Titre : La Liberté
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1913-04-30
Contributeur : Muller, Charles (1823-1898). Directeur de publication
Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication
Contributeur : Détroyat, Léonce (1829-1898). Directeur de publication
Contributeur : Berthoulat, Georges (1859-1930). Directeur de publication
Contributeur : Aymard, Camille (1881-1964). Directeur de publication
Contributeur : Ferry, Désiré (1886-1940). Directeur de publication
Contributeur : Doriot, Jacques (1898-1945). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328066631
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 30 avril 1913 30 avril 1913
Description : 1913/04/30 (A48,N17225). 1913/04/30 (A48,N17225).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k47981031
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-189
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 22/10/2018
LA LIBERTÉ
80 Centimes Départements — S Centimes Saine & Seine-et-Oiss
A.SONNEJilENTU
- Seine - Seine-et-Olso ^
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Départements
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GEORGE* BERTHOULA1: * . —-
Dirêefur TL
JOURNAL DB PARIS INDÉPENDANT. POLITIQUE, LITTÉRAIRE & FINANCIER
RÉDACTION ET ADMINISTRATION
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LES ANNONCES ET RÉCLAMES
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il 02afi0)
102-1 7$ Administration et Rédaction
103-41 Rédaction, de 3 h. & 4 h..
Oeorges BERTHOULAT
Directeur
jjiîCflEDI 30 AVRIL 1915
48" ANNEE. —-N° 17.225
La gabegie coloniale
Les
B nent de nous ■ tuer. deux ^
supérieurs et de blesser, grlèvc-bru-
ment trois foiKtionnairesrgP d
ferment l'attention sur 1 état ae in ^
Chine' française. Et chacun sait qu il va d
comment jusqu'à 1 inquietu.de. r
Comment d'ailleurs pourrait-il en être x,
autrement '? L'Extrême-Orient n est pas à
peuplé comme l'Afrique centrale de m-
Ls primitives et clairsemées que Ion ,
Sot maintenir avec un maximum de poi- j
îrne maniée par un minimum de forces^.
fi v a là une population dense, -raffinée
l'sa manière, avec sa culture, ses mœurs l
--et ses traditions, qu'il eût fallu s 'attacher t
erzce à une administration souple et 1
Sertie, assurant aux. indigènes un sort
Lilleur et à elle-même le prestige des r
Services rendus, nos troupes ne pouvant
jamais être assez nombreuses pour s im- ^
ffoser par la seule action , des baïonnettes. ^
> Mais nous n'avons ni administre ni ^
colonisé l'Indo-Chine : on s'est contenté ?
%'y faire l'exportation de produits po- t
litiques avariés. Hormis quelques excep-
tions honorables, tout le rebut de la poli- <
iicaillene française y trouve un débou.- "
ché permanent. C'est le refugium pecca- <
¡orum; le réceptacle des laissés-pour- <
compte du piston radical-socialiste. Tel ;
personnage d'opérette, tel autre notoire- ^
Ornent taré et disqualifie, tel bohème tru- ^
tulent dont la métropole ne veut plus
malgré les instances de la rue .Cadet ou
ifie la rue de Valois sont expédiés par ,
celles-ci au Tonkin comme mandarins
clés mandarins. Au dessus d'eux, un gou-
verneur général qu'on a presque tou-
jours nommé là, comme on l'eût nommé ,
là Madagascar ou à Cayenne, parce qu il
a opéré d'une certaine manière dans les
couloirs du Palais-Bourbon, également
inapte à vouloir et à pouvoir mettre de
l'ordre en cette colonie formidable et
cocasse, et qui, au surplus, ne songe d'or-
dinaire qu'à ses propres affaires. Joignez
à cet ensemble un système fiscal de mo-
nopoles — opium, sel, alcool, — ce dernier
récemment maintenu malgré- les promes-
ses contraires, avec des vexations intolé-
rables comme le minimum effèctif de
consommation ajoutez-y le sabotage
quotidien de la justice, et l'explication
de la sourde insurrection des Annamites
sera complète. -
Les bombes d'Hanoï paraissent d'ail-
leurs avoir été suscitées par un incident
spécial, la violation récente du tombeau
de l'empereur Tu-Duc, qui a profondé-
■ ment ému ces populations attachées au
culte des ancêtres. Tous les échappés des
loges qu'on déporte là-bas ont évidem-
ment une tendance à en user vis-à-vis de
la religion locale comme leurs amis de
France à l'endroit des catholiques. Ce
sont les émules des édiles de Vendôme
qui transforment une église en vespa-
sienne ou du juge de paix d'Ecouen qui
rend un jugement avec un attendu por-
tant que tout sentiment religieux est di-
gne du mépris des penseurs et des ma-
gistrats. • '
Avec de tels procédés, il ne faut donc
pas s'étonner si les Annamites -n'ont pas
pour nous les sentiments des Egyptiens
pour l'administration anglaise qui leur
a donné le « self gÕvernment ». Ainsi
le mal dont souffre notre empire d'Ex-
trême-Orient vient de la métropole. C'est
elle ou plutôt la politique ràdicale-socia-
i liste pratiquée depuis douze ans, qu'il fau-
drait d'abord réformer pour exporter en-
; suite une réforme analogue dans toutes
' 5ios colonies où, toutes proportions gar-
dées, les choses ne vont pas beaucoup
mieux qu'en Indo-Chine, les mêmes cau- 1
ses devant engendrer les mêmes effets
quelle que soit la partie du monde où !
elles sévissent, continent noir ou conti-
nent iaune.
GEORGES BERTHOULAT.
Le Scandale Krupp
. Berlin,. 29 avril.
La Morgen Post annonce que la police
d'Essen a effectué des perquisitions dans
un syndicat socialiste et à la rédaction
d'un journal socialiste de cette ville.
Ces .m.&sures, qui -se. ratta.chera.i'e'nt à
l'affaire des .fa,briques d'armes, feront, dit
la Morgen Post, l'objet d'une interpellation
à la commission du budget du Reichstag.
Notes Parisiennes
Nous aUons avoir le théâtre Henry
Bernstéin, le théâtre Tristan Bernard, le
théâtre Sacha-Guitry, le théâtre Mouézy-
Eon, le théâtre Francis de Croisset, etc.
Tout grand auteur veut être dans ses
meubles : belle ambition s'il en fut.
Mais la Société des auteurs entend — 6
surprise ! ,- protéger les petits contre les
gros et, afin de laisser quelque espoir aux
débutants, Voire aux demi-arrivés, elle a
décidé que chaque directeur-auteur ne
pourra jouer qu'une de ses pièces par sai-
son sur son théâtre.
— Sauvés ! s'écrient les débutants et
demi-arrivés... ; - - u • - ' *•
Ce,n'est pas sûr. Admettons que, par un
coup du sort, un des chefs-d'œuvre de nos
émules de Molière ne passe pas 300 repré-
sentations... Il faudra monter une nou-
velle pièce, laquelle devra, de par le rè-
glement, avoir été apportée par un auteur
étrange1' à la maison.
Alors, que se passera-t-il, ci-oyez-voits ?
Vous vous en moquez... Moi aussi, mais
continuons tout de même...
Nous lirons dans les Courriers des Théâ-
tres ceci : . -
THÉATRE SACHA-GUITRY. — Les représen- !
tations de l'Amour en autobus viennent
d'être interrompues en plein succès : les
recettes dépassaient encore sensiblement le
maximum, mais le départ forcé de plu-
sieurs artistes oblige le spirituel direc-
teur-auteur-acteur à changer l'affiche... Il
met en répétitions une nouvelle œuvre de
Tristan Bernard, les Ca'pripes de Victorine.
Le lendemain, autre information s
THÉATRE TRISTAN-BERNARD. — Le Secret
du ma.rc.hamd de Gaufres, le légendaire suc-
cès de Tristan Bernard, n'aura plus que
cent représei?,tatio,,ts...' Mais, dès mainte-
nant, le spirituel auteur-directeur- met en
répétitions une comédie nouvelle de Sacha
Guitry, la Petite Modiste de la rue des
Capucines...
Ainsi, tout se passera en famille et le rè-
glement draconien de -la Société de la rue
Henner sera scrupuleusement respecté. —
D'ANTIN.
AVANT-PREMIÈRE
" L'Entraîneuse " au Théâtre-Antoine
Bruxelles eut la primeur de L'Entraîneu- !
se ; pour la première fois, elle fut jouée au
théâtre des Galeries-Sai.nt-Hubert que diri-
gent et administrent MM'. Fonson et Wi-
cheler les auteurs de cette Demoiselle de
Magasin, qui poursuit au Gymnase son
(heureuse carrière.
On l'y jouerait encore, me dit-on, Bi le
théâtre n'avait fait sa clôture annuelle,
clôture avancée quelque 'peu .par une grè-
ve générale dont l'écho vint jusqu'ici.
Elle avait beaucoup plu là-bas ; puis
c'était la première pièce vraiment psycho-
logique et littéraire de M. Cha'rles Esqu,i,er
j dont on ne connaissait guère encore que
du théâtre fantaisiste, mis à part si vous
voulez. Les Intrus, Lorsque l'Enfant pa-
raît, joué, il y a quelques années, sur ce
même théâtre Antoine.
Et il faut croire qu'elle avait des raisons
de plaire puisque M. Gémier l'adopta.
Ai-ie besoin de dire que, malgré son ti-
tre, ce n'est pas une pièce sportive, et que
l'entraînement d-ont il y est question n'a
rien à voir avec celui des champs de cour-
se. Il s'agit là d'un portrait de femme d'ar-
tiste. « le treizième portrait ajouté à la
2f aie rie des femmes d'artiste de Daudet ",
disait avec un enthousiasme extrême, si-
non excessif; un de nos confrères de
Bruxelles au lendemain de la première de
Bruxelles.
Mais ce portrait-là vous l'avez déjà vu,
vous le connaissez, si vous lisez le Figaro,
où M. Esquier publia un roman, L'Ile fan-
tÓme. d'où sa pièce est tirée.
La femme d'artiste qui en est l'héroïne
très sympathique est la compagne, d'un
musicien ; créature de dévouement et d'ab-
négation, elle met toute son ardeur d'a-
moure'u.se au service du talent,, de la répu-
tation dë celui qu'elle aime, le fait triom-
phe.r, puis, ce précieux résultat obt.elnu,dis-
paraît et s'efface.
C'est là évidemment une fort belle figure
et comme on n'en doit pas trouver tous les
jours. Sans médire des femmes en général
et des femmes d'artiste en particulier, on
peut penser que d,e telLes créatures de re-
noncement et de dévouement désintéressé
ne courent pas les rues et n'existent guère
qu'en l'esprit ds littérateurs.
Raison de plus pour l'aller vair, d'au-
tant qu'au théâtre Antoine cette surfemme
•sera incarnée par une jeune artiste que
nos confrères belges déclarent admirable
et qui, 'si la chose est vraie, pourrait bien
ne pas leur revenir de sitôt. C'est Mlle
Mar&el qu'on la nomme.
Trois actes — l'ai-je dit ? — dont deux
se passent dans l'intérieur besogneux d'un
artiste de Montmartre, et-le troisième dans
le salon luxueux du même artiste arrivé. —
LÉONCE BALITRAND.
La Crise orientale
L'AJOURNEMENT ET LA CONCILIATION
■La conférence des ambassadeurs à Lon-
dres a consacré nier trois heures à déci-
der son ajournement à jeudi. Il faut ac-,
cueillir sans sourire -ce résultat négatif
qui, en l'espèce, est un maximum. Nous
avons indiqué hier les raisons matérielles
qui, au moins actuellement, interdisent à
la conférence et aux puissances toute cLé-
cision exécutoire. On -nie p-ouvait hier que
s'accorder pour ne rien faire. Cet accord
a été laborieusement obtenu grâce à la
conciliante mais ferme insistance des re-
présentants dre la Triple Entente dont sir
Edward Grey ---s'.affi-rma le porte-parole ;
écouté.. ,
Le gouvernement de Vienne témoi.gne
d'une résistance singulière à reconnaître
cette évidence : les puissances ayant, sur
son propre vœu, signifié au Monténégro
leur mise en demeure, doivent attendre
avant toute manifestation nouvelle la ré-
ponse du Monténégro, réponse ajournée au
lendemain des fêtes de Pâques.
Le rappel à ce délai nécessaire a provo-
qué de nombreuses objections autrichien-
rues. Le oomte Mensdorff a regretté .une
fois de plus qu'on n'eût pas exigé du Mon-
ténégro une réponse dans les quarante-huit
heures. Il a longuement développé devant
les ambassadeurs la conception personnel-
le -do l'Autriche sur le caractène provoca-
teuÍ" de la politique monténégrine, sur la
dÜninu¡pop.. d-o -rmestigo. et due. 3Û-net.ô que
subissent les puissances en tolérant une
indocilité aussi flagrante. Le comte Mens-
dorff a ajouté que l'Autriche-Hongrie,
étant géograpliiquement et politiquement
intéressée plus que toute autre puissance
au maintien de l'ordre de choses qu'elle es-
time logique dans Les Balkans, se réserve
de prendre, personnellement toutes les me-
sures qu'elLe jugera utiles au respect des
décisions prises par l'Europe et non exé-
cutées par le Monténégro.
. A ce point sensible,la discussion risquait
d'être bloquée dans une impasse. En dura-
ble accord sur le but. à obtenir, les puis-
sances et groupements de puissances res-
tent en désaccord sur les moyens d'y
aboutir. Il fallut hier toute l'autorité de
sir Edward Grey pour éviter une contra-
diction prématurément définitive. On put
une fois de plus user la délibération en
répétant que toutes les puissances, Russie
eompriae, veulent une Albanie viable en-
globant Scutari " ; que foutes les- puissan-
ces, Autriche incluse, souhaitent rallier le
Monténégro à leur obéissance sains que les
mesures "militaires et navales à prévoir
tournent au tragique. Mais il fallut ^ en
' rester là. La question des compensations
' ne put être poussée plus avant que celle
des coercitions. Et les ambassadeurs de
Russie et d'Autriche s'entendlrem .pour sor- '
ir coudre à coude, sinon bnas dessus bras
iessous, afin de signaler au monde exté-
rieur que si l'entente demeure différée la
rupture reste évitée.
Voici donc la conférence de Londres
dans l'attente d'une bonne surprise qui,
d'ici d.&udi, succède à toutes les surprises
désagréables dont furent bousculées ses
méditations. On n'aperçoit pas la possibi-
lité de ce réconfort sur de champ même du
différend. D'ici deux jours, Essad pacha
n'aura pas. trouvé &a voie définitive vers
Vienne; vers Constantinople, ni peut-être
même vers ses ca:pital'e's albanaises. Et le
rod de Monténégro n'aura pas fait com-
prendr'e à son peuple, à supposer qu'il l'ait
comprise ilui-même, la nécessité d'être plus
Albanais que l'Albanie en repoussant Les
présents d'un Essad qui n'a rien d'Ar-
taxercès.
Il faut donc que la conférence de Lon-
dres, que .les puissances trouvent en elles-
mêmes et entre elles-mêmes le fait nou-
veau d'où doit surgir leur entente : fait
bien peu nouveau à la vérité, qui se ré-
sume à un ralliement de l'Autriche au
principe des compensations équitables
dues lau Monteniegro.
Ainsi que nous l'annoncions, M. de Giers
a poursuivi hier à Vienne l'exposé de la
conciliation russe en rappelant au gouver-
nerne-nt autrichien la nécessité die oes com-
pensations, celle aussi de ila graduation
des moyens diplomatiques qui mèneraient
à une coercition pacifique. On ignore en-
core l'accueil du gouvernement 'de Vienne
à cette communication courtoise et raison-
née. Il faut au moins retenir que, jusqu'ici,
seuls Les journaux autrichiens sont effecti- !
vement en marcha sur l.e sentier de la
guerre et 4ue, suivant le vœu renouvelé
hier par la Russie, l'Autriche n'a. pas aban.
donné sa placée au t3lp'Ls vert de la diplo-
matie ; si elle se résigne enfin à y abattre
autre chose qu'un ultimatum, la séance
continuera. — ]
MAURICE GANDOLPHE.
LA REPONSE DU MONTENEGRO
AUX PUISSANCES
.. Cettigné, 29 avril. j
Le ministre monténégrin des affaires
étrangères a hier officiellement accusé ré-
ception aux représentants des puissances
de leur note collective, note conforme dans
l,c fonds et dans la forme aux indications
déjà publiées.
- Le ministre nonténégrin s'est borné à
déclarer que son gouvernement ne pour-
rait en aucun cas faire connaître sa ré-
ponse à cette note avant la fin des fêtes
de Pâques, fêtes dont le terme est d'ailleurs
très Imprécis. ;
LES MESURES MILITAIRES
AUSTRO-HONGROISES
Londres, 29 avril.
Le correspondant du Daily Mail à
Trieste se dit informé que 80.000 hommes
de troup-es autrichiennes sont rassemblés
près de la frontière monténégrine.
Le correspondant du même journal à
Gratz prétend savoir que l'Autriche-Hon-
grie a l'intention d'exécuter aujourd'hui un
mouvement militaire; qui ne viserait pas
uniquement le Monténégro.
Des troupes seraient envoyées à bord tfe
transporta, VAlbaunié '-rnéridioil en
même temps que des trains pleins de
(c j-cagers Il des Alpes autrichiennes se, diri-
rrpra.ifmt. vers le sud.
LA CONFERENCE DE LA PAIX
Constantinople, 29 avril.
Dès que l'ambassadeur de Russie aura
reçu les instructions de son gouvernement,
les représentants des puissances prieront
formellement la Porte de" leur faire savoir
en quelle ville elle préfère que se tienne la
nouvelle conférence d-e la paix et lui deman-
deront de donner Les noms des plénipoten-
tiaires qu'elle se propose de nommer. Il
n'est pas douteux que la Porte dans sa ré-
ponse exprimera le désir de voir les négo-
ciations s'engager à Londres et anrroncera
la nomination de Tewfik paoha -et Hakki
pacha comme plénipotentiaires. Le troisiè-
me délégué ottoman sera Navi bey, actuel-
lement ambassadeur à Rome, qui prit part
aux négociations de Lausanne ou Ali F uad
bey qui était ministre de Turquie à Bel-
g-rade avant la guerre.
LES CONFLITS ENTRE ALLIES
Le correspondant du Daily Telegrapli à
Bucarest télégraphie la curieuse informa-
tion suivante que nous reproduisons à titre
purement documentaire :
(( Les démentis officiels et une censure
rigoureuse ont permis de dissimuler jus-
qu'à ce jour l'extraordinaire état de choses
existant actuellement dans la péninsule
balkaniquB.
Aux frontières grecque et serbe trois im-
portants combats ont été livrés la semai-
ne dernière, sans que le bruit en ait trans-
piré dans le monde extérieur, exception
faite des états-majors généraux des pays
en conflit.
La situation est critique. Les Bulgares
ont concentré près de 150.000 hommes dans
la région de Serres et Kavala. Les Grecs
ont , opéré une concentration non moins
importante entre Salonique et Serres.
Quatre nouvelles classes de réservistes ont
été appelées ces jours derniers et, dans un
secret admirablement gardé, des quantités
d'armes sont actuellement expédiées à Sa-
lonique.
-Les Serbes de leur côté concentrent une
armée de près de 200.000 hommes à l'est et
au nord-est de Monastir pour soutenir le
choc éventuel de la première armée bulga-
re actuellement en marche sur cette ville. :
L'opinion des personnes au courant de
la véritable situation est qu'une guerre en-
tre alliés. est inévitable dès que sera signée
la paix turço-balkanique. Les gouverne-
ments de Belgrade et d'Athènes s'efforcent 1
d'établir un nouveau traité d'alliance ser-
bo-grec avant que n'éclate le conflit. »
Silhouettes de Parisiennes
Mlle MAGDELEINE GODARD
Dans quelques semaines, de grandes fê- p
tes musicales vont être données a Vichy d
et à Deauville pour célébrer la mémoire t
de l'auteur de Jocelyn et de la Vivan-
dière. Naturellement, Mlle MagdeLeine r
Godard » été priée d'en accepter la pré- »
sidence ; et, malgré la simplicité de sa I
vie et son. labeur constant., oUs n'a- c
songé une minute à s'y refuser ; car de- «
puis dix-huit ans, toutes ses pensées, tous t
ses désirs, tous ses actes n'ont eu qu'un f
but : glorifier le souvenir du frère si pré- r
maturément disparu. *
Et ce culte véritable n'est pas seule- r
ment consacré à Benjamin Godard com-
positeur de génie. Il s'adresse aussi au
frère qui était le meilleur et le plus ai- I
mant et qui, le premier, découvrit, en la
petite sœur venue au 'monde beaucoup plus
tard que lui, des aspirations artistiques
presque . semblables aux siennes. Seule-
ment les parents, négociants très riches, ]
voyaient sans enthousiasme se développer ;
cette doubLe vocation. Mais l'année terri- j
•ble vint, et avec elle ses ruines ; et, ne
voyant dans cette catastrophe que la pos- .
sibilité d'exercer, en toute liberté, l'art
qu'elle aimait, Mlle Magdeleine Godard
s'écria : « Enfin, je vais donc pouvoir
être artiste. »
Alors le frère et la soeur suivirent leur
destinée, celui-ci de compositeur, celle-là
de virtuose. Ils ne se séparèrent qu'en
1895, lorsque Benjamin, terrassé par un
mal subit, partit pour Cannes où il allait
mourir. Et la Vivandière, cette œuvre si
jeûné, si brillante et qui fut sa dernière ;
il la composa, assis sur son Lit, sans le
' secours d'aucun instrument, pendant les
huit mois qui précédèrent sa mort.
i. M Ufâ Magdeleine Builard. dit volontiers
| qu'elle se sent incapable d'écrire une seu-
- le note et ne s'en est d'ailleurs jamais avi-
S-éoe .; mais, tout enfant, aile se révéla vio-
loniste. Elève du professeux" Vie-uxtemps,
elle affronta, pour , la première fois, le
grand public en 1875, à côté de son frère,
1 avec le Concerto romantique. De 1877 à
[ 1879, elle fut, au Conservatoire, l'élève de
. Massard.
L Mais les applaudissements recueillis
- dans les concerts à Paris, Londres, Bruxel-
- les, etc., ne faisaient pas oublier à Mlle
1 Godard la tâche plus humble, entreprise
" presque au lendemain de la ruine et qu'elle
n'a j.amais abandonnée : le professorat.
1 Et elle aime rappeler ce que lui répondait
] Gounod. lorsque, , au début, elle appréhen-
- dait non seulement les fatigues, mais
t l'uniformité de cette carrière : « Petite,
i pour aimer le travail le plus modeste et
le plus monotone d'apparence, tu n'as qu'à
t'y intéresser. »
Car, il faut bien le dire, Mlle Godard
, fut soutenue, dans la lutte, par des amis
^ qui s'appelaient Gounod, Reyer, Masse-
e net et ne lui ménagèrent ni leurs conseils
ni leur affection. Un seul lui reste au-
0 jourd'hui, au moins appartenant à cette
3- écol.e Lointa.ine, le. maître Saint-Saëns, (t
elle a reporté sur lui toute La reconnais- '
sa.nce dont son cœur déborda. Mais, natU7
relie ment, sous l'impulsion de tels gui-
des, Mlle Godard s'est tout spécialement
consacrée à la musique classique. Cepen-
dant l'évoLution que de hardis innovateurs
ne cessent de faine subir à la musique mo-
derne ne la laisse pas indifférente. Si elle
n'y trouve pas toujours de l'agrément, elle
estime que cette recherche perpétuelle de
l'effet non encore obtenu mérite de rete-
nir l'attention.
Si Mlle Magdeleine Godard avait le Vol-
sir de s'adonner à un autre art que la
musique, elle choisirait la peinture, car
elle garde cette' conviction qui a l'air d'un
paradox,e, que ces deux ouvrages semblent
Les mieux faits pour s'accoupler. Ainsi,
sous tel beau tabLeau dont la vue l'im-
pressionne, elle place instinctivement la
phrase musicale qui lui paraît rendre avec
1e. plus d'exactitude sa ligne, son atmo-
sphère -et sa couleur. Et elle déplore que
des flots de poésie, parfois très pauvre,
aient pu accaparer tant de chantante ins-
piration.
Aussi ne faut-il pas s'étonner que Mlle
Godard, virtuose, habite un atelier. Et si
le chevalet y est remplacé par un piano,
les tableaux y sont nombreux et les sou-
venirs y sont encadrés : telles une feuille
de l'arbre sous lequel Lamartine écrivit
Jocelyn, et cette lettre que Masoenet, quel-
que temps après la mort de Benjamin, ré-
pondait à Mlle Godard qui l'avait félicité
d'une œuvre : « Je ne peux pas m'habi-
tuer à vous remercier seule. »
Dans ce décor d'intimité et de travail,
une note sombre s'accroche à la robe de
Mlle Godard qui, depuis dix-huit ans, n'a
pas quitté le deuil. C'est une des formes
dt; son cuite iraterixei ; mais cem înunut.
en rien sur la grâce de son caractère ;
elle trouve l'existence très belle, très bonne
à vivre, et les êtres et les choses bien
moins méchants qu'on ne les fait : à part
la mort, nulle douleur ne lui paraît irré-
médiable. —
HÉLÈNE DU TAILLIS.
Au Conseil supérieur de la Guerre
Les généraux Marion et Meunier
Les généraux Marion et Meunier, mem-
bres du conseil supérieur de la guerre, sont
placés dans le cadre de réservée et rem- '
placés par les généraux Sordet et Dubail.
Le général Marion, fils et petit-fils de
généraux — son grand-père fut tué à la
bataille de la Moskowa — est né à Se-
dan en 1848. A sa sortie d-e l'Ecole spé-
ciale militaire, en 1868, il fut affecté au
91 régiment de chasseurs et envoyé pres-
que aussitôt en Algérie. Ce régiment arri-
va trop tard en France en 1870 pour pren-
dre part aux grandes batailles de l'Est ;
il entra dans la composition de la cavalerie
du 13° corps et prit part au combat de
l'Hay, puis il fut ramené sous Paris jus-
qu'à la fin du siège.
Le général Marion a fait toute sa car-
rière dans la cavalerie, et il commandait
la 3e division de cet arme à Châlons-sur-
Marne lorsqu'il fut appelé, le 11 novem-
bre 1907, au commandement du 16° corps,
à Montpellier, Peu de temps après, il en-
trait au conseil supérieur de la guerre. On
sait qu'aux dernières grandes manœuvres
de l'Ou.est, le général Marion commandait
l'armée rouge et fut victime d'un incident
de manœuvre exagérément grossi et com-
plètement dénaturé. De l'avis de ses pairs,
le général Marion était le chef de cavale-
rie le plus digne de recueillir la succession
des Galliffet et des Geslin de Bourgogne.
. Le général 'Meunier, né en 1848 à Cha-
1amont (Ain) est passé par Polytechnique.
En 1870, il était lieutenant à la 6a bat-
terie du 13° régiment d'artillerie et prit
part à la bataille de Saint-Privat. Sa bat-
terie fut engagée, vers 4 heures du soir, à
l'ouest de Saint-Privat et lutta contre l'ar-
tillerie prussienne jusqu'à ce que la re-
traite des lignes d'infanterie du 6° corps
l'obligeât à se retirer elle-même. La bat- ]
terie prit position à 1.800 mètres en arriè-
re et continua son feu jusqu'à épuisement
complet des munitions. Il était alors 8 heu-
res du soir et Sa.int-Privat était en flam-
mes. Le lieutenant Meunier prit part éga-
1wnent au combat de Noisseville.
Commandant en 1891, il fut envoyé à
l'ambassade de France à Berlin en qua-
lité d'attaché militaire. Divisionnaire, il
fut nommé, le 17 mai 1909, commandant
,en chef du 3e corps à Rouen et prit part,
l'année suivante, aux grandes manœuvres
de Picardie où l'aviation militaire fit ses
débuts, Ces manœuvres mirent en relief
ses grandes qualités d'a-rtilleur ; c'est, en
effet, par la concantra.tion du feu de ses
batteries qu'il arrêta et brisa, sur le pla-
teau die Locreuse, l'attaque du 2° corps.
Les généraux Sordet et Dubail.
Le général Sordet est né en 1852 à
Saint-Germain-du-Plain, en Saône-et-Loire.
Il avait 18 ans quand éclata la guerre de
1870; il s'engagea comme volontaire au
57, de marche en formation à Lyon et fut
bientôt promu sous-lieutenant. Il se battit
avec la division C renier à Nuits et à Héri- .
court., Son régiment fut entraîné dans la
débâcle de l'armée de Bourbaki, mais le
jeune sous-lieutenant ne passa pas en
Suisse ; il longea la frontière et resta en
France. En 1871, il entra à Saint-Cyr, sor-
tit dans la cavalerie et fit toute sa carrière
dans cette arme. Il commandait la 4° divi-
sion de cavalerie à Sedan, lorsque il fut
appelé au commandement du 10° corps.
La nouvelle loi des cadres de la cavalerie
comportant la création d'une inspection
générale de la cavalerie, c'est le général
Sordet qui sera appelé à ce poste d'où il
exercera sur l'instruction tactique de nos
10 divisions de cavalerie l'influence que lui
donnent ses hautes qualités de chef.
Le général Dubail est né en 1851 à Bel-
fort. Il est sorti de Saint-Cyr avec le n° 7.
Sous-lieutenant au 10" bataillon de chas-
seurs à pied, le 15 juillet 1870, il a pria
part aux combats de Sarrebruck, de Spi-
chener, à la bataille de Brony et aux opé-
rations sous Metz.
Le général Dubail a fait toute sa car, '
rière dans l'infanterie ; il était en 1886
officier d'ordonnance du général Boulant
ger. Colonel du lor régiment de zouaves en'
1901, général de brigade en 1904, général
de division en 1908, il commanda la 14" di-
vision d'infanterie à Belfort, sa ville na-
APrpo ët.rA nassé njir le cabinet de' M.
Berteaux il fut nomme cnei a-eLl:lt-W-aJ'UL
général et resta en fonction jusqu'à la
réorganisation faite par M. Messimy de cet
important rouage du haut commandement.
Il fut alors placé à la tête du 96 corps d'ar.
mée. à Tours.
Le Vernissage
aux Artistes Français
Un beau temps, un temps merveilleux, k
plus beau temps que nous ayons encore eU -
cette année, a favorisé la j.ournée tradi-
tionnelle du Vernissage, qui n'en a été
qxra plus brillant. Si vaste que soit le
Grand Palais, la foule des visiteurs a pu
l'emplir et, dans certaines salles où sont
les « clous » du Salon, cette foule était tella
que la ciroulation ne pouvait plus se faire
qu'avec une peine extrême et que bien des
« vernisseurs », renonçant à voir toute la.
peinture, sont descendus au hall de la
sculpture où ils espéraient subir. une moin-
dre gêne. Mais, dans le jardin où la sculp-
ture s'égaie de verdures abondantes, la.
foule n'était pas moins dense qu'au pre-
mier étage et l'on y était tout aussi pressé
et bousculé. Du moins, y respirait-on plus
facilement.
Les visiteurs n'ont donc pu tout voir.
Beaucoup, d'ailleurs, vont au Vernissage
moins pour voir que pour être vus. Cepen-
dant" les visiteurs ont, du mieux qu'ils ont
pu, regardé. Qu'ont-ils surtout regarda ?
Suivons la foule, et nous allons le savoir.
. Comme toujours, les portraits des hauts
personnages et des personnalités notoires
sont fort regardés. Ils sont, cette année,
particulièrement nombreux : S. Em. le car-
dinal Merry del Val, drapé dans un su-
perbe mante-au de soi.e rouge, par M. Wil-
liam Laparra ; S. Em. le cardinal Amette,
■plus simple et presque timide, par M. Jo-
seph Aubert ; S. A. I. et B. le prince de ■
Galles, en chevalier de la Jarretière, par
M. Arthur Cope, qui a su tirer le plus
heureux parti des abondants accessoires
que oomporte le pompeux costume de cet
ordre célèbre ; S. A. R. le prince Don
Jaime de Bo-tirbon, en colonel du régiment
des hussards de Grodno, par M. Henri
I Jacquier, qui a su donner au chef du parti
des « bleue d'Espagne » une attitude suffi-
samment naturelle ; S. A. I. et R. la prin-
cesse Napoléon et sa fille la princesse Ma-
rie-Clotïlde, par M. André Brouillet, qui,
tout en se préoccupant d'exprimer fidèle-
ment la physionomie de la fille de feu le
roi Léopold" II, a voulu faire une œuvre
où l'artiste soucieux d'élégance et de grâce
et sensible à toutes les délicatesses de la
couleur qu'il est pût donner sa mesure.
Après ces portraits de personnages prin-
ciers, auxquels, nécessairement, va d'a-
bord la curiosité des visiteurs, on s'arrête
devant ceux des personnalités connues ou
DERNIÈRES NOUVELLES
Conseil des Ministres
Les ministres et sous-secrétaires d'Etat
60 sont réunis ce matin en conseil à l'Ely-
sée, sous la présidence de M. Poincaré.
V LA DIRECTION DE LA VILLA MÉDICIS *
- Sur la, proposition du président du con- (
seil, ministre de l'instruction publique, M.
,Albert Besnard, membre de l'Institut, est
nommé pour une période de 6 ans direc-
teur de l'Académie de France à Rome, en
remplacement de M. Carolus Duran, dont
démission est .acceptée.
Par le même décret, M. Carolus Duran
est nommé directeur honoraire....
1 - - CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA GUERRE '
;t"Le ministre de la guerre a présenté à la
- ^gnature du président -de la République
tfes décrets nommant :
5 Membres du conseil supérieur de la guer-
ire, le général Dubail, commandant le 9°
>^rPs d'armée, et le général Sordet, com-
mandant Ùes le 10° corps, en remplacement
Jes généraux Meunier et Marion, placés
uans le cadre de réserve ;
NOMINATIONS MILITAIRES " ' '
. Sont nommés :
Commandant le 9° Corps à Tours, le gé-
Dubois commandant la lre division
dt. cava>lieri!-, et membre de la commission |
ixte des travaux publics ;
j)pi?lïlTnandant le 10, corps, le général
.forges, commandant la 39° division
a ganterie ;
' aïri'm- directeur de la cavalerie au
•brW?i dû la guerre, et le général de
dvW O os sot, commandant une brigade
a., l - coloniale ;
•"fie de brigade, le colonel Lacombé
2le ia Tour, breveté, commandant le
P masseurs ;
* ô'infotr?ai?c,'a'rit Par intérim la 39J division
' c&rnrn-irfl!6 A Toul, le général Ebener,
i MCVIOAT • l'Ec-eJe supérieure de guerre ;
f tsaritf. n,speeteur,,, dans le corps de
1 ' Mncinnf ?u^es coloniales, les médecins
l'InSit' i ? classe Simon, directeur
' Colomb SI +asteuf de Constantinople e1
du service de santé de.<
tranQaise groupe de l'Afrique Occidental
^dïr?cdeWit?llitai^ dans le corps de l'in
lieutenant mirf^pe^ coloniales, le sous
l-c génf; ra,l 'h a^ 1re classe, Martin
Tour est a 'LIa bra8ade Laoombe de, 11:
appelé au commandement &
t
'Ecole supérieure de 1[1, guierre, et le, co-
one l Ancelin, commandant l'Ecole d'ap-
plication de cavalerie, est nommé diree-
teur de la cavalerie au ministère d-e la
guerre.
lF, VOYAGE DU MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS
Le ministre des travaux publics a rendu
compte de son voyage en Algérie et ,en Tu-
nisie et des études qu'il y a faites sur les
questions minières et des voies ferrées:
MINISTÈRE DU COMMERCE
Le ministre du commerce a fait s'ig!ner.
un décret nommant directeur du person-
nel, en remplacement de M. Joyeux, admis
à la retraite, M. Tarbourech, chef de bu-
reau..
• L'EXPOSITION DE GANR) ...
M. ,1\'If\Æsé a rendu cqrnpte de la visite
qu'il a faite, avec, l,e ministre de l'agricul-
ture, à l'Exposition de Gand, dont la sec-
tion française est particulièrement remar-
quable, et de l'excellent accueil qu'ils y ont
reç u:.
Le reste de 'la, séance a été consacré à
l'examen de la situation extérieure et à
I l'expédition des affaires courantes.
Les ministres se réuniront en conseil de
cabinet vendredi matin, sous la présidence
de M. Barthou. •
LE SERVICE DE 3 ANS
A la commission de l'armée
La commission de 1 armée s est réunie à
2 heures, sous la présidence de M. Le Hé-
rissé. Le général Legrand, deuxième sous-
chef de l'état-major général, assistait à la
séance.
Au début, M. Jaurès, secondé par M.
Augagneur, demande au général Legrand
de nouvelles explications sur les effectifs
minima. Il veut essayer d,e rattraper son
énorme gaffe sur les 100.000 hommes, qui,
d'après lui, sont en trop.
La commission aborde ensuite l'examen
de l'article 2 du contre-projet Montebello-
Reinach qui a trait aux engagements et
aux rengagements.
Cette question doit occuper toute la
séance.
L'Attentat d'Hanoï
Nous croyons savoir que M. Mahé, rési-
t dent supérieur en Annam, sur l'ordre de
[ qui ont été opérées les fouilles du tom-
beau de l'empereur Tu-Duc, a été rappelé
d'office par le ministre des colonies. _
L'attentat d'Hanoï n'est pas un incident
isolé par où se manifeste la désaffection
de nos sujets indo-chinois et annamites.
Un haut fonctionnaire qui a été charge de
la réorganisation de la police de sure
Hanoï et se trouve actuellement a Paris,
déclare qu'on a découvert, il y a quelques
semaines, à SaïgJn, une dizaine de bom-
bes et qu'aux dernières fêtes du Têt on
pu empêcher l'entrée sur notre territoire
de bombes préparées à Long-Tcheou,
Chine"Le récent attentat a été incontestable-
ment préparé de longue main. Ce qui jpa-
raît étrange, c'est que la police qui dispose
de nombreux indicateurs n'ait ri,en su.
Doit oT supposer que ces indicateursadver-
étaient gagnés à la cause de nos adver-
saires ?
LES ÉVÉNEMENTS D'ORIENT
LA COMMISSION FINANCIERE
INTERNATIONALE
Voici quelles sont les grandes lignes du
programme de la commission internatio-
tolère qui siégera le 15 mai à
1 ïaS tâche de cette commission sera :
En premier lieu, de déterminer la part
de -la dette publique ottomane qui, con-
formément aux principes de droit inter-
national régissant cette matière, doit res-
ter à la charge des tc.rritoir.es cédés, et
dont le service sera assuré soit au moyen
d'annuités prélevées comme par ie passe
sur Les revenus de ces territoires, soit par
des versements dûment garantis en capi-
tal.
En second lieu, de spécifier les condi-
tions et modalités d'c droit suivant les-
ou elles les Etats balkaniques seront substi-
tués dans les droits comme dans les char-
ges et obligations de l'Empire ottoman vis-
à-vis des tiers bénéficiaires de contrats ou
d,e concessions dans les territoires cédés.
Enfin d'examiner les réclamations d ordre
pécuniaire que les Etats belligérants croi-
raient devoir faire valoir, du che.f des
opérations de guerre.
UNE CONFERENCE MILITAIRE
A VIENNE
- Vienne, ,29 avril.
Aujourd'hui, dans l'après-midi, a lieu à
Schœnbrunn une conférence présidée par
l'Empereur, à laquelle prennent part le
. comte Berchtold, le général Conrad de
Hœtzendorf et les hautes personnalités de
Le comte Berchtold a été reçu ce matin
' en audience par l'Empereur, puis par l'ar-
chiduc-héritier.
Il a eu ensuite un entretien avec le mi-
1 nistre de la guerre, qui s'est rendu à son
tour, immédiatement après, au Palais de
Schœnbrunn.
LE PROBLEME MONTENEGRIN
ET L'ALLEMAGNE,
Berlin, 29 avril.
A une question qui lu;i était posée à la
commission du budget sur le problème sou-
I.ev.é par la possession de Scutari, le secré-
taire d'Etat aux affaires étrangères a ré-
pondu qu'un conflit éventuel entre l Autri-
che et le Montenegro ne regardait pas di-
rectement l'Allemagne tout d'abord.
LE CHOLERA EN SERBIE?
Vienne, 29 avril.
Le choléra se serait déclaré à l'hôpital
militaire de Nisch (Serbie).
En conséquence, le ministère autricnien, .. •
de la guerre a donné l'ordre a.ux comman-
dants de corps d'armée tle Temesvar et
d'Agram de prendre contr.e les dangers d'in-
troduction du fléau toutes les mesures né-
cessaires, d,e concert avec les autorités ci-
viles..
La colonie française de Scutari
Le gouvernement français n. reçu les pre-
mières communications directes de notre
,consul à Scutari, M. Krajewski, annonçant
que la population française de la ville,'
d'ailleurs très réduite, est saine et sauve.
LES ARMEMENTS ALLEMANDS
A la commission du budget. — Déclarations
de M. de Jagow
Berlin, 29 avril.
La, commission du budget du Reichstag
a continué aujourd'hui la discussion du
projet de loi sur les armements.
Un député socialiste ayant déclaré qu 'en
Belgique on craint que, dans le cas d'une
o-nerre franco-allemande, l'Allemagne ne
r^sne^te pas la neutralité belge, le secré-
taire d'Etat aux affaires, étrangères, M. de
Tq-row a répondu : « La neutralité de la
Bdaw'ue est établie par des conventions
internationales et l'Allemagne est résolue
à s'en tenir à ces conventions. Il
rett'1 déclaration a paru insuffisante à
un autre député socialiste qui a ajouté que
dans certains milieux pangermanistes on
Assurait que l'Allemagne projette une rup-
ture d3 ces conventions.
Un troisième député socialiste a préco-
nisé un rapprochement franco-allemand.
« Sans courir après la France, dit-il, on
H A vrai t trouver un moyen de s'entendre,
99 o/.. des Français étant pacifistes.
M, de Jagovv a répondu qu'il n avait
i-îpn' il aie^ir à ses déclarations antérieu-
ne i""s' dit-il, «"e ,m? i
répéter que J'Alleinagite veut la paix et
qu'elle est toujours prête à vivre en paix j
avec la France. »
Le mini'str.e de la guerre a déclaré^ en-
suite que le personnel nécessaire à l'ins-
truction des nouvelles recrues serait aug-
menté en proportion des incorporations.
Un député socialiste a dénoncé le danger
constitué par la répartition inégale des
effectifs. « Cette inégalité, dit-il, permet-
tra au parti socialiste de formuler de nou-
velles exigences. »
LES CAMBRIOLEURS DE CHAVILLE
Une troisième arrestation
M. Dautel, commissaire de la brigade
mobile de la Sûreté générale, accompagné
de plusieurs inspecteurs et assisté de la
gendarmerie, a poursuivi toute la nuit ses
recherches en vue de retrouver les auteurs
des audacieux méfaits de Chaville et de
Sèvres.
Ses investigations ont été en partie cou-
ronnées de succès. Le magistrat a, en ef-
fet, procédé à une nouvelle arrestation.
L'individu appréhendé se nomme Lacroix ;
il est âgé de 19 ans et demeure à Sèvres.
Il n'a opposé aucune résistance et, après
un interrogatoire de pure forme, a été con-
duit à la prison d,e Versailles.- -
Un certain nombre 'de jeunes gens, qui
avaient accompagné dàns la soirée de di-
manc-he Beaulier, Schwartz et Lacroix, ont
également été amenés ce matin à la gen-
darmerie de Chaville, mais comme ils ont
prouvé qu'ils n'avaient pas participé à l 'at-
taque de la gare, ils ont été remis en li-
berté.
Ajoutons que Sohwartz et Beaulier, in-
terrogés de nouveau ce matin à Versail'es
par M. Fredin, juge d'instruction, ont fait
des aveux complets. " Beaulier a reconnu
avoir donné à M. Périer un coup de pied
dans le ventre. Sohwarti a avoué qu'il
avait tiré trois coups de revolver sur le
chef do gare.
Trois individus sont encore à l'heure ac-
tuelle l'objet d'un mandat d'amener.
CONTRE LE CAMBRIOLAGE
1 Coffi-es-Forts FICHET
LA VENTE KRAEMER
Cette dernière journée de vente a débuté
par la mise aux enchères de miniatures et
d'objets de vitrine ; puis, défilèrent des
pendules, des bronzes d'art, des meubles
et des sculptures.
M Henri Baudoin _ tenait le marteau de
commissaire-prisonr.
Dès 2 heures, la grande salle d exposi-
tion et de vente de la galerie Georges
Petit se garnit d'un public de marchands
1
et d'amateurs qui vont pousser très active-
ment Les enchères.
Trois miniatures d'Isabey font 2.200,
2.600 et 3.300 fr. ; des miniatures sans
signatures vont de 200 à 600 fr. ; un étui
■en or sur lequel est fixée une montre, 2.200 ;
des boîtes ornées de miniatures fin de l'é-
poque Louis XV atteignent des prix éle-
vés : 6.100, 10.000 fr. ; un petit cabinet
en écaille et or, époque Régence, 13.700.
Un cartel, époque Louis XV, 5.500 fr. ;
pendule en bronze ciselé et doré 6.800, pen-
dule en marbre blanc signée Lepaute, hor-
loger du roi, époque Louis XV, Groupe sor-
tant de l'atelier de Falconet 24.000 fr. ; ren-
dule Louis XV, bronze ciselé et doré, si-
gnée Le Brasseur, .10.000 fr. ; pendule
Louis XVI, 11.000 fr. ; d'autres pendules
Louis XV et XVI font 9.000, 11.200 et 10.500
f rai-i cs
On passe à l'adjudication de deux ai-
guières qui sont aussi chèrement dispu-
tées et sont vendues 13.200 fr.
Le nombreux public qui se pressait au
Vernissage a. pu constater avec quel luxe
est installé le Salon des Artistes Français.
Le pourtour du grand hall est décoré de
tapis d'Orient, anciens et modernes, dont
l.a variété et. le choix sont remarquables.
Le tout a été tiré de la collection sans r i-
vale, de la Maison Boucicaut.
Dans le salon de repos, le Bon Marché a
réuni des meubles d,e style qui, avec les ta-,
pisseriies anciennes, constituent un ensem-
ble du meilleur goût ; le confort en a été
vivement apprécié par les visiteurs.
Accident dans une carrière
Longwy. — Dans une carrière voisine
de la frontière belge, un wagonnet, qui
gravissait un plan incliné, s'est détaché et
a été précipité au milieu d'un groupe d'ou-
vriers.
L'un d'eux, nommé Grégoire, ^ , âgé de 17
ans a eu la tête broyée : la mort a été ins-
tantanée. Son père a eu les deux, jambes
brisées et des contusions multiples. Son
état est désespéré.
ct Gaumontcolor n. 8, Fg Montmartre. En
matinée et en soirée, grands films artisti-
ques. Actualités mondiales, merveilleuses
vues'en couleurs naturelles par le « Chro-
nochrome Gaumont ». Unique au monde.
AERONAUTIQUE
La Coupe Pommery
La tentative de Brindejonc
L'aviateur Brindejonc des Moulinais, pi-
lotant un appareil muni d'un moteur Gno-
me (bougies Oléo), est parti de Villacou-
blay ce matin à 4 h. 38 dans l'intention
de gagner Copenhague et de battre les re.
oords du plus long vol en ligne droite.
Liège, 29 avril.
Brindejonc des Moulinais a atterri à Liè-
ge à 7 h. 50 après un superbe voyage à
grande hauteur.
Après s'être ravitaillé, il a repris son
vol à 8 heures 30 dans la direction dE
Brème.
Védrines vole vers Lyon
Jules Védrines, pilotant un appareil mu.
ni d'un moteur Gnome (bougies Oléo), ç
quitté Villacoublay ce matin à 4 h. 40 à
destination de Lyon d'où il partira demain
matin à destination de l'Ecosse.
Nevers, 29 avril.
Jules Védrines a atterri ici à 9 heures.
Son voyage a été contrarié par un vent
violent et Védrines repartira L 3 heures
pour Lyon.
Ne décidez pas d'un cadeau de ma-
s'iags sans avoir vu nos jolis objets d'an
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Adresse télégraphique: LIBERTÉ-PARIS
il 02afi0)
102-1 7$ Administration et Rédaction
103-41 Rédaction, de 3 h. & 4 h..
Oeorges BERTHOULAT
Directeur
jjiîCflEDI 30 AVRIL 1915
48" ANNEE. —-N° 17.225
La gabegie coloniale
Les
B nent de nous ■ tuer. deux ^
supérieurs et de blesser, grlèvc-bru-
ment trois foiKtionnairesrgP d
ferment l'attention sur 1 état ae in ^
Chine' française. Et chacun sait qu il va d
comment jusqu'à 1 inquietu.de. r
Comment d'ailleurs pourrait-il en être x,
autrement '? L'Extrême-Orient n est pas à
peuplé comme l'Afrique centrale de m-
Ls primitives et clairsemées que Ion ,
Sot maintenir avec un maximum de poi- j
îrne maniée par un minimum de forces^.
fi v a là une population dense, -raffinée
l'sa manière, avec sa culture, ses mœurs l
--et ses traditions, qu'il eût fallu s 'attacher t
erzce à une administration souple et 1
Sertie, assurant aux. indigènes un sort
Lilleur et à elle-même le prestige des r
Services rendus, nos troupes ne pouvant
jamais être assez nombreuses pour s im- ^
ffoser par la seule action , des baïonnettes. ^
> Mais nous n'avons ni administre ni ^
colonisé l'Indo-Chine : on s'est contenté ?
%'y faire l'exportation de produits po- t
litiques avariés. Hormis quelques excep-
tions honorables, tout le rebut de la poli- <
iicaillene française y trouve un débou.- "
ché permanent. C'est le refugium pecca- <
¡orum; le réceptacle des laissés-pour- <
compte du piston radical-socialiste. Tel ;
personnage d'opérette, tel autre notoire- ^
Ornent taré et disqualifie, tel bohème tru- ^
tulent dont la métropole ne veut plus
malgré les instances de la rue .Cadet ou
ifie la rue de Valois sont expédiés par ,
celles-ci au Tonkin comme mandarins
clés mandarins. Au dessus d'eux, un gou-
verneur général qu'on a presque tou-
jours nommé là, comme on l'eût nommé ,
là Madagascar ou à Cayenne, parce qu il
a opéré d'une certaine manière dans les
couloirs du Palais-Bourbon, également
inapte à vouloir et à pouvoir mettre de
l'ordre en cette colonie formidable et
cocasse, et qui, au surplus, ne songe d'or-
dinaire qu'à ses propres affaires. Joignez
à cet ensemble un système fiscal de mo-
nopoles — opium, sel, alcool, — ce dernier
récemment maintenu malgré- les promes-
ses contraires, avec des vexations intolé-
rables comme le minimum effèctif de
consommation ajoutez-y le sabotage
quotidien de la justice, et l'explication
de la sourde insurrection des Annamites
sera complète. -
Les bombes d'Hanoï paraissent d'ail-
leurs avoir été suscitées par un incident
spécial, la violation récente du tombeau
de l'empereur Tu-Duc, qui a profondé-
■ ment ému ces populations attachées au
culte des ancêtres. Tous les échappés des
loges qu'on déporte là-bas ont évidem-
ment une tendance à en user vis-à-vis de
la religion locale comme leurs amis de
France à l'endroit des catholiques. Ce
sont les émules des édiles de Vendôme
qui transforment une église en vespa-
sienne ou du juge de paix d'Ecouen qui
rend un jugement avec un attendu por-
tant que tout sentiment religieux est di-
gne du mépris des penseurs et des ma-
gistrats. • '
Avec de tels procédés, il ne faut donc
pas s'étonner si les Annamites -n'ont pas
pour nous les sentiments des Egyptiens
pour l'administration anglaise qui leur
a donné le « self gÕvernment ». Ainsi
le mal dont souffre notre empire d'Ex-
trême-Orient vient de la métropole. C'est
elle ou plutôt la politique ràdicale-socia-
i liste pratiquée depuis douze ans, qu'il fau-
drait d'abord réformer pour exporter en-
; suite une réforme analogue dans toutes
' 5ios colonies où, toutes proportions gar-
dées, les choses ne vont pas beaucoup
mieux qu'en Indo-Chine, les mêmes cau- 1
ses devant engendrer les mêmes effets
quelle que soit la partie du monde où !
elles sévissent, continent noir ou conti-
nent iaune.
GEORGES BERTHOULAT.
Le Scandale Krupp
. Berlin,. 29 avril.
La Morgen Post annonce que la police
d'Essen a effectué des perquisitions dans
un syndicat socialiste et à la rédaction
d'un journal socialiste de cette ville.
Ces .m.&sures, qui -se. ratta.chera.i'e'nt à
l'affaire des .fa,briques d'armes, feront, dit
la Morgen Post, l'objet d'une interpellation
à la commission du budget du Reichstag.
Notes Parisiennes
Nous aUons avoir le théâtre Henry
Bernstéin, le théâtre Tristan Bernard, le
théâtre Sacha-Guitry, le théâtre Mouézy-
Eon, le théâtre Francis de Croisset, etc.
Tout grand auteur veut être dans ses
meubles : belle ambition s'il en fut.
Mais la Société des auteurs entend — 6
surprise ! ,- protéger les petits contre les
gros et, afin de laisser quelque espoir aux
débutants, Voire aux demi-arrivés, elle a
décidé que chaque directeur-auteur ne
pourra jouer qu'une de ses pièces par sai-
son sur son théâtre.
— Sauvés ! s'écrient les débutants et
demi-arrivés... ; - - u • - ' *•
Ce,n'est pas sûr. Admettons que, par un
coup du sort, un des chefs-d'œuvre de nos
émules de Molière ne passe pas 300 repré-
sentations... Il faudra monter une nou-
velle pièce, laquelle devra, de par le rè-
glement, avoir été apportée par un auteur
étrange1' à la maison.
Alors, que se passera-t-il, ci-oyez-voits ?
Vous vous en moquez... Moi aussi, mais
continuons tout de même...
Nous lirons dans les Courriers des Théâ-
tres ceci : . -
THÉATRE SACHA-GUITRY. — Les représen- !
tations de l'Amour en autobus viennent
d'être interrompues en plein succès : les
recettes dépassaient encore sensiblement le
maximum, mais le départ forcé de plu-
sieurs artistes oblige le spirituel direc-
teur-auteur-acteur à changer l'affiche... Il
met en répétitions une nouvelle œuvre de
Tristan Bernard, les Ca'pripes de Victorine.
Le lendemain, autre information s
THÉATRE TRISTAN-BERNARD. — Le Secret
du ma.rc.hamd de Gaufres, le légendaire suc-
cès de Tristan Bernard, n'aura plus que
cent représei?,tatio,,ts...' Mais, dès mainte-
nant, le spirituel auteur-directeur- met en
répétitions une comédie nouvelle de Sacha
Guitry, la Petite Modiste de la rue des
Capucines...
Ainsi, tout se passera en famille et le rè-
glement draconien de -la Société de la rue
Henner sera scrupuleusement respecté. —
D'ANTIN.
AVANT-PREMIÈRE
" L'Entraîneuse " au Théâtre-Antoine
Bruxelles eut la primeur de L'Entraîneu- !
se ; pour la première fois, elle fut jouée au
théâtre des Galeries-Sai.nt-Hubert que diri-
gent et administrent MM'. Fonson et Wi-
cheler les auteurs de cette Demoiselle de
Magasin, qui poursuit au Gymnase son
(heureuse carrière.
On l'y jouerait encore, me dit-on, Bi le
théâtre n'avait fait sa clôture annuelle,
clôture avancée quelque 'peu .par une grè-
ve générale dont l'écho vint jusqu'ici.
Elle avait beaucoup plu là-bas ; puis
c'était la première pièce vraiment psycho-
logique et littéraire de M. Cha'rles Esqu,i,er
j dont on ne connaissait guère encore que
du théâtre fantaisiste, mis à part si vous
voulez. Les Intrus, Lorsque l'Enfant pa-
raît, joué, il y a quelques années, sur ce
même théâtre Antoine.
Et il faut croire qu'elle avait des raisons
de plaire puisque M. Gémier l'adopta.
Ai-ie besoin de dire que, malgré son ti-
tre, ce n'est pas une pièce sportive, et que
l'entraînement d-ont il y est question n'a
rien à voir avec celui des champs de cour-
se. Il s'agit là d'un portrait de femme d'ar-
tiste. « le treizième portrait ajouté à la
2f aie rie des femmes d'artiste de Daudet ",
disait avec un enthousiasme extrême, si-
non excessif; un de nos confrères de
Bruxelles au lendemain de la première de
Bruxelles.
Mais ce portrait-là vous l'avez déjà vu,
vous le connaissez, si vous lisez le Figaro,
où M. Esquier publia un roman, L'Ile fan-
tÓme. d'où sa pièce est tirée.
La femme d'artiste qui en est l'héroïne
très sympathique est la compagne, d'un
musicien ; créature de dévouement et d'ab-
négation, elle met toute son ardeur d'a-
moure'u.se au service du talent,, de la répu-
tation dë celui qu'elle aime, le fait triom-
phe.r, puis, ce précieux résultat obt.elnu,dis-
paraît et s'efface.
C'est là évidemment une fort belle figure
et comme on n'en doit pas trouver tous les
jours. Sans médire des femmes en général
et des femmes d'artiste en particulier, on
peut penser que d,e telLes créatures de re-
noncement et de dévouement désintéressé
ne courent pas les rues et n'existent guère
qu'en l'esprit ds littérateurs.
Raison de plus pour l'aller vair, d'au-
tant qu'au théâtre Antoine cette surfemme
•sera incarnée par une jeune artiste que
nos confrères belges déclarent admirable
et qui, 'si la chose est vraie, pourrait bien
ne pas leur revenir de sitôt. C'est Mlle
Mar&el qu'on la nomme.
Trois actes — l'ai-je dit ? — dont deux
se passent dans l'intérieur besogneux d'un
artiste de Montmartre, et-le troisième dans
le salon luxueux du même artiste arrivé. —
LÉONCE BALITRAND.
La Crise orientale
L'AJOURNEMENT ET LA CONCILIATION
■La conférence des ambassadeurs à Lon-
dres a consacré nier trois heures à déci-
der son ajournement à jeudi. Il faut ac-,
cueillir sans sourire -ce résultat négatif
qui, en l'espèce, est un maximum. Nous
avons indiqué hier les raisons matérielles
qui, au moins actuellement, interdisent à
la conférence et aux puissances toute cLé-
cision exécutoire. On -nie p-ouvait hier que
s'accorder pour ne rien faire. Cet accord
a été laborieusement obtenu grâce à la
conciliante mais ferme insistance des re-
présentants dre la Triple Entente dont sir
Edward Grey ---s'.affi-rma le porte-parole ;
écouté.. ,
Le gouvernement de Vienne témoi.gne
d'une résistance singulière à reconnaître
cette évidence : les puissances ayant, sur
son propre vœu, signifié au Monténégro
leur mise en demeure, doivent attendre
avant toute manifestation nouvelle la ré-
ponse du Monténégro, réponse ajournée au
lendemain des fêtes de Pâques.
Le rappel à ce délai nécessaire a provo-
qué de nombreuses objections autrichien-
rues. Le oomte Mensdorff a regretté .une
fois de plus qu'on n'eût pas exigé du Mon-
ténégro une réponse dans les quarante-huit
heures. Il a longuement développé devant
les ambassadeurs la conception personnel-
le -do l'Autriche sur le caractène provoca-
teuÍ" de la politique monténégrine, sur la
dÜninu¡pop.. d-o -rmestigo. et due. 3Û-net.ô que
subissent les puissances en tolérant une
indocilité aussi flagrante. Le comte Mens-
dorff a ajouté que l'Autriche-Hongrie,
étant géograpliiquement et politiquement
intéressée plus que toute autre puissance
au maintien de l'ordre de choses qu'elle es-
time logique dans Les Balkans, se réserve
de prendre, personnellement toutes les me-
sures qu'elLe jugera utiles au respect des
décisions prises par l'Europe et non exé-
cutées par le Monténégro.
. A ce point sensible,la discussion risquait
d'être bloquée dans une impasse. En dura-
ble accord sur le but. à obtenir, les puis-
sances et groupements de puissances res-
tent en désaccord sur les moyens d'y
aboutir. Il fallut hier toute l'autorité de
sir Edward Grey pour éviter une contra-
diction prématurément définitive. On put
une fois de plus user la délibération en
répétant que toutes les puissances, Russie
eompriae, veulent une Albanie viable en-
globant Scutari " ; que foutes les- puissan-
ces, Autriche incluse, souhaitent rallier le
Monténégro à leur obéissance sains que les
mesures "militaires et navales à prévoir
tournent au tragique. Mais il fallut ^ en
' rester là. La question des compensations
' ne put être poussée plus avant que celle
des coercitions. Et les ambassadeurs de
Russie et d'Autriche s'entendlrem .pour sor- '
ir coudre à coude, sinon bnas dessus bras
iessous, afin de signaler au monde exté-
rieur que si l'entente demeure différée la
rupture reste évitée.
Voici donc la conférence de Londres
dans l'attente d'une bonne surprise qui,
d'ici d.&udi, succède à toutes les surprises
désagréables dont furent bousculées ses
méditations. On n'aperçoit pas la possibi-
lité de ce réconfort sur de champ même du
différend. D'ici deux jours, Essad pacha
n'aura pas. trouvé &a voie définitive vers
Vienne; vers Constantinople, ni peut-être
même vers ses ca:pital'e's albanaises. Et le
rod de Monténégro n'aura pas fait com-
prendr'e à son peuple, à supposer qu'il l'ait
comprise ilui-même, la nécessité d'être plus
Albanais que l'Albanie en repoussant Les
présents d'un Essad qui n'a rien d'Ar-
taxercès.
Il faut donc que la conférence de Lon-
dres, que .les puissances trouvent en elles-
mêmes et entre elles-mêmes le fait nou-
veau d'où doit surgir leur entente : fait
bien peu nouveau à la vérité, qui se ré-
sume à un ralliement de l'Autriche au
principe des compensations équitables
dues lau Monteniegro.
Ainsi que nous l'annoncions, M. de Giers
a poursuivi hier à Vienne l'exposé de la
conciliation russe en rappelant au gouver-
nerne-nt autrichien la nécessité die oes com-
pensations, celle aussi de ila graduation
des moyens diplomatiques qui mèneraient
à une coercition pacifique. On ignore en-
core l'accueil du gouvernement 'de Vienne
à cette communication courtoise et raison-
née. Il faut au moins retenir que, jusqu'ici,
seuls Les journaux autrichiens sont effecti- !
vement en marcha sur l.e sentier de la
guerre et 4ue, suivant le vœu renouvelé
hier par la Russie, l'Autriche n'a. pas aban.
donné sa placée au t3lp'Ls vert de la diplo-
matie ; si elle se résigne enfin à y abattre
autre chose qu'un ultimatum, la séance
continuera. — ]
MAURICE GANDOLPHE.
LA REPONSE DU MONTENEGRO
AUX PUISSANCES
.. Cettigné, 29 avril. j
Le ministre monténégrin des affaires
étrangères a hier officiellement accusé ré-
ception aux représentants des puissances
de leur note collective, note conforme dans
l,c fonds et dans la forme aux indications
déjà publiées.
- Le ministre nonténégrin s'est borné à
déclarer que son gouvernement ne pour-
rait en aucun cas faire connaître sa ré-
ponse à cette note avant la fin des fêtes
de Pâques, fêtes dont le terme est d'ailleurs
très Imprécis. ;
LES MESURES MILITAIRES
AUSTRO-HONGROISES
Londres, 29 avril.
Le correspondant du Daily Mail à
Trieste se dit informé que 80.000 hommes
de troup-es autrichiennes sont rassemblés
près de la frontière monténégrine.
Le correspondant du même journal à
Gratz prétend savoir que l'Autriche-Hon-
grie a l'intention d'exécuter aujourd'hui un
mouvement militaire; qui ne viserait pas
uniquement le Monténégro.
Des troupes seraient envoyées à bord tfe
transporta, VAlbaunié '-rnéridioil en
même temps que des trains pleins de
(c j-cagers Il des Alpes autrichiennes se, diri-
rrpra.ifmt. vers le sud.
LA CONFERENCE DE LA PAIX
Constantinople, 29 avril.
Dès que l'ambassadeur de Russie aura
reçu les instructions de son gouvernement,
les représentants des puissances prieront
formellement la Porte de" leur faire savoir
en quelle ville elle préfère que se tienne la
nouvelle conférence d-e la paix et lui deman-
deront de donner Les noms des plénipoten-
tiaires qu'elle se propose de nommer. Il
n'est pas douteux que la Porte dans sa ré-
ponse exprimera le désir de voir les négo-
ciations s'engager à Londres et anrroncera
la nomination de Tewfik paoha -et Hakki
pacha comme plénipotentiaires. Le troisiè-
me délégué ottoman sera Navi bey, actuel-
lement ambassadeur à Rome, qui prit part
aux négociations de Lausanne ou Ali F uad
bey qui était ministre de Turquie à Bel-
g-rade avant la guerre.
LES CONFLITS ENTRE ALLIES
Le correspondant du Daily Telegrapli à
Bucarest télégraphie la curieuse informa-
tion suivante que nous reproduisons à titre
purement documentaire :
(( Les démentis officiels et une censure
rigoureuse ont permis de dissimuler jus-
qu'à ce jour l'extraordinaire état de choses
existant actuellement dans la péninsule
balkaniquB.
Aux frontières grecque et serbe trois im-
portants combats ont été livrés la semai-
ne dernière, sans que le bruit en ait trans-
piré dans le monde extérieur, exception
faite des états-majors généraux des pays
en conflit.
La situation est critique. Les Bulgares
ont concentré près de 150.000 hommes dans
la région de Serres et Kavala. Les Grecs
ont , opéré une concentration non moins
importante entre Salonique et Serres.
Quatre nouvelles classes de réservistes ont
été appelées ces jours derniers et, dans un
secret admirablement gardé, des quantités
d'armes sont actuellement expédiées à Sa-
lonique.
-Les Serbes de leur côté concentrent une
armée de près de 200.000 hommes à l'est et
au nord-est de Monastir pour soutenir le
choc éventuel de la première armée bulga-
re actuellement en marche sur cette ville. :
L'opinion des personnes au courant de
la véritable situation est qu'une guerre en-
tre alliés. est inévitable dès que sera signée
la paix turço-balkanique. Les gouverne-
ments de Belgrade et d'Athènes s'efforcent 1
d'établir un nouveau traité d'alliance ser-
bo-grec avant que n'éclate le conflit. »
Silhouettes de Parisiennes
Mlle MAGDELEINE GODARD
Dans quelques semaines, de grandes fê- p
tes musicales vont être données a Vichy d
et à Deauville pour célébrer la mémoire t
de l'auteur de Jocelyn et de la Vivan-
dière. Naturellement, Mlle MagdeLeine r
Godard » été priée d'en accepter la pré- »
sidence ; et, malgré la simplicité de sa I
vie et son. labeur constant., oUs n'a- c
songé une minute à s'y refuser ; car de- «
puis dix-huit ans, toutes ses pensées, tous t
ses désirs, tous ses actes n'ont eu qu'un f
but : glorifier le souvenir du frère si pré- r
maturément disparu. *
Et ce culte véritable n'est pas seule- r
ment consacré à Benjamin Godard com-
positeur de génie. Il s'adresse aussi au
frère qui était le meilleur et le plus ai- I
mant et qui, le premier, découvrit, en la
petite sœur venue au 'monde beaucoup plus
tard que lui, des aspirations artistiques
presque . semblables aux siennes. Seule-
ment les parents, négociants très riches, ]
voyaient sans enthousiasme se développer ;
cette doubLe vocation. Mais l'année terri- j
•ble vint, et avec elle ses ruines ; et, ne
voyant dans cette catastrophe que la pos- .
sibilité d'exercer, en toute liberté, l'art
qu'elle aimait, Mlle Magdeleine Godard
s'écria : « Enfin, je vais donc pouvoir
être artiste. »
Alors le frère et la soeur suivirent leur
destinée, celui-ci de compositeur, celle-là
de virtuose. Ils ne se séparèrent qu'en
1895, lorsque Benjamin, terrassé par un
mal subit, partit pour Cannes où il allait
mourir. Et la Vivandière, cette œuvre si
jeûné, si brillante et qui fut sa dernière ;
il la composa, assis sur son Lit, sans le
' secours d'aucun instrument, pendant les
huit mois qui précédèrent sa mort.
i. M Ufâ Magdeleine Builard. dit volontiers
| qu'elle se sent incapable d'écrire une seu-
- le note et ne s'en est d'ailleurs jamais avi-
S-éoe .; mais, tout enfant, aile se révéla vio-
loniste. Elève du professeux" Vie-uxtemps,
elle affronta, pour , la première fois, le
grand public en 1875, à côté de son frère,
1 avec le Concerto romantique. De 1877 à
[ 1879, elle fut, au Conservatoire, l'élève de
. Massard.
L Mais les applaudissements recueillis
- dans les concerts à Paris, Londres, Bruxel-
- les, etc., ne faisaient pas oublier à Mlle
1 Godard la tâche plus humble, entreprise
" presque au lendemain de la ruine et qu'elle
n'a j.amais abandonnée : le professorat.
1 Et elle aime rappeler ce que lui répondait
] Gounod. lorsque, , au début, elle appréhen-
- dait non seulement les fatigues, mais
t l'uniformité de cette carrière : « Petite,
i pour aimer le travail le plus modeste et
le plus monotone d'apparence, tu n'as qu'à
t'y intéresser. »
Car, il faut bien le dire, Mlle Godard
, fut soutenue, dans la lutte, par des amis
^ qui s'appelaient Gounod, Reyer, Masse-
e net et ne lui ménagèrent ni leurs conseils
ni leur affection. Un seul lui reste au-
0 jourd'hui, au moins appartenant à cette
3- écol.e Lointa.ine, le. maître Saint-Saëns, (t
elle a reporté sur lui toute La reconnais- '
sa.nce dont son cœur déborda. Mais, natU7
relie ment, sous l'impulsion de tels gui-
des, Mlle Godard s'est tout spécialement
consacrée à la musique classique. Cepen-
dant l'évoLution que de hardis innovateurs
ne cessent de faine subir à la musique mo-
derne ne la laisse pas indifférente. Si elle
n'y trouve pas toujours de l'agrément, elle
estime que cette recherche perpétuelle de
l'effet non encore obtenu mérite de rete-
nir l'attention.
Si Mlle Magdeleine Godard avait le Vol-
sir de s'adonner à un autre art que la
musique, elle choisirait la peinture, car
elle garde cette' conviction qui a l'air d'un
paradox,e, que ces deux ouvrages semblent
Les mieux faits pour s'accoupler. Ainsi,
sous tel beau tabLeau dont la vue l'im-
pressionne, elle place instinctivement la
phrase musicale qui lui paraît rendre avec
1e. plus d'exactitude sa ligne, son atmo-
sphère -et sa couleur. Et elle déplore que
des flots de poésie, parfois très pauvre,
aient pu accaparer tant de chantante ins-
piration.
Aussi ne faut-il pas s'étonner que Mlle
Godard, virtuose, habite un atelier. Et si
le chevalet y est remplacé par un piano,
les tableaux y sont nombreux et les sou-
venirs y sont encadrés : telles une feuille
de l'arbre sous lequel Lamartine écrivit
Jocelyn, et cette lettre que Masoenet, quel-
que temps après la mort de Benjamin, ré-
pondait à Mlle Godard qui l'avait félicité
d'une œuvre : « Je ne peux pas m'habi-
tuer à vous remercier seule. »
Dans ce décor d'intimité et de travail,
une note sombre s'accroche à la robe de
Mlle Godard qui, depuis dix-huit ans, n'a
pas quitté le deuil. C'est une des formes
dt; son cuite iraterixei ; mais cem înunut.
en rien sur la grâce de son caractère ;
elle trouve l'existence très belle, très bonne
à vivre, et les êtres et les choses bien
moins méchants qu'on ne les fait : à part
la mort, nulle douleur ne lui paraît irré-
médiable. —
HÉLÈNE DU TAILLIS.
Au Conseil supérieur de la Guerre
Les généraux Marion et Meunier
Les généraux Marion et Meunier, mem-
bres du conseil supérieur de la guerre, sont
placés dans le cadre de réservée et rem- '
placés par les généraux Sordet et Dubail.
Le général Marion, fils et petit-fils de
généraux — son grand-père fut tué à la
bataille de la Moskowa — est né à Se-
dan en 1848. A sa sortie d-e l'Ecole spé-
ciale militaire, en 1868, il fut affecté au
91 régiment de chasseurs et envoyé pres-
que aussitôt en Algérie. Ce régiment arri-
va trop tard en France en 1870 pour pren-
dre part aux grandes batailles de l'Est ;
il entra dans la composition de la cavalerie
du 13° corps et prit part au combat de
l'Hay, puis il fut ramené sous Paris jus-
qu'à la fin du siège.
Le général Marion a fait toute sa car-
rière dans la cavalerie, et il commandait
la 3e division de cet arme à Châlons-sur-
Marne lorsqu'il fut appelé, le 11 novem-
bre 1907, au commandement du 16° corps,
à Montpellier, Peu de temps après, il en-
trait au conseil supérieur de la guerre. On
sait qu'aux dernières grandes manœuvres
de l'Ou.est, le général Marion commandait
l'armée rouge et fut victime d'un incident
de manœuvre exagérément grossi et com-
plètement dénaturé. De l'avis de ses pairs,
le général Marion était le chef de cavale-
rie le plus digne de recueillir la succession
des Galliffet et des Geslin de Bourgogne.
. Le général 'Meunier, né en 1848 à Cha-
1amont (Ain) est passé par Polytechnique.
En 1870, il était lieutenant à la 6a bat-
terie du 13° régiment d'artillerie et prit
part à la bataille de Saint-Privat. Sa bat-
terie fut engagée, vers 4 heures du soir, à
l'ouest de Saint-Privat et lutta contre l'ar-
tillerie prussienne jusqu'à ce que la re-
traite des lignes d'infanterie du 6° corps
l'obligeât à se retirer elle-même. La bat- ]
terie prit position à 1.800 mètres en arriè-
re et continua son feu jusqu'à épuisement
complet des munitions. Il était alors 8 heu-
res du soir et Sa.int-Privat était en flam-
mes. Le lieutenant Meunier prit part éga-
1wnent au combat de Noisseville.
Commandant en 1891, il fut envoyé à
l'ambassade de France à Berlin en qua-
lité d'attaché militaire. Divisionnaire, il
fut nommé, le 17 mai 1909, commandant
,en chef du 3e corps à Rouen et prit part,
l'année suivante, aux grandes manœuvres
de Picardie où l'aviation militaire fit ses
débuts, Ces manœuvres mirent en relief
ses grandes qualités d'a-rtilleur ; c'est, en
effet, par la concantra.tion du feu de ses
batteries qu'il arrêta et brisa, sur le pla-
teau die Locreuse, l'attaque du 2° corps.
Les généraux Sordet et Dubail.
Le général Sordet est né en 1852 à
Saint-Germain-du-Plain, en Saône-et-Loire.
Il avait 18 ans quand éclata la guerre de
1870; il s'engagea comme volontaire au
57, de marche en formation à Lyon et fut
bientôt promu sous-lieutenant. Il se battit
avec la division C renier à Nuits et à Héri- .
court., Son régiment fut entraîné dans la
débâcle de l'armée de Bourbaki, mais le
jeune sous-lieutenant ne passa pas en
Suisse ; il longea la frontière et resta en
France. En 1871, il entra à Saint-Cyr, sor-
tit dans la cavalerie et fit toute sa carrière
dans cette arme. Il commandait la 4° divi-
sion de cavalerie à Sedan, lorsque il fut
appelé au commandement du 10° corps.
La nouvelle loi des cadres de la cavalerie
comportant la création d'une inspection
générale de la cavalerie, c'est le général
Sordet qui sera appelé à ce poste d'où il
exercera sur l'instruction tactique de nos
10 divisions de cavalerie l'influence que lui
donnent ses hautes qualités de chef.
Le général Dubail est né en 1851 à Bel-
fort. Il est sorti de Saint-Cyr avec le n° 7.
Sous-lieutenant au 10" bataillon de chas-
seurs à pied, le 15 juillet 1870, il a pria
part aux combats de Sarrebruck, de Spi-
chener, à la bataille de Brony et aux opé-
rations sous Metz.
Le général Dubail a fait toute sa car, '
rière dans l'infanterie ; il était en 1886
officier d'ordonnance du général Boulant
ger. Colonel du lor régiment de zouaves en'
1901, général de brigade en 1904, général
de division en 1908, il commanda la 14" di-
vision d'infanterie à Belfort, sa ville na-
APrpo ët.rA nassé njir le cabinet de' M.
Berteaux il fut nomme cnei a-eLl:lt-W-aJ'UL
général et resta en fonction jusqu'à la
réorganisation faite par M. Messimy de cet
important rouage du haut commandement.
Il fut alors placé à la tête du 96 corps d'ar.
mée. à Tours.
Le Vernissage
aux Artistes Français
Un beau temps, un temps merveilleux, k
plus beau temps que nous ayons encore eU -
cette année, a favorisé la j.ournée tradi-
tionnelle du Vernissage, qui n'en a été
qxra plus brillant. Si vaste que soit le
Grand Palais, la foule des visiteurs a pu
l'emplir et, dans certaines salles où sont
les « clous » du Salon, cette foule était tella
que la ciroulation ne pouvait plus se faire
qu'avec une peine extrême et que bien des
« vernisseurs », renonçant à voir toute la.
peinture, sont descendus au hall de la
sculpture où ils espéraient subir. une moin-
dre gêne. Mais, dans le jardin où la sculp-
ture s'égaie de verdures abondantes, la.
foule n'était pas moins dense qu'au pre-
mier étage et l'on y était tout aussi pressé
et bousculé. Du moins, y respirait-on plus
facilement.
Les visiteurs n'ont donc pu tout voir.
Beaucoup, d'ailleurs, vont au Vernissage
moins pour voir que pour être vus. Cepen-
dant" les visiteurs ont, du mieux qu'ils ont
pu, regardé. Qu'ont-ils surtout regarda ?
Suivons la foule, et nous allons le savoir.
. Comme toujours, les portraits des hauts
personnages et des personnalités notoires
sont fort regardés. Ils sont, cette année,
particulièrement nombreux : S. Em. le car-
dinal Merry del Val, drapé dans un su-
perbe mante-au de soi.e rouge, par M. Wil-
liam Laparra ; S. Em. le cardinal Amette,
■plus simple et presque timide, par M. Jo-
seph Aubert ; S. A. I. et B. le prince de ■
Galles, en chevalier de la Jarretière, par
M. Arthur Cope, qui a su tirer le plus
heureux parti des abondants accessoires
que oomporte le pompeux costume de cet
ordre célèbre ; S. A. R. le prince Don
Jaime de Bo-tirbon, en colonel du régiment
des hussards de Grodno, par M. Henri
I Jacquier, qui a su donner au chef du parti
des « bleue d'Espagne » une attitude suffi-
samment naturelle ; S. A. I. et R. la prin-
cesse Napoléon et sa fille la princesse Ma-
rie-Clotïlde, par M. André Brouillet, qui,
tout en se préoccupant d'exprimer fidèle-
ment la physionomie de la fille de feu le
roi Léopold" II, a voulu faire une œuvre
où l'artiste soucieux d'élégance et de grâce
et sensible à toutes les délicatesses de la
couleur qu'il est pût donner sa mesure.
Après ces portraits de personnages prin-
ciers, auxquels, nécessairement, va d'a-
bord la curiosité des visiteurs, on s'arrête
devant ceux des personnalités connues ou
DERNIÈRES NOUVELLES
Conseil des Ministres
Les ministres et sous-secrétaires d'Etat
60 sont réunis ce matin en conseil à l'Ely-
sée, sous la présidence de M. Poincaré.
V LA DIRECTION DE LA VILLA MÉDICIS *
- Sur la, proposition du président du con- (
seil, ministre de l'instruction publique, M.
,Albert Besnard, membre de l'Institut, est
nommé pour une période de 6 ans direc-
teur de l'Académie de France à Rome, en
remplacement de M. Carolus Duran, dont
démission est .acceptée.
Par le même décret, M. Carolus Duran
est nommé directeur honoraire....
1 - - CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA GUERRE '
;t"Le ministre de la guerre a présenté à la
- ^gnature du président -de la République
tfes décrets nommant :
5 Membres du conseil supérieur de la guer-
ire, le général Dubail, commandant le 9°
>^rPs d'armée, et le général Sordet, com-
mandant Ùes le 10° corps, en remplacement
Jes généraux Meunier et Marion, placés
uans le cadre de réserve ;
NOMINATIONS MILITAIRES " ' '
. Sont nommés :
Commandant le 9° Corps à Tours, le gé-
Dubois commandant la lre division
dt. cava>lieri!-, et membre de la commission |
ixte des travaux publics ;
j)pi?lïlTnandant le 10, corps, le général
.forges, commandant la 39° division
a ganterie ;
' a
•brW?i dû la guerre, et le général de
dvW O os sot, commandant une brigade
a., l - coloniale ;
•"fie de brigade, le colonel Lacombé
2le ia Tour, breveté, commandant le
P masseurs ;
* ô'infotr?ai?c,'a'rit Par intérim la 39J division
' c&rnrn-irfl!6 A Toul, le général Ebener,
i MCVIOAT • l'Ec-eJe supérieure de guerre ;
f tsaritf. n,speeteur,,, dans le corps de
1 ' Mncinnf ?u^es coloniales, les médecins
l'InSit' i ? classe Simon, directeur
' Colomb SI +asteuf de Constantinople e1
du service de santé de.<
tranQaise groupe de l'Afrique Occidental
^dïr?cdeWit?llitai^ dans le corps de l'in
lieutenant mirf^pe^ coloniales, le sous
l-c génf; ra,l 'h a^ 1re classe, Martin
Tour est a 'LIa bra8ade Laoombe de, 11:
appelé au commandement &
t
'Ecole supérieure de 1[1, guierre, et le, co-
one l Ancelin, commandant l'Ecole d'ap-
plication de cavalerie, est nommé diree-
teur de la cavalerie au ministère d-e la
guerre.
lF, VOYAGE DU MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS
Le ministre des travaux publics a rendu
compte de son voyage en Algérie et ,en Tu-
nisie et des études qu'il y a faites sur les
questions minières et des voies ferrées:
MINISTÈRE DU COMMERCE
Le ministre du commerce a fait s'ig!ner.
un décret nommant directeur du person-
nel, en remplacement de M. Joyeux, admis
à la retraite, M. Tarbourech, chef de bu-
reau..
• L'EXPOSITION DE GANR) ...
M. ,1\'If\Æsé a rendu cqrnpte de la visite
qu'il a faite, avec, l,e ministre de l'agricul-
ture, à l'Exposition de Gand, dont la sec-
tion française est particulièrement remar-
quable, et de l'excellent accueil qu'ils y ont
reç u:.
Le reste de 'la, séance a été consacré à
l'examen de la situation extérieure et à
I l'expédition des affaires courantes.
Les ministres se réuniront en conseil de
cabinet vendredi matin, sous la présidence
de M. Barthou. •
LE SERVICE DE 3 ANS
A la commission de l'armée
La commission de 1 armée s est réunie à
2 heures, sous la présidence de M. Le Hé-
rissé. Le général Legrand, deuxième sous-
chef de l'état-major général, assistait à la
séance.
Au début, M. Jaurès, secondé par M.
Augagneur, demande au général Legrand
de nouvelles explications sur les effectifs
minima. Il veut essayer d,e rattraper son
énorme gaffe sur les 100.000 hommes, qui,
d'après lui, sont en trop.
La commission aborde ensuite l'examen
de l'article 2 du contre-projet Montebello-
Reinach qui a trait aux engagements et
aux rengagements.
Cette question doit occuper toute la
séance.
L'Attentat d'Hanoï
Nous croyons savoir que M. Mahé, rési-
t dent supérieur en Annam, sur l'ordre de
[ qui ont été opérées les fouilles du tom-
beau de l'empereur Tu-Duc, a été rappelé
d'office par le ministre des colonies. _
L'attentat d'Hanoï n'est pas un incident
isolé par où se manifeste la désaffection
de nos sujets indo-chinois et annamites.
Un haut fonctionnaire qui a été charge de
la réorganisation de la police de sure
Hanoï et se trouve actuellement a Paris,
déclare qu'on a découvert, il y a quelques
semaines, à SaïgJn, une dizaine de bom-
bes et qu'aux dernières fêtes du Têt on
pu empêcher l'entrée sur notre territoire
de bombes préparées à Long-Tcheou,
Chine"Le récent attentat a été incontestable-
ment préparé de longue main. Ce qui jpa-
raît étrange, c'est que la police qui dispose
de nombreux indicateurs n'ait ri,en su.
Doit oT supposer que ces indicateursadver-
étaient gagnés à la cause de nos adver-
saires ?
LES ÉVÉNEMENTS D'ORIENT
LA COMMISSION FINANCIERE
INTERNATIONALE
Voici quelles sont les grandes lignes du
programme de la commission internatio-
tolère qui siégera le 15 mai à
1 ïaS tâche de cette commission sera :
En premier lieu, de déterminer la part
de -la dette publique ottomane qui, con-
formément aux principes de droit inter-
national régissant cette matière, doit res-
ter à la charge des tc.rritoir.es cédés, et
dont le service sera assuré soit au moyen
d'annuités prélevées comme par ie passe
sur Les revenus de ces territoires, soit par
des versements dûment garantis en capi-
tal.
En second lieu, de spécifier les condi-
tions et modalités d'c droit suivant les-
ou elles les Etats balkaniques seront substi-
tués dans les droits comme dans les char-
ges et obligations de l'Empire ottoman vis-
à-vis des tiers bénéficiaires de contrats ou
d,e concessions dans les territoires cédés.
Enfin d'examiner les réclamations d ordre
pécuniaire que les Etats belligérants croi-
raient devoir faire valoir, du che.f des
opérations de guerre.
UNE CONFERENCE MILITAIRE
A VIENNE
- Vienne, ,29 avril.
Aujourd'hui, dans l'après-midi, a lieu à
Schœnbrunn une conférence présidée par
l'Empereur, à laquelle prennent part le
. comte Berchtold, le général Conrad de
Hœtzendorf et les hautes personnalités de
Le comte Berchtold a été reçu ce matin
' en audience par l'Empereur, puis par l'ar-
chiduc-héritier.
Il a eu ensuite un entretien avec le mi-
1 nistre de la guerre, qui s'est rendu à son
tour, immédiatement après, au Palais de
Schœnbrunn.
LE PROBLEME MONTENEGRIN
ET L'ALLEMAGNE,
Berlin, 29 avril.
A une question qui lu;i était posée à la
commission du budget sur le problème sou-
I.ev.é par la possession de Scutari, le secré-
taire d'Etat aux affaires étrangères a ré-
pondu qu'un conflit éventuel entre l Autri-
che et le Montenegro ne regardait pas di-
rectement l'Allemagne tout d'abord.
LE CHOLERA EN SERBIE?
Vienne, 29 avril.
Le choléra se serait déclaré à l'hôpital
militaire de Nisch (Serbie).
En conséquence, le ministère autricnien, .. •
de la guerre a donné l'ordre a.ux comman-
dants de corps d'armée tle Temesvar et
d'Agram de prendre contr.e les dangers d'in-
troduction du fléau toutes les mesures né-
cessaires, d,e concert avec les autorités ci-
viles..
La colonie française de Scutari
Le gouvernement français n. reçu les pre-
mières communications directes de notre
,consul à Scutari, M. Krajewski, annonçant
que la population française de la ville,'
d'ailleurs très réduite, est saine et sauve.
LES ARMEMENTS ALLEMANDS
A la commission du budget. — Déclarations
de M. de Jagow
Berlin, 29 avril.
La, commission du budget du Reichstag
a continué aujourd'hui la discussion du
projet de loi sur les armements.
Un député socialiste ayant déclaré qu 'en
Belgique on craint que, dans le cas d'une
o-nerre franco-allemande, l'Allemagne ne
r^sne^te pas la neutralité belge, le secré-
taire d'Etat aux affaires, étrangères, M. de
Tq-row a répondu : « La neutralité de la
Bdaw'ue est établie par des conventions
internationales et l'Allemagne est résolue
à s'en tenir à ces conventions. Il
rett'1 déclaration a paru insuffisante à
un autre député socialiste qui a ajouté que
dans certains milieux pangermanistes on
Assurait que l'Allemagne projette une rup-
ture d3 ces conventions.
Un troisième député socialiste a préco-
nisé un rapprochement franco-allemand.
« Sans courir après la France, dit-il, on
H A vrai t trouver un moyen de s'entendre,
99 o/.. des Français étant pacifistes.
M, de Jagovv a répondu qu'il n avait
i-îpn' il aie^ir à ses déclarations antérieu-
ne i""s' dit-il, «"e ,m? i
répéter que J'Alleinagite veut la paix et
qu'elle est toujours prête à vivre en paix j
avec la France. »
Le mini'str.e de la guerre a déclaré^ en-
suite que le personnel nécessaire à l'ins-
truction des nouvelles recrues serait aug-
menté en proportion des incorporations.
Un député socialiste a dénoncé le danger
constitué par la répartition inégale des
effectifs. « Cette inégalité, dit-il, permet-
tra au parti socialiste de formuler de nou-
velles exigences. »
LES CAMBRIOLEURS DE CHAVILLE
Une troisième arrestation
M. Dautel, commissaire de la brigade
mobile de la Sûreté générale, accompagné
de plusieurs inspecteurs et assisté de la
gendarmerie, a poursuivi toute la nuit ses
recherches en vue de retrouver les auteurs
des audacieux méfaits de Chaville et de
Sèvres.
Ses investigations ont été en partie cou-
ronnées de succès. Le magistrat a, en ef-
fet, procédé à une nouvelle arrestation.
L'individu appréhendé se nomme Lacroix ;
il est âgé de 19 ans et demeure à Sèvres.
Il n'a opposé aucune résistance et, après
un interrogatoire de pure forme, a été con-
duit à la prison d,e Versailles.- -
Un certain nombre 'de jeunes gens, qui
avaient accompagné dàns la soirée de di-
manc-he Beaulier, Schwartz et Lacroix, ont
également été amenés ce matin à la gen-
darmerie de Chaville, mais comme ils ont
prouvé qu'ils n'avaient pas participé à l 'at-
taque de la gare, ils ont été remis en li-
berté.
Ajoutons que Sohwartz et Beaulier, in-
terrogés de nouveau ce matin à Versail'es
par M. Fredin, juge d'instruction, ont fait
des aveux complets. " Beaulier a reconnu
avoir donné à M. Périer un coup de pied
dans le ventre. Sohwarti a avoué qu'il
avait tiré trois coups de revolver sur le
chef do gare.
Trois individus sont encore à l'heure ac-
tuelle l'objet d'un mandat d'amener.
CONTRE LE CAMBRIOLAGE
1 Coffi-es-Forts FICHET
LA VENTE KRAEMER
Cette dernière journée de vente a débuté
par la mise aux enchères de miniatures et
d'objets de vitrine ; puis, défilèrent des
pendules, des bronzes d'art, des meubles
et des sculptures.
M Henri Baudoin _ tenait le marteau de
commissaire-prisonr.
Dès 2 heures, la grande salle d exposi-
tion et de vente de la galerie Georges
Petit se garnit d'un public de marchands
1
et d'amateurs qui vont pousser très active-
ment Les enchères.
Trois miniatures d'Isabey font 2.200,
2.600 et 3.300 fr. ; des miniatures sans
signatures vont de 200 à 600 fr. ; un étui
■en or sur lequel est fixée une montre, 2.200 ;
des boîtes ornées de miniatures fin de l'é-
poque Louis XV atteignent des prix éle-
vés : 6.100, 10.000 fr. ; un petit cabinet
en écaille et or, époque Régence, 13.700.
Un cartel, époque Louis XV, 5.500 fr. ;
pendule en bronze ciselé et doré 6.800, pen-
dule en marbre blanc signée Lepaute, hor-
loger du roi, époque Louis XV, Groupe sor-
tant de l'atelier de Falconet 24.000 fr. ; ren-
dule Louis XV, bronze ciselé et doré, si-
gnée Le Brasseur, .10.000 fr. ; pendule
Louis XVI, 11.000 fr. ; d'autres pendules
Louis XV et XVI font 9.000, 11.200 et 10.500
f rai-i cs
On passe à l'adjudication de deux ai-
guières qui sont aussi chèrement dispu-
tées et sont vendues 13.200 fr.
Le nombreux public qui se pressait au
Vernissage a. pu constater avec quel luxe
est installé le Salon des Artistes Français.
Le pourtour du grand hall est décoré de
tapis d'Orient, anciens et modernes, dont
l.a variété et. le choix sont remarquables.
Le tout a été tiré de la collection sans r i-
vale, de la Maison Boucicaut.
Dans le salon de repos, le Bon Marché a
réuni des meubles d,e style qui, avec les ta-,
pisseriies anciennes, constituent un ensem-
ble du meilleur goût ; le confort en a été
vivement apprécié par les visiteurs.
Accident dans une carrière
Longwy. — Dans une carrière voisine
de la frontière belge, un wagonnet, qui
gravissait un plan incliné, s'est détaché et
a été précipité au milieu d'un groupe d'ou-
vriers.
L'un d'eux, nommé Grégoire, ^ , âgé de 17
ans a eu la tête broyée : la mort a été ins-
tantanée. Son père a eu les deux, jambes
brisées et des contusions multiples. Son
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La Coupe Pommery
La tentative de Brindejonc
L'aviateur Brindejonc des Moulinais, pi-
lotant un appareil muni d'un moteur Gno-
me (bougies Oléo), est parti de Villacou-
blay ce matin à 4 h. 38 dans l'intention
de gagner Copenhague et de battre les re.
oords du plus long vol en ligne droite.
Liège, 29 avril.
Brindejonc des Moulinais a atterri à Liè-
ge à 7 h. 50 après un superbe voyage à
grande hauteur.
Après s'être ravitaillé, il a repris son
vol à 8 heures 30 dans la direction dE
Brème.
Védrines vole vers Lyon
Jules Védrines, pilotant un appareil mu.
ni d'un moteur Gnome (bougies Oléo), ç
quitté Villacoublay ce matin à 4 h. 40 à
destination de Lyon d'où il partira demain
matin à destination de l'Ecosse.
Nevers, 29 avril.
Jules Védrines a atterri ici à 9 heures.
Son voyage a été contrarié par un vent
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