Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1942-01-15
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 janvier 1942 15 janvier 1942
Description : 1942/01/15 (Numéro 12). 1942/01/15 (Numéro 12).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k410962n
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
En page 4. la CHRONIQUE FEMININ!
ABONNEMENTS «mou • pion la
France et Colonies 70 » 130 » Z50 a
ETRANGER 1.
ITarU réduit 110 » 210 » 400 a
Tari! augmenta » 150 » 290 > 560 S
Le Gaulois
PARIS
14 Rond-Point
-}es ChaniDs-Elysées
1 franc
JEUDI A £• JANVIER 1942
No 12 ̃ ~"7* ANNEE
Edition de Lyon
REDACTION ET ADMINISTRATION
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IZAIWACCIUM
DIRECTEUR Pïerre BRISSON
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J.ES VEUVES DE GUERRE
Très naturelle-
ment, nos pen-
sées, nos préoc-
cupations, nos
soins vont vers
les prisonniers qui se trouvent
encore dans les camps d'Alle-
magne et vers leurs familles.
Au fur et à mesure que la sé-
paration se prolonge elle de-
vient plus cruelle. Elle pose
aussi, pour les uns et pour les
autres, des problèmes maté-
riels qui s'aggravent. Mais le
très légitime souci que nous
avons de nos prisonniers et
que le gouvernement traduit
par les mesures les plus op-
portunes ne doit par relé-
guer au second plan d'autres
pensées, d'autres préoccupa-
tions, d'autres soins qu'appel-
le une situation plus doulou-
reuse encore: celle des veuves
et des orphelins de la guerre.
1 La France, pendant les dix
mois qu'a duré le conflit ar-
t mé surtout' au cours des
six dernières semaines de
grandes batailles a perdu,
cette fois encore, beaucoup de
ses meilleurs enfants. Certes,
aucun rapport n'existe entre
cette hécatombe et celle de
1914-1918. Mais, dans un pays
qui avait déjà subi une si
épouvantable hémorragie, ces
nouveaux sacrifices sont en-
core trop lourds. Cela devrait
être le remords du monde ci-
vilisé de les avoir permis 1
Des milliers de veuves de
̃guerre ont tout perdu non
seulement le compagnon de
leur vie, le père de leurs en-
fants, mais aussi celui dont
l'intelligence, le labeur,, les ef-
forts les faisaient vivre. Un
problème matériel, infiniment
pénible, se pose pour beau-
coup d'entre elles, surtout
dans les conditions difficiles
où nous sommes. Tout doit
être fait pour le résoudre
dans le plus large esprit de
solidarité nationale et fami-
liale.
Dans l'ensemble, il s agit
plus encore d'un problème
d'avenir que d'un problème
actuel.
Jusqu'au retour définitif de
l'état de paix, en effet, les
veuves de guerre (outre le se-
cours d'urgence qui leur a été
alloué par le secrétariat génér
rai des anciens combattants
et qui s'élève à 600 francs,
plus 100 francs par enfant de
moins de 16 ans) bénéficient
Soit de la délégation de sol-
de si leur époux décédé rece-
vait une solde mensuelle
(c'est-à-dire était officier ou
sous-officier ayant plua de
trois ans de service) et à con-
dition d'avoir déposé leur de-
mande de pension
Soit de l'allocation militai-
re (14 francs par jour pour la
veuve et 9 francs par enfant
de moins de 16 ans) allouée
par la mairie du lieu de rési-
dence mais seulement dans
les cas de gène.
Enfin, aux termes au ae-
cret du 9 septembre 1941,
complétant la loi du 31 mars
1919, les veuves de guerre qui
ne remplissent aucune des
deux conditions ci-dessus
peuvent obtenir la liquidation
immédiate de leur pension.
Celle-ci est d'ailleurs très in-
férieure à la délégation de
solde ou à l'allocation militai-
re puisqu'elle atteint à peine
3.000 francs pour la veuve
d'un simple soldat, plus 1.088
francs par enfant.
A la date officielle de la
cessation des hostilités, ce
dernier régime devrait, en
principe, devenir le régime
commun. S'il ne devait pas
être modifié, inutile de souli-
gner son insuffisance 1. Dé-
jà, dans les conditions actuel-
les, il existe bien des cas mi-
sérables. Nous en connais-
sons. C'est, d'ailleurs, l'une
des meilleures attributions de
la « Légion » de se. pencher
sur eux, de les soulager, et
elle le fait de tout son cœur.
Mais la question est d'ordre
général.
Pour l'avenir, et de façon à
assurer aux veuves et aux or-
phelins de la guerre le sort
digne qui leur est dû, il sem-
ble que la seule méthode soit,
non pas l'application intégra-
le du « code de la famille »,
puisque, par définition, l'aide
apportée par ce code se gref-
fe sur un salaire, mais une
adaptation aux veuves et aux
orphelins des avantagés pré-
vus par cette législation. Sur
le plan légal, un enfant «mort
Secours National
TOI QUI POSSEDES
PENSE A CEUX
QUI N'ONT RIEN
CROISADE D'HIVER
pour la France » est souvent
considéré comme vivant. Ne
pourrait-on admettre que le
chef de famille lui aussi
« mort pour la France », con-
tinue de faire profiter les
siens des mêmes avantages
dont ils bénéficiaient de son
vivant ? La forme serait à dé-
terminer, soit qu'il s'agisse
d'allocations analogues aux
allocations familiales venant
se substituer, à la fin des hos-
tilités aux allocations que tou-
chent encore certaines veuves;
soit d'un taux de pension' va-
riable et ajusté au prix de la
vie.
Outre cette pension de ba-
se, certaines mesures de-
vraient également être envi-
sagées dès maintenant en fa-
veur des veuves et orphelins
de la guerre. Nous savons
qu'un comité s'est formé à
Paris qui les a étudiées très
sérieusement. Les conclu-
sions auxquelles il est.parve-
nu sont les suivantes
i.) Lés prisonniers bénéfi-
cient de la remise de leurs
impôts exigibles en 1940 sur
leurs revenus de 1939- Ne se-
rait-il pas équitable qu'il en
fût de même, pour les veuves
de guerre qui se trouvent,
tout au moins en principe,
obligés de régler sur leurs
revenus de 1940 revenus
souvent illusoires des con-
tributions parfois lourdes par-
ce que portant sur les reve-
nus de l'année 1939, pen-
dant laquelle leur 'mari a pu
posséder des revenus subs-
tantiels, entièrement disparus
par la suite 7
2.) Ne pourrait-on pas ac-
corder aux veuves de guer-
re des dégrèvements sen-
sibles d'impôts locatifs, de
façon à leur permettre de
conserver l'appartement où
elles vivaient avec leur mari,
jusqu'à ce que leur existence
se soit stabilisée et qu'elles
aient trouvé une demeure
plus conforme à leurs nou-
veaux moyens ? 7
3.) Enfin, l'ainé des orphe-
lins, devenant du fait de la
mort de son père chef de fa-
mille, ne pourrait-il bénéfi-
cier, tant qu'il est à la charge
de sa mère, du même taux
de réduction sur les chemins
de fer que celui qui était ac-
cordé à son père ? De même,
dans les transports en com-
mun, la veuve ne pourrait-
elle bénéficier des réductions
accordées aux mutilés ?
Nous sommes sûr que le
gouvernement attache à ces
questions la même valeur que
la nation entière leur assigne.
Il s'agit d'une dette sacrée de
la patrie envers ceux qui se
sont immolés pour elle. Il s'a-
git aussi d'une obligation de
caractère familial.
Au moment où, grâce à
Dieu, le principe de la famil-
le redevient la pierre angulai-
re de notre pays, tout doit
être fait, et non point par des
demi-mesures ou des avanta-
ges pesés à petite dose, mais
de la façon la plus large, la
plus généreuse, la plus hu-
maine, pour venir en aide aux
familles de ceux qui se, sont
sacrifiés pour la famille fran-
çaise.
Wladimir d'ORMESSON.
LES JOURS SE SUIVENT.
DEUX VOYAGEUSES
Dans ce train encombré à l'ex-
tréme, où voyageurs et bagages
obstruaient les couloirs, où l'on
avait hissé des enfants par les
lenétres, dans ce train charbon-
neux et froid, deux jeunes fem-
mes offraient, par leur appa-
rence, le plaisir et la grâce du
voyage. Pourtant, elles étaient
en route depuis plus de trente-
six heures Il leur avait fallu
traverser un pays, changer de
trains, ouvrir des bagages aux
frontières, les refermer, subir
des interrogatoires, piétiner dans
des gares, sous la bise, puis
s'élancer à travers un autre pays
qui n'était plus le leur. Rien ne
paraissait plus. pourtant, de ces
ennuis, sauf un peu de fatigue,
dans l'aspect de ces jeunes fem-
mes. Un rayon de soleil sur la
neige de Savoie les illuminait.
Elles touchaient à la réalisation
de leur désir et se montraient
enchantées.
Or, ces jeunes femmes étaient
deux Espagnoles parties de Ma-
drid pour Chamonix, ou Chamou-
ni, comme on aisait,au temps de
Franz Liszt et de Madame Sand.
Songez-y de Madrid Ce voyage
qu'elles accomplissaient, dont el-
les savaient qu'il serait rude, el-
les l'avaient préparé depuis des
mois; car il faut des mois, à pré-
sent, pour obtenir la permission
de quitter un territoire et 'd'en-
trer dans un autre elles savaient
qu'elles choisissaient un séjour
où les hôtels seraient à peine
chauffés, où la nourriture serait
rare, que ce train où elles se
trouvaient serait précisément ce
Dans la presqu'île de Malacca
Les forces Japonaises
contrôleraient la plus grande
partie de l'Etat de Pahang
sur la côte orientale malaise
LES AMERICAINS ANNONCENT
QU'ILS ONT REPOUSSE DES ATTAQUES NIPPONES
DANS LA PRESQU'ILE DE BATAAN (LU ÇON)
(France-Presaej
Tokio, 14 janvier. L'Agence Domei publie une dépêche de son
correspondant sur le front de Malaisie, disant que les forces japonaises
contrôlent complètement toute la partie de l'Etat de Pahang au nord
du fleuve du même nom.
Les éléments avancés, après avoir brisé la résistance britannique,
se trouveraient actuellement aux approches de l'Etat de Johore.
Tokio, 14 janvier. Communiqué du. G. Q. G. impérial japonais
Un sous-marin ennemi opérant en Mer de Chine Méridionale a coulé'
le 10 janvier le navire hôpital japonais « Harbin Maru », de 5.167 ton-
nes, en violation complète des règles du droit international qui accorde
des garanties à ce genre de navires.
Cependant, tous les malades et l'équipage, à l'exception de six hom-
mes, ont été sauvés
[L'Etat de Pahang, un des
quatre Etats malais fédérés pla-
cés sous le protectorat britanni-
que, et également l'un des plus
grands, a pour capitale Kuala-
Lipis. n est situé sur la côte
orientale de la presqu'île de Ma-
COMMUNIQUE AMERICAIN
Washington, 14 Janvier. Communiqué du Département de la
Guerre -••̃
Philippines Au cours de la journée de mardi, l'ennemi a lancé
deux attaques violentes contre nos forces dans la presqu'île de Bataan.
(Voir la suite en deuxièmé page)
Connaissez-vous
l'article 39 ?
IL PERMET DE FONDER
DES CORPORATIONS NOUVELLES
par Michel-P. HAMELET
ETRACER dans la, jungle des professions, qu'avait lais-
t sées se développer le libéralisme économique, un des-
a*~ sin nouveau d'organisation définir les métiers et les
R cadres dans lesquels ils doivent évoluer délimiter leurs
frontières établir une juste représentation des inté-
rêts en présence, une coordination des efforts particuliers qui
tienne,compte des mérites de chacun et des besoins de tous. telle
est,-en partie, la tâche immense de ceux qui sont chargés de re-
faire, dans l'esprit de la Charte du -Travail, les corporations fran-
çaises.
Paris ni Rome ne se sont construites en un jour. Il fau-
dra, sans aucun doute, des années pour doter la France d'un
nouveau régime corporatif qui soit adapté aux conditions écono-
miques et sociales modernes.
La tâche est si grande qu'on ne peut la mener de front. Il
faut l'entreprendre par un bout.. (Lire la suite en page 3)
qu'il était. Mais elles avaient
écarté tous ces désagréments
ou plutôt elles en avaient pris la
charge d'avance et la tenaient
pour de peu de poids, eu égard
au plaisir qu'elles auraient de
rencontrer la neige.
Et sans doute aussi de retrou-
ver la France. C'est à cela que
je pensais en les regardant, ces
voyageuses. Elles étaient l'image
animée de ta paix et celle d'une
certaine fidélité. Ce qu'elles
avaient appris de notre pays,
aux temps heureux, elles ne
l'avaient pas oublié et elles al-
laient, bravement, en rechercher
tes survivances aux temps de
l'infortune. Je leur avais une se-
crète gratitude de venir partager
le peu que nous possédons et de
faire confiance à la façon dont.la
France, dans sa détresse, sait en-
core offrir ce qu'elle ne peut per-
dre à ceux qui viennent le lui de-
mander. Car il ne s'agissait plus
pour ces jeunes femmes ni
des beaux magasins d'autrefois,
d'écharpes et de ceintures, il ne
s'agissait plus de couturières, de
bijoux, de relais achalandés, de
fêtes, de tables bien servies, de
linge impeccable, ni de déjeuners
crémeux au réveil du wagon-lit
ou de la chambre tiède il s'agis-
sait de paysages, d'une atmos-
phère, de souvenirs peut-être, de
tout ce qui les liait à ce pays où
elles revenaient, et qui est inalté-
rable. D'avoir rencontré ces
voyageuses, si joliment fidèles au
passé, donnait confiance dans les
rendez-vous de l'avenir.
GUERMANTES.
Des fantassins japonais montant à l'assaut. (V. 28. ont
A
lacca, au sud des Etats de Treng-
ganu et de Kelantan.
Le fleuve Pahang, qui lui a
donné son nom, se jette dans la
mer de Chine, à Pékan, à environ
70 'kilomètres au nord de l'Etat
de Johore.] 11
LA FERMETURE
hebdomadaire
DES cinemas
Le Comité d'Organisation de
l'Industrie Cinématographique In-
forme le public qu'en exécution
des mesures des réductions lm.
posées à la consommation de
l'électricité les cinémas de Lyon
se voient dans l'obligation de
fermer un jour par semaine.
Cependant, de façon à ce que
toute la semaine des salles soient
ouvertes au public, la décision
suivante a été prise
« Toutes les salles à spectacle
permanent fermeront le mardi et
les salles d'exolusivlté du centre,
le mercredi. Dans chaque quar-
tier de Lyon, les directeurs de ci-
néma s'entendront entre eux pour
ne pas fermer tous le même jour.
Les heures de projections auto.
risées sont
Semaine salles à spectacle
permanent, de 15 h. à 23 h. Au-
tres salles de 15 h. à 18 h. 30
(matinée) de 20 h. 30 à 23 h.
(soirée).
Dimanches et fêtes salles à
spectacle permanent, de f4 h.
à 23 h. Autres salles de 14 à
18 h. 30 imatlnée) de 20 h. 30
à 23 h. (soirée).
L'ouverture des caisses pourra
avoir lieu à partir de 14 h. 45 en
matinée et de 20 heures, en soi.
rée.
DEMAIN
LE FIGARO ACTUALITES
Comment Singapour
~l,l 1. 1, prépare sa défense
LA SCENE ET L'ECRAN
Un porte-avions
américain
de 33.000 tonnes
aurait été torpïHé
Tokio, 14 janvier. Commu-
niqué du G. Q. G. impérial japo-
nais
Un sous-marin japonais a at-
teint de deux tor.iilles, à l'ouest
d'Hawaï, un porte-avions améri-
cain du type « Lexlnton », de
33.000 tonnes.
Le général Wavell
est arrivé aux Indes
néerlandaises
Batavia, 14 décembre. On an-
nonce officiellement que le géné-
ral sir Archibald Wavell, comman-
dant en chef des forces alliées
dans le Pacifique, est arrivé aux
Indes Néerlandaises pour établir
eon quartier général.
Raids nippons
sur Rangoun
Rangoun, 14 janvier. L'alerte
a été donnée ce matm de bonne
heure à Rangoun. On ne possède.
pas encore de détails sur les .opé-
rations de l'aviation enmemie.
mais il semble qu'un nombre plus
élevé qu'à l'ordinaire d'appareils
ennemis aient participé à l'atta-
que.
LA SITUATION
I. EN EXTREME-ORIENT
Les fortes positions tenues par
les Américains dans la presqu'île
de Batan, à Luçon, ont résisté jus-
qulè présent aux attaques japonai-
ses. Il semble que les Nippons,
ayant neutralisé les Philippines,
fassent désormais leur principal
effort en Malaisie vers Singapour.
Entrés dans l'état de Negri Sem-
bilan, au sud du Selangos, les
Japonais, dans la partie ouest de
la. presqu'île malaise, ne sont guè-
re éloignés de Singapour de plus
de 200 kilomètres. Ils ont, d'autre
part, (dépassé la région des jun-
gles montagneuses et sont parve-
nus dans les plaines faiblement
vallonnées et de parcours fâche
qui les conduiront jusqu'à Johoie.
La conquête des Iles Tarakan,
au nord-est de Bornéo, donne aux
Japonais, avec la prise de Me-
nado, leur première base d'atta-
que contre la ligne des « posses-
sions extérieures des Indes Néer-
landaises (de Bornéo à la Nouvel-
le Guinée). Mais elle leur donne,
en outre. la possession d'impor-
tants gisements pétrolifères, dont
le pétrole de bonne qualité peut
être utilisé sans raffinage par les
moteurs Diesel de la marine. Les
700.000 tonnes annuelles de Tara-
kan, s'ajoutent aux 700.000 ton-
nes du Sarawak, et, avec celles-
ci, couvriront un quart des be-
soins japonais, lorsque les instal-
lations détruites auront été répa-
rées. Dans la région de Bornéo
comme aux Philippines et en Ma-
laisie, le Japon conquiert les bas-
tions stratégiques et économiques
qui lui permettront de soutenir
une guerre longue. Contrairement
aux apparences, sa stratégie est
donc, pour le moment, surtout
défensive.
II. EN U. R. S. S.
Il semble que les opérations con-
tinuent sur tout le front, de Pet-
samo à la Crimée. Mais on n'a
que peu de détails. Il semble
qu'en Crimée les Russes muIM-
plient leurs efforts pour encercler
les Allemands dans la région de
VIOLENTS COMBATS
dans le secteur central
du front germano soviétique
et dans le sud de la Crimée
Moscou annonce que les troupes soviétiques
ont occupé les villes de Kirov et de Dorokhovo
COMMUNIQUE ALLEMAND
Berlin, 14 janvier. Le haut commandement des forces armées
communique
Dans le secteur méridional du front oriental, plusieurs attaques
de l'ennemi ont été repoussées.
Dans les secteurs central et septentrional, de durs combats con-
tinuent.
Grâce au feu défensif et aux contre-attaques des troupes alle-
mandes, ainsi que grâce à l'intervention de la Luftwaffe dans les
combats terrestres, l'ennemi a encore subi hier de lourdes et san-
glantes pertes.
EXTRAITS DES COMMUNIQUES RUSSES
Moscou, 14 janvier. Le communiqué du Grand Quartier Général
de l'Armée Rouge, en date du 13 janvier au soir, donne les rensei-
gnements suivants
Durant la journée du 13 janvier, en plusieurs secteurs du front,
nos troupes ont continué leur progression en livrant des combats et
ont occupé un certain nombre de localités dont les villes de Kirov et
rie Dorokhovo (près de Mojaîsk).
Moscou, 14 janvier. Le communiqué du Grand Quartier Général
de l'armée rouge, en date du 14 janvier au matin donne les rensei-
gnements suivants
Au cours de la nuit du 13 au 14 janvier, nos troupes ont mené dans
une série de secteurs d'actives opérations contre l'ennemi.
Nos troupes, opérant sur le front central, continuent à talonner
l'ennemi. Elles ont pris, en un jour de combats, trente-cinq camions,
quarante-six mitrailleuses, vingt armes automatiques et un important
matériel.
Dans un autre secteur du même front, l'artillerie soviétique a dé-
Iruit par son feu précis, le 12 janvier, trois fortins de campagne, deux
nids de mitrailleuses, un poste d'observation et a fait sauter un impor-
tant dépôt de munitions ennemi.
Une de nos unités, opérant dans un secteur du front de Léningrad,
a détruit en un jour sept centres de résistance ennemis, s'est emparée
de deux pièces d'artillerie, de trois mitrailleuses, et a tué plus de qua-
tre cents soldats et officiers allemands.
LES FINLANDAIS ANNONCENT
LA PRISE DE POVENTSA
Helsinki, 14 janvier. La victoire de Poventsa, remportée par les
Finlandais après cinq jours de bataille pour la possession de cette
ville, est mise en vedette sous d'énormes manchettes par la presse fin-
landaise de ce matin.
Cette victoire, écrit le « Helsinki Sanomat », mettra fin aux ba-
vardages dénués de fondement de la propagande étrangère, où 11 était
question d'une percée soviétique au nord du !ac Onega.
Les Anglais d'Istamboul
sont invités à quitter
la Turquie
• Istanbul, 14 janvier. ̃ Obes ,1a-
milles de la colonie anglaise
d'Istanbul ont reçu l'avis des au-
torités britanniques d'avoir à
quitter la Turquie dans un délai
d'un mois.
Les familles qui ne veulent pas
obéir à cette décision sont te-
nues de signer une déclaration
par laquelle elles dégagent la
responsabilité du consulat bri-
tannique.
On pense que des mesures sem-
blables seront prises dans les
autres grandes villes de Turquie.
De nombreuses familles anglai-
ses ont déjà quitté la Turquie,
l'été dernier, pour le Caire ou
le Cap. Les Maltais, nombreux à
Istanbul, ont été évacués sur les
Indes où des camps d'accueil
ont été installés à. leur intention.
Un certain nombre de familles
anglaises ont décidé de demeu-
rer à Istanbul malgré l'avis du
consulat.- (O. F. I.). •̃*̃
Simféropol. On signale de vite
combats à mi-chemin entre Sébas-
topol et Simféropol, vers Bakhi-
sara. Sur le front du centre, les
Russesyattaquent du sud au nord,
de Kalouga vers Mojaïsk, et élar-
gissent leur zone d'occupation
dans lesecteur de Loudinovo, où
ils se sont emparés de Kirov.
III. EN CYRENAIQUE
Tandis qu'à l'arrière du front
les Anglais s'emparaient dé Sol-
lum (le gros des détachements
germano-italiens continuant ta bu-
ter au col de Halfaya) la guerre
de mouvement a repris autour
d'El Agheilat, à la frontière de
Tripolitaine, où le général Rom-
'mel a affaire en même temps à
une colonne britannique venant du
nord (Benghazi) et à une autre
qui vient de l'est (Djalo) et a at-
teint la route El Àgheilat-Morada
au sud d'El Agheilat.
Jacques DARCY.
IL NE FAUT PAS
MECONNAITRE
L'IMPORTANCE
DE LA FRANCE
écrit la presse anglaise
Vichy, 14 janvier. Le problè-
me des relations entre la Grande-
Bretagne et la France est l'objet,
dans la presse londonienne, de
commentaires qui rendent un- son
nouveau. Le Ninetcenlh Century
constate qu'il est impossible que
la France ne joue pas un rôle
dans la reconstruction de l'Euro-
pe et ajoute
Les hommes qui dirigeront la Fran.
ce de demain ne sont pas forcément à
Londres, ce qui devrait rendre la
Grande-Bretagne un peu circonspecte
dans sa polifique à l'égard de la
France.
Le Spectator met en garde la
Grande-Bretagne contre l'erreur
qui consiste à accorder une im-
portance exclusive aux facteurs
russe et italien et à méconnaître
l'importance de la France. Ce pé-
riodique observe, en outre, qu'une
simplification' excessive des affai-
res serait une erreur et qu'on ne
peut considérer l'adhésion au gaul-
Usme comme la. pierre de touche
du patriotisme français
Il faut éviter de considérer les
gaullistes comme représentan le gou-
vernement futur de la France, Ce se.
rait là une faute essentielle qui ris-
querait de vicier profondément les
relations anglo-françaises dans l'ave,
nir.
•"•
CHRONIQUE
En rdisant un journal
de l'autre guerre
par Paul MORAND
L est une lecture plus funèbre encore que celle
Hj d'anciennes lettres par hasard retrouvées c'est
M celle d'un vieux journal. Du fond d'un tiroir dé
commode, j'ai tiré à moi une gazette jaunie, fixée
aux planches par des punaises elle datait de vingt-
cinq ans, de l'automne 1916 et elle ressemblait vrai-
ment à une feuille morte. J'y jetai un œil, car la
curiosité est plus forte que la terreur du passé.
Comme la France, alors, était grande, ,unie, cer-
taine de son droit, sûre d'elle-même 1 De quelle belle
étoffe était son courage dans l'adversité Elle ne plas-
tronnait ni ne s'effondrait. Quelle tension d'énergie
Passoqs.
Le journal commençait par une chronique. C'esl
là une tradition vieille comme la grande presse et qui
a résisté à tout et qui tient bon, ce dont je me félicite.
La chronique, c'est l'événement qui commence à se
décanter, c'est une cristallisation du fait, c'est lé nem-
bourrage de l'actualité, c'est le présent qui se décom-
pose et l'histoire qui se compose. Démodé, il l'était,
naturellement, le pauvre papier Ou plutôt, non, Il
était mort, aplati comme le pétale d'une fleur dans un
keepsake, desséché comme une main de pharaon.
Mais, au fond, pas plus mort que le directeur du quo-
tidien et que le journal lui-même et que les grands
personnages dont le nom s'élalait sur deux colonnes,
pas plus mort que les trônes et les démocraties.
C'était, comme l'on dit, l'article de la mort.
Derrière la chronique s'avançait le commentaire.
militaire d'un stratège de café qui signait du nom d'un
général en retraite. Pour s'ouvrir l'appétit, l'auteur
mangeait, comme chaque matin, ses quelques divi-
sions ennemies et expliquait que l'heure de la manoeu-
vre en terrain découvert allait sonner.
Ensuite, le carnet du jour, intitulé La France aux
Français, autre petite chronique, mais de seconde
zone, contractée, pleine de caprices et d'un habile tour
de main, bouclée comme un joli nœud sur un cha-
peau, mettait sa note parisienne sur les mitrailleuses
et sur les 75.
Puis venait, en caractères gras, l'éditorial. Le pa-
tron du bord y traitait ce jour-là de la récupération
des embusqués. A la tournure de la première phrase,
pleine d'une déférence conventionnelle pour le gou-
vernement de l'époque, il était facile de deviner, que
le journal émargeait aux fonds secrets, mais à la chi-
mie du second paragraphe, je comprenais que le mi-
nistère commençait vaciller à chaque ligne, le bril-
lant directeur reprenait un peu plus sa liberté .envers
les pouvoirs publics et déjà. louait un Premier-éventuel;
une mélancolie de crépuscule descendait sur la con-
clusion, assez pointue et assez menaçante, bien -.quels
censure l'eût caviardée en blanc, ce qui donnait au
texte un aspect poétique, celui d un verset de la Bible.
Après les communiqués (sur lesquels il y aurait
beaucoup à. dire) venait le chapitre des restrictions
gaz réduit, « où va le beurre.? », électricité déficiente,
papier rare, tabac introuvable, pas de charhnn faute,
de transports. (Hier, c'est déjà aujourd'hui. Pourquoi
faut-il que l'humanilé croie toujours que ce qui lui
advient arrive pour la première fois ?)
Je replaçai au fond de mon tiroir le vieux jour-
nal de l'autre guerre, avec le respect dû à un monu-
ment d'archives. J'entendais à travers ses lignes le
bruit de la vie, comme l'on entend la mer dans line
conque c'était les marnes cris qim les nôtres, écho
de la plainte quotidienne que pousse t'homme h tra-
vers les siècles.
Paul MORAND.
Le D. N. B. dément
la perte de Kharkov
Berlin, 14 janvier. Du D. N.
B.
Des informations de source amé-
ricaine selon lesauelles la ville
de Kharkov aurait été occupés
par les troupes soviétiques sont
démenties de la façon la plus oa-
tégorique par les milieux compé-
tents du Reich, et qualifiées de
pure invention.
On souligne du côté allemand
que les communiqués officiels d'i
Bureau d'information soviétique
eux-mêmes n'ont pas donné rie
telle information.
Le Tribunal d'Etat
se réunira à Lyon
les 23 et 24 janvier
Le tribunal d'Etat va de nou-
veau siéger à Lyon, les 23 et 24
janvier. Il aura à s'occuper de
deux affaires.
Le 23 janvier affaire marsell.
laise de faux tickets d'alimenta-
tion. Cinq inculpés passeront en
jugement.
Le 24 janvier affaire purement
lyonnaise de textile, qui porte sur
une majoration Illicite de tarifs.
Le bénéfice illégal s'élève à plus
d'un million. Cinq Inculpés éga-
lement.
EN DEUXIEME PAGE
LA GUERRE
EN CYRENAIQUE
ABONNEMENTS «mou • pion la
France et Colonies 70 » 130 » Z50 a
ETRANGER 1.
ITarU réduit 110 » 210 » 400 a
Tari! augmenta » 150 » 290 > 560 S
Le Gaulois
PARIS
14 Rond-Point
-}es ChaniDs-Elysées
1 franc
JEUDI A £• JANVIER 1942
No 12 ̃ ~"7* ANNEE
Edition de Lyon
REDACTION ET ADMINISTRATION
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Lou* p*a CBUX-a, UAiti rAi aox-u, m moqoant ms sot*, biavant us tticHkttn,
Ji an misse oc un w tout.» m roi otnt oauaà c'en kjeueib^
IZAIWACCIUM
DIRECTEUR Pïerre BRISSON
Compte postal i Lyon 995-98
J.ES VEUVES DE GUERRE
Très naturelle-
ment, nos pen-
sées, nos préoc-
cupations, nos
soins vont vers
les prisonniers qui se trouvent
encore dans les camps d'Alle-
magne et vers leurs familles.
Au fur et à mesure que la sé-
paration se prolonge elle de-
vient plus cruelle. Elle pose
aussi, pour les uns et pour les
autres, des problèmes maté-
riels qui s'aggravent. Mais le
très légitime souci que nous
avons de nos prisonniers et
que le gouvernement traduit
par les mesures les plus op-
portunes ne doit par relé-
guer au second plan d'autres
pensées, d'autres préoccupa-
tions, d'autres soins qu'appel-
le une situation plus doulou-
reuse encore: celle des veuves
et des orphelins de la guerre.
1 La France, pendant les dix
mois qu'a duré le conflit ar-
t mé surtout' au cours des
six dernières semaines de
grandes batailles a perdu,
cette fois encore, beaucoup de
ses meilleurs enfants. Certes,
aucun rapport n'existe entre
cette hécatombe et celle de
1914-1918. Mais, dans un pays
qui avait déjà subi une si
épouvantable hémorragie, ces
nouveaux sacrifices sont en-
core trop lourds. Cela devrait
être le remords du monde ci-
vilisé de les avoir permis 1
Des milliers de veuves de
̃guerre ont tout perdu non
seulement le compagnon de
leur vie, le père de leurs en-
fants, mais aussi celui dont
l'intelligence, le labeur,, les ef-
forts les faisaient vivre. Un
problème matériel, infiniment
pénible, se pose pour beau-
coup d'entre elles, surtout
dans les conditions difficiles
où nous sommes. Tout doit
être fait pour le résoudre
dans le plus large esprit de
solidarité nationale et fami-
liale.
Dans l'ensemble, il s agit
plus encore d'un problème
d'avenir que d'un problème
actuel.
Jusqu'au retour définitif de
l'état de paix, en effet, les
veuves de guerre (outre le se-
cours d'urgence qui leur a été
alloué par le secrétariat génér
rai des anciens combattants
et qui s'élève à 600 francs,
plus 100 francs par enfant de
moins de 16 ans) bénéficient
Soit de la délégation de sol-
de si leur époux décédé rece-
vait une solde mensuelle
(c'est-à-dire était officier ou
sous-officier ayant plua de
trois ans de service) et à con-
dition d'avoir déposé leur de-
mande de pension
Soit de l'allocation militai-
re (14 francs par jour pour la
veuve et 9 francs par enfant
de moins de 16 ans) allouée
par la mairie du lieu de rési-
dence mais seulement dans
les cas de gène.
Enfin, aux termes au ae-
cret du 9 septembre 1941,
complétant la loi du 31 mars
1919, les veuves de guerre qui
ne remplissent aucune des
deux conditions ci-dessus
peuvent obtenir la liquidation
immédiate de leur pension.
Celle-ci est d'ailleurs très in-
férieure à la délégation de
solde ou à l'allocation militai-
re puisqu'elle atteint à peine
3.000 francs pour la veuve
d'un simple soldat, plus 1.088
francs par enfant.
A la date officielle de la
cessation des hostilités, ce
dernier régime devrait, en
principe, devenir le régime
commun. S'il ne devait pas
être modifié, inutile de souli-
gner son insuffisance 1. Dé-
jà, dans les conditions actuel-
les, il existe bien des cas mi-
sérables. Nous en connais-
sons. C'est, d'ailleurs, l'une
des meilleures attributions de
la « Légion » de se. pencher
sur eux, de les soulager, et
elle le fait de tout son cœur.
Mais la question est d'ordre
général.
Pour l'avenir, et de façon à
assurer aux veuves et aux or-
phelins de la guerre le sort
digne qui leur est dû, il sem-
ble que la seule méthode soit,
non pas l'application intégra-
le du « code de la famille »,
puisque, par définition, l'aide
apportée par ce code se gref-
fe sur un salaire, mais une
adaptation aux veuves et aux
orphelins des avantagés pré-
vus par cette législation. Sur
le plan légal, un enfant «mort
Secours National
TOI QUI POSSEDES
PENSE A CEUX
QUI N'ONT RIEN
CROISADE D'HIVER
pour la France » est souvent
considéré comme vivant. Ne
pourrait-on admettre que le
chef de famille lui aussi
« mort pour la France », con-
tinue de faire profiter les
siens des mêmes avantages
dont ils bénéficiaient de son
vivant ? La forme serait à dé-
terminer, soit qu'il s'agisse
d'allocations analogues aux
allocations familiales venant
se substituer, à la fin des hos-
tilités aux allocations que tou-
chent encore certaines veuves;
soit d'un taux de pension' va-
riable et ajusté au prix de la
vie.
Outre cette pension de ba-
se, certaines mesures de-
vraient également être envi-
sagées dès maintenant en fa-
veur des veuves et orphelins
de la guerre. Nous savons
qu'un comité s'est formé à
Paris qui les a étudiées très
sérieusement. Les conclu-
sions auxquelles il est.parve-
nu sont les suivantes
i.) Lés prisonniers bénéfi-
cient de la remise de leurs
impôts exigibles en 1940 sur
leurs revenus de 1939- Ne se-
rait-il pas équitable qu'il en
fût de même, pour les veuves
de guerre qui se trouvent,
tout au moins en principe,
obligés de régler sur leurs
revenus de 1940 revenus
souvent illusoires des con-
tributions parfois lourdes par-
ce que portant sur les reve-
nus de l'année 1939, pen-
dant laquelle leur 'mari a pu
posséder des revenus subs-
tantiels, entièrement disparus
par la suite 7
2.) Ne pourrait-on pas ac-
corder aux veuves de guer-
re des dégrèvements sen-
sibles d'impôts locatifs, de
façon à leur permettre de
conserver l'appartement où
elles vivaient avec leur mari,
jusqu'à ce que leur existence
se soit stabilisée et qu'elles
aient trouvé une demeure
plus conforme à leurs nou-
veaux moyens ? 7
3.) Enfin, l'ainé des orphe-
lins, devenant du fait de la
mort de son père chef de fa-
mille, ne pourrait-il bénéfi-
cier, tant qu'il est à la charge
de sa mère, du même taux
de réduction sur les chemins
de fer que celui qui était ac-
cordé à son père ? De même,
dans les transports en com-
mun, la veuve ne pourrait-
elle bénéficier des réductions
accordées aux mutilés ?
Nous sommes sûr que le
gouvernement attache à ces
questions la même valeur que
la nation entière leur assigne.
Il s'agit d'une dette sacrée de
la patrie envers ceux qui se
sont immolés pour elle. Il s'a-
git aussi d'une obligation de
caractère familial.
Au moment où, grâce à
Dieu, le principe de la famil-
le redevient la pierre angulai-
re de notre pays, tout doit
être fait, et non point par des
demi-mesures ou des avanta-
ges pesés à petite dose, mais
de la façon la plus large, la
plus généreuse, la plus hu-
maine, pour venir en aide aux
familles de ceux qui se, sont
sacrifiés pour la famille fran-
çaise.
Wladimir d'ORMESSON.
LES JOURS SE SUIVENT.
DEUX VOYAGEUSES
Dans ce train encombré à l'ex-
tréme, où voyageurs et bagages
obstruaient les couloirs, où l'on
avait hissé des enfants par les
lenétres, dans ce train charbon-
neux et froid, deux jeunes fem-
mes offraient, par leur appa-
rence, le plaisir et la grâce du
voyage. Pourtant, elles étaient
en route depuis plus de trente-
six heures Il leur avait fallu
traverser un pays, changer de
trains, ouvrir des bagages aux
frontières, les refermer, subir
des interrogatoires, piétiner dans
des gares, sous la bise, puis
s'élancer à travers un autre pays
qui n'était plus le leur. Rien ne
paraissait plus. pourtant, de ces
ennuis, sauf un peu de fatigue,
dans l'aspect de ces jeunes fem-
mes. Un rayon de soleil sur la
neige de Savoie les illuminait.
Elles touchaient à la réalisation
de leur désir et se montraient
enchantées.
Or, ces jeunes femmes étaient
deux Espagnoles parties de Ma-
drid pour Chamonix, ou Chamou-
ni, comme on aisait,au temps de
Franz Liszt et de Madame Sand.
Songez-y de Madrid Ce voyage
qu'elles accomplissaient, dont el-
les savaient qu'il serait rude, el-
les l'avaient préparé depuis des
mois; car il faut des mois, à pré-
sent, pour obtenir la permission
de quitter un territoire et 'd'en-
trer dans un autre elles savaient
qu'elles choisissaient un séjour
où les hôtels seraient à peine
chauffés, où la nourriture serait
rare, que ce train où elles se
trouvaient serait précisément ce
Dans la presqu'île de Malacca
Les forces Japonaises
contrôleraient la plus grande
partie de l'Etat de Pahang
sur la côte orientale malaise
LES AMERICAINS ANNONCENT
QU'ILS ONT REPOUSSE DES ATTAQUES NIPPONES
DANS LA PRESQU'ILE DE BATAAN (LU ÇON)
(France-Presaej
Tokio, 14 janvier. L'Agence Domei publie une dépêche de son
correspondant sur le front de Malaisie, disant que les forces japonaises
contrôlent complètement toute la partie de l'Etat de Pahang au nord
du fleuve du même nom.
Les éléments avancés, après avoir brisé la résistance britannique,
se trouveraient actuellement aux approches de l'Etat de Johore.
Tokio, 14 janvier. Communiqué du. G. Q. G. impérial japonais
Un sous-marin ennemi opérant en Mer de Chine Méridionale a coulé'
le 10 janvier le navire hôpital japonais « Harbin Maru », de 5.167 ton-
nes, en violation complète des règles du droit international qui accorde
des garanties à ce genre de navires.
Cependant, tous les malades et l'équipage, à l'exception de six hom-
mes, ont été sauvés
[L'Etat de Pahang, un des
quatre Etats malais fédérés pla-
cés sous le protectorat britanni-
que, et également l'un des plus
grands, a pour capitale Kuala-
Lipis. n est situé sur la côte
orientale de la presqu'île de Ma-
COMMUNIQUE AMERICAIN
Washington, 14 Janvier. Communiqué du Département de la
Guerre -••̃
Philippines Au cours de la journée de mardi, l'ennemi a lancé
deux attaques violentes contre nos forces dans la presqu'île de Bataan.
(Voir la suite en deuxièmé page)
Connaissez-vous
l'article 39 ?
IL PERMET DE FONDER
DES CORPORATIONS NOUVELLES
par Michel-P. HAMELET
ETRACER dans la, jungle des professions, qu'avait lais-
t sées se développer le libéralisme économique, un des-
a*~ sin nouveau d'organisation définir les métiers et les
R cadres dans lesquels ils doivent évoluer délimiter leurs
frontières établir une juste représentation des inté-
rêts en présence, une coordination des efforts particuliers qui
tienne,compte des mérites de chacun et des besoins de tous. telle
est,-en partie, la tâche immense de ceux qui sont chargés de re-
faire, dans l'esprit de la Charte du -Travail, les corporations fran-
çaises.
Paris ni Rome ne se sont construites en un jour. Il fau-
dra, sans aucun doute, des années pour doter la France d'un
nouveau régime corporatif qui soit adapté aux conditions écono-
miques et sociales modernes.
La tâche est si grande qu'on ne peut la mener de front. Il
faut l'entreprendre par un bout.. (Lire la suite en page 3)
qu'il était. Mais elles avaient
écarté tous ces désagréments
ou plutôt elles en avaient pris la
charge d'avance et la tenaient
pour de peu de poids, eu égard
au plaisir qu'elles auraient de
rencontrer la neige.
Et sans doute aussi de retrou-
ver la France. C'est à cela que
je pensais en les regardant, ces
voyageuses. Elles étaient l'image
animée de ta paix et celle d'une
certaine fidélité. Ce qu'elles
avaient appris de notre pays,
aux temps heureux, elles ne
l'avaient pas oublié et elles al-
laient, bravement, en rechercher
tes survivances aux temps de
l'infortune. Je leur avais une se-
crète gratitude de venir partager
le peu que nous possédons et de
faire confiance à la façon dont.la
France, dans sa détresse, sait en-
core offrir ce qu'elle ne peut per-
dre à ceux qui viennent le lui de-
mander. Car il ne s'agissait plus
pour ces jeunes femmes ni
des beaux magasins d'autrefois,
d'écharpes et de ceintures, il ne
s'agissait plus de couturières, de
bijoux, de relais achalandés, de
fêtes, de tables bien servies, de
linge impeccable, ni de déjeuners
crémeux au réveil du wagon-lit
ou de la chambre tiède il s'agis-
sait de paysages, d'une atmos-
phère, de souvenirs peut-être, de
tout ce qui les liait à ce pays où
elles revenaient, et qui est inalté-
rable. D'avoir rencontré ces
voyageuses, si joliment fidèles au
passé, donnait confiance dans les
rendez-vous de l'avenir.
GUERMANTES.
Des fantassins japonais montant à l'assaut. (V. 28. ont
A
lacca, au sud des Etats de Treng-
ganu et de Kelantan.
Le fleuve Pahang, qui lui a
donné son nom, se jette dans la
mer de Chine, à Pékan, à environ
70 'kilomètres au nord de l'Etat
de Johore.] 11
LA FERMETURE
hebdomadaire
DES cinemas
Le Comité d'Organisation de
l'Industrie Cinématographique In-
forme le public qu'en exécution
des mesures des réductions lm.
posées à la consommation de
l'électricité les cinémas de Lyon
se voient dans l'obligation de
fermer un jour par semaine.
Cependant, de façon à ce que
toute la semaine des salles soient
ouvertes au public, la décision
suivante a été prise
« Toutes les salles à spectacle
permanent fermeront le mardi et
les salles d'exolusivlté du centre,
le mercredi. Dans chaque quar-
tier de Lyon, les directeurs de ci-
néma s'entendront entre eux pour
ne pas fermer tous le même jour.
Les heures de projections auto.
risées sont
Semaine salles à spectacle
permanent, de 15 h. à 23 h. Au-
tres salles de 15 h. à 18 h. 30
(matinée) de 20 h. 30 à 23 h.
(soirée).
Dimanches et fêtes salles à
spectacle permanent, de f4 h.
à 23 h. Autres salles de 14 à
18 h. 30 imatlnée) de 20 h. 30
à 23 h. (soirée).
L'ouverture des caisses pourra
avoir lieu à partir de 14 h. 45 en
matinée et de 20 heures, en soi.
rée.
DEMAIN
LE FIGARO ACTUALITES
Comment Singapour
~l,l 1. 1, prépare sa défense
LA SCENE ET L'ECRAN
Un porte-avions
américain
de 33.000 tonnes
aurait été torpïHé
Tokio, 14 janvier. Commu-
niqué du G. Q. G. impérial japo-
nais
Un sous-marin japonais a at-
teint de deux tor.iilles, à l'ouest
d'Hawaï, un porte-avions améri-
cain du type « Lexlnton », de
33.000 tonnes.
Le général Wavell
est arrivé aux Indes
néerlandaises
Batavia, 14 décembre. On an-
nonce officiellement que le géné-
ral sir Archibald Wavell, comman-
dant en chef des forces alliées
dans le Pacifique, est arrivé aux
Indes Néerlandaises pour établir
eon quartier général.
Raids nippons
sur Rangoun
Rangoun, 14 janvier. L'alerte
a été donnée ce matm de bonne
heure à Rangoun. On ne possède.
pas encore de détails sur les .opé-
rations de l'aviation enmemie.
mais il semble qu'un nombre plus
élevé qu'à l'ordinaire d'appareils
ennemis aient participé à l'atta-
que.
LA SITUATION
I. EN EXTREME-ORIENT
Les fortes positions tenues par
les Américains dans la presqu'île
de Batan, à Luçon, ont résisté jus-
qulè présent aux attaques japonai-
ses. Il semble que les Nippons,
ayant neutralisé les Philippines,
fassent désormais leur principal
effort en Malaisie vers Singapour.
Entrés dans l'état de Negri Sem-
bilan, au sud du Selangos, les
Japonais, dans la partie ouest de
la. presqu'île malaise, ne sont guè-
re éloignés de Singapour de plus
de 200 kilomètres. Ils ont, d'autre
part, (dépassé la région des jun-
gles montagneuses et sont parve-
nus dans les plaines faiblement
vallonnées et de parcours fâche
qui les conduiront jusqu'à Johoie.
La conquête des Iles Tarakan,
au nord-est de Bornéo, donne aux
Japonais, avec la prise de Me-
nado, leur première base d'atta-
que contre la ligne des « posses-
sions extérieures des Indes Néer-
landaises (de Bornéo à la Nouvel-
le Guinée). Mais elle leur donne,
en outre. la possession d'impor-
tants gisements pétrolifères, dont
le pétrole de bonne qualité peut
être utilisé sans raffinage par les
moteurs Diesel de la marine. Les
700.000 tonnes annuelles de Tara-
kan, s'ajoutent aux 700.000 ton-
nes du Sarawak, et, avec celles-
ci, couvriront un quart des be-
soins japonais, lorsque les instal-
lations détruites auront été répa-
rées. Dans la région de Bornéo
comme aux Philippines et en Ma-
laisie, le Japon conquiert les bas-
tions stratégiques et économiques
qui lui permettront de soutenir
une guerre longue. Contrairement
aux apparences, sa stratégie est
donc, pour le moment, surtout
défensive.
II. EN U. R. S. S.
Il semble que les opérations con-
tinuent sur tout le front, de Pet-
samo à la Crimée. Mais on n'a
que peu de détails. Il semble
qu'en Crimée les Russes muIM-
plient leurs efforts pour encercler
les Allemands dans la région de
VIOLENTS COMBATS
dans le secteur central
du front germano soviétique
et dans le sud de la Crimée
Moscou annonce que les troupes soviétiques
ont occupé les villes de Kirov et de Dorokhovo
COMMUNIQUE ALLEMAND
Berlin, 14 janvier. Le haut commandement des forces armées
communique
Dans le secteur méridional du front oriental, plusieurs attaques
de l'ennemi ont été repoussées.
Dans les secteurs central et septentrional, de durs combats con-
tinuent.
Grâce au feu défensif et aux contre-attaques des troupes alle-
mandes, ainsi que grâce à l'intervention de la Luftwaffe dans les
combats terrestres, l'ennemi a encore subi hier de lourdes et san-
glantes pertes.
EXTRAITS DES COMMUNIQUES RUSSES
Moscou, 14 janvier. Le communiqué du Grand Quartier Général
de l'Armée Rouge, en date du 13 janvier au soir, donne les rensei-
gnements suivants
Durant la journée du 13 janvier, en plusieurs secteurs du front,
nos troupes ont continué leur progression en livrant des combats et
ont occupé un certain nombre de localités dont les villes de Kirov et
rie Dorokhovo (près de Mojaîsk).
Moscou, 14 janvier. Le communiqué du Grand Quartier Général
de l'armée rouge, en date du 14 janvier au matin donne les rensei-
gnements suivants
Au cours de la nuit du 13 au 14 janvier, nos troupes ont mené dans
une série de secteurs d'actives opérations contre l'ennemi.
Nos troupes, opérant sur le front central, continuent à talonner
l'ennemi. Elles ont pris, en un jour de combats, trente-cinq camions,
quarante-six mitrailleuses, vingt armes automatiques et un important
matériel.
Dans un autre secteur du même front, l'artillerie soviétique a dé-
Iruit par son feu précis, le 12 janvier, trois fortins de campagne, deux
nids de mitrailleuses, un poste d'observation et a fait sauter un impor-
tant dépôt de munitions ennemi.
Une de nos unités, opérant dans un secteur du front de Léningrad,
a détruit en un jour sept centres de résistance ennemis, s'est emparée
de deux pièces d'artillerie, de trois mitrailleuses, et a tué plus de qua-
tre cents soldats et officiers allemands.
LES FINLANDAIS ANNONCENT
LA PRISE DE POVENTSA
Helsinki, 14 janvier. La victoire de Poventsa, remportée par les
Finlandais après cinq jours de bataille pour la possession de cette
ville, est mise en vedette sous d'énormes manchettes par la presse fin-
landaise de ce matin.
Cette victoire, écrit le « Helsinki Sanomat », mettra fin aux ba-
vardages dénués de fondement de la propagande étrangère, où 11 était
question d'une percée soviétique au nord du !ac Onega.
Les Anglais d'Istamboul
sont invités à quitter
la Turquie
• Istanbul, 14 janvier. ̃ Obes ,1a-
milles de la colonie anglaise
d'Istanbul ont reçu l'avis des au-
torités britanniques d'avoir à
quitter la Turquie dans un délai
d'un mois.
Les familles qui ne veulent pas
obéir à cette décision sont te-
nues de signer une déclaration
par laquelle elles dégagent la
responsabilité du consulat bri-
tannique.
On pense que des mesures sem-
blables seront prises dans les
autres grandes villes de Turquie.
De nombreuses familles anglai-
ses ont déjà quitté la Turquie,
l'été dernier, pour le Caire ou
le Cap. Les Maltais, nombreux à
Istanbul, ont été évacués sur les
Indes où des camps d'accueil
ont été installés à. leur intention.
Un certain nombre de familles
anglaises ont décidé de demeu-
rer à Istanbul malgré l'avis du
consulat.- (O. F. I.). •̃*̃
Simféropol. On signale de vite
combats à mi-chemin entre Sébas-
topol et Simféropol, vers Bakhi-
sara. Sur le front du centre, les
Russesyattaquent du sud au nord,
de Kalouga vers Mojaïsk, et élar-
gissent leur zone d'occupation
dans lesecteur de Loudinovo, où
ils se sont emparés de Kirov.
III. EN CYRENAIQUE
Tandis qu'à l'arrière du front
les Anglais s'emparaient dé Sol-
lum (le gros des détachements
germano-italiens continuant ta bu-
ter au col de Halfaya) la guerre
de mouvement a repris autour
d'El Agheilat, à la frontière de
Tripolitaine, où le général Rom-
'mel a affaire en même temps à
une colonne britannique venant du
nord (Benghazi) et à une autre
qui vient de l'est (Djalo) et a at-
teint la route El Àgheilat-Morada
au sud d'El Agheilat.
Jacques DARCY.
IL NE FAUT PAS
MECONNAITRE
L'IMPORTANCE
DE LA FRANCE
écrit la presse anglaise
Vichy, 14 janvier. Le problè-
me des relations entre la Grande-
Bretagne et la France est l'objet,
dans la presse londonienne, de
commentaires qui rendent un- son
nouveau. Le Ninetcenlh Century
constate qu'il est impossible que
la France ne joue pas un rôle
dans la reconstruction de l'Euro-
pe et ajoute
Les hommes qui dirigeront la Fran.
ce de demain ne sont pas forcément à
Londres, ce qui devrait rendre la
Grande-Bretagne un peu circonspecte
dans sa polifique à l'égard de la
France.
Le Spectator met en garde la
Grande-Bretagne contre l'erreur
qui consiste à accorder une im-
portance exclusive aux facteurs
russe et italien et à méconnaître
l'importance de la France. Ce pé-
riodique observe, en outre, qu'une
simplification' excessive des affai-
res serait une erreur et qu'on ne
peut considérer l'adhésion au gaul-
Usme comme la. pierre de touche
du patriotisme français
Il faut éviter de considérer les
gaullistes comme représentan le gou-
vernement futur de la France, Ce se.
rait là une faute essentielle qui ris-
querait de vicier profondément les
relations anglo-françaises dans l'ave,
nir.
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CHRONIQUE
En rdisant un journal
de l'autre guerre
par Paul MORAND
L est une lecture plus funèbre encore que celle
Hj d'anciennes lettres par hasard retrouvées c'est
M celle d'un vieux journal. Du fond d'un tiroir dé
commode, j'ai tiré à moi une gazette jaunie, fixée
aux planches par des punaises elle datait de vingt-
cinq ans, de l'automne 1916 et elle ressemblait vrai-
ment à une feuille morte. J'y jetai un œil, car la
curiosité est plus forte que la terreur du passé.
Comme la France, alors, était grande, ,unie, cer-
taine de son droit, sûre d'elle-même 1 De quelle belle
étoffe était son courage dans l'adversité Elle ne plas-
tronnait ni ne s'effondrait. Quelle tension d'énergie
Passoqs.
Le journal commençait par une chronique. C'esl
là une tradition vieille comme la grande presse et qui
a résisté à tout et qui tient bon, ce dont je me félicite.
La chronique, c'est l'événement qui commence à se
décanter, c'est une cristallisation du fait, c'est lé nem-
bourrage de l'actualité, c'est le présent qui se décom-
pose et l'histoire qui se compose. Démodé, il l'était,
naturellement, le pauvre papier Ou plutôt, non, Il
était mort, aplati comme le pétale d'une fleur dans un
keepsake, desséché comme une main de pharaon.
Mais, au fond, pas plus mort que le directeur du quo-
tidien et que le journal lui-même et que les grands
personnages dont le nom s'élalait sur deux colonnes,
pas plus mort que les trônes et les démocraties.
C'était, comme l'on dit, l'article de la mort.
Derrière la chronique s'avançait le commentaire.
militaire d'un stratège de café qui signait du nom d'un
général en retraite. Pour s'ouvrir l'appétit, l'auteur
mangeait, comme chaque matin, ses quelques divi-
sions ennemies et expliquait que l'heure de la manoeu-
vre en terrain découvert allait sonner.
Ensuite, le carnet du jour, intitulé La France aux
Français, autre petite chronique, mais de seconde
zone, contractée, pleine de caprices et d'un habile tour
de main, bouclée comme un joli nœud sur un cha-
peau, mettait sa note parisienne sur les mitrailleuses
et sur les 75.
Puis venait, en caractères gras, l'éditorial. Le pa-
tron du bord y traitait ce jour-là de la récupération
des embusqués. A la tournure de la première phrase,
pleine d'une déférence conventionnelle pour le gou-
vernement de l'époque, il était facile de deviner, que
le journal émargeait aux fonds secrets, mais à la chi-
mie du second paragraphe, je comprenais que le mi-
nistère commençait vaciller à chaque ligne, le bril-
lant directeur reprenait un peu plus sa liberté .envers
les pouvoirs publics et déjà. louait un Premier-éventuel;
une mélancolie de crépuscule descendait sur la con-
clusion, assez pointue et assez menaçante, bien -.quels
censure l'eût caviardée en blanc, ce qui donnait au
texte un aspect poétique, celui d un verset de la Bible.
Après les communiqués (sur lesquels il y aurait
beaucoup à. dire) venait le chapitre des restrictions
gaz réduit, « où va le beurre.? », électricité déficiente,
papier rare, tabac introuvable, pas de charhnn faute,
de transports. (Hier, c'est déjà aujourd'hui. Pourquoi
faut-il que l'humanilé croie toujours que ce qui lui
advient arrive pour la première fois ?)
Je replaçai au fond de mon tiroir le vieux jour-
nal de l'autre guerre, avec le respect dû à un monu-
ment d'archives. J'entendais à travers ses lignes le
bruit de la vie, comme l'on entend la mer dans line
conque c'était les marnes cris qim les nôtres, écho
de la plainte quotidienne que pousse t'homme h tra-
vers les siècles.
Paul MORAND.
Le D. N. B. dément
la perte de Kharkov
Berlin, 14 janvier. Du D. N.
B.
Des informations de source amé-
ricaine selon lesauelles la ville
de Kharkov aurait été occupés
par les troupes soviétiques sont
démenties de la façon la plus oa-
tégorique par les milieux compé-
tents du Reich, et qualifiées de
pure invention.
On souligne du côté allemand
que les communiqués officiels d'i
Bureau d'information soviétique
eux-mêmes n'ont pas donné rie
telle information.
Le Tribunal d'Etat
se réunira à Lyon
les 23 et 24 janvier
Le tribunal d'Etat va de nou-
veau siéger à Lyon, les 23 et 24
janvier. Il aura à s'occuper de
deux affaires.
Le 23 janvier affaire marsell.
laise de faux tickets d'alimenta-
tion. Cinq inculpés passeront en
jugement.
Le 24 janvier affaire purement
lyonnaise de textile, qui porte sur
une majoration Illicite de tarifs.
Le bénéfice illégal s'élève à plus
d'un million. Cinq Inculpés éga-
lement.
EN DEUXIEME PAGE
LA GUERRE
EN CYRENAIQUE
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