Titre : La Liberté
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1890-08-28
Contributeur : Muller, Charles (1823-1898). Directeur de publication
Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication
Contributeur : Détroyat, Léonce (1829-1898). Directeur de publication
Contributeur : Berthoulat, Georges (1859-1930). Directeur de publication
Contributeur : Aymard, Camille (1881-1964). Directeur de publication
Contributeur : Ferry, Désiré (1886-1940). Directeur de publication
Contributeur : Doriot, Jacques (1898-1945). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328066631
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 28 août 1890 28 août 1890
Description : 1890/08/28 (N0). 1890/08/28 (N0).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4785420c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-189
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 23/09/2018
ne sont pas très satisfaits de la publication
des Coulisses du boulangisme. Mieux que
cela, deux d'entre eux, et ce ne furent pas
les moins intimes dans l'amitié de l'ex-gé-
ral, déclarent cette histoire contemporaine
apocryphe et promettent pour demain matin
les « véritables » Coulisses dù boülaii,(,,,isnie.
Ce sont MM- Edouard Ducret, directeur
du Petit National, et André Castelin, dé-
puté, rédacteur en chef de la Co-carde.
Voyez comme l'histoire est difficile à
écrire, et comme il faut se garder de croire,
sans contrôle, qu'Henri IV a été assassiné
par Ravaillac, ou que Louis XIII n'est pas le
fils de Louis XII ! Voici des faits qui se sont
passés l'an dernier, et sur lequels chaque té-
moin oculaire à une opinion différente.
Attendons à demain les curieuses révé-
lations ! - .
■*** :
Depuis deux jours, quoique nous ne soyons
pas encore dans les mois en r, les huîtres
ont fait leur apparition sur le marché pari-
sien. Elles ont repris, à la devanture des
boutiques des marchands de vin, leur place
accoutumée. -<
Dans les rues, des marchands ambulants
en débitent à dix sous la douzaine.
, Ces huîtres sont celles dites portugaises;
elles précèdent de quelques jours les huîtres
grasses d'Ostende, de Maronnes, d'Arca-
chon, etc., véritable régal des gourmets.
On sait qu'un décret, en date du 30 mai '
1889, interdit le commerce clandestin des
huîtres de moins de cinq centimètres. Mal-
gré cette interdiction, ce commerce existe,;
sur une vaste échelle, et a provoqué les ]
plaintes des ostréiculteurs..
Pour réprimer utilement cette fraude, le *
ministre de la marine s'est mis d'accord avec (
ses collègues de la guerre et des finances, afin (
que les militaires de la gendarmerie et les s
agents des douanes puissent dorénavant (
constater les infractions au décret précité.
En outre, il a fait approuver par le prési- t
dent de la République une disposition aux c
termes de laquelle les contraventions entraî- 1
neront non seulement la saisie des huîtres,
mais aussi leur confiscation. £
- ' *** ■■■■- F
M. Zadoc-Kahn, grand-rabbin de France, il
doit se tendre le 10 septembre prochain à t:
Nancy, pour y procéder à l'installation so-
lennelle de M. Bloch, grand-rabbin d'Alger,
nommé grand-rabbin de Nancy. p
. ***
Tandis que certains propriétaires—comme c<
celui dont nous contions l'autre jour les u
munificences — luttent avec acharnement a,
pour la repopulation de la France, d'autres
mettent, paraît-il, des impedimenta au fonc-
tionnement régulier de la famille, et congé-
dient sans vergogne ceux de leurs locataires
dont les familles augmentent dans des pro- qS
portions trop considérables.
Témoin M. J. R..., champignoniste (sic), de
route de Sannois à Argenteuil, qui vient et
d'expulser de sa maison un père de quatre d'I
enfants, à qui il a remis, en le congédiant, pc
l'extraordinaire certificat que nous copions gii
sans y changer un mot : 0 .
« Je certifie'que M. J... a eu congé par tClqt.;
moi à cause des enfants, mais non pour
paiement (resic). »
Allez donc travailler pour la patrie avec roi
de tels propriétaires qui, dans une maison fai
ou il y a quarante-deux ménages, donnent cie
congé a un père de famille, parce qu'il a eu du
un quatrième enfant 1
HORS PARIS
nous télégraphie des Petites-Dalles
que, à la suite d'une discussion au bal du
Casino, un duel au pistolet a eu lieu, hier,
dans le bois de Sassetot, entre deux bai-
gneurs, MM. L... et S...
Quatre balles ont été échangées sans ré-
sultat.
* * I
M. Canovas a retardé son départ de San-
Sëhastien pour Madrid.
La municipalité de Bilbao prépare une
brillante réception à la régente.
On sait que la cour se rendra à Bilbao par
terre, a cause du mauvais état de la mer.
***
La reine Victoria a envoyé un superbe
berceau à 'Son arrière-petit-fils, l'enfant du
duc et de la duchesse de Sparte.
Le duc et la duchesse de Sparte se ren-
dront en Angleterre le mois prochain et
rendront visite à la reine à Balmoral.
De là, ils se rendront en Danemark et à
Berlin pour assister au mariage de la prin-
cesse Victoria de Prusse avec le prince Adol-
phe de Schaumbourg-Lippe.
M. Gladstone ira a Dundee, le 29 octobre,
pour y ouvrir l'Exposition des beaux-arts.
Sa visite n'aura aucun caractère politique.
Sir Edouard Malet, l'ambassadeur d'An-
gleterre à Berlin, est sur le point de partir '
pour l'Angleterre en congé prolongé. '
*** I
La reine de Roumanie s'est embarquée à 1
Flushing pour Queenborough, sur le vapeur
Princesse—Marie. Elle se rend à Londres.
* *
Le duc et la duchesse de Mecklembourg, c
qui sont arrivés hier à Lisbonne par le Con- g
WWWM——A—WIIIIMIHPIWI MMWMTAÀKÛMËUMATAA
ition qutror, sont allés aujourd'hui à Cintra, dé-
: que jeuner chez le ministre d'Allemagne..: j
tpas '-**
-ge- .
aîné Le roi d'Italie à _visité hier matin les
latin champs de bataille de Solférino et de San-
;me! Mantino.
teur Les attachés militaires, présents aux gran-
dé- des manœuvres, ont visité à une heure de
l'après-midi l'ossuaire de Solférino.
e à • —
)ire, On vient de découvrir en Italie des docu-
siné ments d'après lesquels un des doges de Gê-
s le nés aurait enfoui sous les remparts de Saint-
;ont Michel, à un endroit clairement désigné : son
s té- épée ducale, enrichie de pierres précieuses,
et des coffres pleins d'or monnayé, représen-
té- tant une valeur de 75 millions.
Les héritiers du doge ont demandé et ob-
tenu l'autorisation de faire des recherches.
Seulement, ils ont été avertis que le minis- ,
ons ^ère des beaux-arts réclamait à l'avance tous
très les objets qui pourraient être classés dans
iri-
des son département; que le ministère-de la 1
ace guerre entendait entrer en possession de 1
toutes les armes trouvées ; enfin quelemi- i
ntg nistère des finances prélèverait 80 pour 100 {
sur l'or et l'argent déterrés. : - •
es * Malgré ces réserves, les héritiers vont, f
res dit-on, faire commencer les fouilles. (
za-
■ D'autre part, on télégraphie de Rome, au
:lai Journal des Débats ; c
les ee est assez inquiet de la situation du s
al- Ravennais ; la misère y est assez grande, et (
ste il y. règne, dit-on, un grand mécontente- l
les ment. - L
,i On craint qu'il ne s'y produise, à brève "
le échéance, des émeutes semblables à celles
ec qui ont à,-,ite l'an dernier, certains districts n
fin de la Haute-Italie, où les ouvriers agricoles ^
les se sont mis en grève et livrés à.. toutes-sortes "J'
,nt d'excès. • li
» Le Ravejinais est, de plus, sérieusement
;i- travaillé par le socialisme, qui y fait de jour t,
lx en jour des progrès sensibles, ce qui rend le
Lî- mécontentement plus dangereux encore. » ]s
!S> ..... Il nous semble que l'unité italienne J,1
étant faite depuis Victor-Emmanuel,, on •
pourrait distribuer aux malheureux Raven- pl
nais un peu de l'or que promettent les héri- P.
à tiers du défunt doge de Gênes !
*** ; ™
r, Un détail assez curieux sur la maison de
l'empereur de Russie :
Le tsar a, parait-il, une garde du corps
le composée de sujets corses, dont quelques-
.g uns sont employés à la cuisine et dont les co
autres veillent directement sur sa personne. se
ÎS C'est M. Piétri, neveu de l'ancien préfet de
Napoléon III, qui a organisé ce service. po
*** ?'éro,
lS Un gros scandale vient d'éclater à Stutt- lei
- gard..
Un grand nombre d'officiers du régiment On
de uhlans qui porte le nom du roi Charles- sei
j 4 et qui est en garnison à Stuttgart, viennent Fr,
e d'être cités devant un tribunal d'honneur
> pour répondre de " faits qui jettent un jour éle
5 singulier sur les mœurs de ces officiers, et et .
qui se sont passés au casino qu'ils fréquen-
tent. ' . '
On attend avec inquiétude les développe-
ments que va prendre cette cause célébré, le tin
' roi ayant refusé d'intervenir dans cette af- I]
1 faire pour l'étouffer. La plupart de ces offi- l'in
. ciers appartiennent à la haute aristocratie des
du pays. Il
tes,
"*■ *** -JT Jj
Un concurrent de Dalton: des
Le nageur suédois Gustave Àlcej a fêté di- S.
manche le trajet de Planier au Roucas- von
Blanc, c'est-à-dire vingt-quatre kilomètres à Il
la nage. Parti du phare du Planier à dix ave<
heures du matin, il a abordé aux bains du to^
Roucas-Blanc à sept heures trente du soir. tatd
Pendant les neuf heures vingt minutes mes
qu'il est resté dans l'eau, il a absorbé un peu Je
de viande, quelques fruits , douze œufs 0
presque crus et bu un litre de vin, plus deux
bouteilles de cognac.. JJ
Lorsqu'il fut habillé, il se plaignit de dou- yeu
leurs à la tête et au ventre. jusi
On en aurait à moins ! l'a j
* * * les i
Un de nos confrères de province annonce Le au r
qu'on vient de trouver dans un bois le ca- n
! davre d'un campagnard pendu par une *
corde a \ un arbre. de*]
« Tout fait supposer, termine notre con- un i
frère, que la mort est due à la strangula- Con:
tion. »
Nous nous en étions bien un peu doutés! de 1'
Stany.
LES JOURNAUX DU MATIN
Le Figaro continue la publication des
Coulisses du boulangisme. En ceci, comme
en beaucoup d'autres primeurs, les journaux:
doivent quelque remerciement à leur con-
frère. Ces racontàrs de coulisses sont une
manne pour les chroniqueurs politiques et
autres que le vide des vacances laisserait en
détresse. Tous commentent donc ces révéla-
tions, les uns pour s'indigner, les autres pour j
sourire, d'autres encore, comme nous-mêmes
hier, pour s'indigner et railler à la fois.
L'Estafette, dont le directeur, M. Jules
Ferry, fut un des amis anciens "-de M. Na-
quet, est sévère :
Qui doue prétendait que Pascal avait eu rai-
son des subtilités de la casuistique, et couché
sur le sol les docteurs de la Compagnie de Jé-
dé-j sus ?;-On nous a mal instruits sur ce point.
j Nous avons un casuiste émérite qui se révdë"
j tout à coup l'égal du divin Sanchez. Notre der-
nier Jésuite, c est incontestablement le grand
les baquet, le. sublime Naquet, Naquet aussi per-
an- fifle qu'Ulysse, Naquet fécond en stratagèmes,
gloses et subterfuges.
Ainsi, ln' chose est simple, M. Naquet, vieux
a républicain, plus républicain maintenant que
«e[jamais, j avait un but : sauver 'là République ;
un moyen : renverser -la république ; des al-
liés: les monarchistes et les impérialistes; des
ennemis qu'il voulait écraser : les monarchis-
tes et les impérialistes déjà nommés, ses alliés
je_ les plus chers.
nt- On aimerait à savmrqmrquelles'subtiles vi-
son cissitudes, par quelles amertumes solitaires,
;.es, par quelles déceptions, par quelles envies inas-
en- souvies, par quels sophismes, un républicain,
un savant, d'un esprit ferme jadis et clair-
v0^nt> a pu arriver, de chute en chute, à ce
)b- paradoxe inouï, à cette monstrueuse aberra-
. ' tion de conscience et de pensée, dont M. Na-
IS- quet nous étale d'un ton badin la plaie hi-
>us deuse.
iris On se demande si ce " républicarn q-ui pré-
la tendait rouvrir l'ère héroïque -de la démocratie,
de n est point frappé de démence subitement, au-
tant par ses copseils 1 ihèrticides à M. Boulan-
00 gel', que pour l'explication vraiment humi-
liante de ses conseils et de ses actes. On dit
que M. Naquet va faire fortune, et il nous in-
-1 > forme qu il renonce aux luttes de la politique.
C'est ce qu'il a de mieux à faire.
au M. Camille Pelletan, un autre ami
d'hier, se montre plus cruel encore-. Fier de
lu sa belle prestance personnelle, le rédacteur
et en chef de la Justice ne se Contente pas' de 1
e- blâmer la conduite de M. 'Naqucti il pousse
le bon goût jusqu'à lui reprocher d'être un j
re " républicain biscornu ».
es II est victime d'une" infirmité naturelle. La ]
ts nature lui a l'musé toute pudeur, et lui a ]
"8 donné un- zigzag pour conscierice. Ce qu'elle
es ^u.i a prodigué en échange remplace mal ce qui (
lui manque. - . 1
Après ces :attiqires épigrammes, M. NI 1 e- 1
Ir tan continue : ■ é
I e II était ; aisé de Te prévoir. Lorsqu'au jour de c
la débandade, les gens de la Boulange en vien-
draient à découvrir le pot aux roses, on en
te flairerait de belles! Le lecteur sait ce qui ar-
n rive quand on se met à jaser en pareille com- P
~ pagnie. Mais qui aurait prévu un tel cynisme ?
Pauvre Naquet ! Martyr de son inconscience ! q
Il aurait été chargé de requérir contre lui-
même, qu'il n'aurait pu mieux faire, Et le pro- §
ces de la Haute-Cour était bien pauvre, a côté
e du procès qu'ils se font à eux-mêmes. q
s Et pour conclure : U
Naquet, l'athée farouche que nous avons
s connu ! Naquet ' faisant amende honorable de
ses cc persécutions contre l'E-lise ! 'J Naquet, 9
candidat officiel du chapitre de Notre-Dame ! a
" Quoi! Naquet n'aurait pas su qu'il travaillait
pour les royalistes! ou, au moins, que les
royalistes payaient son entreprise, parce qu'on Pc
s'était engagé, par promesse formelle, à travail- di
. 1er pour eux! Fi ! A qui le fera-t-on croire?
Et voilà ce républicain! Voilà ce patriote ! va
^ - Ou plutôt, voilà cette bande, arrivée à mépri- Ju
i- ser celui qu'elle voulait charger de tuer la ai
; France.
La Lanterne le prend sui, un ton plus pr
élevé et résume la moralité de M. Boulanger on
et de ses complices : du
Ainsi, d après les déclarations mêmes des
complices, le boulangisme vivait d'une escro-
querie, d'un certain nombre de trahisons et P°
tendait à un coup d'Etat. 1
Il escroquait, par des promesses qu'il avait
1 intention formelle de ne pas tenir, l'argent
des royalistes. cia
Il mentait aux républicains, aux monarchis- toi
tes, à tout le monde. 1
Il n'avait ni doctrines, ni principes ; rien que ^r(
des appétits. ' éta
Ses adeptes n'avaient même pas souci de sa-
voir d'où venait l'argent.
Ils s alliaient sciemment avec tous les partis, de
avec le dessein bien arrêté de les éconduire le '
tous.
Escroquer!e,-escàmotage, coup de force, die- et ]
tature, voilà, d'après les boulangistes eux-mê- mé
mes, le résumé de leur aventure. Pol
Joli parti, joli monde! ^
On demande un tombereau et quelques pou- T
belles pour ramasser tout cela.
ces
Il nous a paru piquant de mettre sous les gin
yeux de nos lecteurs les jugements de la
Justice et de la Lantei-ne, qui furent, on ne
l'a pas oublié, les inventeurs du général et l
les plus ardents promoteurs de son, élévation
au ministère et de sa bruyante popularité.
Le meâ culpâ est aujourd'hui complet.
*** Pendant qu'ici nous nous occupons ra{?
de M. Boulanger, M. Henri Rochefort, par ysjg
un juste retour, s'occupe, à Londres, de M. p, e
Constans et de son discours de dimanche. Il A
prévoit sa prochaine transformation en Père l'Kir
de l'Eglise : ■ note
L , ex-proconsul indo-chinois fait mieux que Azi,
de ne pas persécuter la religion : il la protège L:
^ il l'impose. Il a émigré au Sénat, par crainte rev
du sunrage universel, et il passe au clérica- -nrôr^
hsme, de peur de se voir un beau jour repoussé mer]
par les républicains.
Sa fausse bonhomie comme sa prétendue in- 1
souciance dissimulent imparfaitement une que
[-ouerie toujours en éveil. Quand la République plac
l'aura définitivement rejeté de son sein, il se ci
réfugiera dans un autre : le sein de l'Eglise. miel
Le ministre de l'intérieur n'en est pas en- les )
,ore là. N'a-t-il pas présentement, pour le mor4
'etenir, le sein des commissions et surtout d'Et
:elui de la commission du budget, sans comp- mais
er le sein du conseil ? vent
4L r> n ' un ti
-*-+ 1 our firiir, empruntons au chapitre tabli
les Coulisses du boulangisme qui paraît nistr
e matin, le récit de la visite faite par M. Mais
boulanger au prince Napoléon : gran,
Au mois de janvier 1887, le 1er janvier au incal
oir, il partit pour la Suisse avec M. Thiébaud. que
nt. La police le fila et perdit sa trace a Lyon. Le
élë 2, le général arriva à Frangins. Il portait le
er- nom du commandant Solar. *Mais, par une im-
113d prudence téméraire où on le reconnaît bien, il
er- tenait a la main une canne sur Je pommeau
es, laquelle était gravé ce nom : « général Bou-:
langer ». ' " .
ÎUX Quand il arriva àPfangins et qu'il dit au j
[ue domestique qui le reçut : « Annoncez le com-
te ; mandant SoTaî" ! » celui-ci le débarrassa: de -sa
al- canne et de son pardessus.
les Sur la canpe, il lut le vrai nom du prétendu
is- Solar. Cet homme est un vieux serviteur du'
iés prince Napoléon, très dévoué. Il voulut sous-
traire à la curiosité de la livrée cette preuve de
vi- l'identité du visiteur.
BS, II alla déposer la canne révélatrice dans sa
is- chambre et ne la rapporta que le soir, au mo-
in, ment où le général se retira. "
r- Le prince Napoléon fut très surpris de cette
ce visite.. Il confia plus tard à ses amis qu'il avait
•a- cru tout d'abord voir un faux Boulanger,
a- M. Thiéhaud, dont il avait approuvé les pro-
i- jets plébiscitaires, Iui= avait bien parlé d'une
entrevue avec le commandant du 13° corps.
é- Mais le prince n'avait, pas prêté grande attéU-
le, tion à ce propos. Il se serait contenté d'une
1- lettre ou même .d'un message verbal du gé-
n- néral.
i- Quand on rentra, le- prince. Napoléon se dé-
it clarait enchanté. Il avait trouvé dans Boulan-
3- ger un homme jeune, à l'esprit, alerte, très, pa-
B. triote. Il pouvait remplir le rôle que M. Thié-
baud avait conçu pour luiT'On dîna. Le prince
parla des conséquences qu'aurait l'événement
il plébiscitaire.
le . — Vous alliez, général, entrer dans la poli-
ii* tique. C'est un vilain et rude métier. Avez-vous
le de la fortune?
—Rien du tout !
' : .— Fh bien !*si vous. échouez, vous ne serez J
,n jornais- ici un étranger. 1
Ce fut tout sur la question d'argent. Le gé- '
,a néral et M. Ihiébaud n'en demandèrent pas. Le 1
a prince n'en donna ni n'en offrit. «
te On se leva de table'et les convives passèrent ^
ii dans .un salon où se trouve, dans une vitrine, f
le reliquaire de la famille Bonaparte.
Le prince signala quelques pièces à son hôte, (
5- puis, désignant un sabre égyptien sur lequel f
était gravée cette inscription : M Sabre du 1er ^
e consul à Marengo ,, il dit : » A
— Voilà, n'est-ce pas, un précieux souvenir? (
3 Le général montra un grand étonnement. e
— Vous êtes bien sur que c'est -le sabre du
_ premier consul ? c
? —Croyez-vous, répliqua en riant le prince, r
que j'ai ici du bri c-à-br *ac ? î.
, oui, c'est un beau souvenir, reprit le
T général sur un ton d'admiration et de respect.
i Certes, en ce moment, c'était le soldat seul
qui vivait en lui, le soldat patriote brave et t<
amoureux de gloire. ç
Alors le prince Napoléon, lui - sur t<
i l'épaule :
^
Oui, général, le sabre du premier consul... i,
, Quand vous aurez rendu l'Alsace et la Lorraine
! a la France, je vous l'offrirai...
Mais l'heure de partir approchait. s<
; Le géîiéral_ chercha sa canne, on la lui ap- q
porta. Il fallait prendre, congé. Le peintre lui SJ
■ dit •' p
— Vous n'avez pas craint de venir ici. Je n
vais vous accompagner à mon tour en France, fc
jusqu'à Culoz. Une prudence en vaut une q
autre.
Boulanger ne trouva rien "à objecter à ce ta
projet insensé.
Le prince pouvait être reconnu et arrêté. Si a
on les prenait, lui, général en activité, l'espoir l'i
du parti radical, lui, dont le plus solide appui n
était le fameux journalisme de' la Lanterne,
Rochefort, qui en exaspérant l'empire l'avait tr
poussé au bord du précipice, il serait perdu.
On ne manquerait pas de dire — ce qui était
faux — qu'il venait en France avec le prince
Napoléon pour faire en sa faveur un proiiun—
ciamento. Mais la confiance lui permettait su
toutes les témérités. - re
Le voyage à_ Culoz s'accomplit sans encom- tic
bre. Le 3 janvier le commandant du 13e corps go
| était a son quartier général.
Et les amis du général et lui-même affir-
mèrent jadis que le réquisitoire du procès br,
devant la Haute Cour était faux ! Le complot,
le voilà, et avoué et établi sur témoignages a.V:
et preuves : un commandant de corps d'ar-
mée, désertant son poste, passant à l'étranger
pour aller traiter d'un changement de gou-
vernement avec un prétendant exilé ! P01
La .vérité est plus accablante encore pour cOl
ces gens que la France honnête ne l'ima- /
ginait..
tio.
LETTRE DE TURQUIE
Constantinople, 90 août.
A propos d'une brochure qui vient de pa-
raître en anglais et en Angleterre, l'amiral
Woods-pacha publie dans la Diplomatie
Review, un intéressant article qui contient
du curieux détails sur certaines pages de
l'histoire de la Turquie contemporaine et
notamment sur la fin tragique d'Abdul-
Aziz.
L'auteur de la brochure en question, un
Levantin dont le passé est assez équivoque,
préconisait les bienfaits 'du régime parle-
mentaire et exaltait, a ce propos, le souvenir
de Midhat-pacha et de Ali Suavi ; voici ce
que répond l'amiral Woods qui est bien
placé pour savoir toute la vérité à ce sujet :
« Moins on parle de Midhat-pacha et
mieux cela vaut pour sa mémoire Il a expié
les visées ambitieuses dont il ne voulait dé-
mordre, pas même après l'échec de son coup
d'Etat. lUidhat-pacha a posé comme patriote,
mais ceux qui ont été dans les coulisses sa-
vent fort bien que le coup d'Etat qui a mis
un terme au règne d'Abd ul-Aziz, visait l'é-
tablissement du régime d'un syndicat de mi-
nistres sous le nom d'un souverain fantoche.
Mais Mourad-effendi était une poupée trop
grande pour eux. On le trouva tellement
incapable d'exécuter les actes de souverain
que le syndicat se vit forcé de le faire dispa-
2 raître, de sorte que le sultan actuel arriva
^ au pouvoir. A ua moment donné Midhat
j avait la réputation d'un homme de grand ta-
> :lent; mais sa visite faite à Londres a dù por-
ter-préjordice à cette réputation et on devait
s apercevoir qu'il était simplement le porte-'
i parole d'autrui.
* Sa grande habileté consistait dans l'em-
' pressèment avec '.leq-uel il exécutait les idées
des cerveaux féconds.
J1. -" En dépit de tout respect pour sir Elliot,
' PAi ?6i croit ici à théorie du suicide,
d AbduI-Aziz et tous ceux qui sont lè
mieux placés pour juger la question, sont
convaincus que les personnes inculpées d'a-
voir assassiné ce malheureux souverain ont
été plus ou moins complices.
» Il est déplorable qu'un homme ayant
occupé une. position si élevée ait montré si
peu de discernement dans ce qu'il livrait à
la publicité et se soit emballé par ses préju-
J?fS- Pénétré de l'idée qu'une Constitution
était 1 unique panacée pour tout malheur na-
tional, il était dépité par l'échec de sa chère:
théorie et il publia des choses qu'il a certes
maintes fois regrettées. Désireux de-favori-
ser l agitation pour le home pale et de dis-
créditer le cabinet Salisbury, il attaqua le
sultan. Et cependant le sultan n'avait com-
mis qu une seule faute, celle d'avoir com-
pris que le-parlementarisme était impossible,
en Turquie et d'avoir mis un terme à la tra- '
vestie du parlementarisme qu'on jouait sur
les rives du Bosphore.
Le Dr Dickson s'est déclaré pour la théo-
îie du suicide, mais tous les médecins de 1
ConstantinOple se moquent de lui, car il n'a ^
vu le corps que bien longtemps après la '
mort; du reste les hommes -qui étaient alors \
au .pouvoir ont. trouvé moyen d'empêcher
toute sorte d'autopsie. Le syndicat révolu-
tionnaire était tout-puissant et l'enquête c
qu 'on faisait une farce. Tout le monde la 1
considérait comme telle, sauf peut-être sir 1
Henri Elliot. Des raisons d'Etat exigaient un i
verdict concluant au suicide et j'ose dire c
(pie, dans^ des circonstances analogues, on
en aUrait fait de même dans tout autre pays'.. 'c
» La brochure parle aussi de la mort d'Ali i
Suavi-effendi. , C'était un fou ambitieux 'et 1
fanatique qui,, pendant son long exil en :e
France, avait adopté les idées républicaines c
les plus exagérées. Un soir il se mit à la tête
d'un groupe nombreux d'individus armés et f
tenta de pénétrer dans le palais. Il fut tué. h
Ce sort eût été réservé à sa tentative"dans ^
tout autre pays. L'accusation qu'on lui aurait 3
tendu un piège- est trop absurde pour que je c
la réfute. h
» La brochure fourmille d'accusations qui 6.
sont autant de calomnies. C'est un mensonge d
que, en Turrluie, on exécute les hommes
sans jugement. C'est un mensonge qu'il y a,
parmi les Turcs, un mouvement révolution- h;,
naire. C'est un mensonge que les troupes ne v!
font pas d'exercices de tir. C'est un mensonge
que Mourad-effendi est en reconvalescence, m
» On nous propose le régime parlemen- B;
:aire. Mais voyez donc comment ce régime
i fonctionné en Egypte, et parlez-nous de
usage que les Crétois ont fait de leur home U1
"ule. or
» Si la Turquie s'est relevée au point d'ê- dErI l
re considérée comme une grande puissance de
nilitaire, dont l'amitié est recherchée par la d'
Russie et par l'Allemagne, nous en sommes
'edevable.s au sultan qui a eu le courage de ne
upprimer une institution qui menaçait de vo
endre impossible toute espèce d'administra- su
ion. Ce que nous savons de certaines caté- D
;ories des chrétiens d'Orient montre que les
nstitutions parlementaires ne seraient guère au
itiles à un empire tel que la Turquie. ; ■ pr
" Je mentionnerai enfin que l'auteur de la po
rochure a été secondé par un Levantin de-
îeu'rant à Paris, nommé Léon-effendi, qui >
vait demandé, au nom de l'auteur, six mille
vres turques (138,000 fr.) pour la non-pu- C T
lication de la brochure. La demande fut re-
oussée et cela explique la fureur de l'auteur
?ntre le gouvernement ottoman ». i
tut
On . remarquera la partie des déclara- nu
ons de l'amiral Woods, qui parle avec la l'e!
ncérité brutale d'un vieux marin et avec
ne compétence qu'on ne saurait mettre en ?'*■
?ute. latl
L'ÉLECTION DE COLMAR
Nous recevons la dépêche suivante :
Colmar, 23 août.
Election d'un membre du Parlement alle-
mand en remplacement de M. Grad, décédé.
On connaît les résultats de 58 communes.
M. Riihland a obtenu 6,716 voix, et M. Ailen-
bach, 2,572. II manque encore les résultats de
quatre communes, qui ne modifieront pas le
résultat total.
L'élection de M. Ruhland est définitivement
assurée.
Le succès que nous avions toujours pré-
sagé à M. Ruhland ne lui a pas manqué.
Nous sommes heureux de le constater ; c'est
à la fois une victoire contre le socialisme et
une manifestation éclatante du bon sens et
de l'esprit ferme et sérieux de l'Alsace. On
avait semblé craindre un moment, dans la
presse — mais nous n'avions jamais cru pro-
bable — que le député socialiste de Mul-
house trouvât un pendant à Colmar. Une
crainte plus grave aurait pu naître d'abs-
tentions inopportunes, produites par des dis-
sentiments religieux dans un pays où la foi
35t très vive et agit sur les mœurs elles-
mêmes.
Aucun de tous ces fâcheux pronostics ne
;'est réalisé. Ceux qui espéraient fermement
i dans l'Alsace avaient 'vaisoii. TaWÏT^Tr I
; socialisme agite et, demain peut-être, fi,1»
■ versera 1 AHemagno, les Alsaciens ont do"
■ comme successeur à un homme de caraco *
■ éprouvé, de science certaine, un dérw
rompu au maniement des affaires publient
soucieux de tous les graves intérêts de !'
province et capable de les soutenir devant 1
puissance étrangère ou il va les représenta
Ainsi que nous le disions hier, M. J:t;i, '
land a mis le titredVl&aciCTî siii.,ses affiches "
électorales. Ce seul mot veut dire bien S
choses, bonnes pour le pays qui vient de l'p
lire, et dont la portée dépassera l'Alsace
même. Sans doute le nouvel élu au Reichs
tag se répétera plus d'une fois le mot 9
Ta,cite : « Le Rhin sénarr» îf>«
de toute la Germanie. » ~
P. G.
ÉCHOS FINANCIERS
e/e' **# Situation de la. Belle Emmlipnnr Z r
•tes fin de juillet 1890. - Le journaloffieiel a h
lis- gouvernement van ts: ësypti0a publie les chiffres sul"
- le Lès titres en circulation au 31 décembre I881
Im- représentaient 103,7.36,6^0 liv. 'st. On a éiS
,m- depuis pour 36,366,lGO liv. st. L03 amorti?
bIe "S" -représentaient, à la fin de juin
ra- st., et la circulation était de 106
sur Tmlhàns D:W,06O hv. st. a cette même date. »
L'emprunt dtt Guatemala. ~ Le New,
eo- tortt Ilevald annonce que les négociations en,
de tamces avec le gouvernement du Guatemala
n'a pour 1 emprunt do 21 millions de francs, n'ont
la pas encore abouti, et il doute que Içs démar,
ors ° ,f' , u syndicat français puissent avoir un ré,
sultat positif. " --
1er
l ll- du;¿6 **7IE: aout. fionsJu Trésor des Etats-Unis
Het Q0w?se ? - Nous lisons cijus Llc/cmt.
siî V " Lun Si bonds,V Argent métal 118 '..au'-d:ébut,
ire onces.. en clôture. Affaircs totales, 610,00G
Oîî t. T JJ y -m
ira.. , * "f. Les recettes de la Caisse de la Dette
Ali' Ï9yptlenne' — Les recettes de la Caisse de la
J Dette pour le mois de juillet se sont élevées i
!oEpt- contre liv. égypt, 713,860
en :en lo89, et les dépenses à-liv. égypt. 808 30^
tes contre liv. égypt. 570,009 en 1889. - ' "
lté Pour les sept premiers mois, les recettes sont
et f/35,027 (liv. égypt. 57,090 en
. et les dépenses de liv. égypt. 5 L5] 871.
Si (Ev. égypt. 5,022,635 en 1889). '"k
lit - ^qn7C,nSSe, au 31 juillet s'élevait * liv. égypt.
o,238,7I0, dont liv. égypt. 2,518,715 dans les
je caisses de la Dette, hv. égyp, 656,863, dans ceb
• Sî ™inistr1e1 des, finances et liv. égyptiennes
ui 63,13,2 dans celles des différents établissenïeût«
ge de crédit. "
es ' , ■ '
a * L opération financière suisse. — Le dé..
Portement des finances de la Confédération
helvetique a fait hier la communication sui.
vante :
ïe « Les départements des finances et des clie-
e. mins de fer du Conseil fédéral, d'une part, '.t
L- Banque du commerce et de l'industrie de Darm-
ie stadt et de Berlin, la Banque internationale de
le Berlin, la Banque de Paris et des Pays-Bas et
te un syndicat de banques suisses, d'autre part,
ont signé, hier soir, sous réserve du referen-
^ dum et de la ratification du Conseil fédéral,
^ cJes conventions ayant trait à l'achat d'actions
de priorité du Jura-Simplon et la création
a d'une rente 3 0/0 des chemins de fer. »
is Cette note confirme les* renseignements qua
e nous avons publiés antérieurement. Nous pou-
e vons ajouter que l'émission de cette rente
__ suisse aura lieu au mois de septembre.
- On annonce de Berlin que la Banque do
s Darmstadt, la Banque Internationale et la Ban-
que Cantonale de Vaux viennent de céder
e au gouvernement fédéral les 25,200 actions de
; ' priorités du Jura-Simplon qu'elles avaient ea
a portefeuille au prix de- 600 fr.
i -**¥ La Mexican Roilivay- Co. — Les recettes
3 de la 3tlo semaine se sont élevées à 16,800 1. st.
contre 16,700 1. st. en 1889, et depuis le 1er jan-
vier 1890 à 530,800 1. st. contre 55/i, 100 pendant
la période correspondante de 1889.
Banques associées de New- York. — la si-
tuation arrêtée au 23 août montre : en dtmt-
- nution le portefeuille de h,500,000 dollars,
i l'encaisse de 2,200,000 dollars, les dépôts de
; 9,900,000 dollars, la réserve des billets de
2,100,000 dollars ; en augmentation : la circu-
lation de 100,000 dollars.
Les douanes suisses. — Les recettes de
ce chef sont de 3,700,000 fr. pour la période do
1er janvier au le, août 1890.
-*'** Douanes de New- York. — Les exporta
tions se sont élevées à A,602,55h dollars.
*** Finances de l'Uruguay. — L'agio 3tir I
l'or est à 32 à Montévidéo.
Le marché des grains à Vienne, •— La
première réunion du marché international a eu
lieu, hier, à la nouvelle Bourse des cé.¡
réaies.
Voici les transactions qui ont été échangées :
en froment, 130,000. quintaux métriques, la
majeure partie pour les besoins de la consom-
mation intérieure; seigle, 35,000; orge, 250,000,
la plus grande quantité pour l'exportation,
avoine, 250,000; maïs, 30,000.
Les récoltes en Egypte. —' La crue du
Nil s'est opérée dans d'excellentes conditions.
La moisson est en pleine activité dans la
Haute-Egypte et. les réco'ltes du coton et do'
! céréales promettent d'être bonnes.
Bourse de Buenos-Ayres. —- Prime 919
l'or, 1A5 0/0 contre 156 0/0.
Cours des fontes à Glasgow. — üu,er,
ture 50/1 contre h9/7.
*** Cours des cuivres à Londres. — Ouvc}',
ture : comptant, 60 1/3 contre 59 7/8; à ternit
..... con trè- '......
(38) FEUILLETON DE LA LIBERTÉ
DU 28 AOUT 1890
LES DERNIÈRES ANNÉES
DE LA
DUCHESSE DE BERRY
PAR
IMBERT DE SAINT-AMAND
XXI
Le mariage du comte de Chambord
(Suite)
Mmo la comtesse de Chambord avait pour
son mari une tendresse mêlée de vénération.
C était son idéal : « Pour Henri de France, a
écrit le prince de Valori, les Bourbons exi-
lés cherchaient avant tout une chrétienne;
ils trouvèrent une sainte. Lorsque l'on pro-
nonça le nom de Henri devant Marie-Thé-
rèse d'Autriche-d'Este, son cœur battit à tout
rompre. Les hautes adversités l'attiraient.
Elle ne vit pas en lui l'héritier de cette cou-
ronne qui est, disait Grégoire de Tours, dès
le sixième siècle, autant au-dessus des autres
couronnes du monde que. la dignité royale
surpasse les fortunes particulières. Elle vit
bien en lui le blond paladin que toutes les
femmes admiraient, mais surtout le char-
trier de ses malheurs. Elle en fit le décompte
ocv&nt sa foi, son amour et son courage. La
d« SansoB. lé nbiGnàrd de Louvet la
captivité de la mère, l'exil du fils ne la firent
pas reculer. Ce n'était plus de l'amour, c'é-
tait de la dévotion. »
M. de Chateaubriand adressa les lignes
suivantes à la princesse : « Madame, une
lettre de M. le comte de Chambord m'avait
annoncé tout son bonheur. Je me retire or-
dinairement devant les prospérités; elles
sont hors de ma compétence. Je ne puis ce-
pendant me taire cette fois. Recevez, je vous
.prie, Madame, les vœux d'un homme qui
n a pas cessé un moment d'espérer ce qu'il
voit aujourd'hui s'accomplir. Il ne peut s'em-
pêcher de pousser un cri de joie qu'il vous
remercie d'avoir arraché de son sein. »
La comtesse de Chambord répondit à l'il-
lustre écrivain : u Monsieur le vicomte de
Chateaubriand, devenue Française de cœur
et de sentiment, je suis heureuse et fière que
mon mariage ait été pour ma nouvelle patrie
une occasion d'entendre votre voix, une des
gloires de la France, lui parler encore d'es-
pérance et de joie. Oui, prions avec ferveur
pour la prospérité de notre chère patrie, et
Dieu fera luire enfin un jour où la France
ne voudra pas retenir loin d'elle ses enfants
les plus dévoués. »
Dans les derniers jours du mois de novem-
bre, la duchesse de Berry quitta Frohsdorf
pour retourner en Basse-Styrie, dans sa terre
(lè uttinsee. Son fils et sa belle-fille la recon-
duisirent à l'embarcadère de Neustadt. Au
moment de partir, elle embrassa tendrement
la comtesse de Chambord, et, lui montrant
le prince : « Je vous le recommande, dit-elle,
il a tant besoin de bonheur intérieur, dans
la triste vie que le sort lui fait mener jus-
qu a présent., »„JLa comtesse de Chambord
était la consolatrice de f'ëxil.
XXII
Venise
Le temps qui s'écoula entre le mariage de j
Mademoiselle, en 18A5, et la mort de la du-
chesse d'Angoulême, en 1851, fut une pé-
riode d'accalmie dans l'existence troublée de
la famille royale. Après tant de catastrophes,
la fille de Louis XVI eut la consolation de
voir bien mariés un neveu et une nièce
qu'elle aimait comme la mère la plus tendre
aime ses enfants. Comblée d'attentions et
d'hommages par le comte et la comtesse de
Chambord, elle passa tranquillement auprès
d'eux ses dernières années, les hivers à Ve-
nise, les étés à Frohsdorf. Quant à la du-
chesse de Berry, aucun obstacle ne l'empê-
chait de se rapprocher de son fils. Les
méfiances qui existaient encore contre elle
du vivant de Charles X et du duc d'Angou-
lême étaient complètement dissipées. La
princesse, après une carrière si agitée, ne
prenait plus une part militante à la politi-
que, et laissait sans contestation son fils
diriger le parti légitimiste. Elle avait acheté
à Venise le palais Vendramini, où elle pas-
sait l'hiver et où elle voyait sans cesse le 1
comte de Chambord qui occupait, tout près 1
d'elle, le palais Cavalli. Pendant la belle 1
saison, elle séjournait à Brunsee, mais les '<
allées et venues entre Brunsee et Frohsdorf ]
étaient assez fréquentes.' Jamais, depuis 1832, ]
la duchesse de Berry n'avait autant joui de 1
la société de son fils, et jamais un plus grand î
accord n'avait régné entre tous les membres <
de la famille royale. <
Les exilés- se plaisaient particulièrement à, ]
Venise. Ainsi que l'a dit M. Alfred Nette-
ment., « cette poétique cité., par le contraste .
m
de son passé tout retentissant de bruit et de
gloire, et par son présent humble et silen-
cieux, avait de secrètes harmonies avec les
destinées de ses augustes hôtes. » Le palais
Vendramini et le palais Cavalli sont situés
tout près l'un de l'autre sur la rive droite
du Grand-Canal, cette vaste artère, longue de
plus de trois kilomètres, qui traverse la ville
du sud-est au nord et la divise en deux par-
ties inégales. Des milliers de barques et de
gondoles sillonnent sans cesse le Grand-Canal
et les petits canaux qui viennent y débou-
cher. C'est la rue des Nobili, la rue de la
vieille noblesse vénitienne. Ses rives sont
bordées de belles maisons et de magnifiques
palais. Un des plus pittoresques est le palais
Cavalli, loué, puis acheté par le comte de
Chambord. Avant d'arriver au Rialto, à peu
près au milieu du Grand-Canal, on le voit
apparaître, dans sa majestueuse élégance,
avec son architecture composée qui tient de
l'art gothique et du style arabe. La comtesse
de Chambord avait transformé la galerie du
balcon en un jardin d'hiver, où elle cultivait
les magnolias et les lauriers roses.
Le palais Vendramini, propriété de la du-
chesse de Berry, laissé par elle à son fils, le
duc della Grazia, qui l'occupe actuellement,
est plus remarquable encore que le palais
Cavalli. Construit en 1A81 par Pierre Lom-
bard, il appartient à la première période de
la Renaissance. Sa belle façade à deux éta-
ges, avec dix grandes fenêtres chacune, a :
beaucoup de régularité. Il est très richement i
décoré, surtout dans la pièce tendue de cuir,
)riiée d'une frise de Palma-le-Jeune qui' re- ]
présente le triomphe de César. JU - <
Nous avons eu souvent l'occasion de eau- <
;er avec plusieurs personnes qui furent re- 1
çues au palais Vendramini par MIne la du-
chesse de Berry, avec sa dame du palais, la
comtesse du Quesnay, morte en 1888, avec
Mmo Alexandre Dumas, avec le comte Fer-
dinand de La Roche, avec le général comte
de Trobriand, ce Français si aimable et si
chevaleresque, qui manie également bien la
plume et l'épée, et qui, aux Etats-Unis, pen-
dant la guerre de sécession, commanda d'une
maniére si brillante une division de l'armée
du Nord.
Le comte de Trobriand a fixé les souvenirs
de ses séjours à Venise en 18.45, 18A6, 18U7,
dans une note qu'il a bien voulu rédiger
pour nous et dont nous allons extraire plu-
sieurs passages : « La duchesse de Berry,
est-il dit dans cette note, habitait le palais
Vendramini, au-dessus du Rialto. Sur la
façade du palais est gravée l'inscription :
Non nobis, Domine, non nobis. On préten-
dait qu'un Vendramini avait ainsi décliné
devant le Seigneur, pour lui et pour les
siens, la responsabilité de ce qui s'y était
passé avant lui.
" Le point saillant du caractère de Ma-
dame, à cette époque, était une égalité
d'humeur inaltérable, une bienveillance con-
stante pour tous. La princesse , semblait
posséder à un haut degré la philosophie
pratique de la vie. Après le grand rôle qui
avait mis son nom dans toutes les - bouches
et attiré sur elle tous les regards, elle s'était
retirée des agitations du monde avec une
tranquille sérénité, se disant à elle-même :
« J'ai fait tout ce que j'arxlû, tout ce que j'ai
pu ; j'ai échoué, la faute n'en est pas à moi.
Que la volonté de Dieu soit faite ! » Quoi
:¡u'il lui arrivât de pénible, ou de doulou- •
reux, quelque anxiété qu'elle pût ressentir,
dans son cœur, jamais, à ma connaissance, ■
elle n'en a fait sentir le contrecoup à per- ■
sonne de son entourage, tant il y avait de I
bienveillance au fond de sa nature. » I
A travers les événements et les épreuves, B
Madame avait gardé du goût pour les plai": f
sirs mondains. Elle recevait princièrement i
au palais Vendramini. Dans ses salons se
pressaient, avec les survivants de l'aristo- ;
cratie de Venise, les hautes autorités autri- f
chiennes, l'archiduc Rénier, vice-roi, la
vice-reine princesse de Carignan, l'archiduc
Frédéric, commandant la marine, le comte |
Palfy, gouverneur, le comte Zichy, com- f
! mandant militaire, le comte de Thurn, etc.
La princesse donnait chaque semaine un
dîner magnifique. A une comédie de société
qu'elle organisa en 18A7, il y avait, parmi
les spectateurs, vingt-sept personnes appar-
tenant à des familles impériales ou royales.
Elle avait fait construire au palais Vendra-
mini un théâtre qui occupait tout le second
étage. Rien n'y manquait : une scène régu-
lière avec rampe à gaz, rideau, coulisses,
décors divers, oeuvres des peintres décora-
teurs de la Fenice. La salle pouvait contenir
trois cents personnes assises. Le premier
rang était en fauteuils réservés aux altesses
royales et impériales. Le comte de ChaIIl"
bord suivait avec beaucoup d'intérêt les re-
présentations. Elles avaient lieu, pendant la
saison du carnaval, tous les quinze jours, la
lundi. On ne jouait jamais plus de trois acte*-'
: ^ 0 isuîi/rGÏl
1: ■
des Coulisses du boulangisme. Mieux que
cela, deux d'entre eux, et ce ne furent pas
les moins intimes dans l'amitié de l'ex-gé-
ral, déclarent cette histoire contemporaine
apocryphe et promettent pour demain matin
les « véritables » Coulisses dù boülaii,(,,,isnie.
Ce sont MM- Edouard Ducret, directeur
du Petit National, et André Castelin, dé-
puté, rédacteur en chef de la Co-carde.
Voyez comme l'histoire est difficile à
écrire, et comme il faut se garder de croire,
sans contrôle, qu'Henri IV a été assassiné
par Ravaillac, ou que Louis XIII n'est pas le
fils de Louis XII ! Voici des faits qui se sont
passés l'an dernier, et sur lequels chaque té-
moin oculaire à une opinion différente.
Attendons à demain les curieuses révé-
lations ! - .
■*** :
Depuis deux jours, quoique nous ne soyons
pas encore dans les mois en r, les huîtres
ont fait leur apparition sur le marché pari-
sien. Elles ont repris, à la devanture des
boutiques des marchands de vin, leur place
accoutumée. -<
Dans les rues, des marchands ambulants
en débitent à dix sous la douzaine.
, Ces huîtres sont celles dites portugaises;
elles précèdent de quelques jours les huîtres
grasses d'Ostende, de Maronnes, d'Arca-
chon, etc., véritable régal des gourmets.
On sait qu'un décret, en date du 30 mai '
1889, interdit le commerce clandestin des
huîtres de moins de cinq centimètres. Mal-
gré cette interdiction, ce commerce existe,;
sur une vaste échelle, et a provoqué les ]
plaintes des ostréiculteurs..
Pour réprimer utilement cette fraude, le *
ministre de la marine s'est mis d'accord avec (
ses collègues de la guerre et des finances, afin (
que les militaires de la gendarmerie et les s
agents des douanes puissent dorénavant (
constater les infractions au décret précité.
En outre, il a fait approuver par le prési- t
dent de la République une disposition aux c
termes de laquelle les contraventions entraî- 1
neront non seulement la saisie des huîtres,
mais aussi leur confiscation. £
- ' *** ■■■■- F
M. Zadoc-Kahn, grand-rabbin de France, il
doit se tendre le 10 septembre prochain à t:
Nancy, pour y procéder à l'installation so-
lennelle de M. Bloch, grand-rabbin d'Alger,
nommé grand-rabbin de Nancy. p
. ***
Tandis que certains propriétaires—comme c<
celui dont nous contions l'autre jour les u
munificences — luttent avec acharnement a,
pour la repopulation de la France, d'autres
mettent, paraît-il, des impedimenta au fonc-
tionnement régulier de la famille, et congé-
dient sans vergogne ceux de leurs locataires
dont les familles augmentent dans des pro- qS
portions trop considérables.
Témoin M. J. R..., champignoniste (sic), de
route de Sannois à Argenteuil, qui vient et
d'expulser de sa maison un père de quatre d'I
enfants, à qui il a remis, en le congédiant, pc
l'extraordinaire certificat que nous copions gii
sans y changer un mot : 0 .
« Je certifie'que M. J... a eu congé par tClqt.;
moi à cause des enfants, mais non pour
paiement (resic). »
Allez donc travailler pour la patrie avec roi
de tels propriétaires qui, dans une maison fai
ou il y a quarante-deux ménages, donnent cie
congé a un père de famille, parce qu'il a eu du
un quatrième enfant 1
HORS PARIS
nous télégraphie des Petites-Dalles
que, à la suite d'une discussion au bal du
Casino, un duel au pistolet a eu lieu, hier,
dans le bois de Sassetot, entre deux bai-
gneurs, MM. L... et S...
Quatre balles ont été échangées sans ré-
sultat.
* * I
M. Canovas a retardé son départ de San-
Sëhastien pour Madrid.
La municipalité de Bilbao prépare une
brillante réception à la régente.
On sait que la cour se rendra à Bilbao par
terre, a cause du mauvais état de la mer.
***
La reine Victoria a envoyé un superbe
berceau à 'Son arrière-petit-fils, l'enfant du
duc et de la duchesse de Sparte.
Le duc et la duchesse de Sparte se ren-
dront en Angleterre le mois prochain et
rendront visite à la reine à Balmoral.
De là, ils se rendront en Danemark et à
Berlin pour assister au mariage de la prin-
cesse Victoria de Prusse avec le prince Adol-
phe de Schaumbourg-Lippe.
M. Gladstone ira a Dundee, le 29 octobre,
pour y ouvrir l'Exposition des beaux-arts.
Sa visite n'aura aucun caractère politique.
Sir Edouard Malet, l'ambassadeur d'An-
gleterre à Berlin, est sur le point de partir '
pour l'Angleterre en congé prolongé. '
*** I
La reine de Roumanie s'est embarquée à 1
Flushing pour Queenborough, sur le vapeur
Princesse—Marie. Elle se rend à Londres.
* *
Le duc et la duchesse de Mecklembourg, c
qui sont arrivés hier à Lisbonne par le Con- g
WWWM——A—WIIIIMIHPIWI MMWMTAÀKÛMËUMATAA
ition qutror, sont allés aujourd'hui à Cintra, dé-
: que jeuner chez le ministre d'Allemagne..: j
tpas '-**
-ge- .
aîné Le roi d'Italie à _visité hier matin les
latin champs de bataille de Solférino et de San-
;me! Mantino.
teur Les attachés militaires, présents aux gran-
dé- des manœuvres, ont visité à une heure de
l'après-midi l'ossuaire de Solférino.
e à • —
)ire, On vient de découvrir en Italie des docu-
siné ments d'après lesquels un des doges de Gê-
s le nés aurait enfoui sous les remparts de Saint-
;ont Michel, à un endroit clairement désigné : son
s té- épée ducale, enrichie de pierres précieuses,
et des coffres pleins d'or monnayé, représen-
té- tant une valeur de 75 millions.
Les héritiers du doge ont demandé et ob-
tenu l'autorisation de faire des recherches.
Seulement, ils ont été avertis que le minis- ,
ons ^ère des beaux-arts réclamait à l'avance tous
très les objets qui pourraient être classés dans
iri-
des son département; que le ministère-de la 1
ace guerre entendait entrer en possession de 1
toutes les armes trouvées ; enfin quelemi- i
ntg nistère des finances prélèverait 80 pour 100 {
sur l'or et l'argent déterrés. : - •
es * Malgré ces réserves, les héritiers vont, f
res dit-on, faire commencer les fouilles. (
za-
■ D'autre part, on télégraphie de Rome, au
:lai Journal des Débats ; c
les ee est assez inquiet de la situation du s
al- Ravennais ; la misère y est assez grande, et (
ste il y. règne, dit-on, un grand mécontente- l
les ment. - L
,i On craint qu'il ne s'y produise, à brève "
le échéance, des émeutes semblables à celles
ec qui ont à,-,ite l'an dernier, certains districts n
fin de la Haute-Italie, où les ouvriers agricoles ^
les se sont mis en grève et livrés à.. toutes-sortes "J'
,nt d'excès. • li
» Le Ravejinais est, de plus, sérieusement
;i- travaillé par le socialisme, qui y fait de jour t,
lx en jour des progrès sensibles, ce qui rend le
Lî- mécontentement plus dangereux encore. » ]s
!S> ..... Il nous semble que l'unité italienne J,1
étant faite depuis Victor-Emmanuel,, on •
pourrait distribuer aux malheureux Raven- pl
nais un peu de l'or que promettent les héri- P.
à tiers du défunt doge de Gênes !
*** ; ™
r, Un détail assez curieux sur la maison de
l'empereur de Russie :
Le tsar a, parait-il, une garde du corps
le composée de sujets corses, dont quelques-
.g uns sont employés à la cuisine et dont les co
autres veillent directement sur sa personne. se
ÎS C'est M. Piétri, neveu de l'ancien préfet de
Napoléon III, qui a organisé ce service. po
*** ?'éro,
lS Un gros scandale vient d'éclater à Stutt- lei
- gard..
Un grand nombre d'officiers du régiment On
de uhlans qui porte le nom du roi Charles- sei
j 4 et qui est en garnison à Stuttgart, viennent Fr,
e d'être cités devant un tribunal d'honneur
> pour répondre de " faits qui jettent un jour éle
5 singulier sur les mœurs de ces officiers, et et .
qui se sont passés au casino qu'ils fréquen-
tent. ' . '
On attend avec inquiétude les développe-
ments que va prendre cette cause célébré, le tin
' roi ayant refusé d'intervenir dans cette af- I]
1 faire pour l'étouffer. La plupart de ces offi- l'in
. ciers appartiennent à la haute aristocratie des
du pays. Il
tes,
"*■ *** -JT Jj
Un concurrent de Dalton: des
Le nageur suédois Gustave Àlcej a fêté di- S.
manche le trajet de Planier au Roucas- von
Blanc, c'est-à-dire vingt-quatre kilomètres à Il
la nage. Parti du phare du Planier à dix ave<
heures du matin, il a abordé aux bains du to^
Roucas-Blanc à sept heures trente du soir. tatd
Pendant les neuf heures vingt minutes mes
qu'il est resté dans l'eau, il a absorbé un peu Je
de viande, quelques fruits , douze œufs 0
presque crus et bu un litre de vin, plus deux
bouteilles de cognac.. JJ
Lorsqu'il fut habillé, il se plaignit de dou- yeu
leurs à la tête et au ventre. jusi
On en aurait à moins ! l'a j
* * * les i
Un de nos confrères de province annonce Le au r
qu'on vient de trouver dans un bois le ca- n
! davre d'un campagnard pendu par une *
corde a \ un arbre. de*]
« Tout fait supposer, termine notre con- un i
frère, que la mort est due à la strangula- Con:
tion. »
Nous nous en étions bien un peu doutés! de 1'
Stany.
LES JOURNAUX DU MATIN
Le Figaro continue la publication des
Coulisses du boulangisme. En ceci, comme
en beaucoup d'autres primeurs, les journaux:
doivent quelque remerciement à leur con-
frère. Ces racontàrs de coulisses sont une
manne pour les chroniqueurs politiques et
autres que le vide des vacances laisserait en
détresse. Tous commentent donc ces révéla-
tions, les uns pour s'indigner, les autres pour j
sourire, d'autres encore, comme nous-mêmes
hier, pour s'indigner et railler à la fois.
L'Estafette, dont le directeur, M. Jules
Ferry, fut un des amis anciens "-de M. Na-
quet, est sévère :
Qui doue prétendait que Pascal avait eu rai-
son des subtilités de la casuistique, et couché
sur le sol les docteurs de la Compagnie de Jé-
dé-j sus ?;-On nous a mal instruits sur ce point.
j Nous avons un casuiste émérite qui se révdë"
j tout à coup l'égal du divin Sanchez. Notre der-
nier Jésuite, c est incontestablement le grand
les baquet, le. sublime Naquet, Naquet aussi per-
an- fifle qu'Ulysse, Naquet fécond en stratagèmes,
gloses et subterfuges.
Ainsi, ln' chose est simple, M. Naquet, vieux
a républicain, plus républicain maintenant que
«e[jamais, j avait un but : sauver 'là République ;
un moyen : renverser -la république ; des al-
liés: les monarchistes et les impérialistes; des
ennemis qu'il voulait écraser : les monarchis-
tes et les impérialistes déjà nommés, ses alliés
je_ les plus chers.
nt- On aimerait à savmrqmrquelles'subtiles vi-
son cissitudes, par quelles amertumes solitaires,
;.es, par quelles déceptions, par quelles envies inas-
en- souvies, par quels sophismes, un républicain,
un savant, d'un esprit ferme jadis et clair-
v0^nt> a pu arriver, de chute en chute, à ce
)b- paradoxe inouï, à cette monstrueuse aberra-
. ' tion de conscience et de pensée, dont M. Na-
IS- quet nous étale d'un ton badin la plaie hi-
>us deuse.
iris On se demande si ce " républicarn q-ui pré-
la tendait rouvrir l'ère héroïque -de la démocratie,
de n est point frappé de démence subitement, au-
tant par ses copseils 1 ihèrticides à M. Boulan-
00 gel', que pour l'explication vraiment humi-
liante de ses conseils et de ses actes. On dit
que M. Naquet va faire fortune, et il nous in-
-1 > forme qu il renonce aux luttes de la politique.
C'est ce qu'il a de mieux à faire.
au M. Camille Pelletan, un autre ami
d'hier, se montre plus cruel encore-. Fier de
lu sa belle prestance personnelle, le rédacteur
et en chef de la Justice ne se Contente pas' de 1
e- blâmer la conduite de M. 'Naqucti il pousse
le bon goût jusqu'à lui reprocher d'être un j
re " républicain biscornu ».
es II est victime d'une" infirmité naturelle. La ]
ts nature lui a l'musé toute pudeur, et lui a ]
"8 donné un- zigzag pour conscierice. Ce qu'elle
es ^u.i a prodigué en échange remplace mal ce qui (
lui manque. - . 1
Après ces :attiqires épigrammes, M. NI 1 e- 1
Ir tan continue : ■ é
I e II était ; aisé de Te prévoir. Lorsqu'au jour de c
la débandade, les gens de la Boulange en vien-
draient à découvrir le pot aux roses, on en
te flairerait de belles! Le lecteur sait ce qui ar-
n rive quand on se met à jaser en pareille com- P
~ pagnie. Mais qui aurait prévu un tel cynisme ?
Pauvre Naquet ! Martyr de son inconscience ! q
Il aurait été chargé de requérir contre lui-
même, qu'il n'aurait pu mieux faire, Et le pro- §
ces de la Haute-Cour était bien pauvre, a côté
e du procès qu'ils se font à eux-mêmes. q
s Et pour conclure : U
Naquet, l'athée farouche que nous avons
s connu ! Naquet ' faisant amende honorable de
ses cc persécutions contre l'E-lise ! 'J Naquet, 9
candidat officiel du chapitre de Notre-Dame ! a
" Quoi! Naquet n'aurait pas su qu'il travaillait
pour les royalistes! ou, au moins, que les
royalistes payaient son entreprise, parce qu'on Pc
s'était engagé, par promesse formelle, à travail- di
. 1er pour eux! Fi ! A qui le fera-t-on croire?
Et voilà ce républicain! Voilà ce patriote ! va
^ - Ou plutôt, voilà cette bande, arrivée à mépri- Ju
i- ser celui qu'elle voulait charger de tuer la ai
; France.
La Lanterne le prend sui, un ton plus pr
élevé et résume la moralité de M. Boulanger on
et de ses complices : du
Ainsi, d après les déclarations mêmes des
complices, le boulangisme vivait d'une escro-
querie, d'un certain nombre de trahisons et P°
tendait à un coup d'Etat. 1
Il escroquait, par des promesses qu'il avait
1 intention formelle de ne pas tenir, l'argent
des royalistes. cia
Il mentait aux républicains, aux monarchis- toi
tes, à tout le monde. 1
Il n'avait ni doctrines, ni principes ; rien que ^r(
des appétits. ' éta
Ses adeptes n'avaient même pas souci de sa-
voir d'où venait l'argent.
Ils s alliaient sciemment avec tous les partis, de
avec le dessein bien arrêté de les éconduire le '
tous.
Escroquer!e,-escàmotage, coup de force, die- et ]
tature, voilà, d'après les boulangistes eux-mê- mé
mes, le résumé de leur aventure. Pol
Joli parti, joli monde! ^
On demande un tombereau et quelques pou- T
belles pour ramasser tout cela.
ces
Il nous a paru piquant de mettre sous les gin
yeux de nos lecteurs les jugements de la
Justice et de la Lantei-ne, qui furent, on ne
l'a pas oublié, les inventeurs du général et l
les plus ardents promoteurs de son, élévation
au ministère et de sa bruyante popularité.
Le meâ culpâ est aujourd'hui complet.
*** Pendant qu'ici nous nous occupons ra{?
de M. Boulanger, M. Henri Rochefort, par ysjg
un juste retour, s'occupe, à Londres, de M. p, e
Constans et de son discours de dimanche. Il A
prévoit sa prochaine transformation en Père l'Kir
de l'Eglise : ■ note
L , ex-proconsul indo-chinois fait mieux que Azi,
de ne pas persécuter la religion : il la protège L:
^ il l'impose. Il a émigré au Sénat, par crainte rev
du sunrage universel, et il passe au clérica- -nrôr^
hsme, de peur de se voir un beau jour repoussé mer]
par les républicains.
Sa fausse bonhomie comme sa prétendue in- 1
souciance dissimulent imparfaitement une que
[-ouerie toujours en éveil. Quand la République plac
l'aura définitivement rejeté de son sein, il se ci
réfugiera dans un autre : le sein de l'Eglise. miel
Le ministre de l'intérieur n'en est pas en- les )
,ore là. N'a-t-il pas présentement, pour le mor4
'etenir, le sein des commissions et surtout d'Et
:elui de la commission du budget, sans comp- mais
er le sein du conseil ? vent
4L r> n ' un ti
-*-+ 1 our firiir, empruntons au chapitre tabli
les Coulisses du boulangisme qui paraît nistr
e matin, le récit de la visite faite par M. Mais
boulanger au prince Napoléon : gran,
Au mois de janvier 1887, le 1er janvier au incal
oir, il partit pour la Suisse avec M. Thiébaud. que
nt. La police le fila et perdit sa trace a Lyon. Le
élë 2, le général arriva à Frangins. Il portait le
er- nom du commandant Solar. *Mais, par une im-
113d prudence téméraire où on le reconnaît bien, il
er- tenait a la main une canne sur Je pommeau
es, laquelle était gravé ce nom : « général Bou-:
langer ». ' " .
ÎUX Quand il arriva àPfangins et qu'il dit au j
[ue domestique qui le reçut : « Annoncez le com-
te ; mandant SoTaî" ! » celui-ci le débarrassa: de -sa
al- canne et de son pardessus.
les Sur la canpe, il lut le vrai nom du prétendu
is- Solar. Cet homme est un vieux serviteur du'
iés prince Napoléon, très dévoué. Il voulut sous-
traire à la curiosité de la livrée cette preuve de
vi- l'identité du visiteur.
BS, II alla déposer la canne révélatrice dans sa
is- chambre et ne la rapporta que le soir, au mo-
in, ment où le général se retira. "
r- Le prince Napoléon fut très surpris de cette
ce visite.. Il confia plus tard à ses amis qu'il avait
•a- cru tout d'abord voir un faux Boulanger,
a- M. Thiéhaud, dont il avait approuvé les pro-
i- jets plébiscitaires, Iui= avait bien parlé d'une
entrevue avec le commandant du 13° corps.
é- Mais le prince n'avait, pas prêté grande attéU-
le, tion à ce propos. Il se serait contenté d'une
1- lettre ou même .d'un message verbal du gé-
n- néral.
i- Quand on rentra, le- prince. Napoléon se dé-
it clarait enchanté. Il avait trouvé dans Boulan-
3- ger un homme jeune, à l'esprit, alerte, très, pa-
B. triote. Il pouvait remplir le rôle que M. Thié-
baud avait conçu pour luiT'On dîna. Le prince
parla des conséquences qu'aurait l'événement
il plébiscitaire.
le . — Vous alliez, général, entrer dans la poli-
ii* tique. C'est un vilain et rude métier. Avez-vous
le de la fortune?
—Rien du tout !
' : .— Fh bien !*si vous. échouez, vous ne serez J
,n jornais- ici un étranger. 1
Ce fut tout sur la question d'argent. Le gé- '
,a néral et M. Ihiébaud n'en demandèrent pas. Le 1
a prince n'en donna ni n'en offrit. «
te On se leva de table'et les convives passèrent ^
ii dans .un salon où se trouve, dans une vitrine, f
le reliquaire de la famille Bonaparte.
Le prince signala quelques pièces à son hôte, (
5- puis, désignant un sabre égyptien sur lequel f
était gravée cette inscription : M Sabre du 1er ^
e consul à Marengo ,, il dit : » A
— Voilà, n'est-ce pas, un précieux souvenir? (
3 Le général montra un grand étonnement. e
— Vous êtes bien sur que c'est -le sabre du
_ premier consul ? c
? —Croyez-vous, répliqua en riant le prince, r
que j'ai ici du bri c-à-br *ac ? î.
, oui, c'est un beau souvenir, reprit le
T général sur un ton d'admiration et de respect.
i Certes, en ce moment, c'était le soldat seul
qui vivait en lui, le soldat patriote brave et t<
amoureux de gloire. ç
Alors le prince Napoléon, lui - sur t<
i l'épaule :
^
Oui, général, le sabre du premier consul... i,
, Quand vous aurez rendu l'Alsace et la Lorraine
! a la France, je vous l'offrirai...
Mais l'heure de partir approchait. s<
; Le géîiéral_ chercha sa canne, on la lui ap- q
porta. Il fallait prendre, congé. Le peintre lui SJ
■ dit •' p
— Vous n'avez pas craint de venir ici. Je n
vais vous accompagner à mon tour en France, fc
jusqu'à Culoz. Une prudence en vaut une q
autre.
Boulanger ne trouva rien "à objecter à ce ta
projet insensé.
Le prince pouvait être reconnu et arrêté. Si a
on les prenait, lui, général en activité, l'espoir l'i
du parti radical, lui, dont le plus solide appui n
était le fameux journalisme de' la Lanterne,
Rochefort, qui en exaspérant l'empire l'avait tr
poussé au bord du précipice, il serait perdu.
On ne manquerait pas de dire — ce qui était
faux — qu'il venait en France avec le prince
Napoléon pour faire en sa faveur un proiiun—
ciamento. Mais la confiance lui permettait su
toutes les témérités. - re
Le voyage à_ Culoz s'accomplit sans encom- tic
bre. Le 3 janvier le commandant du 13e corps go
| était a son quartier général.
Et les amis du général et lui-même affir-
mèrent jadis que le réquisitoire du procès br,
devant la Haute Cour était faux ! Le complot,
le voilà, et avoué et établi sur témoignages a.V:
et preuves : un commandant de corps d'ar-
mée, désertant son poste, passant à l'étranger
pour aller traiter d'un changement de gou-
vernement avec un prétendant exilé ! P01
La .vérité est plus accablante encore pour cOl
ces gens que la France honnête ne l'ima- /
ginait..
tio.
LETTRE DE TURQUIE
Constantinople, 90 août.
A propos d'une brochure qui vient de pa-
raître en anglais et en Angleterre, l'amiral
Woods-pacha publie dans la Diplomatie
Review, un intéressant article qui contient
du curieux détails sur certaines pages de
l'histoire de la Turquie contemporaine et
notamment sur la fin tragique d'Abdul-
Aziz.
L'auteur de la brochure en question, un
Levantin dont le passé est assez équivoque,
préconisait les bienfaits 'du régime parle-
mentaire et exaltait, a ce propos, le souvenir
de Midhat-pacha et de Ali Suavi ; voici ce
que répond l'amiral Woods qui est bien
placé pour savoir toute la vérité à ce sujet :
« Moins on parle de Midhat-pacha et
mieux cela vaut pour sa mémoire Il a expié
les visées ambitieuses dont il ne voulait dé-
mordre, pas même après l'échec de son coup
d'Etat. lUidhat-pacha a posé comme patriote,
mais ceux qui ont été dans les coulisses sa-
vent fort bien que le coup d'Etat qui a mis
un terme au règne d'Abd ul-Aziz, visait l'é-
tablissement du régime d'un syndicat de mi-
nistres sous le nom d'un souverain fantoche.
Mais Mourad-effendi était une poupée trop
grande pour eux. On le trouva tellement
incapable d'exécuter les actes de souverain
que le syndicat se vit forcé de le faire dispa-
2 raître, de sorte que le sultan actuel arriva
^ au pouvoir. A ua moment donné Midhat
j avait la réputation d'un homme de grand ta-
> :lent; mais sa visite faite à Londres a dù por-
ter-préjordice à cette réputation et on devait
s apercevoir qu'il était simplement le porte-'
i parole d'autrui.
* Sa grande habileté consistait dans l'em-
' pressèment avec '.leq-uel il exécutait les idées
des cerveaux féconds.
J1. -" En dépit de tout respect pour sir Elliot,
' PAi ?6i croit ici à théorie du suicide,
d AbduI-Aziz et tous ceux qui sont lè
mieux placés pour juger la question, sont
convaincus que les personnes inculpées d'a-
voir assassiné ce malheureux souverain ont
été plus ou moins complices.
» Il est déplorable qu'un homme ayant
occupé une. position si élevée ait montré si
peu de discernement dans ce qu'il livrait à
la publicité et se soit emballé par ses préju-
J?fS- Pénétré de l'idée qu'une Constitution
était 1 unique panacée pour tout malheur na-
tional, il était dépité par l'échec de sa chère:
théorie et il publia des choses qu'il a certes
maintes fois regrettées. Désireux de-favori-
ser l agitation pour le home pale et de dis-
créditer le cabinet Salisbury, il attaqua le
sultan. Et cependant le sultan n'avait com-
mis qu une seule faute, celle d'avoir com-
pris que le-parlementarisme était impossible,
en Turquie et d'avoir mis un terme à la tra- '
vestie du parlementarisme qu'on jouait sur
les rives du Bosphore.
Le Dr Dickson s'est déclaré pour la théo-
îie du suicide, mais tous les médecins de 1
ConstantinOple se moquent de lui, car il n'a ^
vu le corps que bien longtemps après la '
mort; du reste les hommes -qui étaient alors \
au .pouvoir ont. trouvé moyen d'empêcher
toute sorte d'autopsie. Le syndicat révolu-
tionnaire était tout-puissant et l'enquête c
qu 'on faisait une farce. Tout le monde la 1
considérait comme telle, sauf peut-être sir 1
Henri Elliot. Des raisons d'Etat exigaient un i
verdict concluant au suicide et j'ose dire c
(pie, dans^ des circonstances analogues, on
en aUrait fait de même dans tout autre pays'.. 'c
» La brochure parle aussi de la mort d'Ali i
Suavi-effendi. , C'était un fou ambitieux 'et 1
fanatique qui,, pendant son long exil en :e
France, avait adopté les idées républicaines c
les plus exagérées. Un soir il se mit à la tête
d'un groupe nombreux d'individus armés et f
tenta de pénétrer dans le palais. Il fut tué. h
Ce sort eût été réservé à sa tentative"dans ^
tout autre pays. L'accusation qu'on lui aurait 3
tendu un piège- est trop absurde pour que je c
la réfute. h
» La brochure fourmille d'accusations qui 6.
sont autant de calomnies. C'est un mensonge d
que, en Turrluie, on exécute les hommes
sans jugement. C'est un mensonge qu'il y a,
parmi les Turcs, un mouvement révolution- h;,
naire. C'est un mensonge que les troupes ne v!
font pas d'exercices de tir. C'est un mensonge
que Mourad-effendi est en reconvalescence, m
» On nous propose le régime parlemen- B;
:aire. Mais voyez donc comment ce régime
i fonctionné en Egypte, et parlez-nous de
usage que les Crétois ont fait de leur home U1
"ule. or
» Si la Turquie s'est relevée au point d'ê- dErI l
re considérée comme une grande puissance de
nilitaire, dont l'amitié est recherchée par la d'
Russie et par l'Allemagne, nous en sommes
'edevable.s au sultan qui a eu le courage de ne
upprimer une institution qui menaçait de vo
endre impossible toute espèce d'administra- su
ion. Ce que nous savons de certaines caté- D
;ories des chrétiens d'Orient montre que les
nstitutions parlementaires ne seraient guère au
itiles à un empire tel que la Turquie. ; ■ pr
" Je mentionnerai enfin que l'auteur de la po
rochure a été secondé par un Levantin de-
îeu'rant à Paris, nommé Léon-effendi, qui >
vait demandé, au nom de l'auteur, six mille
vres turques (138,000 fr.) pour la non-pu- C T
lication de la brochure. La demande fut re-
oussée et cela explique la fureur de l'auteur
?ntre le gouvernement ottoman ». i
tut
On . remarquera la partie des déclara- nu
ons de l'amiral Woods, qui parle avec la l'e!
ncérité brutale d'un vieux marin et avec
ne compétence qu'on ne saurait mettre en ?'*■
?ute. latl
L'ÉLECTION DE COLMAR
Nous recevons la dépêche suivante :
Colmar, 23 août.
Election d'un membre du Parlement alle-
mand en remplacement de M. Grad, décédé.
On connaît les résultats de 58 communes.
M. Riihland a obtenu 6,716 voix, et M. Ailen-
bach, 2,572. II manque encore les résultats de
quatre communes, qui ne modifieront pas le
résultat total.
L'élection de M. Ruhland est définitivement
assurée.
Le succès que nous avions toujours pré-
sagé à M. Ruhland ne lui a pas manqué.
Nous sommes heureux de le constater ; c'est
à la fois une victoire contre le socialisme et
une manifestation éclatante du bon sens et
de l'esprit ferme et sérieux de l'Alsace. On
avait semblé craindre un moment, dans la
presse — mais nous n'avions jamais cru pro-
bable — que le député socialiste de Mul-
house trouvât un pendant à Colmar. Une
crainte plus grave aurait pu naître d'abs-
tentions inopportunes, produites par des dis-
sentiments religieux dans un pays où la foi
35t très vive et agit sur les mœurs elles-
mêmes.
Aucun de tous ces fâcheux pronostics ne
;'est réalisé. Ceux qui espéraient fermement
i dans l'Alsace avaient 'vaisoii. TaWÏT^Tr I
; socialisme agite et, demain peut-être, fi,1»
■ versera 1 AHemagno, les Alsaciens ont do"
■ comme successeur à un homme de caraco *
■ éprouvé, de science certaine, un dérw
rompu au maniement des affaires publient
soucieux de tous les graves intérêts de !'
province et capable de les soutenir devant 1
puissance étrangère ou il va les représenta
Ainsi que nous le disions hier, M. J:t;i, '
land a mis le titredVl&aciCTî siii.,ses affiches "
électorales. Ce seul mot veut dire bien S
choses, bonnes pour le pays qui vient de l'p
lire, et dont la portée dépassera l'Alsace
même. Sans doute le nouvel élu au Reichs
tag se répétera plus d'une fois le mot 9
Ta,cite : « Le Rhin sénarr» îf>«
de toute la Germanie. » ~
P. G.
ÉCHOS FINANCIERS
e/e' **# Situation de la. Belle Emmlipnnr Z r
•tes fin de juillet 1890. - Le journaloffieiel a h
lis- gouvernement van ts: ësypti0a publie les chiffres sul"
- le Lès titres en circulation au 31 décembre I881
Im- représentaient 103,7.36,6^0 liv. 'st. On a éiS
,m- depuis pour 36,366,lGO liv. st. L03 amorti?
bIe "S" -représentaient, à la fin de juin
ra- st., et la circulation était de 106
sur Tmlhàns D:W,06O hv. st. a cette même date. »
L'emprunt dtt Guatemala. ~ Le New,
eo- tortt Ilevald annonce que les négociations en,
de tamces avec le gouvernement du Guatemala
n'a pour 1 emprunt do 21 millions de francs, n'ont
la pas encore abouti, et il doute que Içs démar,
ors ° ,f' , u syndicat français puissent avoir un ré,
sultat positif. " --
1er
l ll- du;¿6 **7IE: aout. fionsJu Trésor des Etats-Unis
Het Q0w?se ? - Nous lisons cijus Llc/cmt.
siî V " Lun Si bonds,V Argent métal 118 '..au'-d:ébut,
ire onces.. en clôture. Affaircs totales, 610,00G
Oîî t. T JJ y -m
ira.. , * "f. Les recettes de la Caisse de la Dette
Ali' Ï9yptlenne' — Les recettes de la Caisse de la
J Dette pour le mois de juillet se sont élevées i
!oEpt- contre liv. égypt, 713,860
en :en lo89, et les dépenses à-liv. égypt. 808 30^
tes contre liv. égypt. 570,009 en 1889. - ' "
lté Pour les sept premiers mois, les recettes sont
et f/35,027 (liv. égypt. 57,090 en
. et les dépenses de liv. égypt. 5 L5] 871.
Si (Ev. égypt. 5,022,635 en 1889). '"k
lit - ^qn7C,nSSe, au 31 juillet s'élevait * liv. égypt.
o,238,7I0, dont liv. égypt. 2,518,715 dans les
je caisses de la Dette, hv. égyp, 656,863, dans ceb
• Sî ™inistr1e1 des, finances et liv. égyptiennes
ui 63,13,2 dans celles des différents établissenïeût«
ge de crédit. "
es ' , ■ '
a * L opération financière suisse. — Le dé..
Portement des finances de la Confédération
helvetique a fait hier la communication sui.
vante :
ïe « Les départements des finances et des clie-
e. mins de fer du Conseil fédéral, d'une part, '.t
L- Banque du commerce et de l'industrie de Darm-
ie stadt et de Berlin, la Banque internationale de
le Berlin, la Banque de Paris et des Pays-Bas et
te un syndicat de banques suisses, d'autre part,
ont signé, hier soir, sous réserve du referen-
^ dum et de la ratification du Conseil fédéral,
^ cJes conventions ayant trait à l'achat d'actions
de priorité du Jura-Simplon et la création
a d'une rente 3 0/0 des chemins de fer. »
is Cette note confirme les* renseignements qua
e nous avons publiés antérieurement. Nous pou-
e vons ajouter que l'émission de cette rente
__ suisse aura lieu au mois de septembre.
- On annonce de Berlin que la Banque do
s Darmstadt, la Banque Internationale et la Ban-
que Cantonale de Vaux viennent de céder
e au gouvernement fédéral les 25,200 actions de
; ' priorités du Jura-Simplon qu'elles avaient ea
a portefeuille au prix de- 600 fr.
i -**¥ La Mexican Roilivay- Co. — Les recettes
3 de la 3tlo semaine se sont élevées à 16,800 1. st.
contre 16,700 1. st. en 1889, et depuis le 1er jan-
vier 1890 à 530,800 1. st. contre 55/i, 100 pendant
la période correspondante de 1889.
Banques associées de New- York. — la si-
tuation arrêtée au 23 août montre : en dtmt-
- nution le portefeuille de h,500,000 dollars,
i l'encaisse de 2,200,000 dollars, les dépôts de
; 9,900,000 dollars, la réserve des billets de
2,100,000 dollars ; en augmentation : la circu-
lation de 100,000 dollars.
Les douanes suisses. — Les recettes de
ce chef sont de 3,700,000 fr. pour la période do
1er janvier au le, août 1890.
-*'** Douanes de New- York. — Les exporta
tions se sont élevées à A,602,55h dollars.
*** Finances de l'Uruguay. — L'agio 3tir I
l'or est à 32 à Montévidéo.
Le marché des grains à Vienne, •— La
première réunion du marché international a eu
lieu, hier, à la nouvelle Bourse des cé.¡
réaies.
Voici les transactions qui ont été échangées :
en froment, 130,000. quintaux métriques, la
majeure partie pour les besoins de la consom-
mation intérieure; seigle, 35,000; orge, 250,000,
la plus grande quantité pour l'exportation,
avoine, 250,000; maïs, 30,000.
Les récoltes en Egypte. —' La crue du
Nil s'est opérée dans d'excellentes conditions.
La moisson est en pleine activité dans la
Haute-Egypte et. les réco'ltes du coton et do'
! céréales promettent d'être bonnes.
Bourse de Buenos-Ayres. —- Prime 919
l'or, 1A5 0/0 contre 156 0/0.
Cours des fontes à Glasgow. — üu,er,
ture 50/1 contre h9/7.
*** Cours des cuivres à Londres. — Ouvc}',
ture : comptant, 60 1/3 contre 59 7/8; à ternit
..... con trè- '......
(38) FEUILLETON DE LA LIBERTÉ
DU 28 AOUT 1890
LES DERNIÈRES ANNÉES
DE LA
DUCHESSE DE BERRY
PAR
IMBERT DE SAINT-AMAND
XXI
Le mariage du comte de Chambord
(Suite)
Mmo la comtesse de Chambord avait pour
son mari une tendresse mêlée de vénération.
C était son idéal : « Pour Henri de France, a
écrit le prince de Valori, les Bourbons exi-
lés cherchaient avant tout une chrétienne;
ils trouvèrent une sainte. Lorsque l'on pro-
nonça le nom de Henri devant Marie-Thé-
rèse d'Autriche-d'Este, son cœur battit à tout
rompre. Les hautes adversités l'attiraient.
Elle ne vit pas en lui l'héritier de cette cou-
ronne qui est, disait Grégoire de Tours, dès
le sixième siècle, autant au-dessus des autres
couronnes du monde que. la dignité royale
surpasse les fortunes particulières. Elle vit
bien en lui le blond paladin que toutes les
femmes admiraient, mais surtout le char-
trier de ses malheurs. Elle en fit le décompte
ocv&nt sa foi, son amour et son courage. La
d« SansoB. lé nbiGnàrd de Louvet la
captivité de la mère, l'exil du fils ne la firent
pas reculer. Ce n'était plus de l'amour, c'é-
tait de la dévotion. »
M. de Chateaubriand adressa les lignes
suivantes à la princesse : « Madame, une
lettre de M. le comte de Chambord m'avait
annoncé tout son bonheur. Je me retire or-
dinairement devant les prospérités; elles
sont hors de ma compétence. Je ne puis ce-
pendant me taire cette fois. Recevez, je vous
.prie, Madame, les vœux d'un homme qui
n a pas cessé un moment d'espérer ce qu'il
voit aujourd'hui s'accomplir. Il ne peut s'em-
pêcher de pousser un cri de joie qu'il vous
remercie d'avoir arraché de son sein. »
La comtesse de Chambord répondit à l'il-
lustre écrivain : u Monsieur le vicomte de
Chateaubriand, devenue Française de cœur
et de sentiment, je suis heureuse et fière que
mon mariage ait été pour ma nouvelle patrie
une occasion d'entendre votre voix, une des
gloires de la France, lui parler encore d'es-
pérance et de joie. Oui, prions avec ferveur
pour la prospérité de notre chère patrie, et
Dieu fera luire enfin un jour où la France
ne voudra pas retenir loin d'elle ses enfants
les plus dévoués. »
Dans les derniers jours du mois de novem-
bre, la duchesse de Berry quitta Frohsdorf
pour retourner en Basse-Styrie, dans sa terre
(lè uttinsee. Son fils et sa belle-fille la recon-
duisirent à l'embarcadère de Neustadt. Au
moment de partir, elle embrassa tendrement
la comtesse de Chambord, et, lui montrant
le prince : « Je vous le recommande, dit-elle,
il a tant besoin de bonheur intérieur, dans
la triste vie que le sort lui fait mener jus-
qu a présent., »„JLa comtesse de Chambord
était la consolatrice de f'ëxil.
XXII
Venise
Le temps qui s'écoula entre le mariage de j
Mademoiselle, en 18A5, et la mort de la du-
chesse d'Angoulême, en 1851, fut une pé-
riode d'accalmie dans l'existence troublée de
la famille royale. Après tant de catastrophes,
la fille de Louis XVI eut la consolation de
voir bien mariés un neveu et une nièce
qu'elle aimait comme la mère la plus tendre
aime ses enfants. Comblée d'attentions et
d'hommages par le comte et la comtesse de
Chambord, elle passa tranquillement auprès
d'eux ses dernières années, les hivers à Ve-
nise, les étés à Frohsdorf. Quant à la du-
chesse de Berry, aucun obstacle ne l'empê-
chait de se rapprocher de son fils. Les
méfiances qui existaient encore contre elle
du vivant de Charles X et du duc d'Angou-
lême étaient complètement dissipées. La
princesse, après une carrière si agitée, ne
prenait plus une part militante à la politi-
que, et laissait sans contestation son fils
diriger le parti légitimiste. Elle avait acheté
à Venise le palais Vendramini, où elle pas-
sait l'hiver et où elle voyait sans cesse le 1
comte de Chambord qui occupait, tout près 1
d'elle, le palais Cavalli. Pendant la belle 1
saison, elle séjournait à Brunsee, mais les '<
allées et venues entre Brunsee et Frohsdorf ]
étaient assez fréquentes.' Jamais, depuis 1832, ]
la duchesse de Berry n'avait autant joui de 1
la société de son fils, et jamais un plus grand î
accord n'avait régné entre tous les membres <
de la famille royale. <
Les exilés- se plaisaient particulièrement à, ]
Venise. Ainsi que l'a dit M. Alfred Nette-
ment., « cette poétique cité., par le contraste .
m
de son passé tout retentissant de bruit et de
gloire, et par son présent humble et silen-
cieux, avait de secrètes harmonies avec les
destinées de ses augustes hôtes. » Le palais
Vendramini et le palais Cavalli sont situés
tout près l'un de l'autre sur la rive droite
du Grand-Canal, cette vaste artère, longue de
plus de trois kilomètres, qui traverse la ville
du sud-est au nord et la divise en deux par-
ties inégales. Des milliers de barques et de
gondoles sillonnent sans cesse le Grand-Canal
et les petits canaux qui viennent y débou-
cher. C'est la rue des Nobili, la rue de la
vieille noblesse vénitienne. Ses rives sont
bordées de belles maisons et de magnifiques
palais. Un des plus pittoresques est le palais
Cavalli, loué, puis acheté par le comte de
Chambord. Avant d'arriver au Rialto, à peu
près au milieu du Grand-Canal, on le voit
apparaître, dans sa majestueuse élégance,
avec son architecture composée qui tient de
l'art gothique et du style arabe. La comtesse
de Chambord avait transformé la galerie du
balcon en un jardin d'hiver, où elle cultivait
les magnolias et les lauriers roses.
Le palais Vendramini, propriété de la du-
chesse de Berry, laissé par elle à son fils, le
duc della Grazia, qui l'occupe actuellement,
est plus remarquable encore que le palais
Cavalli. Construit en 1A81 par Pierre Lom-
bard, il appartient à la première période de
la Renaissance. Sa belle façade à deux éta-
ges, avec dix grandes fenêtres chacune, a :
beaucoup de régularité. Il est très richement i
décoré, surtout dans la pièce tendue de cuir,
)riiée d'une frise de Palma-le-Jeune qui' re- ]
présente le triomphe de César. JU - <
Nous avons eu souvent l'occasion de eau- <
;er avec plusieurs personnes qui furent re- 1
çues au palais Vendramini par MIne la du-
chesse de Berry, avec sa dame du palais, la
comtesse du Quesnay, morte en 1888, avec
Mmo Alexandre Dumas, avec le comte Fer-
dinand de La Roche, avec le général comte
de Trobriand, ce Français si aimable et si
chevaleresque, qui manie également bien la
plume et l'épée, et qui, aux Etats-Unis, pen-
dant la guerre de sécession, commanda d'une
maniére si brillante une division de l'armée
du Nord.
Le comte de Trobriand a fixé les souvenirs
de ses séjours à Venise en 18.45, 18A6, 18U7,
dans une note qu'il a bien voulu rédiger
pour nous et dont nous allons extraire plu-
sieurs passages : « La duchesse de Berry,
est-il dit dans cette note, habitait le palais
Vendramini, au-dessus du Rialto. Sur la
façade du palais est gravée l'inscription :
Non nobis, Domine, non nobis. On préten-
dait qu'un Vendramini avait ainsi décliné
devant le Seigneur, pour lui et pour les
siens, la responsabilité de ce qui s'y était
passé avant lui.
" Le point saillant du caractère de Ma-
dame, à cette époque, était une égalité
d'humeur inaltérable, une bienveillance con-
stante pour tous. La princesse , semblait
posséder à un haut degré la philosophie
pratique de la vie. Après le grand rôle qui
avait mis son nom dans toutes les - bouches
et attiré sur elle tous les regards, elle s'était
retirée des agitations du monde avec une
tranquille sérénité, se disant à elle-même :
« J'ai fait tout ce que j'arxlû, tout ce que j'ai
pu ; j'ai échoué, la faute n'en est pas à moi.
Que la volonté de Dieu soit faite ! » Quoi
:¡u'il lui arrivât de pénible, ou de doulou- •
reux, quelque anxiété qu'elle pût ressentir,
dans son cœur, jamais, à ma connaissance, ■
elle n'en a fait sentir le contrecoup à per- ■
sonne de son entourage, tant il y avait de I
bienveillance au fond de sa nature. » I
A travers les événements et les épreuves, B
Madame avait gardé du goût pour les plai": f
sirs mondains. Elle recevait princièrement i
au palais Vendramini. Dans ses salons se
pressaient, avec les survivants de l'aristo- ;
cratie de Venise, les hautes autorités autri- f
chiennes, l'archiduc Rénier, vice-roi, la
vice-reine princesse de Carignan, l'archiduc
Frédéric, commandant la marine, le comte |
Palfy, gouverneur, le comte Zichy, com- f
! mandant militaire, le comte de Thurn, etc.
La princesse donnait chaque semaine un
dîner magnifique. A une comédie de société
qu'elle organisa en 18A7, il y avait, parmi
les spectateurs, vingt-sept personnes appar-
tenant à des familles impériales ou royales.
Elle avait fait construire au palais Vendra-
mini un théâtre qui occupait tout le second
étage. Rien n'y manquait : une scène régu-
lière avec rampe à gaz, rideau, coulisses,
décors divers, oeuvres des peintres décora-
teurs de la Fenice. La salle pouvait contenir
trois cents personnes assises. Le premier
rang était en fauteuils réservés aux altesses
royales et impériales. Le comte de ChaIIl"
bord suivait avec beaucoup d'intérêt les re-
présentations. Elles avaient lieu, pendant la
saison du carnaval, tous les quinze jours, la
lundi. On ne jouait jamais plus de trois acte*-'
: ^ 0 isuîi/rGÏl
1: ■
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 69.11%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 69.11%.
- Collections numériques similaires Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "BnPlCo00"
- Auteurs similaires Muller Charles Muller Charles /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Muller Charles" or dc.contributor adj "Muller Charles")Maison de danses, pièce en 5 actes de MM Nozière et Ch. Muller, d'après le roman de M. Paul Reboux. Musique de scène de Valverde /ark:/12148/bpt6k15051735.highres Le Jardinier supposé ou l'Amant déguisé [parties séparées de chant et d'orchestre] copié par Ch. Muller /ark:/12148/bpt6k1165034d.highresGirardin Émile de Girardin Émile de /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Girardin Émile de" or dc.contributor adj "Girardin Émile de") Détroyat Léonce Détroyat Léonce /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Détroyat Léonce" or dc.contributor adj "Détroyat Léonce") Aymard Camille Aymard Camille /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Aymard Camille" or dc.contributor adj "Aymard Camille")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 2/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k4785420c/f2.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k4785420c/f2.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k4785420c/f2.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k4785420c/f2.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k4785420c
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k4785420c
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k4785420c/f2.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest