Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1944-02-21
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 200316 Nombre total de vues : 200316
Description : 21 février 1944 21 février 1944
Description : 1944/02/21 (Numéro 1262). 1944/02/21 (Numéro 1262).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
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Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k510880g
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 22/01/2008
PRIX DE L'ABONNEMENT
S mol» t aa
France et colonies 130 ir. 250 t\ s
Etranger (Affr. réduit) 190 fr. 3éo 1\t.
Etranger (autres pays) 335 fr. 440 fr.
RÉDACTION et ADMINISTRATION
PROVISOIREMENT
13, Rue du Port, CLERMONT-FERRAND
Téléph. Rédact et Admtnlstr. 67-01
LUNDI 21 FEVRIER 1944
N<> 1262 156» ANNEE
1 FRANC
JOURNAL DES DEBATS
POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
adresse télégraphique °
DÉBATS-fiVENIR-CLERMONT-Fd
C. C. P. 1 Clermont-Ferrund 28.485
Clermont-Ferrand. le 20 février
LE MONT CASSIN
« Si les aviateurs anglo-amé-
rica.ins avaient voulu, a déclaré
le Pape Pie XII, le monastère du
Mont-Oassin aurait pu être pré-
servé. La bonne volonté aurait
suffi ainsi que le respect à
l'égard non de ma personne,
mais du monde catholique ». On
sait que l'ambassadeur des Etats-
Unis près le Saint-Siège répondit
au secrétaire d'Etat Maglions
Qui avait dit ses regrets ds pa-
reille destruction « qu'à cela
ne tienne, les Etats-Unis s'inté-
resseront financièrement à la
reconstruction. » Réponse bien
américaine. Les Américains ont
chez eux de magnifiques gratte-
ciel. Mais les souvenirs histori-
ques, les précieux monuments
et les œuvres d'art qui évoquent
de longues traditions et un passé
intellectuel ou spirituel, n'aben-
dent pas chez eux, et pour cause.
Avec de l'or, ne peut-on pas se
permettre bien des fantaisies de
remplacement ? Les Américains
sonfriches, et si l'Etat français
n'avait pris, par des lois et règle-
ments, les mesures nécessaires
pour empêcher nos spécimens
d'art de sortir de France, sans
doute auraient-ils eux aussi de
nombreux souvenirs historiques,
les nôtres, en leur possession.
Des œuvres architecturales n'onc
elles pas été transportées, piem
à pierre, de chez nous en Amé-
rique, pour y être reconstitués ?
Il ne leur a pas suffi d'appré-
cier en Italie de telles beautés
pour les respecter. Et le Pape a
estimé qu'ils auraient pu les
apprécier d'autant plus, qu'au-
cun belligérant, affirme-t-il,
n'occupait le vieux couvent, Mgr
Grégorio Diamarc en a témoi-
gné. En dehors des moines, seuls
des réfugiés civils habitaient le
monastère qui une fois encore
servait d'asile. Et ceux-ci pour-
suit-il agitèrent en vain des
draps dès le commencement du
bombardement pour faire com-
prendre aux aviateurs l'horreur
inutile de ce criminel ravage.
C'est à l'emplacement du tem-
ple d'Apollon qu'au VI" siècle,
saint Benoît avait érigé le cou-
vent sur le sommet de la mon-
tagne. Il devait être à plusieurs
reprises l'objet des assauts des
barbares les Lombards l'avaient
pillé les Sarrasins l'avaient
brûlé; les Normands l'avaient sac-
cagé. On n'aurait pu croire que
des nations civilisées prolonge-
raient l'ère des attentats de la
barbarie. Qui sait si demain ne
verra pas la dévastation de
Saint-Pierre de Rome et du
Vatican ?. C'est là à peine un
point d'interrogation puisqu'en
réponse aux protestations qui se
sont élevées de toute part con-
tre cet attentat, le gouvernement
britannique a répondu non sans
cynisme, selon un télégramme
de presse suisse adresé à un
journal de Bâle, par ces paroles
textuelles « Le bombardement
du Mont-Cassin constitue un
prélude psychologique à l'atta-
que de Rome. » Sans doute, tra-
gique ironie, reconstruira-t-on
Rome, et toute l'Italie, avec l'or
des Américains et des Anglais
Ce n'est pas sans une satisfac-
tion pleine de fierté que Reuter
constate avec une inconscience
dont on perçoit la démesure
« La terre a tremblé lorsque des
bombes de gros calibre sont tom-
bées sur l'abbaye. »
Lors des agressions loin-
taines des hordes barbares,, les
religieux avaient pu sauver par
leurs copies les principales œu-
vres des auteurs grecs et latins.
Cette fois encore^ grâce aux
mesures de prudence qui avaient
été prises en raison d'une foi
incertaine en l'état d'esprit des
Anglo-Américains, 30.000 volu-
mes et 12.000 manuscrits ont pu
être transportés préventivement
a.u Vatican. Mais une multitude
d'oeuvres d'art a été anéantie
dans les ruines du monastère.
L'élite intellectuelle du monde
entier, même en Angleterre s'est
élevée avec émotion contre ce
massacre systématique d'un ad-
mirable « monument » du génie
spirituel de l'humanité'. L'an-'
La répression d u banditisme et du terrorisme
La milice lyonnaise met hors d'état de nuire
deux bandes de terroristes. Dix-sept bandits sont arrêtés
M. Darnand dirige lui-même la seconde opération
Lyon, 19 février. A la suite de
certaines révélations faites l>ar des
terroristes arrêtés, une oi>ération de
police a été décidée et conduite pur r
la milice française de Lyon. 11 s'a
Rissait de prendre au gîte, une dan
séreuse bando établie dans une mai
son de Yencia, petit yillatfe de 1»
campagne- lyonnaise.
A l'approche des forces du maitien
de l'ordre, vers 2 lioures du matin,
les bandits, alertés, ouvriront le feu
Un milicien fut tué ot un autre bles-
se. I groin» retourna à Lyon chercher du
renfort et revint avec un détachement
de gardes mobiles. La maison fut-cer-
uée. Après -une violenté fu.-illa-ie «16
part et d'autre, les terroristes bisse-
ront, vers 8 heures du matin, le dra-
peau blanc et se rendirent. Ils étaient
LES ÉTUDIANTS
nés de 1914 à 1928 vont
être soumis à un recensement
Paris, 19 février. Le gouvernement
a décidé 1b recensement de tous les étu-
diants nés entre le 1»' Janvier 1914 et le
31 décembre 1938. I! aura Ucu entre le
27 février et le 11 mars. Les opérations
se feront -dau& le cadre de l'Académie,
après avoir été préparées dans le détail
par les directeurs départementaux de la
main-d'œuvre, sous le contrôle des direc-
teurs régionaux.
Le recensement se fpra
1* Dans chaque établissement d'ensei-
gnement public où privé.
2' Dans les centres spécialement choi-
sis et qui seront, en principe, le siège des
directions départementales.
Les centres de recensement fonctionne-
ront pour les étudiants qui, pour des rai-
sons diverses, ne pourraient être recen-
sés dans l'établissement où ils sont ins-
crits régulièrement. C'est le cas des étu-
diants accomplissant leur service du tra-
vail obligatoire, ,ou qui suivent les cours
d'une écolo par correspondance. Les dl-
Le recensement permettra aux étudiants
de sa prévaloir de la situation particu-
lière qui leur est faite en ce qui concerne
les sursis ou les conditions de reprise des
études pour ceux mil accomplissent leur
service du travail obligatoire.
Il a pour but également de donner au
Ministère de- l'Education nationale le mo-
yen de garantir aux étudiants Inscrits le
bénéfice de leur situation actuelle du
point do vue de la préparation des exa-
mens et concours. (O.F.I.-Havas).
M. Renaudin visite à Dijon
l'exposition de la Famille
Dijon, 19 février. M. Itenaudln.
comittissairo général à la famille, est
arrivé, hier .matin, à Dijon où, eo
compagnie de M. Gossct. délÔKué
régional h la Famille, 11 -a visité l'ex-
position installée tlans les locaux d»
la chambre de commerce.
tl a été reçu, à 15 heures, à l'hOtel
de ville, jpar M. Gasnc, préfet <1él$
gué de la Côte d'Or, et pur M. Mau
rice Bernard, maire de Dijon, qui
entouré de ses adjoints et seil municipal, lui a présenté l«s rfta
lisations sociales et familiales de la
ville et ses projets d'avenir.
Au coure d'une conférence tenu?
dans un cinéma de lft ville, le corn
missaire général à la Famille a ©xj »é le but et k» projets du conwnissa
rlat. (O.F.I.-llavast.
Berlin dément la destruction d'un groupe de forces
allemandes encerclées à l'ouest de Tcherkassy
Berlin, 19 février! L'agence
p. N. U. communique
Le service d'information soviétique pu-
blie depuis quelque! jours déjà des infor-
mations relatives à la destruction d'un
groupe de forces allemandes encerclées
depuis assez longtemps à l'ouet de Tcher-
kassy.
La radio de Moscou a maintenant
public a ce sujet un communiqué officiel
assez long.
Le communiqué allemand de ce jour
annonce que le groupe de forces alleman-
des a été dégagé hier par des unités de
ctoc du Rcich.
Les forces soviétiques n'ont donc abso-
LIRE AUJOURD'HUI
Le bâtonnier Fourcade. Henry Bor-
deaux, do l'Académie française.
Sur l'empire français. Edouard de
Bettex.
L'actuaHté de Paul BmirgM, défensem
de la province,
métier. Maurico IUeor
cien archevêque de Canterbury
disait < L'Italie ne devrait pas
nous inspirer de l'intérêt, mais
aussi de l'amour. Elle est le
patrimoine du monde. » La
France, qui toujours marcha en
tête de la civilisation chrétienne
et latine prend part à ce deuil
qui atteint tous ceux qui savent
à quel point notre culture est
issue de ce pur et noble foyer.
1
huit, dont deux Italiens. Totu appar-
tenaient à. des partis exi.rémirtes d»
gauche.
Dans le repaire, un véritaMc arse-
nal a été découvert. La cave était
bourrée d'explosifs voisinant avec
5.UO0 litres d'essonce entreposés dans
des « tanks ̃ cinq tonnes de fro
raa«e de gruyère, *(W jwires de chaus-
sures et de bottes, etc. Il y avait, en
outre, un camion et trois voitures.
Après que le» prisonniers eurent été
transférés à Lyon, où un commissaire
de polic6 a procédé à l«ur interro-
gatoire, les gardes mobiles et les mi-
liciens ont été chaleureusement féli-
citai iiar M Durnantf. secrétaire gé-
néral au maintien de l'ordre, de l»as-
sa?c à Lyon
Ces arrestations devaient en-traîner
une nouvelle oiération non moins
fructueuse Dans l'après-midi, un
nouveau détachement de milicien*
était dirigé sur le village il'Ecully.
dans la batiHeue lyonnaise, où un
cano de terroristes était signalé.
M. josfpli Darnand a teju à «lii*-
se? lui môme l'opération.
r!
SUR LES DIVERS FRONTS
Les soviets renforcent leur pression près de Krivoï-Rog
GIGANTESQUE BATAILLE DANS LE SECTEUR DE VITEBSK
Grand auartier trônerai du Fuh-
rer, 19 février. Communiqué du
luiul commandement
Près de Krivoï-Rog, l'ennemi a renforcé
sa pression. Ses attaques, conduites pen-
dant toute la journée, ont été repoussées
au cours de combats durs et indécis et,
à différents endroits, des pénétrations
assez profondes ont été enrayées.
A l'Ouest de Tcherkassy, la liaison a
été réatlnie avec d'autres détachements
de la formation délivrée et ce, on dépit
d'un terrain difficile et de nombreuses
contre-attaque ennemie qui ont été repous-
sées.
Près d« Vitobsk, pendant la période
du 2 au 18 février 1844, nos troupes ont
VIOLENT! ATTAQUE DE LONDRES PAR LA LUFTWAFFE
La nuit dernière, de puissantes formations de la Luftwaffe ont, de nou-
veau, effectue une violente attaque contre Londres des bombe» explosives et
Incendiaires, lancées en masse, ont causé dans l'agglomération des dégâts et
des Incendies d'une grande étendue.
L'étreinte allemande se resserre autour d'Aprilia
DURS COMBATS DANS LA REGION DE CASSINO
Sur la tête de pont de Nettuno, les
combats acharnés continuent avec un
énorme déploiement d'artillerie et il a été
passible de reporter nos positions d'en-
cerclement Jusqu'à 4 kilomètres en avant
au sud d'Aprilia. Des contre-attaque»
ennemies, soutenues par des chars, ont
été reooussées avec de lourdes pertes
pour l'adversaire; des prisonniers et du
butin sont demeurés antre nos mains.
Près de Cassino, en remplacement des
Américains épuisés par le combat, l'en,
nejni a jeté dans la lutte des troupes
hindoues qui ce sont ruées pendant toute
la journée contre les hauteurs de Cassino.
Toutes les attaques ont été brisées par
le feu de notre artillerie. D'innombrables
morts gisent devant nos lignes.
Quelques pénétrations ont aussitôt été
lument pas réussi a réduire ce groupe
de forces allemandes.
Le communique soviétique publié au
moment même de la jonction des unités
allemandes caractérise les procédés men-
songers des services d'information sovié-
tiques.
UNE DÉCLARATION DE M, SUNDERMANN
Berlin, 19 février. Du correspon-
dant iHirticulier de 10. FI.
1.0 chef adjointresse du
Rcich, le Stabslciter Sumlermann, a
fait ce matin, tlcv.iut les correspon-
dants étrangers, uno déclaration au
auj«t du communiqué spécial soviéti-
que d'hier sur la bataille le haut <5ommaiHlement a'iemand au-
jourd'hui.
te communiqué spécial soviétique, a
dit la chef adjoint Keicli, a paru quelques heures après
que les troupes allemaiulcs encerclées
dans la poehe dite de Kanev, à l'ouest
de Tcherkassy et d l'est de iachkov,
avalent réussi à rejoindre nos lignes
prineiiMilcs. Ce communiqué annonce
la destrticiion totale des dix divisions
allemandes qui se seraitnt trouvées en-
cerclées dinis ce secteur. Pourquoi le
haut commandement soviétique a-f-H
usé tfe ce procédé grotesque d un tiio.
ment oft le déoagirment (tes troupe*
allnnandes devait être parvenu d sa*
connaissance ? il y a deux explica-
tions possibles
1* L'épuisement progressif de la force
combaltive des troUpes soviétiques
V L'Importance de la question Ae la j
destruction des troupes allemandes en-
cerclées â Tctoemassy avah prise dans
1 La guerre des nerfs 1
-par Albert MOUSSET
Le mot est nouveau, la chose est ancienne. De temps immémorial
les combattants se sont ingéniés à agir, par persuasion ou intimi-
dation, sur le moral de l'arrière. On conte qu'Alexandre laissait,
dans les pays qu'il traversait, des étriers et des harnachements
d'une grandeur démesurée pour faire croire aux populations qu'il
régnait sur une race" do géants. Dans les siècles récents, c'est au
papier imprimé qu'a été confié le soin de « travailler l'esprit des
masses. Les gazetiers hollandais en usèrent contre Louis XIV, les
agents ^de Pitt Contre Napoléon.
Leur méthode ne variait guère elle consistait à donner une
publicité sans cesse renouvelée aux échecs ou aux symptômes
d'épuisement de l'adversaire. Mais cette action était d'ua médiocre
effet sur une opinion qui ne suivait que d'assez loin la fortune des
opérations. Les nouvelles circulaient si lentement qu'elles n'avaient
le plus souvent qu'un intérêt rétrospectif, trop dépassé, en tout cas,
peur provoquer "des réactions décisives. Un historien a pu dire que
jusqu'au dix-huitièmè siècle, les paysans établis à plus d'une lieue
d'une grande route n'entendaient de la guerre que l'écho des
déprédations dont les riverains étaient victimes.
Au surplus, la réceptivité des esprits était, en matière d'infor-
mation, bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui, où l'obsession
résisté, dans des combats acharnés, à
l'assaut de plus de 50 divisions d'infante.
rie et de nombreuses formations blindées
des Bolcheviks, remportant ainsi une nou-
velle grande victoire défensive dans la
deuiiemg bataille défensive à prc»£»t
terminée. L'ennomi a subi les pertes les
plus lourdes en hommes et en matéri:).
La Luftwaffe a soutenu des combats de-
fensifs avec de puissantes formation*
d'avions de bataille et de chasseurs.
102 avions ennemis ont été détruits en
combat aérien et par la D. C. A.
Entre les lacs llmen et Peipous, ainsi
que dans le s:cteur de Narva. hier
encore, de puissantes attaques de l'en-
nemi, soutenues par des chars et des
avions de bataille, ont été repoussées.
supprimées par des contre-attaaues. La
gare de Cassino a change plusieurs fois
de main et est demeurée définitivement
en notre possessions.
Au sud du golfe de Gaëta, un croiseur
ennemi a coulé, hier, à la suite d'une
explosion.
Torpillage d'un transport
de troupes américain
Washington, 19 février. Voici
le texte du communiijué du Dépar-
tement de la. Guerre
Le service de la a Sécurité militaire »
révèle qu'un navire allié a été coulé à
une date qui n'est pas précisée, dans les
eaux européennes. Le naufrage est dû à
l'action de l'ennemi durant la nuit. Les
parents des soldats manquants ont été
informés ».
Ce naufrage est le plus grand disastre
qui ait touché les forces américaines en
mer depuis le début de la* guerre. Au
moment du naufrage, la mer était agitée
et mille hommes sont portés manquants,
au nombre égal a pu être sauvé.
la propagande soviétique el anglo-
américaine
Hua quinze jours, < les bolcheviks
annonçaient, en effet, au moins trois
« Stalingrad un d jViftopol, un d
Louga et un a Kanev. Il ve fut pVus
question, peu de temps après des deux
premiers « Stalingrad » et le haut
commandement soviétique n'a pu ac-
cepter la disparition du troisième.
M. Sundermann a montré ensuite le
rolo que la bataille de Tcherkassy-
Kanov avait jouo dans Ca propagande-
angCo-araêricaine et cité les dépêches
de l'agence lïxcnansfo TelegrapU de-
puis le 3 février. 11 a conclu c
En quelques fours, les « alliés ont
lancé quatre Informations mensonae-
geres
A. L'Occupation de Casle-\gandolfo par
les troupes allemandes, démentie par
le Vatican B. La demande d'armis-
tice d'unité allemandes dans l'Italie du
sud pour l'enterrement des soldats
tombés C. L'occupation du mont Cas-
stn par des troupes allemandes D. Le
communiqué spécial de Moscou annon-
çant une victoire stratégique soviétique
d Tcherltassy.
Les constatations que j'ai faites id
trouveront leur confirmation dans les
exploits futurs des vrais vainqueurs
de TcherUassii eux-mtmes. qui conti-
nueront l-nr '»»̃» h-
i
de savoir et de savoir vite est de-
venue une sorte de frénésie. On ne
se précipitait pas sur les nouvelles.
On les attendait avec patience
on les accueillait avec calme.
Quand la mort de Napoléon par-
vint à Paris, le « Journal des Dé-
bats » publia un « filet » d'une di-
zaine de lignes annonçant sèche-
ment l'événement d'après le
« Courrier de Londres ». Il n'en
parla ni le lendemain, ni le surlen-
demain. Mais il publia, quelques
jours plus tard, une page posthu-
me de Madame de Stael sur l'Em-
pereur. Et ce fut tout. De nos
jours, les journaux auraient bou-
leversé leur mise en page et com-
posé, à la diable, une série de no-
tes biographiques, échos, souve-"
nirs, anecdotes, entremêlés de por-
traits représentant le défunt de-
puis sa première communion jus-
qu'à son exil.
Cette évolution de la curiosité
publique a été précipitée par les
progrès de la technique qui, à l'in-
fluence du papier imprimé, a ajou-
té celles des ondes et des images.
La radio et le cinéma représentent
une- intrusion brutale et oontinue
de la guerre dans la vie quotidien-
ne de l'arrière. Ce déferlement in-
cessant de sons et d'images main-
tient les nerfs à un degré de ten-
sion inouï. C'est là un aspect non
moins révolutionnaire de la guerre
que le cuirassé de l'air, les mines
magnétiques ou le tube lance-
brouillard. On pourrait composer,
tous les jours, un robuste in-quarto
avec les communiqués, articles,
massages, slogans que les ondes
déversent sur une foule anonyme
d'auditeurs éloignés du théâtre des
opérations. Un étonnant synchro-
nisme du progrès scientifique veut
qu'au moment où la guerre prend
les formes les plus inhumaines,
nous en puissions suivre visuelle-
ment et auditivement toutes les
péripéties. C'est l'assaut le plus
généralisé qui ait jamais été livré
à l'émotivité humaine.
On est tenté de croire que cette
émotivité, affinée, éduquée par des
siècles de civilisation et de bien-
être, a perdu sa force originelle de
résistance. Il n'en eat rien. La
guerre nous prouve, au contraire,
que l'homme du vingtième siècle
supporte stoïquement des épreuves
physiques devant lesquelles l'hom-
me quaternaire eût fui épouvanté.
Or, ce qui est vrai du champ de
bataille, ne l'est pas moins de l'ar-
rière. L'intelligence de nos com-
temporains subit un pilonnage qui
eût mené leurs ancêtres à la folie
ou au désespoir. Elle en est arrivé
à un point où, lorsque les ondes
ou le journal du matin ne lui ap-
portent pas de « sensation », elle
se tient pour déçue ou frustrée.
C'qst là un phénomène qui aura,
sur les générations grandissantes,
des répercussions psychologiques
incalculables on peut se deman-
der si le plan mental de l'humanité
ne se transforme pas sous nos
yeux.
Le malheur reste que le cerveau
de l'homme n'a pas évolué au
rythme du progrès mécanique. II
devient le carrefour où s'accurrm-'
lent et se heurtent les contra-" •-
tions d'un monde en foiie: Ce n'est
plus une cellule, pensante, rr- «
une volière. Le sens c '̃•-̃̃ <
1", ~"hf'\C::(\ rh,
S mol» t aa
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Clermont-Ferrand. le 20 février
LE MONT CASSIN
« Si les aviateurs anglo-amé-
rica.ins avaient voulu, a déclaré
le Pape Pie XII, le monastère du
Mont-Oassin aurait pu être pré-
servé. La bonne volonté aurait
suffi ainsi que le respect à
l'égard non de ma personne,
mais du monde catholique ». On
sait que l'ambassadeur des Etats-
Unis près le Saint-Siège répondit
au secrétaire d'Etat Maglions
Qui avait dit ses regrets ds pa-
reille destruction « qu'à cela
ne tienne, les Etats-Unis s'inté-
resseront financièrement à la
reconstruction. » Réponse bien
américaine. Les Américains ont
chez eux de magnifiques gratte-
ciel. Mais les souvenirs histori-
ques, les précieux monuments
et les œuvres d'art qui évoquent
de longues traditions et un passé
intellectuel ou spirituel, n'aben-
dent pas chez eux, et pour cause.
Avec de l'or, ne peut-on pas se
permettre bien des fantaisies de
remplacement ? Les Américains
sonfriches, et si l'Etat français
n'avait pris, par des lois et règle-
ments, les mesures nécessaires
pour empêcher nos spécimens
d'art de sortir de France, sans
doute auraient-ils eux aussi de
nombreux souvenirs historiques,
les nôtres, en leur possession.
Des œuvres architecturales n'onc
elles pas été transportées, piem
à pierre, de chez nous en Amé-
rique, pour y être reconstitués ?
Il ne leur a pas suffi d'appré-
cier en Italie de telles beautés
pour les respecter. Et le Pape a
estimé qu'ils auraient pu les
apprécier d'autant plus, qu'au-
cun belligérant, affirme-t-il,
n'occupait le vieux couvent, Mgr
Grégorio Diamarc en a témoi-
gné. En dehors des moines, seuls
des réfugiés civils habitaient le
monastère qui une fois encore
servait d'asile. Et ceux-ci pour-
suit-il agitèrent en vain des
draps dès le commencement du
bombardement pour faire com-
prendre aux aviateurs l'horreur
inutile de ce criminel ravage.
C'est à l'emplacement du tem-
ple d'Apollon qu'au VI" siècle,
saint Benoît avait érigé le cou-
vent sur le sommet de la mon-
tagne. Il devait être à plusieurs
reprises l'objet des assauts des
barbares les Lombards l'avaient
pillé les Sarrasins l'avaient
brûlé; les Normands l'avaient sac-
cagé. On n'aurait pu croire que
des nations civilisées prolonge-
raient l'ère des attentats de la
barbarie. Qui sait si demain ne
verra pas la dévastation de
Saint-Pierre de Rome et du
Vatican ?. C'est là à peine un
point d'interrogation puisqu'en
réponse aux protestations qui se
sont élevées de toute part con-
tre cet attentat, le gouvernement
britannique a répondu non sans
cynisme, selon un télégramme
de presse suisse adresé à un
journal de Bâle, par ces paroles
textuelles « Le bombardement
du Mont-Cassin constitue un
prélude psychologique à l'atta-
que de Rome. » Sans doute, tra-
gique ironie, reconstruira-t-on
Rome, et toute l'Italie, avec l'or
des Américains et des Anglais
Ce n'est pas sans une satisfac-
tion pleine de fierté que Reuter
constate avec une inconscience
dont on perçoit la démesure
« La terre a tremblé lorsque des
bombes de gros calibre sont tom-
bées sur l'abbaye. »
Lors des agressions loin-
taines des hordes barbares,, les
religieux avaient pu sauver par
leurs copies les principales œu-
vres des auteurs grecs et latins.
Cette fois encore^ grâce aux
mesures de prudence qui avaient
été prises en raison d'une foi
incertaine en l'état d'esprit des
Anglo-Américains, 30.000 volu-
mes et 12.000 manuscrits ont pu
être transportés préventivement
a.u Vatican. Mais une multitude
d'oeuvres d'art a été anéantie
dans les ruines du monastère.
L'élite intellectuelle du monde
entier, même en Angleterre s'est
élevée avec émotion contre ce
massacre systématique d'un ad-
mirable « monument » du génie
spirituel de l'humanité'. L'an-'
La répression d u banditisme et du terrorisme
La milice lyonnaise met hors d'état de nuire
deux bandes de terroristes. Dix-sept bandits sont arrêtés
M. Darnand dirige lui-même la seconde opération
Lyon, 19 février. A la suite de
certaines révélations faites l>ar des
terroristes arrêtés, une oi>ération de
police a été décidée et conduite pur r
la milice française de Lyon. 11 s'a
Rissait de prendre au gîte, une dan
séreuse bando établie dans une mai
son de Yencia, petit yillatfe de 1»
campagne- lyonnaise.
A l'approche des forces du maitien
de l'ordre, vers 2 lioures du matin,
les bandits, alertés, ouvriront le feu
Un milicien fut tué ot un autre bles-
se. I
renfort et revint avec un détachement
de gardes mobiles. La maison fut-cer-
uée. Après -une violenté fu.-illa-ie «16
part et d'autre, les terroristes bisse-
ront, vers 8 heures du matin, le dra-
peau blanc et se rendirent. Ils étaient
LES ÉTUDIANTS
nés de 1914 à 1928 vont
être soumis à un recensement
Paris, 19 février. Le gouvernement
a décidé 1b recensement de tous les étu-
diants nés entre le 1»' Janvier 1914 et le
31 décembre 1938. I! aura Ucu entre le
27 février et le 11 mars. Les opérations
se feront -dau& le cadre de l'Académie,
après avoir été préparées dans le détail
par les directeurs départementaux de la
main-d'œuvre, sous le contrôle des direc-
teurs régionaux.
Le recensement se fpra
1* Dans chaque établissement d'ensei-
gnement public où privé.
2' Dans les centres spécialement choi-
sis et qui seront, en principe, le siège des
directions départementales.
Les centres de recensement fonctionne-
ront pour les étudiants qui, pour des rai-
sons diverses, ne pourraient être recen-
sés dans l'établissement où ils sont ins-
crits régulièrement. C'est le cas des étu-
diants accomplissant leur service du tra-
vail obligatoire, ,ou qui suivent les cours
d'une écolo par correspondance. Les dl-
Le recensement permettra aux étudiants
de sa prévaloir de la situation particu-
lière qui leur est faite en ce qui concerne
les sursis ou les conditions de reprise des
études pour ceux mil accomplissent leur
service du travail obligatoire.
Il a pour but également de donner au
Ministère de- l'Education nationale le mo-
yen de garantir aux étudiants Inscrits le
bénéfice de leur situation actuelle du
point do vue de la préparation des exa-
mens et concours. (O.F.I.-Havas).
M. Renaudin visite à Dijon
l'exposition de la Famille
Dijon, 19 février. M. Itenaudln.
comittissairo général à la famille, est
arrivé, hier .matin, à Dijon où, eo
compagnie de M. Gossct. délÔKué
régional h la Famille, 11 -a visité l'ex-
position installée tlans les locaux d»
la chambre de commerce.
tl a été reçu, à 15 heures, à l'hOtel
de ville, jpar M. Gasnc, préfet <1él$
gué de la Côte d'Or, et pur M. Mau
rice Bernard, maire de Dijon, qui
entouré de ses adjoints et
lisations sociales et familiales de la
ville et ses projets d'avenir.
Au coure d'une conférence tenu?
dans un cinéma de lft ville, le corn
missaire général à la Famille a ©xj
rlat. (O.F.I.-llavast.
Berlin dément la destruction d'un groupe de forces
allemandes encerclées à l'ouest de Tcherkassy
Berlin, 19 février! L'agence
p. N. U. communique
Le service d'information soviétique pu-
blie depuis quelque! jours déjà des infor-
mations relatives à la destruction d'un
groupe de forces allemandes encerclées
depuis assez longtemps à l'ouet de Tcher-
kassy.
La radio de Moscou a maintenant
public a ce sujet un communiqué officiel
assez long.
Le communiqué allemand de ce jour
annonce que le groupe de forces alleman-
des a été dégagé hier par des unités de
ctoc du Rcich.
Les forces soviétiques n'ont donc abso-
LIRE AUJOURD'HUI
Le bâtonnier Fourcade. Henry Bor-
deaux, do l'Académie française.
Sur l'empire français. Edouard de
Bettex.
L'actuaHté de Paul BmirgM, défensem
de la province,
métier. Maurico IUeor
cien archevêque de Canterbury
disait < L'Italie ne devrait pas
nous inspirer de l'intérêt, mais
aussi de l'amour. Elle est le
patrimoine du monde. » La
France, qui toujours marcha en
tête de la civilisation chrétienne
et latine prend part à ce deuil
qui atteint tous ceux qui savent
à quel point notre culture est
issue de ce pur et noble foyer.
1
huit, dont deux Italiens. Totu appar-
tenaient à. des partis exi.rémirtes d»
gauche.
Dans le repaire, un véritaMc arse-
nal a été découvert. La cave était
bourrée d'explosifs voisinant avec
5.UO0 litres d'essonce entreposés dans
des « tanks ̃ cinq tonnes de fro
raa«e de gruyère, *(W jwires de chaus-
sures et de bottes, etc. Il y avait, en
outre, un camion et trois voitures.
Après que le» prisonniers eurent été
transférés à Lyon, où un commissaire
de polic6 a procédé à l«ur interro-
gatoire, les gardes mobiles et les mi-
liciens ont été chaleureusement féli-
citai iiar M Durnantf. secrétaire gé-
néral au maintien de l'ordre, de l»as-
sa?c à Lyon
Ces arrestations devaient en-traîner
une nouvelle oiération non moins
fructueuse Dans l'après-midi, un
nouveau détachement de milicien*
était dirigé sur le village il'Ecully.
dans la batiHeue lyonnaise, où un
cano de terroristes était signalé.
M. josfpli Darnand a teju à «lii*-
se? lui môme l'opération.
r!
SUR LES DIVERS FRONTS
Les soviets renforcent leur pression près de Krivoï-Rog
GIGANTESQUE BATAILLE DANS LE SECTEUR DE VITEBSK
Grand auartier trônerai du Fuh-
rer, 19 février. Communiqué du
luiul commandement
Près de Krivoï-Rog, l'ennemi a renforcé
sa pression. Ses attaques, conduites pen-
dant toute la journée, ont été repoussées
au cours de combats durs et indécis et,
à différents endroits, des pénétrations
assez profondes ont été enrayées.
A l'Ouest de Tcherkassy, la liaison a
été réatlnie avec d'autres détachements
de la formation délivrée et ce, on dépit
d'un terrain difficile et de nombreuses
contre-attaque ennemie qui ont été repous-
sées.
Près d« Vitobsk, pendant la période
du 2 au 18 février 1844, nos troupes ont
VIOLENT! ATTAQUE DE LONDRES PAR LA LUFTWAFFE
La nuit dernière, de puissantes formations de la Luftwaffe ont, de nou-
veau, effectue une violente attaque contre Londres des bombe» explosives et
Incendiaires, lancées en masse, ont causé dans l'agglomération des dégâts et
des Incendies d'une grande étendue.
L'étreinte allemande se resserre autour d'Aprilia
DURS COMBATS DANS LA REGION DE CASSINO
Sur la tête de pont de Nettuno, les
combats acharnés continuent avec un
énorme déploiement d'artillerie et il a été
passible de reporter nos positions d'en-
cerclement Jusqu'à 4 kilomètres en avant
au sud d'Aprilia. Des contre-attaque»
ennemies, soutenues par des chars, ont
été reooussées avec de lourdes pertes
pour l'adversaire; des prisonniers et du
butin sont demeurés antre nos mains.
Près de Cassino, en remplacement des
Américains épuisés par le combat, l'en,
nejni a jeté dans la lutte des troupes
hindoues qui ce sont ruées pendant toute
la journée contre les hauteurs de Cassino.
Toutes les attaques ont été brisées par
le feu de notre artillerie. D'innombrables
morts gisent devant nos lignes.
Quelques pénétrations ont aussitôt été
lument pas réussi a réduire ce groupe
de forces allemandes.
Le communique soviétique publié au
moment même de la jonction des unités
allemandes caractérise les procédés men-
songers des services d'information sovié-
tiques.
UNE DÉCLARATION DE M, SUNDERMANN
Berlin, 19 février. Du correspon-
dant iHirticulier de 10. FI.
1.0 chef adjoint
Rcich, le Stabslciter Sumlermann, a
fait ce matin, tlcv.iut les correspon-
dants étrangers, uno déclaration au
auj«t du communiqué spécial soviéti-
que d'hier sur la bataille
jourd'hui.
te communiqué spécial soviétique, a
dit la chef adjoint
que les troupes allemaiulcs encerclées
dans la poehe dite de Kanev, à l'ouest
de Tcherkassy et d l'est de iachkov,
avalent réussi à rejoindre nos lignes
prineiiMilcs. Ce communiqué annonce
la destrticiion totale des dix divisions
allemandes qui se seraitnt trouvées en-
cerclées dinis ce secteur. Pourquoi le
haut commandement soviétique a-f-H
usé tfe ce procédé grotesque d un tiio.
ment oft le déoagirment (tes troupe*
allnnandes devait être parvenu d sa*
connaissance ? il y a deux explica-
tions possibles
1* L'épuisement progressif de la force
combaltive des troUpes soviétiques
V L'Importance de la question Ae la j
destruction des troupes allemandes en-
cerclées â Tctoemassy avah prise dans
1 La guerre des nerfs 1
-par Albert MOUSSET
Le mot est nouveau, la chose est ancienne. De temps immémorial
les combattants se sont ingéniés à agir, par persuasion ou intimi-
dation, sur le moral de l'arrière. On conte qu'Alexandre laissait,
dans les pays qu'il traversait, des étriers et des harnachements
d'une grandeur démesurée pour faire croire aux populations qu'il
régnait sur une race" do géants. Dans les siècles récents, c'est au
papier imprimé qu'a été confié le soin de « travailler l'esprit des
masses. Les gazetiers hollandais en usèrent contre Louis XIV, les
agents ^de Pitt Contre Napoléon.
Leur méthode ne variait guère elle consistait à donner une
publicité sans cesse renouvelée aux échecs ou aux symptômes
d'épuisement de l'adversaire. Mais cette action était d'ua médiocre
effet sur une opinion qui ne suivait que d'assez loin la fortune des
opérations. Les nouvelles circulaient si lentement qu'elles n'avaient
le plus souvent qu'un intérêt rétrospectif, trop dépassé, en tout cas,
peur provoquer "des réactions décisives. Un historien a pu dire que
jusqu'au dix-huitièmè siècle, les paysans établis à plus d'une lieue
d'une grande route n'entendaient de la guerre que l'écho des
déprédations dont les riverains étaient victimes.
Au surplus, la réceptivité des esprits était, en matière d'infor-
mation, bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui, où l'obsession
résisté, dans des combats acharnés, à
l'assaut de plus de 50 divisions d'infante.
rie et de nombreuses formations blindées
des Bolcheviks, remportant ainsi une nou-
velle grande victoire défensive dans la
deuiiemg bataille défensive à prc»£»t
terminée. L'ennomi a subi les pertes les
plus lourdes en hommes et en matéri:).
La Luftwaffe a soutenu des combats de-
fensifs avec de puissantes formation*
d'avions de bataille et de chasseurs.
102 avions ennemis ont été détruits en
combat aérien et par la D. C. A.
Entre les lacs llmen et Peipous, ainsi
que dans le s:cteur de Narva. hier
encore, de puissantes attaques de l'en-
nemi, soutenues par des chars et des
avions de bataille, ont été repoussées.
supprimées par des contre-attaaues. La
gare de Cassino a change plusieurs fois
de main et est demeurée définitivement
en notre possessions.
Au sud du golfe de Gaëta, un croiseur
ennemi a coulé, hier, à la suite d'une
explosion.
Torpillage d'un transport
de troupes américain
Washington, 19 février. Voici
le texte du communiijué du Dépar-
tement de la. Guerre
Le service de la a Sécurité militaire »
révèle qu'un navire allié a été coulé à
une date qui n'est pas précisée, dans les
eaux européennes. Le naufrage est dû à
l'action de l'ennemi durant la nuit. Les
parents des soldats manquants ont été
informés ».
Ce naufrage est le plus grand disastre
qui ait touché les forces américaines en
mer depuis le début de la* guerre. Au
moment du naufrage, la mer était agitée
et mille hommes sont portés manquants,
au nombre égal a pu être sauvé.
la propagande soviétique el anglo-
américaine
Hua quinze jours, < les bolcheviks
annonçaient, en effet, au moins trois
« Stalingrad un d jViftopol, un d
Louga et un a Kanev. Il ve fut pVus
question, peu de temps après des deux
premiers « Stalingrad » et le haut
commandement soviétique n'a pu ac-
cepter la disparition du troisième.
M. Sundermann a montré ensuite le
rolo que la bataille de Tcherkassy-
Kanov avait jouo dans Ca propagande-
angCo-araêricaine et cité les dépêches
de l'agence lïxcnansfo TelegrapU de-
puis le 3 février. 11 a conclu c
En quelques fours, les « alliés ont
lancé quatre Informations mensonae-
geres
A. L'Occupation de Casle-\gandolfo par
les troupes allemandes, démentie par
le Vatican B. La demande d'armis-
tice d'unité allemandes dans l'Italie du
sud pour l'enterrement des soldats
tombés C. L'occupation du mont Cas-
stn par des troupes allemandes D. Le
communiqué spécial de Moscou annon-
çant une victoire stratégique soviétique
d Tcherltassy.
Les constatations que j'ai faites id
trouveront leur confirmation dans les
exploits futurs des vrais vainqueurs
de TcherUassii eux-mtmes. qui conti-
nueront l-nr '»»̃» h-
i
de savoir et de savoir vite est de-
venue une sorte de frénésie. On ne
se précipitait pas sur les nouvelles.
On les attendait avec patience
on les accueillait avec calme.
Quand la mort de Napoléon par-
vint à Paris, le « Journal des Dé-
bats » publia un « filet » d'une di-
zaine de lignes annonçant sèche-
ment l'événement d'après le
« Courrier de Londres ». Il n'en
parla ni le lendemain, ni le surlen-
demain. Mais il publia, quelques
jours plus tard, une page posthu-
me de Madame de Stael sur l'Em-
pereur. Et ce fut tout. De nos
jours, les journaux auraient bou-
leversé leur mise en page et com-
posé, à la diable, une série de no-
tes biographiques, échos, souve-"
nirs, anecdotes, entremêlés de por-
traits représentant le défunt de-
puis sa première communion jus-
qu'à son exil.
Cette évolution de la curiosité
publique a été précipitée par les
progrès de la technique qui, à l'in-
fluence du papier imprimé, a ajou-
té celles des ondes et des images.
La radio et le cinéma représentent
une- intrusion brutale et oontinue
de la guerre dans la vie quotidien-
ne de l'arrière. Ce déferlement in-
cessant de sons et d'images main-
tient les nerfs à un degré de ten-
sion inouï. C'est là un aspect non
moins révolutionnaire de la guerre
que le cuirassé de l'air, les mines
magnétiques ou le tube lance-
brouillard. On pourrait composer,
tous les jours, un robuste in-quarto
avec les communiqués, articles,
massages, slogans que les ondes
déversent sur une foule anonyme
d'auditeurs éloignés du théâtre des
opérations. Un étonnant synchro-
nisme du progrès scientifique veut
qu'au moment où la guerre prend
les formes les plus inhumaines,
nous en puissions suivre visuelle-
ment et auditivement toutes les
péripéties. C'est l'assaut le plus
généralisé qui ait jamais été livré
à l'émotivité humaine.
On est tenté de croire que cette
émotivité, affinée, éduquée par des
siècles de civilisation et de bien-
être, a perdu sa force originelle de
résistance. Il n'en eat rien. La
guerre nous prouve, au contraire,
que l'homme du vingtième siècle
supporte stoïquement des épreuves
physiques devant lesquelles l'hom-
me quaternaire eût fui épouvanté.
Or, ce qui est vrai du champ de
bataille, ne l'est pas moins de l'ar-
rière. L'intelligence de nos com-
temporains subit un pilonnage qui
eût mené leurs ancêtres à la folie
ou au désespoir. Elle en est arrivé
à un point où, lorsque les ondes
ou le journal du matin ne lui ap-
portent pas de « sensation », elle
se tient pour déçue ou frustrée.
C'qst là un phénomène qui aura,
sur les générations grandissantes,
des répercussions psychologiques
incalculables on peut se deman-
der si le plan mental de l'humanité
ne se transforme pas sous nos
yeux.
Le malheur reste que le cerveau
de l'homme n'a pas évolué au
rythme du progrès mécanique. II
devient le carrefour où s'accurrm-'
lent et se heurtent les contra-" •-
tions d'un monde en foiie: Ce n'est
plus une cellule, pensante, rr- «
une volière. Le sens c '̃•-̃̃ <
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