Titre : L'Information universitaire : journal hebdomadaire
Éditeur : L'Information universitaire (Paris)
Date d'édition : 1938-04-30
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32791928t
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 30 avril 1938 30 avril 1938
Description : 1938/04/30 (N851). 1938/04/30 (N851).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4585752w
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOA-919
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/02/2018
XVII» ANNEE. — N° 851. | Fr * J ( LE PREMIER JOURNAL UNIVERSITAIRE D * INFORMATION ) \
SAMEDI 30 AVRIL 1938.
« DOCTUS SEMPER IN SES&VJTlAS / i
S Tout ce qui concerne la direction etTla 5
! rédaction doit être adressé :
■ 8 bis, rue de l’Arrivée, PARIS (XV S ) S
• Téléphone : Littré 72-02
; Adr. télégraph. : Informuntv Paris.
iet » Hebdomadaire
■ S
S Informations officielles: Méd. Rouen (chdt.) ; Navale (prés, jury 38 ) ; s
; Coll. P St-Brieuc; Second. (Edph. et Sports) ; Cours profess.;’Constr. S
ï — Mouvements. — Promotions du 1-1-38 : Coll. G.
CONSEIL SUPERIEUR DE L’I. P. : Analytique (Suite).
ETUDIANTS : Congrès U. N. (Discours de MM. Zay, Rosier).
Vaiaaaaaaaaaaaaaiaaaaiaaiaaaiaiiiaiaaaaaaaaaaaaiaaaaaaaaaiaaaaaaaaaiaaaaaiaiaaaiiaaaiaaaiik*
J aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa aaaa
S ABONNEMENTS (du 1 er de ch. mois) S
s France : 1 an, 40 fr.; 6 mois, 22 fr. §
Etranger : 1 an, 48 ou 54 fr.
: Changement d’adresse : 1 fr. 50. S
2 Chèques Postaux : Paris 359-05. ;
L’ACTUALITÉ
III e Congrès Guillaume Budé
Un orage en Sorbonne
TRAVAIL
Premier mai... Je voudrais dire quel
ques mots sur la sainte loi du travail, la
loi que, éducateurs de la jeunesse, nous
avons, avant toute autre, à faire appli
quer, à faire respecter, à faire aimer. Car
l’œuvre d’éducation humaine n’a qu’un
but : faire de tout homme un bon ouvrier
de la pensée et de l’action.
Peu m’importe que l’obligation du tra
vail soit la conséquence d’un châtiment
divin ou tout simplement une nécessité de
notre humaine nature. Je constate qu’un
peuple qui veut se soustraire à cette obli
gation ou qui s’en acquitte mal est voué à
la déchéance et à la servitude. Et cela me
suffit. Cela suffit pour imposer silence à
toute philosophie ergotante. La philoso
phie n’a ici le droit de parler que pour
proclamer l’intangibilité du principe et
rechercher les meilleurs procédés d’appli
cation.
Or, s’il est vrai que le principe n’est
ouvertement mis en cause par personne,
il n’est pas sûr que les méthodes auxquel
les on fait appel soient les plus efficaces
pour entretenir le culte du travail viril et
justifier la souveraineté à laquelle il a
droit dans la cité. Là est le danger. Car
le principal titre du travail à être présen
té comme la valeur suprême s’évanouira
le jour où vous aurez fait croire, par d’im
prudentes expériences, que la destinée
de l’homme est de travailler le moins pos
sible pour avoir le plus possible de loi
sirs. Elle s’évanouira aussi le jour où vous
aurez laissé espérer à l’enfant, par l’ap
plication de méthodes faciles, que la pei
ne des hommes doit devenir un jeu.
C’est ici que l’éducateur doit prendre
garde. Lorsqu’on lui dit qu’il faut amu
ser les enfants et que c’est le meilleur
moyen de les instruire, je voudrais qu’il
fasse la sourde oreille. Sans doute, il y a
une frivolité de l’enfant, un besoin de
mouvement et une soif du jeu qui satisfait
ce besoin; mais il faut que l’enfant se sen
te grandir en passant du jeu au travail. Il
ne peut le sentir que si vous le mettez en
présence du difficile, de ce qui exige ef
fort de son jeune cerveau, tension de tout
son être et procure amertume avant de
donner joie.
Voilà pourquoi les mieux avisés des
éducateurs ont toujours orienté dans ce
sens leurs méthodes pédagogiques. Voilà
pourquoi ils ont toujours attribué la plus
grande importance à ce que l’élève fait
par lui-même, dans ses heures d’étude so
litaire, au prix de mille efforts qui lui per
mettent d’éprouver le sérieux du travail
et d’en connaître l’efficacité. Voilà pour
quoi, d’âge en âge, ils ont donné à la
France les fortes générations qui l’ont
faite ce qu’elle est.
Si la France a été jusqu’à présent con
sidérée comme la grande nation laborieuse
de l’univers, ce n’est pas pur hasard, sim
ple accident de l’histoire. C’est parce
qu’elle a été de tout temps à l’école du
travail et que ce qui caractérise l’esprit
de labeur est ce qui définit le mieux l’es
prit français. Le culte du travail dont les
racines plongent si profondément dans le
génie de notre race est, encore aujour
d’hui, l’armature résistante de notre or
ganisation sociale, le fondement solide de
notre vie nationale, le principal réservoir
des ressources intellectuelles et morales
qui, à travers les siècles, ont assuré la
continuité de notre pays et sa force tou
jours renaissante.
Educateurs, veillons attentivement à
entretenir et à développer ce culte du tra
vail dont un mauvais génie s’efforce
d’éteindre la flamme et de renverser les
autels. L’intelligence est, chez nous, vertu
courante; mais l’amour du travail y est,
de plus en plus, l’héroïsme qu’il nous faut
sauver chaque jour, chaque heure.
Akademos.
iaaiiBiia>BiaaiiiiBiaiiaaiaaiiiaaaaaaaaiaiiaBiiaiiaaiiiaai
EN VOUS ABONNANTS I AN, 40 FR
ou 94 fr. avec l’ANNUAIRE 1937-38
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L’Actualité
1
8 bis. r. de l’Arrivée, Paris-16\ Ch. d.: 369-05
■■i..»aai.aai«..i«»a...aa
Le III» Congrès de l’Association Guillaume-
Budé a eu lieu du 20 au 23 avril dans les lo
caux de l’Université de Strasbourg, où les con
gressistes ont été accueillis par M. le Recteur
J. Dresch. Notre confrèi*e H. Parigot en a pu
blié au jour le jour un compte rendu détaillé
dans Le Temps.
Le banquet de clôture présidé par M. Aimé
Puech, a été l’occasion d’excellents discours à
la gloire de l’humanisme alsacien et des hu
manités gréco-latines. Prenant le dernier la
parole, M. Marcel Abraham, directeur du cabi
net du ministre de l’Education nationale, après
avoir présenté les excuses du ministre, pro
nonça un remarquable discours de haute te
nue littéraire écouté avec le plus vif intérêt
et chaleureusement applaudi.
« Je vous apporte les regrets du ministre
que retient à Paris une consigne gouverne
mentale, mais qui eût voulu être là, lui que
des liens familiaux unissent à l’Alsace, lui
ancien élève de ce lycée d’Orléans où vit en
core la mémoire d’Anatole Bailly et docteur
honoris causa de l’Université d’Athènes, pour
saluer ce noble foyer de culture, la ville de
Gutenberg et de Jean Sturm, la ville que vi
sita Erasme et où s’épanouit cet humanisme
alsacien dont M. le Doyen Strohl continue la
grande tradition, la ville de Fustel de Cou
langes en qui s’incarnait ayec le plus pur pa
triotisme et en dehors de toute passion parti
sane, le culte cartésien de la probité intellec
tuelle; pour saluer l’Université de Strasbourg
dont le présent n’est pas moins glorieux que
le passé et son chef M. le Recteur Dresch qui,
il y a quelques jours, en tant que doyen des
recteurs de France, lui tenait un langage si
direct et si émouvant et qui s’est affirmé le
digne successeur d’illustres devanciers, —
Christian Pfister et M. Charléty; pour saluer
ces délégations étrangères venues communier
dans le culte de l’esprit et qui donnent tant
de prix à ce rassemblement, et ces savants
français : tout d’abord votre président M. Ai
mé Puech qui, avec M. André Boulanger et
M. Jean Ma i va, a organisé ce congrès et a
dirigé vos travaux avec tant d’autorité et tant
d’éloquence, M. Léon Robin, M. Ernout, M.
Poux, M. Paul Mazon qui, après nous avoir
restitué Eschyle et permis à la jeune troupe
des antiques cette belle représentation des
Perses, s’est victorieusement mesuré avec
l’Iliade ; tant de maîtres de l’Enseignement su
périeur, tant de maîtres du Second Degré, unis
à ces travaux par une collaboration quoti
dienne ; tant d’amis, et aussi de vieux adver
saires avec lesquels il eût aimé à poursuivre
d’anciennes controverses, et, qui sait, à éclai
rer quelques malentendus? »
M. Marcel Abraham se réjouit d’avoir été
chargé de représenter M. Jean Zay à Stras
bourg où l’attachent tant de liens familiaux
et de souvenirs personnels.
« Ministre voyageur, soucieux du rayonne
ment français M. Jean Zay vous eût remercié
d’organiser ces croisières à travers le temps et
l’espace.
» Et comment, ministre réformateur, n’eût-
il pas désiré, puisque vous vous êtes penchés
sur certains aspects de la réforme de l’ensei
gnement, affirmer ici — et ceux d’entre vous
qui collaborent avec nous le savent bien —
son attachement aux humanité? classiques et
à leur éternelle jeunesse.
» L’an dernier, commentant devant le Con
seil supérieur le tyîxte de son projet de loi,
« si ce projet, disait-il, cherche à introduire,
dans les enseignements du premier et du se
cond degré, un esprit nouveau, il ne vise cer
tes pas a détruire dans les institutions ce qui
a résisté à l’épreuve du temps et de l’expé
rience, ce qui s’est incorporé à la vie même
de fa nation. En vous proposant d’établir en
tre les différents ordres d’études, des relations
plus souples, nous nous gardons de porter
atteinte aux vertus propres des divers ensei
gnements : qu’il s’agisse de ce jeune ensei
gnement technique, dont la vitalité importe à
nos labeurs de demain, de ces humanités mo
dernes, de mieux en mieux adaptées à une
mission de mieux en mieux définie, ou de ces
vieilles humanités classiques, si profondément
enracinées à notre sol, et qui n’ont rien perdu
de leur jeunesse incessamment renouvelée, de
leur sève vigoureuse, ni de leur nécessaire
prestige ».
» Humanité classique, humanité moderne;
ce qui importe avant tout, c’est l’esprit qui
habite ces formules. « L’humanisme contem
porain, disait naguère Duhamel, est l’ensem-
ùle des notions qui ne semblent pas suscepti
bles d’application immédiate », mais qui sont
sans doute infiniment plus profitables que les
connaissances qu’on appelle utiles. Ou encore,
selon une formule récente : « la vertu propre
de l’humanisme, c’est son inaptitude à ser
vir » — entendons aussi par là à être asservi.
Dès lors, n’excluons des humanités aucune
des disciplines qui permettent à l’homme de
prendre une conscience plus profonde de soi-
même, et, suivant une noble expression, de
« promouvoir son humanité ». Il ne convient
pas d’isoler, encore moins d’opposer, mais au
contraire d’associer les différentes formes de
culture, elles doivent se pénétrer et par là-
même s’enrichir...
» Rien sans doute ne remplace pleinement
le contact avec le langage, c’est-à-dire avec
l’âme d’un peuple. Heureux qui peut boire aux
sources de l'humanisme; heureux qu’t peut
boire frais aux fontaines antiques, et pénétrer
ces textes mêmes dont, selon le mot de M. le
Chanoine Bies « le temps et le,progrès humain
ne cessent de r féconder les virtualités éter
nelles ».
» Du moins la traduction donne-t-elle la
substance de la pensée antique, elle nous ap
porte les leçons de la plus lointaine sagesse,
elle nous donne plus encore, lorsqu’elle est
une Réduction Guillaume Budé, lorsqu’elle
est l’œuvre magistrale de précision et de
beauté d’un Paul Mazon, — elle donne en tous
cas aux jeunes gens —- et c’est pourquoi les
auteurs anciens figurent aujourd’hui au pro
gramme des sections modernes, — « la curio
sité du large » et « le pressentiment de nou
veaux horizons ».
» Comment le ministre de l’Education na
tionale ne se fût-il pas tout particulièrement
intéressé aux travaux de la Commission qui
s’est appliquée à résoudre au cœur même de
la réforme, les problèmes posés par la liaison
entre les enseignements du premier et du se
cond degré, et la classe d’orientation, et dont
le rapporteur, Henri Boivin, est uni à nous par
tant de liens chers et douloureux.
[Lire la suite en 6 e page, l re col.]
EXAMENS - CONCOURS - EMPLOIS - AVIS
EXAMENS ET CONCOURS 1938
C. A. A L’EDUCATION PHYSIQUE
Degré élémentaire : L’examen écrit est fixé
au 27-5-38. Inscriptions du 30-4 au 12-5. —
Première partie : L’examen aura lieu le 4-6-
38. Inscriptions du 25-4 au 4-5. — Deuxième
partie : L’examen aura lieu les 17 et 18-6-38.
Inscriptions du 25-4 au 17-5. — Inscriptions
au secrétariat de l’Académie (Sorbonne, bureau
n° 5, 10 à 11 h. 30 et 14 à 16 h.) pour la Seine,
au secrétariat des inspections académiques
pour les départements.
POSTES VACANTS
4- La chaire d’égyptologie du Collège de
France est déclarée vacante. Délai 1 mois du
28-4-38.
•f- La chaire de droit romain (dern. tit. : M.
Jauffret) de la Faculté de Droit d’Aix-Mar
seille, est déclarée vacante. Délai 20 jours
du 27-4-38.
4- La chaire d 'économie politique et histoire
des doctrines économiques de la Faculté de
Droit de Dijon (dern. tit.: M. Baudin) est dé
clarée vacante. Délai 20 jours du 27-4-38.
4- La chaire de géologie de la Faculté des
Sciences de Nancy (dern. tit.: M. Fallot) est
déclarée vacante. Délai 20 jours du 28-4-38.
4- Un poste de chef de service des essais
(métallurgie physico-chimique) est vacant au
laboratoire d’essais du Conservatoire natio
nal des Arts et Métiers (traitement 33.000 à
49.000 fr. plus indemnités réglementaires). Dé
lai 1 mois du 23-4-38.
4- Sont offerts pour 3 ans à I’Ecole Poly
technique (concours d’admission de 1939, 1940,
1941) les emplois ci-après : a) 2 emplois
d'examinateur pour les mathématiques ; b)
1 emploi d'examinateur pour la chimie; c) 1
emploi d'examinateur pour les langues vivan-
G0NC0URS ADMINISTRATIFS
Sous-Inspecteur de l’A. P
Des concours s’ouvriront : le 30-6-38 pour
1)2 places de sous-inspecteur (H) de l’Assis
tance publique (demandes avant le 30-5-38) ;
le 20-10-38 pour 4 places de sous-inspectrice
de l’Assistance publique (demandes avant le
20-9-38). Conditions : Français, 25 à 30 ans
(sauf bonifications), licence ou A. 19-4-38. De
mandes au ministère de la Santé publique
(Personnel, 1 er bureau).
Rédacteur
à la Caisse des Dépôts et Consignations
Un concours pour l’emploi de rédacteur sta
giaire à la Caisse des dépôts et consignations
s’ouvrira dans la deuxième quinzaine de juin
1938. Notice sur demande à la direction gé
nérale de la Caisse (Personnel), 56, rue de
Lille, 7».
Musées nationaux et Musées de province
Les candidats désirant figurer sur les listes
d’aptitude aux emplois de conservateur, con
servateur adjoint, attaché et au titre de chargé
de mission des musées nationaux et aux em
plois de conservateur et conservateur adjoint
des musées de province devront dans le délai
d’un mois du 28-4-38 adresser leur dossier
au ministre de l’Education nationale (Beaux-
Arts, Bureau des travaux d’art), 3, rue de Va
lois.
tes (anglaise et allemande). — Sont également
offerts pour.le concours de 1939 : 2 emplois
d'examinateur suppléant pour les mathémati
ques; 1 emploi d'examinateur suppléant pour
la physiq-ne; 1 emploi d'examinateur pour la
chimie; 1 emploi d'examinateur suppléant
pour les langues vivantes (anglaise et alle
mande). Demande au général commandant
l’Ecole polytechnique, 21, rue Descartes, à
Paris (5°) avant le 1-6-38.
Chacun sait que la Sorbonne a des ac
cès de fièvre. Un vent malin qui souffle de
la ville; un moustique qui pique un point
sensible; une escarmouche entre globules
blancs et globules rouges; et voici la tem
pérature qui monte.
Un amphithéâtre, parfois, sert, si l’on
ose dire, d’abcès de fixation; parfois aus
si, tout l’organisme entre en ébullition. Ce
la dure ce qu’il faut à une maladie de jeu
nesse pour donner des inquiétudes à la fa
mille, pour permettre aux docteurs d’ex
périmenter des remèdes, lénitifs ou vio
lents, mais qui, les uns et les autres s’avè
rent en fin de compte inutiles, car le
temps, toujours, finit par tout arranger.
Par « Sorbonne », il faut entendre, cela
va de soi, tous les organes de l’Université;
ils sont d’ailleurs pour la plupart séparés
maintenant de la maison mère; mais ils
participent tous au même instant des mê
mes troubles de santé, comme des ju
meaux à des lieues les uns des autres at
trapent le même jour la scarlatine.
Le phénomène n’est pas nouveau. Les
écoliers du Moyen Age faisaient périodi
quement retentir de leurs clameurs les
ruelles de la Montagne, et, faute de pyro
gènes — aujourd’hui disparus — ou de si
phons — encore en activité — se lan
çaient à la tête leurs éeritoires.
L’histoire reste à écrire des « chahuts »
du Quartier. Du moins le héros d’une de
ces petites émeutes n’a-t-il pas voulu « en
caisser le coup », sans livrer à la postéri
té tous les faits de la cause.
M. Saint-René Taillandier — qui n’était
pas encore de l’Académie Française oc
cupait depuis vingt ans la chaire de litté
rature française à la Faculté des Lettres
de Montpellier lorsqu’au mois de novem
bre 18(53, la Faculté des "Lettres de Paris
le désigna pour suppléer son collègue
Saint-Marc Girardin dans la chaire de
poésie française. Au printemps de 1868, la
chaire d’éloquence française étant deve
nue vacante par la retraite de Désiré Ni-
sard et la mort de son successeur immé
diat M. Eugène Gandar, il fut nommé par
le ministre Victor Duruy titulaire de cette
chaire. Il avait commencé en décembre
1867 une série de leçons sur [Molière; il
eût dû changer de sujet; mais à la deman
de d’un auditoire enthousiaste, il continua
et mena jusqu’à la fin de l’année scolaire
1867-1868 ses études sur la poésie comique.
Il avait cru devoir, toutefois, prendre im
médiatement possession de la chaire d’élo
quence, et il avait prononcé le jeudi 7 mai
1868 son discours d’ouverture. Ramenant
ses auditeurs à 1825, il citait, en particu
lier, un chapitre des Mémoires de Ville-
main, où son illustre prédécesseur rela
tait une ovation (chahut sympathique, ce
lui-là), dont le général Foy avait été l’ob
jet; apparemment fort de loisir ce jour-
là, le général était entré, en passant, dans
un amphithéâtre de la Sorbonne. Ville-
main y faisait son cours. A peine arrivé
dans l’hémicycle, le général, porté par le
public, avait été déposé sur le banc d’hon
neur, « à la place où siégeait, à certains
jours solennels, M. le Préfet de la Seine... »
(c’était dans l'amphithéâtre du Concours
général).
« Messieurs », avait alors, le calme re
venu, prononcé le Professeur, « ici nous
ne devons applaudir que les orateurs an
tiques et nous n’avons de couronne à dé
cerner qu’à Démosthène » ; puis, « se raffer
missant contre ce choc subit d’une popu
larité si éclatante dont la présence acca
blait la parole pacifique de la Sorbonne
en même temps qu’elle la compromettait »,
il enchaîna, comme on dit, et reprit son
discours interrompu sur la Rhétorique
d’Aristote...
Cette leçon d’ouverture du 7 mai 1868,
qui était pour Saint-Marc Girardin une
prise de possession, était pour ses audi
teurs une annonce de Renseignement qu’il
devait donner l’année suivante. De cet en
seignement il allait tracer, en décembre de
la même année, une introduction plus pré
cise dans un cours qu’il intitulait « Le
combat des idées aux xvin» et xix* siè
cles ». Notoris-y l’évocation « du moment
où l’Encyclopédie s’élevait, où Diderot pré
sidait à la construction de l’immense Ba
bel, Diderot, âme puissante et confuse,
fournaise où le panthéisme bouillonnait... »
S,
[Lire la suite en 5 e page, 3 e col.]
SAMEDI 30 AVRIL 1938.
« DOCTUS SEMPER IN SES&VJTlAS / i
S Tout ce qui concerne la direction etTla 5
! rédaction doit être adressé :
■ 8 bis, rue de l’Arrivée, PARIS (XV S ) S
• Téléphone : Littré 72-02
; Adr. télégraph. : Informuntv Paris.
iet » Hebdomadaire
■ S
S Informations officielles: Méd. Rouen (chdt.) ; Navale (prés, jury 38 ) ; s
; Coll. P St-Brieuc; Second. (Edph. et Sports) ; Cours profess.;’Constr. S
ï — Mouvements. — Promotions du 1-1-38 : Coll. G.
CONSEIL SUPERIEUR DE L’I. P. : Analytique (Suite).
ETUDIANTS : Congrès U. N. (Discours de MM. Zay, Rosier).
Vaiaaaaaaaaaaaaaiaaaaiaaiaaaiaiiiaiaaaaaaaaaaaaiaaaaaaaaaiaaaaaaaaaiaaaaaiaiaaaiiaaaiaaaiik*
J aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa aaaa
S ABONNEMENTS (du 1 er de ch. mois) S
s France : 1 an, 40 fr.; 6 mois, 22 fr. §
Etranger : 1 an, 48 ou 54 fr.
: Changement d’adresse : 1 fr. 50. S
2 Chèques Postaux : Paris 359-05. ;
L’ACTUALITÉ
III e Congrès Guillaume Budé
Un orage en Sorbonne
TRAVAIL
Premier mai... Je voudrais dire quel
ques mots sur la sainte loi du travail, la
loi que, éducateurs de la jeunesse, nous
avons, avant toute autre, à faire appli
quer, à faire respecter, à faire aimer. Car
l’œuvre d’éducation humaine n’a qu’un
but : faire de tout homme un bon ouvrier
de la pensée et de l’action.
Peu m’importe que l’obligation du tra
vail soit la conséquence d’un châtiment
divin ou tout simplement une nécessité de
notre humaine nature. Je constate qu’un
peuple qui veut se soustraire à cette obli
gation ou qui s’en acquitte mal est voué à
la déchéance et à la servitude. Et cela me
suffit. Cela suffit pour imposer silence à
toute philosophie ergotante. La philoso
phie n’a ici le droit de parler que pour
proclamer l’intangibilité du principe et
rechercher les meilleurs procédés d’appli
cation.
Or, s’il est vrai que le principe n’est
ouvertement mis en cause par personne,
il n’est pas sûr que les méthodes auxquel
les on fait appel soient les plus efficaces
pour entretenir le culte du travail viril et
justifier la souveraineté à laquelle il a
droit dans la cité. Là est le danger. Car
le principal titre du travail à être présen
té comme la valeur suprême s’évanouira
le jour où vous aurez fait croire, par d’im
prudentes expériences, que la destinée
de l’homme est de travailler le moins pos
sible pour avoir le plus possible de loi
sirs. Elle s’évanouira aussi le jour où vous
aurez laissé espérer à l’enfant, par l’ap
plication de méthodes faciles, que la pei
ne des hommes doit devenir un jeu.
C’est ici que l’éducateur doit prendre
garde. Lorsqu’on lui dit qu’il faut amu
ser les enfants et que c’est le meilleur
moyen de les instruire, je voudrais qu’il
fasse la sourde oreille. Sans doute, il y a
une frivolité de l’enfant, un besoin de
mouvement et une soif du jeu qui satisfait
ce besoin; mais il faut que l’enfant se sen
te grandir en passant du jeu au travail. Il
ne peut le sentir que si vous le mettez en
présence du difficile, de ce qui exige ef
fort de son jeune cerveau, tension de tout
son être et procure amertume avant de
donner joie.
Voilà pourquoi les mieux avisés des
éducateurs ont toujours orienté dans ce
sens leurs méthodes pédagogiques. Voilà
pourquoi ils ont toujours attribué la plus
grande importance à ce que l’élève fait
par lui-même, dans ses heures d’étude so
litaire, au prix de mille efforts qui lui per
mettent d’éprouver le sérieux du travail
et d’en connaître l’efficacité. Voilà pour
quoi, d’âge en âge, ils ont donné à la
France les fortes générations qui l’ont
faite ce qu’elle est.
Si la France a été jusqu’à présent con
sidérée comme la grande nation laborieuse
de l’univers, ce n’est pas pur hasard, sim
ple accident de l’histoire. C’est parce
qu’elle a été de tout temps à l’école du
travail et que ce qui caractérise l’esprit
de labeur est ce qui définit le mieux l’es
prit français. Le culte du travail dont les
racines plongent si profondément dans le
génie de notre race est, encore aujour
d’hui, l’armature résistante de notre or
ganisation sociale, le fondement solide de
notre vie nationale, le principal réservoir
des ressources intellectuelles et morales
qui, à travers les siècles, ont assuré la
continuité de notre pays et sa force tou
jours renaissante.
Educateurs, veillons attentivement à
entretenir et à développer ce culte du tra
vail dont un mauvais génie s’efforce
d’éteindre la flamme et de renverser les
autels. L’intelligence est, chez nous, vertu
courante; mais l’amour du travail y est,
de plus en plus, l’héroïsme qu’il nous faut
sauver chaque jour, chaque heure.
Akademos.
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ou 94 fr. avec l’ANNUAIRE 1937-38
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1
8 bis. r. de l’Arrivée, Paris-16\ Ch. d.: 369-05
■■i..»aai.aai«..i«»a...aa
Le III» Congrès de l’Association Guillaume-
Budé a eu lieu du 20 au 23 avril dans les lo
caux de l’Université de Strasbourg, où les con
gressistes ont été accueillis par M. le Recteur
J. Dresch. Notre confrèi*e H. Parigot en a pu
blié au jour le jour un compte rendu détaillé
dans Le Temps.
Le banquet de clôture présidé par M. Aimé
Puech, a été l’occasion d’excellents discours à
la gloire de l’humanisme alsacien et des hu
manités gréco-latines. Prenant le dernier la
parole, M. Marcel Abraham, directeur du cabi
net du ministre de l’Education nationale, après
avoir présenté les excuses du ministre, pro
nonça un remarquable discours de haute te
nue littéraire écouté avec le plus vif intérêt
et chaleureusement applaudi.
« Je vous apporte les regrets du ministre
que retient à Paris une consigne gouverne
mentale, mais qui eût voulu être là, lui que
des liens familiaux unissent à l’Alsace, lui
ancien élève de ce lycée d’Orléans où vit en
core la mémoire d’Anatole Bailly et docteur
honoris causa de l’Université d’Athènes, pour
saluer ce noble foyer de culture, la ville de
Gutenberg et de Jean Sturm, la ville que vi
sita Erasme et où s’épanouit cet humanisme
alsacien dont M. le Doyen Strohl continue la
grande tradition, la ville de Fustel de Cou
langes en qui s’incarnait ayec le plus pur pa
triotisme et en dehors de toute passion parti
sane, le culte cartésien de la probité intellec
tuelle; pour saluer l’Université de Strasbourg
dont le présent n’est pas moins glorieux que
le passé et son chef M. le Recteur Dresch qui,
il y a quelques jours, en tant que doyen des
recteurs de France, lui tenait un langage si
direct et si émouvant et qui s’est affirmé le
digne successeur d’illustres devanciers, —
Christian Pfister et M. Charléty; pour saluer
ces délégations étrangères venues communier
dans le culte de l’esprit et qui donnent tant
de prix à ce rassemblement, et ces savants
français : tout d’abord votre président M. Ai
mé Puech qui, avec M. André Boulanger et
M. Jean Ma i va, a organisé ce congrès et a
dirigé vos travaux avec tant d’autorité et tant
d’éloquence, M. Léon Robin, M. Ernout, M.
Poux, M. Paul Mazon qui, après nous avoir
restitué Eschyle et permis à la jeune troupe
des antiques cette belle représentation des
Perses, s’est victorieusement mesuré avec
l’Iliade ; tant de maîtres de l’Enseignement su
périeur, tant de maîtres du Second Degré, unis
à ces travaux par une collaboration quoti
dienne ; tant d’amis, et aussi de vieux adver
saires avec lesquels il eût aimé à poursuivre
d’anciennes controverses, et, qui sait, à éclai
rer quelques malentendus? »
M. Marcel Abraham se réjouit d’avoir été
chargé de représenter M. Jean Zay à Stras
bourg où l’attachent tant de liens familiaux
et de souvenirs personnels.
« Ministre voyageur, soucieux du rayonne
ment français M. Jean Zay vous eût remercié
d’organiser ces croisières à travers le temps et
l’espace.
» Et comment, ministre réformateur, n’eût-
il pas désiré, puisque vous vous êtes penchés
sur certains aspects de la réforme de l’ensei
gnement, affirmer ici — et ceux d’entre vous
qui collaborent avec nous le savent bien —
son attachement aux humanité? classiques et
à leur éternelle jeunesse.
» L’an dernier, commentant devant le Con
seil supérieur le tyîxte de son projet de loi,
« si ce projet, disait-il, cherche à introduire,
dans les enseignements du premier et du se
cond degré, un esprit nouveau, il ne vise cer
tes pas a détruire dans les institutions ce qui
a résisté à l’épreuve du temps et de l’expé
rience, ce qui s’est incorporé à la vie même
de fa nation. En vous proposant d’établir en
tre les différents ordres d’études, des relations
plus souples, nous nous gardons de porter
atteinte aux vertus propres des divers ensei
gnements : qu’il s’agisse de ce jeune ensei
gnement technique, dont la vitalité importe à
nos labeurs de demain, de ces humanités mo
dernes, de mieux en mieux adaptées à une
mission de mieux en mieux définie, ou de ces
vieilles humanités classiques, si profondément
enracinées à notre sol, et qui n’ont rien perdu
de leur jeunesse incessamment renouvelée, de
leur sève vigoureuse, ni de leur nécessaire
prestige ».
» Humanité classique, humanité moderne;
ce qui importe avant tout, c’est l’esprit qui
habite ces formules. « L’humanisme contem
porain, disait naguère Duhamel, est l’ensem-
ùle des notions qui ne semblent pas suscepti
bles d’application immédiate », mais qui sont
sans doute infiniment plus profitables que les
connaissances qu’on appelle utiles. Ou encore,
selon une formule récente : « la vertu propre
de l’humanisme, c’est son inaptitude à ser
vir » — entendons aussi par là à être asservi.
Dès lors, n’excluons des humanités aucune
des disciplines qui permettent à l’homme de
prendre une conscience plus profonde de soi-
même, et, suivant une noble expression, de
« promouvoir son humanité ». Il ne convient
pas d’isoler, encore moins d’opposer, mais au
contraire d’associer les différentes formes de
culture, elles doivent se pénétrer et par là-
même s’enrichir...
» Rien sans doute ne remplace pleinement
le contact avec le langage, c’est-à-dire avec
l’âme d’un peuple. Heureux qui peut boire aux
sources de l'humanisme; heureux qu’t peut
boire frais aux fontaines antiques, et pénétrer
ces textes mêmes dont, selon le mot de M. le
Chanoine Bies « le temps et le,progrès humain
ne cessent de r féconder les virtualités éter
nelles ».
» Du moins la traduction donne-t-elle la
substance de la pensée antique, elle nous ap
porte les leçons de la plus lointaine sagesse,
elle nous donne plus encore, lorsqu’elle est
une Réduction Guillaume Budé, lorsqu’elle
est l’œuvre magistrale de précision et de
beauté d’un Paul Mazon, — elle donne en tous
cas aux jeunes gens —- et c’est pourquoi les
auteurs anciens figurent aujourd’hui au pro
gramme des sections modernes, — « la curio
sité du large » et « le pressentiment de nou
veaux horizons ».
» Comment le ministre de l’Education na
tionale ne se fût-il pas tout particulièrement
intéressé aux travaux de la Commission qui
s’est appliquée à résoudre au cœur même de
la réforme, les problèmes posés par la liaison
entre les enseignements du premier et du se
cond degré, et la classe d’orientation, et dont
le rapporteur, Henri Boivin, est uni à nous par
tant de liens chers et douloureux.
[Lire la suite en 6 e page, l re col.]
EXAMENS - CONCOURS - EMPLOIS - AVIS
EXAMENS ET CONCOURS 1938
C. A. A L’EDUCATION PHYSIQUE
Degré élémentaire : L’examen écrit est fixé
au 27-5-38. Inscriptions du 30-4 au 12-5. —
Première partie : L’examen aura lieu le 4-6-
38. Inscriptions du 25-4 au 4-5. — Deuxième
partie : L’examen aura lieu les 17 et 18-6-38.
Inscriptions du 25-4 au 17-5. — Inscriptions
au secrétariat de l’Académie (Sorbonne, bureau
n° 5, 10 à 11 h. 30 et 14 à 16 h.) pour la Seine,
au secrétariat des inspections académiques
pour les départements.
POSTES VACANTS
4- La chaire d’égyptologie du Collège de
France est déclarée vacante. Délai 1 mois du
28-4-38.
•f- La chaire de droit romain (dern. tit. : M.
Jauffret) de la Faculté de Droit d’Aix-Mar
seille, est déclarée vacante. Délai 20 jours
du 27-4-38.
4- La chaire d 'économie politique et histoire
des doctrines économiques de la Faculté de
Droit de Dijon (dern. tit.: M. Baudin) est dé
clarée vacante. Délai 20 jours du 27-4-38.
4- La chaire de géologie de la Faculté des
Sciences de Nancy (dern. tit.: M. Fallot) est
déclarée vacante. Délai 20 jours du 28-4-38.
4- Un poste de chef de service des essais
(métallurgie physico-chimique) est vacant au
laboratoire d’essais du Conservatoire natio
nal des Arts et Métiers (traitement 33.000 à
49.000 fr. plus indemnités réglementaires). Dé
lai 1 mois du 23-4-38.
4- Sont offerts pour 3 ans à I’Ecole Poly
technique (concours d’admission de 1939, 1940,
1941) les emplois ci-après : a) 2 emplois
d'examinateur pour les mathématiques ; b)
1 emploi d'examinateur pour la chimie; c) 1
emploi d'examinateur pour les langues vivan-
G0NC0URS ADMINISTRATIFS
Sous-Inspecteur de l’A. P
Des concours s’ouvriront : le 30-6-38 pour
1)2 places de sous-inspecteur (H) de l’Assis
tance publique (demandes avant le 30-5-38) ;
le 20-10-38 pour 4 places de sous-inspectrice
de l’Assistance publique (demandes avant le
20-9-38). Conditions : Français, 25 à 30 ans
(sauf bonifications), licence ou A. 19-4-38. De
mandes au ministère de la Santé publique
(Personnel, 1 er bureau).
Rédacteur
à la Caisse des Dépôts et Consignations
Un concours pour l’emploi de rédacteur sta
giaire à la Caisse des dépôts et consignations
s’ouvrira dans la deuxième quinzaine de juin
1938. Notice sur demande à la direction gé
nérale de la Caisse (Personnel), 56, rue de
Lille, 7».
Musées nationaux et Musées de province
Les candidats désirant figurer sur les listes
d’aptitude aux emplois de conservateur, con
servateur adjoint, attaché et au titre de chargé
de mission des musées nationaux et aux em
plois de conservateur et conservateur adjoint
des musées de province devront dans le délai
d’un mois du 28-4-38 adresser leur dossier
au ministre de l’Education nationale (Beaux-
Arts, Bureau des travaux d’art), 3, rue de Va
lois.
tes (anglaise et allemande). — Sont également
offerts pour.le concours de 1939 : 2 emplois
d'examinateur suppléant pour les mathémati
ques; 1 emploi d'examinateur suppléant pour
la physiq-ne; 1 emploi d'examinateur pour la
chimie; 1 emploi d'examinateur suppléant
pour les langues vivantes (anglaise et alle
mande). Demande au général commandant
l’Ecole polytechnique, 21, rue Descartes, à
Paris (5°) avant le 1-6-38.
Chacun sait que la Sorbonne a des ac
cès de fièvre. Un vent malin qui souffle de
la ville; un moustique qui pique un point
sensible; une escarmouche entre globules
blancs et globules rouges; et voici la tem
pérature qui monte.
Un amphithéâtre, parfois, sert, si l’on
ose dire, d’abcès de fixation; parfois aus
si, tout l’organisme entre en ébullition. Ce
la dure ce qu’il faut à une maladie de jeu
nesse pour donner des inquiétudes à la fa
mille, pour permettre aux docteurs d’ex
périmenter des remèdes, lénitifs ou vio
lents, mais qui, les uns et les autres s’avè
rent en fin de compte inutiles, car le
temps, toujours, finit par tout arranger.
Par « Sorbonne », il faut entendre, cela
va de soi, tous les organes de l’Université;
ils sont d’ailleurs pour la plupart séparés
maintenant de la maison mère; mais ils
participent tous au même instant des mê
mes troubles de santé, comme des ju
meaux à des lieues les uns des autres at
trapent le même jour la scarlatine.
Le phénomène n’est pas nouveau. Les
écoliers du Moyen Age faisaient périodi
quement retentir de leurs clameurs les
ruelles de la Montagne, et, faute de pyro
gènes — aujourd’hui disparus — ou de si
phons — encore en activité — se lan
çaient à la tête leurs éeritoires.
L’histoire reste à écrire des « chahuts »
du Quartier. Du moins le héros d’une de
ces petites émeutes n’a-t-il pas voulu « en
caisser le coup », sans livrer à la postéri
té tous les faits de la cause.
M. Saint-René Taillandier — qui n’était
pas encore de l’Académie Française oc
cupait depuis vingt ans la chaire de litté
rature française à la Faculté des Lettres
de Montpellier lorsqu’au mois de novem
bre 18(53, la Faculté des "Lettres de Paris
le désigna pour suppléer son collègue
Saint-Marc Girardin dans la chaire de
poésie française. Au printemps de 1868, la
chaire d’éloquence française étant deve
nue vacante par la retraite de Désiré Ni-
sard et la mort de son successeur immé
diat M. Eugène Gandar, il fut nommé par
le ministre Victor Duruy titulaire de cette
chaire. Il avait commencé en décembre
1867 une série de leçons sur [Molière; il
eût dû changer de sujet; mais à la deman
de d’un auditoire enthousiaste, il continua
et mena jusqu’à la fin de l’année scolaire
1867-1868 ses études sur la poésie comique.
Il avait cru devoir, toutefois, prendre im
médiatement possession de la chaire d’élo
quence, et il avait prononcé le jeudi 7 mai
1868 son discours d’ouverture. Ramenant
ses auditeurs à 1825, il citait, en particu
lier, un chapitre des Mémoires de Ville-
main, où son illustre prédécesseur rela
tait une ovation (chahut sympathique, ce
lui-là), dont le général Foy avait été l’ob
jet; apparemment fort de loisir ce jour-
là, le général était entré, en passant, dans
un amphithéâtre de la Sorbonne. Ville-
main y faisait son cours. A peine arrivé
dans l’hémicycle, le général, porté par le
public, avait été déposé sur le banc d’hon
neur, « à la place où siégeait, à certains
jours solennels, M. le Préfet de la Seine... »
(c’était dans l'amphithéâtre du Concours
général).
« Messieurs », avait alors, le calme re
venu, prononcé le Professeur, « ici nous
ne devons applaudir que les orateurs an
tiques et nous n’avons de couronne à dé
cerner qu’à Démosthène » ; puis, « se raffer
missant contre ce choc subit d’une popu
larité si éclatante dont la présence acca
blait la parole pacifique de la Sorbonne
en même temps qu’elle la compromettait »,
il enchaîna, comme on dit, et reprit son
discours interrompu sur la Rhétorique
d’Aristote...
Cette leçon d’ouverture du 7 mai 1868,
qui était pour Saint-Marc Girardin une
prise de possession, était pour ses audi
teurs une annonce de Renseignement qu’il
devait donner l’année suivante. De cet en
seignement il allait tracer, en décembre de
la même année, une introduction plus pré
cise dans un cours qu’il intitulait « Le
combat des idées aux xvin» et xix* siè
cles ». Notoris-y l’évocation « du moment
où l’Encyclopédie s’élevait, où Diderot pré
sidait à la construction de l’immense Ba
bel, Diderot, âme puissante et confuse,
fournaise où le panthéisme bouillonnait... »
S,
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