Titre : La Dépêche algérienne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Alger)
Date d'édition : 1935-12-16
Contributeur : Robe, Eugène (1890-1970). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32755912k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 16 décembre 1935 16 décembre 1935
Description : 1935/12/16 (A51,N18122). 1935/12/16 (A51,N18122).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t558591f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-10449
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/01/2021
Partout la main de Moscou :
La grève des dockers marseillais,
transformée par les communistes
en mouvement politique,
est provisoirement arrêtée
(Information page 4)
La Dépêche Algérienne
ALGER, 9, BOULEVARD LAFERRIERE 9^0 LE PETIT ALGERIEN ORc Téléph. : 96-56, 96-57, 96-58, 96-59, 96-60
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51* ANNÉE - N° 18.122
1935
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DÉCEMBRE
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PARIS, Ag. Havas,
62, r. de Richelieu
LUNDI
Et dans toutes ses
succursales de
!l Sainte ADELAÏDE
Province
Un ministre parle à Montbéliard
Le discours de M. Herriot
est considéré comme un désaveu
de la politique étrangère
de M. Laval
Le ministre d'Etat se prononce, en effet,
dans la question italo-éthiopienne
pour la solution du Front dit populaire
Derrière M. Herriot et le Front populaire
n’y aurait-il pas la main de Moscou ?
BU LLET IN
L’attitude de M. Herriot
Paris, 15 décembre (de notre ré
dacteur parisien). — Un portefeuille
entre les mains de M. Herriot dans
un cabinet qu’il ne préside pas de
vient le sabre de Joseph Prudhomme.
Il lui sert pour soutenir le cabinet
et au besoin pour le combattre. Ain
si précédemment M. Herriot avait
sapé les ministères de Poincaré
d’abord, puis de M. Gaston Dou-
mergue dont il faisait partie. Il re
commence avec M. Laval. Il était
déjà assez scandaleux de le voir ces
jours-ci tempêter dans les couloirs
de la Chambre et dans le groupe ra
dical contre le projet franco-britan
nique signé par son chef. Encore
pouvait-on dire qu’il exhalait sa
mauvaise humeur en famille. Mais
à Montbéliard c’est en public qu’il
a critiqué l’œuvre du président du
Conseil et qu’il a repris et contre
signé les reproches amers élevés
contre cette œuvre par les commu
nistes et les socialistes. C’est certai
nement la première fois qu’on voit
un ministre désavouer publiquement
son chef. Cette attitude est d’autant
plus blâmable que c’est sur une
question de politique extérieure que
M. Herriot cherche querelle à M.
Laval et à propos d’une initiative
diplomatique qui porte la signature
de la France et celle de l’Angle
terre. Si la légèreté d’esprit de M.
Herriot était bien connue, on n’aurait
pas cru qu’elle pût être poussée jus
qu’à ces limites.
Dans ce discours de Montbéliard,
M. Herriot s’indigne de ce que les
partisans des sanctions contre l’Ita
lie jusqu’au bout soient traités de
bellicistes. Comment veut-il donc
qu’on appelle ceux qui, pour empê
cher l’Italie de civiliser l’Ethiopie et
de faire ce que la France et l’Angle
terre ont fait partout pour avoir des
colonies, ne craindraient pas de dé
chaîner une guerre européenne.
p Nous ne cesserons de le répéter,
ceux qui veulent réduire l’Italie à
merci ont beau s’abriter derrière
l’idéologie genevoise et d’illusoires
garanties pour l’avenir n’ont en réa
lité qu’un but qui est d’abattre M.
Mussolini et avec lui le fascisme.
C’est une croisade maçonnique qu’ils
prêchent. Le pays ne s’y laissera pas
prendre. Il ne consentira pas à de
nouvelles tueries pour les beaux
yeux du Négus, de M. Léon Blum et
de M. Herriot.
Mais ce discours de Montbéliard
pose une question politique immé
diate. Est-ïl possible qu’un ministre
demeure dans un cabinet dont il a
publiquement désavoué le chef ? M.
Herriot refaisant un geste qui lui
est devenu familier, va-t-il remet
tre sa démission à M. Laval, entraî
nant avec lui les autres ministres
radicaux ? On se prend à se deman
der si M. Laval ne ferait pas mieux
de lui demander de lui rendre son
portefeuille avant qu’il ne le lui re
mette. La Chambre aurait ensuite à
se prononcer. Si M. Herriot l’empor
tait il serait mis au pied du mur et
invité à s’entendre avec les commu
nistes et les socialistes pour former
un gouvernement.
Quelque inquiétude que puisse
inspirer une expérience de ce genre,
on est tenté de la souhaiter pour
sortir d’une équivoque qui paralyse
tout.
Jules VERAN.
Le discours de M. Herriot
Montbéliard, 15 décembre. — M.
Edouard Herriot, ministre d’Etat, est ve
nu aujourd’hui présider à Montbéliard
un banquet de 1.500 couverts organisé
par la section locale du uirti radical et
radical-socialiste. Après avoir assisté à
un vin d’honneur, le ministre d’Etat a
rejoint la salle du banquet dont les as
sistants lui ont fait une chaleureuse ova
tion.
Au cours du banquet auquel assistaient
de nombreuses personnalités de la ré
gion, notamment MM. Peretti Délia Roc
ca, préfet du Doubs ; Lanquetin, sous-
préfet de Montbéliard ; Julien Durand,
député de Besançon ; Perriat, député ;
Jean-Pierre Peugeot, industriel, maire de
Séloncourt, et divers maires et conseil
lers généraux du département du Doubs,
divers discours ont été prononcés, no
tamment par M. Julien Durand. Puis le
président Herriot, prenant à son tour la
parole, s’est, dans les termes suivants,
élevé en ce qui concerne la situation in
ternationale, « contre la campagne diri
gée, a-t-il dit, contre les pacifistes les
plus patriotes ».
<— Ces violents, ces insulteurs, a-t-il
dit, tout en approuvant l’expédition
d’Ethiopie crient « A bas la guerre ».
Comprenne qui voudra. Ils semblent ex
ploiter l’horreur légitime de notre pays
pour les tueries humaines. Ils essaient de
nous représenter comme des bellicistes
parce que nous estimons que la seule
fondation solide de la paix, c’est la jus
tice. En toute occasion nous démasque
rons ce sophisme. A tout instant nous' dé
noncerons ces prétendus partisans de la
réconciliation nationale qui n’ont que
l’insulte à la bouche pour ceux qui ont
sacrifié si souvent à l’idée de la trêve
leur liberté d’agir et même leur liberté
de parler.
« Ici en particulier, dans cette région
où les consciences sont, de par une an
cienne tradition, si sérieuses, je tiens à
élever une vigoureuse protestation contre
ces procédés scandaleux. Dans l’ordre in
ternational la situation du parti radical
et radical-socialiste a été nettement pré
cisée par l’ordre du jour de notre groupe
parlementaire qui dit nettement ce que
nous pensons. Notre pensée se résume en
trois formules :
« 1° On nous trouvera à tout instant
partisans d’une solution de conciliation
pour mettre fin à une guerre que nous
avons essayé d’éviter et pour rapprocher
deux adversaires, membres tous deux de
la S.D.N. La couleur différente du dra
peau n’est pas un argument suffisant
pour nous détourner de cette tâche. Noirs
ou blancs, tous les hommes ont un sang
rouge ;
« 2° Mais cette conciliation, comme le
dit le mot lui-même, ne peut qu’être li
brement acceptée par les deux parties.
Nous n’admettrions pas qu’elle fût impo
sée au plus faible, même par ce que le
délégué du Portugal à Genève appelait
éloquemment « la spoliation par la pro
cédure » ;
« 3° La conciliation doit être aussi ac
ceptée par la S.D.N. Elle doit être con
forme au pacte, aux principes de la sécu
rité collective et de la paix indivisible.
Elle doit préserver et non détruire l’ef
fort admirable de coopération réalisé pour
la première fois à Genève cette année.
Une grande espérance est née et aucun
Français réfléchi, songeant à l’avenir de
son_ pays, ne peut laisser détruire cette
espérance. »
« Est-ce que Moscou
veut renverser Laval ? »
Berlin, 15 décembre. — Sous le titre :
« Est-ce que Moscou veut renverser La
val ? », la « Deutsche Allgemeine Zei-
tung » publiait hier soir, un article de
son correspondant à Paris. Parlant des at
taques dirigées actuellement par la gau
che contre le président du Conseil fran
çais, le journal allemand affirme que ces
attaques sont d’une importance dépassant
le cadre de la politique intérieure fran
çaise.
Elles sont d’autant plus importantes,
écrit le journal allemand, que c’est Mos
cou qui a la main dans cette affaire. On
affirme que le Kremlin se montre particu
lièrement mécontent du plan Laval-Hoare
et que Litvinoff a l’intention de torpiller
ce projet à Genève comme à Paris. Tan
dis qu’à Paris les représentants notoires
de la gauche sont en communication per
manente avec l’ambassade des Soviets dans
la capitale française, le sous-secrétaire gé
néral russe Rosenberg est en rapports
étroits avec de hauts fonctionnaires de la
S.D.N. C’est sous l’influence de cet hom
me d’Etat soviétique que ces hauts fonc
tionnaires préconisent maintenant la né
cessité de la chute de M. Laval. Moscou
est donc la force motrice qui décide de
l’action du Front populaire.
Le nouveau président
du Conseil espagnol
M. Portela VALLADARES
qui vient de constituer le nouveau
Cabinet espagnol
Le citoyen Vonsovski
est condamné à mort
pour espionnage par le tribunal
de Leningrad
Moscou, 15 décembre. — Le Tribunal
militaire de Leningrad a condamné à
mort, pour espionnage, le citoyen sovié
tique Vonsovski.
Avant la révolution, Vonsovski était
membre d’une organisation d’étudiants
monarchistes. Il aurait eu des relations,
ces derniers temps, avec un consul étran
ger de Leningrad et lui aurait fourni
des informations concernant la défense
nationale en U.R.S.S.
Les sports d’hiver sur les hauts plateaux algériens
M. Lamoureux
La neige, qui est tombée en abondance
dans le département voisin, entraîne avec
elle une recrudescence de l’activité des
sports d’hiver. Le Ski Club Sétifien don
ne l’exemple et notre cliché apporte la
preuve que, même à Sétif, l’on peut se
livrer à un sport aussi intéressant que
captivant. Nos intrépides adeptes se pré
sentent décidés à l’action, après avoir
constater que les chameaux semblent défier
aussi facilement l’étendue neigeuse et sa
rigueur que le désert de sable et sa fièvre
de la soif.
(Photo de Champeaux, Sétif).
A la recherche d’un terrain d’entente
félicite M. Pierre Laval
de l’œuvre qu’il a réalisée
en politique extérieure
Vichy, 15 décembre. — A l’issue d’un
grand banquet donné aujourd’hui par la
27 e section des Médaillés Militaires, à
l’occasion du 25 e anniversaire de l’orphe
linat de la Société, M. Lamoureux, dé
puté, ancien ministre, qui présidait, a
parlé de la situation économique et po
litique -générale, intérieure et extérieure.
Au regard des sujets d’inquiétude pro
voqués par les perturbations mondiales, il
a signalé l’éclaircie qui se manifeste à
la suite de l’heureuse entente survenue
entre la France et l’Angleterre pour ré
soudre le conflit italo-éthiopien de façon'
honorable et satisfaisante pour les belli
gérants, M. Lamoureux a tenu à rendre
hommage à l’action bienfaisante de M.
Pierre Laval, à louer son initiative intelli
gente conteste le plus grand mérite de cette
solution ».
M. Lamoureux a ensuite énoncé les
deux conditions, indispensables selon lui,
du redressement économique et politi
que du pays ; la première, la paix par
l’union de tous les Français ; la secon
de, la stabilité ministérielle laquelle com
mande la situation générale et doit don
ner au Gouvernement une autorité né
cessaire et forte pour traiter et défendre
ses intérêts auprès des autres Gouverne
ments. Les déclarations de l’ancien mi
nistre ont été très applaudies.
La presse italienne
élève brusquement de violentes
critiques contre les propositions
Laval - Hoare
L’aigle vaincu
Par contre, le Négus manifesterait l'intention
de se montrer moins intransigeant
Jeudi dernier, un colon de Palestro a
eu le plaisir d'abattre cette ['elle pièce
qui ne mesure pas moins de 1 m. 20
d'envergure. Cet aigle qui faisait de
sérieux ravages dans sa basse-cour,
aura, maintenant, une place d'hon
neur dans... sa salle à manger
(Photo Portevin).
Les poilus de l’armée d’Italie
font célébrer à Lyon
un service religieux
à la mémoire des morts
des guerres de 1859
et de 1914
APRES LE BOMBARDEMENT DE DESSIE
Le comte Ciano, gendre de M. Mussolini, ainsi que les deux fils du « Duce »,
ont pris une part active dans le bombardement de Dessié. — Notre photo
montre : Le comte Ciano (au centre) et le lieutenant Vittorio Mussolini rendant
compte de leur raid à quelques officiers supérieurs une fois revenus à leur base
santés ; elles accordent à l’Italie aussi
bien en Dankalie que dans l’Ogaden des
territoires exclusivement sans intérêt.
2° L’Italie ne peut renoncer à Axoum ;
la population conduite par ses prêtres
s’est volontairement soumise ; l’Italie a
supprimé l’esclavage dans la région ; il
est impossible de restituer ces popula
tions à un gouvernement qu’elles ont
fui.
3° Assab ne peut pas être donnée à
l’Ethiopie ; le principe de l’échange de
territoires entre l’Italie et l’Ethiopie s’ap
puie sur un principe faux, celui de l’éga
lité entre les deux pays. Si l’Ethiopie n’a
vraiment pas l’intention d’utiliser le dé
bouché qu’elle réclame pour faire du tra
fic d’armes, un port franc lui suffit et
lui permettra de faire des échanges com
merciaux avec l’étranger.
4° La zone de peuplement reconnue à
l’Italie est inférieure à celle que lui re
connaissaient déjà les protocoles italo-
britanniques de 1891 et 1894, ainsi que l’ac
cord tripartite de 1896 et l’accord passé
avec la Grande-Bretagne en 1925. Cette
zone, en particulier, ne comprend pas de
liaison entre l’Erythrée et la Somalie à
l’ouest d’Addis-Abéba, le long de la fron
tière du Soudan anglo-égyptien telle que
la prévoyait l’accord de 1925.
l’opinion indigène, venant s’ajouter au
sentiment que certaines puissances euro
péennes sont moins prêtes à l’appuyer
qu’auparavant, pousseraient le roi des
rois à envisager d’un œil favorable le
projet contre lequel il s’est tout d’abord
élevé.
(Lire la suite page 7)
II a neigé hier à Paris
Paris, 15 décembre. — La température
depuis hier se maintient à plusieurs de
grés au-dessous de 0 et ce matin, vers
5 heures, la neige a fait sa première ap
parition. Le ciel reste bas et gris et les
toits, les chaussées et les trottoirs sont
recouverts d’une fine couche blanche que
là circulation va vite transformer dans les
rues en une boue malpropre.
Lyon, 15 décembre. — La Fédération
nationale des poilus de l’armée d’Italie
a fait célébrer, ce matin à Lyon, en
l’église Saint-Bon aventure, un service
religieux pour commémorer la mort de
leurs camarades au front italien en 1859
et pendant la guerre de 1914-1918, ainsi
que celle de leurs camarades italiens et
garibaldiens tombés sur le front français
à l’occasion du prochain anniversaire de
l’attaque du mont Tomba et de la catas
trophe de Saint-Jean-de-Maurienne (dé
cembre 1917).
Une nombreuse assistance et notamment
la colonie italienne était présente à cette
cérémonie présidée par le cardinal-arche
vêque de Lyon. Pendant l’office, les chan
teurs de Lyon ont interprété des chants
religieux. Puis l’abbé Larue, chevalier de
la Légion d’honneur, chef de bataillon des
chasseurs alpins, poilu d’Italie, a prononcé
une allocution au cours de laquelle il a
rendu hommage au grand et émouvant
spectacle qu’offre en ce moment l’Italie
unie comme elle ne fut jamais, tandis que
les mères et les veuves des morts de la
guerre prennent la tête du mouvement
moral de la nation et montrent ainsi jus
qu’à quel point de sublime sacrifice peut
s’élever un peuple qui défend son hon
neur et son existence.
LIRE EN 5° ET 6° PAGES :
LA CHRONIQUE
SPORTIVE
On a vendu, hier, la (( petite fleur ))
du timbre antituberculeux
5° La situation faite aux intérêts ita
liens dans cette zone est incertaine ; une
police italienne est nécessaire pour garan
tir l’expansion économique de l’Italie ;
remettre la sécurité des intérêts italiens
à la fois à l’autorité d’Addis-Abéba et à
celle de Genève serait à la fois les sou
mettre à un contrôle inadmissible et au
hasard des circonstances. Mais le respect
des droits acquis par les indigènes et par
les étrangers dans cette zone laisse la por
te ouverte à tous les dangers. Il e*t cer
tain que les italiens se heurteront toujours
à un droit acquis chaque fois qu’ils vou
dront s’établir.
Cette série de critiques forme ce qu’on
pourrait appeler la troisième phase de la
réaction italienne. La première était ca
ractérisée par le silence des milieux of
ficieux, mais aussi par la satisfaction de
la population italienne en général instrui
te par les indiscrétions de presse étran
gère d’ailleurs largement reproduites par
la presse italienne. La deuxième phase
fut celle des avertissements des milieux
autorisés mettant en garde le public con
tre tout excès d’optimisme ; elle a lé
gèrement précédé la publication du texte
des suggestions franco-britanniques et
s’est accentuée après cette publication.
La troisième phase traduit le méconten
tement volontaire qui aurait été suscité
par la publication des textes.
On peut dire que cette attitude est celle
que va prendre l’Itabe officielle pour né
gocier sur la base des propositions. En
fait, la négociation a commencé.
C'était’, hier, la journée du timbre antituberculeux. Pou» ceux que la maladie
a terrassés, des enfants ont sillonné la ville pour épingler une petite fleur de
celluloïd sur la poitrine de nos concitoyens qui ont donné leur argent avec un
sourire heureux. — Voici une Algéroise versant son obole dans le tronc, tandis
qu’un gamin fleurit son manteau
(Photo S. Rolanda fils).
La presse italienne
Rome, 15 décembre. — Brusquement le
feu roulant de critiques - se déclenche ce
matin dans la presse italienne contre les
propositions franco-britanniques. Cette
offensive de presse est destinée à répon
dre aux critiques formulées par une par
tie de l’opinion étrangère, qui considère
les offres faites à lTtalie comme exagé
rément favorables. Les critiques italien
nes sont les suivantes :
1° Les rectifications de frontières pré
vues en faveur de l’Italie sont insuffi-
Le Négus envisagerait d'un œil
favorable le projet franco-anglais
Rome, 15 décembre. — Selon les nou
velles reçues d’Abyssinie, le Gouverne
ment du Négus manifesterait l’intention
de se montrer moins intransigeant devant
les propositions Laval-Hoare. Ces nouvel
les dispositions, à en croire les rensei
gnements recueillis par les services poli
tiques du corps expéditionnaire italien,
seraient le résultat des grandes difficul
tés intérieures de l’administration abys
sine. Les signes d’inquiétude relevés dans
Le président libérateur
de la République tchécoslovaque
et son successeur probable
Le docteur BENES dont l'activité di
plomatique lui vaut une influence con
sidérable dans le monde entier est
l'un des meilleurs orateurs actuels.
Voici, ci-dessus, celui qui succédera
sans doute au président Masaryk
ponctuant un de ses discours d'une mi
mique particulièrement expressive.
Ci-contre une récente photo du pré
sident Masaryk qui vient de donner sa
démission de Président de la Répu
blique tchécoslovaque et à qui le
Parlement vient de conférer le titre de
président libérateur
Deux candidats, MM. Benès
et Nemec seront en présence
pour la succession de M. Masaryk
Prague, 15 décembre. — L’Assemblée
nationale, qui élira mercredi le nouveau
Président dé la République, aura à choi
sir, d’après certains journaux, entre deux
candidats : le premier, qui a été recom
mandé aux suffrages des parlementaires
par M. Masaryk, est M. Benès, ministre
des Affaires étrangères, qui peut compter
sur toutes les voix socialistes et sur cel
les du parti catholique tchécoslovaque ;
le candidat de la droite, c’est-à-dire du
parti agrarien gouvernemental et de l’op
position de droite, serait, d’après le jour
nal « Venkov », M. Bohumil Nemec, pro
fesseur d’anatomie et de physiologie végé
tale à l’Université de Prague et président
du Conseil , national tchécoslovaque, or
ganisation purement nationale qui groupe
des représentants des partis les plus di
vers.
Un télégramme de sympathie
de M. Albert Lebrun
au président Masaryk
Paris, 15 décembre. — M. Albert Le
brun, président de la République, a
adressé au président Masaryk, au moment
où ce dernier abandonne ses hautes fonc
tions, le télégramme suivant :
« Au moment où vous demandez à la
nation tchécoslovaque de confier à d’au
tres mains le soin de présider à ses des
tinées, je tiens à vous assurer, en mon
nom personnel et au nom de la nation
française, de nos sentiments de très haute
admiration et d’affectueux attachement,
Votre personne est à jamais liée à l’ima
ge de l’héroïque pays, si cher à la France,
que vous avez puissamment contribué à
fonder et que vous avez eu la joie de
voir devenir, d’année en année, un facteur
sans cesse plus important du développe
ment pacifique de la vie européenne. Je
souhaite que vous puissiez demeurer long
temps encore pour vos compatriotes le
symbole toujours présent de la grandeur
de la Tchécoslovaquie et de la confiance
en son glorieux avenir ».
Albert LEBRUN.
Le général Weygand préside le banquet Dupleix
Le général Weygand a présidé le banquet du Comité Dupleix. — Le voici
ayant à sa gauche M. Cordier et à sa droite M. Canot
LA FEDERATION REPUBLICAINE DE FRANCE
A TENU NIER TROIS REUNIONS
A Chartres : M. Joseph Denais
fait le procès du « Front révo
lutionnaire » incapable de cons
tituer un gouvernement
Paris, 15 décembre. — La Fédération ré
publicaine de France a tenu aujourd’hui
trois réunions. A Chartres, M. Joseph De
nais, député, a fait une conférence sur la
situation actuelle. Il a conclu ainsi :
« Dès maintenant, la preuve est faite
pour les moins clairvoyants de l’impuis
sance du « Front révolutionnaire » de
mettre un programme sur pied et de cons
tituer un gouvernement. Dès maintenant,
nul n’ignore que la situation financière
exige chaque mois qu’un plébiscite de
confiance assure au Gouvernement, quel
qu’il soit, le renouvellement de 3 ou 4 mil
liards de bons du Trésor ou de la défense
nationale, et nul n’imagine qu’un gou
vernement de gauche puisse jouir d’un tel
crédit.
« Dès maintenant, la preuve est faite
que les gauches n’ont plus de programme
social en dehors du bouleversement géné
ral et que notre générosité envers les pe
tits et les humbles l’emporte pratiquement
de loin sur la leur. Ils leur offrent, com
me entrée de jeu, la dévaluation dont ils
sont ou les partisans masqués, ou les
agents involontaires. De même en matière
de politique extérieure, leur prétendu pa
cifisme, mis en échec par leurs passions
partisanes, eut entraîné déjà, entraînerait
certainement demain, la France à la guer
re ».
Les électeurs présents ont applaudi le
remarquable exposé du député de Paris.
A Laval : M. Poitou-Duplessy
recommande à tous les bons
citoyens de réaliser l’union
A Laval, M. J. Poitou-Duplessy a parlé
de l’affaire des ligues.
— Nous avons eu malheureusement, a-
t-il dit, à enregistrer le vote de textes de
loi d’exception qui, espérons-le, seront
amendés par le Sénat, gardien des formes
législatives. Nous ne doutons point que
le Gouvernement y tiendra la main, car
sans cela sa carence serait incompréhen
sible et inadmissible. Mais par-dessus tout,
le dommage serait encore plus irréparable
si le débat de vendredi devait amener
parmi les ligues et les partis nationaux
un sentiment général de suspicion qui en
traînerait très vite le découragement, la
désunion, la désagrégation et finalement
la dispersion des meilleures énergies.
« Plus que jamais, la consigne de tous
les bons citoyens doit être de resserrer
leur cohésion et de réaliser au moins en
tre eux cette union dont nos adversaires
ne veulent même pas. Unis et résolus, les
patriotes finiront par remporter la victoire».
M. Désiré Bouteille, à Arthon-
en-Retz, souligne la nécessité
de la stabilité ministérielle
Paimbceuf, 15 décembre. — M. Désiré
Bouteille, ancien député, membre du co
mité exécutif de la Fédération républi
caine de France, a pris aujourd’hui la pa
role à Arthon-en-Retz, au cours d’une
tournée de propagande dans l’arrondisse
ment de Paimbœuf et a souligné que la
situation intérieure, la situation financiè
re et la situation extérieure comman
daient impérieusement la stabilité minis
térielle.
La grève des dockers marseillais,
transformée par les communistes
en mouvement politique,
est provisoirement arrêtée
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Le discours de M. Herriot
est considéré comme un désaveu
de la politique étrangère
de M. Laval
Le ministre d'Etat se prononce, en effet,
dans la question italo-éthiopienne
pour la solution du Front dit populaire
Derrière M. Herriot et le Front populaire
n’y aurait-il pas la main de Moscou ?
BU LLET IN
L’attitude de M. Herriot
Paris, 15 décembre (de notre ré
dacteur parisien). — Un portefeuille
entre les mains de M. Herriot dans
un cabinet qu’il ne préside pas de
vient le sabre de Joseph Prudhomme.
Il lui sert pour soutenir le cabinet
et au besoin pour le combattre. Ain
si précédemment M. Herriot avait
sapé les ministères de Poincaré
d’abord, puis de M. Gaston Dou-
mergue dont il faisait partie. Il re
commence avec M. Laval. Il était
déjà assez scandaleux de le voir ces
jours-ci tempêter dans les couloirs
de la Chambre et dans le groupe ra
dical contre le projet franco-britan
nique signé par son chef. Encore
pouvait-on dire qu’il exhalait sa
mauvaise humeur en famille. Mais
à Montbéliard c’est en public qu’il
a critiqué l’œuvre du président du
Conseil et qu’il a repris et contre
signé les reproches amers élevés
contre cette œuvre par les commu
nistes et les socialistes. C’est certai
nement la première fois qu’on voit
un ministre désavouer publiquement
son chef. Cette attitude est d’autant
plus blâmable que c’est sur une
question de politique extérieure que
M. Herriot cherche querelle à M.
Laval et à propos d’une initiative
diplomatique qui porte la signature
de la France et celle de l’Angle
terre. Si la légèreté d’esprit de M.
Herriot était bien connue, on n’aurait
pas cru qu’elle pût être poussée jus
qu’à ces limites.
Dans ce discours de Montbéliard,
M. Herriot s’indigne de ce que les
partisans des sanctions contre l’Ita
lie jusqu’au bout soient traités de
bellicistes. Comment veut-il donc
qu’on appelle ceux qui, pour empê
cher l’Italie de civiliser l’Ethiopie et
de faire ce que la France et l’Angle
terre ont fait partout pour avoir des
colonies, ne craindraient pas de dé
chaîner une guerre européenne.
p Nous ne cesserons de le répéter,
ceux qui veulent réduire l’Italie à
merci ont beau s’abriter derrière
l’idéologie genevoise et d’illusoires
garanties pour l’avenir n’ont en réa
lité qu’un but qui est d’abattre M.
Mussolini et avec lui le fascisme.
C’est une croisade maçonnique qu’ils
prêchent. Le pays ne s’y laissera pas
prendre. Il ne consentira pas à de
nouvelles tueries pour les beaux
yeux du Négus, de M. Léon Blum et
de M. Herriot.
Mais ce discours de Montbéliard
pose une question politique immé
diate. Est-ïl possible qu’un ministre
demeure dans un cabinet dont il a
publiquement désavoué le chef ? M.
Herriot refaisant un geste qui lui
est devenu familier, va-t-il remet
tre sa démission à M. Laval, entraî
nant avec lui les autres ministres
radicaux ? On se prend à se deman
der si M. Laval ne ferait pas mieux
de lui demander de lui rendre son
portefeuille avant qu’il ne le lui re
mette. La Chambre aurait ensuite à
se prononcer. Si M. Herriot l’empor
tait il serait mis au pied du mur et
invité à s’entendre avec les commu
nistes et les socialistes pour former
un gouvernement.
Quelque inquiétude que puisse
inspirer une expérience de ce genre,
on est tenté de la souhaiter pour
sortir d’une équivoque qui paralyse
tout.
Jules VERAN.
Le discours de M. Herriot
Montbéliard, 15 décembre. — M.
Edouard Herriot, ministre d’Etat, est ve
nu aujourd’hui présider à Montbéliard
un banquet de 1.500 couverts organisé
par la section locale du uirti radical et
radical-socialiste. Après avoir assisté à
un vin d’honneur, le ministre d’Etat a
rejoint la salle du banquet dont les as
sistants lui ont fait une chaleureuse ova
tion.
Au cours du banquet auquel assistaient
de nombreuses personnalités de la ré
gion, notamment MM. Peretti Délia Roc
ca, préfet du Doubs ; Lanquetin, sous-
préfet de Montbéliard ; Julien Durand,
député de Besançon ; Perriat, député ;
Jean-Pierre Peugeot, industriel, maire de
Séloncourt, et divers maires et conseil
lers généraux du département du Doubs,
divers discours ont été prononcés, no
tamment par M. Julien Durand. Puis le
président Herriot, prenant à son tour la
parole, s’est, dans les termes suivants,
élevé en ce qui concerne la situation in
ternationale, « contre la campagne diri
gée, a-t-il dit, contre les pacifistes les
plus patriotes ».
<— Ces violents, ces insulteurs, a-t-il
dit, tout en approuvant l’expédition
d’Ethiopie crient « A bas la guerre ».
Comprenne qui voudra. Ils semblent ex
ploiter l’horreur légitime de notre pays
pour les tueries humaines. Ils essaient de
nous représenter comme des bellicistes
parce que nous estimons que la seule
fondation solide de la paix, c’est la jus
tice. En toute occasion nous démasque
rons ce sophisme. A tout instant nous' dé
noncerons ces prétendus partisans de la
réconciliation nationale qui n’ont que
l’insulte à la bouche pour ceux qui ont
sacrifié si souvent à l’idée de la trêve
leur liberté d’agir et même leur liberté
de parler.
« Ici en particulier, dans cette région
où les consciences sont, de par une an
cienne tradition, si sérieuses, je tiens à
élever une vigoureuse protestation contre
ces procédés scandaleux. Dans l’ordre in
ternational la situation du parti radical
et radical-socialiste a été nettement pré
cisée par l’ordre du jour de notre groupe
parlementaire qui dit nettement ce que
nous pensons. Notre pensée se résume en
trois formules :
« 1° On nous trouvera à tout instant
partisans d’une solution de conciliation
pour mettre fin à une guerre que nous
avons essayé d’éviter et pour rapprocher
deux adversaires, membres tous deux de
la S.D.N. La couleur différente du dra
peau n’est pas un argument suffisant
pour nous détourner de cette tâche. Noirs
ou blancs, tous les hommes ont un sang
rouge ;
« 2° Mais cette conciliation, comme le
dit le mot lui-même, ne peut qu’être li
brement acceptée par les deux parties.
Nous n’admettrions pas qu’elle fût impo
sée au plus faible, même par ce que le
délégué du Portugal à Genève appelait
éloquemment « la spoliation par la pro
cédure » ;
« 3° La conciliation doit être aussi ac
ceptée par la S.D.N. Elle doit être con
forme au pacte, aux principes de la sécu
rité collective et de la paix indivisible.
Elle doit préserver et non détruire l’ef
fort admirable de coopération réalisé pour
la première fois à Genève cette année.
Une grande espérance est née et aucun
Français réfléchi, songeant à l’avenir de
son_ pays, ne peut laisser détruire cette
espérance. »
« Est-ce que Moscou
veut renverser Laval ? »
Berlin, 15 décembre. — Sous le titre :
« Est-ce que Moscou veut renverser La
val ? », la « Deutsche Allgemeine Zei-
tung » publiait hier soir, un article de
son correspondant à Paris. Parlant des at
taques dirigées actuellement par la gau
che contre le président du Conseil fran
çais, le journal allemand affirme que ces
attaques sont d’une importance dépassant
le cadre de la politique intérieure fran
çaise.
Elles sont d’autant plus importantes,
écrit le journal allemand, que c’est Mos
cou qui a la main dans cette affaire. On
affirme que le Kremlin se montre particu
lièrement mécontent du plan Laval-Hoare
et que Litvinoff a l’intention de torpiller
ce projet à Genève comme à Paris. Tan
dis qu’à Paris les représentants notoires
de la gauche sont en communication per
manente avec l’ambassade des Soviets dans
la capitale française, le sous-secrétaire gé
néral russe Rosenberg est en rapports
étroits avec de hauts fonctionnaires de la
S.D.N. C’est sous l’influence de cet hom
me d’Etat soviétique que ces hauts fonc
tionnaires préconisent maintenant la né
cessité de la chute de M. Laval. Moscou
est donc la force motrice qui décide de
l’action du Front populaire.
Le nouveau président
du Conseil espagnol
M. Portela VALLADARES
qui vient de constituer le nouveau
Cabinet espagnol
Le citoyen Vonsovski
est condamné à mort
pour espionnage par le tribunal
de Leningrad
Moscou, 15 décembre. — Le Tribunal
militaire de Leningrad a condamné à
mort, pour espionnage, le citoyen sovié
tique Vonsovski.
Avant la révolution, Vonsovski était
membre d’une organisation d’étudiants
monarchistes. Il aurait eu des relations,
ces derniers temps, avec un consul étran
ger de Leningrad et lui aurait fourni
des informations concernant la défense
nationale en U.R.S.S.
Les sports d’hiver sur les hauts plateaux algériens
M. Lamoureux
La neige, qui est tombée en abondance
dans le département voisin, entraîne avec
elle une recrudescence de l’activité des
sports d’hiver. Le Ski Club Sétifien don
ne l’exemple et notre cliché apporte la
preuve que, même à Sétif, l’on peut se
livrer à un sport aussi intéressant que
captivant. Nos intrépides adeptes se pré
sentent décidés à l’action, après avoir
constater que les chameaux semblent défier
aussi facilement l’étendue neigeuse et sa
rigueur que le désert de sable et sa fièvre
de la soif.
(Photo de Champeaux, Sétif).
A la recherche d’un terrain d’entente
félicite M. Pierre Laval
de l’œuvre qu’il a réalisée
en politique extérieure
Vichy, 15 décembre. — A l’issue d’un
grand banquet donné aujourd’hui par la
27 e section des Médaillés Militaires, à
l’occasion du 25 e anniversaire de l’orphe
linat de la Société, M. Lamoureux, dé
puté, ancien ministre, qui présidait, a
parlé de la situation économique et po
litique -générale, intérieure et extérieure.
Au regard des sujets d’inquiétude pro
voqués par les perturbations mondiales, il
a signalé l’éclaircie qui se manifeste à
la suite de l’heureuse entente survenue
entre la France et l’Angleterre pour ré
soudre le conflit italo-éthiopien de façon'
honorable et satisfaisante pour les belli
gérants, M. Lamoureux a tenu à rendre
hommage à l’action bienfaisante de M.
Pierre Laval, à louer son initiative intelli
gente
solution ».
M. Lamoureux a ensuite énoncé les
deux conditions, indispensables selon lui,
du redressement économique et politi
que du pays ; la première, la paix par
l’union de tous les Français ; la secon
de, la stabilité ministérielle laquelle com
mande la situation générale et doit don
ner au Gouvernement une autorité né
cessaire et forte pour traiter et défendre
ses intérêts auprès des autres Gouverne
ments. Les déclarations de l’ancien mi
nistre ont été très applaudies.
La presse italienne
élève brusquement de violentes
critiques contre les propositions
Laval - Hoare
L’aigle vaincu
Par contre, le Négus manifesterait l'intention
de se montrer moins intransigeant
Jeudi dernier, un colon de Palestro a
eu le plaisir d'abattre cette ['elle pièce
qui ne mesure pas moins de 1 m. 20
d'envergure. Cet aigle qui faisait de
sérieux ravages dans sa basse-cour,
aura, maintenant, une place d'hon
neur dans... sa salle à manger
(Photo Portevin).
Les poilus de l’armée d’Italie
font célébrer à Lyon
un service religieux
à la mémoire des morts
des guerres de 1859
et de 1914
APRES LE BOMBARDEMENT DE DESSIE
Le comte Ciano, gendre de M. Mussolini, ainsi que les deux fils du « Duce »,
ont pris une part active dans le bombardement de Dessié. — Notre photo
montre : Le comte Ciano (au centre) et le lieutenant Vittorio Mussolini rendant
compte de leur raid à quelques officiers supérieurs une fois revenus à leur base
santés ; elles accordent à l’Italie aussi
bien en Dankalie que dans l’Ogaden des
territoires exclusivement sans intérêt.
2° L’Italie ne peut renoncer à Axoum ;
la population conduite par ses prêtres
s’est volontairement soumise ; l’Italie a
supprimé l’esclavage dans la région ; il
est impossible de restituer ces popula
tions à un gouvernement qu’elles ont
fui.
3° Assab ne peut pas être donnée à
l’Ethiopie ; le principe de l’échange de
territoires entre l’Italie et l’Ethiopie s’ap
puie sur un principe faux, celui de l’éga
lité entre les deux pays. Si l’Ethiopie n’a
vraiment pas l’intention d’utiliser le dé
bouché qu’elle réclame pour faire du tra
fic d’armes, un port franc lui suffit et
lui permettra de faire des échanges com
merciaux avec l’étranger.
4° La zone de peuplement reconnue à
l’Italie est inférieure à celle que lui re
connaissaient déjà les protocoles italo-
britanniques de 1891 et 1894, ainsi que l’ac
cord tripartite de 1896 et l’accord passé
avec la Grande-Bretagne en 1925. Cette
zone, en particulier, ne comprend pas de
liaison entre l’Erythrée et la Somalie à
l’ouest d’Addis-Abéba, le long de la fron
tière du Soudan anglo-égyptien telle que
la prévoyait l’accord de 1925.
l’opinion indigène, venant s’ajouter au
sentiment que certaines puissances euro
péennes sont moins prêtes à l’appuyer
qu’auparavant, pousseraient le roi des
rois à envisager d’un œil favorable le
projet contre lequel il s’est tout d’abord
élevé.
(Lire la suite page 7)
II a neigé hier à Paris
Paris, 15 décembre. — La température
depuis hier se maintient à plusieurs de
grés au-dessous de 0 et ce matin, vers
5 heures, la neige a fait sa première ap
parition. Le ciel reste bas et gris et les
toits, les chaussées et les trottoirs sont
recouverts d’une fine couche blanche que
là circulation va vite transformer dans les
rues en une boue malpropre.
Lyon, 15 décembre. — La Fédération
nationale des poilus de l’armée d’Italie
a fait célébrer, ce matin à Lyon, en
l’église Saint-Bon aventure, un service
religieux pour commémorer la mort de
leurs camarades au front italien en 1859
et pendant la guerre de 1914-1918, ainsi
que celle de leurs camarades italiens et
garibaldiens tombés sur le front français
à l’occasion du prochain anniversaire de
l’attaque du mont Tomba et de la catas
trophe de Saint-Jean-de-Maurienne (dé
cembre 1917).
Une nombreuse assistance et notamment
la colonie italienne était présente à cette
cérémonie présidée par le cardinal-arche
vêque de Lyon. Pendant l’office, les chan
teurs de Lyon ont interprété des chants
religieux. Puis l’abbé Larue, chevalier de
la Légion d’honneur, chef de bataillon des
chasseurs alpins, poilu d’Italie, a prononcé
une allocution au cours de laquelle il a
rendu hommage au grand et émouvant
spectacle qu’offre en ce moment l’Italie
unie comme elle ne fut jamais, tandis que
les mères et les veuves des morts de la
guerre prennent la tête du mouvement
moral de la nation et montrent ainsi jus
qu’à quel point de sublime sacrifice peut
s’élever un peuple qui défend son hon
neur et son existence.
LIRE EN 5° ET 6° PAGES :
LA CHRONIQUE
SPORTIVE
On a vendu, hier, la (( petite fleur ))
du timbre antituberculeux
5° La situation faite aux intérêts ita
liens dans cette zone est incertaine ; une
police italienne est nécessaire pour garan
tir l’expansion économique de l’Italie ;
remettre la sécurité des intérêts italiens
à la fois à l’autorité d’Addis-Abéba et à
celle de Genève serait à la fois les sou
mettre à un contrôle inadmissible et au
hasard des circonstances. Mais le respect
des droits acquis par les indigènes et par
les étrangers dans cette zone laisse la por
te ouverte à tous les dangers. Il e*t cer
tain que les italiens se heurteront toujours
à un droit acquis chaque fois qu’ils vou
dront s’établir.
Cette série de critiques forme ce qu’on
pourrait appeler la troisième phase de la
réaction italienne. La première était ca
ractérisée par le silence des milieux of
ficieux, mais aussi par la satisfaction de
la population italienne en général instrui
te par les indiscrétions de presse étran
gère d’ailleurs largement reproduites par
la presse italienne. La deuxième phase
fut celle des avertissements des milieux
autorisés mettant en garde le public con
tre tout excès d’optimisme ; elle a lé
gèrement précédé la publication du texte
des suggestions franco-britanniques et
s’est accentuée après cette publication.
La troisième phase traduit le méconten
tement volontaire qui aurait été suscité
par la publication des textes.
On peut dire que cette attitude est celle
que va prendre l’Itabe officielle pour né
gocier sur la base des propositions. En
fait, la négociation a commencé.
C'était’, hier, la journée du timbre antituberculeux. Pou» ceux que la maladie
a terrassés, des enfants ont sillonné la ville pour épingler une petite fleur de
celluloïd sur la poitrine de nos concitoyens qui ont donné leur argent avec un
sourire heureux. — Voici une Algéroise versant son obole dans le tronc, tandis
qu’un gamin fleurit son manteau
(Photo S. Rolanda fils).
La presse italienne
Rome, 15 décembre. — Brusquement le
feu roulant de critiques - se déclenche ce
matin dans la presse italienne contre les
propositions franco-britanniques. Cette
offensive de presse est destinée à répon
dre aux critiques formulées par une par
tie de l’opinion étrangère, qui considère
les offres faites à lTtalie comme exagé
rément favorables. Les critiques italien
nes sont les suivantes :
1° Les rectifications de frontières pré
vues en faveur de l’Italie sont insuffi-
Le Négus envisagerait d'un œil
favorable le projet franco-anglais
Rome, 15 décembre. — Selon les nou
velles reçues d’Abyssinie, le Gouverne
ment du Négus manifesterait l’intention
de se montrer moins intransigeant devant
les propositions Laval-Hoare. Ces nouvel
les dispositions, à en croire les rensei
gnements recueillis par les services poli
tiques du corps expéditionnaire italien,
seraient le résultat des grandes difficul
tés intérieures de l’administration abys
sine. Les signes d’inquiétude relevés dans
Le président libérateur
de la République tchécoslovaque
et son successeur probable
Le docteur BENES dont l'activité di
plomatique lui vaut une influence con
sidérable dans le monde entier est
l'un des meilleurs orateurs actuels.
Voici, ci-dessus, celui qui succédera
sans doute au président Masaryk
ponctuant un de ses discours d'une mi
mique particulièrement expressive.
Ci-contre une récente photo du pré
sident Masaryk qui vient de donner sa
démission de Président de la Répu
blique tchécoslovaque et à qui le
Parlement vient de conférer le titre de
président libérateur
Deux candidats, MM. Benès
et Nemec seront en présence
pour la succession de M. Masaryk
Prague, 15 décembre. — L’Assemblée
nationale, qui élira mercredi le nouveau
Président dé la République, aura à choi
sir, d’après certains journaux, entre deux
candidats : le premier, qui a été recom
mandé aux suffrages des parlementaires
par M. Masaryk, est M. Benès, ministre
des Affaires étrangères, qui peut compter
sur toutes les voix socialistes et sur cel
les du parti catholique tchécoslovaque ;
le candidat de la droite, c’est-à-dire du
parti agrarien gouvernemental et de l’op
position de droite, serait, d’après le jour
nal « Venkov », M. Bohumil Nemec, pro
fesseur d’anatomie et de physiologie végé
tale à l’Université de Prague et président
du Conseil , national tchécoslovaque, or
ganisation purement nationale qui groupe
des représentants des partis les plus di
vers.
Un télégramme de sympathie
de M. Albert Lebrun
au président Masaryk
Paris, 15 décembre. — M. Albert Le
brun, président de la République, a
adressé au président Masaryk, au moment
où ce dernier abandonne ses hautes fonc
tions, le télégramme suivant :
« Au moment où vous demandez à la
nation tchécoslovaque de confier à d’au
tres mains le soin de présider à ses des
tinées, je tiens à vous assurer, en mon
nom personnel et au nom de la nation
française, de nos sentiments de très haute
admiration et d’affectueux attachement,
Votre personne est à jamais liée à l’ima
ge de l’héroïque pays, si cher à la France,
que vous avez puissamment contribué à
fonder et que vous avez eu la joie de
voir devenir, d’année en année, un facteur
sans cesse plus important du développe
ment pacifique de la vie européenne. Je
souhaite que vous puissiez demeurer long
temps encore pour vos compatriotes le
symbole toujours présent de la grandeur
de la Tchécoslovaquie et de la confiance
en son glorieux avenir ».
Albert LEBRUN.
Le général Weygand préside le banquet Dupleix
Le général Weygand a présidé le banquet du Comité Dupleix. — Le voici
ayant à sa gauche M. Cordier et à sa droite M. Canot
LA FEDERATION REPUBLICAINE DE FRANCE
A TENU NIER TROIS REUNIONS
A Chartres : M. Joseph Denais
fait le procès du « Front révo
lutionnaire » incapable de cons
tituer un gouvernement
Paris, 15 décembre. — La Fédération ré
publicaine de France a tenu aujourd’hui
trois réunions. A Chartres, M. Joseph De
nais, député, a fait une conférence sur la
situation actuelle. Il a conclu ainsi :
« Dès maintenant, la preuve est faite
pour les moins clairvoyants de l’impuis
sance du « Front révolutionnaire » de
mettre un programme sur pied et de cons
tituer un gouvernement. Dès maintenant,
nul n’ignore que la situation financière
exige chaque mois qu’un plébiscite de
confiance assure au Gouvernement, quel
qu’il soit, le renouvellement de 3 ou 4 mil
liards de bons du Trésor ou de la défense
nationale, et nul n’imagine qu’un gou
vernement de gauche puisse jouir d’un tel
crédit.
« Dès maintenant, la preuve est faite
que les gauches n’ont plus de programme
social en dehors du bouleversement géné
ral et que notre générosité envers les pe
tits et les humbles l’emporte pratiquement
de loin sur la leur. Ils leur offrent, com
me entrée de jeu, la dévaluation dont ils
sont ou les partisans masqués, ou les
agents involontaires. De même en matière
de politique extérieure, leur prétendu pa
cifisme, mis en échec par leurs passions
partisanes, eut entraîné déjà, entraînerait
certainement demain, la France à la guer
re ».
Les électeurs présents ont applaudi le
remarquable exposé du député de Paris.
A Laval : M. Poitou-Duplessy
recommande à tous les bons
citoyens de réaliser l’union
A Laval, M. J. Poitou-Duplessy a parlé
de l’affaire des ligues.
— Nous avons eu malheureusement, a-
t-il dit, à enregistrer le vote de textes de
loi d’exception qui, espérons-le, seront
amendés par le Sénat, gardien des formes
législatives. Nous ne doutons point que
le Gouvernement y tiendra la main, car
sans cela sa carence serait incompréhen
sible et inadmissible. Mais par-dessus tout,
le dommage serait encore plus irréparable
si le débat de vendredi devait amener
parmi les ligues et les partis nationaux
un sentiment général de suspicion qui en
traînerait très vite le découragement, la
désunion, la désagrégation et finalement
la dispersion des meilleures énergies.
« Plus que jamais, la consigne de tous
les bons citoyens doit être de resserrer
leur cohésion et de réaliser au moins en
tre eux cette union dont nos adversaires
ne veulent même pas. Unis et résolus, les
patriotes finiront par remporter la victoire».
M. Désiré Bouteille, à Arthon-
en-Retz, souligne la nécessité
de la stabilité ministérielle
Paimbceuf, 15 décembre. — M. Désiré
Bouteille, ancien député, membre du co
mité exécutif de la Fédération républi
caine de France, a pris aujourd’hui la pa
role à Arthon-en-Retz, au cours d’une
tournée de propagande dans l’arrondisse
ment de Paimbœuf et a souligné que la
situation intérieure, la situation financiè
re et la situation extérieure comman
daient impérieusement la stabilité minis
térielle.
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