Titre : Le Matin : derniers télégrammes de la nuit
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1910-01-21
Contributeur : Edwards, Alfred (1856-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 21 janvier 1910 21 janvier 1910
Description : 1910/01/21 (Numéro 9460). 1910/01/21 (Numéro 9460).
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2008
21 î ffl
LE MATH*
3"
'DÉPÊCHES DE DE NOS CORSES- ft
H PONDANTS PARTICULIERS ET
SERIVICE EXCLUSIF DE TOU-
I TES LES INFORMATIONS DU
If TIMES", TRANSMIS PAR
Nos FILS SPECIAUX
DERNIERE MEURE
if 'LE MATIN" EST LE SEUL
II JOURNAL DONNANT LA PRCH
VENANCE EXACTE DE TOUTES
t CHANT CHAQUE JOUR A LA. Il
^j POSTE DE SON HOTEL
LES ÉLECTIONS ANGLAISES
( < 163 conservateurs
LoNDRES, 20 janvier. Dépêche particu-
Iière du CI Matin rr. Les résultats com-
plets des.élections qui ont eu lieu hier dans
tes comtés n'ont été proclamés qu'au com-
m.encement de cet après-midi. Les différents
scrutins ruraux d'une même circonscrip-:
tjon sont en effet disséminés sur une éten-
due relativement considérable. Un certain
laps de temps devait donc forcément s'é-
couler avant que tous les résultats aient
été réunis, puis comptés au siège principal.
Nous savons maintenant que sur les
8$ sièges disputés hier, les conservateurs
opt gagné 18 sièges autrefois occupés par
des libéraux. Il est à noter qu'un de ces
Sièges a été perdu pour les ministériels,
celui de Cockermouth, comté de Cumber-,
land, par suite d'une division des voix en-
trç. le candidat libéral et le candidat socia-
liste.
Parmi les sièges que les libéraux ont con-
servés figurent celui de sir Edward Urey,
ministre des affaires étrangères, et celui de
M. Keir Hardie, le célèbre député socialiste.
Signe des temps M. Keir Hardie, malgré
sa popularité, a obtenu moins de voix que
le député libéral élu concurremment.
M. Herbert Samuel, sous-secrétaire d'Etat
a l'intérieur, est parvenu, fait rare en ces
élections, à doubler la majorité libérale
qji'il avait précédemment obtenue. Par
contre, les majorités libérales sont géné-
ralement réduites, et un revirement consi-
dérable s'est; produit dans 11 circonsorip-
tipn du sud-ouest du Kent, où une majorité
libérale de 1,200 voix s'est transformée en
une majorité conservatrice de 3,000 voix.
Ce soir, à sept heures, en comprenant
tous les membres élus au Parlement jus-
qu'à mercredi soir et' les députés nommés
aujourd'hui sans opposition, l'état des par-
üs est le suivant
Bjir 670 députés, 368 ont été élus.
'Ces 368 députés se répartissent ainsi
'Ministériels 2m
Conservateurs, 158
.Soit une majorité gouvernementale de 51.
Il est à remarquer que le chiffre de 18 per-
tes libérales hier sur 86 élections a dépassé
sensiblement les prévisions du parti qui
compte la journée d'Hier parmi ses jours de
malchance, étant donné surtout qu'aucun
gam n'est venu amortir le choc pénable des
pertes subies.
Ceci ne veut pas dire d'ailleurs que le parti
libéral soit en danger de perdre le gouverne-
ment, ni même une majorité suffisante pour
imposer le budget, Il eût fallu pour cela que
les conservateurs remportassent de haute
lutte un siège sur deux. Nous sommes en-
core, bien loin de ce chiffre.
,Il s'agit en réalité d'une déception plutôt
qiîé d'un danger pour le parti libéral. On
avait compté sur une belle démonstration de
fidélité de la part des populations rurales.
Elles se sont montrées des alliées médio-
cres, voire même susceptibles de passer à
l'ennemi en certains cas et sous certaines
pressions. Voilà tout.
Au fond, il ne faut pas nous en étonner
outre mesure, car voici ce qui s'est plus ou
moins passé dans les villages, dans les fer-
meSf, dans les plus pauvres masures qu'un
miracle de l'habitude seul maintient debout
i Promesses,
s'est présenté. Il a
serré la main du père, de la mère, embrassé
les enfants et leur a dit
N'oubliez pas que nous avons voté les
retraites pour la vieillesse qui donnent à
vos vieux et vous donneront à vous- 'même 1.,
droit de jouir en paix de vos derniers Wr
leils.
Et les paysans hoehalent la tête et di-
saient
Cest pourtant vrai 1
N'oubliez pas, continuait le candidat li-
béral, que l'une des raisons de votre pau-
vreté sans issue provient de ce que vous
ne' pouvez posséder de belles et bonnes ter-
res en friche que le maître de céans réserve
pour son plaisir ou laisse incultes par
manque de fonds. Que ne feriez-vous pas
pousser là-dessus ? Tous vos enfants y tron,
veraient à travailler, à développer leurs am-
bitions, à employer leurs bras en faisant à
la-'terre la blessure brutale de l'acier qui fé-
ronde. Eh bien, cette terre nous vous la
donnerons; mais pour cela il faut que vous
nous rendiez forts et què votre vote vienne
affirmer votre volonté d'acquérir.
Et l'homme, convaincu, promettait, séduit
par la perspective de n'être pas une charge
pour les siens en ses vieilles années. Son
amour de la propriété de la terre, jusqu'ici
toaccessir'e, lui donnait de l'amour pour le
gouvernement qui la lui promettait.
Mais voilà qu'à peine son premi:^ visiteur
'disparu au tournant d'un champ, on frap-
pait de nouveau sa portf Cette fois c'était
le candidat conservateur, et il n'était pas
seul. De nouveau rhum bip et illettrée fa-
mille subissait l'attaque souriante d'une ha-
,-Nous avons été émus, disait le second
orateur, de voir que vous ne pouviez plus
cultiver le blé avec pont. C'est une honte
que des milliers et des milliers de fermiers
aient été obligés denuis vingt ans d'abàn-
donner cette reine des cultures, impuissants
à lutter contre le froment étranger à bon
marché. Ceci va désormais cesser. Nous al-
lons imposer de deux shillings les blés
étrangers, et le paysan anelais couvrira
encore ses champs de la riche moisson'd'or.
Mais en 'lUi-mAme le fermier restait incré-
dule. Il savait bien que ce n'était pas un
Croit de deux shillings, mais bien de quatre
ou cinq q'j'il fallait pour lui permettre de re-
commencer avec profit la culture abandon-
Menaces
Alors l'ami du candidat, jusque-là silen-
cieux et voyant l'indécision se peindre" sur
la figure de l'homme des campagnes, éle-
vait à son tour la voix et disait d'un ton
patelin
̃ 11 faut voter conservateur, car si le
budget venait à 'entrer en vigueur, je serais
obligé, moi, ton lord, ton propriétaire, ton
employer, de réduire mes frais, d'augmen-
ter ton loyer. peut-être de te congédier.
• Alors que feras-tu de ta famille ? C'est dur
l'h;iver, quand on n'a pas de travail Ton
sort est entre tes mains. Tu vas lâcher la
proie pour l'ombre prends garde
Et ceci n'est point une histoire faite à
plaisir. Le duc de Portland et bien d'autres
se sont ainsi publiquement exprimés. Alors
incapable d'approfondir, apeuré à l'idée de
voir son gagne-pain diminué ou ravi, le
paysan promettait également au second
visiteur de se ranger de son côté dans la
bataille. Nous savons désormais qu'en plu-
sieurs comtés, il a tenu parole et éconduit
les libéraux.
Faut-il croire qu'il en sera de même pour
les- deux cents sièges qui restent encore à
disputer dans les campagnes, en dehors de
l'Ecosse, du Pays de Galles et de l'Irlande ?
Qn ne saurait, en ces jours d'élections
;moins qu'en tout autre, faire de pronostics,
mais on s'attend, dans les milieux libéraux
bîen informés, à subir une perte de trente
à quarante sièges.
Encore une fois, ceci n'infirme en rien
la ,.rentrée -au pouvoir des libéraux. C'est
une indication de l'incertitude créée dans les
esprits et de la lutte acharnée que l'on s'est
livrée de part et d'autre chaque, ville, chaque
hameau, chaque cottage étant considéré
comme une place forte qu'il fallait conqué-
rir à tout prix.
La situation des partis
LONDRES, 21 janvier, 1 heure du-matin.
Dépêche particulière dû Malin x. Hier
'jeudi, on a voté dans 47 circonscriptions.
Ainsi qu'il fallait s'y attendre, très peu de
résultats sont connus jusqu'à présent. La
plus grande partie en sera, publiée cet après-
midi seulement.
Cependant nous-savons déjà ce qu'il est
advenu de 12 sièges, dont 3 ,étaient unionis-
tes et 9 libéraux lors de la dissolution de la
Chambre en décembre 1909.
Sur les 9 sièges libéraux, les conserva-
teurs en ont con-nis 2 Middlesex-Brand-
ford et lIuntingdonshire.
Cette. proportion, si elle se maintient, est
tout à fait tranquillisante pour le parti li-
béral.
Par les élections d'hier nous en avons
fimi avec les villes anglaises .11 n'y aura plus
désormais de scrutins que dans les comtés,
en Ecosse, dans le Pays de Galles et en Ir-
lande..
A une heure ce matin, la situation est
exactement la suivante
Sur les 670 députés dont se compose la
Chambre des communies, 382 ont été élus.
l'heure actuelle.
Ces 382 députés se répartissent comme
suit
Ministériels (libéraux, socialistes. Man-
dais), 219
Soit une majorité ministérielle de 56 voix.
Les conservateurs gagnent en tout 73 siè-
ges et en perdent 12, soit un, gain net
de 61.
Incidents et accidents
LONDRES, 20 janvier. Dépêche particcu-
lière du Matin». Divers incidents, voire
même de graves accidents sont venus ajou-
ter à l'animation et à la surexcitation des
électeurs.
C'est ainsi qu'à Belfast (Irlande), cin-
quante-quatre votants opt été arrêtés aujour-
pour avoir commis un acte de fraude
électorale en voulant se substituer à d'au-
tres électeurs, dans le but de voter en leurs
lieu et place.
D'autre part, deux automobiles qui trans-
portaient des électeurs à la salle du scrutin
dans le Berwickshire, sont entrées en colli-
sion près de Gordon. Les deux voitures ont
subi des avaries considérables et M. Dick-
Lauder, personnage bien connu dans la ré-
gion, a été grièvement blessé.
Un clergymau des plus zélés wient de se
fa,ire sévèrement réprimander par son évê-
J^e pour, avoir donné à ses sentiments an-
tilibéraux une expansion à la fois trop pu-
blique et trop religieuse.
«iii a en effet convoqué ses paroissien
fidête à un Te Deum pour remercier le
Tout-Puissant d'avoir confondu les impies,
les socialistes et tous ses ennemis en gé-
néral, qui voulaient faire de Plumstesd un
Sir Henry Norman, qui dans le dernier
Parlement occupait une situation gouverne-
mentale dans le ministère des postes, et que
la volonté populaire a exclu pour quelque
temps de^Westininster, se plaint violemment
dans des lettres publiques de ce que des
paysans ont été expulsés de leur cottage par-
ce qu'ils' avaient .,manifesté leur intention de
voter pour le parti libéral. Il dit même que
de l'argent a été offert en public à plusieurs
de ses partisans afin de les détacher de sa
cause. Il entend donner suite à ses plaintes.
Enfin, à Newmarket, une foule hostile a,
dans la nuit de mercredi, brisé toutes les
vitres du club libéral à coups de pierres, et
les membres du club ont eu toutes les peines
du monde à s'échapper et à ne pas être la-
pidés.
Un seul d'entre eux a été blessé. Tous les
meubles sont brisés
Commentaires allemands
BERLIN, 20 janvier. Dépêche particu-
lière du « Matin n. Bien qu'ils observent
maintenant la plus grande réserve au su-
jet des élections anglaises, les journaux al-
lemands ne se dissimulent plus aujourd'hui
que le parti libéral a succombé dans la ta-
taille.
Les libéraux, il est vrai, conservent le
pouvoir grâce au concours des Irlandais,
mais ces derniers seront eux-mêmes la cau-
se de leur perte.
La conservatrice Gazette de la Croix écrit
à ce sujet
Les libéranx devront pour obtenir cette col-
laboration, faire -aux Irlandais des conces-
sions tendant à régler la question du home
rate conformément à leurs désirs.
Sur ce point ta Chambre des lords se mon-
trera également intransigeante. De nouveaux
et graves conflits sont donc inévitables, et
étant donnée la faible situation dans laquelle
se trouvera le parti libéral après les élections
il faut s'attendre à ce qu'Us amènent de nou-
LA GRÈCE VEUT CONVOQUER
UNE ASSEMBLÉE NATIONALE
ATHENEE, 20 janvier. Les négociations
se poursuivent entre les partis politiques et
la ligue militaire au sujet de lopporiunité
de convoquer une Assemblée nationale
On croit que le roi consentira à la convo-
cation de l'assemblée si les partis garantis-
sent une limitation des questions que l'as-
semblée pourrait discuter. On croit savoir
que le gouvernement ne partage pas les mô-
mes idées, mais son opimon est de peu d'im-
portance contre la volonté de la ligue et des
partis unis.
La première mesure qui suivrait la convo-
cation de l'assemblée serait la formation
d'un cabinet de coalition. L'un des princi-
paux avantages de la convocation d'une As-
semblée nationale serait de mettre fin à la
situation anormale actuelle et de reculer con"
sidérablement les élections parlementaires
qui sont maintenant imminentes, écartant
ainsi pour le moment la question de la pré-
sence des députés crétois au Parlement
d'Athènes. (Reuter.)
LE GOUVERNEMENT TURC
ET LES CRÉTOIS GRÉCOPHILES
Contantinople, 20 janvier. Après le con-
seil des ministres, tenu aujpurd'hui; la
Porte a adressé, par J'entremise des ambas-
sadeurs turcs auprès de toutes les grandes
puissances, une note protestant contre l'em-
ploi du nouveau timbre-poste crétois repré-
sentant l 'H el las, ainsi que contre les juge-
ments rendus dU nom du roi des Hellènes.
(Havas.)
LES CAUSES DE L'INCENDIE
DU PALAIS DE TCHERAGAN
CoiN'Stantinople, 20 janvier. La commis-
sion d'enquête a constaté que l'incendie du
Parlement n'est pas dû à un calorifère.
La commission incline à penser qu'il s'a-
git d'un crime; divers bruits répandus dans
la ville qui disent que l'incendie serait dû
à un complot anarchiste ne peuvent pas être
vérifiés.
D'après une décision du conseil des mi-
nistres la Chambre siégera au palais de
Riza pacha, ancien ministre de la guerre.
(Havas.)
L'EST DE LA FRANCE
SUBMERGÉ
Les ravages sont énormes
Chalons-sur-Marne, 20 janvier. La
Marne est complètement débordée en amont
et en aval de Chatons elle atteignait ce
matin la cote de 3 m. 45, soit 47 centimètres
de plus qu'hier.
En amont de Châlons, sur la voie ferrée et
les chaussées insubmersibles, les arbres
seuls émergent.
A Châlons, les maisons wroisinant la
Marne sont menacées d'inondation.
La crue continue. (Havas.)
Double noyade.
Tout. 20 janvier. Ce soir, trois person-
nes montées sur une barque naviguant sur
la Moselle, démesurément grossie, ont cha-
viré à la hauteur,du barrage' de Valcoùrt.
Deux de ces personnes se sont noyées
l'éclusier Rodolphe Broquière, âgé de trente
et un ans, originaire de Blaye (Gironde), et
M. Grutz, de Paris, qui était de passage ici
depuis huit jours. Le garde champêtre Ri-
chard s'est sauvé à la nage.
En raison de l'état de la rivière, toutes les
recherches sont impossibles. {Havas.)
La crue du Doubs.
BESANÇON, 20 janvier. Le Doubs a eu
une crue subite hier, et il a continué à mon-
ter toute la nuit et toute la journée. La crue
a atteint successivement 7 mètres. 8 mètres
et 8 m. 50, étiage que n'avait pas dépassé
la fameuse crue de 1882, et on annonce
de Voujeaucourt que la crue actuelle dépas-
sera de vingt centimètres celle de 1882. Tou-
te la plaine, Voujeaucourt et Montbéliard
sont inondés, et les communications sont
interrompues avec ces deux villes.
A Montbéliard, de nombreuses maisons
sont envahies par les eaux. Les employés
des postes et télégraphes sont cernes par
les inondations.
Une compagnie du génie de Besançon est
partie de cette ville pour aider au sauve-
tage des habitants.
De nombreux animaux passent sous les
ponts, emportés par le courant, ainsi que
des débris de maisons.
A Besançon, l'eau a envahi presque toutes
les caves et dans les bas quartiers elle pé-
nètre au rez-de-chaussée.
La rivière a emporté un stock de bois éva-
lué à plus d'un million, appartenant à des
papeteries. La pluie continue à tomber.
(Havas.)
BEsANçoN, 20 janvier. L'usine électrique
a été envahie par les eaux et ne fonctionne
plus. A l'usine à gaz, l'eau atteint quatre-
vingts, centimètres.
Pontarlier annonce une augmentation de
la crue du Doubs.
A Besançon, les ponts sont gardés mili-
tairement sur le pont de Battant on peut
encore passer, mais non stationner la cir-
culation est interdite sur les autres. Les rues
de la République, Goudimel, Gustave-Cour-
bet et le square Saint-Amour sont envahis
par l'eau les habitants, craignant le péril,
ont quitté leurs maisons. (Havas.)
BESANÇON, 20 janvier. On annonce que
cinq cents mètres cubes environ de bois
entraînés par les eaux se dirigent sur notre
ville. (Havas.)
Dans le Sud-Est.
Lyoa, 20 janvier. De notre correspon-
dant particulier (par téléphone). Les inon-
dations ont causé un véntable désastre dans
toute ta région, surtout à l'est et au nord de
Lyon. Je me borne à vous transmettre celles
qui concernent la Haute-Savoie, l'Ain et le
Rhône. 0
Dans 'la région d'Annecy les phies inces-
santes qui tombent depuis deux ou trois
jours ont fait augmenter dans des propor-
tions' extraordinaires' le débit de certains
cours d'eau. Aux célèbres gorges du Fier,
l'eau est montée d'une vingtaine de mètres,
inondant les galeries et le chalet restaurant.
A Annecy, le lac a envahi la splendide pro-1
menade du Paquer. Il déborde à Albigny,
à Duingt et à Saint-Jorioz. La circulation
sur les routes est impossible.
A Cluses, les inondations s'étendent de
plus en plus. La vallée de l'Arve forme de
grands lacs; les torrents débordent de tou-
tes parts sur le territoire du canton de Clu-
ses. La route des Alpes de Grenoble à Tho-
non s'est effondrée en trois endroits. Les com-
munications sont par suite coupées. Des glis-
sements de terrain sont à craindre, notam-
ment entre Saint-Sigismond et la Rivière.
De Saint-Julien-en-Genevois on signale que
tous les ruisseaux ont grossi démesurément.
La route de Seyssel-Frangy-Annecy est cou-
pée en plusieurs endroits. Le service auto-
mobile est interrompu. Le pont de Sarzin
a été emporté.
Enfin à Lyon, le Rhône atteint 5 mètres au-
dessus de l'étiage. Il monte toujours. Un
bateau-lavoir a sombré. La crue de la Saône
sera plus dangereuse encore, mais elle mon-
te plus lentement.
On démolit les ponts.
Chambéry, 20 janvier. On signale de
graves dégâts à Saint-Jean-de-le-Porte les
maisons sont envahies par le torrent Morlier
qui menace de détruire le village.
A Albigny, l'administration des ponts et
chaussées a ordonné de démolir des ponts.
{Havas.)
Chindriedx, 20 janvier. Dépêche parti.
culière du « Matin ». La ligne Culoz-Mo-
dane?iest coupée entre les gares de Chins
drieux et Aix-les-Bains.
Trois trains bloqués.
Beixegarde, 20 janvier. La circulation
sur la ligne de BeJlegarde à Divonne est in-
terrompue par suite d'éboulements. La ligne
de Lyon à Genève est coupée en deux en-
droits entre Bellegarde et Seyssel, où trois
trains ont été bloqués.
Depuis midi les trains de cette direction
sont acheminés sur la ligne de Bellegarde à
Nantua et Bourg. (Havas.j
LES INONDATIONS EN SUISSE
Genève, 20 janvier. De notre correspon-
dant particulier (par téléphone). La plnie
persiste dans toute la Suisse. Cependant la
température a fraîchi dans les hautes mon-
tagnes et ta fonte des neiges a cessé. Aussi
croit-on que la situation va s'améliorer. Du
reste, l'eau baisse partout
̃ Dans le Jura bernois, à Tramelan, un
homme et deux enfants ont été emportés
par l'eau. L'homme et un des enfants ont
été sauvés, l'autre enfant a été noyé.
C'est dans le Valais que la situation reste
le plus grave. A Sion, le tocsin a sonné
toute la journée encore, car la Sonne conti-
nue à enfler et menace la route de Grand-
Pont. Dans certaines villas l'cau atteint le
premier étage et les habitar'.3 ont dû s'en-
fuir.
L'espress de Milan à Paris a été arrêta
près de Sien et il a été nécessaire de trana
border les voyageurs.
LA NEUTRALISATION
DES RAILWAYS MANDCHOURIENS
Saint-Pétersboubg, 21 janvier. Dépêche
particulière dit tlfatin ». M. Isvolski
remettra demain aux Etats-Unis la réponse
du gouvernement russe déclarant que la
P,ussie ne voit aucune raison de neutrali-
ser les chemins de fer de Mandchourie,mais
qu'il est pu2t à discuter la proposition de
construire de nouvelles lignes, autant que
celles-ci ne compromettent pas les intérêt
russes. La France est solidaire de son
alliée.
LA BANDE DE ST-PIERRE
D'ALBIGNY
Émouvante confrontation
Chambéry, 20 janvier. Dépêche particu-
lière du u. Matin Il. La confrontation de
Passieux et de Lénardon a eu lieu ce ma-
tin la prison, où se poursuivront désormais
les interrogatoires, pour éviter les manifes-
tations qui se produisent sur le passage des
assassins.
Passieux a pleuré et a avoué le crime dont
il donne une version toute différente de celle
de Lénardon.
Passieux prétend n'avoir été dans cette af-
faire, comme dans le double crime de Coise,
qu'un témoin. Il a été entraîné par Lénar-
don ainsi que par Girard. Ce qui pourrait
donner créance à sa version, c'est que Lé-
nardon était familier dans la maison de la
victime.
Ayant soustrait une pièce de 20 francs, il
proposa à Lénardon de voler la vieille
femme, affirmant qu'elle avait une grosse
somme, 1,000 francs- disait-il. C'est Lénar-
don qui, très c i courant dns lieux, a péné-
tré tout d'abord par la fenêtre du premier
étage, hissant derrière lui Passieux, qui est
entré ensuite dans la chambre et s'est
rué sur la malheureuse, qu'il a étranglée.
Passieux a-wfue qu'il lui a tenu les pieds
pour l'empêcher de se débattre.
Les assassina seraient allés après dans
la cuisine où ils ont maneé'des pommes.
Passieux ne se souvient pas de la macabre
invention des pommes mâchées et introdui-
tes dans la bouche de la victime, et dont il
fait honneur è> l'imagination de Lénardon.
La confrontation a repris a deux heures
et demie. La mère de Passieux, venue de
Saint -Pierre-d'Albigny, a vu son fils. Tous
deux ont pleuré.
La seconde confrontation commencée à
deux heures et demie rie s'est terminée qu'à
cinq heures. Passieux et Lénardon main-
tiennent leur système de défense, Lénardon
chargeant Passieux, celui-ci réduisant sa
responsabilité au rôle de témoin. Il a dit
qu'il était perdu et qu'il n'avait plus dès lors
aucun intérêt à cacher la vérité. Il est le plus
ému des trois et il y a peut-être aussi une
autre raison pour que sa parole soit plus
sincère.
LES MINEURS ALLEMANDS ENSEVELIS
Berlin, 20 janvier. De notre corres-
pondant particulier (par téléphone).- Les
travaux de sauvetage dans la mine Holland
se poursuivent très activement, et les ébou-
lements ayant cessé, il. ne serait pas im-
possible qu'on parvînt cette nuit jusqu'aux
emmurés. On tgnore encore s'ils sont vi-
vants, ayant été dans l'impossibilité de
communiquer de nouveau avec eux.
L' OSSERVATORE R0MAN0
ET LE DISCOURS J3E_M. DOUMERGUE
RoME, 20 janvier. Dépêche particulière
du Matin n. VOsservatore romano, dans
une note de sa rédaction, traite le discours
de M. Doumergue de harangue de tribune
de troisième ordre dans un meeting de qua-
trième ordre. Il y trouve les caractéristiques
de la rhétorique habituelle des tribuns, les
mêmes insinuations et calomnies contre les
évêques, la même duplicité.
« M. Doumergue, dit-il, s'est bien gardé
d'accuser les écoles libres de répandre l'im-
moralité et d'ébranler les bases de l'armée,
tandis qu'à l'ombre du jacobinisme régnant
.croissent, fleurissent et se répandent la por-
nographie et Fantimilitajisme. »
NOUVELLES EN TROIS LIGNES
DÉPARTEMENTS
A Rouen, on retrouve en Seine le corps
du notaire Larosière, de Péronne, en fuite,
laissant un passif énorme. (F.)
PARIS
Mme Guillemau, 30. passage JemmaDes, à
Levaliois, est renversée, rue Cardinet,par une
auto, qui prend la fuite. A Beaujon.
C'est à la justice civile qu'est déféré le dé-
serteur Guillaume, qui le 9 janvier blessa 'un
agent à Saint-Deni-s.
DÉPARTEMENTS
Grand meeting de débitants à Châlons-
snT-M&rne ils protestent contre Ie projet Co-
chery. Les calés étaient fermés. (D. p.)
On Murait constaté un déficit important
dans la caisse d'un receveur des contributions
indirectes des environs de Lille. {Fournier.)
La Russie est toujours à quai à Marseille.
La grève de son équipage continue. La Ville-
de-Bône. prendra ses voyageurs. (Dép. part.)
A Brest. M. Chéron autorise les fournis-
seurs de conserves à sceller leurs boites avec
un composé de plomb et d'étain. (Dép. part.)
ÉTRANGER
De Rome Albert Cordon, dessinateur an
ministère de la marine, est arrêté sous l'incul-
pation de vol des plans de DreadnouahtAD.p.)
-Andrea Costa, vice-président de la Cham-
bre italienne et fondateur du socialisme en
Italie est mort hier à Imola. (D. p.)
M. Hinks, de l'observatoira de Cambridge
put observer avant-hier et hier la comète dé-
couverte par M. Drake, à Johannesburg. (D.p.)
Trois hommes ont été surpris par une
avalanche à Evoiene (Valais). Ils n'ont pas été
retrouvés. [Havas.)
Dans le golfe de Bristol, le steamer Para-
gon entre en collision avec le vapeur Excel-
«OT.Ce dernier coule. 2 hommes périssent,(L.)
De Vienne La femme divorcée de l'ex-
archiduc Léopold lui réclamait une pension.
Le tribunal se dit incompétent. (Dép. part.)
Pour une femme de 60 ans. deux octoge-
naires se querellent à Felseszilvacry (Hon-
grie). Revolver tous trois blessés. (Dép.part.)
-Partout en Allemagne les Inondations cau-
sent des dégâts. Le Rhin et la Moselle montent.
Villages et chantiers sont menacés. (D. p.)
Dimanche prochain le prince héritier de
Serbie aura une entrevue avec le roi de Bul-
garie à Sofia. (H.)
Le gouvernement américain persisterait
à exiger la dissolution de la combinaison des
railways Union Pacific et Southern Pacifle. H.
Le général uruguayen Médina qui fit pas-
ser par les armes 2 citoyens américains est
traduit devant les tribunaux. (H.)
THEATRES
Au Palais-Royal. la première de L'Eprou-
vette commencera ce soir à 8 h. 3/4 très exac-
tement.
ta maîtresse de Liabeuf est arrêtée
M. Picot, commissaire de police du quartier
Saint-Merri, était informé il y a deux jours
que l'ancienne maitresse du bandit Liabeuf,
Louise-Adrienne Delarue, dite la Grande-
Marcelle », déclarait à qui voulait l'entendre
que bientôt, à son tour, elle « dégringolerait
un « flic ». Le magistrat prévint les agents en
bourgeois Maugras et Vors les mêmes que
Liabeut voulait tuer e.t ceux-ci arrêtèrent
la femme apache au moment où elle sortait
hier soir d'un bar de la rue Beaubourg. La
« Grande-Marcelle » déclara 'à M. Picot que
ce n'était pas elle qui avait attaché les redou-
tables bracelets armés de clous que Liabeuf
portait aux bras.
Tout ce que je puis vous dire, ajout a-t-elle,
c'est que les trous dans lesquels ont été en-
foncés les clous furent percés à l'aide d'un
foret fourni par uü débitant de la rue Aubry-
le-Boucher. C'est ce même commerçant qui a
fourni également les lacets qui ont permis
d'attacher ces bracelets aux bras de Liabeuf.
Depuis l'arrestation de son amant, Adrienne
Delarue s'était fait tatouer sur le bras un bra-
celet formé de deux sabres de gardiens de la
paix avec cette devise: Mort aux v. !»
M. Picot a envoyé la « Grande-Marcelle au
Dépôt
Nouvelles et Documents
« JOURNAL OFFICIEL »
Le Journal officiel publie ce matin
Loi ayant pour objet de fixer l'époque de la con-
vocation des commissions chargées de dresser lts
listes préparatoires du jury criminel.
Justice. Un décret portant nomination d'offi-
ciers publics et ministériels.
Anatres étrangères. Des décrets portant promul-
gation de la convention signée à Mexico le 3 juin
1908, entre la France et le Mexique, pour assurer
la validité des mariages de leurs ressortissants célé-
brés par-devant leurs agents diplomatiques et con-
sulaires respectifs;
Un décret portant promulgation de la conven-
tion relative à l'amélioration des voies d'accès au
Slmplon, signée à Berne le 18 juin 1909, entre la
France et la Suisse;
Intérieur, Un décret portant attribution de
biens ecclésiastiques.
Commerce. Un décret nommant M. Domergue
courtier interprète et conducteur de navires à Mar-
LÉGION D'HONNEUR
Le Journal officiel publie ce matin les n0-
minations suivantes
Ministère DES AFFAIRES ÉTRANGÈRE
(Français d l'étranger.)
Au grade de chevalier
M. Weyl, directeur général adjoint de la
régie des tabacs ottomans.
(Etrangers résidaftt en France,.)
Au grade d'officier
MM. Guglielmiaiettl, citoyen suisse, méde-
cin hygiéniste
Magnin, citoyen américain, médecin en chef
de l'hôpital américain à Paris.
Au grade de chevalier
MM. Hamel, citoyen suisse, directeur à Pa-
ris de la succursale de la Banque russe pour
le commerce étraligar
Imans, sujet hollandais, industriel
De Marchena, sujet hollandais, sous-direc-
teur de la Compagnie française de l'exploita-
tion des procédés
Moricand. citoyen suisse, ingénieur des arts
et manufactures
Nicolet, citoyen suisse, artiste peintre;
De Palézieux, citoyen surisse, artiste pein-
tre
Piller. sujet anglais, industriel
Sitges, sujet espagnol, armateur à Alger
Spauldmg. citoyen américain, chirurgien
dentiste
Thompson, citoyen américain président de
l'Association de la presse anglo-américaine
de Paris, directeur parisien de V/issociated
Press ,•
Si Abd el Kader ben Abd el2lattt. Algérien.
agent consulaire de France à Tétouan.
A la suite de la délimitation de la frontière
du Cameroun, le gouvernement français a
décerné à M. de Lindequist, sous-secrétaire
d'Etat au département colonial allemand, la
plaque de grand-officier de la Légion d'hon-
neur deux conseillers intimes du ministère
des affaires étrangères ont été nommé offi.
ciers et quatre capitaines chevaliers.
Ministère DE L'msTBncnaN, publique
Au grade d'officier
M. Rébeillard, ouvriar d'art, conseiller mu-
nicipal de Paris.
Articles Politiques
A propos de la neutralîté scolaire
Le Gaulois, M. L. Desmoulws
M. Allard a cent fois raison lorsqu'il nous
laisse entendre qu'en chassant Dieu on a exilé
la morale. La conscience laïque s'incarnant
dans le gendarme, il suffit d'échapper à la
vigilance de ce militaire pour avoir l'âme
quiète et l'esprit en repos.
Depuis qu'on a diminué le nombre des prê-
tres, on a dû augmenter le contingent des gar-
diens de la paix. Depuis qu'on a sapé l'auto-
rité du clergé, il a fallu fortifier les agents de
police en les autorisant à se servir de leurs
armes contre ceux qui résistent à leurs som-
mations.
Chaque jour nous enregistrons nne longue
liste de vols et d'assassinats. C'est ce que M.
Allard, qui cultive l'euphémisme, appelle les
rapports des hommes entre eux
J'y vois, moi, le fruit naturel de l'école offi-
cielle, l'application logique des principes que
l'on y enseigne.
L'Aurore, M. Louis Puech
Si encore la question des manuels et de la
neutralité scolaire tirait quelque profit de
cette avalanche de considérations morales,
historiques, philosophiques ou géologiques.
Mais elle risque d'y être totalement noyée.
Espérons que M. le président du conseil, avec
son habituelle précision, mettra les choses au;
point et nous fixera en quelques mots sur les
seuls points qui présentent, semble-t-il. un vé-
ritable intérêt les manuels sont-ils réelle-
ment tendancieux La levée de boucliers des
évêques n'aurait-elle pas, à la veille des élec-
tions, un' caractère purement politique 7 Le
gouvernement est-il partisan du monopole. ?
Quelles mesures va-t-on prendre pour assurer
le développement et la sécurité de nos écoles
primaires
L'Eclair, M Ernest Judet
L'esprit souffle d'où il veut. Il a souffié hier
de l'extrême-gauche, et les critiques violentes
du groupe collectiviste consacrent la faillite
de l'enseignement officiel qui ne s'en relèvera
pas. Les radicaux sont fiers d'avoir affranchi
l'école du christianisme ils ont fatt la guerre
à Dieu. Mais 4ans leur temple ils ne l'ont
remplacé par rien, et selon la parole brutale
mais écrasante d'Allard Dieu enlevé, il n'y
a plus que des rapports des hommes entre
eux et rien autre. » Or les radicaux restent
des sectaires et des fanatiques en offrant aux
générations nouveHes la religion du néant.
C'est la contradiction capitale dont leur sys
tème meurt sans avoir vécu. Exiger le respect
d'un dogme abstrait qui n'a ni pour l'esprit ni
surtout pour l'àme une existence intelligible.
qui n'a pas de force obligatoire, c'est une chi-
mère et une duperie. r
L'Action, M. HENRY Bérenger
M. Steeg a présenté au Parlement une école
laïque où la majorité républicaine a reconnu
l'image de son idéal L'instituteur public n'est
pas un gardien de cimetière, mais un éveil-
leur d'avenir. La vraie neutralité ne consiste
pas à ne rien enseigner par peur d'offenser
l'enfant, mais à tout enseigner avec le respect
de l'enfant. On ne fonde pas une école natio-
nale sur la religion des choses mortes mais
sur l'intelligence du présent et sur la curio-
sité des choses qui vont naître. Il n'y a pas
d'école vraiment civique là où il n'y a pas la
confiance dans l'indépendance de la raison et
dans la souveraineté de la natian.
L'Echo de Paris, Junius
Quelques-uns pensent qu'il s'agit, en cette
affaire, des plus hautes questions de pt.iloso-
phie et de morale 1 Pour lés trois quarts des
députés, c'est quelque chose de bien plus sim-
ple. Il s'azit, tout bêtement, de faire servir
l'école primaire à détruire dans l'âme po-
pulaire tous les restés de la croyance en Dieu"
Voilà tout.
La Lanterne, éditorial
Les républicains, en défendant les mattres
de notre enseignement laïque, remplissent le
plus élémentaire de leurs devoirs. Ils recon-
naissent par là les services inappréciables que
ces modestes pionniers de la démocratie ren-
dent chaque jour, avec un dévouement inlas-
sable, à la République et à la France. Ils
montrent qu'ils comptent sur eux pour pour-
suivre l'œuvre de progrès dont ils sont les
bons ouvriers.
Ce sera le résultat le plus clair et le plus
précieux du grand débat ouvert sur la ques-
tion scolaire, que d'avoir révélé au pays le
péril de l'enseignement confessionnel et le
mérite incomparable de nos maîtres laïques.
^Le Soleil, M Ernest Renauld
Il n'y a pas de neutralité possible mais la
liberté d'miseignement est possible et elle ne
doit pas s'appuyer sur le pouvoir établi, mais
sur elle seule, afin que le parti gouvernant
n'opprime pas le parti gouverné.
L'AÉROPLANE D'OLIESLAGERS
PREND FEU DANS L'AIR
Oran, 20 janvier. Dépêche particulière
du Il Matin ». L'aviateur Oliestagers, qui
continuait cet après-midi ses essais à l'aéro?
drcme de la. Senia, a été victime d'un mal-
heureux accident.
Il avait effectué un tour de piste, et pour
montrer combien ils était mattre de son mo-
noplan Blériot, il décrivait des huit, quand
son pied gauche se prit dans un fil de trans-
mission. L'aviateur ne pouvant plus ma-
p.cEuvrer le gauchissement de l'appareil qui
s'inclinait fortement, donna pour le redres-
ser un vigoureux coup de gouvernail
profondeur.
Le monoplan, qui était alors à peu de hasû-
teur du sot, se redressa et s'éleva mais il
vint donner dans les fils télégraphiques bor-
dant la ligne de chemin de fer d'Oran à
Aïn-Temouchenl. Un des fils coupa le tubes
amenant l'essence du réservoir au carbu:
rateur. L'essence s'énflamma aussitôt en
quelques secondes l'aéroplane était en feu
et s'abattait sur le sol*
Olieslagers s'egt miraculeusement tiré da
cette chute. II n'a été que légèrement brûlé
à la figure. Le monoplan est complètement
anéanti.
La foule qui avait assisté avec une émo-
tion poignante à la chute de l'aviateur à
fait à celui-ci une touchante maniiestatkitt
de sympathie,
LA NOCE TRAGIQUE
Hier soir, à six heures et demie, une noc*
sortait d'un restaurant d'Issy-les-Moulineaux,
rue Jules-Gévelot. Les .invités. au nombre
d'une quarantaine, prirent place dans nne
grande tapissière et dès que le dernier fut
monté le cocher tonrna bride pour diriger
son attelage vers Boulogne. A ce moment pré-
cis arrivait le tramway d'Auteuil-Champ-de-
Mars, qui prit ta tapissière en. écharpe. La
choc flt tomber Rime, Hémon qui venait de
s'installer en arrière du véhicule et qui roula
sons les roues.
La malheureuse. qni demeurait, 95, boule:
vard Pereire. à Paris, mourut sur-le-champ, la
poitrine défoncée.
Trois autres blessés, après avoir reçu de*
soins dans une pharmacie, purent regagnez
leur domicile.
Drame de la misère
Un drame navrant a profondément ému hier
le quartier de la Maison-Blanche. Au numéro
28, rue Vahdrezanne habitaient depuis de lon-
gues années les époux Lefilleul le mari, Paul
Lefilleul. cinquante-trois ans. exerçant la pr0-
fession d'emballeur la femme, cinquante
ans. ménagère.
Les époux ne paraissaient certes point ri-
ches, mais rien cependant ne,pouvait faire
prévoir qu'un jour viendrait où, las de lutter
contre la misère, ils songeraient à en fini*
avec la vie.
Hier matin, étonnés de ne les avoir point
aperçus depuis la veille, des voisins s'inquié-
tèrent. On crocheta la porte du logement, et
sur le lit de la chambre, dont toutes les issues
avaient été soigneusement calfeutrées au mi-
lieu de laquelle un réchaud de charbon avait
fini de se consumer depuis plusieurs heurés'
déjà. on découvrit. étendus côte à côte, les ca-
davres des deux pauvres vieux..
DERNIÈRES NOUVELLES SPORTIVES
Aéronautique.
L'entraînement au camp de Chatons. Mourmb»
lon-le-Grand, 20 janvier. Dépêche particulière du
« Matin Sur biplan Farman, Edmond a fait
un vol superbe de 28 minutes à bonne hauteur La-
soir- a a effectué à 10 mètres un autre VoFde 2l'mu*
nutes; c'est sa troisième sortie r
Klnet, sur l'ancien appareil de Sommer, a effeetuô
plusieurs vols de 5 et 10 minutes.
Kuller a fait quelques essais sur l'appareil de Plie-
tage Antoinette.
'Sommer continue. Moozon, ïo janvier, Dépê-
che particulière du « Matin Sommer a volé
deux tours de huit minutes environ chargé de cent
cinquante kilos. La nuit l'a arrêté.
DERNIERS COURS ETRANGERS
Londres
Lotorss, 20 janvier. Par fil spécial- La Ban.
que d'Angleterre a réduit aujourd'hui à'3 1/2 0/0
le taux de son escompte et cette réduction, ainsi
que la diminution de la majorité ministérielle.
n'étalent pas sans plaire aux habitués On a ac-
clamé d'ailleurs vivement les succès unionistes au
fur et à mesure qu'on les annonçait. Il régnait, en
effet. une émotion et une gaieté générales telles.
que l'on semblait presque oublier les affaires. Les
Consolidés ont repris d'une façon sensible. Les
fonds d'Etat étrangers ont varié légèrement, dans les
deux sens. Les mines cuprifères ont été lourdes, pair
sympathie pour l'affaiblissement du métal. Les ml-
nes sud-africaines ont tait l'objet de transactions
assez considérables, et la tendance a été bonne, la
plupart des variations en clôture étant dans le sens
de la hausse.
Les Consolidés gagnent 5!16 à 82 13/16 au comptant
et à 82 7/8 a terme, (Ttmes.)
New-York
Nkw-Yohk. 20 janvier. La séance a été un peu
moins animée aujourd'hui, les transactions étant
évaluées à 1.087 .000 titres, dont 240.000 Steel Com-
mon, 104.000 Union. 93.000 Reading et 59.000 Rock
Island.
La tenue. qui a été très Irrégulière. menaçait par-
fois de dégénérer en faiblesse accentuée, mais les
attaques que livraient les baissiers ont rencontré
une résistance beaucoup plus énertrique que celle
qui était otferte depuis quelques jours, et Il s'est
produit une reprise importanté qui s'est maintenue
ji'squ'en clôture. Les derniers cours sont en avance
générale sur ceux de la veille. Le Lackawanna ga-
gne trente points. (Times.)
19 1AKV M JANV. 19 MMV. 83 JAMV-
LA TEMPÉRATURE
Le marnais temps persiste sur mer. tant et%
Méditerranée Que sur les cotes de l'Océan et
de la Manche.
HIER
Temps un peu frais,
couvert; le soir, pluie.
Baromètre
Thermomètre
AUJOURD'HUI
Le temps sera frais;
des averses restent
probables.
La pression atmo-
sphérique reste basse
sur toute l'Eutope
un minimum secon-
dire se trouve sur la
nord de l'Italie et le
vent souffle très fort
du nord-ouest au lar-
le de la Provence; un
mouvement de hausse.
barométrique se pro-
duit sur l'Irlande et
l'Ecosse quelques
averses sont encore
i probables en France.
1 avec température voi-»
sine de la normale..
LE MATH*
3"
'DÉPÊCHES DE DE NOS CORSES- ft
H PONDANTS PARTICULIERS ET
SERIVICE EXCLUSIF DE TOU-
I TES LES INFORMATIONS DU
If TIMES", TRANSMIS PAR
Nos FILS SPECIAUX
DERNIERE MEURE
if 'LE MATIN" EST LE SEUL
II JOURNAL DONNANT LA PRCH
VENANCE EXACTE DE TOUTES
t CHANT CHAQUE JOUR A LA. Il
^j POSTE DE SON HOTEL
LES ÉLECTIONS ANGLAISES
( < 163 conservateurs
LoNDRES, 20 janvier. Dépêche particu-
Iière du CI Matin rr. Les résultats com-
plets des.élections qui ont eu lieu hier dans
tes comtés n'ont été proclamés qu'au com-
m.encement de cet après-midi. Les différents
scrutins ruraux d'une même circonscrip-:
tjon sont en effet disséminés sur une éten-
due relativement considérable. Un certain
laps de temps devait donc forcément s'é-
couler avant que tous les résultats aient
été réunis, puis comptés au siège principal.
Nous savons maintenant que sur les
8$ sièges disputés hier, les conservateurs
opt gagné 18 sièges autrefois occupés par
des libéraux. Il est à noter qu'un de ces
Sièges a été perdu pour les ministériels,
celui de Cockermouth, comté de Cumber-,
land, par suite d'une division des voix en-
trç. le candidat libéral et le candidat socia-
liste.
Parmi les sièges que les libéraux ont con-
servés figurent celui de sir Edward Urey,
ministre des affaires étrangères, et celui de
M. Keir Hardie, le célèbre député socialiste.
Signe des temps M. Keir Hardie, malgré
sa popularité, a obtenu moins de voix que
le député libéral élu concurremment.
M. Herbert Samuel, sous-secrétaire d'Etat
a l'intérieur, est parvenu, fait rare en ces
élections, à doubler la majorité libérale
qji'il avait précédemment obtenue. Par
contre, les majorités libérales sont géné-
ralement réduites, et un revirement consi-
dérable s'est; produit dans 11 circonsorip-
tipn du sud-ouest du Kent, où une majorité
libérale de 1,200 voix s'est transformée en
une majorité conservatrice de 3,000 voix.
Ce soir, à sept heures, en comprenant
tous les membres élus au Parlement jus-
qu'à mercredi soir et' les députés nommés
aujourd'hui sans opposition, l'état des par-
üs est le suivant
Bjir 670 députés, 368 ont été élus.
'Ces 368 députés se répartissent ainsi
'Ministériels 2m
Conservateurs, 158
.Soit une majorité gouvernementale de 51.
Il est à remarquer que le chiffre de 18 per-
tes libérales hier sur 86 élections a dépassé
sensiblement les prévisions du parti qui
compte la journée d'Hier parmi ses jours de
malchance, étant donné surtout qu'aucun
gam n'est venu amortir le choc pénable des
pertes subies.
Ceci ne veut pas dire d'ailleurs que le parti
libéral soit en danger de perdre le gouverne-
ment, ni même une majorité suffisante pour
imposer le budget, Il eût fallu pour cela que
les conservateurs remportassent de haute
lutte un siège sur deux. Nous sommes en-
core, bien loin de ce chiffre.
,Il s'agit en réalité d'une déception plutôt
qiîé d'un danger pour le parti libéral. On
avait compté sur une belle démonstration de
fidélité de la part des populations rurales.
Elles se sont montrées des alliées médio-
cres, voire même susceptibles de passer à
l'ennemi en certains cas et sous certaines
pressions. Voilà tout.
Au fond, il ne faut pas nous en étonner
outre mesure, car voici ce qui s'est plus ou
moins passé dans les villages, dans les fer-
meSf, dans les plus pauvres masures qu'un
miracle de l'habitude seul maintient debout
i Promesses,
s'est présenté. Il a
serré la main du père, de la mère, embrassé
les enfants et leur a dit
N'oubliez pas que nous avons voté les
retraites pour la vieillesse qui donnent à
vos vieux et vous donneront à vous- 'même 1.,
droit de jouir en paix de vos derniers Wr
leils.
Et les paysans hoehalent la tête et di-
saient
Cest pourtant vrai 1
N'oubliez pas, continuait le candidat li-
béral, que l'une des raisons de votre pau-
vreté sans issue provient de ce que vous
ne' pouvez posséder de belles et bonnes ter-
res en friche que le maître de céans réserve
pour son plaisir ou laisse incultes par
manque de fonds. Que ne feriez-vous pas
pousser là-dessus ? Tous vos enfants y tron,
veraient à travailler, à développer leurs am-
bitions, à employer leurs bras en faisant à
la-'terre la blessure brutale de l'acier qui fé-
ronde. Eh bien, cette terre nous vous la
donnerons; mais pour cela il faut que vous
nous rendiez forts et què votre vote vienne
affirmer votre volonté d'acquérir.
Et l'homme, convaincu, promettait, séduit
par la perspective de n'être pas une charge
pour les siens en ses vieilles années. Son
amour de la propriété de la terre, jusqu'ici
toaccessir'e, lui donnait de l'amour pour le
gouvernement qui la lui promettait.
Mais voilà qu'à peine son premi:^ visiteur
'disparu au tournant d'un champ, on frap-
pait de nouveau sa portf Cette fois c'était
le candidat conservateur, et il n'était pas
seul. De nouveau rhum bip et illettrée fa-
mille subissait l'attaque souriante d'une ha-
,-Nous avons été émus, disait le second
orateur, de voir que vous ne pouviez plus
cultiver le blé avec pont. C'est une honte
que des milliers et des milliers de fermiers
aient été obligés denuis vingt ans d'abàn-
donner cette reine des cultures, impuissants
à lutter contre le froment étranger à bon
marché. Ceci va désormais cesser. Nous al-
lons imposer de deux shillings les blés
étrangers, et le paysan anelais couvrira
encore ses champs de la riche moisson'd'or.
Mais en 'lUi-mAme le fermier restait incré-
dule. Il savait bien que ce n'était pas un
Croit de deux shillings, mais bien de quatre
ou cinq q'j'il fallait pour lui permettre de re-
commencer avec profit la culture abandon-
Menaces
Alors l'ami du candidat, jusque-là silen-
cieux et voyant l'indécision se peindre" sur
la figure de l'homme des campagnes, éle-
vait à son tour la voix et disait d'un ton
patelin
̃ 11 faut voter conservateur, car si le
budget venait à 'entrer en vigueur, je serais
obligé, moi, ton lord, ton propriétaire, ton
employer, de réduire mes frais, d'augmen-
ter ton loyer. peut-être de te congédier.
• Alors que feras-tu de ta famille ? C'est dur
l'h;iver, quand on n'a pas de travail Ton
sort est entre tes mains. Tu vas lâcher la
proie pour l'ombre prends garde
Et ceci n'est point une histoire faite à
plaisir. Le duc de Portland et bien d'autres
se sont ainsi publiquement exprimés. Alors
incapable d'approfondir, apeuré à l'idée de
voir son gagne-pain diminué ou ravi, le
paysan promettait également au second
visiteur de se ranger de son côté dans la
bataille. Nous savons désormais qu'en plu-
sieurs comtés, il a tenu parole et éconduit
les libéraux.
Faut-il croire qu'il en sera de même pour
les- deux cents sièges qui restent encore à
disputer dans les campagnes, en dehors de
l'Ecosse, du Pays de Galles et de l'Irlande ?
Qn ne saurait, en ces jours d'élections
;moins qu'en tout autre, faire de pronostics,
mais on s'attend, dans les milieux libéraux
bîen informés, à subir une perte de trente
à quarante sièges.
Encore une fois, ceci n'infirme en rien
la ,.rentrée -au pouvoir des libéraux. C'est
une indication de l'incertitude créée dans les
esprits et de la lutte acharnée que l'on s'est
livrée de part et d'autre chaque, ville, chaque
hameau, chaque cottage étant considéré
comme une place forte qu'il fallait conqué-
rir à tout prix.
La situation des partis
LONDRES, 21 janvier, 1 heure du-matin.
Dépêche particulière dû Malin x. Hier
'jeudi, on a voté dans 47 circonscriptions.
Ainsi qu'il fallait s'y attendre, très peu de
résultats sont connus jusqu'à présent. La
plus grande partie en sera, publiée cet après-
midi seulement.
Cependant nous-savons déjà ce qu'il est
advenu de 12 sièges, dont 3 ,étaient unionis-
tes et 9 libéraux lors de la dissolution de la
Chambre en décembre 1909.
Sur les 9 sièges libéraux, les conserva-
teurs en ont con-nis 2 Middlesex-Brand-
ford et lIuntingdonshire.
Cette. proportion, si elle se maintient, est
tout à fait tranquillisante pour le parti li-
béral.
Par les élections d'hier nous en avons
fimi avec les villes anglaises .11 n'y aura plus
désormais de scrutins que dans les comtés,
en Ecosse, dans le Pays de Galles et en Ir-
lande..
A une heure ce matin, la situation est
exactement la suivante
Sur les 670 députés dont se compose la
Chambre des communies, 382 ont été élus.
l'heure actuelle.
Ces 382 députés se répartissent comme
suit
Ministériels (libéraux, socialistes. Man-
dais), 219
Soit une majorité ministérielle de 56 voix.
Les conservateurs gagnent en tout 73 siè-
ges et en perdent 12, soit un, gain net
de 61.
Incidents et accidents
LONDRES, 20 janvier. Dépêche particcu-
lière du Matin». Divers incidents, voire
même de graves accidents sont venus ajou-
ter à l'animation et à la surexcitation des
électeurs.
C'est ainsi qu'à Belfast (Irlande), cin-
quante-quatre votants opt été arrêtés aujour-
pour avoir commis un acte de fraude
électorale en voulant se substituer à d'au-
tres électeurs, dans le but de voter en leurs
lieu et place.
D'autre part, deux automobiles qui trans-
portaient des électeurs à la salle du scrutin
dans le Berwickshire, sont entrées en colli-
sion près de Gordon. Les deux voitures ont
subi des avaries considérables et M. Dick-
Lauder, personnage bien connu dans la ré-
gion, a été grièvement blessé.
Un clergymau des plus zélés wient de se
fa,ire sévèrement réprimander par son évê-
J^e pour, avoir donné à ses sentiments an-
tilibéraux une expansion à la fois trop pu-
blique et trop religieuse.
«iii a en effet convoqué ses paroissien
fidête à un Te Deum pour remercier le
Tout-Puissant d'avoir confondu les impies,
les socialistes et tous ses ennemis en gé-
néral, qui voulaient faire de Plumstesd un
Sir Henry Norman, qui dans le dernier
Parlement occupait une situation gouverne-
mentale dans le ministère des postes, et que
la volonté populaire a exclu pour quelque
temps de^Westininster, se plaint violemment
dans des lettres publiques de ce que des
paysans ont été expulsés de leur cottage par-
ce qu'ils' avaient .,manifesté leur intention de
voter pour le parti libéral. Il dit même que
de l'argent a été offert en public à plusieurs
de ses partisans afin de les détacher de sa
cause. Il entend donner suite à ses plaintes.
Enfin, à Newmarket, une foule hostile a,
dans la nuit de mercredi, brisé toutes les
vitres du club libéral à coups de pierres, et
les membres du club ont eu toutes les peines
du monde à s'échapper et à ne pas être la-
pidés.
Un seul d'entre eux a été blessé. Tous les
meubles sont brisés
Commentaires allemands
BERLIN, 20 janvier. Dépêche particu-
lière du « Matin n. Bien qu'ils observent
maintenant la plus grande réserve au su-
jet des élections anglaises, les journaux al-
lemands ne se dissimulent plus aujourd'hui
que le parti libéral a succombé dans la ta-
taille.
Les libéraux, il est vrai, conservent le
pouvoir grâce au concours des Irlandais,
mais ces derniers seront eux-mêmes la cau-
se de leur perte.
La conservatrice Gazette de la Croix écrit
à ce sujet
Les libéranx devront pour obtenir cette col-
laboration, faire -aux Irlandais des conces-
sions tendant à régler la question du home
rate conformément à leurs désirs.
Sur ce point ta Chambre des lords se mon-
trera également intransigeante. De nouveaux
et graves conflits sont donc inévitables, et
étant donnée la faible situation dans laquelle
se trouvera le parti libéral après les élections
il faut s'attendre à ce qu'Us amènent de nou-
LA GRÈCE VEUT CONVOQUER
UNE ASSEMBLÉE NATIONALE
ATHENEE, 20 janvier. Les négociations
se poursuivent entre les partis politiques et
la ligue militaire au sujet de lopporiunité
de convoquer une Assemblée nationale
On croit que le roi consentira à la convo-
cation de l'assemblée si les partis garantis-
sent une limitation des questions que l'as-
semblée pourrait discuter. On croit savoir
que le gouvernement ne partage pas les mô-
mes idées, mais son opimon est de peu d'im-
portance contre la volonté de la ligue et des
partis unis.
La première mesure qui suivrait la convo-
cation de l'assemblée serait la formation
d'un cabinet de coalition. L'un des princi-
paux avantages de la convocation d'une As-
semblée nationale serait de mettre fin à la
situation anormale actuelle et de reculer con"
sidérablement les élections parlementaires
qui sont maintenant imminentes, écartant
ainsi pour le moment la question de la pré-
sence des députés crétois au Parlement
d'Athènes. (Reuter.)
LE GOUVERNEMENT TURC
ET LES CRÉTOIS GRÉCOPHILES
Contantinople, 20 janvier. Après le con-
seil des ministres, tenu aujpurd'hui; la
Porte a adressé, par J'entremise des ambas-
sadeurs turcs auprès de toutes les grandes
puissances, une note protestant contre l'em-
ploi du nouveau timbre-poste crétois repré-
sentant l 'H el las, ainsi que contre les juge-
ments rendus dU nom du roi des Hellènes.
(Havas.)
LES CAUSES DE L'INCENDIE
DU PALAIS DE TCHERAGAN
CoiN'Stantinople, 20 janvier. La commis-
sion d'enquête a constaté que l'incendie du
Parlement n'est pas dû à un calorifère.
La commission incline à penser qu'il s'a-
git d'un crime; divers bruits répandus dans
la ville qui disent que l'incendie serait dû
à un complot anarchiste ne peuvent pas être
vérifiés.
D'après une décision du conseil des mi-
nistres la Chambre siégera au palais de
Riza pacha, ancien ministre de la guerre.
(Havas.)
L'EST DE LA FRANCE
SUBMERGÉ
Les ravages sont énormes
Chalons-sur-Marne, 20 janvier. La
Marne est complètement débordée en amont
et en aval de Chatons elle atteignait ce
matin la cote de 3 m. 45, soit 47 centimètres
de plus qu'hier.
En amont de Châlons, sur la voie ferrée et
les chaussées insubmersibles, les arbres
seuls émergent.
A Châlons, les maisons wroisinant la
Marne sont menacées d'inondation.
La crue continue. (Havas.)
Double noyade.
Tout. 20 janvier. Ce soir, trois person-
nes montées sur une barque naviguant sur
la Moselle, démesurément grossie, ont cha-
viré à la hauteur,du barrage' de Valcoùrt.
Deux de ces personnes se sont noyées
l'éclusier Rodolphe Broquière, âgé de trente
et un ans, originaire de Blaye (Gironde), et
M. Grutz, de Paris, qui était de passage ici
depuis huit jours. Le garde champêtre Ri-
chard s'est sauvé à la nage.
En raison de l'état de la rivière, toutes les
recherches sont impossibles. {Havas.)
La crue du Doubs.
BESANÇON, 20 janvier. Le Doubs a eu
une crue subite hier, et il a continué à mon-
ter toute la nuit et toute la journée. La crue
a atteint successivement 7 mètres. 8 mètres
et 8 m. 50, étiage que n'avait pas dépassé
la fameuse crue de 1882, et on annonce
de Voujeaucourt que la crue actuelle dépas-
sera de vingt centimètres celle de 1882. Tou-
te la plaine, Voujeaucourt et Montbéliard
sont inondés, et les communications sont
interrompues avec ces deux villes.
A Montbéliard, de nombreuses maisons
sont envahies par les eaux. Les employés
des postes et télégraphes sont cernes par
les inondations.
Une compagnie du génie de Besançon est
partie de cette ville pour aider au sauve-
tage des habitants.
De nombreux animaux passent sous les
ponts, emportés par le courant, ainsi que
des débris de maisons.
A Besançon, l'eau a envahi presque toutes
les caves et dans les bas quartiers elle pé-
nètre au rez-de-chaussée.
La rivière a emporté un stock de bois éva-
lué à plus d'un million, appartenant à des
papeteries. La pluie continue à tomber.
(Havas.)
BEsANçoN, 20 janvier. L'usine électrique
a été envahie par les eaux et ne fonctionne
plus. A l'usine à gaz, l'eau atteint quatre-
vingts, centimètres.
Pontarlier annonce une augmentation de
la crue du Doubs.
A Besançon, les ponts sont gardés mili-
tairement sur le pont de Battant on peut
encore passer, mais non stationner la cir-
culation est interdite sur les autres. Les rues
de la République, Goudimel, Gustave-Cour-
bet et le square Saint-Amour sont envahis
par l'eau les habitants, craignant le péril,
ont quitté leurs maisons. (Havas.)
BESANÇON, 20 janvier. On annonce que
cinq cents mètres cubes environ de bois
entraînés par les eaux se dirigent sur notre
ville. (Havas.)
Dans le Sud-Est.
Lyoa, 20 janvier. De notre correspon-
dant particulier (par téléphone). Les inon-
dations ont causé un véntable désastre dans
toute ta région, surtout à l'est et au nord de
Lyon. Je me borne à vous transmettre celles
qui concernent la Haute-Savoie, l'Ain et le
Rhône. 0
Dans 'la région d'Annecy les phies inces-
santes qui tombent depuis deux ou trois
jours ont fait augmenter dans des propor-
tions' extraordinaires' le débit de certains
cours d'eau. Aux célèbres gorges du Fier,
l'eau est montée d'une vingtaine de mètres,
inondant les galeries et le chalet restaurant.
A Annecy, le lac a envahi la splendide pro-1
menade du Paquer. Il déborde à Albigny,
à Duingt et à Saint-Jorioz. La circulation
sur les routes est impossible.
A Cluses, les inondations s'étendent de
plus en plus. La vallée de l'Arve forme de
grands lacs; les torrents débordent de tou-
tes parts sur le territoire du canton de Clu-
ses. La route des Alpes de Grenoble à Tho-
non s'est effondrée en trois endroits. Les com-
munications sont par suite coupées. Des glis-
sements de terrain sont à craindre, notam-
ment entre Saint-Sigismond et la Rivière.
De Saint-Julien-en-Genevois on signale que
tous les ruisseaux ont grossi démesurément.
La route de Seyssel-Frangy-Annecy est cou-
pée en plusieurs endroits. Le service auto-
mobile est interrompu. Le pont de Sarzin
a été emporté.
Enfin à Lyon, le Rhône atteint 5 mètres au-
dessus de l'étiage. Il monte toujours. Un
bateau-lavoir a sombré. La crue de la Saône
sera plus dangereuse encore, mais elle mon-
te plus lentement.
On démolit les ponts.
Chambéry, 20 janvier. On signale de
graves dégâts à Saint-Jean-de-le-Porte les
maisons sont envahies par le torrent Morlier
qui menace de détruire le village.
A Albigny, l'administration des ponts et
chaussées a ordonné de démolir des ponts.
{Havas.)
Chindriedx, 20 janvier. Dépêche parti.
culière du « Matin ». La ligne Culoz-Mo-
dane?iest coupée entre les gares de Chins
drieux et Aix-les-Bains.
Trois trains bloqués.
Beixegarde, 20 janvier. La circulation
sur la ligne de BeJlegarde à Divonne est in-
terrompue par suite d'éboulements. La ligne
de Lyon à Genève est coupée en deux en-
droits entre Bellegarde et Seyssel, où trois
trains ont été bloqués.
Depuis midi les trains de cette direction
sont acheminés sur la ligne de Bellegarde à
Nantua et Bourg. (Havas.j
LES INONDATIONS EN SUISSE
Genève, 20 janvier. De notre correspon-
dant particulier (par téléphone). La plnie
persiste dans toute la Suisse. Cependant la
température a fraîchi dans les hautes mon-
tagnes et ta fonte des neiges a cessé. Aussi
croit-on que la situation va s'améliorer. Du
reste, l'eau baisse partout
̃ Dans le Jura bernois, à Tramelan, un
homme et deux enfants ont été emportés
par l'eau. L'homme et un des enfants ont
été sauvés, l'autre enfant a été noyé.
C'est dans le Valais que la situation reste
le plus grave. A Sion, le tocsin a sonné
toute la journée encore, car la Sonne conti-
nue à enfler et menace la route de Grand-
Pont. Dans certaines villas l'cau atteint le
premier étage et les habitar'.3 ont dû s'en-
fuir.
L'espress de Milan à Paris a été arrêta
près de Sien et il a été nécessaire de trana
border les voyageurs.
LA NEUTRALISATION
DES RAILWAYS MANDCHOURIENS
Saint-Pétersboubg, 21 janvier. Dépêche
particulière dit tlfatin ». M. Isvolski
remettra demain aux Etats-Unis la réponse
du gouvernement russe déclarant que la
P,ussie ne voit aucune raison de neutrali-
ser les chemins de fer de Mandchourie,mais
qu'il est pu2t à discuter la proposition de
construire de nouvelles lignes, autant que
celles-ci ne compromettent pas les intérêt
russes. La France est solidaire de son
alliée.
LA BANDE DE ST-PIERRE
D'ALBIGNY
Émouvante confrontation
Chambéry, 20 janvier. Dépêche particu-
lière du u. Matin Il. La confrontation de
Passieux et de Lénardon a eu lieu ce ma-
tin la prison, où se poursuivront désormais
les interrogatoires, pour éviter les manifes-
tations qui se produisent sur le passage des
assassins.
Passieux a pleuré et a avoué le crime dont
il donne une version toute différente de celle
de Lénardon.
Passieux prétend n'avoir été dans cette af-
faire, comme dans le double crime de Coise,
qu'un témoin. Il a été entraîné par Lénar-
don ainsi que par Girard. Ce qui pourrait
donner créance à sa version, c'est que Lé-
nardon était familier dans la maison de la
victime.
Ayant soustrait une pièce de 20 francs, il
proposa à Lénardon de voler la vieille
femme, affirmant qu'elle avait une grosse
somme, 1,000 francs- disait-il. C'est Lénar-
don qui, très c i courant dns lieux, a péné-
tré tout d'abord par la fenêtre du premier
étage, hissant derrière lui Passieux, qui est
entré ensuite dans la chambre et s'est
rué sur la malheureuse, qu'il a étranglée.
Passieux a-wfue qu'il lui a tenu les pieds
pour l'empêcher de se débattre.
Les assassina seraient allés après dans
la cuisine où ils ont maneé'des pommes.
Passieux ne se souvient pas de la macabre
invention des pommes mâchées et introdui-
tes dans la bouche de la victime, et dont il
fait honneur è> l'imagination de Lénardon.
La confrontation a repris a deux heures
et demie. La mère de Passieux, venue de
Saint -Pierre-d'Albigny, a vu son fils. Tous
deux ont pleuré.
La seconde confrontation commencée à
deux heures et demie rie s'est terminée qu'à
cinq heures. Passieux et Lénardon main-
tiennent leur système de défense, Lénardon
chargeant Passieux, celui-ci réduisant sa
responsabilité au rôle de témoin. Il a dit
qu'il était perdu et qu'il n'avait plus dès lors
aucun intérêt à cacher la vérité. Il est le plus
ému des trois et il y a peut-être aussi une
autre raison pour que sa parole soit plus
sincère.
LES MINEURS ALLEMANDS ENSEVELIS
Berlin, 20 janvier. De notre corres-
pondant particulier (par téléphone).- Les
travaux de sauvetage dans la mine Holland
se poursuivent très activement, et les ébou-
lements ayant cessé, il. ne serait pas im-
possible qu'on parvînt cette nuit jusqu'aux
emmurés. On tgnore encore s'ils sont vi-
vants, ayant été dans l'impossibilité de
communiquer de nouveau avec eux.
L' OSSERVATORE R0MAN0
ET LE DISCOURS J3E_M. DOUMERGUE
RoME, 20 janvier. Dépêche particulière
du Matin n. VOsservatore romano, dans
une note de sa rédaction, traite le discours
de M. Doumergue de harangue de tribune
de troisième ordre dans un meeting de qua-
trième ordre. Il y trouve les caractéristiques
de la rhétorique habituelle des tribuns, les
mêmes insinuations et calomnies contre les
évêques, la même duplicité.
« M. Doumergue, dit-il, s'est bien gardé
d'accuser les écoles libres de répandre l'im-
moralité et d'ébranler les bases de l'armée,
tandis qu'à l'ombre du jacobinisme régnant
.croissent, fleurissent et se répandent la por-
nographie et Fantimilitajisme. »
NOUVELLES EN TROIS LIGNES
DÉPARTEMENTS
A Rouen, on retrouve en Seine le corps
du notaire Larosière, de Péronne, en fuite,
laissant un passif énorme. (F.)
PARIS
Mme Guillemau, 30. passage JemmaDes, à
Levaliois, est renversée, rue Cardinet,par une
auto, qui prend la fuite. A Beaujon.
C'est à la justice civile qu'est déféré le dé-
serteur Guillaume, qui le 9 janvier blessa 'un
agent à Saint-Deni-s.
DÉPARTEMENTS
Grand meeting de débitants à Châlons-
snT-M&rne ils protestent contre Ie projet Co-
chery. Les calés étaient fermés. (D. p.)
On Murait constaté un déficit important
dans la caisse d'un receveur des contributions
indirectes des environs de Lille. {Fournier.)
La Russie est toujours à quai à Marseille.
La grève de son équipage continue. La Ville-
de-Bône. prendra ses voyageurs. (Dép. part.)
A Brest. M. Chéron autorise les fournis-
seurs de conserves à sceller leurs boites avec
un composé de plomb et d'étain. (Dép. part.)
ÉTRANGER
De Rome Albert Cordon, dessinateur an
ministère de la marine, est arrêté sous l'incul-
pation de vol des plans de DreadnouahtAD.p.)
-Andrea Costa, vice-président de la Cham-
bre italienne et fondateur du socialisme en
Italie est mort hier à Imola. (D. p.)
M. Hinks, de l'observatoira de Cambridge
put observer avant-hier et hier la comète dé-
couverte par M. Drake, à Johannesburg. (D.p.)
Trois hommes ont été surpris par une
avalanche à Evoiene (Valais). Ils n'ont pas été
retrouvés. [Havas.)
Dans le golfe de Bristol, le steamer Para-
gon entre en collision avec le vapeur Excel-
«OT.Ce dernier coule. 2 hommes périssent,(L.)
De Vienne La femme divorcée de l'ex-
archiduc Léopold lui réclamait une pension.
Le tribunal se dit incompétent. (Dép. part.)
Pour une femme de 60 ans. deux octoge-
naires se querellent à Felseszilvacry (Hon-
grie). Revolver tous trois blessés. (Dép.part.)
-Partout en Allemagne les Inondations cau-
sent des dégâts. Le Rhin et la Moselle montent.
Villages et chantiers sont menacés. (D. p.)
Dimanche prochain le prince héritier de
Serbie aura une entrevue avec le roi de Bul-
garie à Sofia. (H.)
Le gouvernement américain persisterait
à exiger la dissolution de la combinaison des
railways Union Pacific et Southern Pacifle. H.
Le général uruguayen Médina qui fit pas-
ser par les armes 2 citoyens américains est
traduit devant les tribunaux. (H.)
THEATRES
Au Palais-Royal. la première de L'Eprou-
vette commencera ce soir à 8 h. 3/4 très exac-
tement.
ta maîtresse de Liabeuf est arrêtée
M. Picot, commissaire de police du quartier
Saint-Merri, était informé il y a deux jours
que l'ancienne maitresse du bandit Liabeuf,
Louise-Adrienne Delarue, dite la Grande-
Marcelle », déclarait à qui voulait l'entendre
que bientôt, à son tour, elle « dégringolerait
un « flic ». Le magistrat prévint les agents en
bourgeois Maugras et Vors les mêmes que
Liabeut voulait tuer e.t ceux-ci arrêtèrent
la femme apache au moment où elle sortait
hier soir d'un bar de la rue Beaubourg. La
« Grande-Marcelle » déclara 'à M. Picot que
ce n'était pas elle qui avait attaché les redou-
tables bracelets armés de clous que Liabeuf
portait aux bras.
Tout ce que je puis vous dire, ajout a-t-elle,
c'est que les trous dans lesquels ont été en-
foncés les clous furent percés à l'aide d'un
foret fourni par uü débitant de la rue Aubry-
le-Boucher. C'est ce même commerçant qui a
fourni également les lacets qui ont permis
d'attacher ces bracelets aux bras de Liabeuf.
Depuis l'arrestation de son amant, Adrienne
Delarue s'était fait tatouer sur le bras un bra-
celet formé de deux sabres de gardiens de la
paix avec cette devise: Mort aux v. !»
M. Picot a envoyé la « Grande-Marcelle au
Dépôt
Nouvelles et Documents
« JOURNAL OFFICIEL »
Le Journal officiel publie ce matin
Loi ayant pour objet de fixer l'époque de la con-
vocation des commissions chargées de dresser lts
listes préparatoires du jury criminel.
Justice. Un décret portant nomination d'offi-
ciers publics et ministériels.
Anatres étrangères. Des décrets portant promul-
gation de la convention signée à Mexico le 3 juin
1908, entre la France et le Mexique, pour assurer
la validité des mariages de leurs ressortissants célé-
brés par-devant leurs agents diplomatiques et con-
sulaires respectifs;
Un décret portant promulgation de la conven-
tion relative à l'amélioration des voies d'accès au
Slmplon, signée à Berne le 18 juin 1909, entre la
France et la Suisse;
Intérieur, Un décret portant attribution de
biens ecclésiastiques.
Commerce. Un décret nommant M. Domergue
courtier interprète et conducteur de navires à Mar-
LÉGION D'HONNEUR
Le Journal officiel publie ce matin les n0-
minations suivantes
Ministère DES AFFAIRES ÉTRANGÈRE
(Français d l'étranger.)
Au grade de chevalier
M. Weyl, directeur général adjoint de la
régie des tabacs ottomans.
(Etrangers résidaftt en France,.)
Au grade d'officier
MM. Guglielmiaiettl, citoyen suisse, méde-
cin hygiéniste
Magnin, citoyen américain, médecin en chef
de l'hôpital américain à Paris.
Au grade de chevalier
MM. Hamel, citoyen suisse, directeur à Pa-
ris de la succursale de la Banque russe pour
le commerce étraligar
Imans, sujet hollandais, industriel
De Marchena, sujet hollandais, sous-direc-
teur de la Compagnie française de l'exploita-
tion des procédés
Moricand. citoyen suisse, ingénieur des arts
et manufactures
Nicolet, citoyen suisse, artiste peintre;
De Palézieux, citoyen surisse, artiste pein-
tre
Piller. sujet anglais, industriel
Sitges, sujet espagnol, armateur à Alger
Spauldmg. citoyen américain, chirurgien
dentiste
Thompson, citoyen américain président de
l'Association de la presse anglo-américaine
de Paris, directeur parisien de V/issociated
Press ,•
Si Abd el Kader ben Abd el2lattt. Algérien.
agent consulaire de France à Tétouan.
A la suite de la délimitation de la frontière
du Cameroun, le gouvernement français a
décerné à M. de Lindequist, sous-secrétaire
d'Etat au département colonial allemand, la
plaque de grand-officier de la Légion d'hon-
neur deux conseillers intimes du ministère
des affaires étrangères ont été nommé offi.
ciers et quatre capitaines chevaliers.
Ministère DE L'msTBncnaN, publique
Au grade d'officier
M. Rébeillard, ouvriar d'art, conseiller mu-
nicipal de Paris.
Articles Politiques
A propos de la neutralîté scolaire
Le Gaulois, M. L. Desmoulws
M. Allard a cent fois raison lorsqu'il nous
laisse entendre qu'en chassant Dieu on a exilé
la morale. La conscience laïque s'incarnant
dans le gendarme, il suffit d'échapper à la
vigilance de ce militaire pour avoir l'âme
quiète et l'esprit en repos.
Depuis qu'on a diminué le nombre des prê-
tres, on a dû augmenter le contingent des gar-
diens de la paix. Depuis qu'on a sapé l'auto-
rité du clergé, il a fallu fortifier les agents de
police en les autorisant à se servir de leurs
armes contre ceux qui résistent à leurs som-
mations.
Chaque jour nous enregistrons nne longue
liste de vols et d'assassinats. C'est ce que M.
Allard, qui cultive l'euphémisme, appelle les
rapports des hommes entre eux
J'y vois, moi, le fruit naturel de l'école offi-
cielle, l'application logique des principes que
l'on y enseigne.
L'Aurore, M. Louis Puech
Si encore la question des manuels et de la
neutralité scolaire tirait quelque profit de
cette avalanche de considérations morales,
historiques, philosophiques ou géologiques.
Mais elle risque d'y être totalement noyée.
Espérons que M. le président du conseil, avec
son habituelle précision, mettra les choses au;
point et nous fixera en quelques mots sur les
seuls points qui présentent, semble-t-il. un vé-
ritable intérêt les manuels sont-ils réelle-
ment tendancieux La levée de boucliers des
évêques n'aurait-elle pas, à la veille des élec-
tions, un' caractère purement politique 7 Le
gouvernement est-il partisan du monopole. ?
Quelles mesures va-t-on prendre pour assurer
le développement et la sécurité de nos écoles
primaires
L'Eclair, M Ernest Judet
L'esprit souffle d'où il veut. Il a souffié hier
de l'extrême-gauche, et les critiques violentes
du groupe collectiviste consacrent la faillite
de l'enseignement officiel qui ne s'en relèvera
pas. Les radicaux sont fiers d'avoir affranchi
l'école du christianisme ils ont fatt la guerre
à Dieu. Mais 4ans leur temple ils ne l'ont
remplacé par rien, et selon la parole brutale
mais écrasante d'Allard Dieu enlevé, il n'y
a plus que des rapports des hommes entre
eux et rien autre. » Or les radicaux restent
des sectaires et des fanatiques en offrant aux
générations nouveHes la religion du néant.
C'est la contradiction capitale dont leur sys
tème meurt sans avoir vécu. Exiger le respect
d'un dogme abstrait qui n'a ni pour l'esprit ni
surtout pour l'àme une existence intelligible.
qui n'a pas de force obligatoire, c'est une chi-
mère et une duperie. r
L'Action, M. HENRY Bérenger
M. Steeg a présenté au Parlement une école
laïque où la majorité républicaine a reconnu
l'image de son idéal L'instituteur public n'est
pas un gardien de cimetière, mais un éveil-
leur d'avenir. La vraie neutralité ne consiste
pas à ne rien enseigner par peur d'offenser
l'enfant, mais à tout enseigner avec le respect
de l'enfant. On ne fonde pas une école natio-
nale sur la religion des choses mortes mais
sur l'intelligence du présent et sur la curio-
sité des choses qui vont naître. Il n'y a pas
d'école vraiment civique là où il n'y a pas la
confiance dans l'indépendance de la raison et
dans la souveraineté de la natian.
L'Echo de Paris, Junius
Quelques-uns pensent qu'il s'agit, en cette
affaire, des plus hautes questions de pt.iloso-
phie et de morale 1 Pour lés trois quarts des
députés, c'est quelque chose de bien plus sim-
ple. Il s'azit, tout bêtement, de faire servir
l'école primaire à détruire dans l'âme po-
pulaire tous les restés de la croyance en Dieu"
Voilà tout.
La Lanterne, éditorial
Les républicains, en défendant les mattres
de notre enseignement laïque, remplissent le
plus élémentaire de leurs devoirs. Ils recon-
naissent par là les services inappréciables que
ces modestes pionniers de la démocratie ren-
dent chaque jour, avec un dévouement inlas-
sable, à la République et à la France. Ils
montrent qu'ils comptent sur eux pour pour-
suivre l'œuvre de progrès dont ils sont les
bons ouvriers.
Ce sera le résultat le plus clair et le plus
précieux du grand débat ouvert sur la ques-
tion scolaire, que d'avoir révélé au pays le
péril de l'enseignement confessionnel et le
mérite incomparable de nos maîtres laïques.
^Le Soleil, M Ernest Renauld
Il n'y a pas de neutralité possible mais la
liberté d'miseignement est possible et elle ne
doit pas s'appuyer sur le pouvoir établi, mais
sur elle seule, afin que le parti gouvernant
n'opprime pas le parti gouverné.
L'AÉROPLANE D'OLIESLAGERS
PREND FEU DANS L'AIR
Oran, 20 janvier. Dépêche particulière
du Il Matin ». L'aviateur Oliestagers, qui
continuait cet après-midi ses essais à l'aéro?
drcme de la. Senia, a été victime d'un mal-
heureux accident.
Il avait effectué un tour de piste, et pour
montrer combien ils était mattre de son mo-
noplan Blériot, il décrivait des huit, quand
son pied gauche se prit dans un fil de trans-
mission. L'aviateur ne pouvant plus ma-
p.cEuvrer le gauchissement de l'appareil qui
s'inclinait fortement, donna pour le redres-
ser un vigoureux coup de gouvernail
profondeur.
Le monoplan, qui était alors à peu de hasû-
teur du sot, se redressa et s'éleva mais il
vint donner dans les fils télégraphiques bor-
dant la ligne de chemin de fer d'Oran à
Aïn-Temouchenl. Un des fils coupa le tubes
amenant l'essence du réservoir au carbu:
rateur. L'essence s'énflamma aussitôt en
quelques secondes l'aéroplane était en feu
et s'abattait sur le sol*
Olieslagers s'egt miraculeusement tiré da
cette chute. II n'a été que légèrement brûlé
à la figure. Le monoplan est complètement
anéanti.
La foule qui avait assisté avec une émo-
tion poignante à la chute de l'aviateur à
fait à celui-ci une touchante maniiestatkitt
de sympathie,
LA NOCE TRAGIQUE
Hier soir, à six heures et demie, une noc*
sortait d'un restaurant d'Issy-les-Moulineaux,
rue Jules-Gévelot. Les .invités. au nombre
d'une quarantaine, prirent place dans nne
grande tapissière et dès que le dernier fut
monté le cocher tonrna bride pour diriger
son attelage vers Boulogne. A ce moment pré-
cis arrivait le tramway d'Auteuil-Champ-de-
Mars, qui prit ta tapissière en. écharpe. La
choc flt tomber Rime, Hémon qui venait de
s'installer en arrière du véhicule et qui roula
sons les roues.
La malheureuse. qni demeurait, 95, boule:
vard Pereire. à Paris, mourut sur-le-champ, la
poitrine défoncée.
Trois autres blessés, après avoir reçu de*
soins dans une pharmacie, purent regagnez
leur domicile.
Drame de la misère
Un drame navrant a profondément ému hier
le quartier de la Maison-Blanche. Au numéro
28, rue Vahdrezanne habitaient depuis de lon-
gues années les époux Lefilleul le mari, Paul
Lefilleul. cinquante-trois ans. exerçant la pr0-
fession d'emballeur la femme, cinquante
ans. ménagère.
Les époux ne paraissaient certes point ri-
ches, mais rien cependant ne,pouvait faire
prévoir qu'un jour viendrait où, las de lutter
contre la misère, ils songeraient à en fini*
avec la vie.
Hier matin, étonnés de ne les avoir point
aperçus depuis la veille, des voisins s'inquié-
tèrent. On crocheta la porte du logement, et
sur le lit de la chambre, dont toutes les issues
avaient été soigneusement calfeutrées au mi-
lieu de laquelle un réchaud de charbon avait
fini de se consumer depuis plusieurs heurés'
déjà. on découvrit. étendus côte à côte, les ca-
davres des deux pauvres vieux..
DERNIÈRES NOUVELLES SPORTIVES
Aéronautique.
L'entraînement au camp de Chatons. Mourmb»
lon-le-Grand, 20 janvier. Dépêche particulière du
« Matin Sur biplan Farman, Edmond a fait
un vol superbe de 28 minutes à bonne hauteur La-
soir- a a effectué à 10 mètres un autre VoFde 2l'mu*
nutes; c'est sa troisième sortie r
Klnet, sur l'ancien appareil de Sommer, a effeetuô
plusieurs vols de 5 et 10 minutes.
Kuller a fait quelques essais sur l'appareil de Plie-
tage Antoinette.
'Sommer continue. Moozon, ïo janvier, Dépê-
che particulière du « Matin Sommer a volé
deux tours de huit minutes environ chargé de cent
cinquante kilos. La nuit l'a arrêté.
DERNIERS COURS ETRANGERS
Londres
Lotorss, 20 janvier. Par fil spécial- La Ban.
que d'Angleterre a réduit aujourd'hui à'3 1/2 0/0
le taux de son escompte et cette réduction, ainsi
que la diminution de la majorité ministérielle.
n'étalent pas sans plaire aux habitués On a ac-
clamé d'ailleurs vivement les succès unionistes au
fur et à mesure qu'on les annonçait. Il régnait, en
effet. une émotion et une gaieté générales telles.
que l'on semblait presque oublier les affaires. Les
Consolidés ont repris d'une façon sensible. Les
fonds d'Etat étrangers ont varié légèrement, dans les
deux sens. Les mines cuprifères ont été lourdes, pair
sympathie pour l'affaiblissement du métal. Les ml-
nes sud-africaines ont tait l'objet de transactions
assez considérables, et la tendance a été bonne, la
plupart des variations en clôture étant dans le sens
de la hausse.
Les Consolidés gagnent 5!16 à 82 13/16 au comptant
et à 82 7/8 a terme, (Ttmes.)
New-York
Nkw-Yohk. 20 janvier. La séance a été un peu
moins animée aujourd'hui, les transactions étant
évaluées à 1.087 .000 titres, dont 240.000 Steel Com-
mon, 104.000 Union. 93.000 Reading et 59.000 Rock
Island.
La tenue. qui a été très Irrégulière. menaçait par-
fois de dégénérer en faiblesse accentuée, mais les
attaques que livraient les baissiers ont rencontré
une résistance beaucoup plus énertrique que celle
qui était otferte depuis quelques jours, et Il s'est
produit une reprise importanté qui s'est maintenue
ji'squ'en clôture. Les derniers cours sont en avance
générale sur ceux de la veille. Le Lackawanna ga-
gne trente points. (Times.)
19 1AKV M JANV. 19 MMV. 83 JAMV-
LA TEMPÉRATURE
Le marnais temps persiste sur mer. tant et%
Méditerranée Que sur les cotes de l'Océan et
de la Manche.
HIER
Temps un peu frais,
couvert; le soir, pluie.
Baromètre
Thermomètre
AUJOURD'HUI
Le temps sera frais;
des averses restent
probables.
La pression atmo-
sphérique reste basse
sur toute l'Eutope
un minimum secon-
dire se trouve sur la
nord de l'Italie et le
vent souffle très fort
du nord-ouest au lar-
le de la Provence; un
mouvement de hausse.
barométrique se pro-
duit sur l'Irlande et
l'Ecosse quelques
averses sont encore
i probables en France.
1 avec température voi-»
sine de la normale..
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