflet se font entendre, mais ne
trouvent pas d'écho. Un groupe d'une di-
zaine de personnes arrivent de la place Car.
not en chantant l'Internationale. ,La,,îou\e ne
s'est pas-laissé entraîner. Il y a deux mille
personnes sur cette place qui en tiendrait
bien cinq mille. Par contre, les rues qui
y aboutissent sont moins noires de monde.
On se tient un peu l'écart ,de peur de voire
se renouveler la charge d'hier. On entend de
nouyeau quelques cris et plusieurs coups dé
sifflet. Les gendarmes il cheval apparaissent
alors à la grille. C'est unsauve-qui-peut gé-
néral, et avant même que les gendarmes
aient mis leurs chevaux au galop, la piace
est évacuée. Les cavaliers parcourent plü·
sieurs fois les rues adjacentes et;' en une
demi-heure, oil ne reste plus ni curieux ni
manifestants.
Deux cents gendarmes à pied sortent. à
leur tour, de la caserne et assurent la
culation dans, toutes les rit'es voisines. Quel-
ques arrestations ont été opérées pour re-
fus de circuler. Des patrouilles de dragons-
ont parcouru la ville pendant toute la soi-
rée. Les personnes arrêtées ce matin ont
été conduites au parquet, où elles ont subi
un long interrogatoire.
Toutes les mesures avaient été nrises pour
éviter des troubles ou l'évasion des person-
nes arrêtées. Celles-ci ont été conduites au
palais de justice dans une voiture d'ambu-
lance militaire escortée par vingt gendar-
mes.
SIX PAGES Paris et Départements CINQ CENTIMES
Vendredi 12 Mai 1905
DERNIERS TÉLÉGRAMMES DE LA NUIT
Il
GUILLAUME II REND HONNEUR AUX MORTS DE
Une cérémonie imposante, L'empereur se rend au cime-
tière de Gravelotte et écoute en silence les discours qui
glorifient les soldats tombés pour leur pays
Des paroles sur des cercueil. La phrase
du statthalter et le mot du pasteur.
UN COIN DU CHAMP DE GRAVELOTTE
t, la. rouie de Metz aùec les croix marqioant tes tombes de 800 Français:
Mars-la-Touh, Il mai. Par dépêche
'dé notre envoyé spécial. L'empereur
d'Allemagne a-l-il pensé, en revenant de
Tanger,' que la diplomatie ut .r.iu-s-i l'opi-
nion publique -verraient, du ils la com-
plète exécution du pr'OgTairiine; militaire
oui axait été ̃d'a-bo.ril arrêta à i'occa-
6ton de la cérémonie d'aujourd'hui, la
prompts à s'alarmer': A-lriï,im|)|éijrK'iil
réfléchi que ce senijl façon
d'honorer' les morts cjuc -do. choisi! pour j
terrain de manœuvres un einuMi^rr. i\iu: Il
de faire défiler toute une .'inns'" ̃> ? 1 1 r;o do*:)
de parade, les
rent autrefois les br,ui|.s-d,os .Ioule: en
lutte, les plaintes des'-uiouraiils et les ap-
pels desbleçsés ? Son amour des décors
Guillaume II
glorieux: et des solennités guerrières a-
̃t-il, cette foie; reculé devant un conseil
de sagesse que lui dictait le pieux res-
pect des héroïsmes vaincus ? '1'
Toujours ent-il 'qu'une opportune rao-
!ditîealion'au.,x, ordres primitivement don-
nés a transformé en un paisible et paci-
fique, hommage aux ver! us des combat-
tants de 1870 une cércnionie qui mena-
çait, au .premier.jour, de prendre le ca-
ractère d'une vaine et un peu puériledé-
mon&tratioh militaire. Pasde manœu-
vres, pas de simulacre de combat,; pas
d'attaque de fort, pas de mise en scène
'tapageuse, pas de vivats ni de ho.urr.as,
pas de pastiche de triomphe. Tout s'est
borné ,à un. très imposant déploiement
de trouves restées inactives sous les ar-
mes, amenées là; plus pour rendre non-.
neur à -dos morts que pour satisfaire-la
fierté d'un monarque avide de galas.
Or, comme, ici rien ne se l'ait plus que
par ,ordre, qu'une démonstration quel-
conque reçoit son caractère particulier
par ordre, qu'elle est triste, par ordre,
©impie par ordre ou belliqueuse par or-
<}rev il n'est' pas sans intérêt de noter
l'intention; de celui qui a voulu, après
réflexion, que l'inauguration du monu-
ment de Gravelotte fût aujourd'hui une
cérémonie civile, triste et religieuse, si
:xxx ;i
Vous entendez bien cependant qu'elle
O'a pas été dépourvue de tout appareil
militaire. Sur l'ordre de l'empereur, la
place d'honneurt à l'entrée du cimetière,
avait été attribuée au 37e régiment d'in-
fanterie d'au régiment de dragons,
dont les effectifs lurent en 1870 presque
anéantis; et, par la route de Metz, ce
lut, à vrai dire, presque un corps d'ar-
tnée qui vint s'aligner et former la haie
à cette occasion.
Il est même permis de signaler corn-
bien est différente de la notre la mé-
thode qui, dans l'armée alleman.de. règle
l'arrivée des troupes sur les lieux où les
appelle un service d'honneur. Chez nous,
si une cérémonie à. laquelle des troupes
doivent prendre part .est fixée pour qua-
tre heures, par exemple, les hommes
Sont dès midi amenés à leur poste, ex-
posés immobiles à la pluie ou au soleil,
au-gré de la saison. Ici, les pointes:d'a-
vaut-garde.sont apparues juste trois
quarts d'heure avant l'arrivée de l'empe-
reur, et les choses n'en ont pas plus mal
marché pour. cela.
Les. guerriers, autrement dit les sur-
vivants des troupes allemandes' qui pri-
rent part aux batailles du mois d'août
1870, plus pressés et moins disciplinés
que leurs descendants "aujourd'hui. sous
les drapeaux, sont, eux, arrives beau-
coup plus tôt. Dès le matin, ils étaient
ta, encombrant des pans de leurs redin-
bçotes les étroites rues
| d'invraisemblables .chapeaux haute-for-
i. me, sans doute cou tempo rai'ns' de leur
héroïsme, tout plaqués de croix et de
1.0 tirs poitrines.. '̃•
Leur joie, de ne pas être morts s'est tra-
duite eu libations prolongées, car, au-
lpur des tonneaux mis en perce même
tes routes, ils ont beaucoup bu à la
gloire des défunts.!) n'eu: était pas au-
trement 'dans l'antiquité. Entre deii.v
chopes, très graxenuml, les, guerriers*
ont été faire une visite préalable au ci-
metière, et je ne rapporte ce détail que
pour avoir l'occasion de reproduire- ici
une réflexion que j'entendis formuler
par un Allemand devant une rangée de
̃tombes renfermant exclusivement des'
ossements français.
'Comme les tombes allemandes, com-
me celles où dorment côte à cote Alle-
ma mis. et Français, ces lombes, unique-
ment françaises, avaient été. décorées de
;rubans aux couleurs allemandes. Une
telle décoration a motivé, d'un vétéran
allrnand, cette observation
On eu tort. a-t-il dit. Ceux-lè.
avaient droit aux couleurs françaises,
car ils étaient Français quand ils sont
morts, et. si l'on ne voulait pas mettre
ici de drapeau français, on aurait pu
:tout au moins placer des bouquets trico-
lores.
L'avis m'a semblé valoir d'être rappor-
caractère qu'on se plaît, en ce pays, à at-
tribuer à la solennité fête du courage,
fête de la mort, que les vivants de bonne
volonté s'essayent à glorifier par les pau-
vres moyens humains, avec de la musi-
que, des régiments, des fleurs. des ru-
bans et un empereur.
̃̃-•̃. ̃'̃ A-
Cet empereur est arrivé en automo-
bile à la ferme Saint-Hubert, où il est
monté à cheval pour, de là, gagner Gra-
velotte. Il a.accompli ce parcours à une
allure si vive que l'étincelante cohue qui
l'accompagnait, officiers de toutes armes,
bleus, verts, gris,, rouges, jaunes, argon-
tés, dorés, énïpluniés, casques empana-
chés, avait peine à le suivre; et au tumul-
tueux galop des chevaux roulait une mas-
se cahotée le long des «kriegverein» ali-
gnés derrière leurs drapeaux qui sa-
luaient.
Guillaume II s'est arrêté brusquement
devant la porte du cimetière, a mis pied
à terre d'un bond, et déjà il était retour-
né pour saluer la compagnie de drapeaux
et étendards de' la garnison de Metz pré-
sentés en. groupe, suivant la coutume al-
lemande, que la chevauchée de luxe de
sa suite se débattait encore dans les der-
niers efforts des montures trop poussées.
Le président de la Lorraine, comte Zep-,
pelin, attendait le souverain à l'entrée du
cimetière, as gauche, à l'endroit où fut
planté un chêne, en souvenir d'une visite
que fit le prince de Bismarck, arbre ché-
tif et mal venu, qui semble se refuser à
prospérer au milieu de tant de victimes.
Le cortège, se déployant en pompe, Il
longé l'allée de cyprès-bordée des tom-
beaux de compagnies, entières. L'empe-
reur avait à sadroite le slalthalter prince
de Hohenlohé, et à sa gauche le général
Stœtxer..
A l'entrée du mousolée, de cette sorte
de cloître dont les galeries sont décorées
de médaillons de bronze figurant des
guerriers allemands, on avait disposé
une tribune basse qui recouvrait une
trentaine de tombeaux. Sur celle tribu-
ne, des chanteurs avaient pris place pour
pleurer en musique les morts allemands.
J'ai eu la curiosité de lire les inscrip-
tions des tombes ainsi masquées, qui
servaient de piédestal à la douleur offi-
cielle. Toutes, sans exception, étaient des
tombes françaises!.
Au cours du défilé, j'ai eu l'-occasioa,
de noie:' les incidents obligatoires que
les protocoles allemands règlent soi-
gncusemenl. l'n vétéran s'est avancé ni,
pendant familièrement la main à l'em-
pereur, lui a dit « Bonjour, Majesté »
Puis ce fut le tour de deux jeunes filles,
'une petite et une grande, toutes deux fil-
les de douaniers de Gravelotte. qui ont
balbutié des compliments et offert des
bouquets. Le kaiser a répondu au vété-
ran « Bonjour, mon brave et a re-
mercié les jeunes fillës. Ce sont là forma-
lités sans importance qui, pour avoir été
trop souvent renouvelées, n'émeuvent
plus personne.
Guillaume II a pénétré le premier, tout
seul, dans la cour intérieure du monu-
ment, et est allé se placer en face de
l'ange tout en or qui, au gré de l'artiste,
est chargé de symboliser les vertus guer-
rières des drapeaux des régiments de
Metz. La troupe s'est déployée 'de/chaque
côté de cet ange, simulant une manière
de glorieux éventail, nuis, à droite et à
gauche de l'empereur* ont' pris place-les
aumôniers en chef de la garnison, pas-
teur protestant et prêtre catholique à
l'extrême droite, le stallhalter et le gé-
néral Skrlzer à l'extrême gauche, le
comte Zeppelin en arrière, l'état-majok
EL ce décor une. fois posé, immédiate-
ment les discours ont commencé.
L'insignifiance 'de leurs textes m'a
Jaissé tout loisir de considérer rnUilud'ci
de celui qui tes plus
que l'empereur d'Allemagne n'excelle à
donner à son visage l'expression dont il
juge conveiKible d'accueillir les manifes-
tations de toute .nature auxquelles i] as-
siste par état. Commande-l-Hune revue, ?
La physionomie s'efforce de reflète!1 rme
sévérité toute militaire. Dans une église,
son œil trouve un regard- inspiré, et l'ail*
il mine de se distraire' au 'spectacle.1 qùti
tous ses traits témoignent d'une joie ex-,
cessive.
dans;.le!c'imelièrc.'de Grayelotte devait in-
qu'il'en'teridi.ut atta-
cher à Ifi ^cérémonie: d'aujourd'hui. Kh
;bien voici de, quelle façon l'empereur
is'est tenu très; droit, une main sur la
Ipoignée; de soir sal.ire, l'ati tre 'tenant le
;casque,-la ici'' très .haute, le regard doux
et triste' obstinément Hxé verë le. ciel.
LE FOIiT IHiSSEAU
La journée s'est passée dans l'attente vaine
d'Événements décisifs' Le procureur
général a été mandé à Pans, pour
conférer avec lé ministre de
la justice.
CHATKi.LErt.u;];r, 11 Inai. Par dépêche de
̃notre, envoyé- spécial: La nuit a été trou-
blée par deux coups de feu lires sur Roy par
des sentinelles qui l'avaient- aperçu traver-
sant sa cour. Tu>y se 'replia dans son fort
sans avoir été atteint.
L^i matinée s'est .écoulée sans nouveaux
incidents, et, vers dix heures, le hameau du
Chône a été visité par le parquet. Le pro-
cureur jouerai de Poitiers, le procureur de
la République et le sous-préfet, le juge d'ins-
Iruetioii de Chàlelloraull ont inspecté les
abords du fort. Ils ont longteinp's parlé à
voix 'basse:; ils' ont eu avec '.l'officier de gen-
darmerie de longs palabres, puis ils sont re-
montes dans le landau qui .les avait conduits
et ont regagné GMteflcrauli il l'heure du dé-
jeuner.
Alors, demandons-nous ù M. le procu-
reur général, c'est l'éternel statu quo
Le stalù qiu', forcément. L'autorité ju-
diciaire n'a pius rien u faire ici. Nous ve-
nons, nous, magistrats, uniquement pour
nous rendre compte de l'état des choses.
*-r- Alors vous passez la main il. l'autorité
militaire ?
Nous ne passons pas ]a main, nous res-
tons dans notre rôle. Nous avons délivré
un mandat -d'arrêt contre Roy. A l'autorité,
militaire incombe le soin d'exécuter ce man-
dat. Notre devoir à nous, autorités civiles,
est de nous assurer qu'il n'y aura pas d'im~
prudences commises lorsqu'on voudra exé-
cuter nos ordres.
Mais l'autorité militaire .se retranche
derrière ce fait qu'elle n'a pas d'ordres; A
qui donc doit-elle obéir, et quand peut-il lui
être permis d'agir sous sa propre responsa-
bilité ?
M. le procureur général esquisse un grand
geste vague
LA MAISON DE ROY
A ijaudhe, les soldats et les gendarmes mettant en joue L'assiégé.,
Du même air absent et détaché, :il a
l'écouté les trois discours, semblant en
conférence spéciale et confidentielle
avec un être ..supérieur, dédaigneux des
paroles humaines, tout entier à quelque
voix divine qui lui parlait en grand mys-
tère. 11 n'a pas paru entendre le statthal-
ter prononcer cette phrase qui fut pour-
tant très remarquée « C'est ici la fête
de la fidélité, et, si les circonstances, un
jour, l'exigeaient, la patrie allemande
retrouverait dans son armée la même
gloire et le même dévouement. »
Il n'a pas'semblé non plus- prêter plus
d'attention à ce propos du pasteur pro-
testant, à qui revient l'honneur d'avoir
dit le mot attendu « Il faut saluer ces
drapeaux qui ont été témoins du glorieux
martyre des soldats allemands et fran-
çais. »
Aucune marque d'approbation, pas un
mot, pas un mouvement de la paupière,
toujours ouverte vers l'azur. Quand les
prêtres eurent fini de parler, ils bénirent
le monument, et ce fut là, il faut le con-
fesser, un spectacle d'une incomparable
grandeur.
Au son. grave des hymnes lentes, tous
les drapeaux, devant les gestes des pré-
tres, s'abaissent, et, la main au casque,
le kaiser; très profondément s'incline,
courbe la tête très bas. C'est le salut aux
victimes.
bière, et là-bas,- sut1 la route de Metz,-
dans. un nuage de poussière que les àrj
mes élincelantes sous le soleil traver-
sent d'éclairs, l'empereur, s'en va peu à
peu. Chacun regagne su ^liaison ou sa
voilure, la dernière 'fanfare est éteinte,
le dernier régiment est disparu, et, dans
le village revenu à son silence, il sem-
ble, qu'il ne reste plus ce soir que les
morts.
DE MIDI A MINUIT
lies faits d'hier En Franco et è l'étranger.
V la Huiir^e de Paris le o est ferme. Le
jps'o,du uidichL Kbte calme.
1 h Vil iid li^n (M loiijonis grave
(Iuj|>- Un iionilucuscs tioui^s îemient icu-
ioii cm k .service d'ordre.
,Le; iitixiiti'. elun DPiilioifa do, (.lvdinliciy
i>n( 'dcddi 4 I iiuariimxfr dose iu<(he en
!,ii \i 1K i Lt'laniuiil ujjc
U dm duuul tu pins un iiini^ es| ii i iniiK o
I< vj1'!1 I H s 1 Ml i I ( C'pll tes IllUS pinposl-
Ihhvs \( [, 7s i i h s paiimis
l u ti li^iutiiiuc du général, liuj(\itili si-
iînii le des enndgeineutfe assez Tifs aux (¡,vaut-
JJUslo
Le unii'l'1 des, uimislies russe a t'idldné
un projet de loi Icndaul il donner aux pay-
sans des fauhkh poui atlennei les terres de
la couronne. Kn vue de mettre flu aux trou-
^blés aalioémiliqucs des provinces.- de Volliy-
liie el de' Podolie, legouverneniGnt a, d'au-
trc pari,, donné t'urdrc uu inallrd de la po-
lice de Kiclï de procéder à l'expulsiuii im-
-média te -des juifs..
A Moscou, on a découvert dans le coffre-
Nous attendons des instructions de
Paris. Je vais téléphoner au ministre de la
justice. La journée ne se passera pas sans
que j'aie des ordres formels.
Et pourtant la journée s'est passée,, et
rien n'a été décidé au sujet du fort d'Usseau.
M. le procureur général a pourtant reçu
une mslmclion': celle de se rendre il Paris,
.pour conférer avec le ministre de la justice.
I 1:1 sera reçu ce soir, vers six heures, et la
i troupe, les gendarmes, la population-
faut-il ajouter les nombreux 'jourimlislcs pa-
risiens et régionaux ? attendent avec im-
patience le télégramme définitif qui don-
nera des ordres possibles a exécuter.
Fanl-il rapporter des bruits qui n'ont
qu'une faible consistance ? On parle tou-
.jours de canon, de dynamite, d'assaut, voire
d'incendie. On parle et on parle on ne fait
| rien.
Qu'on ne tarde pas trop surfout, car la
population avoisinante, à elle seule, pour-
rait 6lre capable de prendre une énergique
résolution et de la mettre à exécution.
Exécution décidée.
Par départie de
notre envoyé spécial, Nous avons officiel-
lement appris ce soir que les différents mi-
nistères mis en cause dans cette singulière
affaire sont tombés d'accord pour faire exé-
cuter manu militari le mandat d'arrêt dé-
cerné par l'autorité judiciaire contre Roy.
Le général Trémeau, commandant le corps
d'armée de Tours, chargé de l'exécution,
prendra telles mesures que bon lui sem-
blera. Aux termes de la loi, il peut se servir
à son gré, selon qu'il le jugera utile, des
pompes a incendie, de la poudré, du canon
ou de la dynamite.
Inutile de vous dire que la date de cette
exécution sera rigoureusement cachée,- et
que, lorsqu'il y aura lieu d'agir, les curieux
seront tenus de très loiu il distance. L'an-
cien, garde-rh'asse Roy est désormais con-
damné. On le prendra" dans le délai.de quel-
ques heures dans le fort d'Usseau, à moins
qu'il ne s'évade ou ne se suicide.
fort d'une banque six bombes chargées. L'ar-
restation d'une bande de voleurs, à laquelle
un certain nombre d'ouvriers prirent part,
il été l'occasion de désordres assez graves
un des voleurs fut tué sur place et plusieurs
autres furent gravement maltraites.
L'exposition de Liège a reçu la visite du
roi Léopold, qu'accompagnait le prince Al-
bert de Belgique.
Le yacht royal anglais Vicloria-andrAlben
est arrivé en rade de Malte, avec la reine
Alexandra à son bord.
A la Chambre italienne, l'amiral Mira-
bello a déposé un projet de loi concernant
les crédits supplémentaires pour la marine.
Une rencontre a eu lieu dans le vilayet de
Salonique entre une bande grecque et des
réguliers turcs..
Deux catastrophes se sont produites aux
Etats-Unis à Snydér (Oklahoma), où un
grand nombre d'habitants ont/été tués par
un cyclone, et, il Hairisburg (Pensylvanie),
où uue collision s'est produite entre deux
trains, dont l'un portait de la dynamiste, une
explosion s'est produite et. une cinquantaine
de personnes, pour le moins, sont tuées ou
blessées.
Le croiseur Kersawl est ar.rivé'à Chan-
ghaï, venant de Chemulpb.
PROPOS D'UN PARISIEN
Il y a '-actuellement eu '.Europe deux pri-
sonniers ',il'in'ipo.r.ïan,t;e' deux '.pape:! les
seuls que nous possédions; :̃'̃
.L'unité pape de 'JloHie,'est enfermé 'dans
polir,, Vcsiclcncc dé'Tsarslcoïe- Séio.
.Et- l'on comprend tout de suite quo les cir-
constances no sont pas favorables aux' pa-
pçs à ce tournant de l'hisldiré du monde,
Ce a a de bizarre, c'est -que les deux
détenus n'ont commis aucun délit tombait
sous le coup des lois existantes.
Ils se*'sont eux-mêmes condamnées à la pri-
son. Aussi, pourraient-ils sortir .dans -les
rues,- s'ils Je voulaient, mais ils n'en ont au-
cune, envie.
Le pape de Rome sq trouve prisonnier
parce que, ̃ dit-il', on lui. a: volé sa capitale.
lar lcu.nc justire, il dr>\r«ijl 6(>-e en lil:erté,
lui, le \ole. H le volem mi prison
Mais le contraire sa-( predu t Vnou^z
que nous vivons l\ une p-poqn^ ctiango
Quant ,au, pape, or!hodo\e. son p'»u))dc a
Voulu un joui lui remettre im • pt-l'Uon Ce
peuple s'a\ an<,iut hUmbioniMit, piécédé par
des et dos icônes K', eonmv il ap-
piochait du palais mjnenal. xtes f^uv de.
sal\c furent tirés,, qui jolt'ieiit par terre
hommes femmosict enfants par tentâmes.'
C ^s] à. pnrtn de ce jour quf k pap'1 ortho-
doxe s psi mfhgc la poin^ 4" ta tfp-lention-
pour uli lomp.s,qm srmh'c illùnile. Imi tout
<'3s depuis, on ne la jamais revu il Mt
piiNoiauer, entoure do nombreuses sentinel-
les et dé postes de poliœ'qui gciide.ut toutes
\7iiM, no poss^fj^ni que ileuv papes, deux
ropicpentants 'de Bien, sur t,i
gne 41011e fait que tous deux sont en pri-
AUTOMOBILE
LA COUPE DE LA MÉDITEIIRANÉE
Le mauvais temps n'a pas permis encore de
donner le départ pour la croisière
Manon-Toulon. t
̃Mahon, 11 niai, Par dépêche de notre
envoiiô .spécial. -Le contre-torpilleur Ca-
rabine est sorti aujourd'hui pour constater
l'état de la mer. A son, retour dans le port,
le commandant a déclaré que le Vent souf-
flait du nord et que' la mer était toujours
agitée..
Encore qu'il n'y, ait qu'une/ houle
moyenne,, a-tril ajouté, nous ne pourrons
pas sortir, aujourd'hui
M. Gallinari,' constructeur dû Fiat-X, qui
est le vainqueur: de la croisière A Igôr-Ma-
hon, a reçu un télégramme de félicitations
des notabilités italiennes en résidence en
Espagne, et du corps consulaire, italien.
De leur cOté, les champions de .la course
Alger-Toulon ont. adressé, par, télégramme,
leurs salutations à S. M. le roi d'Espagne.
Le commandant du Ktéber a donné, à son
bord. un déjeuner auquel assistaient le com-
mandant du port de Mahon, le gouverneur
militaire, le commandant du Ixpanlo, l'al-
cade de Mahon, le commandant du Desaix,
le consul français, le représentant, du j>/o(tn.
M. Lestonnat, délégué technique du co-
mité d'Alger-Toulon automobile, a fait en
mer, ce soir, une nouvelle exploration, avec
le commandant de la marine à Mahon. Le
temps parait s'améliorer.
Suivant les prévisions, il est possible que
le départ.soit donné dans la nuit de vendredi
à samedi.
DEUX CATASTROPHES
Un cyclone et une collision de trains cau-
sent, aux Etats-Unis, la mort de cinq
cents personnes environ.
Dans.la même journée,: deux sinistres ont
accumulé, aux Etals-Unis, des monceaux
de cadavres sous des monceaux de ruines.
L'un s'est abafJu sur une petite ville de
treize cents habitants, Snyder, dans l'Etat
d'Oldahoma, qu'il a anéantie presque entiè-
rement. On n'a aucun détail. Les dépêches
reçues sont brèves et terrifiantes elles di-
sent' qu'un cyclone a balayé la petite ville
et ajoutent ceci
De 350 à 400 personnes ont péri durant le
cyclone à Snyder.'
» Les rues et les environs de la ville sont
remplis de cadavres.
Sur l'autre sinistre, on a des renseigne-
ments plus précis. 11 fut terrible aussi. Il
s'agit d'une collision de chemin de fer un
express estvenu se jeter dans un convoi de
marchandises transportant de la dynamite.
Une explosion formidable se produisit. Tou-
tes les voitures furent réduites en miettes et
les débris prirent feu.
On ne sait encore quel fut exactement le
nombre des morts. On parle. de cinquante.
Comment s'est produit cette catastrophe ?
C'est le train de marchandises qui t occa-
sionna. Il dérailla quelques minutes avant le
passage de l'express qui vint se jeter sur
lui avec «ne violence extrême. La locomotive
du train tamponneur fit explosion et la.coin-
motion détermina l'explosion des wagons de
dynamite.
De Harrisburg, la ville la plus proche du
lieu du sinistre, des secours furent envoyés.
C'est seulement des débris de cadavres qu'on
pourra retirer de dessous les débris des
deux trains.
LES TROUBLES DE LIMOGES
l!A JOURNÉE D'HIER
De nombreux renforts viennent grossir le
service d'ordre Les incidents se mul-
tiplient Les membres du tribunal
de commerce ont eu une entre-
vue avec le préfet.
LIMOGES, 11 -niai. "Dép&chë~ particulière,
du « Matin ». La ville de Limoges est-elle
en état de. siège ? On le croirait aisément
en voyant les nombreux gendarmes qui ar-
rivent à chaque train. Des ordres -nouveaux
viennent d'être donnés par le ministre, de la
guerre pour le départ, immédiat de 50 hom-
mes de la 5e légion, 50 de la 50 de la
et 150 de la
La troupe est maintenant maltresse, de h*
ville et les incidents se multiplient. Dans
nuit d'hier, un certain» nombre de dragon^
s'étaient rendus rue du Canard. Une per-
sonne leur ayant jeté de Tenu, les militai-
res dégainèrent et cassèrent les' carreaux
de plusieurs maisons. Les gendarmes char-
gèrent les manifestantes et parvinrent à les
disperser. .̃
Pendant toute la nuit, des patrouilles ont;
parcouru les principales rues -de, la ville^
mais aucun fait. grave ne s'est' produit. c-.
Ce matin, M., Benulieu afait sortir de son
usine les marchandises qui étaient- prêtes
i être Jiyréjes. depuis plus d'un mois. et dont,
darroés-'s.é sont. >'endus à ruô
'/M.. Labussière'
ris, et. doit être reçu' par Je riuuist-rè de,
place Carnot. Dès le .matin, la place. 'est gar-
doivent |>a,ssér',à cet endn.ul. pour se rendre
a leur travail/ Quelques rnssemb'lements se
forment, niais ils sout aussitôt' 'dispersés;
par les gendarmes a. cheval. No'us ^devons.
constater que les.chwgcs-'so-nt moins" violenr
tes, que la veille. On semble avoir compris
!que lés, faits d'hier ne. peuvent qu'exaspérer
jl.es ouvriers, et Ton' 'prend plus de précau-
fidiis.pour assurer Tordre, -Plusieurs' arres-
i tatiohs sont Cependant opérées pour'refus
de' circuler Ou pour cris contr-eTarmôe.
Les- juges- du tribunal de commerce sa
sont1 rendus auprès du préfet, pour lui éx-
poser; la situation fâcheuse créée su coin-
mercë par' la prolongation, des troubles, et
ca.
tégorie de citoyens. de se ;placer au-dessus
des lois. Ils ont également appelé ^'attention
i du gouvernement' sur tés craintessqu-'inspi-
j reiit' les -échéances, et pour demander l'ai–
doption de.mesm'es aptes iL mettre, un terme
à ce pénible état de choses.,
La grève, dés carriers continue toujours,
et c'est ce soir que doivent fermer les chan-
tiers de construction qui manquent de .'ma-
tériaux. =Un employé de M. Charbonnier, de-
meurant rue de' Bab'ylonev a'été frappé p"ar
plusieurs grévistes qui avaient pénètre dans
le domicile de; son patron.! Il a reçu les soins
du docteur Vaùzelle, et son état inspire de
vives inquiétudes. Une réunion des patrons
et des ouvriers carr,iers a eu lieu, hier, à la
,mairie, en présence de M. Labussière, les
patrons n'ayant pas voulu-accorder T-augt
mentation demandée par les ouvriers, ces
derniers ont repoussé les propositions.
<•: Là troupe charge.
Limoges, 11 mai: Dépêche particulière
du. « Matin ». Les incidents qui se sont
produits, ce soir, à la sortie des usines, n'ont'
pas été graves. On sait cependant que' là
foule est surexcitée et qu'il faudrait peu de'
chose pour amener un nouveau conflit. L'au-
torité préfectorale avait pris une sage mal
sure et n'avait laissé aucun gendarme dans
les rues.
Dès six heures, la foule se rend place Car-
not et place de la Caserne-des-Chasséui-s.
Elle éprouve une certaine déception en ne
voyant aucun uniforme. Toutes les forces
ont été, en effet, concentrées dans la cour
de la caserne. Les curieux attendént avec
impatience la sortie des usines. A sept heu-
res,'» la place commence à se garnir, '.et de
toutes les rues les ouvriers arrivent. Ils,af-
fectent le plus grand calme, et quelques
groupes s'approchent Jusqu'à la grille. Des
coups de sifflet se font entendre, mais ne
trouvent pas d'écho. Un groupe d'une di-
zaine de personnes arrivent de la place Car.
not en chantant l'Internationale. ,La,,îou\e ne
s'est pas-laissé entraîner. Il y a deux mille
personnes sur cette place qui en tiendrait
bien cinq mille. Par contre, les rues qui
y aboutissent sont moins noires de monde.
On se tient un peu l'écart ,de peur de voire
se renouveler la charge d'hier. On entend de
nouyeau quelques cris et plusieurs coups dé
sifflet. Les gendarmes il cheval apparaissent
alors à la grille. C'est unsauve-qui-peut gé-
néral, et avant même que les gendarmes
aient mis leurs chevaux au galop, la piace
est évacuée. Les cavaliers parcourent plü·
sieurs fois les rues adjacentes et;' en une
demi-heure, oil ne reste plus ni curieux ni
manifestants.
Deux cents gendarmes à pied sortent. à
leur tour, de la caserne et assurent la
culation dans, toutes les rit'es voisines. Quel-
ques arrestations ont été opérées pour re-
fus de circuler. Des patrouilles de dragons-
ont parcouru la ville pendant toute la soi-
rée. Les personnes arrêtées ce matin ont
été conduites au parquet, où elles ont subi
un long interrogatoire.
Toutes les mesures avaient été nrises pour
éviter des troubles ou l'évasion des person-
nes arrêtées. Celles-ci ont été conduites au
palais de justice dans une voiture d'ambu-
lance militaire escortée par vingt gendar-
mes.
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