Titre : L'Ordre
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1948-04-30
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32829724j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 30 avril 1948 30 avril 1948
Description : 1948/04/30 (A2,N209). 1948/04/30 (A2,N209).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5117338b
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-1857
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 28/11/2021
DEOUIS
au BON MARCHE
LORDRE
mnenn / P •, thann" / • "
2‘ année. — N" 209.
PRIX : 5 FRANCS
Directeur politique : Émile BURÉ
VENDREDI
30 avril 1948.
PILLOT—
Notre Empire
AU CONSEIL DES MINISTRES
en danger
par Emile BURE
J’écrivais à New-York, en 1942 : « Dans ma douleur d’exilé
j'aurai au moins une consolation : la preuve m’a été donnée
que les hommes de couleur rangés sous la loi de mon pays lui
vouent autant de respect que d’amitié. Qu’on vienne me dire
après cela qu’il est impossible de coloniser sans semer auloui
de soi la haine et le mépris, la désolalion et la mort. »
J’étais fier de constater qu’à l’heure où tant de Français
acceptaient, avec, satisfaction parfois, la défaite de leur pays,
les autochtones de son empire en souffraient, se montraient
prêts à la résistance en dépit des agents galonnés ou non de
Pétain, plus soucieux de leur fortune que de celle de leui
patrie. Leur attitude ne leur méritait pas une injurieuse récom
pense, elle leur méritait une agissante amitié. A Brazzaville
le général de Gaulle eut le tort, et je m’en alarmai aussitôt,
encore que je lui fusse alors pieusement fidèle, de ne pas h
comprendre. Il leur fit de vagues et, parlant, dangereuses pro
messes. Il fallait agir, il parla et joua ainsi le rôle d’apprenti
sorcier évoquant des forces incertaines dans leur impétuosité,
dans leur brutalité qu’il lui est ensuite impossible de maîtriser.
Il offrit un terrain favorable aux entreprises d’agitateurs de
toutes couleurs impatients de libérer leurs « frères » du pou
voir de la France pour les asservir ensuite à leur pouvoir per
sonnel qui, ce n’est pas douteux, serait singulièrement plus
rude. Sur ce point le passé nous éclaire, nous enseigne.
Dès la libération nous vîmes donc — comme il était inévi
table — les colons français d’Algérie, de Madagascar et d’Indo
chine invités par ces agitateurs détestables à quitter sans retard
les territoires qu’ils avaient fait fructifier. Des deux il leur
fallait opter: « la valise. ou le cercueil ». Nos alliés anglo-
saxons auraient pu se rendre compte que ce qui nous menaçait
les menaçait, eut aussi : leur aveugle mercantilisme les en
empêcha et ils ne tarderont pas à s’en repentir.
Les Anglais, oubliant que leur situation en Irak était sem
blable à la nôtre en Syrie, nous chassèrent de ce pays : ils
crurent qu’ils avaient intérêt à exalter le fanatisme arabe et
ce qui se passe actuellement en Palestine laisse craindre qu’ils
ne le croient encore. Pour ce qui est des Américains, en nous
excluant de la commission de contrôle du Japon. 'ils ont affai
ldi notre situation en Extrême-Orient et peuvent ainsi être tenus
pour partiellement responsables de nos malheurs en Indo
chine. En Palestine des considérations électorales les avaient
amenés à soutenir les justes revendications des Juifs, mais sous
la pression des grandes compagnies pétrolifères, ils changèrent
cyniquement de politique, s’inquiétant peu de ruiner l’autorité
de l’O.N.U, qu’ils dominent et de mettre ainsi en danger non
seulement la paix de la France, mais la paix du monde. La
conférence de Bogota, qu’ils convoquèrent et inspirèrent, n'esl
pas, bien qu'elle n’ait pris aucune décision ferme, pour nous
rassurer au sujet de certaines de nos colonies et même de nos
départements d’outre-mer.
Encore que notre gouvernement soit composé de démo
crates chrétiens et de démocrates socialistes, tous anticolonia-
listes
ment
citer
leurs
nous,
de par les humanismes réciproques tournés irrésistible-
et redoutablement contre l’humain, il convient de le féti
de la résistance qu’il s’est décidé à opposer aux agita-
audacieux et astucieux qui menacent notre empire. Pour
en effet, tout idéalisme qui ne trouve pas son support
dans la réalité est idéalisme de ruine, de sang et de mort. C’est
un socialiste, c’est M. Naegelen qui restaure en Algérie le pres
tige français. Il n'y aurait évidemment qu’à envoyer là-bas une
commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner son
action durant lu dernière campagne électorale pour que ce
prestige s’évanouisse définitivement cette fois. Mais j’espère
que cette folie nous sera épargnée.
En Indochine, nous avons fait confiance à M. Boltaert,
grand préfet et grand citoyen. Sa mission, pourtant, ne semble
pas réussir. Que s'est-il passé ? Sans doute des influences poli
tiques contradictoires ont-elles contrarié ses projets. En tout
cas son remplacement est annoncé. M. Juglas, député M.R.P.,
le remviacerait. La courtoisie de celui-ci est, me dit-on, fort
appréciée dans l’enceinte et dans les couloirs de l’Assemblée
nationale, mais que sait-il de la situation de la France en Ex
trême-Orient, de l'anatomie morale ou immorale des peuples
chinois, indochinois ou japonais ? Autant ou aussi peu que moi
sans doute, ayant lu les mêmes livres, et c’est alors insuf
fisant.
Depuis la libération les plus hauts postes ont été, chez
'nous, attribués au hasard du favoritisme, d’abord du favori
tisme personnel du général de Gaulle, ensuite de celui des partis
au pouvoir et le moins qu’on puisse dire est que ces attribu
tions n’ont pas généralement été heureuses. Cette fois c’est
sérieux, très sérieux. L’Indochine est point sensible de notre
empire et le gouvernement se doit de n’y envoyer qu’un homme
d’autorité et d’expérience qui connaisse bien le pays et les
pays qui l’avoisinent ou le convoitent, un spécialiste enfin de
la politique extrême-orientale. Je voudrais être sur qu’il ne
manquera pas à son devoir. Il n’y a plus de temps à perdre.
VERS LE SERVICE
DE QUINZE MOIS
Suppression de la taxe de 4 010
sur la viande fraîche
Le conseil de mercredi s’était
occupé de la réorganisation du
haut commandement. Au cours
de la délibération gouvernemen
tale d’hier matin les ministres so
cialistes ont fait officiellement à
leurs collègues des recommanda
tions du Conseil national S.F.I.O.
concernant la durée du service
militaire.
On sait que M. Robert Schu
man attend à ce sujet les conclu
sions que, sur le plan technique,
doit lui soumettre le haut comité
militaire dont la réunion est fixée
à lundi. En conséquence, il se
confirme que le conseil des mi
nistres de mercredi prochain
pourra prendre officiellement po
sition.
D’ores et déjà il apparaît que
les membres du gouvernement
seraient partisans d’une formule
transactionnelle entre la thèse de
M. Teitgen : 18 mois et celle de
nistres a approuvé une importante
promotion d’officiers généraux.
Le communiqué officiel annon-
ce que M. Georges Bidault
une communication sur la
tion internationale.
L’exposé du ministre des
res étrangères
a fait
situa-
Affai-
notamment,
M. Max Lejeune : un
rienterait donc vers
militaire de 15
Au sujet du
ment on laisse
bref délai la
mois,
haut
an. On s’o
ie service
commande-
prévoir dans un
nomination d’un
chef d’état-major général de la
défense nationale appelé à rem
placer le général Juin, le poste
étant actuellement occupé par in
térim par le général Humbert.
Hier matin le conseil des mi-
porté sur la situation en Pales
tine. Selon les déclarations faites
à l’issue du conseil par M. Pierre
Abelin il apparaît que sur le plan
international les négociations en
gagées dans le cadre de l’O.N.U. en
vue de réaliser une trêve entre Ara
bes et sionistes viennent* d’entrer
dans une phase favorable. D’ores
et déjà l’ébauche d’une trêve n’est
pas à écarter. Il reste sur le plan
pratique que la résolution de l’O.
N. U. doit être suivie d’effet et, à
cet égard, M. Abelin a déclaré :
« La France est plus que disposée
à s’associer à de telles initiatives
et à faire tout ce qui sera en son
pouvoir pour éviter le délenche.
ment d’un conflit. »
Par ailleurs le conseil des mi
nistres a approuvé le projet de loi
autorisant la revendication d’un
accord commercial et financier
entre la France et la Pologne.
M. Edouard Depreux a' rendu
compte de son voyage dans les
pays Scandinaves.
Charles PATOZ.
(Lire la suite en troisième page.)
APRES QUATRE JOURS DE COMBAT
Trêve à anffan
entre les Juifs et les Arabes
grâce à fa médiation britannique
Hier soir, après une « démons-
tration » de Spitfires lance-fu-
sées de la R. A. F. au-dessus de
Jaffa, les forces juives
de
goum et de la Haganah ont cessé
le feu et accenté une
18 heures.
trêve
Le commissaire britannique
la réaion de Jaffa a présidé
de
les,
pourparlers de trêve qui mettent
fin provisoirement
combats
qui duraient depuis quatre jours.
Sur la demande des Arabes le.
juifs ont accepté de rester Déri
dant la trêve sur leurs positions
actuelles dans le
de
Manshieh, situé au bord de la mer
entre Jaffa et Tell-Aviv.
était complet. Au cours
journée les Arabes avaient
calme
de la
repris
à la Haganah quelques positions
occupées hier à Tell - Arish,
sud-est de Jaffa. '
Communiqués
contradictoires
Les milieux arabes de Jéri
au
usa-
lem, déclarent que des éléments
de la Légion arabe ont tué 150
juifs et détruit en partie la colo
nie juive de Gesher, sur la fron
tière entre la Palestine et la
Transjordanie.
Mais de source officielle juive
on annonce que deux juifs ont été
tués en « repoussant » l’attaque
en question et que la colonie est
i ntacte.
Pas encore de trêve
à Jérusalem
Les autorités arabes et les au
torités iuives de Jérusalem n’ont
encore reçu aucune précision sur
les modalités du « cessez-le-feu »
dans la vieille ville de Jérusalem,
accepté au Conseil de tutelle par
les représentants juifs et arabes
à l’O. N. U.
Un porte - parole de l’Agence
juive a déclaré au représentant
de l’agence Reuter que la situa-
tion est « peu claire ». Et il a
aiouté :
« Les juifs et les Arabes pour
ront-ils vraiment se promener
dans les quartiers qui ne sont
pas les leurs dans la vieille ville?
« Si la trêve n’est appliquée
que dans la vieille villle, com
ment feront les juifs pour y par
venir, car elle est environnée de
quartiers arabes ? ».
Les forces arabes à Jérusalem
n’ont reçu de la Ligue arabe au
cune instruction de « cessez-le-
feu ».
La faute en est aux délégués
juifs et arabes du Conseil de tu
telle de l’O. N. U., les premiers
ayant accepté et les seconds
ayant rejeté un projet tendant à
Un officier allemand ferait
' de sensationnelles révéla,
lions à la cour de justice
de Lille
Après sa longue « conversa
tion avec le juge d'instruction,
Willy, René Ancel a longuement
« bavardé » hier, à son hôtel, avec
le commissaire Vergne et l'inspec-
teur Caillaud, chargés tous deux
de l’enquête depuis le premier
jour. Ayant précisé l’état de ses
relations avec les David, il aurait
apporté des éléments nouveaux à
une enquête qui, pendant quel-
ques jours, marquera un temps
d'arrêt pour permettre de nom
breuses vérifications. Simone Wa-
dier, durant ce temps, jure de son
innocence à la prison de Thiers.
On
moins
Thiers
signés
n’a pas tout dit, encore
écrit, sur l’affaire de
et des nombreux faits con-
dans le dossier de la jus-
tice. Il y aurait à coup sûr de
quoi réduire considérablement le
mystère.
envoyer une force de police in
ternationale — - —
PARACHUTAGE
PARLEMENTAIRE
ENTRE
CIEL ET TERRE
AVEC LES ELUS
DU PEUPLE
it hier journée des « pé-
aux environs de /Paris .
pourtant la pluie
pour
rien et faillit au contraire tout
gâcher.
le petit terrain dô
Mitry-Mory le lieutenant Lemaî
tre, père du plus jeune parachu
tiste de France (13 ans), présent
tait à la commission de
nationale. à la presse
déléaation d’officiers
Belges et Anglais, des
la Défense
et à uni
étrangerSf
lâchers de
jeunes parachutistes de prépara
tion militaire.
Après de très jolis sauts de jeu
nes dont ce n’éiait que la troi
sième descente, après que le sym*
pathique champion du monde d&
descente en chute libre, adjudant
Valentin eut dû renoncer, à causa
du .plafond très bas. à exécuter
une longue chute libre, chacun
se prépara pour la grande attrac
tion : le saut dans le vide de nos
députés.
FRANCK-DOMINIQUE.
(Lire la suite en deuxième page.)
LE PREMIER MAI
aù diacuti t^auailLe à ta venaLuance
maintien de
M. Moshe
ce sujet que
assurer
le
l’ordre à Jérusalem.
Shertok a déclaré à
l’Agence juive sous-
en France et dans le Monde
les techniciens J Air France
m ont expliqué comment se préparait un vol
par François CHARBONNIER
Dans de nombreux domaines, la
production dépasse maintenant
celle de 1938. Ceci est vrai pour
l’industrie du verre, celle du ci
ment, l’acier, le charbon, le caout
chouc...
Malgré le coût élevé de la vie.
le rationnement de denrées de
première nécessité, l’instabilité de
la monnaie, il semble
approchons de la sortie
où nous sommes entrés
ans
Dans ce sens, l’étude
que nous
du tunnel
voici huit
de l’acti-
vité d’une compagnie çomme Air
France est particulièrement ré
confortante :
Air France avait réussi avant
guerre à prendre place parmi les
premières entreprises de trans
ports aériens du monde ; la lon-
gueur de son réseau atteignait en
1938 près de 50.000 kilomètres. Et,
dans les cinq années qui précédè
rent le conflit, le nombre des pas
sagers transportés par la Compa
gnie avait doublé ; il dépassait
alors le cap des 100.000.
Or, l’an dernier, Air France a
transporté 422.000 voyageurs — le
chiffre suffirait, à lui seul, à me
surer l’effort réalisé depuis la li
bération. Mais la comparaison des
trafics kilométriques est encore
plus significative. On sait que l’on
appelle de ce nom le total des ki
lomètres parcourus par les passa
gers en une année : en 1947, ce
trafic s'est élevé à 599 millions de
kilomètres
1938, soit
900 %.
Je viens
à Orly où
passagers, contre 66 en
une augmentation de
de passer une journée
je crois avoir tout vu
CONTRE LE
TRIOMPHE
DES LIBERTES
Aux Champs-Elysées, dans un
élégant salon du Claridge, où les
cadences du dancing contigu par
venaient avec des sonorités as-
assourdies, les députés du Triom
phe des Libertés algériennes rece-
valent
hier soir la
presse avec
l’intention de révéler pourquoi leur
parti n’a pas triomphé aux derniè
res élections algériennes. En une
Répondant aux prétentions exprimées à Bogota
Le Président de la République
affirme la souveraineté française
sur les Antilles et la Guyane
Le président de la République,
les présidents des Assemblées par
lementaires et de l’Union fran
çaise, M. Paul Coste-Floret ont été
les hôtes à déjeuner du Cercle de
la France d’outre-mer.
Après une allocution de M. Du
rand-Réville, président du cercle,
M. Vincent Auriol a répondu dans
un discours à la motion votée par
les gouvernements sud-améri
cains à Bogota, qui contestait en
tre autres la souveraineté fran
çaise à Cayenne, Pointe-à-Pitre et
Fort-de-France.
Le président de la République
s’est exprimé en ces termes :
« Bien des confusions, des mé-
prises ou des ignorances sont en
core à dissiper sur la réalité de
l’Union française. C’est dans une
certaine mesure, assez normal si
l’on songe que toute grande créa
tion s’accompagne d’inévitables
tâtonnements, et que l’évolution
n’est jamais linéaire et uniforme.
» Mais il y a aussi des erreurs
plus ou moins intéressées, à pro
pos desquelles je tiens, aujour
d’hui, et après certaine manifes
tation retentissante, à réaffirmer,
en tant que gardien de la Cons
titution et dépositaire des intérêts
permanents de la France, l’una
nimité de nos pensées et de nos
volontés.
$ L’Union française, a égale
ment constaté M. Vincent Auriol,
c’est une communauté d’idéal, un
même respect de la dignité des
hommes et une même volonté
d’élever leur condition dans la
diversité de leurs croyances
leurs civilisations. Et c’est
que cet idéal répond à la
tion de la France qu’autour
sont librement groupés des
et de
parce
voca-
d’elle
peu-
ples, des nations, des hommes de
SOUSCRIVEZ ET FAITES SOUSCRIRE
à l’augmentation de capital de l’ « Ordre de Paris »
BULLETIN DE SOUSCRIPTION
toutes les parties du monde.
» Voilà le sens de la présence
française à travers les continents.
Les proximités géographiques font
certes naître de légitimes échan
ges d’intérêts. Mais elles ne rem
placent pas les liens indissolubles
qu’ont créés des siècles d’histoire
commune, de sacrifices et d’es
poirs communs...
» L’Union française c’est notre
chair vivante. Ce n’est qu’en elle
et par elle que, cellules d’un même
organisme, les peuples unis à nous
et nous-mêmes parviendrons à
notre plein développement, à no
tre pleine liberté. Qu’on ne s’y
trompe pas : si notre Constitu
tion écarte, selon les termes
mêmes du législateur « tout sys
tème de colonisation fondé sur
l’arbitraire » et réaffirme notre
mission traditionnelle, celle de
conduire « les peuples dont nous
avons pris la charge à la liberté
de s’administrer eux-mêmes et de
gérer démocratiquement leurs
propres affaires » au pays de
l’abbé Grégoire et de Victor
Schœlcher ce n’est pas une vaine
promesse, mais l’expression d’une
vérité dont témoignent, entre au
tres éclatants exemples, la pré-
sence dans nos Assemblées d’élus
autochtones des territoires d’outre
mer la mise en place outre-mer
de conseils municipaux et d’as-
semblees locales librement élus
Nom et prénoms
Adresse
par le suffrage
transformation en
de ces très vieux
foyers de l’Union
universel, la
départements
et très chers
française que
ALGERIENNES
langue dont la pureté fait hon
neur à l’école française, avec une
dialectique dont la science est un
argument pour l’Université d’Al-
ser, et dans une élégance vesti
mentaire assez accomplie pour
servir de réclame à la mode de
Paris, deux élus du parti, MM.
Ahmed Mezerna, industriel, et Ja-
mel Derdour, chirurgien-dentiste,
ont fait valoir contre le dernier
scrutin algérien des griefs qui ne
permettent plus de contester leur
déception électorale.
Ils en imputent la responsabili
té au gouverneur général Naege-
len. et expliquent nettement que
le départ’de son prédécesseur, M.
Yves Chataigneau, diplomate dont
ils ont fait un éloge équitable,
devait suffire à leur faire perdre
la partie. C’est ce que Y Ordre de
Paris avait soutenu avant eux, et
avant le scrutin.
Bar leur conclusion, les leaders
de Triomphe des Libertés rejoi
gnent le général de Gaulle, en de
mandant, comme il le fait pour
blée nationale, la dissolution de
l’Assemblée algérienne, qu’ils ap
pellent l’Assemblée introuvable.
Même en réponse au représen
tant du journal L’Ordre de Paris,
M. Derdour déclara, comme pour
la moralité finale de la réunion :
« Nous avons, nous aussi, profité
des leçons du général de Gaulle,
tant à Londres qu’à Brazzaville,
et si l’on prétend nous reprocher
notre nationalisme, c’est à lui
qu’il faut s’en prendre. »
Mais ce n’est pas une conféren
ce comme celle d’hier que le gé
néral de Gaulle avait ’ voulue.
ROBERT-PIMIENTA.
déclare
Société
souscrire
actions à l’augmentation de capital de la
F « ORDRE DE PARIS », et vous prie de trouver inclus
chèque
de
montant de ma souscription.
Signature :
sont la Réunion, la Martinique,
la Guadeloupe, la Guyane, dont
la volonté librement exprimée,
sou quelque latitude que ce soit,
de faire corps avec la France fait
loi pour tous, et surtout pour tous
ceux, nations ou individus, qui se
font les apôtres de la liberté des
hommes et de l’indépendance des
peuples. »
du F.-B.B.D.O. qui. après 3.000
heures de vol, subit actuellement
aux ateliers une révision appro
fondie jusqu’aux cuisines, où l’on
prépare les repas des passagers
— ces repas qui font la gloire des
lignes françaises !
Au service des opérations, de
grandes cartes tapissent les murs.
Des noms évocateurs y sont ins
crits : Shanghaï, Bagdad, Pointe-
Noire, Lagos, Gao, Montevideo,
escales ou terminus des longs
courriers d’Air France.
Sur l’une de ces cartes, des
avions miniature indiquent heure
par heure la position des appa
reils. C’est là, qu’avant chaque dé
part, les techniciens préparent
le vol. « Prenons l’exemple, m’ont-
ils dit. de la ligne Paris-New -
York. Trois trajets sont possibles :
au nord, par l’Islande ; au sud,
par les Açores. Au centre, enfin,
se trouve la route qui est théori
quement la plus rapide : elle
crirait expressément à ce projet,
tandis que M. Djémal Husseini,
représentant le haut comité ara
be, a souligné que les Arabes
s’opposent à l’envoi de toute force
armée dans la Ville sainte. « Si
une telle force y était envoyée
contre notre volonté, a-t-il affir
mé, nous ne lui résisterions pas
Mais nous ne coopérerions pas
avec elle, parce que nous savons
que ce serait le commencement
de la mise en pratique du plan
de nartage. »
Le département d’Etat annonce
(Lire la suite en troisième page.)
Vers un conflit
du métro?
passe par l’aérodrome
non en Irlande
« Mais en aviation,
souriant l’un de mes
de Shan-
ajouta en
interlocu-
teurs, la ligne droite n’est pas tou
jours le plus court chemin d’un
point à un autre. Il faut tenir
compte du facteur vent.
« Le matin, nous nous mettons
donc en relation avec l’Office mé
téorologique. Celui-ci nous indi
que la direction et la vitesse des
vents dans les trois secteurs qui
nous intéressent. »
— Vous décidez alors quelle
route le pilote prendra ?
— Pas encore. C’est d’ailleurs
en dernier ressort le pilote qui
trace lui-même son itinéraire.
« Lorsque l’O.N.M. nous a com
muniqué ces renseignements, il
nous reste à obtenir ceux des trois
aérodromes d’escale : Shannon.
Meeks Fields en Islande et Santa
Maria dans les Açores. Nous leur
demandons de nous transmettre
leurs prévisions pour la seconde
moitié du parcours. Quand cela
est fait, nous disposons des élé
ments nécessaires de comparaison.
Il ne reste plus qu’à choisir la
route qu’empruntera l’avion. »
— Tous les avions de la ligne
Paris-New-York ne passent donc
pas par Shannon et Gander ?
Mon étonnement parut sur
prendre les techniciens qui m’en
touraient. L’un d’eux prit un dos
sier, l’ouvrit : un papier couvert
de chiffres et d’abréviations ra
diophoniques ; la feuille de vol de
lundi.
— Voyez ! Ce soir-là le pilote a
préféré passer par Meeks Fields.
Les vents d’ouest soufflaient avec
moins de violence qu’au sud. Par
Shannon, il aurait perdu plusieurs
heures.
Le syndicat général confédéré
du personnel du métropolitain
convoque pour ce soir, à 20 h. 30,
une assemblée générale de ses
adhérents à la Bourse du travail.
D’autre part, les « autonomes »
du métro ont fait connaître « qu’ils
étaient mécontents des décisions
prises par le ministère des Tra
vaux publics et des Transports
pour le reclassement des conduc
teurs du métropolitain. »
Allons-nous vers un nouveau
conflit du métro ?
En tous cas une certaine effer
vescence s’était fait jour, ces
temps derniers, dans certaines ca
tégories des employés du métro
et il semble qu’ils soient décidés à
défendre leurs revendications
d’une manière plus pressante.
Le 1er mai est là la fois « jour
née de lutte » des travailleurs et
« fête officielle » organisée par
le gouvernement dans un certain
nombre de pays.
En France, on le sait, trois gen
res de manifestations sont pré
vues. Le 1er mai qui est jour
férié et chômé sera l’occasion de
cérémoniels officielles et officieu
ses au cours desquelles des dis
cours seront prononcés par cer
tains membres du gouvernement.
Du point de vue syndical les
différentes centrales ont convo
qué leurs adhérents à des défilé'
ou à des meetings. A Paris. In
C.G.T. a. organisé de la Bastille .
à la Nation une manifestation
dont elle a défini, dans le cadre
des directives de la F.S.M. qua
nous avons reproduites hier, les
différents mots d’ordre : indé
pendance nationale, relèvement
du minimum vital, défense des
libertés syndicales et démocrati
ques.
On estime généralement que
cette journée du 1er mai sera
calme, d’autant plus que de nom
breux Parisiens, mettant à pro
fit ces deux jours de congé iront
voir comment fleurit le printemps
à la campagne, si le temps le per
met;
Distractions de 1er mai...
A ce sujet il faut noter que la .
question de savoir si les specta
cles auront lieu en ce jour n’est
pas définitivement réglée.
Les propriétaires des salles de
cinéma voudraient profiter de
ces fêtes pour « faire le plein ».
Les ouvriers et employés du
spectacle suivant qu’ils appar
tiennent à la C. G. T. ou qu’ils
sont autonomes ont adopté des
positions dissemblables.
Les cinémas fonctionneront-
ils? Nul ne le sait encore.
Tandis qu’en France, le 1er mai
soulève ces problèmes relative-
ment bénins. Il n’en est pas de
même dans tout le reste du mon
de.
Au Brésil l’armée a été placée
« en état d’alerte rigoureuse »,
des gardes sont mises auprès des
principaux édifices publics et des
perquisitions ont été entreprises
pour « désarmer des complota
éventuels ».
En Italie on aurait pu croira
Dans une autre partie du mon
de, en U.R.S.S. et dans les démo-
craties populaires le 1er mai se-
ra l’occasion de .fêtes nombreus
C’est sans doute en Pologne
que ces manifestations revêtiront
le plus d’éclat. Elles se feront no
tamment sous le signe de la fu
sion du parti populaire (com-
muniste) et du parti socialiste
polonais...
Ainsi se présente, en différentes
parties du monde ce 1er mai 1948
qui oublie bien un peu, il faut le
dire, les incidents qui lui ont don
né naissance ..
R. DANY.
Demain 1er mai
L'ORDRE DE PARIS
ne paraîtra pas
(.Lire la suite en troisième pape.}
LA QUOTIDIENNE de Pierre LŒWEL
Pour quelques-uns
Comme ils ont beau jeu à traiter
de haut leur semblable qui n’est jus*
tement pas leur semblable ! Soit que,
le plus discrètement du monde, ils
aient fait vœu d’allégeance à un par
ti et en retirent gloire et profit, soit
que leur activité civique s'exerce en
parlottes, conversations, confidences
chuchotées qui ne dépassent pas le
mur de la vie privée, il faut voir
comme ils surveillent et censurent les
actes de ceux qui, moins précaution
neux qu’eux et sans l’appui de per
sonne, parlent, écrivent, agissent en
ne prenant avis que de leur senti
ment, poussés à l’action par la seule
nécessité intérieure, alors qu’ils n’ont
rien à gagner à se compromettre pu
bliquement pour des opinions ou des
idées, mais qu’il leur semble seule
ment digne de leur qualité d’hommes
pensants de dire ce qu’ils pensent l
Suc quoi. tous les pourvus et
bien-pensants, épluchant leur <
’ les
con-
duite, leurs textes, leurs paroles, dé
clarent qu’ils les voudraient plus
ceci et moins cela, regrettent qu’ils
serrent la main de M. X, ne soit pas
plus sévère pour M. Z., déplorent
avec des larmes dans la voix leur
indulgence ou leur sectarisme : en
un mot se font leurs juges à l’abri
de la tranquille tranchée où ils at
tendent les événements. Eh ! mes
bons amis masqués qui trouvez que
ceux qui se battent à visage décou
vert se battent mal, que ne vous
battez vous au moins comme eux ?
C’est une grande force que de ne rien
faire mais il ne faut pas en abuser
et mieux vaut encore être un mau
vais Aristarque que de jouer les Ca-
tons en chambre.
Pierre LŒWEL.
LA CHRONIQUE DE L
ORDRE DE PARIS
Pour la Cinquante-neuvième fois demain...
Voici près d’un demi-siècle qu’a été inaugurée
la manifestation internationale du socialisme et du
travail et c’est pour la cinquante-neuvième fois
aujourd’hui que la célèbrent les travailleurs orga
nisés des deux mondes.
Les origines en sont maintenant un peu oubliées.
Quelles sont-elles ?
Elles remontent au congrès ouvrier socialiste
international qui se réunit du 14 au 21 juillet
1 889 à Paris, salle Pétrelle. rue de Rochechouart.
Depuis le congrès de La Haye (1872), qui
avait attesté les divisions intestines de la première
Internationale et précipité sa fin, les socialistes
des diverses nations européennes n’avaient point
tenu leurs assises. En 1888, les guesdites, les
blanquistes et la Fédération nationale des syndicats
et groupes corporatifs décidèrent de rénover la
tradition des congrès internationaux et, profitant
de l’Exposition universelle, de convoquer l’année
suivante un congrès à Paris.
Les divers partis ouvriers et socialistes répon
dirent avec empressement à leur appel. Il y avait
ainsi au congrès de la salle Pétrelle : Liebknecht,
Bebel, Bernstein, Auër, Vollmar, pour l’Allema
gne ; Anjeele, César de Paepe, Volders, pour
la Belgique ; Aveling, Mme Marx-Aveling,
William Morris, pour la Grande-Bretagne ;
Amilcar Cipriani, pour l’Italie ; Pierre Lavroff,
pour la Russie ; Pablo Iglesias, pour l’Espagne,
etc..., etc...
La France était représentée par Jules Guesde,
Gabriel Deville, Paul Lafargue, Edouard Vaillant,
Raymond Lavigne, Jean Dormoy, Boulé, Caméli-
nal, Ferroul, Charles Longuet, etc.
C’est là qu’un délégué français, Raymond
Lavigne (de Bordeaux) proposa, au nom de
Guesde, de Gabriel Deville et de Lafargue, la
résolution suivante :
Il sera organisé une grande manifestation inter-
nationale à date fixe, de manière que, dans tous
les pays et dans toutes les villes à la fois, le même
jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs
publics en demeure de réduire légalement la journée
de travail à huit heures.
par ALEXANDRE ZÉVAÈS
Cette résolution fut adoptée à l’unanimité des
délégués présents. Elle ne portait pas de date,
Les délégués américains proposèrent alors celle du
1er mai, qui avait déjà été adoptée aux Etats-
Unis et au Canada pour diverses démonstrations
ouvrières.
La date du 1er mai recueillit aussitôt la même
unanimité. C’est donc le 1er mai 1890 que pour
la première fois la manifestation devait se pro
duire
Le congrès s’était tenu en pleine exposition
universelle et dans les multiples cérémonies, fêtes,
réceptions officielles et diplomatiques, réjouissances
et galas, auxquels elle avait donné lieu, la résolution
relative au 1er mai avait passé inaperçue. Mais
lorsqu’au début de l’année 1890 les propagandistes
ouvriers et socialistes commencèrent à battre le
rappel en faveur de la manifestation, le projet
causa dans les milieux gouvernementaux et conser
vateurs une véritable panique. Chaque matin, en
mars et en avril, la presse réactionnaire bâtissait
de véritables romans sur la journée du 1er mai.
Que serait-elle ? Pacifique ou sanglante ? Réus
sirait-elle ? Que ferait le gouvernement en face
de cette mobilisation des forces révolutionnaires ?
Le conseil municipal radical-socialiste et socialiste
de Saint-Etienne ne venait-il pas de voter un crédit
de 1 0.000 francs en faveur de la manifestation ?
Et les suppositions les plus étranges de naître dans
les cerveaux apeurés.
La journée — sauf quelques inévitables bagarres
provoquées par le zèle de la police — fut calme.
Elle fut marquée, ici par des défilés dans les rues,
là par de vastes meetings, ailleurs par des réjouis
sances et des bals. A Paris, cent mille travailleurs
réunis place de la Concorde firent escorte à la
délégation, qui, composée de Jules Guesde,
Edouard Vaillant, Ferroul, Baudin, Thivrier, etc.,
porta au Palais-Bourbon — où elle fut reçue par
le président Floquet — les cahiers du prolétariat
ouvrier.
En province, c’est dans plus de cent villes que
des délégations — souvenir et suite des pétition-
(Lire la suite en troisième page
au BON MARCHE
LORDRE
mnenn / P •, thann" / • "
2‘ année. — N" 209.
PRIX : 5 FRANCS
Directeur politique : Émile BURÉ
VENDREDI
30 avril 1948.
PILLOT—
Notre Empire
AU CONSEIL DES MINISTRES
en danger
par Emile BURE
J’écrivais à New-York, en 1942 : « Dans ma douleur d’exilé
j'aurai au moins une consolation : la preuve m’a été donnée
que les hommes de couleur rangés sous la loi de mon pays lui
vouent autant de respect que d’amitié. Qu’on vienne me dire
après cela qu’il est impossible de coloniser sans semer auloui
de soi la haine et le mépris, la désolalion et la mort. »
J’étais fier de constater qu’à l’heure où tant de Français
acceptaient, avec, satisfaction parfois, la défaite de leur pays,
les autochtones de son empire en souffraient, se montraient
prêts à la résistance en dépit des agents galonnés ou non de
Pétain, plus soucieux de leur fortune que de celle de leui
patrie. Leur attitude ne leur méritait pas une injurieuse récom
pense, elle leur méritait une agissante amitié. A Brazzaville
le général de Gaulle eut le tort, et je m’en alarmai aussitôt,
encore que je lui fusse alors pieusement fidèle, de ne pas h
comprendre. Il leur fit de vagues et, parlant, dangereuses pro
messes. Il fallait agir, il parla et joua ainsi le rôle d’apprenti
sorcier évoquant des forces incertaines dans leur impétuosité,
dans leur brutalité qu’il lui est ensuite impossible de maîtriser.
Il offrit un terrain favorable aux entreprises d’agitateurs de
toutes couleurs impatients de libérer leurs « frères » du pou
voir de la France pour les asservir ensuite à leur pouvoir per
sonnel qui, ce n’est pas douteux, serait singulièrement plus
rude. Sur ce point le passé nous éclaire, nous enseigne.
Dès la libération nous vîmes donc — comme il était inévi
table — les colons français d’Algérie, de Madagascar et d’Indo
chine invités par ces agitateurs détestables à quitter sans retard
les territoires qu’ils avaient fait fructifier. Des deux il leur
fallait opter: « la valise. ou le cercueil ». Nos alliés anglo-
saxons auraient pu se rendre compte que ce qui nous menaçait
les menaçait, eut aussi : leur aveugle mercantilisme les en
empêcha et ils ne tarderont pas à s’en repentir.
Les Anglais, oubliant que leur situation en Irak était sem
blable à la nôtre en Syrie, nous chassèrent de ce pays : ils
crurent qu’ils avaient intérêt à exalter le fanatisme arabe et
ce qui se passe actuellement en Palestine laisse craindre qu’ils
ne le croient encore. Pour ce qui est des Américains, en nous
excluant de la commission de contrôle du Japon. 'ils ont affai
ldi notre situation en Extrême-Orient et peuvent ainsi être tenus
pour partiellement responsables de nos malheurs en Indo
chine. En Palestine des considérations électorales les avaient
amenés à soutenir les justes revendications des Juifs, mais sous
la pression des grandes compagnies pétrolifères, ils changèrent
cyniquement de politique, s’inquiétant peu de ruiner l’autorité
de l’O.N.U, qu’ils dominent et de mettre ainsi en danger non
seulement la paix de la France, mais la paix du monde. La
conférence de Bogota, qu’ils convoquèrent et inspirèrent, n'esl
pas, bien qu'elle n’ait pris aucune décision ferme, pour nous
rassurer au sujet de certaines de nos colonies et même de nos
départements d’outre-mer.
Encore que notre gouvernement soit composé de démo
crates chrétiens et de démocrates socialistes, tous anticolonia-
listes
ment
citer
leurs
nous,
de par les humanismes réciproques tournés irrésistible-
et redoutablement contre l’humain, il convient de le féti
de la résistance qu’il s’est décidé à opposer aux agita-
audacieux et astucieux qui menacent notre empire. Pour
en effet, tout idéalisme qui ne trouve pas son support
dans la réalité est idéalisme de ruine, de sang et de mort. C’est
un socialiste, c’est M. Naegelen qui restaure en Algérie le pres
tige français. Il n'y aurait évidemment qu’à envoyer là-bas une
commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner son
action durant lu dernière campagne électorale pour que ce
prestige s’évanouisse définitivement cette fois. Mais j’espère
que cette folie nous sera épargnée.
En Indochine, nous avons fait confiance à M. Boltaert,
grand préfet et grand citoyen. Sa mission, pourtant, ne semble
pas réussir. Que s'est-il passé ? Sans doute des influences poli
tiques contradictoires ont-elles contrarié ses projets. En tout
cas son remplacement est annoncé. M. Juglas, député M.R.P.,
le remviacerait. La courtoisie de celui-ci est, me dit-on, fort
appréciée dans l’enceinte et dans les couloirs de l’Assemblée
nationale, mais que sait-il de la situation de la France en Ex
trême-Orient, de l'anatomie morale ou immorale des peuples
chinois, indochinois ou japonais ? Autant ou aussi peu que moi
sans doute, ayant lu les mêmes livres, et c’est alors insuf
fisant.
Depuis la libération les plus hauts postes ont été, chez
'nous, attribués au hasard du favoritisme, d’abord du favori
tisme personnel du général de Gaulle, ensuite de celui des partis
au pouvoir et le moins qu’on puisse dire est que ces attribu
tions n’ont pas généralement été heureuses. Cette fois c’est
sérieux, très sérieux. L’Indochine est point sensible de notre
empire et le gouvernement se doit de n’y envoyer qu’un homme
d’autorité et d’expérience qui connaisse bien le pays et les
pays qui l’avoisinent ou le convoitent, un spécialiste enfin de
la politique extrême-orientale. Je voudrais être sur qu’il ne
manquera pas à son devoir. Il n’y a plus de temps à perdre.
VERS LE SERVICE
DE QUINZE MOIS
Suppression de la taxe de 4 010
sur la viande fraîche
Le conseil de mercredi s’était
occupé de la réorganisation du
haut commandement. Au cours
de la délibération gouvernemen
tale d’hier matin les ministres so
cialistes ont fait officiellement à
leurs collègues des recommanda
tions du Conseil national S.F.I.O.
concernant la durée du service
militaire.
On sait que M. Robert Schu
man attend à ce sujet les conclu
sions que, sur le plan technique,
doit lui soumettre le haut comité
militaire dont la réunion est fixée
à lundi. En conséquence, il se
confirme que le conseil des mi
nistres de mercredi prochain
pourra prendre officiellement po
sition.
D’ores et déjà il apparaît que
les membres du gouvernement
seraient partisans d’une formule
transactionnelle entre la thèse de
M. Teitgen : 18 mois et celle de
nistres a approuvé une importante
promotion d’officiers généraux.
Le communiqué officiel annon-
ce que M. Georges Bidault
une communication sur la
tion internationale.
L’exposé du ministre des
res étrangères
a fait
situa-
Affai-
notamment,
M. Max Lejeune : un
rienterait donc vers
militaire de 15
Au sujet du
ment on laisse
bref délai la
mois,
haut
an. On s’o
ie service
commande-
prévoir dans un
nomination d’un
chef d’état-major général de la
défense nationale appelé à rem
placer le général Juin, le poste
étant actuellement occupé par in
térim par le général Humbert.
Hier matin le conseil des mi-
porté sur la situation en Pales
tine. Selon les déclarations faites
à l’issue du conseil par M. Pierre
Abelin il apparaît que sur le plan
international les négociations en
gagées dans le cadre de l’O.N.U. en
vue de réaliser une trêve entre Ara
bes et sionistes viennent* d’entrer
dans une phase favorable. D’ores
et déjà l’ébauche d’une trêve n’est
pas à écarter. Il reste sur le plan
pratique que la résolution de l’O.
N. U. doit être suivie d’effet et, à
cet égard, M. Abelin a déclaré :
« La France est plus que disposée
à s’associer à de telles initiatives
et à faire tout ce qui sera en son
pouvoir pour éviter le délenche.
ment d’un conflit. »
Par ailleurs le conseil des mi
nistres a approuvé le projet de loi
autorisant la revendication d’un
accord commercial et financier
entre la France et la Pologne.
M. Edouard Depreux a' rendu
compte de son voyage dans les
pays Scandinaves.
Charles PATOZ.
(Lire la suite en troisième page.)
APRES QUATRE JOURS DE COMBAT
Trêve à anffan
entre les Juifs et les Arabes
grâce à fa médiation britannique
Hier soir, après une « démons-
tration » de Spitfires lance-fu-
sées de la R. A. F. au-dessus de
Jaffa, les forces juives
de
goum et de la Haganah ont cessé
le feu et accenté une
18 heures.
trêve
Le commissaire britannique
la réaion de Jaffa a présidé
de
les,
pourparlers de trêve qui mettent
fin provisoirement
combats
qui duraient depuis quatre jours.
Sur la demande des Arabes le.
juifs ont accepté de rester Déri
dant la trêve sur leurs positions
actuelles dans le
de
Manshieh, situé au bord de la mer
entre Jaffa et Tell-Aviv.
était complet. Au cours
journée les Arabes avaient
calme
de la
repris
à la Haganah quelques positions
occupées hier à Tell - Arish,
sud-est de Jaffa. '
Communiqués
contradictoires
Les milieux arabes de Jéri
au
usa-
lem, déclarent que des éléments
de la Légion arabe ont tué 150
juifs et détruit en partie la colo
nie juive de Gesher, sur la fron
tière entre la Palestine et la
Transjordanie.
Mais de source officielle juive
on annonce que deux juifs ont été
tués en « repoussant » l’attaque
en question et que la colonie est
i ntacte.
Pas encore de trêve
à Jérusalem
Les autorités arabes et les au
torités iuives de Jérusalem n’ont
encore reçu aucune précision sur
les modalités du « cessez-le-feu »
dans la vieille ville de Jérusalem,
accepté au Conseil de tutelle par
les représentants juifs et arabes
à l’O. N. U.
Un porte - parole de l’Agence
juive a déclaré au représentant
de l’agence Reuter que la situa-
tion est « peu claire ». Et il a
aiouté :
« Les juifs et les Arabes pour
ront-ils vraiment se promener
dans les quartiers qui ne sont
pas les leurs dans la vieille ville?
« Si la trêve n’est appliquée
que dans la vieille villle, com
ment feront les juifs pour y par
venir, car elle est environnée de
quartiers arabes ? ».
Les forces arabes à Jérusalem
n’ont reçu de la Ligue arabe au
cune instruction de « cessez-le-
feu ».
La faute en est aux délégués
juifs et arabes du Conseil de tu
telle de l’O. N. U., les premiers
ayant accepté et les seconds
ayant rejeté un projet tendant à
Un officier allemand ferait
' de sensationnelles révéla,
lions à la cour de justice
de Lille
Après sa longue « conversa
tion avec le juge d'instruction,
Willy, René Ancel a longuement
« bavardé » hier, à son hôtel, avec
le commissaire Vergne et l'inspec-
teur Caillaud, chargés tous deux
de l’enquête depuis le premier
jour. Ayant précisé l’état de ses
relations avec les David, il aurait
apporté des éléments nouveaux à
une enquête qui, pendant quel-
ques jours, marquera un temps
d'arrêt pour permettre de nom
breuses vérifications. Simone Wa-
dier, durant ce temps, jure de son
innocence à la prison de Thiers.
On
moins
Thiers
signés
n’a pas tout dit, encore
écrit, sur l’affaire de
et des nombreux faits con-
dans le dossier de la jus-
tice. Il y aurait à coup sûr de
quoi réduire considérablement le
mystère.
envoyer une force de police in
ternationale — - —
PARACHUTAGE
PARLEMENTAIRE
ENTRE
CIEL ET TERRE
AVEC LES ELUS
DU PEUPLE
it hier journée des « pé-
aux environs de /Paris .
pourtant la pluie
pour
rien et faillit au contraire tout
gâcher.
le petit terrain dô
Mitry-Mory le lieutenant Lemaî
tre, père du plus jeune parachu
tiste de France (13 ans), présent
tait à la commission de
nationale. à la presse
déléaation d’officiers
Belges et Anglais, des
la Défense
et à uni
étrangerSf
lâchers de
jeunes parachutistes de prépara
tion militaire.
Après de très jolis sauts de jeu
nes dont ce n’éiait que la troi
sième descente, après que le sym*
pathique champion du monde d&
descente en chute libre, adjudant
Valentin eut dû renoncer, à causa
du .plafond très bas. à exécuter
une longue chute libre, chacun
se prépara pour la grande attrac
tion : le saut dans le vide de nos
députés.
FRANCK-DOMINIQUE.
(Lire la suite en deuxième page.)
LE PREMIER MAI
aù diacuti t^auailLe à ta venaLuance
maintien de
M. Moshe
ce sujet que
assurer
le
l’ordre à Jérusalem.
Shertok a déclaré à
l’Agence juive sous-
en France et dans le Monde
les techniciens J Air France
m ont expliqué comment se préparait un vol
par François CHARBONNIER
Dans de nombreux domaines, la
production dépasse maintenant
celle de 1938. Ceci est vrai pour
l’industrie du verre, celle du ci
ment, l’acier, le charbon, le caout
chouc...
Malgré le coût élevé de la vie.
le rationnement de denrées de
première nécessité, l’instabilité de
la monnaie, il semble
approchons de la sortie
où nous sommes entrés
ans
Dans ce sens, l’étude
que nous
du tunnel
voici huit
de l’acti-
vité d’une compagnie çomme Air
France est particulièrement ré
confortante :
Air France avait réussi avant
guerre à prendre place parmi les
premières entreprises de trans
ports aériens du monde ; la lon-
gueur de son réseau atteignait en
1938 près de 50.000 kilomètres. Et,
dans les cinq années qui précédè
rent le conflit, le nombre des pas
sagers transportés par la Compa
gnie avait doublé ; il dépassait
alors le cap des 100.000.
Or, l’an dernier, Air France a
transporté 422.000 voyageurs — le
chiffre suffirait, à lui seul, à me
surer l’effort réalisé depuis la li
bération. Mais la comparaison des
trafics kilométriques est encore
plus significative. On sait que l’on
appelle de ce nom le total des ki
lomètres parcourus par les passa
gers en une année : en 1947, ce
trafic s'est élevé à 599 millions de
kilomètres
1938, soit
900 %.
Je viens
à Orly où
passagers, contre 66 en
une augmentation de
de passer une journée
je crois avoir tout vu
CONTRE LE
TRIOMPHE
DES LIBERTES
Aux Champs-Elysées, dans un
élégant salon du Claridge, où les
cadences du dancing contigu par
venaient avec des sonorités as-
assourdies, les députés du Triom
phe des Libertés algériennes rece-
valent
hier soir la
presse avec
l’intention de révéler pourquoi leur
parti n’a pas triomphé aux derniè
res élections algériennes. En une
Répondant aux prétentions exprimées à Bogota
Le Président de la République
affirme la souveraineté française
sur les Antilles et la Guyane
Le président de la République,
les présidents des Assemblées par
lementaires et de l’Union fran
çaise, M. Paul Coste-Floret ont été
les hôtes à déjeuner du Cercle de
la France d’outre-mer.
Après une allocution de M. Du
rand-Réville, président du cercle,
M. Vincent Auriol a répondu dans
un discours à la motion votée par
les gouvernements sud-améri
cains à Bogota, qui contestait en
tre autres la souveraineté fran
çaise à Cayenne, Pointe-à-Pitre et
Fort-de-France.
Le président de la République
s’est exprimé en ces termes :
« Bien des confusions, des mé-
prises ou des ignorances sont en
core à dissiper sur la réalité de
l’Union française. C’est dans une
certaine mesure, assez normal si
l’on songe que toute grande créa
tion s’accompagne d’inévitables
tâtonnements, et que l’évolution
n’est jamais linéaire et uniforme.
» Mais il y a aussi des erreurs
plus ou moins intéressées, à pro
pos desquelles je tiens, aujour
d’hui, et après certaine manifes
tation retentissante, à réaffirmer,
en tant que gardien de la Cons
titution et dépositaire des intérêts
permanents de la France, l’una
nimité de nos pensées et de nos
volontés.
$ L’Union française, a égale
ment constaté M. Vincent Auriol,
c’est une communauté d’idéal, un
même respect de la dignité des
hommes et une même volonté
d’élever leur condition dans la
diversité de leurs croyances
leurs civilisations. Et c’est
que cet idéal répond à la
tion de la France qu’autour
sont librement groupés des
et de
parce
voca-
d’elle
peu-
ples, des nations, des hommes de
SOUSCRIVEZ ET FAITES SOUSCRIRE
à l’augmentation de capital de l’ « Ordre de Paris »
BULLETIN DE SOUSCRIPTION
toutes les parties du monde.
» Voilà le sens de la présence
française à travers les continents.
Les proximités géographiques font
certes naître de légitimes échan
ges d’intérêts. Mais elles ne rem
placent pas les liens indissolubles
qu’ont créés des siècles d’histoire
commune, de sacrifices et d’es
poirs communs...
» L’Union française c’est notre
chair vivante. Ce n’est qu’en elle
et par elle que, cellules d’un même
organisme, les peuples unis à nous
et nous-mêmes parviendrons à
notre plein développement, à no
tre pleine liberté. Qu’on ne s’y
trompe pas : si notre Constitu
tion écarte, selon les termes
mêmes du législateur « tout sys
tème de colonisation fondé sur
l’arbitraire » et réaffirme notre
mission traditionnelle, celle de
conduire « les peuples dont nous
avons pris la charge à la liberté
de s’administrer eux-mêmes et de
gérer démocratiquement leurs
propres affaires » au pays de
l’abbé Grégoire et de Victor
Schœlcher ce n’est pas une vaine
promesse, mais l’expression d’une
vérité dont témoignent, entre au
tres éclatants exemples, la pré-
sence dans nos Assemblées d’élus
autochtones des territoires d’outre
mer la mise en place outre-mer
de conseils municipaux et d’as-
semblees locales librement élus
Nom et prénoms
Adresse
par le suffrage
transformation en
de ces très vieux
foyers de l’Union
universel, la
départements
et très chers
française que
ALGERIENNES
langue dont la pureté fait hon
neur à l’école française, avec une
dialectique dont la science est un
argument pour l’Université d’Al-
ser, et dans une élégance vesti
mentaire assez accomplie pour
servir de réclame à la mode de
Paris, deux élus du parti, MM.
Ahmed Mezerna, industriel, et Ja-
mel Derdour, chirurgien-dentiste,
ont fait valoir contre le dernier
scrutin algérien des griefs qui ne
permettent plus de contester leur
déception électorale.
Ils en imputent la responsabili
té au gouverneur général Naege-
len. et expliquent nettement que
le départ’de son prédécesseur, M.
Yves Chataigneau, diplomate dont
ils ont fait un éloge équitable,
devait suffire à leur faire perdre
la partie. C’est ce que Y Ordre de
Paris avait soutenu avant eux, et
avant le scrutin.
Bar leur conclusion, les leaders
de Triomphe des Libertés rejoi
gnent le général de Gaulle, en de
mandant, comme il le fait pour
blée nationale, la dissolution de
l’Assemblée algérienne, qu’ils ap
pellent l’Assemblée introuvable.
Même en réponse au représen
tant du journal L’Ordre de Paris,
M. Derdour déclara, comme pour
la moralité finale de la réunion :
« Nous avons, nous aussi, profité
des leçons du général de Gaulle,
tant à Londres qu’à Brazzaville,
et si l’on prétend nous reprocher
notre nationalisme, c’est à lui
qu’il faut s’en prendre. »
Mais ce n’est pas une conféren
ce comme celle d’hier que le gé
néral de Gaulle avait ’ voulue.
ROBERT-PIMIENTA.
déclare
Société
souscrire
actions à l’augmentation de capital de la
F « ORDRE DE PARIS », et vous prie de trouver inclus
chèque
de
montant de ma souscription.
Signature :
sont la Réunion, la Martinique,
la Guadeloupe, la Guyane, dont
la volonté librement exprimée,
sou quelque latitude que ce soit,
de faire corps avec la France fait
loi pour tous, et surtout pour tous
ceux, nations ou individus, qui se
font les apôtres de la liberté des
hommes et de l’indépendance des
peuples. »
du F.-B.B.D.O. qui. après 3.000
heures de vol, subit actuellement
aux ateliers une révision appro
fondie jusqu’aux cuisines, où l’on
prépare les repas des passagers
— ces repas qui font la gloire des
lignes françaises !
Au service des opérations, de
grandes cartes tapissent les murs.
Des noms évocateurs y sont ins
crits : Shanghaï, Bagdad, Pointe-
Noire, Lagos, Gao, Montevideo,
escales ou terminus des longs
courriers d’Air France.
Sur l’une de ces cartes, des
avions miniature indiquent heure
par heure la position des appa
reils. C’est là, qu’avant chaque dé
part, les techniciens préparent
le vol. « Prenons l’exemple, m’ont-
ils dit. de la ligne Paris-New -
York. Trois trajets sont possibles :
au nord, par l’Islande ; au sud,
par les Açores. Au centre, enfin,
se trouve la route qui est théori
quement la plus rapide : elle
crirait expressément à ce projet,
tandis que M. Djémal Husseini,
représentant le haut comité ara
be, a souligné que les Arabes
s’opposent à l’envoi de toute force
armée dans la Ville sainte. « Si
une telle force y était envoyée
contre notre volonté, a-t-il affir
mé, nous ne lui résisterions pas
Mais nous ne coopérerions pas
avec elle, parce que nous savons
que ce serait le commencement
de la mise en pratique du plan
de nartage. »
Le département d’Etat annonce
(Lire la suite en troisième page.)
Vers un conflit
du métro?
passe par l’aérodrome
non en Irlande
« Mais en aviation,
souriant l’un de mes
de Shan-
ajouta en
interlocu-
teurs, la ligne droite n’est pas tou
jours le plus court chemin d’un
point à un autre. Il faut tenir
compte du facteur vent.
« Le matin, nous nous mettons
donc en relation avec l’Office mé
téorologique. Celui-ci nous indi
que la direction et la vitesse des
vents dans les trois secteurs qui
nous intéressent. »
— Vous décidez alors quelle
route le pilote prendra ?
— Pas encore. C’est d’ailleurs
en dernier ressort le pilote qui
trace lui-même son itinéraire.
« Lorsque l’O.N.M. nous a com
muniqué ces renseignements, il
nous reste à obtenir ceux des trois
aérodromes d’escale : Shannon.
Meeks Fields en Islande et Santa
Maria dans les Açores. Nous leur
demandons de nous transmettre
leurs prévisions pour la seconde
moitié du parcours. Quand cela
est fait, nous disposons des élé
ments nécessaires de comparaison.
Il ne reste plus qu’à choisir la
route qu’empruntera l’avion. »
— Tous les avions de la ligne
Paris-New-York ne passent donc
pas par Shannon et Gander ?
Mon étonnement parut sur
prendre les techniciens qui m’en
touraient. L’un d’eux prit un dos
sier, l’ouvrit : un papier couvert
de chiffres et d’abréviations ra
diophoniques ; la feuille de vol de
lundi.
— Voyez ! Ce soir-là le pilote a
préféré passer par Meeks Fields.
Les vents d’ouest soufflaient avec
moins de violence qu’au sud. Par
Shannon, il aurait perdu plusieurs
heures.
Le syndicat général confédéré
du personnel du métropolitain
convoque pour ce soir, à 20 h. 30,
une assemblée générale de ses
adhérents à la Bourse du travail.
D’autre part, les « autonomes »
du métro ont fait connaître « qu’ils
étaient mécontents des décisions
prises par le ministère des Tra
vaux publics et des Transports
pour le reclassement des conduc
teurs du métropolitain. »
Allons-nous vers un nouveau
conflit du métro ?
En tous cas une certaine effer
vescence s’était fait jour, ces
temps derniers, dans certaines ca
tégories des employés du métro
et il semble qu’ils soient décidés à
défendre leurs revendications
d’une manière plus pressante.
Le 1er mai est là la fois « jour
née de lutte » des travailleurs et
« fête officielle » organisée par
le gouvernement dans un certain
nombre de pays.
En France, on le sait, trois gen
res de manifestations sont pré
vues. Le 1er mai qui est jour
férié et chômé sera l’occasion de
cérémoniels officielles et officieu
ses au cours desquelles des dis
cours seront prononcés par cer
tains membres du gouvernement.
Du point de vue syndical les
différentes centrales ont convo
qué leurs adhérents à des défilé'
ou à des meetings. A Paris. In
C.G.T. a. organisé de la Bastille .
à la Nation une manifestation
dont elle a défini, dans le cadre
des directives de la F.S.M. qua
nous avons reproduites hier, les
différents mots d’ordre : indé
pendance nationale, relèvement
du minimum vital, défense des
libertés syndicales et démocrati
ques.
On estime généralement que
cette journée du 1er mai sera
calme, d’autant plus que de nom
breux Parisiens, mettant à pro
fit ces deux jours de congé iront
voir comment fleurit le printemps
à la campagne, si le temps le per
met;
Distractions de 1er mai...
A ce sujet il faut noter que la .
question de savoir si les specta
cles auront lieu en ce jour n’est
pas définitivement réglée.
Les propriétaires des salles de
cinéma voudraient profiter de
ces fêtes pour « faire le plein ».
Les ouvriers et employés du
spectacle suivant qu’ils appar
tiennent à la C. G. T. ou qu’ils
sont autonomes ont adopté des
positions dissemblables.
Les cinémas fonctionneront-
ils? Nul ne le sait encore.
Tandis qu’en France, le 1er mai
soulève ces problèmes relative-
ment bénins. Il n’en est pas de
même dans tout le reste du mon
de.
Au Brésil l’armée a été placée
« en état d’alerte rigoureuse »,
des gardes sont mises auprès des
principaux édifices publics et des
perquisitions ont été entreprises
pour « désarmer des complota
éventuels ».
En Italie on aurait pu croira
Dans une autre partie du mon
de, en U.R.S.S. et dans les démo-
craties populaires le 1er mai se-
ra l’occasion de .fêtes nombreus
C’est sans doute en Pologne
que ces manifestations revêtiront
le plus d’éclat. Elles se feront no
tamment sous le signe de la fu
sion du parti populaire (com-
muniste) et du parti socialiste
polonais...
Ainsi se présente, en différentes
parties du monde ce 1er mai 1948
qui oublie bien un peu, il faut le
dire, les incidents qui lui ont don
né naissance ..
R. DANY.
Demain 1er mai
L'ORDRE DE PARIS
ne paraîtra pas
(.Lire la suite en troisième pape.}
LA QUOTIDIENNE de Pierre LŒWEL
Pour quelques-uns
Comme ils ont beau jeu à traiter
de haut leur semblable qui n’est jus*
tement pas leur semblable ! Soit que,
le plus discrètement du monde, ils
aient fait vœu d’allégeance à un par
ti et en retirent gloire et profit, soit
que leur activité civique s'exerce en
parlottes, conversations, confidences
chuchotées qui ne dépassent pas le
mur de la vie privée, il faut voir
comme ils surveillent et censurent les
actes de ceux qui, moins précaution
neux qu’eux et sans l’appui de per
sonne, parlent, écrivent, agissent en
ne prenant avis que de leur senti
ment, poussés à l’action par la seule
nécessité intérieure, alors qu’ils n’ont
rien à gagner à se compromettre pu
bliquement pour des opinions ou des
idées, mais qu’il leur semble seule
ment digne de leur qualité d’hommes
pensants de dire ce qu’ils pensent l
Suc quoi. tous les pourvus et
bien-pensants, épluchant leur <
’ les
con-
duite, leurs textes, leurs paroles, dé
clarent qu’ils les voudraient plus
ceci et moins cela, regrettent qu’ils
serrent la main de M. X, ne soit pas
plus sévère pour M. Z., déplorent
avec des larmes dans la voix leur
indulgence ou leur sectarisme : en
un mot se font leurs juges à l’abri
de la tranquille tranchée où ils at
tendent les événements. Eh ! mes
bons amis masqués qui trouvez que
ceux qui se battent à visage décou
vert se battent mal, que ne vous
battez vous au moins comme eux ?
C’est une grande force que de ne rien
faire mais il ne faut pas en abuser
et mieux vaut encore être un mau
vais Aristarque que de jouer les Ca-
tons en chambre.
Pierre LŒWEL.
LA CHRONIQUE DE L
ORDRE DE PARIS
Pour la Cinquante-neuvième fois demain...
Voici près d’un demi-siècle qu’a été inaugurée
la manifestation internationale du socialisme et du
travail et c’est pour la cinquante-neuvième fois
aujourd’hui que la célèbrent les travailleurs orga
nisés des deux mondes.
Les origines en sont maintenant un peu oubliées.
Quelles sont-elles ?
Elles remontent au congrès ouvrier socialiste
international qui se réunit du 14 au 21 juillet
1 889 à Paris, salle Pétrelle. rue de Rochechouart.
Depuis le congrès de La Haye (1872), qui
avait attesté les divisions intestines de la première
Internationale et précipité sa fin, les socialistes
des diverses nations européennes n’avaient point
tenu leurs assises. En 1888, les guesdites, les
blanquistes et la Fédération nationale des syndicats
et groupes corporatifs décidèrent de rénover la
tradition des congrès internationaux et, profitant
de l’Exposition universelle, de convoquer l’année
suivante un congrès à Paris.
Les divers partis ouvriers et socialistes répon
dirent avec empressement à leur appel. Il y avait
ainsi au congrès de la salle Pétrelle : Liebknecht,
Bebel, Bernstein, Auër, Vollmar, pour l’Allema
gne ; Anjeele, César de Paepe, Volders, pour
la Belgique ; Aveling, Mme Marx-Aveling,
William Morris, pour la Grande-Bretagne ;
Amilcar Cipriani, pour l’Italie ; Pierre Lavroff,
pour la Russie ; Pablo Iglesias, pour l’Espagne,
etc..., etc...
La France était représentée par Jules Guesde,
Gabriel Deville, Paul Lafargue, Edouard Vaillant,
Raymond Lavigne, Jean Dormoy, Boulé, Caméli-
nal, Ferroul, Charles Longuet, etc.
C’est là qu’un délégué français, Raymond
Lavigne (de Bordeaux) proposa, au nom de
Guesde, de Gabriel Deville et de Lafargue, la
résolution suivante :
Il sera organisé une grande manifestation inter-
nationale à date fixe, de manière que, dans tous
les pays et dans toutes les villes à la fois, le même
jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs
publics en demeure de réduire légalement la journée
de travail à huit heures.
par ALEXANDRE ZÉVAÈS
Cette résolution fut adoptée à l’unanimité des
délégués présents. Elle ne portait pas de date,
Les délégués américains proposèrent alors celle du
1er mai, qui avait déjà été adoptée aux Etats-
Unis et au Canada pour diverses démonstrations
ouvrières.
La date du 1er mai recueillit aussitôt la même
unanimité. C’est donc le 1er mai 1890 que pour
la première fois la manifestation devait se pro
duire
Le congrès s’était tenu en pleine exposition
universelle et dans les multiples cérémonies, fêtes,
réceptions officielles et diplomatiques, réjouissances
et galas, auxquels elle avait donné lieu, la résolution
relative au 1er mai avait passé inaperçue. Mais
lorsqu’au début de l’année 1890 les propagandistes
ouvriers et socialistes commencèrent à battre le
rappel en faveur de la manifestation, le projet
causa dans les milieux gouvernementaux et conser
vateurs une véritable panique. Chaque matin, en
mars et en avril, la presse réactionnaire bâtissait
de véritables romans sur la journée du 1er mai.
Que serait-elle ? Pacifique ou sanglante ? Réus
sirait-elle ? Que ferait le gouvernement en face
de cette mobilisation des forces révolutionnaires ?
Le conseil municipal radical-socialiste et socialiste
de Saint-Etienne ne venait-il pas de voter un crédit
de 1 0.000 francs en faveur de la manifestation ?
Et les suppositions les plus étranges de naître dans
les cerveaux apeurés.
La journée — sauf quelques inévitables bagarres
provoquées par le zèle de la police — fut calme.
Elle fut marquée, ici par des défilés dans les rues,
là par de vastes meetings, ailleurs par des réjouis
sances et des bals. A Paris, cent mille travailleurs
réunis place de la Concorde firent escorte à la
délégation, qui, composée de Jules Guesde,
Edouard Vaillant, Ferroul, Baudin, Thivrier, etc.,
porta au Palais-Bourbon — où elle fut reçue par
le président Floquet — les cahiers du prolétariat
ouvrier.
En province, c’est dans plus de cent villes que
des délégations — souvenir et suite des pétition-
(Lire la suite en troisième page
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