Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1875-03-22
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 22 mars 1875 22 mars 1875
Description : 1875/03/22 (Numéro 81). 1875/03/22 (Numéro 81).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k275532s
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
22e Année 3' Série –• Numéro 81 m ••
Un Numéro 5 1S ceatâaes. a
Lundi 22 Mars 4875
H. DE VILLEMESSANT
v I^dacteur^en chef
fRAHClsiiA6HAHD .;•
f Secrétaire de la Rédaction
BÉDAGTION
Be midi à minuit, rue Drouot, 26
̃ -Les manuscrits ne sori pas rtkdyt ̃'
.̃ ̃' BUREAUX.. •<̃ ̃'̃
26, Rue Drouotj- 26
In face asDéjot âe Porcelaines et Faïences anglaises.
/t^jT^n^ Loi» par ceux-ci, blâmé pjff ceiix^à me mo<îuant des sots, bravant les méchaats Je me hâte
Ai^ de'rire de tout de peur d'être oblige'4'en pleurer. » (Beatjmarceus.)
1~ 1 "1" '<
H. DE VILLEMESSANT
,c/Liministriiteur
A. GUIBERT
Contréleur général charge de la sumittanct
ABONNEMENTS
Départements 3 mois. ] i«fr.
Paris 3 mois îjsfr.
Départements et Gares 20 ceatiinBS
IES ANNONCES ET RÉCLAMES
««'REÇBEsPiœzMM.DoiHNOENHisEiCie
Jassage àesErinces,et à.rAdMWStralioa
--T-
SOMMAIRE
••
VACANCES politiques Francis Magnard.
JÉchos be Pabis La Masque da Ftr. Mort d(
M"" Aacelot. ̃ ̃
Choses su-Jour Alfred' d'Aunay. Quelques
idées nouvelles. ̃
L'Œuvre, hospitalière X de Veynes. p
TÉLÉGRAMMES ET CORRESPONDANCES Ailff. MarCOÂe.
La grève des ouvrières cigarières à Toulouse.
Le crime de Blaye.. •
Paris abnjour LE jour F. M.
(Informations Gaston Vàssy. Un terrible accou-
chement.
GAZETTE des Tribunaux Fernand de Roddys.
Jugement dans le procès Laporte-aux-Loups.
Affaire des couvents de la rue Picpus.
UNE ÉMISSION publique.
SPORT Robert Miltpn. Steeple-chases d'Auteuil
Tir aux pigeons de Monaco. L'assaut
dïmberaotté.
Courrier DES Gustave La) 'argue.
Représentation de Geneviève de Drabant, offerte
par OfFènbach aux typographes de^la presse
parisienne.
Feuilleton Edmond Arnous- Rivière. Une
Méprise du cœur.' •
Y4CMCESJÔIITI(P;S
Pendant près de deux^mois, un grand
silence va se faire, d peine troublé par les
séances de la commission de perma-
nenoe.'
Jamais, à ce-qu'il nous semble, depuis
près de cinq ans, la presse n'a été aussi
modérée, aussi calme, on pourrait peut-
être dire aussi insignifiante,,et levote du
^5 février, sans convertir personne, a
cependant indiqué aux partis la néces-
sité de suspendre ou de modérer l'ex-
pression de leurs sentiments.
s Le spectre de 1848, qui l'autre jour
s'est dressé à la tribune de l'Assemblée
nationale sous la forme de M. Madier-
Moritjau, a paru aussi vieux, aussi «sé-
qu'un troubadour de M. d'Arlincourt
ou qu'un fantôme d'Anne Radcliffe.
Dans son propre parti, ce vétéran des
conspirations et des rêveries démagogi-
ques n'a recueilli qu'une indifférence
niêléè de quelque raillerie. Le républi-
canisme et, qui plus est, le radicalisme
se sont faits modérés.
< Le lendemain du discours de M Ma-
dier-Montjau nous rencontrions M. Gam-
bètta, vieilli, l'air insouciant, marchant
d'un pas alourdi sur le quai Voltaire,
s'arrêtant aux étalages des marchands
de curiosités, comme un flâneur à l'affût
de quelque rareté. N'était-ce qu'une illu-
sion d'optique, mais il nous a semblé
que dans ce bourgeois bonasse et rassu-
rant s'incarnait la nouvelle République,
celle qui a scellé la pierre sur la Repu-
blique intempérante, brutale, hâbleuse,
insurgeante deM. Madier-Montjau.
Aux hommes de principe qui n'ont
rien obtenu ont succédé les hommes
d'adresse et d'expédients qui vont essayer
obtenir le plus possible.
Où sont les grands éclats de voix, les
• discours menaçants de la Ferté-sous-
Jouarre et de Grenoble? Qu'a-t-on fait de
ces nouvelles couches sociales qu'on
montrait! montant à l'assaut du vieux
monde? •
Aujourd'hui, après avoir accepté M.
Thiers qui fut longtemps l'ennemi im-
placable des hommes de Septembre, on
l'a dépassé; on s'est allié aux tièdes, aux
impuissants, comme on disait autrefois
en parlant du centre gauche; on a voté
avec des ducs, des capitalistes, des juris-
consultes réactionnaires.
Qui sait jusqu'à quels sacrifices on se-
rait alié pour assurer la victoire de l'éti-
quette républicaine?.
'•• -v. '̃- '̃'
'>
̃ D'aucuns feignent de croire que ce
travestissement est plus dangereux que
la sincérité turbulente d'autrefois. Nous
estimons que c'est pousser trop loin le
pessimisme, et, sans scruter tropprofon-
ûément la stratégie savante que recouvre
peut-être cette attitude nouvelle, jouis-
sons de ces loisirs que nous a faits la
grande lassitude de l'opinion plus encore
que la Constitution Wallon.
Il dépend d'ailleurs du gouvernement
et surtout de la droite deprolonger cet
accident heureux.
Certes on ne peut espérer que nous en
ayons fini avec tous les tiraillements,
et lé discours de M. Laboulaye, dont
nous avons signalé hier les principaux
passages, indiqua ce que personne
n'avait pu mettre en doute que la
gauche garde un plan, des visées et une
politique.
Il est donc vraisemblable que dès la
rentrée la lutte recommencera avec' plus
T>u moins d'aigreur, soit sur la ques-
tion de l'état de siége^soit sur le zéle
(xop intempérant de quelques fonction-
naires, soit enfin sur la dissolution.
Tout nous porte à croire que le nli-
Biistère ne transigera point. Ce jour-
ïà, si la droite comprend son intérêt et
son devoir, elle refera avec le centre
droit et les modérés du centre gauche
une majorité d'ordre social, sans préoc-
cupation de parti et surtout sans ran-
cune à l'endroit du vote du 25 février.
#*#
f* Ce vote, on eût dû l'éviter, bien qu'au
fond il n'ait rien changé à l'état de cho-
ses existant et qu'il n'ait pu décréter une
éternité gouvernementale dont laFrance
a perdu le secret; mais puisque cela
n'est plus possible, la Droite doit au
pays d'empêcher les républicains de ti-
rer de la République toutes les çonsé-
quences qu'ils ont pris l'habitude d*y •
chercher.
Pour cela, il est nécessaire que les dé-
putés retournant au milieu de leurs élec-
teurs ne, se laissent envahir ni par l'a- ]
mertumenipar le dépit. Quand on les
interrogera, au lieu de prendre des
airs éplorés et d'exagérer les périls la-
tents de la situation, qu'ils réagissent et ]
puisent dans le contact avec le pays le i
courage de faire taire leurs regrets et ]
de barrer le chemin aux hommes de dé- 1
sordre. ̃ ̃ ]
L'opinion, ainsi rassurée et éclairée, £
leur donnera plus de" force et les sou-
tiendra. Surtout pas d'exagération ba- i
_n
nale, pas de décourageât \ml sévi-
rait de masque à des ràBcïïasststêriles.
L'essentiel, c'est que la France soit
heureuse et prospère, n'importe sous
quel nom.
Par un phénomène assez singulier jus-
Iqu ici, lès rentrées de l'Assemblée ont
toujours été fort orageuses. On eût- dit
que chaque député arrivait avec un ar-
rière de paroles et de passions à dé-
penser. ̃ ̃
Nous espérons que, seuls, les manda-
taires du pays ne se refuseront pas à
l'immense besoin d'apaisement qui se
fait sentir de toute part.
La pierre d'achoppement des lois cons-
titutionnelles se trouve écartée qu'on
ne s'amuse pas à en créer une nou-»
velle, et si la modération républicaine
n'est qu'un leurre, si les loups mal dégui-
sés en moutons veulent mordre le ber-
ger, si les républicains veulent démon-
trer une fois de plus que le gouvernement
de leur choix est incompatible avec la
paix publique, avec le travail dans les
ateliers et l'ordre dans la rue, que le
gouvernement et le ministère puissent
compter sur le concours de tous les
hommes de conservation, qu'ils soient
bonapartistes, légitimistes, ou républi-
cains par résignation.
Ce n'est peut-être qu'un rêve, mais la
France ne se plaindrait certainement pas
qu'il se réalisat. 1
Francis Magnard..
Echos de Paria
,MADAME ANGELOT
Le monde des lettrés apprendra avec
regret une mort presque subite, celle de
'Mme Ancelot, qui avait, malgré son âge
avancé quatre-vingt-quatre ans
gardé tant de jeunesse, d'esprit et de
grâce d'allure qu'on aurait pu la croire
estinée à rester plus longtemps au mi-
lieu de ses amis. il
Mme Ancelot était née dans une
famille de l'ancienne bourgeoisie dijon-,
naise, et s'appelait de son nom de jeune
fille Mlle Chardon. Ses parents vinrent
s'établir à Paris en 1804, et en 1818 elle
épousa M. Ancelot, alors employé de la
marine. Rien à cette époque ne faisait
prévoir l'heureuse destinée littéraire du
jeune couple, car M. Ancelot n'avait pas
encore eu d'ouvrage joué, et ce ne fut
'que beaucoup plus tard, en 1835, que
Mme- Ancelot debuta comme auteur à la
Comédie-Française, avec le Mariage rai-
sonnable. L'année suivante elle fit jouer
Marie ou Trois Epoques qui eut un énorme
succès, fut jouée dans toute l'Europe, et
est restée un des meilleurs rôles de Mlle
Mars, qui,1 quoique sur son déclin, sut en-
core y paraître avantageusement sous
les traits d'une jeune fille.
A partir de ce moment jusqu'en 1843,
elletravailla activement pour le Gymnase
et les Variétés. Depuis, elle ne produisit
plus qu'un seul drame représenté à la
Gaîté en 1848 les Femmes de Paris.
Elle a en outre écrit beaucoup de ro-
mans et d'articles de revues.
.j\<¡t:'
Mme Ancelot laisse un genre de célé-
brité qui survivra peut-être plus tard à
ses écrits: elle a eu un des salons les
plus célèbres de Paris, alors que Paris
possédait encore des salons.
Tout ce qu'il y a eu de poètes, de litté-
rateurs et d'artistes sous la Restauration
et sous Louis-Philippe a passé chez Mme
Ancelot.. ·
On sait qu'alors le costume noir n'é-
tait pas l'uniforme de rigueur: la tenue
habillée comportait une certaine fantai-
sie, et les jeunes gens du temps aimaient
à s'y signaler,et quelques-uns à y exagé-
rer1 leur dandysme. On voyait Mme Geor-
ge Sand avec ses grandes robes de ve-
lours noir Alfred de Musset valsait avec
des bottes et la cravache à la main.
'•̃'̃̃
Comme beaucoup de célébrités se réu-
nissaient dans ce salon, il ne tarda pas à
devenir un centre littéraire avec ses as-
pirations et ses ambitions particulières;
il eut -une grande influence sur les élec-
tions académiques. De là surgit une> ri-
valité d'àbord sourde, puis déclarée en-
tre ce salon et celui de Mme Récamier,
dont le cénacle était à l'Abbaye-aux-
Bois. Les habitués de l'un des deux cer-
cles cessèrent d'aller dans l'autre. Mais
la maison de Mme Ancelot resta sans
contredit la plus jeune et" la plus vi-
vante.
Elle eut surtout le privilége de se re-
nouveler constamment. Les jeunes au-
teurs, à mesure qu'ils faisaient leur ap-
parition, étaient toujours amenés à pas-
ser par ce salon où leurs ainés leur sou-
haitaient gracieusement la bienvenue.
̃ ̃ .<"̃ ̃ #*# ̃
Mme Ancelot a fait beaucoup de mots
le plus joli est sans contredit celui-ci
J'ai un gendre dont tout le monde
parle et une fille dont on n'a jamais
parlé.
On sait que Mlle Ancelot a épousé
Me Lachaud.
• #̃% ̃̃̃̃'• ̃
Nous nous sommes rendu à la mai-
son que Mme Ancelot habitait, depuis
plus de quatorze ans au 35 de la rue de
Grenelle-Saint-Germain. Nous avons re-
trouvé tel que nous l'avons vu autrefois
cet appartement à hautes fenêtres qui
rappelle un peu, par sa tranquillité et son
ameublement de style antique, certains
vieux hôtels de province. Les murs sont
ornés de nombreux tableaux, peints par
Mme Ancelot, et dont l'un représente
Une lecture chez M. Ancelot. Il est naturel-
lement composé entièrement de por-
traits. Hélas combien de. survivants
pourrait-on compter parmi tous les per-
sonnages de ce tableau! I
Nous avons éprouvé une singulière
impression en trouvant transformé en I
I~r®oeu~ss~W e®
chambre mortuaire ce lieu autrefois si
plein de gaîté! M. Sangnier, gendre de,
M* Lachaud et par conséquent mari de
la petite-fille de Mme Âncelottygill,ait1au^
pres de la morte 1 1
̃ ̃̃ .•.̃ «*#V ,̃
Mme Ancelot a succombé samedi ma-
tin, à. neuf heures, à une pleurésie dont
elle souffrait depuis six semaines. Jus-
qu'au bout elle a conservé toute la luci-
ité et tout le charme de son esprit.
Ses obsèques auront lieu aujourd'hui à
midi, en l'église de Saint-Thomas-
d'Aquin.
A propos du Salon, une curieuse dis-
cussion s'est élevée entre la famille de
Corot et M. Cléophas, l'ancien, chanteur
de l'Opéra, marchand de tableaux et l'un
des bons amis du maître.
Corot a peint dans l'atelier,de M. Cléo-
phas une grande figure nue qu'il desti-
nait au Salon de 1875. Après la mort du
grand peintre, la famille a.décidé l'envoi
de trois paysages. De son côté, M. Cléo-
phas pétitionne auprès de M. de Chen-
nevières pour faire admettre la figure à
l'Exposition mais le règlement n'admet-
tant pas plus de trois ouvrages du même
artiste, il est à croire que la figure de
Corot ne figurera pas au Salon. Le pu-
blic la verra à l'Exposition de l'œuvre
do Corot qu'on songe à organiser au pa-
lais des Beaux-Arts. •
Impossible de passer sous silence les
quelques lignes suivantes, extraites des
saintes colonnes du journal du joyeux
compère Veuillot J
,t Neç solà diaria âperte impia et'inhonesta
omnino v'ttanda sunt, sed ét alla qu~ ~mu
fronte non ita damnosa videntur; quale est
illud cui titulus Figaro et similia.
Voici la traduction de ce latin de con-,
cierge en belle humeur
et Ce ne sont pas seulement les jour-
naux ouvertement impies et déshon-
nêtes qui sont à éviter tout à fait, mais
encore ceux qui tout d'abord ne sem-
blent pas si condamnables comme par
exemple le Figaro et d'autres du même
genre. »•
L'Univers ajoute que l'ouvrage d'où il
tire ces gaudrioles est édité o, rue de
l'Homme-Sauvage ̃
Tout cela est énorme; mais reconnais-
sez-le vous-même, ô bon papa Veuillot
combien vous seriez'plus doux si vous
sentiez venir l'abonné et si les sages re-
montrances de MgrDupanloup ne vous
avaient depuis longtemps dit qu'en par-
lant religion vous vous mêliez de ce qui
ne vous regarde pas.
0 doux confrère, méditez la Mouche
du coche!
i •'̃
Ne faisons pas de réclame à cet in-
dustriel, mais signalons à nos lecteurs
un cafetier qui connaît son époque.
On vientd'ouvrir dans le VIIIe arrondis-
sement un petit estaminet de bonne ap-
parence. Le quartier est convenable et
toutes les classes de la société, ou à peu
près, y sont représentées.
Le maître de l'établissement a crâne-
ment écrit au-dessus de la porte
CAFÉ POLITIQUE
On entre dans une première salle qui
n'a rien d'extraordinaire'. Dans la se-
conde, par exemple, on voit suspendu
au-dessus du billard un tableau portant
cette inscription
TOT OU TARD IL REVIENDRA
Si l'on demande au cafetier ce que si-
gnifie cette phrase, il reste silencieux
mais souriant. Si l'on insiste, il sourit en-
core et vous donne un coup de coude,
Cligne de l'œil et vous répond tout bas
Farceur! vous le savez bien!
Les consommateurs bonapartistes sont
enchantés et se disent C'est le
petit
Les orléanistes pensent C'est lé
Comte
Les légitimistes comprennent Mon-
seigneur!
Les républicains Thiers!
La vérité, moi seul je la sais et la
voici
Le brave homme est père d'un zouave
qui se promène en'Afrique, d'Oran à
Mers-el-Kébir, ëtc.,etc; il sujçorte péni-
blement son absence, compte et dé-
compte tous les jours et a rédigé en
l'honneur de son retour cet éc/iteau qui
répond à tous ses désirs de père et com-
merçant 1 E
LE MASQUE DE FER.
CHOSES DU JOUR +
Quelques idées nouvelles
J'ai parlé à cette place, il y a quinze
jours, de la Caisse des écoles du deuxiè-
me arrondissement de Paris, institu-
tion véritablement modèle, et de la
messe solennelle célébrée à Saint-Eusta-
che au profit de cette œuvre. L'excellent
exemple donné par les fondateurs de
cette caisse a porté ses fruits. Plusieurs
mairies en ont constitué de semblables,
et je dois notamment citer dans ie nom-
bre celle du douzième arrondissement,
à laquelle, presque sans s'en douter, nos
lecteurs sp sont tout particulièrement in-
téressés.
C'est en effet sur Je reliquat des som-
mes versées pour les incendiés de la rue
de Citeaux, alors que satisfaction pleine
et entière eut été donnée à tous les si-
nistrés, qu'a été pris une bonne part du-
capital de cette caisse. Présidée par,l'ex-
cellent maire, M. Allain, elle distribue,
grâce beaucoup à nos souscripteurs, des
vêtements, des aliments et des récom-
penses aux enfants de ce quartier labo-
rieux, ab'solumentcommelefait la caisse
au deuxième arrondissement aux élèves
de ses écoles.
j,Les livrets de caisse d'épargne sont
1^ râcompfiaseji les plus moralisatrices
qfi'on puisse aonnër aux enfants. Un
maire dit département de la Manche, M.
I* Arthur Legrand, de Milly, a perfectionné
cette idée. Il fait élire par les jeunes
élèves: d'une école, en scrutin secret,
celui qui mérite le livret. Rien ne sau-
rait donner aux enfants une idée plus
haute de l'économie, et, comme le dit
fort bien M. Legrand, ce système en-
seigne à tous, et presque aussi bien aux
électeurs qu'à l'élu,' le chemin de la
Caisse d'épargne, si justement appelée
l'école primaire des capitaux.
-v ̃̃̃̃ ̃•• 'l\: :̃̃̃
J'ai eu souvent à parler de la façon
dont l'Etat entend la reconnaissance en-
vers ceux qui l'ont servi. Un abonné du
Figaro m'écrit à ce sujet que le gouver-
nement actuel, qqi à première vue ne
paraît pas précisément enthousiaste de
l'Empire, ferait bien de l'imiter en ce
qui concerne les vieux serviteurs et par-
ticulièrement les amputés militaires.
L'Empire faisait fort bien les choses,
presque sans compter. En ce moment,
on marchande trop le morceau de pain
nécessaire aux gens qui ont laisse un
bras ou une jambe sur le champ de ba-
taille. Cela donne lieu à des comparai-
sons qu'il serait politique' d'éviter.
J'ai appris l'autre jour quelque chose
de bien épouvantable. On ne considère
pas comme amputé un homme qui, par
suite d'un fait de guerre, aurait perdu
tout ou partie de son visage
Il est pourtant évident que le malheu.
_7_ _J1L_f -1
i reux que la guerre a ueugure aura granas
mal à trouver un emploi. Il lui sera aussi
bien difficile de se marier. L'Etat lui
doit donc une compensation pécuniaire.
Il y a quelque temps, un jeune homme;
sortant de l'hôpital militaire du Val-de-
Grâce, se présente la tête enveloppée
d'une serviette chez M. le général de
Geslin. ̃
Mon général, lui dit-il, on vient de
me, mettre à la porte de l'hôpital, où
j'étais depuis la guerre, en 'me disant
que je suis guéri. Or, personne ne veut
de moi nulle part pour employé, tant je
i suis horrible à voir.
Le malheureux retira la serviette. Le
général poussa un cri de stupeur. Le
̃ blessé n'avait plus de figure. Le nez,
les. joues, les lèvres, tout était enlevé"
Le général fit admettre ce pauvre sol-
dat à l'hôpital Saint-Martin, où un très
habile praticien, M. Delalain, lui fa-
briqua une figure artificielle qui le rend
assez présentable. Il paraît que ce n'est
pas un cas isolé, et la preuve, c'est que
l'Académie de médecine vient de décer-
ner à M. Delalain une récompense pour
plusieurs opérations de ce genre.
Il est vrai qu'au soldat en question le
Val-de-Grâce avait donné un nez d'ar-
gent. Seulement le nez ne tenait pas, vu
le manque de figure. Et ce pauvre dia-
ble n'a pas de pension, parce., que, ses
bras et ses jambes étant intacts, on le
considère comme capable -de travailler.
• #*# a
Si lé sort des blessés militaires nous
intéresse, celui des blessés civils est aussi
fort digne d'attention. Or, combien de
blessures graves, de ruptures de mem-
bres ne sont-elles pas causées .par des
accidents de voitures t
C'est presque toujours quand les che-
vaux s'emportent, soit par vice de na-
ture, soit par la faute des cochers, que
ces accidents se produisent. Un ancien
carrossier desplus intelligents, M. Maître,
vient d'inventer un appareil qui en sup-
prime d'une façon radicale toutes les
fàcheusôs conséquences.
Cet appareil est un simple levier que
le cocher fait agir quand les chevaux
s'emportent. Aussitôt la voiture, puis-
samment enrayée, s,'arrête comme par
enchantement," tandis que les chevaux
sont instantanément dételés. Si le co-
cher perd la tète, un des voyageurs peut
facilement manœuvrer l'appareil.
Je signale aux carrossiers et à tout le
.monde ce modeste inventeur qui de-
meure avenue de Villiers, n° 18, près du
parc Monceaux.
*̃ v
II paraît que la Ville de Paris a l'in-
tention de placer aux coins des princi-
pales rues des cadrans qui, reliés entre
eux par des fils électriques, donneront
partout l'heure exacte. C'est une bonne
idée, qui n'est pas absolument nouvelle,
mais qui n'en mérite pas moins d'être
promptement mise en pratique.
Ce sera le dernier mot du progrès.
Paris a du reste toujours été au premier
rang des villes en cette matière. Quand
Henri de Vic installa dans la cité l'hor*
loge de la tour du palais^ on n'avait,
même chez les princes, qu'une façon
barba,re de compter le temps.
Pendant les repas, notamment, on
plaçait sur un plat un grand cierge al-
lumé. De distance en distance, des bou-
les de métal étaient piquées dans la
Cire. Sitôt que la chaleur se faisait sentir,
la boule tombait dans le plat. En comp-
tant les boules on savait combien d'heu-
res on était resté à table.
V.Les Arabes se servent encore du feu
pour compter le temps. Quand ils veu-
lent se réveiller plus ou moins tôt, ils
coupent une corde d'une longueur pro-
portionnée au nombre d'heures de som-
meil qu'ils s'accordent.. Ils mettent le
feu à une extrémité et s'attachent l'autre
au pied. La corde brûle, et quand le feu
approche du pied, l'Arabe se réveille en
sursaut.
Voilà qui relègue bien loin, comme ef-
ficacité, les fameux réveil-matin qui ti-
rent un coup de pistolet 1 ̃
Alfred d'Aunay.
Nous rappelons à nos lecteurs que le prix
d'abonnement au Figaro est, pour les dé- <
portements, de 18 francs pour trois mois, {
36 fr. pour six nwis, et 72 fr. pour un an. 1
L'ŒUVRE HOSPITALIÈRE
Pourquoi la ville de Paris n'aurait-elle
pas comme Marseille une Œuvre hospi-
talière?
En 1872, des hommes de dévouement
déploraient à Marseille, au milieu de
l'hiver, l'extrême misère qui force les
mendiants et les vagabonds à passer'la
nuit sous un pont, sous une porte co-
chère, et constataient l'inquiétude qu'ex-
cite pour la tranquillité des rues et la
paix de la ville la. bande de ceux qui
n'ont pas de lit et qui né subissent les
rigueurs du froid qu'après avoir enduré
les tourments'de la faim Sur-le-champ,
ils unirent leurs efforts et leurs bourses;
ils louèrent un vaste local et, achetant de
la paille ne pouvant encore acheter assez
de lits, ils offrirent un gîte à tous ceux
qui viendraient avant neuf heures du
soir demander l'hospitalité. Les fonda-
teurs denVOEuwe hospitalière étaient des
catholiques ils commandèrent rigou-
reusement, dans leur règlement, le res-
pect envers tous les cultes! F
L'oeuvre parut d'abord étrange le pre-
mier jour, surtout aux vagabonds. Le
premier mouvement fut de craindre que
ces dortoirs, si libéralement ouverts, ne
fussent des antichambres de la police ou
le ves*tibule d'un temple.Ilsn'y venaient
point. L'œuvre allait elle devenir un
essai inutile?
Les fondateurs ne perdirent pas cou-
rage. Ils se mirent eux-mêmes à la re-
cherche des malheureux sans lit.
Personne ne l'ignore il y a dans l'ar-
mée des vagabonds, de hardis volon-
t -{ "n. ~:+.
tair.es qui ont quitte une Donne situa-
tion ennuyés de ses exigences,et de sa
monotonie. D'autres sont dans ses rangs
parce que nulle profession n'offre au-
tant d'aventures et n'est mieux faite que
celle-là pour apprendre à borner,le tra-
vail de l'existence à demander La bourse
ou la via. Quelques-uns encore se con-
solent dans cette extrême liberté de plu-
sieurs condamnations et de leurs tristes
mois de prison; enfin, un certain nom-
bre sont réduits à errer, par l'indigence
L'œuvre hospitalière s'adressait à tous
les vagabonds dangereux ou inoffensifs.
On recruta tous ceux qui consentirent à
venir.
Un soir il y avait à peine quelques
malheureux dans le local– l'un des fon-
dateurs résolut de tenter un grand coup.
Le vieux port de Marseille est encom-
bré de grandes barques couvertes qui
servent au débarquement des navires.
On y pénètre par une planche étroite,
assez longue pour que les pieds, en mar-
chant,' la fassent branler.,Le plus sou-
vent, de vieilles toiles permettent à celui
qui cherche l'hospitalité dans cet asile
de s'endormir sur une sorte de matelas
Mais le principal avantage pour les va-
gabonds, dans ces grandes barques cou-
vertes, n'est pas là: la police peut diffici.
lement arriver jusqu'à eux. Ils ajoutent
encore une difficulté aux difficultés na-
turelles. Lorsque la bande est entrée,
l'un d'eux savonne la planche qui relie
la barque au quai. Gare à qui s'y risquera
sans précaution! Sous la protection de
ces circonstances, des bandes nom-
breuses passent la nuit dans ce gîte! t
L'intrepide fondateur partit seul. Il
entra résolùment dans une barque. Tous
dormaient. Il secoua l'un d'eux et lui of-
frit, sans autre forme, un bon lit. Qu'é-
tait-ce à dire? Les vagabonds se crurent
surpris par la police. Le plus fort saisit
l'étranger à la gorge; les autres se ruè-
rent à leur tour contre lui Il fatlut toute
la force du généreux hospitalier pour ne
pas succomber. Après un moment de
lutte, il put se faire entendre. Quelques-
uns le comprirent. Ceux-là couchèrent
ce soir-là dans un lit commode et revin-
rent le lendemain en toute liberté ra-
conter à leurs camarades leur heureuse
expérience
Depuis, l'OEuvre a prospéré; bientôt
même il faudra de nouveaux secours
pour pourvoir à de nouveaux besoins.
Du 25 décembre 1872 au 25 décembre
1874, l'OEuvre hospitalière a reçu plus de
10,000 vagabonds. Au 22 février Î874, le
chiffre officiel était de 8,420. Quel service
rendu à la police!
Le budget des recettes et des dépenses
s'est élevé par an à 11,000 francs envi-
ron. Quel sacrifice minime Cette somme
atteint à peine celle que l'Etat eùt dû dé-
penser pour l'arrestation de ces vaga-
bonds Et ces vagabonds arrêtés, après
avoir fait courir un danger à la-paix pu-
blique et avoir subi le froid, seraient,
au moment de leur mise en liberté, re-
tournés à la vie errante
WEuv?-e hospitalière poursuit un au-
tre but non moins digne d'éloges, et
étranger également aux œuvres philan-
thropiques de Paris.
Avant l'époque de la Terreur, quel.
ques villes possédaient, à côté des nos-
pices pour les malades, des maisons de
convalescents. Le malade, au sortir de j
l'hôpital, reprenait ses forces dans cette
maison il ne s'exposait pas à une
prompte rechute et n'épuisait pas, dans J
un travail nécessairement opiniâtre, les (
forces que, lui avait laissées la mala-
die Aujourd'hui, ces hôpitaux de con- ]
valescents n'existent pas. Plus d'un ma- 4
lade, une fois rentré à l'hôpital, n'en
sort plus que pour y retourner bientôt t
VÙEuvre hospitalière offre un lit aux 1
convalescents! Cette institution n'est.
elle pas moins utile que la première? La J
première est cependant la principale, la
plus originale, la plus charitable1!
Nous n'avons pas encore tout dit sur i
cette œuvre excellente. Nous n'avons i
pas exposé la raison particulière par la-
quelle »elle est une œuvre éminemment
utile.. £
Si les « hospitaliers » s'étaient bornés (
à dépenser leur peine, leur temps et leur <
revenu, pour abriter, sans autre pensée, ]
les vagabonds, ils auraient simplement <
facilite le vagabondage. Combien, parmi «
leurs clients, auraient choisi leurs nuits, t
consacrant les unes à courir'les rues, ,à
iépouiller les maisons et les passants,
vouant les autres à se reposer de leurs i
exploits dans la maison de l'OEuvre hos- c
oitalière Les fondateurs comprirent ce s
IIM–^roM.1.»-
danger. L'hospitalité, au lieu d'être un
but, devint un moyen. Ils ont ouvert à
to« venant leurs portes 'dans le but d'é-
tre «tues aux malheureux, de les rapa-
trier, si rexilles opprime de les rame-
ner à leurs -parents, .si leur faute. leur
pèse; de leur trouver du travail, si la dif-
n^çulte d'en découvrir et quelque peu la
paresse ne leur permettent pas d'en avoir.
Les a hospitaliers » ont enfanté des mer-
veilles
L'tin des articles, du règlement est,
ainsi conçu: « Les personnes qui vou-
drontbénéficiordel'OEuvre seronttenues
de donner tous les renseignements sur
leur individualité. » Par cette clause, les
fondateurs ont appris qu'ils avaient lc-
gé des Français, des Italiens, des Alle-
mands, des Espagnols, des Anglais, des
nègres de Zanzibar et duMozambique, et
des Japonais. Ils ont donné l'hospitalité
a des idolâtres, des bouddhistes, des
mahométans, des juifs; des protestants
et des catholiques. Au.moisdemars 1874,'
le commissaire central de Marseille de-
manda à l'Œuvre l'hospitalité pour 150
libérés arrivant de Cayenne.
Aussitôt arrivé, le vagabond est ques-
tionné et dés membres de l'OEuvre,
appartenant pour la plupart à do
hautes situations commerciales, s'em-
pressent de lui préparer un sort meil-
leur. Les compagnies de chemins de fer
ont accordé des demi-places à ceux qui
voulaient retourner dans leurs foyers.
Quatre compagnies de bateaux à vapeur
ont lutté de desintéressement. L'Œuvre,"
grâce à cette bienveillance, a pu envoyer
travailler en Afrique des malheureux
qui ne trouvaient pas d'occupation à
Marseille.
Fl,n Nr4r*8f£i n~noE_nn "n- Il
lin vente, n'est-ce pas là une œuvre
digne d'être louée, en imitant son orga-
nisation, ses efforts et ses résultats. Tous
les vagabonds auxquels Paris donnerait
une, hospitalité aussi intelligente se
trouveraient, le jour d'une émeute ou
d'une révolution, dans les rangs des con-
servateurs.
•̃ .̃̃̃̃"• de Veynes. •
i
̃- i_ «- ~ï
TÉLÉGRAMMES & CORRESPONDANCES
Toulouse, 20 mars. La grève des
ouvrières cigarières persiste toujours. Sur
1,200 ouvrières, une centaine seulement sont
rentrées dans les ateliers. Dans l'après-midi
d'hier, des attroupements se sont formés aux
abords de la manufacture. Il y avait au moins
3,000 personnes les hommes étaient en ma-
jorité.
Les agents dé police ont essayé vainement-
de disperser la foule et l'on a dû avoir recours
à la gendarmerie. Son arrivée a suffi pour ré-
tablir, l'ordre et les curieux se sont sauvés à
toutes jambes. On a dû opérer l'arrestation do
huit meneurs et d'une femme. "L
–Le tribunal correctionnel a eu à juger
hier trois ouvrières cigarières prévenues
d'avoir excité leurs camarades, par gestes et
menaces, à se révolter contre les agents de
police qui sÎBfïorçaient de dissiper les' attrou-
pements elles ont été condamnées l'une à six
jours de prison, l'autre à quinze jours. La
troisième a été relaxée.
Bordeaux, 20 mars. Le soldat
Waquier, condamné à mort par le conseil de
guerre de Bordeaux, s'est pourvu en cassa-
tion.
->~i< Il y a trois mois la Cour d'assises de
la Gironde condamnait aux travaux forcés à
perpétuité un vieillard qui avait tué son fils, à
la suite d'une violente altercation au sujet
d'un méchant outil.
Un meurtre vient d'être commis près de
Blaye, pour un motif presque aussi futile.
tfn nommé Laveau avait chargé le domes-
tique d'un de ses voisins de lui acheter un la-
pin à la ville. Ce domestique revient sans la-
pin ni argent. Laveau réclame, s'exalte et
s'écrie c Je vais te faire connaître à ton maî-
tre. Moi, répond le domestique, je vais te
faire ton affaire » et il plonge son couteau
dans le ventre de Laveau.
Le malheureux est mort de sa blçssure.
Quant au meurtrier, il a été arrêté. On le dit
atteint d'aliénation mentale.
t Saintes, 20 mars. Dans le pro-
gramme des fêtes que la ville de Saintes pré-
pare pour l'époque,du concours régional,
du 20 au 30 mai prochain, figure un
congrès d'orphéonistes et de sociétés musi-
cales. La Charente, la Charente-Inférieure, la
Dordogne( les Deux-Sèvres, la Vendée, la
Vienne et la Haute-Vienne y prendront part.
Plus de '30 sociétés se sont déjà fait inscrire.
La commission des fêtes qui a organisé co
brillant concours est présidée par le comte
Tanneguy-Duchâtel, deputé de la Charente-
Inférieure.
Quelques journaux ont parlé de l'évasion
de la Nouvelle-Calédonie de l'ex-général Pé-
lissier, condamné à la déportation dans une
enceinte fortifiée, pour sa,participation à l'at-
taque du Mont-Valérien en avril 1§T1. L'éva-
sion remontêrait au mois de décembre der-
nier. L'ex-général communard aurait été ac-
compagné dans sa fuite par un autre dé-
porté.
La durée" de leur voyage dans une mau-
vaise barque pour atteindre la côte austra-
lienne aurait duré 13 jours, du 9 au 22 dé-
cembre, au milieu de dangers et de souf-
frances de toutes sortes.
~~™~ Cherbourg, 21 mars. L'exequatur
a été donné à M. Amédée Bpnfils, nommé vice-
BOnsul de Suède et de Norwège à Cherbourg.
̃' Rome, 21 mars. La Libertà dit que
les princes Humbert et Amédée et la prin-
sesse Marguerite iront à Venise à l'occasion
le la visite de l'empereur d'Autriche.
Le 5 avril, il y aura un dîner de famille et
probablement un bal au palais royal.
Les dispositions pour le 6 ne sont pas ea-
jore définitivement arrêtées. Toutefois, on
sait qu'il y aura un dîner de gala et une soi-
rée théâtralei
L'empereur partira le 7 air matin. Il s'em-
barquera à Malamocco pour Pola, où il arri-
vera dans la soirée.
LONDRES, 21 mars. Une vingtaine
le membres catholiques du Parlement ss
:ont réunis hier, dans la salle des conférences
ie la Chambre des communes, pour s'enten-
Ire au sujet d'une adresse de félicitations à
présenter au cardinal Manning. On aorganisi
in outre une souscription dont le produit
sera destiné à offrir un cadeau en numéraire
tu nouveau cardinal, à,son retour de Rome.
Séance tenante, une somme de 40,000 francs
i été souscrite le, duc do Norfolk s'est ins-
srit pour 25;000 francs. Des circulaires ont
ité adressées ce sujet à tous les membres
catholiques du Parlement et, généralement,
iux catholiques marquants du royaume.
Un Numéro 5 1S ceatâaes. a
Lundi 22 Mars 4875
H. DE VILLEMESSANT
v I^dacteur^en chef
fRAHClsiiA6HAHD .;•
f Secrétaire de la Rédaction
BÉDAGTION
Be midi à minuit, rue Drouot, 26
̃ -Les manuscrits ne sori pas rtkdyt ̃'
.̃ ̃' BUREAUX.. •<̃ ̃'̃
26, Rue Drouotj- 26
In face asDéjot âe Porcelaines et Faïences anglaises.
/t^jT^n^ Loi» par ceux-ci, blâmé pjff ceiix^à me mo<îuant des sots, bravant les méchaats Je me hâte
Ai^ de'rire de tout de peur d'être oblige'4'en pleurer. » (Beatjmarceus.)
1~ 1 "1" '<
H. DE VILLEMESSANT
,c/Liministriiteur
A. GUIBERT
Contréleur général charge de la sumittanct
ABONNEMENTS
Départements 3 mois. ] i«fr.
Paris 3 mois îjsfr.
Départements et Gares 20 ceatiinBS
IES ANNONCES ET RÉCLAMES
««'REÇBEsPiœzMM.DoiHNOENHisEiCie
Jassage àesErinces,et à.rAdMWStralioa
--T-
SOMMAIRE
••
VACANCES politiques Francis Magnard.
JÉchos be Pabis La Masque da Ftr. Mort d(
M"" Aacelot. ̃ ̃
Choses su-Jour Alfred' d'Aunay. Quelques
idées nouvelles. ̃
L'Œuvre, hospitalière X de Veynes. p
TÉLÉGRAMMES ET CORRESPONDANCES Ailff. MarCOÂe.
La grève des ouvrières cigarières à Toulouse.
Le crime de Blaye.. •
Paris abnjour LE jour F. M.
(Informations Gaston Vàssy. Un terrible accou-
chement.
GAZETTE des Tribunaux Fernand de Roddys.
Jugement dans le procès Laporte-aux-Loups.
Affaire des couvents de la rue Picpus.
UNE ÉMISSION publique.
SPORT Robert Miltpn. Steeple-chases d'Auteuil
Tir aux pigeons de Monaco. L'assaut
dïmberaotté.
Courrier DES Gustave La) 'argue.
Représentation de Geneviève de Drabant, offerte
par OfFènbach aux typographes de^la presse
parisienne.
Feuilleton Edmond Arnous- Rivière. Une
Méprise du cœur.' •
Y4CMCESJÔIITI(P;S
Pendant près de deux^mois, un grand
silence va se faire, d peine troublé par les
séances de la commission de perma-
nenoe.'
Jamais, à ce-qu'il nous semble, depuis
près de cinq ans, la presse n'a été aussi
modérée, aussi calme, on pourrait peut-
être dire aussi insignifiante,,et levote du
^5 février, sans convertir personne, a
cependant indiqué aux partis la néces-
sité de suspendre ou de modérer l'ex-
pression de leurs sentiments.
s Le spectre de 1848, qui l'autre jour
s'est dressé à la tribune de l'Assemblée
nationale sous la forme de M. Madier-
Moritjau, a paru aussi vieux, aussi «sé-
qu'un troubadour de M. d'Arlincourt
ou qu'un fantôme d'Anne Radcliffe.
Dans son propre parti, ce vétéran des
conspirations et des rêveries démagogi-
ques n'a recueilli qu'une indifférence
niêléè de quelque raillerie. Le républi-
canisme et, qui plus est, le radicalisme
se sont faits modérés.
< Le lendemain du discours de M Ma-
dier-Montjau nous rencontrions M. Gam-
bètta, vieilli, l'air insouciant, marchant
d'un pas alourdi sur le quai Voltaire,
s'arrêtant aux étalages des marchands
de curiosités, comme un flâneur à l'affût
de quelque rareté. N'était-ce qu'une illu-
sion d'optique, mais il nous a semblé
que dans ce bourgeois bonasse et rassu-
rant s'incarnait la nouvelle République,
celle qui a scellé la pierre sur la Repu-
blique intempérante, brutale, hâbleuse,
insurgeante deM. Madier-Montjau.
Aux hommes de principe qui n'ont
rien obtenu ont succédé les hommes
d'adresse et d'expédients qui vont essayer
obtenir le plus possible.
Où sont les grands éclats de voix, les
• discours menaçants de la Ferté-sous-
Jouarre et de Grenoble? Qu'a-t-on fait de
ces nouvelles couches sociales qu'on
montrait! montant à l'assaut du vieux
monde? •
Aujourd'hui, après avoir accepté M.
Thiers qui fut longtemps l'ennemi im-
placable des hommes de Septembre, on
l'a dépassé; on s'est allié aux tièdes, aux
impuissants, comme on disait autrefois
en parlant du centre gauche; on a voté
avec des ducs, des capitalistes, des juris-
consultes réactionnaires.
Qui sait jusqu'à quels sacrifices on se-
rait alié pour assurer la victoire de l'éti-
quette républicaine?.
'•• -v. '̃- '̃'
'>
̃ D'aucuns feignent de croire que ce
travestissement est plus dangereux que
la sincérité turbulente d'autrefois. Nous
estimons que c'est pousser trop loin le
pessimisme, et, sans scruter tropprofon-
ûément la stratégie savante que recouvre
peut-être cette attitude nouvelle, jouis-
sons de ces loisirs que nous a faits la
grande lassitude de l'opinion plus encore
que la Constitution Wallon.
Il dépend d'ailleurs du gouvernement
et surtout de la droite deprolonger cet
accident heureux.
Certes on ne peut espérer que nous en
ayons fini avec tous les tiraillements,
et lé discours de M. Laboulaye, dont
nous avons signalé hier les principaux
passages, indiqua ce que personne
n'avait pu mettre en doute que la
gauche garde un plan, des visées et une
politique.
Il est donc vraisemblable que dès la
rentrée la lutte recommencera avec' plus
T>u moins d'aigreur, soit sur la ques-
tion de l'état de siége^soit sur le zéle
(xop intempérant de quelques fonction-
naires, soit enfin sur la dissolution.
Tout nous porte à croire que le nli-
Biistère ne transigera point. Ce jour-
ïà, si la droite comprend son intérêt et
son devoir, elle refera avec le centre
droit et les modérés du centre gauche
une majorité d'ordre social, sans préoc-
cupation de parti et surtout sans ran-
cune à l'endroit du vote du 25 février.
#*#
f* Ce vote, on eût dû l'éviter, bien qu'au
fond il n'ait rien changé à l'état de cho-
ses existant et qu'il n'ait pu décréter une
éternité gouvernementale dont laFrance
a perdu le secret; mais puisque cela
n'est plus possible, la Droite doit au
pays d'empêcher les républicains de ti-
rer de la République toutes les çonsé-
quences qu'ils ont pris l'habitude d*y •
chercher.
Pour cela, il est nécessaire que les dé-
putés retournant au milieu de leurs élec-
teurs ne, se laissent envahir ni par l'a- ]
mertumenipar le dépit. Quand on les
interrogera, au lieu de prendre des
airs éplorés et d'exagérer les périls la-
tents de la situation, qu'ils réagissent et ]
puisent dans le contact avec le pays le i
courage de faire taire leurs regrets et ]
de barrer le chemin aux hommes de dé- 1
sordre. ̃ ̃ ]
L'opinion, ainsi rassurée et éclairée, £
leur donnera plus de" force et les sou-
tiendra. Surtout pas d'exagération ba- i
_n
nale, pas de décourageât \ml sévi-
rait de masque à des ràBcïïasststêriles.
L'essentiel, c'est que la France soit
heureuse et prospère, n'importe sous
quel nom.
Par un phénomène assez singulier jus-
Iqu ici, lès rentrées de l'Assemblée ont
toujours été fort orageuses. On eût- dit
que chaque député arrivait avec un ar-
rière de paroles et de passions à dé-
penser. ̃ ̃
Nous espérons que, seuls, les manda-
taires du pays ne se refuseront pas à
l'immense besoin d'apaisement qui se
fait sentir de toute part.
La pierre d'achoppement des lois cons-
titutionnelles se trouve écartée qu'on
ne s'amuse pas à en créer une nou-»
velle, et si la modération républicaine
n'est qu'un leurre, si les loups mal dégui-
sés en moutons veulent mordre le ber-
ger, si les républicains veulent démon-
trer une fois de plus que le gouvernement
de leur choix est incompatible avec la
paix publique, avec le travail dans les
ateliers et l'ordre dans la rue, que le
gouvernement et le ministère puissent
compter sur le concours de tous les
hommes de conservation, qu'ils soient
bonapartistes, légitimistes, ou républi-
cains par résignation.
Ce n'est peut-être qu'un rêve, mais la
France ne se plaindrait certainement pas
qu'il se réalisat. 1
Francis Magnard..
Echos de Paria
,MADAME ANGELOT
Le monde des lettrés apprendra avec
regret une mort presque subite, celle de
'Mme Ancelot, qui avait, malgré son âge
avancé quatre-vingt-quatre ans
gardé tant de jeunesse, d'esprit et de
grâce d'allure qu'on aurait pu la croire
estinée à rester plus longtemps au mi-
lieu de ses amis. il
Mme Ancelot était née dans une
famille de l'ancienne bourgeoisie dijon-,
naise, et s'appelait de son nom de jeune
fille Mlle Chardon. Ses parents vinrent
s'établir à Paris en 1804, et en 1818 elle
épousa M. Ancelot, alors employé de la
marine. Rien à cette époque ne faisait
prévoir l'heureuse destinée littéraire du
jeune couple, car M. Ancelot n'avait pas
encore eu d'ouvrage joué, et ce ne fut
'que beaucoup plus tard, en 1835, que
Mme- Ancelot debuta comme auteur à la
Comédie-Française, avec le Mariage rai-
sonnable. L'année suivante elle fit jouer
Marie ou Trois Epoques qui eut un énorme
succès, fut jouée dans toute l'Europe, et
est restée un des meilleurs rôles de Mlle
Mars, qui,1 quoique sur son déclin, sut en-
core y paraître avantageusement sous
les traits d'une jeune fille.
A partir de ce moment jusqu'en 1843,
elletravailla activement pour le Gymnase
et les Variétés. Depuis, elle ne produisit
plus qu'un seul drame représenté à la
Gaîté en 1848 les Femmes de Paris.
Elle a en outre écrit beaucoup de ro-
mans et d'articles de revues.
.j\<¡t:'
Mme Ancelot laisse un genre de célé-
brité qui survivra peut-être plus tard à
ses écrits: elle a eu un des salons les
plus célèbres de Paris, alors que Paris
possédait encore des salons.
Tout ce qu'il y a eu de poètes, de litté-
rateurs et d'artistes sous la Restauration
et sous Louis-Philippe a passé chez Mme
Ancelot.. ·
On sait qu'alors le costume noir n'é-
tait pas l'uniforme de rigueur: la tenue
habillée comportait une certaine fantai-
sie, et les jeunes gens du temps aimaient
à s'y signaler,et quelques-uns à y exagé-
rer1 leur dandysme. On voyait Mme Geor-
ge Sand avec ses grandes robes de ve-
lours noir Alfred de Musset valsait avec
des bottes et la cravache à la main.
'•̃'̃̃
Comme beaucoup de célébrités se réu-
nissaient dans ce salon, il ne tarda pas à
devenir un centre littéraire avec ses as-
pirations et ses ambitions particulières;
il eut -une grande influence sur les élec-
tions académiques. De là surgit une> ri-
valité d'àbord sourde, puis déclarée en-
tre ce salon et celui de Mme Récamier,
dont le cénacle était à l'Abbaye-aux-
Bois. Les habitués de l'un des deux cer-
cles cessèrent d'aller dans l'autre. Mais
la maison de Mme Ancelot resta sans
contredit la plus jeune et" la plus vi-
vante.
Elle eut surtout le privilége de se re-
nouveler constamment. Les jeunes au-
teurs, à mesure qu'ils faisaient leur ap-
parition, étaient toujours amenés à pas-
ser par ce salon où leurs ainés leur sou-
haitaient gracieusement la bienvenue.
̃ ̃ .<"̃ ̃ #*# ̃
Mme Ancelot a fait beaucoup de mots
le plus joli est sans contredit celui-ci
J'ai un gendre dont tout le monde
parle et une fille dont on n'a jamais
parlé.
On sait que Mlle Ancelot a épousé
Me Lachaud.
• #̃% ̃̃̃̃'• ̃
Nous nous sommes rendu à la mai-
son que Mme Ancelot habitait, depuis
plus de quatorze ans au 35 de la rue de
Grenelle-Saint-Germain. Nous avons re-
trouvé tel que nous l'avons vu autrefois
cet appartement à hautes fenêtres qui
rappelle un peu, par sa tranquillité et son
ameublement de style antique, certains
vieux hôtels de province. Les murs sont
ornés de nombreux tableaux, peints par
Mme Ancelot, et dont l'un représente
Une lecture chez M. Ancelot. Il est naturel-
lement composé entièrement de por-
traits. Hélas combien de. survivants
pourrait-on compter parmi tous les per-
sonnages de ce tableau! I
Nous avons éprouvé une singulière
impression en trouvant transformé en I
I~r®oeu~ss~W e®
chambre mortuaire ce lieu autrefois si
plein de gaîté! M. Sangnier, gendre de,
M* Lachaud et par conséquent mari de
la petite-fille de Mme Âncelottygill,ait1au^
pres de la morte 1 1
̃ ̃̃ .•.̃ «*#V ,̃
Mme Ancelot a succombé samedi ma-
tin, à. neuf heures, à une pleurésie dont
elle souffrait depuis six semaines. Jus-
qu'au bout elle a conservé toute la luci-
ité et tout le charme de son esprit.
Ses obsèques auront lieu aujourd'hui à
midi, en l'église de Saint-Thomas-
d'Aquin.
A propos du Salon, une curieuse dis-
cussion s'est élevée entre la famille de
Corot et M. Cléophas, l'ancien, chanteur
de l'Opéra, marchand de tableaux et l'un
des bons amis du maître.
Corot a peint dans l'atelier,de M. Cléo-
phas une grande figure nue qu'il desti-
nait au Salon de 1875. Après la mort du
grand peintre, la famille a.décidé l'envoi
de trois paysages. De son côté, M. Cléo-
phas pétitionne auprès de M. de Chen-
nevières pour faire admettre la figure à
l'Exposition mais le règlement n'admet-
tant pas plus de trois ouvrages du même
artiste, il est à croire que la figure de
Corot ne figurera pas au Salon. Le pu-
blic la verra à l'Exposition de l'œuvre
do Corot qu'on songe à organiser au pa-
lais des Beaux-Arts. •
Impossible de passer sous silence les
quelques lignes suivantes, extraites des
saintes colonnes du journal du joyeux
compère Veuillot J
,t Neç solà diaria âperte impia et'inhonesta
omnino v'ttanda sunt, sed ét alla qu~ ~mu
fronte non ita damnosa videntur; quale est
illud cui titulus Figaro et similia.
Voici la traduction de ce latin de con-,
cierge en belle humeur
et Ce ne sont pas seulement les jour-
naux ouvertement impies et déshon-
nêtes qui sont à éviter tout à fait, mais
encore ceux qui tout d'abord ne sem-
blent pas si condamnables comme par
exemple le Figaro et d'autres du même
genre. »•
L'Univers ajoute que l'ouvrage d'où il
tire ces gaudrioles est édité o, rue de
l'Homme-Sauvage ̃
Tout cela est énorme; mais reconnais-
sez-le vous-même, ô bon papa Veuillot
combien vous seriez'plus doux si vous
sentiez venir l'abonné et si les sages re-
montrances de MgrDupanloup ne vous
avaient depuis longtemps dit qu'en par-
lant religion vous vous mêliez de ce qui
ne vous regarde pas.
0 doux confrère, méditez la Mouche
du coche!
i •'̃
Ne faisons pas de réclame à cet in-
dustriel, mais signalons à nos lecteurs
un cafetier qui connaît son époque.
On vientd'ouvrir dans le VIIIe arrondis-
sement un petit estaminet de bonne ap-
parence. Le quartier est convenable et
toutes les classes de la société, ou à peu
près, y sont représentées.
Le maître de l'établissement a crâne-
ment écrit au-dessus de la porte
CAFÉ POLITIQUE
On entre dans une première salle qui
n'a rien d'extraordinaire'. Dans la se-
conde, par exemple, on voit suspendu
au-dessus du billard un tableau portant
cette inscription
TOT OU TARD IL REVIENDRA
Si l'on demande au cafetier ce que si-
gnifie cette phrase, il reste silencieux
mais souriant. Si l'on insiste, il sourit en-
core et vous donne un coup de coude,
Cligne de l'œil et vous répond tout bas
Farceur! vous le savez bien!
Les consommateurs bonapartistes sont
enchantés et se disent C'est le
petit
Les orléanistes pensent C'est lé
Comte
Les légitimistes comprennent Mon-
seigneur!
Les républicains Thiers!
La vérité, moi seul je la sais et la
voici
Le brave homme est père d'un zouave
qui se promène en'Afrique, d'Oran à
Mers-el-Kébir, ëtc.,etc; il sujçorte péni-
blement son absence, compte et dé-
compte tous les jours et a rédigé en
l'honneur de son retour cet éc/iteau qui
répond à tous ses désirs de père et com-
merçant 1 E
LE MASQUE DE FER.
CHOSES DU JOUR +
Quelques idées nouvelles
J'ai parlé à cette place, il y a quinze
jours, de la Caisse des écoles du deuxiè-
me arrondissement de Paris, institu-
tion véritablement modèle, et de la
messe solennelle célébrée à Saint-Eusta-
che au profit de cette œuvre. L'excellent
exemple donné par les fondateurs de
cette caisse a porté ses fruits. Plusieurs
mairies en ont constitué de semblables,
et je dois notamment citer dans ie nom-
bre celle du douzième arrondissement,
à laquelle, presque sans s'en douter, nos
lecteurs sp sont tout particulièrement in-
téressés.
C'est en effet sur Je reliquat des som-
mes versées pour les incendiés de la rue
de Citeaux, alors que satisfaction pleine
et entière eut été donnée à tous les si-
nistrés, qu'a été pris une bonne part du-
capital de cette caisse. Présidée par,l'ex-
cellent maire, M. Allain, elle distribue,
grâce beaucoup à nos souscripteurs, des
vêtements, des aliments et des récom-
penses aux enfants de ce quartier labo-
rieux, ab'solumentcommelefait la caisse
au deuxième arrondissement aux élèves
de ses écoles.
j,Les livrets de caisse d'épargne sont
1^ râcompfiaseji les plus moralisatrices
qfi'on puisse aonnër aux enfants. Un
maire dit département de la Manche, M.
I* Arthur Legrand, de Milly, a perfectionné
cette idée. Il fait élire par les jeunes
élèves: d'une école, en scrutin secret,
celui qui mérite le livret. Rien ne sau-
rait donner aux enfants une idée plus
haute de l'économie, et, comme le dit
fort bien M. Legrand, ce système en-
seigne à tous, et presque aussi bien aux
électeurs qu'à l'élu,' le chemin de la
Caisse d'épargne, si justement appelée
l'école primaire des capitaux.
-v ̃̃̃̃ ̃•• 'l\: :̃̃̃
J'ai eu souvent à parler de la façon
dont l'Etat entend la reconnaissance en-
vers ceux qui l'ont servi. Un abonné du
Figaro m'écrit à ce sujet que le gouver-
nement actuel, qqi à première vue ne
paraît pas précisément enthousiaste de
l'Empire, ferait bien de l'imiter en ce
qui concerne les vieux serviteurs et par-
ticulièrement les amputés militaires.
L'Empire faisait fort bien les choses,
presque sans compter. En ce moment,
on marchande trop le morceau de pain
nécessaire aux gens qui ont laisse un
bras ou une jambe sur le champ de ba-
taille. Cela donne lieu à des comparai-
sons qu'il serait politique' d'éviter.
J'ai appris l'autre jour quelque chose
de bien épouvantable. On ne considère
pas comme amputé un homme qui, par
suite d'un fait de guerre, aurait perdu
tout ou partie de son visage
Il est pourtant évident que le malheu.
_7_ _J1L_f -1
i reux que la guerre a ueugure aura granas
mal à trouver un emploi. Il lui sera aussi
bien difficile de se marier. L'Etat lui
doit donc une compensation pécuniaire.
Il y a quelque temps, un jeune homme;
sortant de l'hôpital militaire du Val-de-
Grâce, se présente la tête enveloppée
d'une serviette chez M. le général de
Geslin. ̃
Mon général, lui dit-il, on vient de
me, mettre à la porte de l'hôpital, où
j'étais depuis la guerre, en 'me disant
que je suis guéri. Or, personne ne veut
de moi nulle part pour employé, tant je
i suis horrible à voir.
Le malheureux retira la serviette. Le
général poussa un cri de stupeur. Le
̃ blessé n'avait plus de figure. Le nez,
les. joues, les lèvres, tout était enlevé"
Le général fit admettre ce pauvre sol-
dat à l'hôpital Saint-Martin, où un très
habile praticien, M. Delalain, lui fa-
briqua une figure artificielle qui le rend
assez présentable. Il paraît que ce n'est
pas un cas isolé, et la preuve, c'est que
l'Académie de médecine vient de décer-
ner à M. Delalain une récompense pour
plusieurs opérations de ce genre.
Il est vrai qu'au soldat en question le
Val-de-Grâce avait donné un nez d'ar-
gent. Seulement le nez ne tenait pas, vu
le manque de figure. Et ce pauvre dia-
ble n'a pas de pension, parce., que, ses
bras et ses jambes étant intacts, on le
considère comme capable -de travailler.
• #*# a
Si lé sort des blessés militaires nous
intéresse, celui des blessés civils est aussi
fort digne d'attention. Or, combien de
blessures graves, de ruptures de mem-
bres ne sont-elles pas causées .par des
accidents de voitures t
C'est presque toujours quand les che-
vaux s'emportent, soit par vice de na-
ture, soit par la faute des cochers, que
ces accidents se produisent. Un ancien
carrossier desplus intelligents, M. Maître,
vient d'inventer un appareil qui en sup-
prime d'une façon radicale toutes les
fàcheusôs conséquences.
Cet appareil est un simple levier que
le cocher fait agir quand les chevaux
s'emportent. Aussitôt la voiture, puis-
samment enrayée, s,'arrête comme par
enchantement," tandis que les chevaux
sont instantanément dételés. Si le co-
cher perd la tète, un des voyageurs peut
facilement manœuvrer l'appareil.
Je signale aux carrossiers et à tout le
.monde ce modeste inventeur qui de-
meure avenue de Villiers, n° 18, près du
parc Monceaux.
*̃ v
II paraît que la Ville de Paris a l'in-
tention de placer aux coins des princi-
pales rues des cadrans qui, reliés entre
eux par des fils électriques, donneront
partout l'heure exacte. C'est une bonne
idée, qui n'est pas absolument nouvelle,
mais qui n'en mérite pas moins d'être
promptement mise en pratique.
Ce sera le dernier mot du progrès.
Paris a du reste toujours été au premier
rang des villes en cette matière. Quand
Henri de Vic installa dans la cité l'hor*
loge de la tour du palais^ on n'avait,
même chez les princes, qu'une façon
barba,re de compter le temps.
Pendant les repas, notamment, on
plaçait sur un plat un grand cierge al-
lumé. De distance en distance, des bou-
les de métal étaient piquées dans la
Cire. Sitôt que la chaleur se faisait sentir,
la boule tombait dans le plat. En comp-
tant les boules on savait combien d'heu-
res on était resté à table.
V.Les Arabes se servent encore du feu
pour compter le temps. Quand ils veu-
lent se réveiller plus ou moins tôt, ils
coupent une corde d'une longueur pro-
portionnée au nombre d'heures de som-
meil qu'ils s'accordent.. Ils mettent le
feu à une extrémité et s'attachent l'autre
au pied. La corde brûle, et quand le feu
approche du pied, l'Arabe se réveille en
sursaut.
Voilà qui relègue bien loin, comme ef-
ficacité, les fameux réveil-matin qui ti-
rent un coup de pistolet 1 ̃
Alfred d'Aunay.
Nous rappelons à nos lecteurs que le prix
d'abonnement au Figaro est, pour les dé- <
portements, de 18 francs pour trois mois, {
36 fr. pour six nwis, et 72 fr. pour un an. 1
L'ŒUVRE HOSPITALIÈRE
Pourquoi la ville de Paris n'aurait-elle
pas comme Marseille une Œuvre hospi-
talière?
En 1872, des hommes de dévouement
déploraient à Marseille, au milieu de
l'hiver, l'extrême misère qui force les
mendiants et les vagabonds à passer'la
nuit sous un pont, sous une porte co-
chère, et constataient l'inquiétude qu'ex-
cite pour la tranquillité des rues et la
paix de la ville la. bande de ceux qui
n'ont pas de lit et qui né subissent les
rigueurs du froid qu'après avoir enduré
les tourments'de la faim Sur-le-champ,
ils unirent leurs efforts et leurs bourses;
ils louèrent un vaste local et, achetant de
la paille ne pouvant encore acheter assez
de lits, ils offrirent un gîte à tous ceux
qui viendraient avant neuf heures du
soir demander l'hospitalité. Les fonda-
teurs denVOEuwe hospitalière étaient des
catholiques ils commandèrent rigou-
reusement, dans leur règlement, le res-
pect envers tous les cultes! F
L'oeuvre parut d'abord étrange le pre-
mier jour, surtout aux vagabonds. Le
premier mouvement fut de craindre que
ces dortoirs, si libéralement ouverts, ne
fussent des antichambres de la police ou
le ves*tibule d'un temple.Ilsn'y venaient
point. L'œuvre allait elle devenir un
essai inutile?
Les fondateurs ne perdirent pas cou-
rage. Ils se mirent eux-mêmes à la re-
cherche des malheureux sans lit.
Personne ne l'ignore il y a dans l'ar-
mée des vagabonds, de hardis volon-
t -{ "n. ~:+.
tair.es qui ont quitte une Donne situa-
tion ennuyés de ses exigences,et de sa
monotonie. D'autres sont dans ses rangs
parce que nulle profession n'offre au-
tant d'aventures et n'est mieux faite que
celle-là pour apprendre à borner,le tra-
vail de l'existence à demander La bourse
ou la via. Quelques-uns encore se con-
solent dans cette extrême liberté de plu-
sieurs condamnations et de leurs tristes
mois de prison; enfin, un certain nom-
bre sont réduits à errer, par l'indigence
L'œuvre hospitalière s'adressait à tous
les vagabonds dangereux ou inoffensifs.
On recruta tous ceux qui consentirent à
venir.
Un soir il y avait à peine quelques
malheureux dans le local– l'un des fon-
dateurs résolut de tenter un grand coup.
Le vieux port de Marseille est encom-
bré de grandes barques couvertes qui
servent au débarquement des navires.
On y pénètre par une planche étroite,
assez longue pour que les pieds, en mar-
chant,' la fassent branler.,Le plus sou-
vent, de vieilles toiles permettent à celui
qui cherche l'hospitalité dans cet asile
de s'endormir sur une sorte de matelas
Mais le principal avantage pour les va-
gabonds, dans ces grandes barques cou-
vertes, n'est pas là: la police peut diffici.
lement arriver jusqu'à eux. Ils ajoutent
encore une difficulté aux difficultés na-
turelles. Lorsque la bande est entrée,
l'un d'eux savonne la planche qui relie
la barque au quai. Gare à qui s'y risquera
sans précaution! Sous la protection de
ces circonstances, des bandes nom-
breuses passent la nuit dans ce gîte! t
L'intrepide fondateur partit seul. Il
entra résolùment dans une barque. Tous
dormaient. Il secoua l'un d'eux et lui of-
frit, sans autre forme, un bon lit. Qu'é-
tait-ce à dire? Les vagabonds se crurent
surpris par la police. Le plus fort saisit
l'étranger à la gorge; les autres se ruè-
rent à leur tour contre lui Il fatlut toute
la force du généreux hospitalier pour ne
pas succomber. Après un moment de
lutte, il put se faire entendre. Quelques-
uns le comprirent. Ceux-là couchèrent
ce soir-là dans un lit commode et revin-
rent le lendemain en toute liberté ra-
conter à leurs camarades leur heureuse
expérience
Depuis, l'OEuvre a prospéré; bientôt
même il faudra de nouveaux secours
pour pourvoir à de nouveaux besoins.
Du 25 décembre 1872 au 25 décembre
1874, l'OEuvre hospitalière a reçu plus de
10,000 vagabonds. Au 22 février Î874, le
chiffre officiel était de 8,420. Quel service
rendu à la police!
Le budget des recettes et des dépenses
s'est élevé par an à 11,000 francs envi-
ron. Quel sacrifice minime Cette somme
atteint à peine celle que l'Etat eùt dû dé-
penser pour l'arrestation de ces vaga-
bonds Et ces vagabonds arrêtés, après
avoir fait courir un danger à la-paix pu-
blique et avoir subi le froid, seraient,
au moment de leur mise en liberté, re-
tournés à la vie errante
WEuv?-e hospitalière poursuit un au-
tre but non moins digne d'éloges, et
étranger également aux œuvres philan-
thropiques de Paris.
Avant l'époque de la Terreur, quel.
ques villes possédaient, à côté des nos-
pices pour les malades, des maisons de
convalescents. Le malade, au sortir de j
l'hôpital, reprenait ses forces dans cette
maison il ne s'exposait pas à une
prompte rechute et n'épuisait pas, dans J
un travail nécessairement opiniâtre, les (
forces que, lui avait laissées la mala-
die Aujourd'hui, ces hôpitaux de con- ]
valescents n'existent pas. Plus d'un ma- 4
lade, une fois rentré à l'hôpital, n'en
sort plus que pour y retourner bientôt t
VÙEuvre hospitalière offre un lit aux 1
convalescents! Cette institution n'est.
elle pas moins utile que la première? La J
première est cependant la principale, la
plus originale, la plus charitable1!
Nous n'avons pas encore tout dit sur i
cette œuvre excellente. Nous n'avons i
pas exposé la raison particulière par la-
quelle »elle est une œuvre éminemment
utile.. £
Si les « hospitaliers » s'étaient bornés (
à dépenser leur peine, leur temps et leur <
revenu, pour abriter, sans autre pensée, ]
les vagabonds, ils auraient simplement <
facilite le vagabondage. Combien, parmi «
leurs clients, auraient choisi leurs nuits, t
consacrant les unes à courir'les rues, ,à
iépouiller les maisons et les passants,
vouant les autres à se reposer de leurs i
exploits dans la maison de l'OEuvre hos- c
oitalière Les fondateurs comprirent ce s
IIM–^roM.1.»-
danger. L'hospitalité, au lieu d'être un
but, devint un moyen. Ils ont ouvert à
to« venant leurs portes 'dans le but d'é-
tre «tues aux malheureux, de les rapa-
trier, si rexilles opprime de les rame-
ner à leurs -parents, .si leur faute. leur
pèse; de leur trouver du travail, si la dif-
n^çulte d'en découvrir et quelque peu la
paresse ne leur permettent pas d'en avoir.
Les a hospitaliers » ont enfanté des mer-
veilles
L'tin des articles, du règlement est,
ainsi conçu: « Les personnes qui vou-
drontbénéficiordel'OEuvre seronttenues
de donner tous les renseignements sur
leur individualité. » Par cette clause, les
fondateurs ont appris qu'ils avaient lc-
gé des Français, des Italiens, des Alle-
mands, des Espagnols, des Anglais, des
nègres de Zanzibar et duMozambique, et
des Japonais. Ils ont donné l'hospitalité
a des idolâtres, des bouddhistes, des
mahométans, des juifs; des protestants
et des catholiques. Au.moisdemars 1874,'
le commissaire central de Marseille de-
manda à l'Œuvre l'hospitalité pour 150
libérés arrivant de Cayenne.
Aussitôt arrivé, le vagabond est ques-
tionné et dés membres de l'OEuvre,
appartenant pour la plupart à do
hautes situations commerciales, s'em-
pressent de lui préparer un sort meil-
leur. Les compagnies de chemins de fer
ont accordé des demi-places à ceux qui
voulaient retourner dans leurs foyers.
Quatre compagnies de bateaux à vapeur
ont lutté de desintéressement. L'Œuvre,"
grâce à cette bienveillance, a pu envoyer
travailler en Afrique des malheureux
qui ne trouvaient pas d'occupation à
Marseille.
Fl,n Nr4r*8f£i n~noE_nn "n- Il
lin vente, n'est-ce pas là une œuvre
digne d'être louée, en imitant son orga-
nisation, ses efforts et ses résultats. Tous
les vagabonds auxquels Paris donnerait
une, hospitalité aussi intelligente se
trouveraient, le jour d'une émeute ou
d'une révolution, dans les rangs des con-
servateurs.
•̃ .̃̃̃̃"• de Veynes. •
i
̃- i_ «- ~ï
TÉLÉGRAMMES & CORRESPONDANCES
Toulouse, 20 mars. La grève des
ouvrières cigarières persiste toujours. Sur
1,200 ouvrières, une centaine seulement sont
rentrées dans les ateliers. Dans l'après-midi
d'hier, des attroupements se sont formés aux
abords de la manufacture. Il y avait au moins
3,000 personnes les hommes étaient en ma-
jorité.
Les agents dé police ont essayé vainement-
de disperser la foule et l'on a dû avoir recours
à la gendarmerie. Son arrivée a suffi pour ré-
tablir, l'ordre et les curieux se sont sauvés à
toutes jambes. On a dû opérer l'arrestation do
huit meneurs et d'une femme. "L
–Le tribunal correctionnel a eu à juger
hier trois ouvrières cigarières prévenues
d'avoir excité leurs camarades, par gestes et
menaces, à se révolter contre les agents de
police qui sÎBfïorçaient de dissiper les' attrou-
pements elles ont été condamnées l'une à six
jours de prison, l'autre à quinze jours. La
troisième a été relaxée.
Bordeaux, 20 mars. Le soldat
Waquier, condamné à mort par le conseil de
guerre de Bordeaux, s'est pourvu en cassa-
tion.
->~i< Il y a trois mois la Cour d'assises de
la Gironde condamnait aux travaux forcés à
perpétuité un vieillard qui avait tué son fils, à
la suite d'une violente altercation au sujet
d'un méchant outil.
Un meurtre vient d'être commis près de
Blaye, pour un motif presque aussi futile.
tfn nommé Laveau avait chargé le domes-
tique d'un de ses voisins de lui acheter un la-
pin à la ville. Ce domestique revient sans la-
pin ni argent. Laveau réclame, s'exalte et
s'écrie c Je vais te faire connaître à ton maî-
tre. Moi, répond le domestique, je vais te
faire ton affaire » et il plonge son couteau
dans le ventre de Laveau.
Le malheureux est mort de sa blçssure.
Quant au meurtrier, il a été arrêté. On le dit
atteint d'aliénation mentale.
t Saintes, 20 mars. Dans le pro-
gramme des fêtes que la ville de Saintes pré-
pare pour l'époque,du concours régional,
du 20 au 30 mai prochain, figure un
congrès d'orphéonistes et de sociétés musi-
cales. La Charente, la Charente-Inférieure, la
Dordogne( les Deux-Sèvres, la Vendée, la
Vienne et la Haute-Vienne y prendront part.
Plus de '30 sociétés se sont déjà fait inscrire.
La commission des fêtes qui a organisé co
brillant concours est présidée par le comte
Tanneguy-Duchâtel, deputé de la Charente-
Inférieure.
Quelques journaux ont parlé de l'évasion
de la Nouvelle-Calédonie de l'ex-général Pé-
lissier, condamné à la déportation dans une
enceinte fortifiée, pour sa,participation à l'at-
taque du Mont-Valérien en avril 1§T1. L'éva-
sion remontêrait au mois de décembre der-
nier. L'ex-général communard aurait été ac-
compagné dans sa fuite par un autre dé-
porté.
La durée" de leur voyage dans une mau-
vaise barque pour atteindre la côte austra-
lienne aurait duré 13 jours, du 9 au 22 dé-
cembre, au milieu de dangers et de souf-
frances de toutes sortes.
~~™~ Cherbourg, 21 mars. L'exequatur
a été donné à M. Amédée Bpnfils, nommé vice-
BOnsul de Suède et de Norwège à Cherbourg.
̃' Rome, 21 mars. La Libertà dit que
les princes Humbert et Amédée et la prin-
sesse Marguerite iront à Venise à l'occasion
le la visite de l'empereur d'Autriche.
Le 5 avril, il y aura un dîner de famille et
probablement un bal au palais royal.
Les dispositions pour le 6 ne sont pas ea-
jore définitivement arrêtées. Toutefois, on
sait qu'il y aura un dîner de gala et une soi-
rée théâtralei
L'empereur partira le 7 air matin. Il s'em-
barquera à Malamocco pour Pola, où il arri-
vera dans la soirée.
LONDRES, 21 mars. Une vingtaine
le membres catholiques du Parlement ss
:ont réunis hier, dans la salle des conférences
ie la Chambre des communes, pour s'enten-
Ire au sujet d'une adresse de félicitations à
présenter au cardinal Manning. On aorganisi
in outre une souscription dont le produit
sera destiné à offrir un cadeau en numéraire
tu nouveau cardinal, à,son retour de Rome.
Séance tenante, une somme de 40,000 francs
i été souscrite le, duc do Norfolk s'est ins-
srit pour 25;000 francs. Des circulaires ont
ité adressées ce sujet à tous les membres
catholiques du Parlement et, généralement,
iux catholiques marquants du royaume.
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