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Luttes pour les droits des femmes au 19e siècle

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1 mars 2019

Pour saluer la journée des droits des femmes 2019, nous vous proposons un rapide tour d’horizon des documents numérisés disponibles sur Gallica retraçant l’histoire du féminisme naissant en France, au fil des révolutions et jusqu’à la IIIe République.

Club des femmes patriotes dans une église, Chérieux, 1793

 

Un focus particulier est fait au fil du texte sur les titres de presse qui sont, au cours du 19e siècle, un vecteur important de l'accès des femmes à la parole publique.

La Révolution française

La période révolutionnaire fonde la revendication d’égalité pour les femmes qui sont fortement impliquées dans les combats républicains et s’organisent en groupes d’action spécifiques, par exemple la « Société des républicaines révolutionnaires » à laquelle Claire Lacombe adresse ici un rapport pour contester une décision d’exclusion prononcée contre elle par la « Société des Jacobins ». La question du statut de la citoyenne est cruciale, mais facilement ignorée. Ainsi, à la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », Olympes de Gouges adjoint une brochure intitulée Les Droits de la femme contenant la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », qu’elle adresse à la reine.

Cette première période de revendications se termine sous la Convention avec l’interdiction du Club des femmes et le retour du modèle de hiérarchie familiale subordonnant l’existence des femmes à celle de leurs maris. Cet ordre jugé « naturel » et immuable est un contre-exemple pour Charles Fourrier posant en thèse générale de sa Théorie des quatre mouvements que : 

les progrès sociaux et changements de période s’opèrent en raison du progrès des femmes vers la liberté ; et les décadences d’ordre social s’opèrent en raison du décroissement de la liberté des femmes.

 

Révolution de 1830

Une nouvelle période d’activité de la lutte des femmes pour la reconnaissance de leurs droits arrive avec la révolution de 1830. Le militantisme se développe alors fortement au sein du mouvement et de la doctrine saint-simonienne. Participant à la vie publique les femmes publient des textes politiques, telle la Lettre au roi de Désirée Véret, véritable programme et morale d’action publique. Claire Demar publie en 1833 l’Appel d'une femme au peuple sur l'affranchissement de la femme, et Ma loi d'avenir où elle conteste radicalement la famille comme structure sociale de référence. En 1844 Flora Tristan publie L'Union ouvrière. La presse féministe se développe aussi : Marie-Reine Guindorf lance le titre La Femme libre, qui devient rapidement L’Apostolat des femmes, puis sous la direction de Suzanne Voilquin, La Tribune des femmes.

 

 

Révolution de 1848

Avec la Révolution de 1848, l’engagement des femmes met en avant la nécessité d’obtenir le statut de citoyenne, sans quoi c’est « une moitié de la nation » qui se trouve soumise à la domination de l’autre.

 

Autour d’Eugénie Niboyet, le journal La voix des femmes mène sans relâche le combat pour les droits de vote et d’éligibilité. Une brochure intitulée Femmes électeurs et éligibles défend la même revendication, préalable à la reconnaissance des droits des femmes dans la société. Après une tentative d’impliquer l’écrivaine George Sand contre son gré dans les élections de 1848, Jeanne Deroin porte sa candidature aux élections législatives de 1849 (L'Opinion des femmes, 10 avril 1849).

 

Après le coup d’état de Napoléon III, les groupes constitués se dispersent à nouveau. Proudhon, qui avait refusé de soutenir le vote de femmes est attaqué par Juliette Lamber dans Les Idées antiproudhoniennes (1858). Eugénie Niboyet participe au Le Journal pour toutes (1864-1867). Andrée Léo, de retour d’exil en 1860 expose ses idées émancipatrices dans Un divorce (1865), Un mariage scandaleux (1867) et d’autres textes.
 

La IIIe République

Le premier Congrès international du droit des femmes, se tient sous la IIIe République, en 1878.

 

Dans son texte Question qui n'est pas traitée au Congrès international des femmes, Hubertine Auclert souligne que le droit de vote n’est pas mis au centre des discussions : « restreindre le droit à l'égard de la femme, c'est restreindre le droit de l'humanité ; c'est amoindrir le droit de l'homme. »  En 1891, c’est la Fédération française des sociétés féministes (FFSF) qui voit le jour.

 

En 1897, Marguerite Durand lance son journal La Fronde dont le premier numéro est tiré à 200 000 exemplaires. Une spécificité de l’engagement politique des femmes s’affirme alors, entre philanthropie et féminisme, et se déploie à travers d’autres titres de presse comme La Française, ou Le Journal des femmes.

La période de formation du féminisme s’achève avec la IIIe République, au sens où il est pleinement constitué à cette époque comme courant d’action. S’ouvre alors la période des luttes pour l’accès des femmes à la citoyenneté pleine et entière.

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Vote des femmes, 26 avril-3 mai 1914, organisé par Le journal

 

Source : Michèle RIOT-SARCEY, Histoire du féminisme, Paris, La Découverte, Repères, 2002.
 

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