Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1842-11-23
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r
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Langue : français
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Description : 23 novembre 1842 23 novembre 1842
Description : 1842/11/23. 1842/11/23.
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
2S NOVEMBRE iM2
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de 50 à cS iettra~ ea petit-texte. i
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recei~ed for tMs papef.byW. JEFB'9. foretta
tootseHer, BMUa~ton-ÂtMde, ï
t~sassïe~
~at)t<-Fë~r~oM!'s',10!:o~)~t'e.
~Depuis uno dixaiûe d'années environ, il se trouve dans
la ville libre d~ Cracovie pinsi~urs sujets russes et polonais
qui y ont el6 natura'ises en t853, par suite d'une ordoo-
canco,,pabUce cotte ~poquo, sans cependant avoir cfMë
~'étre des sujets de l'a'npiro russe. S. M. l'Ëmperenr vient
luëment au vcen du Sénat do la viuf libre do Cracovie, ne
doivent p!us être reconnus poar sujets russes tous les ha-
bitass da l'empire et du royaume de Pologne qui ont pmë
ëans l'Etat tibro de Gracovie jusqu an 25 novembre 1836,
Bt qai déclareront, dans un dotai détermine, qu'its désirent
faire partie des habitans de l'Etat de Cracovio 2" sont ex-
ceptés de cette catégorie tous ceux qui sont astreints ah
service militaire dans nos Etats, et les personnes qui se
sont rendues coupables dosuivies par les tois; 5" l'autorisation de devenir sujet de
t'Etat de CracôvM no doit s'étendre dans aucun cas à ceux
des sujets, fusses et prenais qui se sont ctaMi~ à Cracovie
après t82S Novembre 1856; 4° si parmi les Russes au les
Potonais qui désirent se Hxer à CraeoYia~i! y en a qui pos-
sèdent des propriétés dans l'empire ou {tans 1s royaume,
ces.propdotos devront être vendues dans l'espace de deux
ans. ~itro~dcFeWM.)
fKAMOE,
PAMS;, 22 NOVEMBRE.
Noas Mrions pu neas épargner la p$!né d'éclairer le
pabticsur le véhtabte bat que s'était proposé, con pas'
la majorité de la Chambre, mais t'Opposition, en atta-
quant avec tant de vivacité ta traité de t841 te! jour-
naux de !à gauche avouent, a'véc une naïveté qui nous
étonne, qo'iis ontmanqué !earcMp. Comment! Le traité
de 18~1 ne sera pas rati6é; te protocole est fermé; te
Vœu de ta Chambre est rompti; M: Guizot est sortt à
son honneur et à la satisfaction dH pays d'unadtfûcuité
contre taquette nous espérions bicii qa'it ccbocferait i~~
Qu'importe que la Chambre ait obteuu ce qu'ette voû-
lait ? Noss, avons-nous obtenu ce que nousjvoutions ? 2.
Le traiiè n'est pas rat!8é; voita une belle affaire'
M. Gu'zot n'e~t-i! pas teujouris ministre ?
Nous n'~a;;G! ans pas; c'est bien là le langage des
journaux de l'Opposition. Ils s'étaient si agréablement
bercés de t'espoir qae M. Guizot n'obtiendrait jamais ta
clôture du protocole, qu'aujourd'hui même, après !&
conclusion de l'affaire, dans t'excés de leur surprise et
de leur mécontentement, it8 raisonnent comme si tw
protocote était encore ouvert, comtac si M. Guizot n'a-
vait rien obtenu. Us font ta ieçoh aux puissances, tts
prouvent savamment à tord Aberdeen qu'il aurait du
exiger la démission de Gnizot! M. Gaizôt a réussi,
soit mais il à réussi co~rg fMre~es. SonSuccès viote
les lois de la procédure constitu(.toancHc. Pour t'honncur
de~ principes, itvaadrait bien mieux que tss puissances
eussent exigé la ratiScatian de ta,t''raace. C'eût été un
gros embarras, il est vrai, mais l'étiquette parlemen-
taire, tette qu'it ptait à l'Opposition de se ia ngurer. se-
rait sauve. Tout ta monde a donc manqué à son
devoir: M. Guizot, en ne donnant pas sa démission
et en ayant t'audace de réussir, qui pis est, dans une
négociation eu it devait échouer; t'Augieterre, en trou-
vant tout simple que M. Guizot pbcît au vœa de Eon
pays et ne ratifiât pas un traité désapprouvé par tes
Chambres; tes deux cabinets, en traitant cette affaire
avec dignité et bienveitiance réciproques it n'y a que
l'Opposition qui ait fait le sien; car, il faut être juste, ce
n'est pas sa faute si cette affaire du traité de 1841, grossie,
envenitaée, ne nous a pas Suscité des crises à l'iatéricHr
et tes plus sérieux embarras au dehors.
Pour notre compte, nous attachons peu d'importance,
nous te confessons~ à la question de procédure. Q.:e
M. Guizot ait réùs~ contre tes régies on selon les rè-
gtes, c'est un problème doat nous laisserions votontiers
l'éclaircissement aux pédans de ta scotastique pariemen- j
taire. Leur férule ne nous fait pas grand'peur, et le bon
senspubtic ne s'inquiète guères de ces subtilités de'
procureur. Que voutatt ia Chambre ? que le traité de 18A1
ne fût pas ratifié. Ce point est obtenu. Quel est donc le
tort de M. Guizot? d'avoir franchement défendu ses ac-
tesdevant la Chambre, même lorsqu'il a vu, par te
plus subit et, il faut Mes le dire, par te plus inattendu
revirement ,t'opinioa de la majorité se prononcer con-
tre des mesures qui n'avaient pas étejusque-tàjt'objet
de la moindre critique? Nous disons, nous, que pour tes
gens honnêtes ei impartiaux, rien n'a été plus net, plus
digne, ptas constitutionnel, que toute la conduite d<
FeaNe~n
`~ LES MYSTERES DE PAMS. ?
QUATMÈME PjUtTlE. CHAPJT&E f.
s démenée ~'JMtMTUjte
Le tecteur nous excusera d'abandonner âne de BiM M-
roïnes dans une situation si critique, situation dont nou:
dirons plus tard !e dënouemeBt.
L&5 exigences de ce récit multiple, malheureusement
trop varié dans son unité, nous forcent de passer iaces-
samment d'ua personnage à un autre, a6n défaire, autant
qu'it est en nous, marcher et progresser i'interét général
de rœftvro (si toutefois it y a de Pinterôt dans cette œuvre
aussi dif8cite que conscieaciease et imparfai.te).
Nous avons encore à suivra quelques uns des acteurs de
co récit dans ces mansardée, ou.&issennedefroidet defaim,
a!M misère timide, résignée, probe et laborieuse.
Bans les prisons ~d'hommes et de femmes, prisons sou-
vent coquettes et nemies souvent Bojtres et funèbres,
mais toujours vastes ecotes de perdition, atmoiipbère nau-
séabonde et viciée, où l'innocence s'étiole et seitétrit.
sombres pandëmoniums où un prévenu pent entrer pur,
mais d'où il sort presque toujours corrompu.
Dans les Mpitaux, où !e pauvre, traité parfois avec une
toachante humanité, regrette aussi parfois te grabat sot'-
taire qu'il trempait do !a sueur glacée da la ilovre.
JOacs ces mystëneux asiles, où ta nHe séduite et dëtaiMëe
(1) La Mp~n~oeUon des tf~ferM de Parf< est formeUement
nter~ite. Toj/E~ ta PREMtEREPARTtE dans !es Nam6ros des
i9,~ ,?, 2S, M. 25, 26. 28 et29ja)n, des 2 .3.5,6.7.
10. t2 et ts jaiMet. fëyfj; la BECXt&Mf: PARTIE daas tes Nu-
méros des 6, 7, 8, 9, i0, IS, <4, 15, 17, 2<, 22, 2S, M, 27 et 98
Mptembre. fo~j; ta TROtSt&ME PARTIE dans tes Marneras
des f, 3, 4, 5, 8, 8, M, 11, 1S, 16 et 17 novembre.
M. Guizot dans cette question du droit~do visite. M. Guixot
est, avec M. te duc de BrogHe à la Chambre des Pairs,te
settt qui ait eu te courage de ne pa: désavouer sen passé
qaand it a vu l'orage gronder contre, des conventions
qu'en un autre temps on avait jugées utiles et glo-
rieuses. Et pourtant si M. Guizot eût voulu faire
aaiende honorable, on !ui en avait donné l'exempte!
ttaaraitpu dire: Le traité de 184l? je l'ai signé, mais
ce n'est pas moi qui l'ai fait. Les coaventions do 1831
et de 1833? en prenne ta responsabitité qui voudra; je
n'étais pas ministre des affaires étrangères quand cites ont
été stipulées. Ce sont les ministres mes prédécesseurs qui
ont négocie pendant dix ans auprès de tontes tes coars
pour transformer te droit devise en un article du droit t
public européen. C'est bien malheureux car par ta
on a hamitié notre mariné, abaissé notre paviUon,
compromis notre commerce. Ce tangage, M. Gu'zot
aurait pu te tenir à aussi bon droit que tel anciea mi-
nistre qui semblait avoir oublié tout-à fait, da~s ranter-
tume de ses critiques contre le droit de visite, qa'ii se
critiquait et s'accusait lui-même Voyez tes dates des
conventions 1831, 1833, 184l! Sans parler des négo-
ciations par tesquettes Naptes, ta Suéde, iaSardaignè
ont successivement adhéré aux conventions primitives
de la France et de l'Angleterre. 1
Ces conventions étant devenues impopataires, ona a
trouvé commode d'en rejeter toute la responsabilité sur
M. Guizot. On aurait dit que c'était M. Gnizot qui avait
inventé le droit de visite M. Guizot a fait têts à l'orage
il a soutenu son opinion et ses actes avec un talent ad-
mirable. Mais pourquoi n'a-t-it pas donné sa démission
lorsqu'il à senti que l'opinion de ta Chambre exprimée
dans t'Adresse ne lui permettrait paederatiaer te traité
de 1841 ? Pourquoi ? parce qu'il tni restait autres choses
et des choses plus importantes a faire que la ratiËcatien
du traité de 1841. Quoi pour un échec qui n'entamait en
rien te fond de sa politique, 'M. Guizet aurait déserté
son poste! It aurait abandonné sans chef le parti
conservateur~ H aurait livré ta Chambre, te pays, tes
affaires à l'Opposition Ceta vous eût fort arrangé, je
le conçois, mais ceta eût-tt été constitutionnel et parle-
mentaire ? Comment! la Chambre ne pourra pas expri-
mer un voeu, donner M conseil, âne direction au gou-
yernement, btâmer un acte particulier d'un cabinet, sans
craindre de jeter le pays dans une crise ministérietie!
En repoussant te traité de 1841, était-ce l'intention
de ta majorité de condamner toute la politique du
cabinet, et de i~rcerM. Guizet à donner sa démis-
sion ? Certes, si c'eût été ta l'intention ds ta Chaiab. e
eUe aurait bien su le faire comprcndie. Les occasions
ne tui en on), pas manque. L'Opposition a rcaouvcic dix
fois le combat d'où vient, je vous prie, que ta majorité
n'a manqaé~qu'une soute fois au ministère~ et sur cette
question spéciale da droit de visite? H faut que t'Oppo'-
sition en prenne son parti. H ne rera pas si facito désor-
mais de dissoudre les ministères. L'expérience nous a
éclairée. On n'ira pas au devant des crises, on tes atten-
dra. On se retirera devant la volonté de fà Chambre,
mais qaandcette volonté sera clairement exprimée. ît n'y
a eu que trop de ministères depuis douze ans qui se sont
Suicidés. La Chambre en a très peu renversé; la plupart
se sont renversés eux-mêmes par un excès de scrupute.
En croyant obéir à une .décision, de ta majorité its ont
été contre 'es veeux et contre les intérêts de cette ma-
jorité ils l'ont privée de ses chefs; its t'ont affaib)ie
et désorganisée! C'est ce que M. Guizot n'a pas voulu
faire, et c'est en ceta précisément qu'il s'est montré ptus
ceMtitationnctet plus parlementaire que ceux qui n'au-
raient pas été fâchés de profiter de i'occasion pour
escamoter te pouvoir et nous rejeter dans l'anarchie de
1840.
Qu'a-t-it donc fait? Deux choses beaucoup piuspro-
tabtes aux intérêts delà France, au progrès de ta liberté
et à la grandeur du gouvernement représentatif qu'une
démission volontaire qui n'est souvent qu'une déclaration
d'impuissance. It a lui-même obéi au vœu des Chambres,
etit a fait prévaloir ce vœu dans les conseits de l'Europe!
On parle de ta sincérité du gouvernement représen-
tatif! La voita; la voilà en action et non en vaines
théories. Qn demande que tes Chambres exercent une
sérieuse inûuence sur la march.e de notre politique,
sait au dedans, sait au dehors. Quand cette inHuence
s'est-ette manifestée par un résultat plus éclatant? Les
Chambres n'avaient exprimé qu'un vœu; aa Roi seat
appartient te droit de CMichnre et de ratiner !es traités
ce droit, M. Guizot avait eu soin de le réserver tout en-
tier, comme il !e devait; ta Couronne pouvait passer
met au joar, ea t'arrosant de larmes amèrM, l'enfant
qa'etiejtedoitptnsrevoir.
Dans ces Meax terribtes, où ta folio, touchante, gro-
tesque, stupide, hideuse ou féroce~ se montre SoNs des
aspects toujours effrayans. depuis l'insensé paisible qui
rit tristement da c~ itré qui tait pleurer. jusqu'au fré-
Bétiqao qui rugit comma aM &6te Mmce CB s'accrochant
aux griltes de son cabanon.
Nous avons eann à explorer.
Mais a quoi bon cette trop iongne ënumoratton? No de-
vons-nous pas craindre d'effrayer le lecteur ? U a déjà bien
Youtu nous iaira la grâce de nous suivre en de& Ueux assez
étranges, U hésiterait poat-étre & nous accompagner dans
de nouveHes pérégrinations..
(~!a dit, passons.
l"
On se souvient que !a veiuo du jear où s'accomplissaient les
ëvénMmpns que nous -veaon! de raconter (Pentèvement de la
Gonfdeuse paria Chouette), Rodotpha avait sauvé M"' d'Har-
viHe d'un danger imminent, danger suscite par la jt!ousie
de Sarah, qni avait prévenu M. d'HarviUe du rendez-vou!
siimprudomtBent accordé par ta marquise & M.Charles
Robert.
Rodolphe, profondément ému do cette scène, était ren-
tré chez tui en sortant de la maison de la rM du Temp!e,
remettant surlendemain la visite qa'it comptait faire a
M"* Rtgoiettcet à la famiUe de matheareux artisans dent
nous avonsparté, car ii les croyait à Fabn du Besoin,
grâce à l'argent qu'il avait remis pour eux à !a marquise
a6n de rendre sa prétendue visite de charité ptos vraisem-
blable aux yeux de M. d'Harviu~ Malheureusement Ro-
dolphe ouMiait que~fortHïard Jetait emparé de cette
bourse, et l'on sait comment io petit boiteux avait com-
miscevotaudacieux.
Vers les quatre heures, le p~iaeerecat~s~~ett~e suivante.
Une ~maie âgée l'avait appartee, attendre !a réponse.
i~ « Monseigneur,
M Je vous dois p!us que la vie; je voudra)s vons ex-
outre et ratifier le traité de 1841 mais M. Guizot lui a
donné le conseil de se rendre au vœu des Chambres,
et un traité, déjà signé, n'a pas été ratifié. Ce n'est rien
encore; Il s'agissait d'amener l'Europe eUe-même, !es
gouvernemens absolus comme les gouvernemens cons-
titutionnels à reconnaître la puissance d'un v primé par les. Chambres, il-s'agissaitde faire .entrer,
pour ainsi dire, l'influence parlementaire dans ia diplo-
matie .générale. M. Guizot y a réussi, tl y a réussi
par le seul ascendant d'une politique honnête et.loyale,
d'une .politique paeiûque et ferme. H y a réussi sans que
nos bons rapports avec des cabinets que notre procedé
aurait pu surprendre aient été un moment troublés.
Il y a réussi sans recevo!r, sans avoir besoin d'échan-
ger des récriminations, des plaintes, des notes inju-
rieases ou aigres Et voilà ce qu'on lui reproche Voiià
ce dont on lui fait ua crime Voilà ce qu'on ne trouve
ni assez constitutionnel, ni assez parlementaire, ni
assez digne
Peut-on avouer plus clairement qu'on ne poursuivait
qu'une chose, le renversemesMu ministère, et qu'on
se moque bien du droit de visite et du traité de 18~1,
ratifié ou non Soit 1 Maissi l'Opposition avait son but,
qu'et!e a manqué, la majorité autsi avait !e sien, et
celui-là est atteint c'est l'important. M. Guizot proba-
blement n'espérait pas contenter l'Opposition il n'a
rien fait pour elle il ne lui demande pas de reconnais-
saoce; il n'en attend pas même de justice
Au départ du courrier de Bombay, le 13 du mois
dernier, on ne connaissait encore dans cette ville
ta prise et !a destraction de Ghazna par te générât Nott
et rentrée du générât Pottock à Caboul que par une
proclamation du gouverneur-générat de l'Inde. Les cor-
respondances particulières de t'armée et tes rapports
officiels relatifs à ces événemens n'avaient encore été
ni imprimés, ni distribués noas sommes donc fort a
court de détails sur ces taits.
Ce que noussavons, c'est que le général Nott, parti
deCandahar te 10 août, a rencontré le 30 du même
mois, à environ deux cents mittes ou soixante-six tieues
de cette vitte, et à trente et quelques milles de Ghazoa,
une armée d'Afghans qu'il évalue a 12,000 hommes, et
qui fut m!se en déroute après un combat assez vif mais
de peu de durée, où les Anglais eurent 104 hommes
tués ou Messes. Apres cette victoire, i! arriva te S sep-
tembre devant Gbazna, qui n'entreprit pas même de se
défendre et fut cependant détruite, c'est le mot em-
ployé dans la proclamation du gouverneur-générat.
A Ghazna, on trouva 337 cipayes ou soldats indiens du
régiment qui avait été f)b)igé de se fendre aux Afghans
1 hiver dernier. Les ofucicrs et les autres Européens qui
ont partagé te sort de ce régimoat avaient été évacués
sur Caboul. On croyait que te générât Nott reprendrait
ensutite son mouvement,, et arriverait vers te 20 sep-
tembre, sans plus de combats, à Caboul, où le général
Pollock t'a précédé.
De son côté, te générât Pollock, parti de Gundamack
te 7 septembre, a trouvé te 9 l'ennemi, au nombre de
trois ou quatre mitte hommes, posté dans te dénié do
Djagdaltack. L'avant-garde conduite par le brave R.
Sale, qui, malgré ses soixante-dix ans, a fait preuve
encore dans cette journée d'une ardeur presque juvé-
nile a promptement dissipé les Afghans. Ce succès a
sufS pour ouvrir aux Anglais ces redoutables passes, t
où ils n'ont plus rencontré que des squelettes déf
charnéo, tristes débris de t'armée du général Et-
phinston. C'est seulement au Khoard-Cabout, te der-
nier de ces dentés du c&té de Caboul, que tes Af- `
ghans ont tenté te 13 septembre un effort Suprême.
14,000 hommes, réunis sous les différens chefs du
pay~, ont été mis en déroute après an combat qui -a
coûté aux'Anglais 164 hommes tués oabtessés, et le
surlendemain de ce jour, te 15 septembre, le général
Pollock venait planter ses tentes sur l'ancien champ de
course disposé jadis par la garnison anglaise pour te
plaisir de ses otuciers. Toutefois, moins heureux que
sèn collègue, le générât Pollock n'a trouvé à Caboul
que des malades tows les prisonniers valides.
avaient été évacués sur le nord ou dans tes montagnes
par les chefs afghans, qui comptent sans doute se tes
réserver comme moyen de négociations avec tes Anglais.
On pensait cependant que dix ou quinze jours suturaient
au générât Poitock pour obtenir ta délivrance de tous
les prisonniers, et qu'ensuite tes deux armées réunies
rentrcratent dans t'Inde par Pechaver et le royaume de
!) primer aujourd'hui même ma, profonde reconnaissance.
Demain peut-être la honte me rendrait muette. Si
M vous pouviez me faire l'honneur de venir chez moi co
B soir, vous Sniriez cette journée camme vous l'avez corn-
a mencée, Monseigneur. par une généreuse action.
eB'ORBtet
< P. 5. No prenez pas la peine de aie répondre,Mon-
a soigner je serai chez moi toute la soirée.
Rodotphe, heureux d'avoir rendu & M"'d'Harvine un ser-
vice éminent, regrettait pourtant l'espèce d'intimité forcée
que cetta circonstance établissait tput à coup entre lui et
)a marquise.
Incapable de trahir l'amitié de M. d'HarvîHe, mais pro-
fondétBéat touché de !a grâce spiritueiie et de l'attrayante
beauté do Clémence, Rodotpbe, s'apercevant de son goût
trop vtf pour elle, avait presque renoncé à lavoir, après un
mois d'assiduités.-
Aussi se rappetait-ii avec émotion l'entretien qu'il avait
surpns à l'ambassade ~e entre Tom et Sarah.CeUe-ci,
paur motiver sa haine et sa jalausie, avait afnrmé,
non sans raison, que M' d'HarvMIe ressentait toujanrs
presque à son insu une sérieuse affection pour Rodolphe
Sarah était trop sagace, trop une, trop initiée à la con-
naissance du cœur humain pour n'avoir pas compris que
Clémence, se croyant négUgée, dédaignée peut-être par un
homme qui avait fait surelie âne impression profonde, que
Clémence, dans son dépit, cédaat awx obsessions d'une
amioperËde, avait pu ~'intéresser, presque par surprise,
aux matheurs imaginaires de M. Charles Robert, sans pour
cela oublier complètement Rodolphe.
D'autres femmes, NdNes au souvenir de l'homme qu'elles
avaient d'abord distingue, seraient restées indifférentes
aHx mélancoliques regards da ComM<ïttvU'c, f~t donc doublement coupable, quoiqu'elle n'eût cédé
qu'à la sëdaction du malheur, et qu'un vif sentiment du
devoir, joint peut-être au souvenir du prince, souvenu- sa-
tataire qui veittait au fond de son cœur, l'eût préservée
d'une faute irréptrabie.g 0 <
LahoM, abandonnaBt le ~ys aax désordres qai agi-
t~nt (es tribaa~ anx jatoustes ~'u diviseat tears coe~.
OnUtdans!aCsM~d'AM~6oM~:
? Le nouveau prince do Servie a reça son investiture !o,
7 novembre. Aucun des consuls étrangers n'a assiste a, ta'
cérémonie; Us ne veulent avoir aucun rapport avec les
nouveaux gouvernans.~ u.
Nous recevons aujourd'hui des nouveltes de Barce-
lone, du 17 de ce mois, qui nous donnent des détaitt
curieux sur t'insurrection populaire que neus ayena
annoncée d'après une dépêche té!égraphiqua de Per-
pignan, du 19. Le mouvement peut être regardé comme
républicain, quelque te mat république ne soit paaf
ofuciettement prononcé. C'est contre les généraux et:
tes efSciers, contre te parti mititaire, que te mouvement'
s'est déctaré d'abord. Le peuple de cette vitte, que
t'histMre nous montre séditieux dans tous les ternes et'
sous tous les régimes, voit avec ombrage la garniMn
et les forts destinés à te tenir en respect. Aussi l'on se
rappellera qu'à la dernière insurrection, la première
chose que fit ce peuple fut de procéder à la démolition
de la citadelle, du côté de la vitte. A ta suite de cette
môme insurrection, la garde nationale fut réorganisée
et l'on y incorpora, contre le vœa de taloi, dix a
douze mille ouvriers et uue foule d'hommes sans ga- r
rantie. Notons aussi que tes principes du communisme
te plus radical ont fait depuis quelque temps de dan-
gereux progrès dans cette poputation irritable et pas-
sionnée.
Voici maintenant tes détails de l'insurrectton. Trente
à quarante hommes de ta banlieue escortant une voiture
chargée de vin font irruption le 13 au soir, à ta porte
det Angel p'our entrer par force et sans payer les
droits. Une collision éclate; t~&is des ouvriers se jot-
gnent à eux, et la garde est désarmée. Cependant it
arrive des renforts ta troupe disperse tes mutins, et
une douzaine d'individus sont arrêtés.
L'émeWte se grossit et vient assiéger l'édiuce appelé
Cde gardes nationaux armes sont avec tes mutins. liât
prétendent venir pour réclamer contre te recrutement,
àuquet te gouvernement veut tes astreindre comme tous!
~ës Espagnols; car, pour te dire en passant, tes gardes
nationaux de Barcelone exigeaient depuis quelques jours
qu'on tear concédât te privilège do ne pas tirer au sort
pour te recrutement de t'armée. D'autres gardes na-
tionaux se portaient au quartier de réunion de 3* ba-
taillon pour te soulever. M. Guttierëz, chef politique, se
transporta aussitôt à t'hôtët-de-vitte avec un détache-
ment de troupe qu'tl avait requis du gouverneur, et
t'On parvint à dissiper les séditieux sur tous tes points.
Pendant la nuit, on arrêta dans teur bureau les rédac-
teurs du ~M~~caMo, que l'onregardait comme tes pro-
moteurs du mouvement.
Le 14, à six heures du matin, tout paraissait tran-
quiitc. Mais les meneurs avaient mis !a nuit à profit, et
préparé une insurrection bien plus sériéuso. Bientôt des
groupes armés se portèrent surl'hôtel-de-viMe, de-
mandaat la mise en liberté de:, hsmmes arrêtés, sur-
tout des rédacteurs du ~<'pMMcoutre que le chef politique rendît compte au peuple de
sa conduite en cette circonstance. Us saisissent mema
un des retors (adjoints), et le forcent de présider une
députation de cinq d'entre eux qui :e rendent chez
M. Guttierez. Ce magistrat, résistant avec fermeté &'
teurs exigences et à leurs vociférations, les fait arrêter'
tous ks cinq. Vers midi, itpubtie une proclamation~
pour inviter,tesboBS citoyens à prêter force à la loi, et
un arrête qui interdit toute réunion de ta garde natio-' J
nate sans convocation légale et tout rassemblement au- r
dessus de dix personnes. Le capitaine-génêrat Van-Ha-
ten, accompagné d'une forte escorte do cavalerie,
arrivait en même temps chez te chef politique pour se
concerter avec lui.
Mais te mouvement était imprimé aux masses et de-
vait se développer dans ses dernières conséquences. Les
bataittons de la garde nationate se rassemblaient sur ta'
place de l'hôtet-de-vitte. Le capitaine-génêrat réunis-
sait en même temps une partie de la garnison sur ta'
promenade de ta Rambta, avec six pièces de canon.
Pendant ta soirée du 14 et pendant la nuit, on se borna
à s'observer de part et d'autre, comme si chacun des
deux partis hésitait à entamer une cottision sanglante
et voulait que l'autre eû~ les torts de l'agression. Ce*
Rodolphe, en songeant à son entrevue avec M*" d'Har-
vil!e, était e* proie à de bizarres contradictions. Bien re'
soin de résister au penchant qui l'entraînait vers elle, tan-~
tôt il s'estimait heureux de pouvoir la ~atmer en lui re-
prochant un choix awssi fâcheux que celui de M. Charles
Robert, tantôt au contraire il regrettait amèrement, de voir
tomber le prestige dont il l'avait jasqu'alors entoarëo.
Clémence d'HarviUe attendait aussi cette entrevue avee,
anxiété; les deux sentimens qui prédominaient en elle,
étaient une douloureuse confesion lorsqu'elle pensait à
Rodolphe. âne {aversion jprofoadé IorM. Charles Rebert.
Beaucoup de raisons motivaient cette aversion, cattë
haiae. r
Une femme risquera son repos, son aonnenr pour un t
hemme mais elte ne lui pardonnera jamais de l'avoir misa
dans une position humiliante ou ridicule.
Or M"' d'HarviUe, en butte aux sarcasmes et aux insal?.t
tans regards de M*" Pipelet, avait iaiUi mourir de honte..
Ce n'était pas toat.
Recevant de Rodolphe l'avis du danger qu'elle conrait,
Clémence lavait monté précipitamment M cinquième; la~ >
direction ds l'escalier était telle, qa'en le gravissant aperçut M. Charles Robert vêtu de san éblouissante robe
de chambre, au marnent eu, reconnaissant le pas .léger ï
de la femme qo'il attendait, ii entrebâillait sa porte d'an
air sonnant, connant et conquérant. L'insolente fatuité
du costume s:yMt/!ca combien eile s'était grossièrement trompée sur cet homme.
Entrainoe par la bonté de son cœur, par la générosité
de son caractère à une démarcha qui .pouvait ~a perdra t
ello lui avait accordé ce rendez-vous non par ameur mais
seulement par commiséfatio[i,a8n de le consoler dnrole
ridicule que le mauvais goût de M. le dac de Lucenay lui r
avait fait jouer devant elle à l'ambassade da
Qu'on juge de la docanvenuo, du dégoût de M"' d'Elar-
viUe a l'aspect de M. Charles Robert. vêtu en triompha-
teur t.
ON S'ABOaME
tNe~MP!'
tMY:,
Tr6i
'Aad iat.'MtBON, app~yto W.~Mt,
tofëtgn Boo&seUer, BmHngton-AtcaBfi< ORe year. St. st. 10 sch. S!ï men!&<,
H.at.i
11 ..d
r:, .IiJJ~, .IJJ '11.
-J[1:'
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W~MLNIOMS Et MTT~ÂM~.
~&Bg~ ~~JSMJ&<&a'Me-~t~ .SL&iJa)~ ~~at~j.SL ~~s~&'a~JBJBt-B&JH~aM~w
-MEHCREM.
Os MCOtT LES AY!S A tM&MR
toas!
d< dix heare? du EDStin à qmatre heatet
attBujreandQjotu'aaL
LiE~&tXDEttNSBRTtOtt';
estdei Cr.Iaiigne
de 50 à cS iettra~ ea petit-texte. i
b
A
recei~ed for tMs papef.byW. JEFB'9. foretta
tootseHer, BMUa~ton-ÂtMde, ï
t~sassïe~
~at)t<-Fë~r~oM!'s',10!:o~)~t'e.
~Depuis uno dixaiûe d'années environ, il se trouve dans
la ville libre d~ Cracovie pinsi~urs sujets russes et polonais
qui y ont el6 natura'ises en t853, par suite d'une ordoo-
canco,,pabUce cotte ~poquo, sans cependant avoir cfMë
~'étre des sujets de l'a'npiro russe. S. M. l'Ëmperenr vient
doivent p!us être reconnus poar sujets russes tous les ha-
bitass da l'empire et du royaume de Pologne qui ont pmë
ëans l'Etat tibro de Gracovie jusqu an 25 novembre 1836,
Bt qai déclareront, dans un dotai détermine, qu'its désirent
faire partie des habitans de l'Etat de Cracovio 2" sont ex-
ceptés de cette catégorie tous ceux qui sont astreints ah
service militaire dans nos Etats, et les personnes qui se
sont rendues coupables do
t'Etat de CracôvM no doit s'étendre dans aucun cas à ceux
des sujets, fusses et prenais qui se sont ctaMi~ à Cracovie
après t82S Novembre 1856; 4° si parmi les Russes au les
Potonais qui désirent se Hxer à CraeoYia~i! y en a qui pos-
sèdent des propriétés dans l'empire ou {tans 1s royaume,
ces.propdotos devront être vendues dans l'espace de deux
ans. ~itro~dcFeWM.)
fKAMOE,
PAMS;, 22 NOVEMBRE.
Noas Mrions pu neas épargner la p$!né d'éclairer le
pabticsur le véhtabte bat que s'était proposé, con pas'
la majorité de la Chambre, mais t'Opposition, en atta-
quant avec tant de vivacité ta traité de t841 te! jour-
naux de !à gauche avouent, a'véc une naïveté qui nous
étonne, qo'iis ontmanqué !earcMp. Comment! Le traité
de 18~1 ne sera pas rati6é; te protocole est fermé; te
Vœu de ta Chambre est rompti; M: Guizot est sortt à
son honneur et à la satisfaction dH pays d'unadtfûcuité
contre taquette nous espérions bicii qa'it ccbocferait i~~
Qu'importe que la Chambre ait obteuu ce qu'ette voû-
lait ? Noss, avons-nous obtenu ce que nousjvoutions ? 2.
Le traiiè n'est pas rat!8é; voita une belle affaire'
M. Gu'zot n'e~t-i! pas teujouris ministre ?
Nous n'~a;;G! ans pas; c'est bien là le langage des
journaux de l'Opposition. Ils s'étaient si agréablement
bercés de t'espoir qae M. Guizot n'obtiendrait jamais ta
clôture du protocole, qu'aujourd'hui même, après !&
conclusion de l'affaire, dans t'excés de leur surprise et
de leur mécontentement, it8 raisonnent comme si tw
protocote était encore ouvert, comtac si M. Guizot n'a-
vait rien obtenu. Us font ta ieçoh aux puissances, tts
prouvent savamment à tord Aberdeen qu'il aurait du
exiger la démission de Gnizot! M. Gaizôt a réussi,
soit mais il à réussi co~rg fMre~es. SonSuccès viote
les lois de la procédure constitu(.toancHc. Pour t'honncur
de~ principes, itvaadrait bien mieux que tss puissances
eussent exigé la ratiScatian de ta,t''raace. C'eût été un
gros embarras, il est vrai, mais l'étiquette parlemen-
taire, tette qu'it ptait à l'Opposition de se ia ngurer. se-
rait sauve. Tout ta monde a donc manqué à son
devoir: M. Guizot, en ne donnant pas sa démission
et en ayant t'audace de réussir, qui pis est, dans une
négociation eu it devait échouer; t'Augieterre, en trou-
vant tout simple que M. Guizot pbcît au vœa de Eon
pays et ne ratifiât pas un traité désapprouvé par tes
Chambres; tes deux cabinets, en traitant cette affaire
avec dignité et bienveitiance réciproques it n'y a que
l'Opposition qui ait fait le sien; car, il faut être juste, ce
n'est pas sa faute si cette affaire du traité de 1841, grossie,
envenitaée, ne nous a pas Suscité des crises à l'iatéricHr
et tes plus sérieux embarras au dehors.
Pour notre compte, nous attachons peu d'importance,
nous te confessons~ à la question de procédure. Q.:e
M. Guizot ait réùs~ contre tes régies on selon les rè-
gtes, c'est un problème doat nous laisserions votontiers
l'éclaircissement aux pédans de ta scotastique pariemen- j
taire. Leur férule ne nous fait pas grand'peur, et le bon
senspubtic ne s'inquiète guères de ces subtilités de'
procureur. Que voutatt ia Chambre ? que le traité de 18A1
ne fût pas ratifié. Ce point est obtenu. Quel est donc le
tort de M. Guizot? d'avoir franchement défendu ses ac-
tesdevant la Chambre, même lorsqu'il a vu, par te
plus subit et, il faut Mes le dire, par te plus inattendu
revirement ,t'opinioa de la majorité se prononcer con-
tre des mesures qui n'avaient pas étejusque-tàjt'objet
de la moindre critique? Nous disons, nous, que pour tes
gens honnêtes ei impartiaux, rien n'a été plus net, plus
digne, ptas constitutionnel, que toute la conduite d<
FeaNe~n
`~ LES MYSTERES DE PAMS. ?
QUATMÈME PjUtTlE. CHAPJT&E f.
s démenée ~'JMtMTUjte
Le tecteur nous excusera d'abandonner âne de BiM M-
roïnes dans une situation si critique, situation dont nou:
dirons plus tard !e dënouemeBt.
L&5 exigences de ce récit multiple, malheureusement
trop varié dans son unité, nous forcent de passer iaces-
samment d'ua personnage à un autre, a6n défaire, autant
qu'it est en nous, marcher et progresser i'interét général
de rœftvro (si toutefois it y a de Pinterôt dans cette œuvre
aussi dif8cite que conscieaciease et imparfai.te).
Nous avons encore à suivra quelques uns des acteurs de
co récit dans ces mansardée, ou.&issennedefroidet defaim,
a!M misère timide, résignée, probe et laborieuse.
Bans les prisons ~d'hommes et de femmes, prisons sou-
vent coquettes et nemies souvent Bojtres et funèbres,
mais toujours vastes ecotes de perdition, atmoiipbère nau-
séabonde et viciée, où l'innocence s'étiole et seitétrit.
sombres pandëmoniums où un prévenu pent entrer pur,
mais d'où il sort presque toujours corrompu.
Dans les Mpitaux, où !e pauvre, traité parfois avec une
toachante humanité, regrette aussi parfois te grabat sot'-
taire qu'il trempait do !a sueur glacée da la ilovre.
JOacs ces mystëneux asiles, où ta nHe séduite et dëtaiMëe
(1) La Mp~n~oeUon des tf~ferM de Parf< est formeUement
nter~ite. Toj/E~ ta PREMtEREPARTtE dans !es Nam6ros des
i9,~ ,?, 2S, M. 25, 26. 28 et29ja)n, des 2 .3.5,6.7.
10. t2 et ts jaiMet. fëyfj; la BECXt&Mf: PARTIE daas tes Nu-
méros des 6, 7, 8, 9, i0, IS, <4, 15, 17, 2<, 22, 2S, M, 27 et 98
Mptembre. fo~j; ta TROtSt&ME PARTIE dans tes Marneras
des f, 3, 4, 5, 8, 8, M, 11, 1S, 16 et 17 novembre.
M. Guizot dans cette question du droit~do visite. M. Guixot
est, avec M. te duc de BrogHe à la Chambre des Pairs,te
settt qui ait eu te courage de ne pa: désavouer sen passé
qaand it a vu l'orage gronder contre, des conventions
qu'en un autre temps on avait jugées utiles et glo-
rieuses. Et pourtant si M. Guizot eût voulu faire
aaiende honorable, on !ui en avait donné l'exempte!
ttaaraitpu dire: Le traité de 184l? je l'ai signé, mais
ce n'est pas moi qui l'ai fait. Les coaventions do 1831
et de 1833? en prenne ta responsabitité qui voudra; je
n'étais pas ministre des affaires étrangères quand cites ont
été stipulées. Ce sont les ministres mes prédécesseurs qui
ont négocie pendant dix ans auprès de tontes tes coars
pour transformer te droit devise en un article du droit t
public européen. C'est bien malheureux car par ta
on a hamitié notre mariné, abaissé notre paviUon,
compromis notre commerce. Ce tangage, M. Gu'zot
aurait pu te tenir à aussi bon droit que tel anciea mi-
nistre qui semblait avoir oublié tout-à fait, da~s ranter-
tume de ses critiques contre le droit de visite, qa'ii se
critiquait et s'accusait lui-même Voyez tes dates des
conventions 1831, 1833, 184l! Sans parler des négo-
ciations par tesquettes Naptes, ta Suéde, iaSardaignè
ont successivement adhéré aux conventions primitives
de la France et de l'Angleterre. 1
Ces conventions étant devenues impopataires, ona a
trouvé commode d'en rejeter toute la responsabilité sur
M. Guizot. On aurait dit que c'était M. Gnizot qui avait
inventé le droit de visite M. Guizot a fait têts à l'orage
il a soutenu son opinion et ses actes avec un talent ad-
mirable. Mais pourquoi n'a-t-it pas donné sa démission
lorsqu'il à senti que l'opinion de ta Chambre exprimée
dans t'Adresse ne lui permettrait paederatiaer te traité
de 1841 ? Pourquoi ? parce qu'il tni restait autres choses
et des choses plus importantes a faire que la ratiËcatien
du traité de 1841. Quoi pour un échec qui n'entamait en
rien te fond de sa politique, 'M. Guizet aurait déserté
son poste! It aurait abandonné sans chef le parti
conservateur~ H aurait livré ta Chambre, te pays, tes
affaires à l'Opposition Ceta vous eût fort arrangé, je
le conçois, mais ceta eût-tt été constitutionnel et parle-
mentaire ? Comment! la Chambre ne pourra pas expri-
mer un voeu, donner M conseil, âne direction au gou-
yernement, btâmer un acte particulier d'un cabinet, sans
craindre de jeter le pays dans une crise ministérietie!
En repoussant te traité de 1841, était-ce l'intention
de ta majorité de condamner toute la politique du
cabinet, et de i~rcerM. Guizet à donner sa démis-
sion ? Certes, si c'eût été ta l'intention ds ta Chaiab. e
eUe aurait bien su le faire comprcndie. Les occasions
ne tui en on), pas manque. L'Opposition a rcaouvcic dix
fois le combat d'où vient, je vous prie, que ta majorité
n'a manqaé~qu'une soute fois au ministère~ et sur cette
question spéciale da droit de visite? H faut que t'Oppo'-
sition en prenne son parti. H ne rera pas si facito désor-
mais de dissoudre les ministères. L'expérience nous a
éclairée. On n'ira pas au devant des crises, on tes atten-
dra. On se retirera devant la volonté de fà Chambre,
mais qaandcette volonté sera clairement exprimée. ît n'y
a eu que trop de ministères depuis douze ans qui se sont
Suicidés. La Chambre en a très peu renversé; la plupart
se sont renversés eux-mêmes par un excès de scrupute.
En croyant obéir à une .décision, de ta majorité its ont
été contre 'es veeux et contre les intérêts de cette ma-
jorité ils l'ont privée de ses chefs; its t'ont affaib)ie
et désorganisée! C'est ce que M. Guizot n'a pas voulu
faire, et c'est en ceta précisément qu'il s'est montré ptus
ceMtitationnctet plus parlementaire que ceux qui n'au-
raient pas été fâchés de profiter de i'occasion pour
escamoter te pouvoir et nous rejeter dans l'anarchie de
1840.
Qu'a-t-it donc fait? Deux choses beaucoup piuspro-
tabtes aux intérêts delà France, au progrès de ta liberté
et à la grandeur du gouvernement représentatif qu'une
démission volontaire qui n'est souvent qu'une déclaration
d'impuissance. It a lui-même obéi au vœu des Chambres,
etit a fait prévaloir ce vœu dans les conseits de l'Europe!
On parle de ta sincérité du gouvernement représen-
tatif! La voita; la voilà en action et non en vaines
théories. Qn demande que tes Chambres exercent une
sérieuse inûuence sur la march.e de notre politique,
sait au dedans, sait au dehors. Quand cette inHuence
s'est-ette manifestée par un résultat plus éclatant? Les
Chambres n'avaient exprimé qu'un vœu; aa Roi seat
appartient te droit de CMichnre et de ratiner !es traités
ce droit, M. Guizot avait eu soin de le réserver tout en-
tier, comme il !e devait; ta Couronne pouvait passer
met au joar, ea t'arrosant de larmes amèrM, l'enfant
qa'etiejtedoitptnsrevoir.
Dans ces Meax terribtes, où ta folio, touchante, gro-
tesque, stupide, hideuse ou féroce~ se montre SoNs des
aspects toujours effrayans. depuis l'insensé paisible qui
rit tristement da c~ itré qui tait pleurer. jusqu'au fré-
Bétiqao qui rugit comma aM &6te Mmce CB s'accrochant
aux griltes de son cabanon.
Nous avons eann à explorer.
Mais a quoi bon cette trop iongne ënumoratton? No de-
vons-nous pas craindre d'effrayer le lecteur ? U a déjà bien
Youtu nous iaira la grâce de nous suivre en de& Ueux assez
étranges, U hésiterait poat-étre & nous accompagner dans
de nouveHes pérégrinations..
(~!a dit, passons.
l"
On se souvient que !a veiuo du jear où s'accomplissaient les
ëvénMmpns que nous -veaon! de raconter (Pentèvement de la
Gonfdeuse paria Chouette), Rodotpha avait sauvé M"' d'Har-
viHe d'un danger imminent, danger suscite par la jt!ousie
de Sarah, qni avait prévenu M. d'HarviUe du rendez-vou!
siimprudomtBent accordé par ta marquise & M.Charles
Robert.
Rodolphe, profondément ému do cette scène, était ren-
tré chez tui en sortant de la maison de la rM du Temp!e,
remettant surlendemain la visite qa'it comptait faire a
M"* Rtgoiettcet à la famiUe de matheareux artisans dent
nous avonsparté, car ii les croyait à Fabn du Besoin,
grâce à l'argent qu'il avait remis pour eux à !a marquise
a6n de rendre sa prétendue visite de charité ptos vraisem-
blable aux yeux de M. d'Harviu~ Malheureusement Ro-
dolphe ouMiait que~fortHïard Jetait emparé de cette
bourse, et l'on sait comment io petit boiteux avait com-
miscevotaudacieux.
Vers les quatre heures, le p~iaeerecat~s~~ett~e suivante.
Une ~maie âgée l'avait appartee,
i~ « Monseigneur,
M Je vous dois p!us que la vie; je voudra)s vons ex-
outre et ratifier le traité de 1841 mais M. Guizot lui a
donné le conseil de se rendre au vœu des Chambres,
et un traité, déjà signé, n'a pas été ratifié. Ce n'est rien
encore; Il s'agissait d'amener l'Europe eUe-même, !es
gouvernemens absolus comme les gouvernemens cons-
titutionnels à reconnaître la puissance d'un v
pour ainsi dire, l'influence parlementaire dans ia diplo-
matie .générale. M. Guizot y a réussi, tl y a réussi
par le seul ascendant d'une politique honnête et.loyale,
d'une .politique paeiûque et ferme. H y a réussi sans que
nos bons rapports avec des cabinets que notre procedé
aurait pu surprendre aient été un moment troublés.
Il y a réussi sans recevo!r, sans avoir besoin d'échan-
ger des récriminations, des plaintes, des notes inju-
rieases ou aigres Et voilà ce qu'on lui reproche Voiià
ce dont on lui fait ua crime Voilà ce qu'on ne trouve
ni assez constitutionnel, ni assez parlementaire, ni
assez digne
Peut-on avouer plus clairement qu'on ne poursuivait
qu'une chose, le renversemesMu ministère, et qu'on
se moque bien du droit de visite et du traité de 18~1,
ratifié ou non Soit 1 Maissi l'Opposition avait son but,
qu'et!e a manqué, la majorité autsi avait !e sien, et
celui-là est atteint c'est l'important. M. Guizot proba-
blement n'espérait pas contenter l'Opposition il n'a
rien fait pour elle il ne lui demande pas de reconnais-
saoce; il n'en attend pas même de justice
Au départ du courrier de Bombay, le 13 du mois
dernier, on ne connaissait encore dans cette ville
ta prise et !a destraction de Ghazna par te générât Nott
et rentrée du générât Pottock à Caboul que par une
proclamation du gouverneur-générat de l'Inde. Les cor-
respondances particulières de t'armée et tes rapports
officiels relatifs à ces événemens n'avaient encore été
ni imprimés, ni distribués noas sommes donc fort a
court de détails sur ces taits.
Ce que noussavons, c'est que le général Nott, parti
deCandahar te 10 août, a rencontré le 30 du même
mois, à environ deux cents mittes ou soixante-six tieues
de cette vitte, et à trente et quelques milles de Ghazoa,
une armée d'Afghans qu'il évalue a 12,000 hommes, et
qui fut m!se en déroute après un combat assez vif mais
de peu de durée, où les Anglais eurent 104 hommes
tués ou Messes. Apres cette victoire, i! arriva te S sep-
tembre devant Gbazna, qui n'entreprit pas même de se
défendre et fut cependant détruite, c'est le mot em-
ployé dans la proclamation du gouverneur-générat.
A Ghazna, on trouva 337 cipayes ou soldats indiens du
régiment qui avait été f)b)igé de se fendre aux Afghans
1 hiver dernier. Les ofucicrs et les autres Européens qui
ont partagé te sort de ce régimoat avaient été évacués
sur Caboul. On croyait que te générât Nott reprendrait
ensutite son mouvement,, et arriverait vers te 20 sep-
tembre, sans plus de combats, à Caboul, où le général
Pollock t'a précédé.
De son côté, te générât Pollock, parti de Gundamack
te 7 septembre, a trouvé te 9 l'ennemi, au nombre de
trois ou quatre mitte hommes, posté dans te dénié do
Djagdaltack. L'avant-garde conduite par le brave R.
Sale, qui, malgré ses soixante-dix ans, a fait preuve
encore dans cette journée d'une ardeur presque juvé-
nile a promptement dissipé les Afghans. Ce succès a
sufS pour ouvrir aux Anglais ces redoutables passes, t
où ils n'ont plus rencontré que des squelettes déf
charnéo, tristes débris de t'armée du général Et-
phinston. C'est seulement au Khoard-Cabout, te der-
nier de ces dentés du c&té de Caboul, que tes Af- `
ghans ont tenté te 13 septembre un effort Suprême.
14,000 hommes, réunis sous les différens chefs du
pay~, ont été mis en déroute après an combat qui -a
coûté aux'Anglais 164 hommes tués oabtessés, et le
surlendemain de ce jour, te 15 septembre, le général
Pollock venait planter ses tentes sur l'ancien champ de
course disposé jadis par la garnison anglaise pour te
plaisir de ses otuciers. Toutefois, moins heureux que
sèn collègue, le générât Pollock n'a trouvé à Caboul
que des malades tows les prisonniers valides.
avaient été évacués sur le nord ou dans tes montagnes
par les chefs afghans, qui comptent sans doute se tes
réserver comme moyen de négociations avec tes Anglais.
On pensait cependant que dix ou quinze jours suturaient
au générât Poitock pour obtenir ta délivrance de tous
les prisonniers, et qu'ensuite tes deux armées réunies
rentrcratent dans t'Inde par Pechaver et le royaume de
!) primer aujourd'hui même ma, profonde reconnaissance.
Demain peut-être la honte me rendrait muette. Si
M vous pouviez me faire l'honneur de venir chez moi co
B soir, vous Sniriez cette journée camme vous l'avez corn-
a mencée, Monseigneur. par une généreuse action.
eB'ORBtet
< P. 5. No prenez pas la peine de aie répondre,Mon-
a soigner je serai chez moi toute la soirée.
Rodotphe, heureux d'avoir rendu & M"'d'Harvine un ser-
vice éminent, regrettait pourtant l'espèce d'intimité forcée
que cetta circonstance établissait tput à coup entre lui et
)a marquise.
Incapable de trahir l'amitié de M. d'HarvîHe, mais pro-
fondétBéat touché de !a grâce spiritueiie et de l'attrayante
beauté do Clémence, Rodotpbe, s'apercevant de son goût
trop vtf pour elle, avait presque renoncé à lavoir, après un
mois d'assiduités.-
Aussi se rappetait-ii avec émotion l'entretien qu'il avait
surpns à l'ambassade ~e entre Tom et Sarah.CeUe-ci,
paur motiver sa haine et sa jalausie, avait afnrmé,
non sans raison, que M' d'HarvMIe ressentait toujanrs
presque à son insu une sérieuse affection pour Rodolphe
Sarah était trop sagace, trop une, trop initiée à la con-
naissance du cœur humain pour n'avoir pas compris que
Clémence, se croyant négUgée, dédaignée peut-être par un
homme qui avait fait surelie âne impression profonde, que
Clémence, dans son dépit, cédaat awx obsessions d'une
amioperËde, avait pu ~'intéresser, presque par surprise,
aux matheurs imaginaires de M. Charles Robert, sans pour
cela oublier complètement Rodolphe.
D'autres femmes, NdNes au souvenir de l'homme qu'elles
avaient d'abord distingue, seraient restées indifférentes
aHx mélancoliques regards da ComM<ïttvU'c, f~t donc doublement coupable, quoiqu'elle n'eût cédé
qu'à la sëdaction du malheur, et qu'un vif sentiment du
devoir, joint peut-être au souvenir du prince, souvenu- sa-
tataire qui veittait au fond de son cœur, l'eût préservée
d'une faute irréptrabie.g 0 <
LahoM, abandonnaBt le ~ys aax désordres qai agi-
t~nt (es tribaa~ anx jatoustes ~'u diviseat tears coe~.
OnUtdans!aCsM~d'AM~6oM~:
? Le nouveau prince do Servie a reça son investiture !o,
7 novembre. Aucun des consuls étrangers n'a assiste a, ta'
cérémonie; Us ne veulent avoir aucun rapport avec les
nouveaux gouvernans.~ u.
Nous recevons aujourd'hui des nouveltes de Barce-
lone, du 17 de ce mois, qui nous donnent des détaitt
curieux sur t'insurrection populaire que neus ayena
annoncée d'après une dépêche té!égraphiqua de Per-
pignan, du 19. Le mouvement peut être regardé comme
républicain, quelque te mat république ne soit paaf
ofuciettement prononcé. C'est contre les généraux et:
tes efSciers, contre te parti mititaire, que te mouvement'
s'est déctaré d'abord. Le peuple de cette vitte, que
t'histMre nous montre séditieux dans tous les ternes et'
sous tous les régimes, voit avec ombrage la garniMn
et les forts destinés à te tenir en respect. Aussi l'on se
rappellera qu'à la dernière insurrection, la première
chose que fit ce peuple fut de procéder à la démolition
de la citadelle, du côté de la vitte. A ta suite de cette
môme insurrection, la garde nationale fut réorganisée
et l'on y incorpora, contre le vœa de taloi, dix a
douze mille ouvriers et uue foule d'hommes sans ga- r
rantie. Notons aussi que tes principes du communisme
te plus radical ont fait depuis quelque temps de dan-
gereux progrès dans cette poputation irritable et pas-
sionnée.
Voici maintenant tes détails de l'insurrectton. Trente
à quarante hommes de ta banlieue escortant une voiture
chargée de vin font irruption le 13 au soir, à ta porte
det Angel p'our entrer par force et sans payer les
droits. Une collision éclate; t~&is des ouvriers se jot-
gnent à eux, et la garde est désarmée. Cependant it
arrive des renforts ta troupe disperse tes mutins, et
une douzaine d'individus sont arrêtés.
L'émeWte se grossit et vient assiéger l'édiuce appelé
C
prétendent venir pour réclamer contre te recrutement,
àuquet te gouvernement veut tes astreindre comme tous!
~ës Espagnols; car, pour te dire en passant, tes gardes
nationaux de Barcelone exigeaient depuis quelques jours
qu'on tear concédât te privilège do ne pas tirer au sort
pour te recrutement de t'armée. D'autres gardes na-
tionaux se portaient au quartier de réunion de 3* ba-
taillon pour te soulever. M. Guttierëz, chef politique, se
transporta aussitôt à t'hôtët-de-vitte avec un détache-
ment de troupe qu'tl avait requis du gouverneur, et
t'On parvint à dissiper les séditieux sur tous tes points.
Pendant la nuit, on arrêta dans teur bureau les rédac-
teurs du ~M~~caMo, que l'onregardait comme tes pro-
moteurs du mouvement.
Le 14, à six heures du matin, tout paraissait tran-
quiitc. Mais les meneurs avaient mis !a nuit à profit, et
préparé une insurrection bien plus sériéuso. Bientôt des
groupes armés se portèrent surl'hôtel-de-viMe, de-
mandaat la mise en liberté de:, hsmmes arrêtés, sur-
tout des rédacteurs du ~<'pMMc
sa conduite en cette circonstance. Us saisissent mema
un des retors (adjoints), et le forcent de présider une
députation de cinq d'entre eux qui :e rendent chez
M. Guttierez. Ce magistrat, résistant avec fermeté &'
teurs exigences et à leurs vociférations, les fait arrêter'
tous ks cinq. Vers midi, itpubtie une proclamation~
pour inviter,tesboBS citoyens à prêter force à la loi, et
un arrête qui interdit toute réunion de ta garde natio-' J
nate sans convocation légale et tout rassemblement au- r
dessus de dix personnes. Le capitaine-génêrat Van-Ha-
ten, accompagné d'une forte escorte do cavalerie,
arrivait en même temps chez te chef politique pour se
concerter avec lui.
Mais te mouvement était imprimé aux masses et de-
vait se développer dans ses dernières conséquences. Les
bataittons de la garde nationate se rassemblaient sur ta'
place de l'hôtet-de-vitte. Le capitaine-génêrat réunis-
sait en même temps une partie de la garnison sur ta'
promenade de ta Rambta, avec six pièces de canon.
Pendant ta soirée du 14 et pendant la nuit, on se borna
à s'observer de part et d'autre, comme si chacun des
deux partis hésitait à entamer une cottision sanglante
et voulait que l'autre eû~ les torts de l'agression. Ce*
Rodolphe, en songeant à son entrevue avec M*" d'Har-
vil!e, était e* proie à de bizarres contradictions. Bien re'
soin de résister au penchant qui l'entraînait vers elle, tan-~
tôt il s'estimait heureux de pouvoir la ~atmer en lui re-
prochant un choix awssi fâcheux que celui de M. Charles
Robert, tantôt au contraire il regrettait amèrement, de voir
tomber le prestige dont il l'avait jasqu'alors entoarëo.
Clémence d'HarviUe attendait aussi cette entrevue avee,
anxiété; les deux sentimens qui prédominaient en elle,
étaient une douloureuse confesion lorsqu'elle pensait à
Rodolphe. âne {aversion jprofoadé Ior
Beaucoup de raisons motivaient cette aversion, cattë
haiae. r
Une femme risquera son repos, son aonnenr pour un t
hemme mais elte ne lui pardonnera jamais de l'avoir misa
dans une position humiliante ou ridicule.
Or M"' d'HarviUe, en butte aux sarcasmes et aux insal?.t
tans regards de M*" Pipelet, avait iaiUi mourir de honte..
Ce n'était pas toat.
Recevant de Rodolphe l'avis du danger qu'elle conrait,
Clémence lavait monté précipitamment M cinquième; la~ >
direction ds l'escalier était telle, qa'en le gravissant
de chambre, au marnent eu, reconnaissant le pas .léger ï
de la femme qo'il attendait, ii entrebâillait sa porte d'an
air sonnant, connant et conquérant. L'insolente fatuité
du costume s:yMt/!ca
Entrainoe par la bonté de son cœur, par la générosité
de son caractère à une démarcha qui .pouvait ~a perdra t
ello lui avait accordé ce rendez-vous non par ameur mais
seulement par commiséfatio[i,a8n de le consoler dnrole
ridicule que le mauvais goût de M. le dac de Lucenay lui r
avait fait jouer devant elle à l'ambassade da
Qu'on juge de la docanvenuo, du dégoût de M"' d'Elar-
viUe a l'aspect de M. Charles Robert. vêtu en triompha-
teur t.
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