Titre : Revue contemporaine
Éditeur : [s.n.?] (Saint-Pétersbourg)
Date d'édition : 1913-02-09
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328566919
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 09 février 1913 09 février 1913
Description : 1913/02/09 (A4,T11,N67). 1913/02/09 (A4,T11,N67).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6248053d
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-18251
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/06/2013
REVUE
CONTEMPORAINE
PARAISSANT TOUS LES SAMEDIS
QUATRIEME ANNÉE SAMEDI 9 FÉVRIER 1913 N2 67
Editorial
9 Février igi3
Il est d'usage, après une guerre, de faire des
pensions viagères aux veuves des défenseurs de la
Patrie, tombés glorieusement sur le champ de bataille.
Les blessés, les invalides reçoivent des indemnités;
les orphelins sont recueillis et élevés par l'Etat, aux
frais de la Nation.
Ces seules charges seront énormes pour la Bul-
garie, la Serbie, le Monténégro et la Grèce. Elles se-
ront insignifiantes pour la Turquie qui n'aura aucun
souci des veuves et des orphelins, pas plus, du reste,
qu'elle ne fera de sentiment à l'égard des estropiés.
Ces derniers seront autorisés à mendier.
Cependant, de part et d'autre, l'hécatombe est
incalculable et jamais guerre moderne n'aura été
aussi lourde au vainqueur et au vaincu.
Les pensions liquidées, il y aura lieu d'établir le
décompte des frais généraux, le suspens des intérêts
arriérés, de jeter les bases d'une réorganisation foncière
et enfin de payer la carte au vainqueur. Peu importe à
qui incombera l'indemnité de guerre: établir une
balance financière, équilibrer des budgets sur des
exigibilités aussi lourdes que celles qui vont peser
sur la Turquie et les Alliés, est un problème d'une
difficulté inouïe.
Privés de milliers d'énergies et des bras de ceux
qui sont tombés au champ d'honneur, la Bulgarie
et la Serbie ne peuvent plus compter sur l'agricul-
ture et le commerce flottant pour fournir le même
rendement d'impôts que la production antérieure
amenait naturellement au Trésor. Le Monténégro est
sérieusement éprouvé, mais le peuple donnant un
rendement moindre que les précédents, les exigibilités
sont, partant, moindres aussi. La Grèce est peu
atteinte. Elle est restée armée de couverture, de se-
conde ligne, et ses pertes sont insignifiantes par com-
paraison. Elle profitera peut-être de la circonstance
pour déposer son bilan comme cela lui est arrivé
déjà et la guerre, alors, au lieu d'être une calamité,
deviendra le sauveur des finances ébranlées et le mes-
sie d'un trésor épuisé.
La Turquie, vainqueur ou vaincue, est afflaiblie
pour longtemps. A la fainéantise proverbiale du peuple
viendra s'ajouter sa mauvaise foi légendaire. Désem-
parée, ruinée en hommes, en commerce et en argent,
les douanes et les tabacs seront insuffisants à l'équi-
libre de son budget boiteux.
Tout se résume au régime des emprunts. Encore
faudra-t-il une somme de bonne volonté évidente et
une confiance aveugle de la part des prêteurs pour
risquer leurs millions dans les Balkans sur des espé-
rances tenant lieu de garanties.
Le propre de la situation actuelle envisagée au
point de vue économique, c'est que dès le premier
choc des alliés balkaniques, les innombrables inté-
rêts financiers qui ont leur siège dans l'Empire Otto-
man avaient conçu des alarmes. La bourse de Pa-
ris en fut l'echo et enregistra une panique mémo-
rable. Mais des assurances arrivèrent de part et
d'autre, promettant que les vainqueurs accepteraient
les dettes du vaincu. Et, comme les Etats balkani-
ques souscrivaient à ce principe, le calme re-
vint.
- -. ,. il 8J
rourtant, si la lurquie était vaincue, tIenaraIt-
elle ses engagements antérieurs? Obéré par la guerre,
conscient des sacrifices qu'il lui faudra s'imposer
pour réparer les conséquences d'une incurie sécu-
laire dans les provinces abandonnées, l'Empire Otto-
man devra se résigner à une liquidation financière
qui n'entraînera que des charges. S'il ne s'y résigne
pas, toute l'Europe se mettra d'accord sur les moyens
de coercition à employer contre lui.
Ceci est un problème absolument indépendant
des règlements territoriaux et dont la solution n'est
ni préjugée, ni même escomptée.
La Colonisation de la Russie d'Asie
Les crédits affectés pour 1913 à la Direction de
l'Emigration
Les crédits attribués par le projet de budget de
1913 à la Direction de l'émigration (ministère de
l'Agriculture) s'élèvent à 28.127.723 roubles. Ils dé-
! passent donc de 1.007.730 roubles les crédits de 1912,
CONTEMPORAINE
PARAISSANT TOUS LES SAMEDIS
QUATRIEME ANNÉE SAMEDI 9 FÉVRIER 1913 N2 67
Editorial
9 Février igi3
Il est d'usage, après une guerre, de faire des
pensions viagères aux veuves des défenseurs de la
Patrie, tombés glorieusement sur le champ de bataille.
Les blessés, les invalides reçoivent des indemnités;
les orphelins sont recueillis et élevés par l'Etat, aux
frais de la Nation.
Ces seules charges seront énormes pour la Bul-
garie, la Serbie, le Monténégro et la Grèce. Elles se-
ront insignifiantes pour la Turquie qui n'aura aucun
souci des veuves et des orphelins, pas plus, du reste,
qu'elle ne fera de sentiment à l'égard des estropiés.
Ces derniers seront autorisés à mendier.
Cependant, de part et d'autre, l'hécatombe est
incalculable et jamais guerre moderne n'aura été
aussi lourde au vainqueur et au vaincu.
Les pensions liquidées, il y aura lieu d'établir le
décompte des frais généraux, le suspens des intérêts
arriérés, de jeter les bases d'une réorganisation foncière
et enfin de payer la carte au vainqueur. Peu importe à
qui incombera l'indemnité de guerre: établir une
balance financière, équilibrer des budgets sur des
exigibilités aussi lourdes que celles qui vont peser
sur la Turquie et les Alliés, est un problème d'une
difficulté inouïe.
Privés de milliers d'énergies et des bras de ceux
qui sont tombés au champ d'honneur, la Bulgarie
et la Serbie ne peuvent plus compter sur l'agricul-
ture et le commerce flottant pour fournir le même
rendement d'impôts que la production antérieure
amenait naturellement au Trésor. Le Monténégro est
sérieusement éprouvé, mais le peuple donnant un
rendement moindre que les précédents, les exigibilités
sont, partant, moindres aussi. La Grèce est peu
atteinte. Elle est restée armée de couverture, de se-
conde ligne, et ses pertes sont insignifiantes par com-
paraison. Elle profitera peut-être de la circonstance
pour déposer son bilan comme cela lui est arrivé
déjà et la guerre, alors, au lieu d'être une calamité,
deviendra le sauveur des finances ébranlées et le mes-
sie d'un trésor épuisé.
La Turquie, vainqueur ou vaincue, est afflaiblie
pour longtemps. A la fainéantise proverbiale du peuple
viendra s'ajouter sa mauvaise foi légendaire. Désem-
parée, ruinée en hommes, en commerce et en argent,
les douanes et les tabacs seront insuffisants à l'équi-
libre de son budget boiteux.
Tout se résume au régime des emprunts. Encore
faudra-t-il une somme de bonne volonté évidente et
une confiance aveugle de la part des prêteurs pour
risquer leurs millions dans les Balkans sur des espé-
rances tenant lieu de garanties.
Le propre de la situation actuelle envisagée au
point de vue économique, c'est que dès le premier
choc des alliés balkaniques, les innombrables inté-
rêts financiers qui ont leur siège dans l'Empire Otto-
man avaient conçu des alarmes. La bourse de Pa-
ris en fut l'echo et enregistra une panique mémo-
rable. Mais des assurances arrivèrent de part et
d'autre, promettant que les vainqueurs accepteraient
les dettes du vaincu. Et, comme les Etats balkani-
ques souscrivaient à ce principe, le calme re-
vint.
- -. ,. il 8J
rourtant, si la lurquie était vaincue, tIenaraIt-
elle ses engagements antérieurs? Obéré par la guerre,
conscient des sacrifices qu'il lui faudra s'imposer
pour réparer les conséquences d'une incurie sécu-
laire dans les provinces abandonnées, l'Empire Otto-
man devra se résigner à une liquidation financière
qui n'entraînera que des charges. S'il ne s'y résigne
pas, toute l'Europe se mettra d'accord sur les moyens
de coercition à employer contre lui.
Ceci est un problème absolument indépendant
des règlements territoriaux et dont la solution n'est
ni préjugée, ni même escomptée.
La Colonisation de la Russie d'Asie
Les crédits affectés pour 1913 à la Direction de
l'Emigration
Les crédits attribués par le projet de budget de
1913 à la Direction de l'émigration (ministère de
l'Agriculture) s'élèvent à 28.127.723 roubles. Ils dé-
! passent donc de 1.007.730 roubles les crédits de 1912,
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