Titre : Le Matin : derniers télégrammes de la nuit
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1908-08-20
Contributeur : Edwards, Alfred (1856-1914). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328123058
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 20 août 1908 20 août 1908
Description : 1908/08/20 (Numéro 8941). 1908/08/20 (Numéro 8941).
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 13/05/2008
8941 n
SES LES 8'LOBE
S “«, Jèïuff ^Ô Août et
Les Blouses. grises
Ce cpie savent faire
Je vous ai, je crois; conté jadis cette
.scène:.
Elle se passe à l'aûtre bout de Parïs,
pue de' Vânves. Au. numéro 172, se trou-
ve un baraquement construit en forme
porte, on lit cette. inscription «'Société
française de secours aux blessés mili-
taires, Trois fois par semaine( des
automobiles luxueuses, des coupés frin-
gants viennent s'arrêter là-devant et dé-
posent de grandes dames ou des jeunes'
.Biles dont nous pouvons lire les noms
chaque jour à la rubrique mondaine des
journaux aristocratiques Elles laissent
d'ailleurs leurs titres avec leurs bagues à
¥la porte, et si, parmi elles, se trouvait
Quelque roturière, ce n'est pas le cos-
tume qui la trahirait, car toutes portent
une blouse grise sur laquelle, à la poi-
trine, se détache une petite croix rouge.
La. séance commence, aussitôt. On in-
traduit; tous les malades, tous lés éclo-
pés, tous les infirmes, clieiïts ordinaires
de dispensaires et d'hospices. ,A chacun
d'eux; le médecin ou le chirurgien de'
service indique le remède, ordonne une
prescription eh même temps qu'il fait
"un, rapide cours à ses auditrices. Puis,
..on passe dans une grande. salle rectan-
"guîaire» propre 'et bien éclairée, où la
plupart des miséreux ont été assemblés.
'C'est l'heure du pansement, et ce sont
tes blouses grisés, elles-mêmes, qui
opèrent. Il y a là des plaies mons-
trueuses qui sdnt soudain mises à jouc
:U Y a dés blessures puantes, abomi-
nables; il y a de pauvres membres
humains écrasés, déformés, retournés; il
y" a des odeurs affreuses et des contacts
plus affreux encore. Cependant les
grandes dames. et les belles jeunes filles
s'agenouillent sur les dalles, sourient
comme dans les valses, défont douce-
ment, de leurs doigts blancs les linges
noirâtres, approchent leurs visages
près, très près des ulcères, les lavent,
les imbibent; les pansent, lès bandent.
Pourquoi elles font cela ? Tout simple-
ment pour qu'au bout de deu ou trois
ans elles soient admises à apposer leur
nom au bas d'un papier'ainsi conçu
« Je soussignée, diplômée de la So-
ciété française dé. secours, aux blessés
hulifaire s, J m'engage à remplir,, en
temps de guerren les fonctions de dame
infirmière^. »
Oui, ellesr ont cette ambition êtçe.
mobilisées, en temps de guerre,' aller se
battre contre la mort, tandis. que leurs
maris, leurs; frères ou leurs fils iront se
battre pour le pays. Et elles seraient mo-
bilisées, en 'effet leurs noms à toutes
figurent.surun « état» quelconque au
ministère de la guerre, elles sont un des
rouages de l'immense machine mili-
taire, il y a pour ell'es, dans les caves
de la Banqué de France, quelques mil-
lions à leurs disposition, et le jour même
de la déclaration des, hostilités elles
entreraient en campagne.
.Elles y sont entrées l'an dernier, lors
de l'expédition de Casablanca.
Pour la pcemièrê fois, dans l'histoire
militaire de la Eraiice, on à vu des fem-
mes, des laïques, incorporées purement
et simplement dans les cadres de l'ar-
mée, placées sous les ordres directs
d'officiers du corps de santé, n'ayant
qu'à leur obéir et à. exécuter, sous leur
direction, toutes les fâches que comporte
te service des ambulances en temps de
guerre.
.On eh envoya douze à Casablanca, six
à Lalla-Marnia, quatre à Tlemcen. Des
noms ?. Il y avait, à Casablanca, Mme
de Boisboissel^Mlle-de Novilte, Mlle de
Saint-Roman, Mlle Renée Voisin, fille de
la femme admirable qui conçut l'organi-
sation de la Croix-Rouge. Il y avait à
Tleiiicen Mme de Grailly, et à Marnia
Mlle Pidière: >des frinveaux, qui avait
pour compagne une jeune fille portant
un nom illustre dans, les lettres fran-
çaises :j'ai nornïné Mlle d'Haussonville.
il: ÿ avait même sur le bateau-hôpital le
Vinh^Longh, faisant la dure navette en-
tre Casablanca e;t Oran, deux infirmières
à':demeure Mme Fortoul et Mme Blan-
chenay qui, jusqu'en mer^e sous la pe-
sante chaleur d'Afrique, soignaient à
fond de calelestyphiques.
Les soldats indigène du général
Drude regardèrent avec étonnement, un
soif de septembre, débarquer cette pe-
tite troupe de femmes qui venait s'enfer-
mer dans la seule maison mauresque de
Casablanca que la canonnade avait res-
ils regardèrent avec plus d'étbn-
ne-ment encore, quelques jours plus
tard, quand' tonnaient les lourdes pièces
du Glnire, ces-femines se rendre à leurs
travaux.
Es-tu venue ici volontairement ?
demanda un goumier à une infirmière,
pu bien es-tu payée ?
Non, répondit-elle, je suis venue te
saigner volontairement.
Et, pour cela, tu as laissé en France
ton mari et tes enfants,?
Ou et ils m'ont approuvée.. )
Mais,' enfin, pourquoi fais-tu cela ?
Parce que toi, tu donnes ton sang
peur la France alors, moi, je viens te
soigner au nom de la, France.
L'homme se redressa éton;né et mur-
Tu parles comme une mère
x
C'étaient, en effet, un peu de jeunes
itères ou de grandes sœurs que ces
blouses grises. Je viens de lire les lettres
qu'elles écrivirent de.1 là-bas, j!ai sous les
yeux les, rapports officiels qui. furent
adressés à leur sujet pai le général
})rude ou le général d'Amade, et j'ai
causé avec quelques-unes d'entre elles.
Ce qu'elles rirent est étarasnfc efc mer-
Elles ne furent pas seulement les
gardes-malades irréprochables qui appli-
quent les pansements et donnent les
potions elles. furent les humbles
ouvrières qui raccommodaient le linge
de la troupe, ourlaient les torchons, faf-
saient des traversins, s'astreignaient aux
plus dures besognes, témoin cette made-
moiselle Clàvery qui, en un jour, lava
elle-même quatre-vingt-seize chemises
de soldats malades elles furent aussi
les pionniers de cette pénétration paci-
fique qui est notre apanage à nous,
témoin ce;dispensaire qu'elles établirent
en plein camp et où tous les indigènes,
Maures, Juifs, Arabes, typhiques, lé-
preux; gangrenés, pouvaient recourir à
la science et à la médecine des « enva-
hisseurs » I Elles furent enfin les éduca-
trices, les tutrices, qui prennent le
même soin de l'âme que du corps,
témoin cette lettre d'infirmière que je
détache parmi cent autres
Casablanca, 6 janvier.
J'ai retrouvé, dans cet hôpital militaire les
toutes premières années de mon enfance j'ai
trouvé aussi dans presque toutes mes four-
nées comme une réponse à notre action dans
la confiance de ces malades. L'un d'eux, qui
est en convalescence,, m'a demandé l'autre
jour de lui apprendre à lire. IL a vingt-cinq
ans et apant été orphelin et négligé regrette
amèrement de ne pas connaître même ses let-
tres. Il s'y met "avec tant de cœur qu'ït arri-
pérature normale, continuait à présenter un
pouls très élevé. C'était un petit Lorrain de
dix-neuj ans,un, annexé de Metz, entré à la
Légion pour être, Français. Ce qui augmente
mou pouls, me dit-il, c'est la crainte d'être
réformé si j'étais sûr de rester à la Légion, je
serais' calme. a Le médecin, prévenu, lui dit
qu'il ne le réformerait pas, et son pouls des-
cendit.
Pas un instant leur dévouement ne se
ralentit. Tout ce qu'il y a de compassion
dans le cœur et d'énergie dans la volonté
de la femme fut dépensé là-bas, pendant
'dix-huit mois, sans compter, au chevet
;des malades et des blessés.
« Pendant.quatre jours, raconte M. de
Valence dans son rapport sur la Croix-
Rouge, une infirmière veilla un petit
pneumonique, ne le quittant pas d'une
minute et le disputant à la mort. Cepen-
dant, c'était le 1er janvier et, tout en
surveillant son malade, la pensée de la
jeune infirmière se reporta vers le foyer
familial d'où ce jour-là elle était éloi-
gnée. Alors, elle prit la plume et écrivit
à son père une lettre qui se terminait
par ces lignes « J'achève cette lettre
dont je n'ai pas écrit quatre mots sans
regarder mon malade 'et sans écouter sa
respiration ou tâter son pouls. Dieu
merci, il repose Puis j'ai baigné deux
typhiques, et voilà la première veille de
la'nouvelle année terminée. »
II y a quelques mois, en un dîner
qu'il donnait sous sa tente au général
;Lyautey et aulministre de France, le
général 'd'Àmade salua, ses hôtes d'un
jour, puis, se tournant vers le délégué
de la Croix-Rouge qui s'était assis à sa
table, il s'écria
Messieurs, laissez-moi lever moil
verre à la Croix-Rouge française. Et
ici, ce n'est pas le général qui parle
c'est le simple soldat, malade ou blessé.
Sur la main, qui essuie son front brûlant
ou qui panse sa blessure, il voudrait
déposer un baiser. Anos charmantes et
charitables compatriotes, vous rappor-
terez, monsieur, le baiser du petit so'
dat.
Le général d'Amadë disait. vrai mais
il n'y a pas seulement le baiser du petit
soldat qui s'en, ira vers les blouses
grises. II. y a aussi' le baiser respectueux
de la foule, le baiser ardent des mères.
car, sous le soleil d'Afrique, dans la
puanteur des ambulances, on aura vu
mieux qu'un peu de beauté venir frôleur
l'horreur des charniers on aura vu,
dans les sourires de femmes qui se pen-
chaient sur la détresse des agonisants,
passer un coin, du ciel de France
Stéphane Lauzanne.
HAINE DE RACES
KNOXVILLE (Tennessee). Des désordres
antinègres ont maintenant éclaté dans le
Tennessee. Près d'Anthras, une cinquan-
taine de nègres, menacés au milieu de la
nuit par une bande de blancs, durent, pour
sauver leurs vies, quitter hâtivement leurs
habitations, la plupart sans prendre le
temps de se, vêtir, et s'enfuir dans la cam-
A Richmountain, des blancs incendièrent
la hutte d'un nègre dans laquelle étaient une
vieille négresse et cinq enfants qui tous pé-
rirent brûlés vifs. On redoute des désordres
à Ànthras, à Lafollette, à Jellîco, dont les
habitants blancs profèrent de nombreuses
chasser de la, région.
{$&<# York Swi, tEansœis via P>iQ-J
LES ALLEMANDS
ont
un nouvel explosif
/1 fait desmeroeilles
L'armée s'en empare
BERLIN, 19 août. Dépêche particulière
du temps qu'un ingénieur de Munich, M. Fritz
Gehre, avait découvert un nouvel explosif,
d'une puissance considérable.
Cet explosif a été soumis hier à des expé-
riences de plusieurs heures, auxquelles as-
sistaient des membres de la commission du
contrôle de l'artillerie de Berlin, le ministre
de la guerre bavarois, des ingénieurs mili-
taires, des membres-dû comité de direction
des forteresses et des officiers de'marine.
Les essais ont donné, dit-on, des résultats
sensationnels, qui provoquèrent l'étonne-
ment des représentants de l'autorité mili-
taire.
Ami d'expérimenter la puissance de l'ex-
plosif, quatre mines d'un mètre cube avaient
été creusées d'après la méthode Krupp et
revêtues de plaques de tôle de cinq millimè-
tres d'épaisseur. A l'intérieur de ces mines,
sur un fond de bois reposant lui-même sur
une couche de sable furent déposés trois
obus de ,75 millimètres charges chacun de
80 grammes de matière explosive, puis. un
bloc de plomb de 140 kilos renfermant '300*
grammes du même explosif. Les mines fu-
rent ensuite remplies de sable humide,
destiné à retenir les éclats d'obus.
Outre les mines, différents objets ont été
soumis également à des expériences. Deux
supports en fer furent chargés de 600 gram-
mes d'explosif deux troncs de pins, fraî-
chement coupés, reçurent chacun 350 gram-
mes de matière explosive, dont un charge-
ment de 1,500 grammes fut placé sous un
bloc de pierre de 3 mètres cubes enfin,
un chargement de 750 grammes environ ser-
vit à charger une mine creusée dans un au-
tre bloc de trois quarts de mètre cube.
L'explosion dès différent,es charges fut ob-
tenue à l'aide d'un courant électrique. Les
trois obus placés dans les minesjjëclatèrent
en 180 morceaux, provoquant la fusion coin-
plèbe du bloc de plomb et détruisant tout le
revêtement. Les autres explosions donné--
rent des résultats analogues.
Ces expériences ont suscité un vif étonne-
ment. Le gouvernement allemand a réservé
provisoirement cet explosif pour son usage..
JORTraRDUIN
La mort qui, depuis quelques jours,
frappe avec une intensité particulièrement
cruelle dans les rangs de la presse fran-
çaise, a atteint avant-hier un de ses esprits
les plus merveilleusement fins, un de ses
talents les'plus brillamment réputés, en
enlevant notre collaborateur, notre ami
H. Harduin.
Nous n'avons pas besoin de dire aux
lecteurs de ce journal combien cruelle est
une telle perte ils la ressentent, nous le
savons, autant que nous.
Depuis plus de dix ans, ils ont pu ici,
chaque matin, lire ces « Propos d'un Pari-
sien » empreints de cette exquise bonhomie
et de ce robuste bon sens qui était tout
Hârduin ils ont pu goûter tout ce qu'il y
avait parfois de profondeur philosophique
derrière ses sourires un peu narquois et
jamais méchants ils ont pu apprécier tout
ce qu'il y avait d'indépendance vigoureuse
dans cet esprit charmant que, ni le temps,
ni l'âge, ni la maladie ne devaient altérer.
Il y a quelques mois, une cruelle opéra-
tion le retint loin du journal il en conta
ici même les détails douloureux avec une
verve inimitable il dit comment, en vrai
journaliste, il avait refusé qu'on l'endormît
afin de pouvoir conter ses impressions et
« d'avoir un sujet d'article pour les lecteurs
du Matin. » Et, de fait, jamais impressions
d'opéré ne furent traduites avec plus de
jolie sérénité, avec un mépris plus insou-
ciant de ses propres souffrances.
Dans les premiers jours du mois actuel,
Harduin nous quittait encore pour aller,
faire une cure à Martigny, dans les
Vosges. « Tout le monde, écrivit-il gaie-
,ment dans le Matin, abandonne Paris qui
ne fut jamais plus joli ni plus agréable. Je
vais faire comme tout le monde. » Hélas 1
lui seulement ne devait, plus jamais y reve-
nir. Une crise soudaine et brutale d'urémie
se déclarait mardi après-midi. En deux
heures de temps, Harduin agonisait. Il
s'est'éteint doucement, à l'âge de soixante-
trois ans, loin de ce Paris « qui ne fut
jamais plus joli ni plus agréable et dont
il incarnait si bien le souffle frondeur et la
malice savoureuse.
Ce matin, son corps y sera ramené
et ses obsèques y auront lieu, à une
date qui n'est point encore fixée.
Pour nous, c'est très sincèrement et très
profondément émus que'nous lui disons ici
adieu f
Il
L'année 1908 est, d'après les statisticiens,
celle où les chefs d'Etat se sont le plus dépla-
cés et ont eu le plus d'entrevues.
Il ne nous appartient pas de rechercher
ici quels résultats politiques ou diplomati-
ques auront les multiples rencontres qui se
sont produites pendant la première partie
de cette année et qui doivent se produire en-
core pendant la seconde. Mais il nous a paru
intéressant de dresser le tableau précis du
circuit où se sont engagées les têtes prési-
dentielles ou couronnées, avec la place
exacte qu'occupe à la date d'aujourd'hui, 20
août, chacun.des grands chefs d'Etat euro-
péens.
Nous n'avons compris, bien entendu, dans
ce travail, que les voyages, officiels ou non
officiels, qui ont abouti à une conversation,
entre deux chefs d'Etat. Nous avons 'natu-
Tellement éliminé tous les voyages de plai-
sir ou d'agrément.
Détail intéressant et flatteur pour notre
amqur-propre national, c'est M. le président,
Fallières qui arrive en tête de liste c'est lui,'
en effet, qui, à l'heure actuelle, parmi les
chefs d'Etat européens, a le plus causé. Le
roi d'Angleterre et l'empereur d'Allemagne
arrivent ^seconds ex sequo après M. Falliè-
res. Le tsar est bon dernier, avec un nom-
bre infime de kilomètres et de conversa-
tions.
Voici, d'ailleurs, le tablean
1«. Le président Fallières a visité cinq
capitales et causé avec cinq souverains
1. Le roi d'Angleterre.
2. Le roi de Danemark.
'3'. Le-roi de Suède.
4. L'empereur de Russie.
•5. Le roi de Norvège.
2CS ex sequo. LL. MM. Edouard VU. et
Guillaume II n'ont eu chacun que quatre
rencontres.
Le roi Edouard a causé avec
1. Le président Fallières, à Paris.
2. L'empereur de Russie, à Revel.
3. L'empereur d'Autriche, à Ischl.
4.* L'empereur d'Allemagne, à Kronbergy
L'empereur d'Allemagne a causé avec
1. Le roi d'Italie, à Venise.
2. L'empereur d'Autriche, à Vienne.
3. Le roi de Suède, à Stockholm.
i. Le roi d'Angleterre, à Kronberg. •
4e. L'empereur de Russie n'a fait qùa
deux voyages les voyages de Revel, où il a
causé successivement avec Edouard VII eti
M. Falliôres..
5". -,L'empereur d'Autriche ne. s'est dé"
placé qu'une fois, pour aller à Isclïï,- et à'.a
causé -qu'Svec deux souverains l'empereur.
Guillaume et,le roi Edouard.
6e. Le roi d'Italie n'a causé qu'avec uri
souverain l'empereur d'Allemagne.
DE fAUSSE MONNAIE
Ils étaient deux qui fabriquaient des
pièces de cent sous ils fuient
mais la police arrête
trois complices
Nous racontions, hier, que la Sûreté s'oc-
cupait actuellement d'une importante affaire
de fabrication et d'émission de fausse mon-
naie, au sujet de laquelle plusieurs man-
dats d'arrêt avaient été déjà décernés.
Les deux principaux coupables ont pu
réussir cependant à échapper à la justice.
Prévenus par une indiscrétion, ou mis en
éveil par l'arrestation d'un de leurs compli-
ces, opérée dimanche, dans un café de la
gare Saint-Lazare, Jean Jeanrot et Louis
André ainsi se nomment. ces deux faux
monnayeurs se tenaient sur leurs gardes.
Quand le commissaire de police de Saint-
Germain-en-Laye, M. Carrette, s'est pré-
senté, hier, à'leur domicile, ils avaient déjà
pris la fuite.
Leurs complices n'ont pas eu la même
chance. ».
'Ils étaient trois, ceux-là. Ce sont les nom-
més Marcel Lefranc, vingt-trois ans, cour-
tier de commerce, demeurant boulevard de
Strasbourg; André Saurel, vingt et un ans,
représentant de commerce, avenue de la
République, et Léon Nicolle, vingt-neuf ans,
habitant rue Championne!.
Toutes les pièces, de millésimes divers,
étaient mises en circulation dans le dixième
arrondissement. Aussi, les commerçants ne
tardèrent-ils pas à s'en apercevoir.
Or, il se trouva que la Sûreté, quelque
temps avant le dépôt de ces plaintes, avait
eu vent des agissements 'de la bande. Le
brigadier Maillet avait procédé à une en-
quête qui lui avait permis de se rendre
compte que les faux-monnayeurs se réunies-
saient rue Championnet.
C'est pourquoi, muni de mandats d'arrêt
délivrés par M. le juge d'instruction Ches-
nev, il put immédiatement opérer, hier,
l'arrestation de Lefranc, de Sauvel et de
Nicol.
Au Pecq, comme nous l'avons dit. le com-
missaire de police de Saint-Germain fut
moins heureux avec les /habitants de la
villa de l'Espérance, -Jeanrot et André.
La mission de M. Carrette n'a pas été,
d'ailleurs, tout à fait infructueuse. Si les
coupables ont échappé, deux des repaires
où ces alchimistes modernes exerçaient leur
coupable industrie ont été découverts sur
le territoire de Saint-Germain-en-Laye.
L'un des deux est situé aux confins de la
'forêt de Marly, au Perruchet c'est une
vulgaire maisonnette à simple rez-de-chaus-
sée comme celle des gardes-barrières.
Dans la cave, fort spacieuse, les agents
de la Sûreté et le commissaire de police ont
trouvé trente-six moules de modules divers
de pièces d'argent et d'or, ayant tous servi
des creusets et des bacs à galvanoplastie.
Dans l'après-midi, M% Carrette apprit que
Jeanrot et André avaient été vus souvent
dans une partie d'ordinaire très déserte de
la ville les fonds Saiut-Léger. t
Dans une cabane, à moitié en ruine, non
loin de la voie du chemin de fer de Grande-
Ceinture. on a trouvé des creusets contenant
des résidus d'alliages imitant l'or, des piles,
du charbon de cornue.
On. attache au parquet une certaine im-
portance à cette affaire, car les sommes
émises en fausse monnaie par les cinq asso-
ciés s'élèvent, à ce qu'on croit savoir, à
cinquante mille francs au moins.
LE CAPITAINE ESCROC
VA DEVENIR CAISSIER
LE TRIOMPHE DU « CAPITAINE ».
(Instantané pris' mercredi)
Berlin, 19 août. Dépêche particulière
du Matin )). Tout est ]Sien qui*finit bien.
'Le -«capitaine » de Koepenick renonce à la
gloire des armes pour rentrer dans la vie
civile, où il occupera désormais une situa-
tion modeste, mais rémunératrice.
Cédant à des instances pressantes, Voigt
vient d'accepter, aux appointements de trois
cent douze francs par mois, un emploi de
caissier (!) au music-hall « Hoffnung à
Kiel. Voigt n'a mis'à son engagement qu'une
condition, mais une condition essentielle.
Sous aucun prétexte, a-t-il répété, son nom
ne devra servir de réelame à l'établissement.
Le capitaine n'oubliera jamais qu'ileut l'hon-
neur de porter un jour l'uniforme du i°r ré-
giment de' la garde.
En attendant, ceux qui n'ont pas encore
eu le bonheur de le contempler peuvent le
rencontrer au passage Panopticum, où, pen-
dant quelques jours, il vendra, au bénéfice
des sinistrés de Donaueschingen, des cartes
postales signées de sa,propre main.
M, Ruau ira ù Benèoe
1 C'est le 8 septembre .prochain nous l'a-
venus déjà annoncé que doit se tenir le
congrès des fraudes alimentaires, sur l'ini-
tïative de la Croix-Blanche de Genève, la
grande association internationale d'hygiène
et de médecine, qui s'est donné nour mis-
sion de combattre les épidémies dévastant
l'humanité. C'est, en somme, l'assemblée des
Etats généraux de tous les producteurs et
commerçants du monde qui va fournir la dé-
finilion du produit alimenlaireJtmr et tâcher
d'assurer la loyauté parfaite e ce produit.
Nous sommes en mesure annoncér que
la solennité de la réunion sera rehaussée par
la présence de M. Ruau, ministre de l'agri-
culture, dont l'administration incarne la ré-
pression de la fraude alimentaire en France.
M. Ruau, invité par M. Vuille, président de
la Croix-Blanche, accepté cette invitation
et se rendra à Genève pour l'inauguration.
NOTRE COMMERCE EXTÉRIEUR
S£BilT-IL EH BAISSE ?
Les importations et les exportations
ont fléchi Chiffres et tableaux
instructifs La vérité.
rétablie ••
Les comptes rendus officiels du commerce)
extérieur de la France pour les sept pre-
miers mois'de l'année 1908 décèlent une
très notable. diminution dé nos importations
-et de nos exportations, en comparaison da
la période correspondante de 1907.
A la fin de juin, la moins-vàlue de nos'
importations se chiffrait par 136,116,000
francs la moins-value de nos exportations
par- 136,174,956,000 francs..
Le bilan de la fin juillet, loin d'apporter
une amélioration. accuse une forte aggra-
vation. Comparées aux résultats, de juillet'
1907. les exportations de 1908 sont en baissa
de 44,544,000 francs, et les exportations en
baisse de 11:5,800,000 francs.
Il y a donc, au bout des sept premiers'
mois de l'exercice 1908, baisse de 180 mil.
lions 660,000 francs pour les importations,
baisse de 288,816,000 francs pour les expor-
tations, en comparaison de 1907, soit une
restriction s'élevant h.- 469,476,000 francs
dans le chiffre d'affaires de la France avec
l'étranger.
Or, comme les diminutions ont porté sur-
tout sur les matières nécessaires à. l'indus-
trie ,pour l'importation et sur les objets fa:
briqués pour l'exportation, il s'ensuit que
notre industrie subit, une cris; En offet,
elle achète, au. dehors moins de matières
premières pour les transformer, elte vend
au dehors moins d'objets manufacturés.
Est-ce une crise définitive ou acciden-
telle,
Nous nous sommes livré, pour le savoir, w
à une minutieuse étude des documents ,of«
ficiels et nous sommes parvenus à.dés con-
clusions dégagées -de tout esprit- de parti*
Les voici
Si l'on s'en tient a là comparaison aveu
les résultats de 1907, le fléchissement est
indéniable.- Mais. 1907'. fut: une année excep-
tionnelle au point de vue de l'activité indus-
trielle et commerciale. Ce' fut le point cul-
minant d'une période ascendante qui com-
'rnença après la guerre russo-japonaise. On
sait qu'après un grand conflit dn,ternational
il y a toujours beaucoups de dégâts à répa-
rer.
Mais, si l'on compare les résultats de
1908 à ceux de 1906, qui fut encore une an-
née supérieure à la moyenne, on verra que
nos transactions de 1908 sont encore supé-
rieures à celles de 1906.
C'est le cas de rééditer le mot fameux, du
Normand « Pour une bonne année, 1908
n'est pas une bonne almée mais, pour una
mauvaise année, ce n'est pas une mauvaise
année.
Achats, et .ventes à l'étranger
Tout d'abord, il n'est pas exact que nos
relations commerciales soient allées en di-
minuant avec tous les Etats, même en com-
parant 1908 à 1907, ainsi que le prouvent
les, chiffres, suivants, empruntés à la statis-
tique officielle du premier semestre 1908
IMPORTATIONS
Pays auxquels la France a plus acheté en
1908 qu'en' 1907
Allemagne, en plus .-Fr. 4.659.000
Belgique. 15.377.000
Etats-Unis 10.144.000
Brésil 2.348,000
Algérie ̃• 18.057.000
SES LES 8'LOBE
S “«, Jèïuff ^Ô Août et
Les Blouses. grises
Ce cpie savent faire
Je vous ai, je crois; conté jadis cette
.scène:.
Elle se passe à l'aûtre bout de Parïs,
pue de' Vânves. Au. numéro 172, se trou-
ve un baraquement construit en forme
française de secours aux blessés mili-
taires, Trois fois par semaine( des
automobiles luxueuses, des coupés frin-
gants viennent s'arrêter là-devant et dé-
posent de grandes dames ou des jeunes'
.Biles dont nous pouvons lire les noms
chaque jour à la rubrique mondaine des
journaux aristocratiques Elles laissent
d'ailleurs leurs titres avec leurs bagues à
¥la porte, et si, parmi elles, se trouvait
Quelque roturière, ce n'est pas le cos-
tume qui la trahirait, car toutes portent
une blouse grise sur laquelle, à la poi-
trine, se détache une petite croix rouge.
La. séance commence, aussitôt. On in-
traduit; tous les malades, tous lés éclo-
pés, tous les infirmes, clieiïts ordinaires
de dispensaires et d'hospices. ,A chacun
d'eux; le médecin ou le chirurgien de'
service indique le remède, ordonne une
prescription eh même temps qu'il fait
"un, rapide cours à ses auditrices. Puis,
..on passe dans une grande. salle rectan-
"guîaire» propre 'et bien éclairée, où la
plupart des miséreux ont été assemblés.
'C'est l'heure du pansement, et ce sont
tes blouses grisés, elles-mêmes, qui
opèrent. Il y a là des plaies mons-
trueuses qui sdnt soudain mises à jouc
:U Y a dés blessures puantes, abomi-
nables; il y a de pauvres membres
humains écrasés, déformés, retournés; il
y" a des odeurs affreuses et des contacts
plus affreux encore. Cependant les
grandes dames. et les belles jeunes filles
s'agenouillent sur les dalles, sourient
comme dans les valses, défont douce-
ment, de leurs doigts blancs les linges
noirâtres, approchent leurs visages
près, très près des ulcères, les lavent,
les imbibent; les pansent, lès bandent.
Pourquoi elles font cela ? Tout simple-
ment pour qu'au bout de deu ou trois
ans elles soient admises à apposer leur
nom au bas d'un papier'ainsi conçu
« Je soussignée, diplômée de la So-
ciété française dé. secours, aux blessés
hulifaire s, J m'engage à remplir,, en
temps de guerren les fonctions de dame
infirmière^. »
Oui, ellesr ont cette ambition êtçe.
mobilisées, en temps de guerre,' aller se
battre contre la mort, tandis. que leurs
maris, leurs; frères ou leurs fils iront se
battre pour le pays. Et elles seraient mo-
bilisées, en 'effet leurs noms à toutes
figurent.surun « état» quelconque au
ministère de la guerre, elles sont un des
rouages de l'immense machine mili-
taire, il y a pour ell'es, dans les caves
de la Banqué de France, quelques mil-
lions à leurs disposition, et le jour même
de la déclaration des, hostilités elles
entreraient en campagne.
.Elles y sont entrées l'an dernier, lors
de l'expédition de Casablanca.
Pour la pcemièrê fois, dans l'histoire
militaire de la Eraiice, on à vu des fem-
mes, des laïques, incorporées purement
et simplement dans les cadres de l'ar-
mée, placées sous les ordres directs
d'officiers du corps de santé, n'ayant
qu'à leur obéir et à. exécuter, sous leur
direction, toutes les fâches que comporte
te service des ambulances en temps de
guerre.
.On eh envoya douze à Casablanca, six
à Lalla-Marnia, quatre à Tlemcen. Des
noms ?. Il y avait, à Casablanca, Mme
de Boisboissel^Mlle-de Novilte, Mlle de
Saint-Roman, Mlle Renée Voisin, fille de
la femme admirable qui conçut l'organi-
sation de la Croix-Rouge. Il y avait à
Tleiiicen Mme de Grailly, et à Marnia
Mlle Pidière: >des frinveaux, qui avait
pour compagne une jeune fille portant
un nom illustre dans, les lettres fran-
çaises :j'ai nornïné Mlle d'Haussonville.
il: ÿ avait même sur le bateau-hôpital le
Vinh^Longh, faisant la dure navette en-
tre Casablanca e;t Oran, deux infirmières
à':demeure Mme Fortoul et Mme Blan-
chenay qui, jusqu'en mer^e sous la pe-
sante chaleur d'Afrique, soignaient à
fond de calelestyphiques.
Les soldats indigène du général
Drude regardèrent avec étonnement, un
soif de septembre, débarquer cette pe-
tite troupe de femmes qui venait s'enfer-
mer dans la seule maison mauresque de
Casablanca que la canonnade avait res-
ils regardèrent avec plus d'étbn-
ne-ment encore, quelques jours plus
tard, quand' tonnaient les lourdes pièces
du Glnire, ces-femines se rendre à leurs
travaux.
Es-tu venue ici volontairement ?
demanda un goumier à une infirmière,
pu bien es-tu payée ?
Non, répondit-elle, je suis venue te
saigner volontairement.
Et, pour cela, tu as laissé en France
ton mari et tes enfants,?
Ou et ils m'ont approuvée.. )
Mais,' enfin, pourquoi fais-tu cela ?
Parce que toi, tu donnes ton sang
peur la France alors, moi, je viens te
soigner au nom de la, France.
L'homme se redressa éton;né et mur-
Tu parles comme une mère
x
C'étaient, en effet, un peu de jeunes
itères ou de grandes sœurs que ces
blouses grises. Je viens de lire les lettres
qu'elles écrivirent de.1 là-bas, j!ai sous les
yeux les, rapports officiels qui. furent
adressés à leur sujet pai le général
})rude ou le général d'Amade, et j'ai
causé avec quelques-unes d'entre elles.
Ce qu'elles rirent est étarasnfc efc mer-
Elles ne furent pas seulement les
gardes-malades irréprochables qui appli-
quent les pansements et donnent les
potions elles. furent les humbles
ouvrières qui raccommodaient le linge
de la troupe, ourlaient les torchons, faf-
saient des traversins, s'astreignaient aux
plus dures besognes, témoin cette made-
moiselle Clàvery qui, en un jour, lava
elle-même quatre-vingt-seize chemises
de soldats malades elles furent aussi
les pionniers de cette pénétration paci-
fique qui est notre apanage à nous,
témoin ce;dispensaire qu'elles établirent
en plein camp et où tous les indigènes,
Maures, Juifs, Arabes, typhiques, lé-
preux; gangrenés, pouvaient recourir à
la science et à la médecine des « enva-
hisseurs » I Elles furent enfin les éduca-
trices, les tutrices, qui prennent le
même soin de l'âme que du corps,
témoin cette lettre d'infirmière que je
détache parmi cent autres
Casablanca, 6 janvier.
J'ai retrouvé, dans cet hôpital militaire les
toutes premières années de mon enfance j'ai
trouvé aussi dans presque toutes mes four-
nées comme une réponse à notre action dans
la confiance de ces malades. L'un d'eux, qui
est en convalescence,, m'a demandé l'autre
jour de lui apprendre à lire. IL a vingt-cinq
ans et apant été orphelin et négligé regrette
amèrement de ne pas connaître même ses let-
tres. Il s'y met "avec tant de cœur qu'ït arri-
pérature normale, continuait à présenter un
pouls très élevé. C'était un petit Lorrain de
dix-neuj ans,un, annexé de Metz, entré à la
Légion pour être, Français. Ce qui augmente
mou pouls, me dit-il, c'est la crainte d'être
réformé si j'étais sûr de rester à la Légion, je
serais' calme. a Le médecin, prévenu, lui dit
qu'il ne le réformerait pas, et son pouls des-
cendit.
Pas un instant leur dévouement ne se
ralentit. Tout ce qu'il y a de compassion
dans le cœur et d'énergie dans la volonté
de la femme fut dépensé là-bas, pendant
'dix-huit mois, sans compter, au chevet
;des malades et des blessés.
« Pendant.quatre jours, raconte M. de
Valence dans son rapport sur la Croix-
Rouge, une infirmière veilla un petit
pneumonique, ne le quittant pas d'une
minute et le disputant à la mort. Cepen-
dant, c'était le 1er janvier et, tout en
surveillant son malade, la pensée de la
jeune infirmière se reporta vers le foyer
familial d'où ce jour-là elle était éloi-
gnée. Alors, elle prit la plume et écrivit
à son père une lettre qui se terminait
par ces lignes « J'achève cette lettre
dont je n'ai pas écrit quatre mots sans
regarder mon malade 'et sans écouter sa
respiration ou tâter son pouls. Dieu
merci, il repose Puis j'ai baigné deux
typhiques, et voilà la première veille de
la'nouvelle année terminée. »
II y a quelques mois, en un dîner
qu'il donnait sous sa tente au général
;Lyautey et aulministre de France, le
général 'd'Àmade salua, ses hôtes d'un
jour, puis, se tournant vers le délégué
de la Croix-Rouge qui s'était assis à sa
table, il s'écria
Messieurs, laissez-moi lever moil
verre à la Croix-Rouge française. Et
ici, ce n'est pas le général qui parle
c'est le simple soldat, malade ou blessé.
Sur la main, qui essuie son front brûlant
ou qui panse sa blessure, il voudrait
déposer un baiser. Anos charmantes et
charitables compatriotes, vous rappor-
terez, monsieur, le baiser du petit so'
dat.
Le général d'Amadë disait. vrai mais
il n'y a pas seulement le baiser du petit
soldat qui s'en, ira vers les blouses
grises. II. y a aussi' le baiser respectueux
de la foule, le baiser ardent des mères.
car, sous le soleil d'Afrique, dans la
puanteur des ambulances, on aura vu
mieux qu'un peu de beauté venir frôleur
l'horreur des charniers on aura vu,
dans les sourires de femmes qui se pen-
chaient sur la détresse des agonisants,
passer un coin, du ciel de France
Stéphane Lauzanne.
HAINE DE RACES
KNOXVILLE (Tennessee). Des désordres
antinègres ont maintenant éclaté dans le
Tennessee. Près d'Anthras, une cinquan-
taine de nègres, menacés au milieu de la
nuit par une bande de blancs, durent, pour
sauver leurs vies, quitter hâtivement leurs
habitations, la plupart sans prendre le
temps de se, vêtir, et s'enfuir dans la cam-
A Richmountain, des blancs incendièrent
la hutte d'un nègre dans laquelle étaient une
vieille négresse et cinq enfants qui tous pé-
rirent brûlés vifs. On redoute des désordres
à Ànthras, à Lafollette, à Jellîco, dont les
habitants blancs profèrent de nombreuses
chasser de la, région.
{$&<# York Swi, tEansœis via P>iQ-J
LES ALLEMANDS
ont
un nouvel explosif
/1 fait desmeroeilles
L'armée s'en empare
BERLIN, 19 août. Dépêche particulière
du temps qu'un ingénieur de Munich, M. Fritz
Gehre, avait découvert un nouvel explosif,
d'une puissance considérable.
Cet explosif a été soumis hier à des expé-
riences de plusieurs heures, auxquelles as-
sistaient des membres de la commission du
contrôle de l'artillerie de Berlin, le ministre
de la guerre bavarois, des ingénieurs mili-
taires, des membres-dû comité de direction
des forteresses et des officiers de'marine.
Les essais ont donné, dit-on, des résultats
sensationnels, qui provoquèrent l'étonne-
ment des représentants de l'autorité mili-
taire.
Ami d'expérimenter la puissance de l'ex-
plosif, quatre mines d'un mètre cube avaient
été creusées d'après la méthode Krupp et
revêtues de plaques de tôle de cinq millimè-
tres d'épaisseur. A l'intérieur de ces mines,
sur un fond de bois reposant lui-même sur
une couche de sable furent déposés trois
obus de ,75 millimètres charges chacun de
80 grammes de matière explosive, puis. un
bloc de plomb de 140 kilos renfermant '300*
grammes du même explosif. Les mines fu-
rent ensuite remplies de sable humide,
destiné à retenir les éclats d'obus.
Outre les mines, différents objets ont été
soumis également à des expériences. Deux
supports en fer furent chargés de 600 gram-
mes d'explosif deux troncs de pins, fraî-
chement coupés, reçurent chacun 350 gram-
mes de matière explosive, dont un charge-
ment de 1,500 grammes fut placé sous un
bloc de pierre de 3 mètres cubes enfin,
un chargement de 750 grammes environ ser-
vit à charger une mine creusée dans un au-
tre bloc de trois quarts de mètre cube.
L'explosion dès différent,es charges fut ob-
tenue à l'aide d'un courant électrique. Les
trois obus placés dans les minesjjëclatèrent
en 180 morceaux, provoquant la fusion coin-
plèbe du bloc de plomb et détruisant tout le
revêtement. Les autres explosions donné--
rent des résultats analogues.
Ces expériences ont suscité un vif étonne-
ment. Le gouvernement allemand a réservé
provisoirement cet explosif pour son usage..
JORTraRDUIN
La mort qui, depuis quelques jours,
frappe avec une intensité particulièrement
cruelle dans les rangs de la presse fran-
çaise, a atteint avant-hier un de ses esprits
les plus merveilleusement fins, un de ses
talents les'plus brillamment réputés, en
enlevant notre collaborateur, notre ami
H. Harduin.
Nous n'avons pas besoin de dire aux
lecteurs de ce journal combien cruelle est
une telle perte ils la ressentent, nous le
savons, autant que nous.
Depuis plus de dix ans, ils ont pu ici,
chaque matin, lire ces « Propos d'un Pari-
sien » empreints de cette exquise bonhomie
et de ce robuste bon sens qui était tout
Hârduin ils ont pu goûter tout ce qu'il y
avait parfois de profondeur philosophique
derrière ses sourires un peu narquois et
jamais méchants ils ont pu apprécier tout
ce qu'il y avait d'indépendance vigoureuse
dans cet esprit charmant que, ni le temps,
ni l'âge, ni la maladie ne devaient altérer.
Il y a quelques mois, une cruelle opéra-
tion le retint loin du journal il en conta
ici même les détails douloureux avec une
verve inimitable il dit comment, en vrai
journaliste, il avait refusé qu'on l'endormît
afin de pouvoir conter ses impressions et
« d'avoir un sujet d'article pour les lecteurs
du Matin. » Et, de fait, jamais impressions
d'opéré ne furent traduites avec plus de
jolie sérénité, avec un mépris plus insou-
ciant de ses propres souffrances.
Dans les premiers jours du mois actuel,
Harduin nous quittait encore pour aller,
faire une cure à Martigny, dans les
Vosges. « Tout le monde, écrivit-il gaie-
,ment dans le Matin, abandonne Paris qui
ne fut jamais plus joli ni plus agréable. Je
vais faire comme tout le monde. » Hélas 1
lui seulement ne devait, plus jamais y reve-
nir. Une crise soudaine et brutale d'urémie
se déclarait mardi après-midi. En deux
heures de temps, Harduin agonisait. Il
s'est'éteint doucement, à l'âge de soixante-
trois ans, loin de ce Paris « qui ne fut
jamais plus joli ni plus agréable et dont
il incarnait si bien le souffle frondeur et la
malice savoureuse.
Ce matin, son corps y sera ramené
et ses obsèques y auront lieu, à une
date qui n'est point encore fixée.
Pour nous, c'est très sincèrement et très
profondément émus que'nous lui disons ici
adieu f
Il
L'année 1908 est, d'après les statisticiens,
celle où les chefs d'Etat se sont le plus dépla-
cés et ont eu le plus d'entrevues.
Il ne nous appartient pas de rechercher
ici quels résultats politiques ou diplomati-
ques auront les multiples rencontres qui se
sont produites pendant la première partie
de cette année et qui doivent se produire en-
core pendant la seconde. Mais il nous a paru
intéressant de dresser le tableau précis du
circuit où se sont engagées les têtes prési-
dentielles ou couronnées, avec la place
exacte qu'occupe à la date d'aujourd'hui, 20
août, chacun.des grands chefs d'Etat euro-
péens.
Nous n'avons compris, bien entendu, dans
ce travail, que les voyages, officiels ou non
officiels, qui ont abouti à une conversation,
entre deux chefs d'Etat. Nous avons 'natu-
Tellement éliminé tous les voyages de plai-
sir ou d'agrément.
Détail intéressant et flatteur pour notre
amqur-propre national, c'est M. le président,
Fallières qui arrive en tête de liste c'est lui,'
en effet, qui, à l'heure actuelle, parmi les
chefs d'Etat européens, a le plus causé. Le
roi d'Angleterre et l'empereur d'Allemagne
arrivent ^seconds ex sequo après M. Falliè-
res. Le tsar est bon dernier, avec un nom-
bre infime de kilomètres et de conversa-
tions.
Voici, d'ailleurs, le tablean
1«. Le président Fallières a visité cinq
capitales et causé avec cinq souverains
1. Le roi d'Angleterre.
2. Le roi de Danemark.
'3'. Le-roi de Suède.
4. L'empereur de Russie.
•5. Le roi de Norvège.
2CS ex sequo. LL. MM. Edouard VU. et
Guillaume II n'ont eu chacun que quatre
rencontres.
Le roi Edouard a causé avec
1. Le président Fallières, à Paris.
2. L'empereur de Russie, à Revel.
3. L'empereur d'Autriche, à Ischl.
4.* L'empereur d'Allemagne, à Kronbergy
L'empereur d'Allemagne a causé avec
1. Le roi d'Italie, à Venise.
2. L'empereur d'Autriche, à Vienne.
3. Le roi de Suède, à Stockholm.
i. Le roi d'Angleterre, à Kronberg. •
4e. L'empereur de Russie n'a fait qùa
deux voyages les voyages de Revel, où il a
causé successivement avec Edouard VII eti
M. Falliôres..
5". -,L'empereur d'Autriche ne. s'est dé"
placé qu'une fois, pour aller à Isclïï,- et à'.a
causé -qu'Svec deux souverains l'empereur.
Guillaume et,le roi Edouard.
6e. Le roi d'Italie n'a causé qu'avec uri
souverain l'empereur d'Allemagne.
DE fAUSSE MONNAIE
Ils étaient deux qui fabriquaient des
pièces de cent sous ils fuient
mais la police arrête
trois complices
Nous racontions, hier, que la Sûreté s'oc-
cupait actuellement d'une importante affaire
de fabrication et d'émission de fausse mon-
naie, au sujet de laquelle plusieurs man-
dats d'arrêt avaient été déjà décernés.
Les deux principaux coupables ont pu
réussir cependant à échapper à la justice.
Prévenus par une indiscrétion, ou mis en
éveil par l'arrestation d'un de leurs compli-
ces, opérée dimanche, dans un café de la
gare Saint-Lazare, Jean Jeanrot et Louis
André ainsi se nomment. ces deux faux
monnayeurs se tenaient sur leurs gardes.
Quand le commissaire de police de Saint-
Germain-en-Laye, M. Carrette, s'est pré-
senté, hier, à'leur domicile, ils avaient déjà
pris la fuite.
Leurs complices n'ont pas eu la même
chance. ».
'Ils étaient trois, ceux-là. Ce sont les nom-
més Marcel Lefranc, vingt-trois ans, cour-
tier de commerce, demeurant boulevard de
Strasbourg; André Saurel, vingt et un ans,
représentant de commerce, avenue de la
République, et Léon Nicolle, vingt-neuf ans,
habitant rue Championne!.
Toutes les pièces, de millésimes divers,
étaient mises en circulation dans le dixième
arrondissement. Aussi, les commerçants ne
tardèrent-ils pas à s'en apercevoir.
Or, il se trouva que la Sûreté, quelque
temps avant le dépôt de ces plaintes, avait
eu vent des agissements 'de la bande. Le
brigadier Maillet avait procédé à une en-
quête qui lui avait permis de se rendre
compte que les faux-monnayeurs se réunies-
saient rue Championnet.
C'est pourquoi, muni de mandats d'arrêt
délivrés par M. le juge d'instruction Ches-
nev, il put immédiatement opérer, hier,
l'arrestation de Lefranc, de Sauvel et de
Nicol.
Au Pecq, comme nous l'avons dit. le com-
missaire de police de Saint-Germain fut
moins heureux avec les /habitants de la
villa de l'Espérance, -Jeanrot et André.
La mission de M. Carrette n'a pas été,
d'ailleurs, tout à fait infructueuse. Si les
coupables ont échappé, deux des repaires
où ces alchimistes modernes exerçaient leur
coupable industrie ont été découverts sur
le territoire de Saint-Germain-en-Laye.
L'un des deux est situé aux confins de la
'forêt de Marly, au Perruchet c'est une
vulgaire maisonnette à simple rez-de-chaus-
sée comme celle des gardes-barrières.
Dans la cave, fort spacieuse, les agents
de la Sûreté et le commissaire de police ont
trouvé trente-six moules de modules divers
de pièces d'argent et d'or, ayant tous servi
des creusets et des bacs à galvanoplastie.
Dans l'après-midi, M% Carrette apprit que
Jeanrot et André avaient été vus souvent
dans une partie d'ordinaire très déserte de
la ville les fonds Saiut-Léger. t
Dans une cabane, à moitié en ruine, non
loin de la voie du chemin de fer de Grande-
Ceinture. on a trouvé des creusets contenant
des résidus d'alliages imitant l'or, des piles,
du charbon de cornue.
On. attache au parquet une certaine im-
portance à cette affaire, car les sommes
émises en fausse monnaie par les cinq asso-
ciés s'élèvent, à ce qu'on croit savoir, à
cinquante mille francs au moins.
LE CAPITAINE ESCROC
VA DEVENIR CAISSIER
LE TRIOMPHE DU « CAPITAINE ».
(Instantané pris' mercredi)
Berlin, 19 août. Dépêche particulière
du Matin )). Tout est ]Sien qui*finit bien.
'Le -«capitaine » de Koepenick renonce à la
gloire des armes pour rentrer dans la vie
civile, où il occupera désormais une situa-
tion modeste, mais rémunératrice.
Cédant à des instances pressantes, Voigt
vient d'accepter, aux appointements de trois
cent douze francs par mois, un emploi de
caissier (!) au music-hall « Hoffnung à
Kiel. Voigt n'a mis'à son engagement qu'une
condition, mais une condition essentielle.
Sous aucun prétexte, a-t-il répété, son nom
ne devra servir de réelame à l'établissement.
Le capitaine n'oubliera jamais qu'ileut l'hon-
neur de porter un jour l'uniforme du i°r ré-
giment de' la garde.
En attendant, ceux qui n'ont pas encore
eu le bonheur de le contempler peuvent le
rencontrer au passage Panopticum, où, pen-
dant quelques jours, il vendra, au bénéfice
des sinistrés de Donaueschingen, des cartes
postales signées de sa,propre main.
M, Ruau ira ù Benèoe
1 C'est le 8 septembre .prochain nous l'a-
venus déjà annoncé que doit se tenir le
congrès des fraudes alimentaires, sur l'ini-
tïative de la Croix-Blanche de Genève, la
grande association internationale d'hygiène
et de médecine, qui s'est donné nour mis-
sion de combattre les épidémies dévastant
l'humanité. C'est, en somme, l'assemblée des
Etats généraux de tous les producteurs et
commerçants du monde qui va fournir la dé-
finilion du produit alimenlaireJtmr et tâcher
d'assurer la loyauté parfaite e ce produit.
Nous sommes en mesure annoncér que
la solennité de la réunion sera rehaussée par
la présence de M. Ruau, ministre de l'agri-
culture, dont l'administration incarne la ré-
pression de la fraude alimentaire en France.
M. Ruau, invité par M. Vuille, président de
la Croix-Blanche, accepté cette invitation
et se rendra à Genève pour l'inauguration.
NOTRE COMMERCE EXTÉRIEUR
S£BilT-IL EH BAISSE ?
Les importations et les exportations
ont fléchi Chiffres et tableaux
instructifs La vérité.
rétablie ••
Les comptes rendus officiels du commerce)
extérieur de la France pour les sept pre-
miers mois'de l'année 1908 décèlent une
très notable. diminution dé nos importations
-et de nos exportations, en comparaison da
la période correspondante de 1907.
A la fin de juin, la moins-vàlue de nos'
importations se chiffrait par 136,116,000
francs la moins-value de nos exportations
par- 136,174,956,000 francs..
Le bilan de la fin juillet, loin d'apporter
une amélioration. accuse une forte aggra-
vation. Comparées aux résultats, de juillet'
1907. les exportations de 1908 sont en baissa
de 44,544,000 francs, et les exportations en
baisse de 11:5,800,000 francs.
Il y a donc, au bout des sept premiers'
mois de l'exercice 1908, baisse de 180 mil.
lions 660,000 francs pour les importations,
baisse de 288,816,000 francs pour les expor-
tations, en comparaison de 1907, soit une
restriction s'élevant h.- 469,476,000 francs
dans le chiffre d'affaires de la France avec
l'étranger.
Or, comme les diminutions ont porté sur-
tout sur les matières nécessaires à. l'indus-
trie ,pour l'importation et sur les objets fa:
briqués pour l'exportation, il s'ensuit que
notre industrie subit, une cris; En offet,
elle achète, au. dehors moins de matières
premières pour les transformer, elte vend
au dehors moins d'objets manufacturés.
Est-ce une crise définitive ou acciden-
telle,
Nous nous sommes livré, pour le savoir, w
à une minutieuse étude des documents ,of«
ficiels et nous sommes parvenus à.dés con-
clusions dégagées -de tout esprit- de parti*
Les voici
Si l'on s'en tient a là comparaison aveu
les résultats de 1907, le fléchissement est
indéniable.- Mais. 1907'. fut: une année excep-
tionnelle au point de vue de l'activité indus-
trielle et commerciale. Ce' fut le point cul-
minant d'une période ascendante qui com-
'rnença après la guerre russo-japonaise. On
sait qu'après un grand conflit dn,ternational
il y a toujours beaucoups de dégâts à répa-
rer.
Mais, si l'on compare les résultats de
1908 à ceux de 1906, qui fut encore une an-
née supérieure à la moyenne, on verra que
nos transactions de 1908 sont encore supé-
rieures à celles de 1906.
C'est le cas de rééditer le mot fameux, du
Normand « Pour une bonne année, 1908
n'est pas une bonne almée mais, pour una
mauvaise année, ce n'est pas une mauvaise
année.
Achats, et .ventes à l'étranger
Tout d'abord, il n'est pas exact que nos
relations commerciales soient allées en di-
minuant avec tous les Etats, même en com-
parant 1908 à 1907, ainsi que le prouvent
les, chiffres, suivants, empruntés à la statis-
tique officielle du premier semestre 1908
IMPORTATIONS
Pays auxquels la France a plus acheté en
1908 qu'en' 1907
Allemagne, en plus .-Fr. 4.659.000
Belgique. 15.377.000
Etats-Unis 10.144.000
Brésil 2.348,000
Algérie ̃• 18.057.000
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