Titre : La République de Seine-et-Marne : paraissant trois fois par semaine ["puis" paraît deux fois par semaine "puis" journal hebdomadaire, organe du Parti républicain radical]
Auteur : Parti radical (France). Fédération (Seine-et-Marne). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Melun)
Éditeur : Publi HebdosPubli Hebdos (Rennes)
Éditeur : La République de Seine-et-MarneLa République de Seine-et-Marne (Melun)
Date d'édition : 1903-04-26
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34399836p
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 26 avril 1903 26 avril 1903
Description : 1903/04/26 (A10,N1358). 1903/04/26 (A10,N1358).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG77 Collection numérique : BIPFPIG77
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53916068g
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-89197
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/01/2025
Dixième année. — N* i,358
centimes
DE SEINE-ET-MARNE
centimes
Dimanche 26 Avril 1903,
PRIX DES ABONNEMENTS :
SIX MOIS
TROIS MOIS
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L& y BÉPVBLIQVE DE SEINS-&-MABNE " paraît trois fois par ssmaina
BCÉmjLCTIHl-U-IEî, BIT CZHIEIF : S.ENE 3ÆOBUI,
■—
A jpa^tîi* du ®or Blai proeliaîs®,
LA RÉPUBLIQUE DE SEINE-ET-
MARNE paraîtra deux fols pas*
semaine,-les Mercredis et Same
dis ; le prix des abonnements
pour le département sera de six
francs par an.
«
La Conciliation
Une élection ne doit reposer ni
sur des considérations d’inimitiés
personnelles ni sur des questions de
détail. Il faut concilier et les per
sonnes et les idées, oublier ces que
relles personnelles et s’entendre
sur le terrain commun d’un pro
gramme large, qui ne comprend
que quelques articles.
Cette conciliation et cette largeur
d’esprit, sont nécessaires, si l’on
veut battre ses ennemis politiques.
Elles sont nécessaires encore pour
que l’élection ait une claire signifi
cation, que l’électeur ait su ce qu’il
voulait et que l’élu sache ce qu’il
doit vouloir.
Que cette façon de voter est loin
d’être la nôtre, à nous Français,
surtout dans les campagnes et dans
les petites villes, même dans celles
de dix mille habitants l On vous
soupçonne d’être patronné, recom
mandé par un homme impopulaire,
et l’on vous refuse le suffrage que
votre honnêteté, votre dignité méri
taient sans conteste. Remarquez
que rien n’est plus difficile que de
savoir si le candidat est inféodé oui
ou non à tel homme, qui semble le
porte-drapeau du parti; remarquez
que rien n’est plus absurde que de
supposer cette subordination abso
lue d’un candidat aux volontés de
celui qui semble conduire l’élec
tion, car, enfin, il serait plus natu
rel de supposer l’indépendance du
candidat, Cette habitude est d’au
tant plus désastreuse, que le patron
de la liste peut se croire ’en effet
omnipotent et que l’élu a besoin de
faire appel à toute sa force de carac
tère pour bien se rappeler qu’il est
libre d® ses votes et de ses déci
sions et qu’il devra le témoigner à
l’occasion.
Vos élections municipales sont
d’autant plus viciées qu’elles se
font ainsi non pas sur le nom de
votre candidat, mais sur le nom de
celui que l’on soupçonne de l’avoir
indiqué aux électeurs.
Ai-je dit que la personne, pour
laquelle on va voter doit être quel
conque? Non, certes; il faut bien
choisir son mandataire. Mais alors,
revenons à une idée qui nous est
chère; associons-nous et connais
sons-nous et créons des manda
taires possibles, longtemps avant
les élections. Ne boudons pas les
associations, sous prétexte encore
qu’elles sont les associations d’un
homme; une association n’est quo
le groupement de ceux qui en font
partie; elle est ce que les adhérents
veu'ent qu’elle soit; entrez dans
l’association et faites-y prédominer
le bon sens et les idées directrices
des républicains. Mais si vous
n’avez pas eu la sagesse de préparer
vos élus, ayez au moins la pru
dence et la sagesse politique d’élire
ceux qui représentent aujourd’hui
la République.
Mettez-vous d’accord aussi sur
les quelques idées, qui sont la base
même de la République ; ne vous per
dez pas dans des opinioas sur des
points de détail, opinions que vous
avez pu entendre exprimées par vos
candidats d’aujourd’hui. Vous n’ê-
tes pas des sages, des hommes con
ciliants et connaissant bien vos
semblables et les habitudes du rai
sonnement humain, si vous ne
savez pas que nos opinions d’un
moment donné sont inspirées par
une idée ou par une autre,qui peut
avoir été juste à ce moment-là et
sur laquelle il est permis de reve
nir, lorsque les circonstances ont
changé. Pourquoi voulez-vous que
ce qui est vrai aujourd’hui soit
toujours vrai ? Pourquoi ne me
permettriez-vous pas de no plus
vouloir aujourd’hui ce que je vou
lais hier? La vérité ri est pas tou
jours absolue ; on peut être d’un
avis, à un moment donné, pour des
raisons actuelles, et non par prin
cipe.
Ne reprochez jamais à des hom
mes leurs actes passés, si ces actes
avaient leur raison d’être et se jus
tifiaient dans le passé. Demandez-
leur la raison de leur conduite, et
vous verrez que leurs aspirations
et leurs principes étaient républi
cains foncièrement, et votez en ne
considérant que les aspirations
de vos candidats.
Le bloc des électeurs républi
cains, faisons le bloc à tout prix ;
demandez aux réactionnaires s’ils
perdent une seule de leurs voix,
s’ils négligent un seul de leurs
moyens. Faisons le bloc, pour mon
trer que nous avons lo véritable
esprit politique, l’amour de la soli
darité, l’esprit large, le désir de la
victoire par la lutte même contre
nos propres rancunes ; il faut vain
cre d’abord, nous verrons ensuite.
X. X. X.
REVUE DE LA PRESSE
Le Radical (Sigismond Lacroix) :
Lo ministre des cultes, président du
conseil, ne s’est pas contenté, en effet, de
dire qu’il ne voulait pas que des congré
ganistes non autorisés continuassent à
prêcher; il a déclaré que, au eas où il
n’obtiendrait pas satisfaction, il ferait
fermer les édifices consacrés au culte. Or,
le cas prévu s’est présenté; à Nancy, c’est
un j ésuite qui prêche par o rdre de l’évêque ;
à Paris, c’est un eapuein qui prêche avec
autorisation de l’archevêque. Et la menace
ministérielle est restée vaine; et son auto
rité a été bafouée, sans que la sanction
soit intervenue.
Ou il ne fallait pas menacer, ou il faut
frapper.
D’autant quo rien n’est plus légal, rien
n’est plus simple. A qui appartiennent les
édifices publics consacrés au culte catho
lique ? A l’Etat ou aux communes, en tout
cas à la société laïque, qui croit devoir,
dans un intérêt public, en permettre l’usage
aux ecclésiastiques et aux fidèles. Mais,
de toute évidence, cette concession est
toujours subordonnée à la condition
qu’ecclésiastiques et fidèles en usent con
formément aux lois de l’Etat. Si l’Eglise
prétend se soustraire aux injonctions que
l’autorité civile formule en vertu de la loi,
elle perd aussitôt tout droit à la concession
gracieuse et gratuite qui lui a été consen
tie.
Or, il n’est pas douteux que le Concordat,
qui ignore les congrégations prédicantes
ou autres, a entendu que la prédication fût
l’œuvre du clergé paroissial. Dès l’instant
où le ministre des cultes, appuyé sur le
Concordat, s’oppose à la prédication des
congréganistes, l’évêque, s’il veut rester
dans les conditions légales et conserver
l’usage des églises et des paroisses, doit
s’incliner. Que s’il préfère en faire à sa
tète, alors la concession disparaît ; il
faut lui fermer la porte de l’église au
nez.
La Lanterne :
Si l’Eglise a acquis dans le pays une
puissance telle que ses chefs y puissent
braver impunément les rigueurs du code,
que le pouvoir civil soit tenu en échec par
la rébellion des évêques, alors il devient
évident pour tous que le Concordai ne
donne à l’Etat aucune garantie, que loin
de soumettre le clergé, il lui donne l’arro
gance et la force, qu’il est un avantage
pour Rome et un danger pour la France.
Quoi qu’il en soit, il n’est pas possible
que la situation actuelle se prolonge. Dans
quelques semaines, les représentants du
pays seront assemblés ; il faudra qu’ils
disent s’ils entendent capituler devant
l’Eglise, quels moyens ils proposent pour
mettre fin à la révolte des évêques et s’ils
veulent maintenir un pacte qui couvre et
permet de la part de lEglise toutes les vio
lences, de la part de l’Etat toutes les abdi
cations.
Le Rappel, M. Charles Bos (à propos des
nationalistes et du voyage d’Edouard
VII) :
C’est la reculade sur toute la littne.
Et puis, il n’y a quo la vérité qui blesse.
On a dit, ici même et partout dans la
presse républicaine, que les nationalistes
voulaient provoquer une guerre franco-
anglaise. Ils protestent de la belle façon,
et leurs protestations sont tellement répé
tées, que l’accusation doit être fondée.
Sinon, ils n’insisteraient pas avec autant
de vivacité. Quels bons Français que ces
nationalistes qui, pour atteindre leur but,
avaient rêvé de précipiter la patrie dans
les pires aventures !
De M. Harduin, dans le Matin :
Les conseils généraux, qui sont pavés
de bonnes intentions, en inaugurant leurs
travaux, ont montré que la question les
préoccupait. Un peu partout, ils ont voté
des résolutions tendant à la réalisation
d’économies dans le budget de l’Etat.
C’est gentil â eux. Leur initiative n’aura,
du reste,, aucun effet.
Et puis ce n’est pas les économies qui
sont avant tout indispensables. On pour
rait se déclarer satisfait si les députés se
contentaient de ne pas augmenter chaque
année les dépenses.
Pour le moment, il ne faut pas leur de
mander davantage, et si la chance voulait
qu’ils se rendissent compte du mal fait au
pays par l’habitude prise de démolii* régu
lièrement l’équilibre budgétaire avec leurs
propositions de nouveaux crédits, un
grand pas serait fait.
De M. Jaurès, dans la Petite Répu
blique :
Aussi bien, je sais que toutes les révé
lations et les discussions de ces derniers
jours ont porté. Je sais que plusieurs de
ceux qui, sur la foi de polémistes auda
cieux ou passionnés, croyaient encore à
la culpabilité de Dreyfus, sont pris de
doute. Je sais que plusieurs des militants
nationalistes, sentant que la vérité va
avoir le dernier mot, se demandent com
ment ils pourront y préparer leur clien
tèle sans l’affoler, et amortir le choc. Je
sais que le silence embarrassé du colonel
Stoffel et de M. de Bourbonne consignant
leur porte, du général Mercier s’enfei*
niant dans une dénégation rapide et se
refusant au débat, achève de jeter dans le
camp nationaliste le désarroi et la crainte.
Et la tactique de silence concerté et d’in
différence affectée de la presse réaction
naire ne fait qu’accuser son embarras
mortel.
Evidemment, nousnesommes plus sépa
rés de la solution définitive et légale que
par des questions de procédure. Je ne sais
si l’amnistîe a pour effet certain d’empê
cher le dépôt d’une plainte en faux au
sujet du bordereau annoté. Si la plainte
en faux avait pu être déposée, l’instruc
tion n’aurait pas tardé à faire la lumière
complète. Mais à ce défaut de cette procé
dure, d’autres s’ouvriront.
Déjà les faits nouveaux qui rendront
inévitable la révision se dessinent. D’une
part, la possibilité commence à apparaître
de jeter quelque lumière sur le faux té
moignage monstrueux du témoin Czer-
nuski. D’autre part, la machination rela
tive au bordereau annoté devient tous les
jours plus évidente. Un des principaux
témoins du procès de Rennes, le général
Mercier, y est certainement mêlé. Et cela
suffit encore à vicier légalement le procès
de Rennes.
4®»
A remarquer :
Une longue tradition religieuse, qui
pèse encore sur nous, nous enseigne que
la privation, la souffrance et la douleur
sont des biens désirables et qu’il y a des
mérites spéciaux attachés à la privation
volontaire. Quelle imposture I C’est en di
sant aux peuples qu’il faut souffrir en ce
monde pour être heureux dans l’autre
qu’on a obtenu d’eux une pitoyable rési
gnation à toutes les oppressions et à
toutes les iniquités. N’écoutons pas les
prêtres qui enseignent que la souffrance
est excellente. C’est la joie qui est bonne !
Anatole Frange.
INFORMATIONS
Guillaume II vient d’ordonner, par dé
cret spécial, que, dans toute l’armée la
tunique serait remplacée par une litewka
(blouse à la mode russe) en drap gris.
Ajoutons que celte ordonnance ne peut
s’appliquer à l’armée bavaroise qui a
gardé son autonomie en vertu du traité de
Versailles.
— Le War Office a reçu une dépêche
annonçant que la colonne volante qui
opère du côté de Gumburru, sous les
ordres du colonel Cobbe, a éprouvé un
grave échec.
Le 17 avril, on entendit des coups de
feu dans la direction [suivie par une pe
tite escouade envoyée en reconnaissance
vers l’ouest.
Le colonel Cobbe dépécha alors le
colonel Plumkett avec cent-soixante tirail
leurs africains, quarante-huit soldats hin
dous et deux mitrailleuses Maxim, pour
dégager l’escouade, le cas échéant. U
était neuf heures un quart du matin.
L’escouade n’avait pas été attaquée,
mais le colonel Plumkett continua sa
pointe en avant.
Le colonel Cobbe entendit, à onze heures
quarante-cinq, une forte fusillade dans la
direction du détachement du colonel i
Plumkett, puis, vers «ne heure de l’après-
midi, arrivaient quelques fugitifs annon
çant que le colonel Plumkett avait été
battu avec pertes.
Les nouvelles ultérieures confirmèrent
la défaite. Le détachement du colonel
Plumkett avait été annihilé, à l’exception
de trente-sept soldats indigènes qui ont
pu rejoindre la Colonne Cobbe.
— Le préfet de la Côte-d’Or a été avisé
que le roi d’Angleterre s’arrêtera à Dijon
le 1er mai, en allant à Paris.
La roi Edouard sera reçu par le géné
ral Rau, commandant le 8e corps d’armée
à Bourges, le général Laborie de la Batut,
gouverneur de Dijen, et le préfet qui le
salueront au nom du gouvernement de la
République.
Le train stationnera vingt-cinq minutes
à la gare où les présentations se feront
dans le salon des premières.
— L’Académie française a fixé la séance
de réception de M. Rostand au 4 juin.
La discussion des titres des can
didats aux fauteuils de MM. Gaston Paris
et Ernest Legouvé aura lieu le il juin,
et l'élection huit jours après, c’est-à-dire
le 18 juin.
Les candidats qui ont jusqu’ici envoyé
leur lettre de candidature sont (ordre
alphabétique) :
MM. René Bazin, Janssen, membre de
l’Aeadémie des sciences et directeur de
l’observatoire deMeudon, Edmond Harau-
court, Masson et de Porto-Riche.
— Le lord-maire de Londres a annoncé
avant-hier au conseil municipal de la
cité de Londres que la commission du
conseil avait décidé, à l’unanimité, de
recevoir en grande cérémonie M. Loubet
l»rs de sa visite à Londres, et de prier
le président de la République française
de vouloir bien recevoir une adresse de
bienvenue de la Cité.
M Morton rappelle que lorsqu'un repré
sentant de la Cité de Londres se rend à
Paris, il est toujours reçu de la façon la
plus cordiale. M Horncastle ajoute que
la Cité tout entière sera anchantée de sa
luer le chef do la nation française. (Très
bien !) La proposition de la commission
du conseil est adoptée au milieu de mani
festations chaleureuses.
Absinthe lÊGLKR PKBSOD
très recommandée
— —
Déroulède contre Millevoye
Ça va de moins en moins, ça ne
va même plus du tout. Hier c’était
la fêlure, aujourd’hui c’est l’irré
médiable cassure. Déroulède contre
Millevoye : est-ce assez réussi ?
Gela est venu à propos dô la
visite du roi d’Angleterre. Depuis
plusieurs jours, le journal de M.
Millevoye menait une campagne
violente, à l’effet de préparer au
roi Edouard une réception rien
moins que sympathique.
C’est aux cris d’« A bas l’Angle
terre ! » que les Parisiens, bons
patriotes, devaient accueillir le sou
verain.
H'er encore, M. Millevoye, qui a
déclaré depuis longtemps la guerre
à la perfide Albion, écrivait :
Le roi vient chercher à Paris autre
chose que des génuflexions officielles. On
doit même craindre qu’il ne soit payé
d’avance. Que lui a-t-on promis, que lui
donnera-t-en en Asie et en Afrique? Nous
serons inévitablement bafoués, mystifiés,
volés. Et cette misé en scène brillante, ce
pompeux décor, cette nouvelle entrevue
« du camp du drap d’or » aboutiront à
quelque scandaleux marché dont notre
honneur, dont notre sécurité feront les
frais.
M. Millevoye comptait, bien en
tendu, sur tous ses amis nationa
listes. La manifestatien se dérou
lait déjà, à ses yeux, imposante. 11
entendait rugir, de loin, le lion
populaire, qui ne faisait qu’une
b luchée de sa proie. Le beau rêve,
en vérité !
Mais, patatras, tout cela vient de
s’effondrer.
Déjà, Rochefort faisait grise
mine. Pas de chahut, le silence.
Mais, si dédaigneux que soit le
silence, ce n’est toujours que le si
lence et ce n’est pas grand’chose.
Ce n’étalt toutefois pas là le gros
pavé qui devait être lancé — c’est
à peine croyable — par Déroulède.
Oui, par Déroulède, qui, dans une
lettre à la Patrie, se déclare nette
ment hostile à la campagne entre
prise contre le roi Edouard.
L© document vaut la peine d’être
cité :
Même transformée en ligue républi
caine plébiscitaire, dit Déroulède, la
Ligue des patriotes n’a rien abandonné
de son programme primitif ; elle a’a
jamais eu pour tâche de montrer le poing
tour à tour aux Anglais, aux Turcs ou
aux Chinois.
Relisez ses statuts : la Ligue des pa
triotes a pour but, à l’intérieur, la révi
sion de la Constitution de 1875 et la resti
tution au peuple de tous ses droits plébis
citaires ; à l’extérieur, la révision du traité
de Francfort et la restitution de l’Alsace-
Lorraine à la France.
Or, j’ai la conviction, j’ai même la cer
titude que la manifestation et l’attitude
conseillées par vous aux Parisiens vis-à-
vis du roi d’Angleterre sont aussi con
traires à l’intérêt de la France et aux
revendications alsaciennes-lorraines que
l’ont été, en 1883, les sifflets qui ont ger
manisé la politique espagnole pendant
plus de quinze ans.
Il ne me reste plus qu’à me séparer ou
vertement et publiquement de vous et de
M. Millevoye sur une question où vous
compromettez tous les deux, selon moi, et
la cause que je sers et les idées auxquelles
j’ai consacré ma vie entière.
C’est ce que je fais d’urgence, en com
muniquant celte dépêche à la presse avec
mon regret de me trouver en un désac
cord aussi complet avec des amis qui
m’étaient chers et en un accord fortuit et
passager avec des gens, dont je reste
plus que jamais l’implacable adversaire.
Les patriotes attachés à Dérou
lède resteront donc chez eux lors de
la visite du roi d’Angleterre. La
Patrie seule pourra b regretter.
M. Déroulède qui, jadis, montait
à l’assaut des brasseries allemandes
ne veut pas que l’on touche aux
tavernes anglaises. Les amateurs
de « pale ale » et de « stout » pour
ront. donc humer tranquilement
leur pinte.
Le fait, n’a du reste, pour nous,
d’autre importance que de montrer
une fois de plus le profond désarroi
qui règne chez les bons patriotes.
Si Déroulède lui-même se sépare,
qui s’aventurera à rester encore
autour du drapeau, sans devise et
sans chef ?
— -.waffiMc■
(MIL 6ÉJÉSÀL DS SfflE-EÏ-ÏAffi
Session ordinaire d’Avril 1903
Compte Rendu Analytique
de la séauee du SB avril
Présidence de M. E. DELBET, Président
La séance est ouverte à 4 heures 1/2.
Tous les membres sont présents, sauf
MM. Michel, Lefèvre, Bastide, absents
excusés.
M. le Préfet assiste à la séance.
Le procès-verbal et le compte rendu
analytique de la séance précédente sont
lus et adoptés.
Il est procédé au dépouillement de la
correspondance ; diverses demandes sont
renvoyées aux Commissions compétentes.
Sont renvoyées" à la Commission des
chemins de fer, deux propositions d’ho
raires déposées, l’une par M. Droz, pour
la ligne d’intérêt local de La Ferté-sous-
Jouarre à Montmirail et l’autre par M.
Rain, pour le tramway de Bray à Nangis.
M. Forgemol de Bostquénard, rappor
teur de la Commission administrative,
propose de voter un crédit de 50 francs,
destiné à l’achat d’ouvrages de droit pour
le tribunal de commerce de Melun, et
d’autoriser l’acquisition d'une machine à
écrire pour les bureaux de la Préfecture.
Adopté.
M. Derveloy, au nom de la même Com
mission, donne lecture d’un rapport ten
dant à accorder un quart de bourse au
collège de Meaux au jeune Duguet, un
quart de bourse au collège de Fontaine
bleau au jeune Gigot, et une demi-bourse
au collège de Melun au jeune Meignen.
M. le Préfet dépose sur le bureau deux
rapports supplémentaires qui sont ren
voyés à la Commission administrative.
M. de Ségur, pour M. Chauvin, donne
lecture d’un rapport relatif au classement
de chemins vicinaux ordinaires dans le
réseau de grande communication. Il pro
pose : 1° que le rapport de M. l’ingénieur
en chef sera imprimé et distribué à tous
les membres du Conseil général ; 2°
qu’une Commission spéciale ou la Com
mission de la voirie sera chargée de pré
parer un rapport pour la session d’août
1903 ; 3° et qu’une indemnité de 300 fr.
sera accordée à M. le conducteur Bar-
bonne.
M. le Préfet déclare qu’il est entière
ment d’accord avec la Commission de la
voirie ; il insiste pour l’adoption de ses
conclusions.
Les conclusions du rapport sont adop
tées et le Conseil général décide que la
Commission de la voirie procédera à
l’examen du travail.
Des félicitations sont adressées à M.
Barbonne pour sa collaboration à l’impor
tant travail soumis au Conseil général.
M. de Ségur propose de donner acte à
M. le Préfet de la communication d’une
circulaire de M. le Ministre de l’intérieur
concernant la formation d’un nouveau
réseau de chemins vicinaux susceptibles
d’être subventionnés par l’Etat et le dépar
tement en exécution de la loi du 12 mars
1880.
M. le Président demande des rensei
gnements à M. l’ingénieur en chef au
sujet de l’éventualité de la reconstruction
de certains ponts.
M. l’ingénieur en chef répond que trois
ponts sur la Seine n’offrent plus une soli
dité suffisante et que leur réfection s’im
posera à bref délai.
Les conclusions de la Commission de
la voirie sont adoptées.
Le Conseil général, sur le rapport de
M. de Ségur, vote un crédit de 2,000 fr.
pour réparations de la chaussée du che
min de grande communication n° 137,
sur lequel circule l’omnibus électrique
Fontainebleau-Samois.
M. Thomas présente une observation
au sujet de l’amélioration du chemin.
M. le Préfet répond que le projet ne
vise qu’une réfection de chaussée et non
un élargissement,
M. Lioret, au nom de la Commission
administrative, donne lecture de cinq
rapports proposant :
1° D’approuver définitivement le projet
de transformation de la prison de Meaux
pour la mise en pratique de l’emprison
nement individuel ;
2° De voter une bourse d’apprentissage
en faveur du sieur Clément, pour lui per
mettre d’apprendre un métier à l’école
professionnelle d’aveugles de la rue Jac
quier, à Paris ;
3° De déléguer la Commission dépar
tementale pour statuer sur le classement
des instituteurs ;
4° D’allouer une subvention de 100 fr.
à la Société de La Croix-Verte française;
5° D’accorder à M. Behr, inspecteur
primaire de l’arrondissement de Fontai
nebleau, une allocation de 400 francs qui
lui sera payée à compter du jour de son
installation en Seine-et-Marne.
Ces diverses propositions sont adop
tées.
M. Munaut, au nom de la même Com-
j mission, présente trois rapports con-
j cluant :
A renouveler, sous certaines condi
tions, le bail de la caserne de gendarmerie
de Courtacon ;
A autoriser la réforme d’objets mobi
liers dans les deux écoles normales;
Et à allouer une subvention de 250 fr.
au jeune Frager, élève de l’Ecole Natio
nale d’Armentières.
Les conclusions de ces trois rapports
sont adoptées.
M. Dumée, rapporteur, propose :
D’autoriser l’achat d’une bibliothèque
pour le Tribunal de Commerce de Mon-
tereau ;
De renouveler à la Commission dépar
tementale la délégation nécessaire pour
examiner et classer par ordre d’urgence
les demandes de secours sur les fonds de
l’Etat pour travaux aux maisons d’école,
églises et presbytères.
D'approuver le projet de bail du nou
veau jardin mis à la disposition des bri
gades de gendarmerie de Melun.
Ces trois propositions sont adoptées.
M. Penancier, au nom de la Commission
administrative, présente un rapport con
cernant divers travaux proposés pour la
sous-préfecture de Provins, ainsi que la
location d’une écurie.
M. le président appelle l’attention du
Conseil général sur l’importance de la
décision à prendre en ce qui cencern# la
location d’une écurie.
M. Droz, écartant toute espèce de ques
tion de personne, n’accepte pas les con
clusions du rapport et dit que des dépenses
plus indispensables s’imposent à l’attention
du Conseil général.
M. le préfet insiste pour l’adoption des
conclusions de la Commission ; il ajoute
que les autres sous-préfectures étant
pourvues d’une écurie, il est juste que le
sous-préfet de Provins ne se trouve pas
dans une situation plus défavorable que
ses collègues. A son avis, la possession
de chevaux et voitures pour un sous-préfet
présente le grand avantage de lui permettre
do visiter plus facilement les diverses
communes de son arrondissement.
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LA RÉPUBLIQUE DE SEINE-ET-
MARNE paraîtra deux fols pas*
semaine,-les Mercredis et Same
dis ; le prix des abonnements
pour le département sera de six
francs par an.
«
La Conciliation
Une élection ne doit reposer ni
sur des considérations d’inimitiés
personnelles ni sur des questions de
détail. Il faut concilier et les per
sonnes et les idées, oublier ces que
relles personnelles et s’entendre
sur le terrain commun d’un pro
gramme large, qui ne comprend
que quelques articles.
Cette conciliation et cette largeur
d’esprit, sont nécessaires, si l’on
veut battre ses ennemis politiques.
Elles sont nécessaires encore pour
que l’élection ait une claire signifi
cation, que l’électeur ait su ce qu’il
voulait et que l’élu sache ce qu’il
doit vouloir.
Que cette façon de voter est loin
d’être la nôtre, à nous Français,
surtout dans les campagnes et dans
les petites villes, même dans celles
de dix mille habitants l On vous
soupçonne d’être patronné, recom
mandé par un homme impopulaire,
et l’on vous refuse le suffrage que
votre honnêteté, votre dignité méri
taient sans conteste. Remarquez
que rien n’est plus difficile que de
savoir si le candidat est inféodé oui
ou non à tel homme, qui semble le
porte-drapeau du parti; remarquez
que rien n’est plus absurde que de
supposer cette subordination abso
lue d’un candidat aux volontés de
celui qui semble conduire l’élec
tion, car, enfin, il serait plus natu
rel de supposer l’indépendance du
candidat, Cette habitude est d’au
tant plus désastreuse, que le patron
de la liste peut se croire ’en effet
omnipotent et que l’élu a besoin de
faire appel à toute sa force de carac
tère pour bien se rappeler qu’il est
libre d® ses votes et de ses déci
sions et qu’il devra le témoigner à
l’occasion.
Vos élections municipales sont
d’autant plus viciées qu’elles se
font ainsi non pas sur le nom de
votre candidat, mais sur le nom de
celui que l’on soupçonne de l’avoir
indiqué aux électeurs.
Ai-je dit que la personne, pour
laquelle on va voter doit être quel
conque? Non, certes; il faut bien
choisir son mandataire. Mais alors,
revenons à une idée qui nous est
chère; associons-nous et connais
sons-nous et créons des manda
taires possibles, longtemps avant
les élections. Ne boudons pas les
associations, sous prétexte encore
qu’elles sont les associations d’un
homme; une association n’est quo
le groupement de ceux qui en font
partie; elle est ce que les adhérents
veu'ent qu’elle soit; entrez dans
l’association et faites-y prédominer
le bon sens et les idées directrices
des républicains. Mais si vous
n’avez pas eu la sagesse de préparer
vos élus, ayez au moins la pru
dence et la sagesse politique d’élire
ceux qui représentent aujourd’hui
la République.
Mettez-vous d’accord aussi sur
les quelques idées, qui sont la base
même de la République ; ne vous per
dez pas dans des opinioas sur des
points de détail, opinions que vous
avez pu entendre exprimées par vos
candidats d’aujourd’hui. Vous n’ê-
tes pas des sages, des hommes con
ciliants et connaissant bien vos
semblables et les habitudes du rai
sonnement humain, si vous ne
savez pas que nos opinions d’un
moment donné sont inspirées par
une idée ou par une autre,qui peut
avoir été juste à ce moment-là et
sur laquelle il est permis de reve
nir, lorsque les circonstances ont
changé. Pourquoi voulez-vous que
ce qui est vrai aujourd’hui soit
toujours vrai ? Pourquoi ne me
permettriez-vous pas de no plus
vouloir aujourd’hui ce que je vou
lais hier? La vérité ri est pas tou
jours absolue ; on peut être d’un
avis, à un moment donné, pour des
raisons actuelles, et non par prin
cipe.
Ne reprochez jamais à des hom
mes leurs actes passés, si ces actes
avaient leur raison d’être et se jus
tifiaient dans le passé. Demandez-
leur la raison de leur conduite, et
vous verrez que leurs aspirations
et leurs principes étaient républi
cains foncièrement, et votez en ne
considérant que les aspirations
de vos candidats.
Le bloc des électeurs républi
cains, faisons le bloc à tout prix ;
demandez aux réactionnaires s’ils
perdent une seule de leurs voix,
s’ils négligent un seul de leurs
moyens. Faisons le bloc, pour mon
trer que nous avons lo véritable
esprit politique, l’amour de la soli
darité, l’esprit large, le désir de la
victoire par la lutte même contre
nos propres rancunes ; il faut vain
cre d’abord, nous verrons ensuite.
X. X. X.
REVUE DE LA PRESSE
Le Radical (Sigismond Lacroix) :
Lo ministre des cultes, président du
conseil, ne s’est pas contenté, en effet, de
dire qu’il ne voulait pas que des congré
ganistes non autorisés continuassent à
prêcher; il a déclaré que, au eas où il
n’obtiendrait pas satisfaction, il ferait
fermer les édifices consacrés au culte. Or,
le cas prévu s’est présenté; à Nancy, c’est
un j ésuite qui prêche par o rdre de l’évêque ;
à Paris, c’est un eapuein qui prêche avec
autorisation de l’archevêque. Et la menace
ministérielle est restée vaine; et son auto
rité a été bafouée, sans que la sanction
soit intervenue.
Ou il ne fallait pas menacer, ou il faut
frapper.
D’autant quo rien n’est plus légal, rien
n’est plus simple. A qui appartiennent les
édifices publics consacrés au culte catho
lique ? A l’Etat ou aux communes, en tout
cas à la société laïque, qui croit devoir,
dans un intérêt public, en permettre l’usage
aux ecclésiastiques et aux fidèles. Mais,
de toute évidence, cette concession est
toujours subordonnée à la condition
qu’ecclésiastiques et fidèles en usent con
formément aux lois de l’Etat. Si l’Eglise
prétend se soustraire aux injonctions que
l’autorité civile formule en vertu de la loi,
elle perd aussitôt tout droit à la concession
gracieuse et gratuite qui lui a été consen
tie.
Or, il n’est pas douteux que le Concordat,
qui ignore les congrégations prédicantes
ou autres, a entendu que la prédication fût
l’œuvre du clergé paroissial. Dès l’instant
où le ministre des cultes, appuyé sur le
Concordat, s’oppose à la prédication des
congréganistes, l’évêque, s’il veut rester
dans les conditions légales et conserver
l’usage des églises et des paroisses, doit
s’incliner. Que s’il préfère en faire à sa
tète, alors la concession disparaît ; il
faut lui fermer la porte de l’église au
nez.
La Lanterne :
Si l’Eglise a acquis dans le pays une
puissance telle que ses chefs y puissent
braver impunément les rigueurs du code,
que le pouvoir civil soit tenu en échec par
la rébellion des évêques, alors il devient
évident pour tous que le Concordai ne
donne à l’Etat aucune garantie, que loin
de soumettre le clergé, il lui donne l’arro
gance et la force, qu’il est un avantage
pour Rome et un danger pour la France.
Quoi qu’il en soit, il n’est pas possible
que la situation actuelle se prolonge. Dans
quelques semaines, les représentants du
pays seront assemblés ; il faudra qu’ils
disent s’ils entendent capituler devant
l’Eglise, quels moyens ils proposent pour
mettre fin à la révolte des évêques et s’ils
veulent maintenir un pacte qui couvre et
permet de la part de lEglise toutes les vio
lences, de la part de l’Etat toutes les abdi
cations.
Le Rappel, M. Charles Bos (à propos des
nationalistes et du voyage d’Edouard
VII) :
C’est la reculade sur toute la littne.
Et puis, il n’y a quo la vérité qui blesse.
On a dit, ici même et partout dans la
presse républicaine, que les nationalistes
voulaient provoquer une guerre franco-
anglaise. Ils protestent de la belle façon,
et leurs protestations sont tellement répé
tées, que l’accusation doit être fondée.
Sinon, ils n’insisteraient pas avec autant
de vivacité. Quels bons Français que ces
nationalistes qui, pour atteindre leur but,
avaient rêvé de précipiter la patrie dans
les pires aventures !
De M. Harduin, dans le Matin :
Les conseils généraux, qui sont pavés
de bonnes intentions, en inaugurant leurs
travaux, ont montré que la question les
préoccupait. Un peu partout, ils ont voté
des résolutions tendant à la réalisation
d’économies dans le budget de l’Etat.
C’est gentil â eux. Leur initiative n’aura,
du reste,, aucun effet.
Et puis ce n’est pas les économies qui
sont avant tout indispensables. On pour
rait se déclarer satisfait si les députés se
contentaient de ne pas augmenter chaque
année les dépenses.
Pour le moment, il ne faut pas leur de
mander davantage, et si la chance voulait
qu’ils se rendissent compte du mal fait au
pays par l’habitude prise de démolii* régu
lièrement l’équilibre budgétaire avec leurs
propositions de nouveaux crédits, un
grand pas serait fait.
De M. Jaurès, dans la Petite Répu
blique :
Aussi bien, je sais que toutes les révé
lations et les discussions de ces derniers
jours ont porté. Je sais que plusieurs de
ceux qui, sur la foi de polémistes auda
cieux ou passionnés, croyaient encore à
la culpabilité de Dreyfus, sont pris de
doute. Je sais que plusieurs des militants
nationalistes, sentant que la vérité va
avoir le dernier mot, se demandent com
ment ils pourront y préparer leur clien
tèle sans l’affoler, et amortir le choc. Je
sais que le silence embarrassé du colonel
Stoffel et de M. de Bourbonne consignant
leur porte, du général Mercier s’enfei*
niant dans une dénégation rapide et se
refusant au débat, achève de jeter dans le
camp nationaliste le désarroi et la crainte.
Et la tactique de silence concerté et d’in
différence affectée de la presse réaction
naire ne fait qu’accuser son embarras
mortel.
Evidemment, nousnesommes plus sépa
rés de la solution définitive et légale que
par des questions de procédure. Je ne sais
si l’amnistîe a pour effet certain d’empê
cher le dépôt d’une plainte en faux au
sujet du bordereau annoté. Si la plainte
en faux avait pu être déposée, l’instruc
tion n’aurait pas tardé à faire la lumière
complète. Mais à ce défaut de cette procé
dure, d’autres s’ouvriront.
Déjà les faits nouveaux qui rendront
inévitable la révision se dessinent. D’une
part, la possibilité commence à apparaître
de jeter quelque lumière sur le faux té
moignage monstrueux du témoin Czer-
nuski. D’autre part, la machination rela
tive au bordereau annoté devient tous les
jours plus évidente. Un des principaux
témoins du procès de Rennes, le général
Mercier, y est certainement mêlé. Et cela
suffit encore à vicier légalement le procès
de Rennes.
4®»
A remarquer :
Une longue tradition religieuse, qui
pèse encore sur nous, nous enseigne que
la privation, la souffrance et la douleur
sont des biens désirables et qu’il y a des
mérites spéciaux attachés à la privation
volontaire. Quelle imposture I C’est en di
sant aux peuples qu’il faut souffrir en ce
monde pour être heureux dans l’autre
qu’on a obtenu d’eux une pitoyable rési
gnation à toutes les oppressions et à
toutes les iniquités. N’écoutons pas les
prêtres qui enseignent que la souffrance
est excellente. C’est la joie qui est bonne !
Anatole Frange.
INFORMATIONS
Guillaume II vient d’ordonner, par dé
cret spécial, que, dans toute l’armée la
tunique serait remplacée par une litewka
(blouse à la mode russe) en drap gris.
Ajoutons que celte ordonnance ne peut
s’appliquer à l’armée bavaroise qui a
gardé son autonomie en vertu du traité de
Versailles.
— Le War Office a reçu une dépêche
annonçant que la colonne volante qui
opère du côté de Gumburru, sous les
ordres du colonel Cobbe, a éprouvé un
grave échec.
Le 17 avril, on entendit des coups de
feu dans la direction [suivie par une pe
tite escouade envoyée en reconnaissance
vers l’ouest.
Le colonel Cobbe dépécha alors le
colonel Plumkett avec cent-soixante tirail
leurs africains, quarante-huit soldats hin
dous et deux mitrailleuses Maxim, pour
dégager l’escouade, le cas échéant. U
était neuf heures un quart du matin.
L’escouade n’avait pas été attaquée,
mais le colonel Plumkett continua sa
pointe en avant.
Le colonel Cobbe entendit, à onze heures
quarante-cinq, une forte fusillade dans la
direction du détachement du colonel i
Plumkett, puis, vers «ne heure de l’après-
midi, arrivaient quelques fugitifs annon
çant que le colonel Plumkett avait été
battu avec pertes.
Les nouvelles ultérieures confirmèrent
la défaite. Le détachement du colonel
Plumkett avait été annihilé, à l’exception
de trente-sept soldats indigènes qui ont
pu rejoindre la Colonne Cobbe.
— Le préfet de la Côte-d’Or a été avisé
que le roi d’Angleterre s’arrêtera à Dijon
le 1er mai, en allant à Paris.
La roi Edouard sera reçu par le géné
ral Rau, commandant le 8e corps d’armée
à Bourges, le général Laborie de la Batut,
gouverneur de Dijen, et le préfet qui le
salueront au nom du gouvernement de la
République.
Le train stationnera vingt-cinq minutes
à la gare où les présentations se feront
dans le salon des premières.
— L’Académie française a fixé la séance
de réception de M. Rostand au 4 juin.
La discussion des titres des can
didats aux fauteuils de MM. Gaston Paris
et Ernest Legouvé aura lieu le il juin,
et l'élection huit jours après, c’est-à-dire
le 18 juin.
Les candidats qui ont jusqu’ici envoyé
leur lettre de candidature sont (ordre
alphabétique) :
MM. René Bazin, Janssen, membre de
l’Aeadémie des sciences et directeur de
l’observatoire deMeudon, Edmond Harau-
court, Masson et de Porto-Riche.
— Le lord-maire de Londres a annoncé
avant-hier au conseil municipal de la
cité de Londres que la commission du
conseil avait décidé, à l’unanimité, de
recevoir en grande cérémonie M. Loubet
l»rs de sa visite à Londres, et de prier
le président de la République française
de vouloir bien recevoir une adresse de
bienvenue de la Cité.
M Morton rappelle que lorsqu'un repré
sentant de la Cité de Londres se rend à
Paris, il est toujours reçu de la façon la
plus cordiale. M Horncastle ajoute que
la Cité tout entière sera anchantée de sa
luer le chef do la nation française. (Très
bien !) La proposition de la commission
du conseil est adoptée au milieu de mani
festations chaleureuses.
Absinthe lÊGLKR PKBSOD
très recommandée
— —
Déroulède contre Millevoye
Ça va de moins en moins, ça ne
va même plus du tout. Hier c’était
la fêlure, aujourd’hui c’est l’irré
médiable cassure. Déroulède contre
Millevoye : est-ce assez réussi ?
Gela est venu à propos dô la
visite du roi d’Angleterre. Depuis
plusieurs jours, le journal de M.
Millevoye menait une campagne
violente, à l’effet de préparer au
roi Edouard une réception rien
moins que sympathique.
C’est aux cris d’« A bas l’Angle
terre ! » que les Parisiens, bons
patriotes, devaient accueillir le sou
verain.
H'er encore, M. Millevoye, qui a
déclaré depuis longtemps la guerre
à la perfide Albion, écrivait :
Le roi vient chercher à Paris autre
chose que des génuflexions officielles. On
doit même craindre qu’il ne soit payé
d’avance. Que lui a-t-on promis, que lui
donnera-t-en en Asie et en Afrique? Nous
serons inévitablement bafoués, mystifiés,
volés. Et cette misé en scène brillante, ce
pompeux décor, cette nouvelle entrevue
« du camp du drap d’or » aboutiront à
quelque scandaleux marché dont notre
honneur, dont notre sécurité feront les
frais.
M. Millevoye comptait, bien en
tendu, sur tous ses amis nationa
listes. La manifestatien se dérou
lait déjà, à ses yeux, imposante. 11
entendait rugir, de loin, le lion
populaire, qui ne faisait qu’une
b luchée de sa proie. Le beau rêve,
en vérité !
Mais, patatras, tout cela vient de
s’effondrer.
Déjà, Rochefort faisait grise
mine. Pas de chahut, le silence.
Mais, si dédaigneux que soit le
silence, ce n’est toujours que le si
lence et ce n’est pas grand’chose.
Ce n’étalt toutefois pas là le gros
pavé qui devait être lancé — c’est
à peine croyable — par Déroulède.
Oui, par Déroulède, qui, dans une
lettre à la Patrie, se déclare nette
ment hostile à la campagne entre
prise contre le roi Edouard.
L© document vaut la peine d’être
cité :
Même transformée en ligue républi
caine plébiscitaire, dit Déroulède, la
Ligue des patriotes n’a rien abandonné
de son programme primitif ; elle a’a
jamais eu pour tâche de montrer le poing
tour à tour aux Anglais, aux Turcs ou
aux Chinois.
Relisez ses statuts : la Ligue des pa
triotes a pour but, à l’intérieur, la révi
sion de la Constitution de 1875 et la resti
tution au peuple de tous ses droits plébis
citaires ; à l’extérieur, la révision du traité
de Francfort et la restitution de l’Alsace-
Lorraine à la France.
Or, j’ai la conviction, j’ai même la cer
titude que la manifestation et l’attitude
conseillées par vous aux Parisiens vis-à-
vis du roi d’Angleterre sont aussi con
traires à l’intérêt de la France et aux
revendications alsaciennes-lorraines que
l’ont été, en 1883, les sifflets qui ont ger
manisé la politique espagnole pendant
plus de quinze ans.
Il ne me reste plus qu’à me séparer ou
vertement et publiquement de vous et de
M. Millevoye sur une question où vous
compromettez tous les deux, selon moi, et
la cause que je sers et les idées auxquelles
j’ai consacré ma vie entière.
C’est ce que je fais d’urgence, en com
muniquant celte dépêche à la presse avec
mon regret de me trouver en un désac
cord aussi complet avec des amis qui
m’étaient chers et en un accord fortuit et
passager avec des gens, dont je reste
plus que jamais l’implacable adversaire.
Les patriotes attachés à Dérou
lède resteront donc chez eux lors de
la visite du roi d’Angleterre. La
Patrie seule pourra b regretter.
M. Déroulède qui, jadis, montait
à l’assaut des brasseries allemandes
ne veut pas que l’on touche aux
tavernes anglaises. Les amateurs
de « pale ale » et de « stout » pour
ront. donc humer tranquilement
leur pinte.
Le fait, n’a du reste, pour nous,
d’autre importance que de montrer
une fois de plus le profond désarroi
qui règne chez les bons patriotes.
Si Déroulède lui-même se sépare,
qui s’aventurera à rester encore
autour du drapeau, sans devise et
sans chef ?
— -.waffiMc■
(MIL 6ÉJÉSÀL DS SfflE-EÏ-ÏAffi
Session ordinaire d’Avril 1903
Compte Rendu Analytique
de la séauee du SB avril
Présidence de M. E. DELBET, Président
La séance est ouverte à 4 heures 1/2.
Tous les membres sont présents, sauf
MM. Michel, Lefèvre, Bastide, absents
excusés.
M. le Préfet assiste à la séance.
Le procès-verbal et le compte rendu
analytique de la séance précédente sont
lus et adoptés.
Il est procédé au dépouillement de la
correspondance ; diverses demandes sont
renvoyées aux Commissions compétentes.
Sont renvoyées" à la Commission des
chemins de fer, deux propositions d’ho
raires déposées, l’une par M. Droz, pour
la ligne d’intérêt local de La Ferté-sous-
Jouarre à Montmirail et l’autre par M.
Rain, pour le tramway de Bray à Nangis.
M. Forgemol de Bostquénard, rappor
teur de la Commission administrative,
propose de voter un crédit de 50 francs,
destiné à l’achat d’ouvrages de droit pour
le tribunal de commerce de Melun, et
d’autoriser l’acquisition d'une machine à
écrire pour les bureaux de la Préfecture.
Adopté.
M. Derveloy, au nom de la même Com
mission, donne lecture d’un rapport ten
dant à accorder un quart de bourse au
collège de Meaux au jeune Duguet, un
quart de bourse au collège de Fontaine
bleau au jeune Gigot, et une demi-bourse
au collège de Melun au jeune Meignen.
M. le Préfet dépose sur le bureau deux
rapports supplémentaires qui sont ren
voyés à la Commission administrative.
M. de Ségur, pour M. Chauvin, donne
lecture d’un rapport relatif au classement
de chemins vicinaux ordinaires dans le
réseau de grande communication. Il pro
pose : 1° que le rapport de M. l’ingénieur
en chef sera imprimé et distribué à tous
les membres du Conseil général ; 2°
qu’une Commission spéciale ou la Com
mission de la voirie sera chargée de pré
parer un rapport pour la session d’août
1903 ; 3° et qu’une indemnité de 300 fr.
sera accordée à M. le conducteur Bar-
bonne.
M. le Préfet déclare qu’il est entière
ment d’accord avec la Commission de la
voirie ; il insiste pour l’adoption de ses
conclusions.
Les conclusions du rapport sont adop
tées et le Conseil général décide que la
Commission de la voirie procédera à
l’examen du travail.
Des félicitations sont adressées à M.
Barbonne pour sa collaboration à l’impor
tant travail soumis au Conseil général.
M. de Ségur propose de donner acte à
M. le Préfet de la communication d’une
circulaire de M. le Ministre de l’intérieur
concernant la formation d’un nouveau
réseau de chemins vicinaux susceptibles
d’être subventionnés par l’Etat et le dépar
tement en exécution de la loi du 12 mars
1880.
M. le Président demande des rensei
gnements à M. l’ingénieur en chef au
sujet de l’éventualité de la reconstruction
de certains ponts.
M. l’ingénieur en chef répond que trois
ponts sur la Seine n’offrent plus une soli
dité suffisante et que leur réfection s’im
posera à bref délai.
Les conclusions de la Commission de
la voirie sont adoptées.
Le Conseil général, sur le rapport de
M. de Ségur, vote un crédit de 2,000 fr.
pour réparations de la chaussée du che
min de grande communication n° 137,
sur lequel circule l’omnibus électrique
Fontainebleau-Samois.
M. Thomas présente une observation
au sujet de l’amélioration du chemin.
M. le Préfet répond que le projet ne
vise qu’une réfection de chaussée et non
un élargissement,
M. Lioret, au nom de la Commission
administrative, donne lecture de cinq
rapports proposant :
1° D’approuver définitivement le projet
de transformation de la prison de Meaux
pour la mise en pratique de l’emprison
nement individuel ;
2° De voter une bourse d’apprentissage
en faveur du sieur Clément, pour lui per
mettre d’apprendre un métier à l’école
professionnelle d’aveugles de la rue Jac
quier, à Paris ;
3° De déléguer la Commission dépar
tementale pour statuer sur le classement
des instituteurs ;
4° D’allouer une subvention de 100 fr.
à la Société de La Croix-Verte française;
5° D’accorder à M. Behr, inspecteur
primaire de l’arrondissement de Fontai
nebleau, une allocation de 400 francs qui
lui sera payée à compter du jour de son
installation en Seine-et-Marne.
Ces diverses propositions sont adop
tées.
M. Munaut, au nom de la même Com-
j mission, présente trois rapports con-
j cluant :
A renouveler, sous certaines condi
tions, le bail de la caserne de gendarmerie
de Courtacon ;
A autoriser la réforme d’objets mobi
liers dans les deux écoles normales;
Et à allouer une subvention de 250 fr.
au jeune Frager, élève de l’Ecole Natio
nale d’Armentières.
Les conclusions de ces trois rapports
sont adoptées.
M. Dumée, rapporteur, propose :
D’autoriser l’achat d’une bibliothèque
pour le Tribunal de Commerce de Mon-
tereau ;
De renouveler à la Commission dépar
tementale la délégation nécessaire pour
examiner et classer par ordre d’urgence
les demandes de secours sur les fonds de
l’Etat pour travaux aux maisons d’école,
églises et presbytères.
D'approuver le projet de bail du nou
veau jardin mis à la disposition des bri
gades de gendarmerie de Melun.
Ces trois propositions sont adoptées.
M. Penancier, au nom de la Commission
administrative, présente un rapport con
cernant divers travaux proposés pour la
sous-préfecture de Provins, ainsi que la
location d’une écurie.
M. le président appelle l’attention du
Conseil général sur l’importance de la
décision à prendre en ce qui cencern# la
location d’une écurie.
M. Droz, écartant toute espèce de ques
tion de personne, n’accepte pas les con
clusions du rapport et dit que des dépenses
plus indispensables s’imposent à l’attention
du Conseil général.
M. le préfet insiste pour l’adoption des
conclusions de la Commission ; il ajoute
que les autres sous-préfectures étant
pourvues d’une écurie, il est juste que le
sous-préfet de Provins ne se trouve pas
dans une situation plus défavorable que
ses collègues. A son avis, la possession
de chevaux et voitures pour un sous-préfet
présente le grand avantage de lui permettre
do visiter plus facilement les diverses
communes de son arrondissement.
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