Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-04-18
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Description : 18 avril 1878 18 avril 1878
Description : 1878/04/18. 1878/04/18.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
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ON S'ABONNE
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Un an. Six mois. Trois m<~t.
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Les abonaernens partent des t"
chaque mois.
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m ~MtBapçrs cCIce, t7, Gresham street, G. P. 0.;
MSa. BcMzy, M&wteo et C', ~FiDch )&he CoruMU,
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P$L!T!(HJES ET UTTËMIRES
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dans le Luxembourg, en TurquiCt
régences du Maroc et de I& Tunisie,
en Chine et au Japon, t
tu moyen d'une Tateur payable à Paris ou da 1
Xnmdats-poste, soit internationaux, soit francaM,
~n Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
H > chez tous les directeurs de postes; v
et dans tous les autres pays,
~renvoi d'une valeur payable ttt'~
j t~tMtBonces MntKcaM
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taMdelTent touiouTsatreagrééespar redM~N<
i'' P~MS
MERCREDÏ 1 ? AVRtL
La 6'a'~pondant à notre Bulletin d'avant-hier, re-
proche à la. presse et à l'opinion publique
françaises d'incliner de plus en plus du cOté
de l'Angleterre. Certainement, si l'Angle-
terre persistait à poursuivre dans la ques-
tion d'Orient un intérêt séparé ou si elle
cédait aux suggestions de ceux qui l'ont si
souvent encouragée à prendre sa part de
la Turquie en iaisant main basse sur l'E-
gypte, sur la Crète, sur une île quelcon-
que de l'archipel, nous comprendrions que
l'adhéfion presque unanime de la presse
française à la politique britannique pro-
voquât des soupçons et donnât naissance
à des suppositions contre lesquelles nous
aurions besoin de nous défendre. Mais
comment et depuis quand l'immense ma-
jorité des journaux français se sont-ils
prononcés avec éclat en faveur de 1*AB*-
gleterre ? Tout le monde le sait. Nous
avons critiqué non sans sévérité la poli-
tique anglaise, tant que les ministres
d'outre-Manche ont semblé vouloir ré-
duire le rôle de leur pays à la défense de
ses intérêts égoïstes. Mais un jour est
venu où l'Angleterre, qui nous avait
donné depuis longtemps l'assurance qu'elle
ne s'emparerait d'aucune des dépouilles
de l'empire ottoman, a pris en main le
drapeau européen et s'est placée avec
une admirable résolution sur le terrain
des intérêts généraux. Ce jour-là, nous
avons applaudi de toutes nos forces, car
nous étions heureux de saluer le réveil
d'une politique qui n'était pas purejnent
anglaise, qui était aussi bien ita-
lienne, autrichienne, allemande, qui
était en un mot la vieille politique de
l'Europe, la politique du droit et de
l'équilibre si longtemps sacrifiée à la
politique du hasard et de la force. Et
nous nous sommes d'autant moins gênés
pour exprimer notre approbation, que
personne ne pouvait nous prêter des ar-
rière-pensées, ni se tromper sur la na-
ture toute platonique de nos, sentimens.
L'Angleterre ne nous demande rien, ne
nous propose rien, et nous n'attendons
rien d'elle. Nous la croyons assez forte
pour faire triompher seule la cause, dont
elle a pris la défense. Nous ne lui appor-
tons qu'une chose le concours d'une
adhésion morale qui est d'autant plus
énergique qu'elle est plus désintéressée.
Sommes-nous seuls, d'ailleurs, à féliciter
l'Angleterre de la position qu'elle a prise
et qu'elle garde avec une-généreuse har-
diesse ? Que la (~.M~ ~M~M!~M6 ~M
A~ jette les yeux sur le reste de l'Eu-
rope, elle trouvera partout une opinion
publique favorable à l'Angleterre. Pendant
deux ans l'Italie a penché presque ouver-
tement du cOté de la Russie. Qu'on relise
les débats qui viennent d'avoir lieu à la
Chambre des Députés dé Rome, et: l'on
verra si un revirement profond ne s'est
pas produit dans l'esprit mobile mais sin-
gulièrement fin de cette jeune nation. Et
l'Autriche? Que de fois n'avons-nous pas
eu a signaler les sarcasmes dont la presse
officieuse de Vienne accablait l'Angle-
terre, l'égoïste Angleterre, qui ne son-
geait qu'à ses intérêts particuliers et qui
s'imaginait naïvement que les autres puis-
sances auraient la folie d'exposer les os
de leurs soldats pour la défense de ces inté-
rêts' En s'exprimant ainsi, la presse offi-
cieuse de Vienne oubliait que l'Evangile
conseille de ne pas chercher une paille dans
l'œil de son voisin lorsqu'on a une pou-
tre dans le sien. Jusqu'à, ce moment en
efTet, on n'avait également jamais parlé
en Autriche que des intérêts directs et
particuliers. Mais le revirement de l'.An-
gleterre a produit à Vienne une impression
'magique. Nous lisons tous les jours dans
'Ia\P~)"~6 et dans le .F?'6M~ticles sur la politique anglaise, dont l'en-
thousiasme tout récent tranche singuliè-
rement auprès du dédain d'autrefois. Aux
yeux des Autrichiens comme aux nôtres,
l'Angleterre est devenue le champion du
droit et de l'équilibre, et son exemple est
une leçon pour. toutes les autres puissan-
ces. Et* cette opinion, si paradoxale qu'elle
puisse pa.raît.& à la G'~M A~, n'est pas seulement répandue en
Italie, en Autriche, en France; elle a
gagné l'Allemagne elle-même. Nous la
retrouvons journellement dans les polé-
miques de la presse allemande. L'idée que
la cause de l'Angleterre est aujourd'hui la
cause de l'Europe a fait tellement de che-
ïnin qu'un journal comme la .Po~ n'a pas
hésité & la partager et a la. soutenir.
Quel était donc notre dessein lorsque
nous nous sommes adressés à l'Allemagne
dans le Bulletin auquel la ~M~M du 2Vo~ a répondu? Ce n'était
p.M, à coup sûr, comme on l'a cru à
Berlin en recevant par le télégraphe un
résumé fort incomplet de notre article,
d'engager l'Allemagne & reprendre le rôle
de K courtier honnête s, de s médiateur
bénévole que la G'<~ JVc?'~ trouve avec raison « fort embar-
rassant. B Nous nous étions, au contraire,
appliqués à démontrer que'Ie~ courtage H
et ta « médiation ne sufSraient plu~.
Dans la position que l'Angleterre a prise,
il n'est pas possible de songer à des con-
cessions réciproques amenant nous ne
savons quel compromis qui aurait t'appa-
reuced'un accord. L'Angleterre ne peut
E r
rien céder, parce que le différend entre
elle et la Russie porte sur un priapiM; d'in-
térêt supérieur, principe qui a\~6ë~
fois proclamé par toutes les puissances""
sans en excepter- la Russie. Elle occupe
un terrain où tout le monde l'a suivie ou-
vertement ou tacitement, et dont on peut j
être sûr qu'on ne la décidera pas à sortir.
Aussi, lorsque nous adressons un appel à 'II
l'Allemagne, ce n'est pas pour l'inviter à
travailler à une solution boiteuse qui aurait
troppeu~echancesde succès, c'est pour lui
dire: Voulez-vous être avec l'Europe ou
faire bande à part avec la Russie ? Il ne
manque qu'une chose à la reconstitution
de l'Europe: l'adhésion de l'Allemagne.
Nous pensons qu'il serait plus digne d'un
grand empire si justement fier de sa force
et, de sa gloire d'affermir par sa présence
le concert européen que de perpétuer les
divisions et le malaise dont nous souffrons
depuis trop longtemps en s'isolant avec
la Russie.
La conduite que nM~recommamdbns à
l'Allemagne est-elle contraire aux vues
personnelles de M. de Bismarck? Nous ne
saurions le croire. N'est-ce pas M. de
Bismarck qui a prédit en quelque sorte la
transformation européenne à laquelle nous
assistons lorsqu'il a dit, le 5 décembre 187 6
« Si l'on pouvait prouver que la Russie
N songe a. des conquêtes personnelles, la
c politique tout entière de l'Europe se
x) modifierait et prendrait une face nou-
n velle ? D N'est-ce pas lui qui, prenant de
nouveau la parole au Reichstag le 9 fé-
vrier dernier, proclamait le principe de
la politique anglaise et disait K Tout
? changement apporté au traité de 1856
x) exigera la sanction des puissances si-
o gnataires? H N'est-ce pas lui en6n qui,
passant le même jour en revue, non les
articles du traité de San-Stefano qui n'exi-
stait pas encore, mais les conditions russes
de3~ préliminaires de paix, affirmait qu'une
seule de ces conditions, celle qui était
relative à, l'indemnité de guerre, formait
une question à régler séparément entre la
Russie et la Turquie? Encore convient-il
d'ajouter que lorsque M. de Bismarck
faisait ainsi une réserve en faveur de
l'indemnité, il n'en connaissait pas le
montant et ne pouvait savoir que la
Russie, en exigeant plus d'un milliard
d'un gouvernement aussi profondément
ruiné que la Porte, condamnerait en
réalité ce gouvernement à une perpé-
tuelle servitude. M. de Bismarck, qui a
étudié à Gœttingue, n'ignore certaine-
ment pas l'axiome de Hegel « La
quantité peut modifier complétement la
qualité des choses. »
Si l'Allemagne, se conformant aux doc-
trines professées dans ces circonstances
solennelles par le plus grand de ses
hommes d'Etat, se rangeait aujour-
d'hui du côté de l'Europe, on peut
être sûr que la paix serait faite de-
main. La Russie céderait sans humilia.-
tion, sans déshonneur, voire même
sans dommage sérieux pour elle, à la
voix de toutes les puissances réunies. Les
calamités qui nous menacent seraient
écartées, ou du moins ajournées pour
longtemps. Dans le cas contraire, la
guerre est presque certaine. Diverses dé-
pêches annoncent que M. de Bismarck,
sacrifiant tout au maintien de l'alliance
illusoire des trois empires, cherche de
plus en plus a rapprocher l'Autriche de la
Russie, de manière à laisser l'Angleterre
seule en face de cette dernière. « Si le
M prince de Bismarck travaUle à une en-
'} tente séparée entre Vienne et Saint-
M Fétersbourg, dit T~ il ne travaille
H pas à la paix.n Zg j~~ a raison.
L'Angleterre ne reculera pas devant l'iso-
lement qu'on essaie de lui préparer. Elle
combat, non seulement pour gon prestige,
mais pour son existence comme grande
puissance. Rapprocher à son détriment
l'Autriche de la Russie serait, le moyen
de rendre la guerre inévitable. M. de Bis-
marck souhaiterait-il un pareil résultat?
Plus nous y réfléchissons, plus il nous
semble qu'à moins de désirer la guerre,
l'Allemagne n'a aucun motif pour refuser
de se joindre au reste de l'Europe. M. de
Bismarck a répété bien des fois Notre
amitié pour la. Russie est telle, qu'elle ne
nous permet même pas de lui donner un
conseil! Singulière amitié qui, contraire-
ment à la règle ordinaire, ne saurait
s'exercer utilement sans risquer de se
rompre. On reconnaît les vrais amis à la
sagesse de leurs avis, non a la faiblesse
de leurs complaisances. C'est pour cela
que nous demandons a l'Allemagne, non
d'offrir a la Russie le service d'une mé-
diation inuti'e, mais de lui donner un
conseil dont l'efficacité ssrait irrésis-
tible. En agissant ainsi, nous n'avons
pas seulement en vue le maintien im-
médiat de la paix. Pour répondre avec
une franchise entière à la 6's~c~c de
r~f~MS~Mc <~ ./Vque nous avons considéré, dès l'origine,
la question d'Orient comme un terrain
sur lequel la France et l'Allemagne pou-
vaient arriver à une entente qui mettrait
fin à ce « fâcheux système de suspi-
cion M que le journal atlemand se ré-
jouit de voir disparaître. Pendant deux
ans nous avons combattu sans cesse
la politique de M. Decazes, parce
qu'elle rendait ce rapprochement diplo-
matique impossible, en laissant croire à
l'Allemagne que nous voulions profiter da
la question d'Orient pour nouer des al-
r!
J
li~jBS. Jamais, pour notre compte, nous
,n'a~ns nourri de projets aussi maladroi-
t~~nt égoïstes. Dès l'ouverture de la crise
orientale, nous avons défendu la politique
qui semble triompher auj ourd'hui. « Soyons
européens » avait dit M. Thiers. Nous
avons tâché de l'être, afin de montrer
à l'Allemagne comme à tout le monde
que nous n'étions pas capables de nous
enfermer, comme tant d'autres, dans nos
regrets et dans nos rancunes, et de sa-
crifier le droit, l'équilibre, l'avenir de l'Eu-
rope à l'espoir trompeur de faire triom-
pher nos intérêts particuliers.
BOMtSB DE PARM
MStM~e t<16 t<17 ZtMtM.BtttBM
Comptant. 71 98 72 39 40
Fimcour.72. 72321,2 ,32t.
.ât/we/e.
Comptante .i02SO.M.
<0/W
Comptante 10 109 45 .3S.
FincoM.1089:M.2l09M.471/Ï .7.
av.,mnv nnnnav ~nn ema'
EmpruntBO/0. 109fr.3K.30, 48.
Fgypttennes60/0.. i47fr.SO.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
«Vienne, le 17 avril, soir.
B Le résultat des dernières démarches ten-
tées à Londres par la diplomatie autrichienne
est encore inconnu, mais on espère ici que
t les efforts combinés de l'Allemagne et de
l'Autriche pour amener la réunion d'un Con-
grès seront couronnés de succès. Dans ce
cas, le Congrès sera précédé de conférences
préliminaires ayant pour but d'arrêter l'or-
dre de discussion des différentes questions.
s Lo~ commandans militaires de la Dalma-
tie et de la Croatie ont reçu l'ordre d'exhor-
ter les réfugiés à se rapatrier. Le gouverne-
ment est décidé à eNectuer au besoin ce ra-
patriementsousia protection de forcés mili-
taires.
B Dans les territoires récemment occupés
par le Monténégro, l'anarchie est àsoncom-
b!e les populations musulmanes et catho!i-
ques s'enfuient. A Antivari, d'importantes
manifestations ne cessent de se produire en
faveur d'une annexion à l'Autriche, e
MMarMpMe pftvéet
{Service télégraphique de l'agence Havas.)
Vienne. len'avril.
11 est parfaitement exact que l'objet, principal
de la démarche du comte Zichy auprès de la
Porte est la question du rapatriement des fugitifs
do Bosnie et d'Herzégovme. En présence de
l'impossibilité pour la Turquie de garantir la
sécurité de ces fugitifs, dont le rapatriement est
cependant nécessaire, il ne serait pas impossible
que le cabinet de Vienne proposât l'occupation
momentanée par l'Autriche delà Bosnie et Tte
l'Herzégovine.
Saint-Pétersbourg, le 17 avril.
A propos du récent article du ./oD~a~, dans lequel la feuille parisienne fait un
appel pressant au cabinet de Berlin en vue d'une
médiaLion, le .ToMMM~ de ~M~-Fe~M~OM)'~ dit
que l'impatience n'est pas du devoir du média-
teur: qu'en tout cas. il est douteux qu'une telle
excitation puisse réussir, surtout venant de
Paris.
Vienne.-le 16 avril.
Des avis reçus de Bucharest portent que les
dispositions prises par les troupes russes autour
t de cette ville leur permettent de l'occuper au
premier signal.
.Les sujets autrichiens soumis au service mili-
taire, résidant en Roumanie, ont été rappelés.
'Les autorités de Galatz ont été prévenues que
plusieurs milliers de Russes y prendront proohai-
nement garnison.
On assure que si les Roumains ont évacué
Widdin, qu'ils détenaient comme une garantie
de l'indemnité de guerre, la cause en est dans les
informations de l'agent roumain à Vienne, au
dire duquel le comte Andrassy aurait exprimé le
désir de voir cesser l'occupation de Widdin par~
les Roumains.
Or, des inlormations provenant de Vienne etre
eues à Bucharest portent que le comte Andrassy
a affirmé d'une manière catégorique à M. Bra-
tianô qu'il n'avait .jamais exprimé un pareil désir.
Le gouvernement roumain a refusé l'oHre faite
par la Russie d'entamer des pourparlers avec un
envoyé russe aiin de conclure un arrangetnent
destiné à assurer à la Russie pendant deux ans
ses communications a. travers la Roumanie.
On croit la retraite de M. Cogalniceano inévi-
table après le retour de M. Bratiano.
L'opposition faite à la politique de M. Cogal-
niceano s'accentue tous les jours dans le Parle-
ment.
Vienne, te 17 avril.
iOn télégraphie de Constantinople, le 16, à la
C
qui est maintenant apaisée, provenait d'un dés-
accord survenu dans le conseil des ministres de
Turquie au sujet de l'attitude que cette puis-
sance devra prendre si la guerre éclate entre
l'Angleterre et la Russie. La plupart des minis-
tres turcs s'étaient prononcés pour la neutra-
lité le premier ministre, Vefik Pacha, avait au
contraire émis l'opinion que la Turquie devait
conclure une alliance avec l'Angleterre et agir de
coocert avec cette puissance. Se voyant isolé,
Vëfik Pacha avait donné sa démission, mais il
l'a retirée par suite d'un compromis Après
plusieurs tentatives faites en vain pour engager
un membre du cabinet actuel ou du cabinet
précédent à se charger de la présidence du con-
scil, Vetik Pacha s'est rallié à. la politique
de neutralité des autres ministres, politique
que )a Porte sera peut-être en état de suivre
d'abord, mais qu'elle ne pourra observer long-
temps si la guerre éclate réellement entre la
Russie et l'Angleterre, s
Vienne, le 17 avri!.
Contrairement aux assertions du Times, il est
positif qu'on n'a pas reçu ici de réponse formelle
du cabinet de Saint-Pétersbourg aux observa-
tions et aux objections du cabinet de Vieane re-
lativement au traité de San-Stefano; toutefois,
M. de Novikoff est entré en pourparlers avec le
comte Andrassy à ce sujet, et il est probable que
la réponse du cabinet de Saint-Pétersbourg dé-
pendra du résultat de ces pourparlers. 1
L L'assertion du 7':mM, relative a une réponse
du cabinet de Vienne à la circulaire Salisbury,
est exacte. Dans cette pièce, l'Autriche insiste
sur la nécessité du Congrès.
Berlin,Ien avril.
La Con'MM/M~MM~ ~opMCM~, parlant de la
situation politique de l'Europe, s'exprime ainsi
<: La situation ne s'est pas encore modifiée sen~
siblement, bien que la forte tension qui a régné
jusqu'à présent semble faire place à des disposi-
tions p~us pacifiques. »
Constantinople, le 16 avri), soir.
Les Russes continuent leurs mouvemens aux
aIentouM de Constantinople.
Le prince Hassan et le ministre de la marine
égyptienne sont partis dans la soirée pourAtexan-
dne. Toutes les troupes égyptiennes sont défini-
tivement parties.
Les Turcs n'ont pas évacué entièrement
Choumia, Varna et Batôum. Les Russes insis-
tent pour que l'évacuation ait lieu immédiate-
ment.
L'amiral Ahmet Pacha est parti pour prendre
le commandement de l'escadre en Thessalie, en
remplacement d'Hobart Pacha.
Les Turcs paraissent de plus en plus incliner
vers l'Angleterre. Ils sont décidés à maintenir
leurs positions autour de Constantinople et de
GaliipoIL Constantinople, le n avril.
Le Sultan a invité aujourd'hui à diner l'am-
bassadeur d'Autriche qui part demain en congé
pour Vienne.
Les journaux assurent que l'Autriche a de-
mandé l'occupation amicale de la Bosnie et de
l'Herzégovine mais l'ambassade d'Autriche dé-
ment cette nouvelle.
Les Russes donnent un délai de huit jours
pour l'évacuation de Choumla, de Varna et de
Batoum.
Mehemed-Ruchdi est nommé ministre sans
portefeuille. Il est considéré comme un ami d'Ah-
met-Veuk et un partisan de l'Angleterre.
Bucharest, le 17 avril.
La protestation contre le traité de San-Stefano,
envoyée à Saint-Pétersbourg par le gouverne-
ment roumain, était conçue en d'autres termes
que la Note adressée aux agens roumains à l'é-
tranger, et qui a été publiée.
Cronstadt, le 16 avril.
Les Russes transportent à Odessa et à Sébas-
topol leur gros matériel d'artillerie de position.
Ils mettent le pont de Barboche en état de dé
fense ils y ont transporté les fortes batteries de
gros calibres qu'ils avaient établies à Slobovic, et
qui leur ont servi contre Roustehouk.
Cronstadt, le 16 avril.
L'armée roumaine accentue sa concentration
vers Turn-Severin et dans les montagnes vers
Tirgoviste.
Le bruit court que le prince Charles quitterait
prochainement Bucharest et qu'il irait dans son
château d~ Sinaï, situé, dans les Karpathes, à
proximité du lieu de concentration de l'armée
roumaine.
Les Russes auraient arrêté hier, en gare de
Bueharest, un train de munitions roumaines qui
allait partir pour SIatina.
Des rixes ont éclaté dans plusieurs villes entre
des officiers ou soldats russes et roumains.
Cronstadt,lel6avril.
Les Russes continuent leurs mouvemens en
Roumanie et activent leurs préparatifs; ils ont
renouvelé certains contrats de transports et
d'approvisionnemens jusqu'au mois de juil-
let. Les forces du général Zimmermann, ve-
nant de la Dobrutscha, renforcent les troupes
qui occupent déjà le camp de Tourceni, établi
sur le plateau qui domine le chemin de fer entre
Tekùtch et Fdkchani, et qui, par sa position straté-
gique au sud de la Moldavie et par sa situation
centrale entre la frontière russe et la frontière
autrichienne, est la clef des communications par
terre entre la Valachie et la Russie.
Les Rjsseh construisent des baraquemens, des
fossés et des retrancbemens, et font transporter
de nombreuses provisions de bouche et des mu-
nitions considérables ils se préparent en outre à
occuper le col d'Oltuz, principrd passage des Kar-
pathes entre les frontières austro-moldaves, le
seul qui soit rapproché du camp de Tourceni, et
par lequel ii serait possible de le menacer.
Galatz,lel6avril.
Des personnes arrivant de Sulina assurent
d'une manière positive que beaucoup de navires
chargés de pierres stationnent à Sutina. atln
d'être prêts a toute éventualité pour barrer
de nouveau et promptement les bouches du Da-
nube.
La direction du chemin de fer a annoncé qu'elle
ne garantissait plus le service des voyageurs ni
celui des marchandises sur la ligne de Galatz à
Bucharest, par suite de~ transports de troupes et
des travaux faits au pont de Barboche.
Le bruit court avec persistance que les mili-
ciens roumains, et notamment ceux du district
de Calarasi qui avaient obtenu la permission de
rentrer dans lems foyers, sont rappelés et dirigés
sur leurs corps respectifs, lesquels sont concentrés
dans la Petite-Valachie et dans les Karpathes.
Les troupes du corps de Zimmermann conti-
nuent de repasser le Danube, se dirigeant sur le
camp de Tourceni.
Londres, le 17 avril.
L'Amirauté a expédié hier à Malte 40 embar-
cations à vapeur destinées à protéger les cuiras-
séscontrelestorpities.
Le .~OMl'ordre d'aller renforcer la flotte de la Méditer-
ranée.
Le ~M!M publie les dépêches suivantes:
Berlin, le 16. Les progrès de la médiation
étant très lent: le prince de Bismarck a recom-
mencé les négociations avec chaque puissance.
L'Autriche et l'Angleterre. dans lenr réponse, se
sont déclarées prêtes à traiter, mais elles ont re-
fusé de conclure un règlement définitif sans Con-
grès.
Widdin, le 16. Un ukase impérial ordonne le
prompt établissement de la nouvelle organisation
delaBulgarie.
L'assemblée des notables de la province se
réunira pour l'élection d'un prince le 15 juin, si
ce!a est possible.
Le D~/y ?M<devienne:
Bismarck s'efforce. avant la discussion qui doit
avoir lieu en vue de la paix. d'obtenir le retrait
des troupes russes qui se trouvent dans les en-
virons de Constantinople, et celui de la flotte an-
giaise de la mer de Marmara. »
Le Times, commentant ce matin la situation,
exprime l'espoir que, pendant l'absence du Par-
lement, le sentiment général de l'Europe s'eSbr-
cera de faire consentir la Russie à l'abandon
d'une position insoutenable.
Ca!cutta, le 16 avril.
Le gouvernement indien a reçu l'ordre d'en-
voyer des forces a Malte. Il a choisi les troupes
suivantes:
Deux régimens de cavalerie d'Europe `
Deuxrégimensd'infanteried'Earope;
Deux régimens de cavalerie de Ghoorka;
Deux régimens d'infanterie indigène
Deux batteries d'artiilerie de campagne
Quatre compagnies de sapeurs et de mineurs,
Deux officiers se sont rendus à Malte pour pré-
parer la réception de ces troupes.
Athènes, le 17 avril.
M. Savouroff partira. dans la soirée pour Con- t
stantinople, où il doit avoir une entrevue avec le <
grand-duc Nicolas. Son absence durera deux se- t
maines.
Le comte Dubsky a. donné hier, dans les sa- ]
Ions de la légation autrichienne, une soirée a ia- ]
quelle assistaient tout le corps diplomatique et ]
1 élite de la société athénienne.
M. Merlin, consul angtais à Athènes, aocom- ]
pagné de M. Macetas, délégué du comité de la
défense nationale, sont arrivés a Volo pour ré-
gler les conditions de la suspension des hostilités
en Epire et en Thessalie.
Les cuirassés çaiae .F~e sont arrivés au Pirée. J
L'attitude que l'Angleterre à prise de-
puis quelque temps, et où elle persévère
avec autant de sagesse que de fermeté, a
eu pour effet de replacer tout à coup la
question d'Orient sur son véritable ter-
rain, celui du droit public européen, tel
qu'il résulte des traités de18S6 et de 1871.
Les puissances intéressées dans ce grand
conflit ont été ainst tirées d'une position
extrêmement embarrassée, et chacune
d'elles s'est trouvée aussitôt plus libre
dans ses allures mais aucune n'a
ressenti plus vivement que l'Autriche le
contre-coup de ce revirement, ou, pour
mieux, dire, de cette affirmation catégo-
rique de la politique anglaise, jusque-là
flottante et indécise. Le Journal des Dé-
bats a suivi avec un soin minutieux
toutes les phases par lesquelles a. pas-~
la politique autrichienne, depuis la fa-
meuse Note du comte Andrassy en date
du 30 décembre 1875 5 jusqu'à la dernière
proposition relative à la réunion d'une
Conférence à Berlin; il a signalé, pour
ainsi dire pas à pas, toutes les hésita-
tions du cabinet de Vienne; aussi notre
intention n'est-elle point de recommencer
ici cet Tiistorique déjà bien long; ce que
nous voulons surtout faire ressortir, c'est
que la circulaire de lord Salisbury, cet
éclatant témoignage des résolutions vigou-
reuses du gouvernement britannique, a
replacé l'Autriche dans des conditions
plus normales et lui a permis de revenir
à sa politique traditionnelle avec plus de
chances de la faire triompher qu'elle
n'en avait eu à l'époque des crises
antérieures par lesquelles la question
d'Orient l'a déjà fait passer. C'est pour la
troisième fois dans. l'espace de cinquante
ans environ que le cabinet de Vienne est `
appelé à défendre contre les empiétemens
de la Russie les intérêts vitaux de l'Au-
triche. Ces intérêts, comme nous allons le
montrer pa~ un. court aperçu historique,
ont toujours été compris de la même ma-
nière par les grands hommes d'Etat de cette
monarchie, et c'est enles interprétant dans
le même sens, en les défendant avec la
même énergie, que le comte Andrassy
pourra mériter d'être mis au rang de ses
illustres prédécesseurs. La première foig
que l'Autriche est entrée en conflit av~c
la Russie, au sujet du règlement des af-
taires orientales, sa politique extérieure
était dirigée par M. de Metternich. Pen-
dant huit ans, de 1821 à 1829, cet habile
diplomate a. lutté, presque toujours seul,
contre les prétentions du cabinet de Saint-
Pétersbourg. Ce n'est pas ici le lieu de ra-
conter les détails de cette lutte diploma-
tique. Il nous semble néanmoins utile de
rappeler les principaux caractères du sys-
tème adopté par lechancelierimpériaIdJAu-
triche. Il reposait sur trois principes qui ont
servi longtemps de base à toute la politi-
que occidentale 1° octroi des libertés et
privilèges aux chrétiens d'Orient par la
volonté spontanée de la Porte 2° main-
tien de l'intégrité de l'empire ottoman,
sous la garantie des cinq puissances (l'Ita-
lie n'y a été ajoutée qu'en 1856) 3° mé-
diation et intervention conciliatrice des °,
quatre puissances (France, Prusse,'An-i
gleterre, Autriche) dans les guerres~
entre la Russie et la Turquie. De
1821 à 1826, M. de Metternich déploya
ta plus grande activité pour faire pré-
valoir la première de ces règles mais
son isolement l'obligea enfin d'y re-
noncer, l'empereur Alexandre n'ayant ja-
mais voulu consentir à abandonnerlepro-
tectorat qu'il entendait exercer sur les
chrétiens d'Orient (il s'agissait alors
des Grecs ). Pour atténuer l'eSet de
cet échec, le chancelier autrichien
se retourna vers son second principe,.
celui de la garantie collective des cinq
puissances pour le maintien du ~<~M
~ alors le chef tout-puissant du cabinet
de Saint-Pétersbourg, refusa, de la
manière la plus absolue, de rien céder
sur ce point. Dans une dépêche ~?
~~Më adressée au prince de Lieven
ambassadeur de Russie à~ Londres il
s'exprimait ainsi « C'est un ancien et
invariable principe de notre politique de
ne pas laisser s'établir entre nous et les
Turcscette espèced'intervention des cours
étrangères, qui justifierait une garantie
semblable, intervention qui ne manque-
rait pas de s'exercer dès lors au moindre
différend entre le cabinet de Saint-Pé-
tersbourg et la Porte. Par suite de notre
position géographique vers le Midi, et de
celle du Bosphore, qui en est la clef, une
influence prépondérante à Constantinople
forme un de nos premiers besoins
nous la réclamons, et nous saurons
la maintenir, » Par cette réponse, M. de
Nesseirode détruisait également par la
base le troisième principe de la politi-
que du chancelier, son rival, principe in-
Limement lié au précédent. Aussi, lors-
qu'à la fin de la campagne de 1828, M. de
Metternich proposa aux cabinets de Lon-
Ires, de Berlin et dé Paris, de se concerter
sn vue de rétablir la paix entre la Turquie
:t la Russie, l'irritation de cette der-
oière puissance ne connut plus de bor-
nes. « Dans aucune hypothèse, écrivait
M. de Nesseirode, un pareil projet ne sau-
rait être admis. » Il est impossible de se
['aire une idée de la violence de langage
~.vec laquelle les diplomates russes atta-
~aient alors la politique autrichienne.
~ous n'en citerons qu'un exemple, em-
t
prunté & une dépêche de M. Pozzo d
Borgo « L'Autriche, écrivait-i!, est, seIon moi, l'auteur principal de la situatiOK
critique où se trouve maintenant la quesi
tion qui nous occupe. Pendant quatre;
ans, le prince de Metternich paralysa et
déjoua les plus nobles sentimens, sana
égard ni à la délicatesse de la position
de la Russie, ni à ses intérêts, abusant
constamment de la conuance qui lui
était accordée, et ne faisant jamais
une promesse que pour y manquer.
Notre politique nous commande donc de
nous montrer à l'Autriche sous un aspect
terrible, et de la persuader par nos pré-
paratifs que, si elle fait un mouve-
ment contre nous, elle verra éclater
sur sa tête un des plus grands ora-
ges qu'elle ait encore essuyés. Il faut
que le prince de Metternich sache que,.
s'il veut nous avoir pour ennemis, il noua
trouvera formidables, inexorables, et dé-
cidés à verser sur l'Autriche toutes les'
calamités de la guerre qu'elle nous sus-
cite, sans lui en épargner une seule. »~
La Russie n'est plus aujourd'hui en état
de iaire entendre à Vienne un pareil lan-
g~e..
Pendant toute cette période, les euorts
de l'Autriche, qui tendaient évidemment
au maintien de l'équilibre européen, furent
constamment paralysés par l'inaction
volontaire ou forcée des autres puissances.
En France, le gouvernement de la Restau-
ration avait un penchant décidé pour l'al-
liance russe, et même, peu de temps avant
sa chute, il proposa au cabinet de Saint-
Pétersbourg un plan développé du démem-
brement de la Turquie, qui impliquait un
remaniement complet des traités de 1815.
Il y à là, disons-le en passant, une page
d'histoire qui oSrirait aujourd'hui un as-
sez piquant intérêt. La Prusse, satisfaite
des agrandissemens que ces traités lui
avaient procurés, et moins sensible qu'au-
jourd'hui aux intérêts que l'Allemagne peut
avoir vers le bas Danube, répugnait à
toute intervention en Orient. L'Angleterre
était alors absorbée par la grave question
des réformes économiques dont le minis-
tre libre-échangiste Huskisson avait pris
l'initiative, et par celles de l'émancipation
des catholiques et de la réforme parlemen-
taire. L'Autriche, ainsi abandonnée, fut
contrainte de faire amende honorable, et,
au mois de janvier 1829, M. de Ficquel-
mont alla à Saint-Pétersbourg présenter à
ta Russie la justification de sa rivale
humble et repentante. Ainsi se termina
la première lutte diplomatique entre l'Au-
triche et la Russie au sujet des aBaires
d'Orient.
La Révolution de 1830 et surtout celle
de 1848 renouèrent les liens qui avaient
uni auparavantces deux empires. La guerre
de Crimée vint les relâcher de nouveau et
donna naissance à un second conQit dont
les péripéties sont encore trop présentes
à toutes les mémoires pour que nous
nous y arrêtions comme au précédent.
M. de Buoi put reprendre alors, grâce à
l'appui de la France et de l'Angleterre, la
politique de M. de Metternich dans des
conditions bien diSerentes. Cette poli-
tique atteignit pour ainsi dire son point
culminant lors de la signature du traité
~M~être question de demander, dans les cir-
constances actuelles, l'exécution de ce
traité; mais les principes sur lesquels il
repose n'ont pas varié ies intérêts qu'il
avait en vue de défendre sont aussi
restés les mêmes, et il est évident
que, grâce à la nouvelle attitude de
l'Angleterre, l'Autriche est maintenant
tout à fait en mesure d'exercer dans le
règlement des aSaires d'Orient une in-
fluence à la fois salutaire pour elle-même
et pour l'Europe. Il dépend d'elle absolu-
ment de sortir avec honneur et profit
d'une crise qui il y a quelque temps
encore menaçait de'lui être plus fatale
que celles qu'elle à traversées une pre-
mière fois en 1821-29 et une seconde
fois en 1854, et dont les principaux
incidens nous ont semblé pouvoir jeter
quelque lumière sur la situation actuelle.
ERNEST DOTTAIN.
Voici le texte &'une circulaire que N. le
général Borel, ministre de la guerre, aurait
adressée à tous les généraux comïnandans de
corps d'armée
Mon cher généra!,
A la suite des dernières élections, H s'est pro-
duit entre la gendarmerie et certaines autorités
locales des difficultés de nature à nuire à la
bonne exécution du service. Des plaintes nom-
breuses m'ont été adressées à ce sujet. Les en-
quêtes auxquelles j'ai fait procéder, tout en me
permettant de constater que ces plaintes n'é-
taient pas toujours suffisamment fondées, m'ont,
révélé l'existence d'un état de crise et de mal-
aise auquel, dans un but d'apaisement et dans
l'intérêt même de la gendarmerie, il convient de'
mettre un terme.
Je vous prie d'inviter les chefs de légion &
prescrire aux militaires placés sous leurs ordres
d'apporter dans leurs relations avec tes autorités
civiles et les populations toute la conciliation
désirable.
Us devront, s'abstenir de tout acte ou de toute
parole ayant trait à la politique et pouvant don-
ner prise à des critiques ou a des interprétations
malveillantes.
En outre, pour amener un plus rapide apaise-
ment dans tes esprits, il conviendra, dans les lo-
calités où les relations seraient particulièrement
tendues entre la gendarmerie et les autorités lo-
cales ou les populations, de couper court par des
changement de- résidence.
Vous inviterez donc les chefs de légion à me
proposer par votre intermédiaire les mutations
qui leur paraîtraient commandées par l'intérêt du
service. Ces mutations, qui n'auront bien en-
tendu aucun caractère disciplinaire, devront ne
pas nuire aux Intérêts des militaires qui en se-
ront l'objet.
im.
ON S'ABONNE
me des Pr8t.Fes-Samt-Germain-rAuTeMO!6, 0.
_'
Un an. Six mois. Trois m<~t.
DépMtemens. 80 fr. <0 tr. ZO &.
PMiB. 72 &. 36ifr. t8&.
Les abonaernens partent des t"
chaque mois.
pa!f!e,am)tMMn~fo.
m ~Mt
MSa. BcMzy, M&wteo et C', ~FiDch )&he CoruMU,
E. G.,LoBdon.
)M.Stf&nd,w.C. London..
A BniMUes. & ro/?!M <<< p«t!
bU6tM(mesdés caresd" chemins de fefbetffes.
~ïn~~TÏO~X~E.ï~~p~S~~p~L~
..c.
JM!MAL BES BEBATS
P$L!T!(HJES ET UTTËMIRES
jEt;Mi8Mm
~J!o78. ~y
~;J ON S'ABONNE' -<
< '` énBMgique,e!lItaHe.
dans le Luxembourg, en TurquiCt
en Chine et au Japon, t
tu moyen d'une Tateur payable à Paris ou da 1
Xnmdats-poste, soit internationaux, soit francaM,
~n Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
H > chez tous les directeurs de postes; v
et dans tous les autres pays,
~renvoi d'une valeur payable ttt'~
j t~tMtBonces MntKcaM
~~t
8, place de !
wt ~n bureau du JfMMMWAiLt j ¡
taMdelTent touiouTsatreagrééespar redM~N<
i'' P~MS
MERCREDÏ 1 ? AVRtL
La 6'a'~pondant à notre Bulletin d'avant-hier, re-
proche à la. presse et à l'opinion publique
françaises d'incliner de plus en plus du cOté
de l'Angleterre. Certainement, si l'Angle-
terre persistait à poursuivre dans la ques-
tion d'Orient un intérêt séparé ou si elle
cédait aux suggestions de ceux qui l'ont si
souvent encouragée à prendre sa part de
la Turquie en iaisant main basse sur l'E-
gypte, sur la Crète, sur une île quelcon-
que de l'archipel, nous comprendrions que
l'adhéfion presque unanime de la presse
française à la politique britannique pro-
voquât des soupçons et donnât naissance
à des suppositions contre lesquelles nous
aurions besoin de nous défendre. Mais
comment et depuis quand l'immense ma-
jorité des journaux français se sont-ils
prononcés avec éclat en faveur de 1*AB*-
gleterre ? Tout le monde le sait. Nous
avons critiqué non sans sévérité la poli-
tique anglaise, tant que les ministres
d'outre-Manche ont semblé vouloir ré-
duire le rôle de leur pays à la défense de
ses intérêts égoïstes. Mais un jour est
venu où l'Angleterre, qui nous avait
donné depuis longtemps l'assurance qu'elle
ne s'emparerait d'aucune des dépouilles
de l'empire ottoman, a pris en main le
drapeau européen et s'est placée avec
une admirable résolution sur le terrain
des intérêts généraux. Ce jour-là, nous
avons applaudi de toutes nos forces, car
nous étions heureux de saluer le réveil
d'une politique qui n'était pas purejnent
anglaise, qui était aussi bien ita-
lienne, autrichienne, allemande, qui
était en un mot la vieille politique de
l'Europe, la politique du droit et de
l'équilibre si longtemps sacrifiée à la
politique du hasard et de la force. Et
nous nous sommes d'autant moins gênés
pour exprimer notre approbation, que
personne ne pouvait nous prêter des ar-
rière-pensées, ni se tromper sur la na-
ture toute platonique de nos, sentimens.
L'Angleterre ne nous demande rien, ne
nous propose rien, et nous n'attendons
rien d'elle. Nous la croyons assez forte
pour faire triompher seule la cause, dont
elle a pris la défense. Nous ne lui appor-
tons qu'une chose le concours d'une
adhésion morale qui est d'autant plus
énergique qu'elle est plus désintéressée.
Sommes-nous seuls, d'ailleurs, à féliciter
l'Angleterre de la position qu'elle a prise
et qu'elle garde avec une-généreuse har-
diesse ? Que la (~.M~ ~M~M!~M6 ~M
A~ jette les yeux sur le reste de l'Eu-
rope, elle trouvera partout une opinion
publique favorable à l'Angleterre. Pendant
deux ans l'Italie a penché presque ouver-
tement du cOté de la Russie. Qu'on relise
les débats qui viennent d'avoir lieu à la
Chambre des Députés dé Rome, et: l'on
verra si un revirement profond ne s'est
pas produit dans l'esprit mobile mais sin-
gulièrement fin de cette jeune nation. Et
l'Autriche? Que de fois n'avons-nous pas
eu a signaler les sarcasmes dont la presse
officieuse de Vienne accablait l'Angle-
terre, l'égoïste Angleterre, qui ne son-
geait qu'à ses intérêts particuliers et qui
s'imaginait naïvement que les autres puis-
sances auraient la folie d'exposer les os
de leurs soldats pour la défense de ces inté-
rêts' En s'exprimant ainsi, la presse offi-
cieuse de Vienne oubliait que l'Evangile
conseille de ne pas chercher une paille dans
l'œil de son voisin lorsqu'on a une pou-
tre dans le sien. Jusqu'à, ce moment en
efTet, on n'avait également jamais parlé
en Autriche que des intérêts directs et
particuliers. Mais le revirement de l'.An-
gleterre a produit à Vienne une impression
'magique. Nous lisons tous les jours dans
'Ia\P~)"~6 et dans le .F?'6M~
thousiasme tout récent tranche singuliè-
rement auprès du dédain d'autrefois. Aux
yeux des Autrichiens comme aux nôtres,
l'Angleterre est devenue le champion du
droit et de l'équilibre, et son exemple est
une leçon pour. toutes les autres puissan-
ces. Et* cette opinion, si paradoxale qu'elle
puisse pa.raît.& à la G'
Italie, en Autriche, en France; elle a
gagné l'Allemagne elle-même. Nous la
retrouvons journellement dans les polé-
miques de la presse allemande. L'idée que
la cause de l'Angleterre est aujourd'hui la
cause de l'Europe a fait tellement de che-
ïnin qu'un journal comme la .Po~ n'a pas
hésité & la partager et a la. soutenir.
Quel était donc notre dessein lorsque
nous nous sommes adressés à l'Allemagne
dans le Bulletin auquel la ~M~M du 2Vo~ a répondu? Ce n'était
p.M, à coup sûr, comme on l'a cru à
Berlin en recevant par le télégraphe un
résumé fort incomplet de notre article,
d'engager l'Allemagne & reprendre le rôle
de K courtier honnête s, de s médiateur
bénévole que la G'
rassant. B Nous nous étions, au contraire,
appliqués à démontrer que'Ie~ courtage H
et ta « médiation ne sufSraient plu~.
Dans la position que l'Angleterre a prise,
il n'est pas possible de songer à des con-
cessions réciproques amenant nous ne
savons quel compromis qui aurait t'appa-
reuced'un accord. L'Angleterre ne peut
E r
rien céder, parce que le différend entre
elle et la Russie porte sur un priapiM; d'in-
térêt supérieur, principe qui a\~6ë~
fois proclamé par toutes les puissances""
sans en excepter- la Russie. Elle occupe
un terrain où tout le monde l'a suivie ou-
vertement ou tacitement, et dont on peut j
être sûr qu'on ne la décidera pas à sortir.
Aussi, lorsque nous adressons un appel à 'II
l'Allemagne, ce n'est pas pour l'inviter à
travailler à une solution boiteuse qui aurait
troppeu~echancesde succès, c'est pour lui
dire: Voulez-vous être avec l'Europe ou
faire bande à part avec la Russie ? Il ne
manque qu'une chose à la reconstitution
de l'Europe: l'adhésion de l'Allemagne.
Nous pensons qu'il serait plus digne d'un
grand empire si justement fier de sa force
et, de sa gloire d'affermir par sa présence
le concert européen que de perpétuer les
divisions et le malaise dont nous souffrons
depuis trop longtemps en s'isolant avec
la Russie.
La conduite que nM~recommamdbns à
l'Allemagne est-elle contraire aux vues
personnelles de M. de Bismarck? Nous ne
saurions le croire. N'est-ce pas M. de
Bismarck qui a prédit en quelque sorte la
transformation européenne à laquelle nous
assistons lorsqu'il a dit, le 5 décembre 187 6
« Si l'on pouvait prouver que la Russie
N songe a. des conquêtes personnelles, la
c politique tout entière de l'Europe se
x) modifierait et prendrait une face nou-
n velle ? D N'est-ce pas lui qui, prenant de
nouveau la parole au Reichstag le 9 fé-
vrier dernier, proclamait le principe de
la politique anglaise et disait K Tout
? changement apporté au traité de 1856
x) exigera la sanction des puissances si-
o gnataires? H N'est-ce pas lui en6n qui,
passant le même jour en revue, non les
articles du traité de San-Stefano qui n'exi-
stait pas encore, mais les conditions russes
de3~ préliminaires de paix, affirmait qu'une
seule de ces conditions, celle qui était
relative à, l'indemnité de guerre, formait
une question à régler séparément entre la
Russie et la Turquie? Encore convient-il
d'ajouter que lorsque M. de Bismarck
faisait ainsi une réserve en faveur de
l'indemnité, il n'en connaissait pas le
montant et ne pouvait savoir que la
Russie, en exigeant plus d'un milliard
d'un gouvernement aussi profondément
ruiné que la Porte, condamnerait en
réalité ce gouvernement à une perpé-
tuelle servitude. M. de Bismarck, qui a
étudié à Gœttingue, n'ignore certaine-
ment pas l'axiome de Hegel « La
quantité peut modifier complétement la
qualité des choses. »
Si l'Allemagne, se conformant aux doc-
trines professées dans ces circonstances
solennelles par le plus grand de ses
hommes d'Etat, se rangeait aujour-
d'hui du côté de l'Europe, on peut
être sûr que la paix serait faite de-
main. La Russie céderait sans humilia.-
tion, sans déshonneur, voire même
sans dommage sérieux pour elle, à la
voix de toutes les puissances réunies. Les
calamités qui nous menacent seraient
écartées, ou du moins ajournées pour
longtemps. Dans le cas contraire, la
guerre est presque certaine. Diverses dé-
pêches annoncent que M. de Bismarck,
sacrifiant tout au maintien de l'alliance
illusoire des trois empires, cherche de
plus en plus a rapprocher l'Autriche de la
Russie, de manière à laisser l'Angleterre
seule en face de cette dernière. « Si le
M prince de Bismarck travaUle à une en-
'} tente séparée entre Vienne et Saint-
M Fétersbourg, dit T~ il ne travaille
H pas à la paix.n Zg j~~ a raison.
L'Angleterre ne reculera pas devant l'iso-
lement qu'on essaie de lui préparer. Elle
combat, non seulement pour gon prestige,
mais pour son existence comme grande
puissance. Rapprocher à son détriment
l'Autriche de la Russie serait, le moyen
de rendre la guerre inévitable. M. de Bis-
marck souhaiterait-il un pareil résultat?
Plus nous y réfléchissons, plus il nous
semble qu'à moins de désirer la guerre,
l'Allemagne n'a aucun motif pour refuser
de se joindre au reste de l'Europe. M. de
Bismarck a répété bien des fois Notre
amitié pour la. Russie est telle, qu'elle ne
nous permet même pas de lui donner un
conseil! Singulière amitié qui, contraire-
ment à la règle ordinaire, ne saurait
s'exercer utilement sans risquer de se
rompre. On reconnaît les vrais amis à la
sagesse de leurs avis, non a la faiblesse
de leurs complaisances. C'est pour cela
que nous demandons a l'Allemagne, non
d'offrir a la Russie le service d'une mé-
diation inuti'e, mais de lui donner un
conseil dont l'efficacité ssrait irrésis-
tible. En agissant ainsi, nous n'avons
pas seulement en vue le maintien im-
médiat de la paix. Pour répondre avec
une franchise entière à la 6's~c~c de
r~f~MS~Mc <~ ./V
la question d'Orient comme un terrain
sur lequel la France et l'Allemagne pou-
vaient arriver à une entente qui mettrait
fin à ce « fâcheux système de suspi-
cion M que le journal atlemand se ré-
jouit de voir disparaître. Pendant deux
ans nous avons combattu sans cesse
la politique de M. Decazes, parce
qu'elle rendait ce rapprochement diplo-
matique impossible, en laissant croire à
l'Allemagne que nous voulions profiter da
la question d'Orient pour nouer des al-
r!
J
li~jBS. Jamais, pour notre compte, nous
,n'a~ns nourri de projets aussi maladroi-
t~~nt égoïstes. Dès l'ouverture de la crise
orientale, nous avons défendu la politique
qui semble triompher auj ourd'hui. « Soyons
européens » avait dit M. Thiers. Nous
avons tâché de l'être, afin de montrer
à l'Allemagne comme à tout le monde
que nous n'étions pas capables de nous
enfermer, comme tant d'autres, dans nos
regrets et dans nos rancunes, et de sa-
crifier le droit, l'équilibre, l'avenir de l'Eu-
rope à l'espoir trompeur de faire triom-
pher nos intérêts particuliers.
BOMtSB DE PARM
MStM~e t<16 t<17 ZtMtM.BtttBM
Fimcour.72. 72321,2 ,32t.
.ât/we/e.
Comptante .i02SO.M.
<0/W
Comptante 10 109 45 .3S.
FincoM.1089:M.2l09M.471/Ï .7.
av.,mnv nnnnav ~nn ema'
EmpruntBO/0. 109fr.3K.30, 48.
Fgypttennes60/0.. i47fr.SO.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
«Vienne, le 17 avril, soir.
B Le résultat des dernières démarches ten-
tées à Londres par la diplomatie autrichienne
est encore inconnu, mais on espère ici que
t les efforts combinés de l'Allemagne et de
l'Autriche pour amener la réunion d'un Con-
grès seront couronnés de succès. Dans ce
cas, le Congrès sera précédé de conférences
préliminaires ayant pour but d'arrêter l'or-
dre de discussion des différentes questions.
s Lo~ commandans militaires de la Dalma-
tie et de la Croatie ont reçu l'ordre d'exhor-
ter les réfugiés à se rapatrier. Le gouverne-
ment est décidé à eNectuer au besoin ce ra-
patriementsousia protection de forcés mili-
taires.
B Dans les territoires récemment occupés
par le Monténégro, l'anarchie est àsoncom-
b!e les populations musulmanes et catho!i-
ques s'enfuient. A Antivari, d'importantes
manifestations ne cessent de se produire en
faveur d'une annexion à l'Autriche, e
MMarMpMe pftvéet
{Service télégraphique de l'agence Havas.)
Vienne. len'avril.
11 est parfaitement exact que l'objet, principal
de la démarche du comte Zichy auprès de la
Porte est la question du rapatriement des fugitifs
do Bosnie et d'Herzégovme. En présence de
l'impossibilité pour la Turquie de garantir la
sécurité de ces fugitifs, dont le rapatriement est
cependant nécessaire, il ne serait pas impossible
que le cabinet de Vienne proposât l'occupation
momentanée par l'Autriche delà Bosnie et Tte
l'Herzégovine.
Saint-Pétersbourg, le 17 avril.
A propos du récent article du ./o
appel pressant au cabinet de Berlin en vue d'une
médiaLion, le .ToMMM~ de ~M~-Fe~M~OM)'~ dit
que l'impatience n'est pas du devoir du média-
teur: qu'en tout cas. il est douteux qu'une telle
excitation puisse réussir, surtout venant de
Paris.
Vienne.-le 16 avril.
Des avis reçus de Bucharest portent que les
dispositions prises par les troupes russes autour
t de cette ville leur permettent de l'occuper au
premier signal.
.Les sujets autrichiens soumis au service mili-
taire, résidant en Roumanie, ont été rappelés.
'Les autorités de Galatz ont été prévenues que
plusieurs milliers de Russes y prendront proohai-
nement garnison.
On assure que si les Roumains ont évacué
Widdin, qu'ils détenaient comme une garantie
de l'indemnité de guerre, la cause en est dans les
informations de l'agent roumain à Vienne, au
dire duquel le comte Andrassy aurait exprimé le
désir de voir cesser l'occupation de Widdin par~
les Roumains.
Or, des inlormations provenant de Vienne etre
eues à Bucharest portent que le comte Andrassy
a affirmé d'une manière catégorique à M. Bra-
tianô qu'il n'avait .jamais exprimé un pareil désir.
Le gouvernement roumain a refusé l'oHre faite
par la Russie d'entamer des pourparlers avec un
envoyé russe aiin de conclure un arrangetnent
destiné à assurer à la Russie pendant deux ans
ses communications a. travers la Roumanie.
On croit la retraite de M. Cogalniceano inévi-
table après le retour de M. Bratiano.
L'opposition faite à la politique de M. Cogal-
niceano s'accentue tous les jours dans le Parle-
ment.
Vienne, te 17 avril.
iOn télégraphie de Constantinople, le 16, à la
C
accord survenu dans le conseil des ministres de
Turquie au sujet de l'attitude que cette puis-
sance devra prendre si la guerre éclate entre
l'Angleterre et la Russie. La plupart des minis-
tres turcs s'étaient prononcés pour la neutra-
lité le premier ministre, Vefik Pacha, avait au
contraire émis l'opinion que la Turquie devait
conclure une alliance avec l'Angleterre et agir de
coocert avec cette puissance. Se voyant isolé,
Vëfik Pacha avait donné sa démission, mais il
l'a retirée par suite d'un compromis Après
plusieurs tentatives faites en vain pour engager
un membre du cabinet actuel ou du cabinet
précédent à se charger de la présidence du con-
scil, Vetik Pacha s'est rallié à. la politique
de neutralité des autres ministres, politique
que )a Porte sera peut-être en état de suivre
d'abord, mais qu'elle ne pourra observer long-
temps si la guerre éclate réellement entre la
Russie et l'Angleterre, s
Vienne, le 17 avri!.
Contrairement aux assertions du Times, il est
positif qu'on n'a pas reçu ici de réponse formelle
du cabinet de Saint-Pétersbourg aux observa-
tions et aux objections du cabinet de Vieane re-
lativement au traité de San-Stefano; toutefois,
M. de Novikoff est entré en pourparlers avec le
comte Andrassy à ce sujet, et il est probable que
la réponse du cabinet de Saint-Pétersbourg dé-
pendra du résultat de ces pourparlers. 1
L L'assertion du 7':mM, relative a une réponse
du cabinet de Vienne à la circulaire Salisbury,
est exacte. Dans cette pièce, l'Autriche insiste
sur la nécessité du Congrès.
Berlin,Ien avril.
La Con'MM/M~MM~ ~opMCM~, parlant de la
situation politique de l'Europe, s'exprime ainsi
<: La situation ne s'est pas encore modifiée sen~
siblement, bien que la forte tension qui a régné
jusqu'à présent semble faire place à des disposi-
tions p~us pacifiques. »
Constantinople, le 16 avri), soir.
Les Russes continuent leurs mouvemens aux
aIentouM de Constantinople.
Le prince Hassan et le ministre de la marine
égyptienne sont partis dans la soirée pourAtexan-
dne. Toutes les troupes égyptiennes sont défini-
tivement parties.
Les Turcs n'ont pas évacué entièrement
Choumia, Varna et Batôum. Les Russes insis-
tent pour que l'évacuation ait lieu immédiate-
ment.
L'amiral Ahmet Pacha est parti pour prendre
le commandement de l'escadre en Thessalie, en
remplacement d'Hobart Pacha.
Les Turcs paraissent de plus en plus incliner
vers l'Angleterre. Ils sont décidés à maintenir
leurs positions autour de Constantinople et de
GaliipoIL Constantinople, le n avril.
Le Sultan a invité aujourd'hui à diner l'am-
bassadeur d'Autriche qui part demain en congé
pour Vienne.
Les journaux assurent que l'Autriche a de-
mandé l'occupation amicale de la Bosnie et de
l'Herzégovine mais l'ambassade d'Autriche dé-
ment cette nouvelle.
Les Russes donnent un délai de huit jours
pour l'évacuation de Choumla, de Varna et de
Batoum.
Mehemed-Ruchdi est nommé ministre sans
portefeuille. Il est considéré comme un ami d'Ah-
met-Veuk et un partisan de l'Angleterre.
Bucharest, le 17 avril.
La protestation contre le traité de San-Stefano,
envoyée à Saint-Pétersbourg par le gouverne-
ment roumain, était conçue en d'autres termes
que la Note adressée aux agens roumains à l'é-
tranger, et qui a été publiée.
Cronstadt, le 16 avril.
Les Russes transportent à Odessa et à Sébas-
topol leur gros matériel d'artillerie de position.
Ils mettent le pont de Barboche en état de dé
fense ils y ont transporté les fortes batteries de
gros calibres qu'ils avaient établies à Slobovic, et
qui leur ont servi contre Roustehouk.
Cronstadt, le 16 avril.
L'armée roumaine accentue sa concentration
vers Turn-Severin et dans les montagnes vers
Tirgoviste.
Le bruit court que le prince Charles quitterait
prochainement Bucharest et qu'il irait dans son
château d~ Sinaï, situé, dans les Karpathes, à
proximité du lieu de concentration de l'armée
roumaine.
Les Russes auraient arrêté hier, en gare de
Bueharest, un train de munitions roumaines qui
allait partir pour SIatina.
Des rixes ont éclaté dans plusieurs villes entre
des officiers ou soldats russes et roumains.
Cronstadt,lel6avril.
Les Russes continuent leurs mouvemens en
Roumanie et activent leurs préparatifs; ils ont
renouvelé certains contrats de transports et
d'approvisionnemens jusqu'au mois de juil-
let. Les forces du général Zimmermann, ve-
nant de la Dobrutscha, renforcent les troupes
qui occupent déjà le camp de Tourceni, établi
sur le plateau qui domine le chemin de fer entre
Tekùtch et Fdkchani, et qui, par sa position straté-
gique au sud de la Moldavie et par sa situation
centrale entre la frontière russe et la frontière
autrichienne, est la clef des communications par
terre entre la Valachie et la Russie.
Les Rjsseh construisent des baraquemens, des
fossés et des retrancbemens, et font transporter
de nombreuses provisions de bouche et des mu-
nitions considérables ils se préparent en outre à
occuper le col d'Oltuz, principrd passage des Kar-
pathes entre les frontières austro-moldaves, le
seul qui soit rapproché du camp de Tourceni, et
par lequel ii serait possible de le menacer.
Galatz,lel6avril.
Des personnes arrivant de Sulina assurent
d'une manière positive que beaucoup de navires
chargés de pierres stationnent à Sutina. atln
d'être prêts a toute éventualité pour barrer
de nouveau et promptement les bouches du Da-
nube.
La direction du chemin de fer a annoncé qu'elle
ne garantissait plus le service des voyageurs ni
celui des marchandises sur la ligne de Galatz à
Bucharest, par suite de~ transports de troupes et
des travaux faits au pont de Barboche.
Le bruit court avec persistance que les mili-
ciens roumains, et notamment ceux du district
de Calarasi qui avaient obtenu la permission de
rentrer dans lems foyers, sont rappelés et dirigés
sur leurs corps respectifs, lesquels sont concentrés
dans la Petite-Valachie et dans les Karpathes.
Les troupes du corps de Zimmermann conti-
nuent de repasser le Danube, se dirigeant sur le
camp de Tourceni.
Londres, le 17 avril.
L'Amirauté a expédié hier à Malte 40 embar-
cations à vapeur destinées à protéger les cuiras-
séscontrelestorpities.
Le .~OM
ranée.
Le ~M!M publie les dépêches suivantes:
Berlin, le 16. Les progrès de la médiation
étant très lent: le prince de Bismarck a recom-
mencé les négociations avec chaque puissance.
L'Autriche et l'Angleterre. dans lenr réponse, se
sont déclarées prêtes à traiter, mais elles ont re-
fusé de conclure un règlement définitif sans Con-
grès.
Widdin, le 16. Un ukase impérial ordonne le
prompt établissement de la nouvelle organisation
delaBulgarie.
L'assemblée des notables de la province se
réunira pour l'élection d'un prince le 15 juin, si
ce!a est possible.
Le D~/y ?M<devienne:
Bismarck s'efforce. avant la discussion qui doit
avoir lieu en vue de la paix. d'obtenir le retrait
des troupes russes qui se trouvent dans les en-
virons de Constantinople, et celui de la flotte an-
giaise de la mer de Marmara. »
Le Times, commentant ce matin la situation,
exprime l'espoir que, pendant l'absence du Par-
lement, le sentiment général de l'Europe s'eSbr-
cera de faire consentir la Russie à l'abandon
d'une position insoutenable.
Ca!cutta, le 16 avril.
Le gouvernement indien a reçu l'ordre d'en-
voyer des forces a Malte. Il a choisi les troupes
suivantes:
Deux régimens de cavalerie d'Europe `
Deuxrégimensd'infanteried'Earope;
Deux régimens de cavalerie de Ghoorka;
Deux régimens d'infanterie indigène
Deux batteries d'artiilerie de campagne
Quatre compagnies de sapeurs et de mineurs,
Deux officiers se sont rendus à Malte pour pré-
parer la réception de ces troupes.
Athènes, le 17 avril.
M. Savouroff partira. dans la soirée pour Con- t
stantinople, où il doit avoir une entrevue avec le <
grand-duc Nicolas. Son absence durera deux se- t
maines.
Le comte Dubsky a. donné hier, dans les sa- ]
Ions de la légation autrichienne, une soirée a ia- ]
quelle assistaient tout le corps diplomatique et ]
1 élite de la société athénienne.
M. Merlin, consul angtais à Athènes, aocom- ]
pagné de M. Macetas, délégué du comité de la
défense nationale, sont arrivés a Volo pour ré-
gler les conditions de la suspension des hostilités
en Epire et en Thessalie.
Les cuirassés çaiae .F~e sont arrivés au Pirée. J
L'attitude que l'Angleterre à prise de-
puis quelque temps, et où elle persévère
avec autant de sagesse que de fermeté, a
eu pour effet de replacer tout à coup la
question d'Orient sur son véritable ter-
rain, celui du droit public européen, tel
qu'il résulte des traités de18S6 et de 1871.
Les puissances intéressées dans ce grand
conflit ont été ainst tirées d'une position
extrêmement embarrassée, et chacune
d'elles s'est trouvée aussitôt plus libre
dans ses allures mais aucune n'a
ressenti plus vivement que l'Autriche le
contre-coup de ce revirement, ou, pour
mieux, dire, de cette affirmation catégo-
rique de la politique anglaise, jusque-là
flottante et indécise. Le Journal des Dé-
bats a suivi avec un soin minutieux
toutes les phases par lesquelles a. pas-~
la politique autrichienne, depuis la fa-
meuse Note du comte Andrassy en date
du 30 décembre 1875 5 jusqu'à la dernière
proposition relative à la réunion d'une
Conférence à Berlin; il a signalé, pour
ainsi dire pas à pas, toutes les hésita-
tions du cabinet de Vienne; aussi notre
intention n'est-elle point de recommencer
ici cet Tiistorique déjà bien long; ce que
nous voulons surtout faire ressortir, c'est
que la circulaire de lord Salisbury, cet
éclatant témoignage des résolutions vigou-
reuses du gouvernement britannique, a
replacé l'Autriche dans des conditions
plus normales et lui a permis de revenir
à sa politique traditionnelle avec plus de
chances de la faire triompher qu'elle
n'en avait eu à l'époque des crises
antérieures par lesquelles la question
d'Orient l'a déjà fait passer. C'est pour la
troisième fois dans. l'espace de cinquante
ans environ que le cabinet de Vienne est `
appelé à défendre contre les empiétemens
de la Russie les intérêts vitaux de l'Au-
triche. Ces intérêts, comme nous allons le
montrer pa~ un. court aperçu historique,
ont toujours été compris de la même ma-
nière par les grands hommes d'Etat de cette
monarchie, et c'est enles interprétant dans
le même sens, en les défendant avec la
même énergie, que le comte Andrassy
pourra mériter d'être mis au rang de ses
illustres prédécesseurs. La première foig
que l'Autriche est entrée en conflit av~c
la Russie, au sujet du règlement des af-
taires orientales, sa politique extérieure
était dirigée par M. de Metternich. Pen-
dant huit ans, de 1821 à 1829, cet habile
diplomate a. lutté, presque toujours seul,
contre les prétentions du cabinet de Saint-
Pétersbourg. Ce n'est pas ici le lieu de ra-
conter les détails de cette lutte diploma-
tique. Il nous semble néanmoins utile de
rappeler les principaux caractères du sys-
tème adopté par lechancelierimpériaIdJAu-
triche. Il reposait sur trois principes qui ont
servi longtemps de base à toute la politi-
que occidentale 1° octroi des libertés et
privilèges aux chrétiens d'Orient par la
volonté spontanée de la Porte 2° main-
tien de l'intégrité de l'empire ottoman,
sous la garantie des cinq puissances (l'Ita-
lie n'y a été ajoutée qu'en 1856) 3° mé-
diation et intervention conciliatrice des °,
quatre puissances (France, Prusse,'An-i
gleterre, Autriche) dans les guerres~
entre la Russie et la Turquie. De
1821 à 1826, M. de Metternich déploya
ta plus grande activité pour faire pré-
valoir la première de ces règles mais
son isolement l'obligea enfin d'y re-
noncer, l'empereur Alexandre n'ayant ja-
mais voulu consentir à abandonnerlepro-
tectorat qu'il entendait exercer sur les
chrétiens d'Orient (il s'agissait alors
des Grecs ). Pour atténuer l'eSet de
cet échec, le chancelier autrichien
se retourna vers son second principe,.
celui de la garantie collective des cinq
puissances pour le maintien du ~<~M
~
de Saint-Pétersbourg, refusa, de la
manière la plus absolue, de rien céder
sur ce point. Dans une dépêche ~?
~~Më adressée au prince de Lieven
ambassadeur de Russie à~ Londres il
s'exprimait ainsi « C'est un ancien et
invariable principe de notre politique de
ne pas laisser s'établir entre nous et les
Turcscette espèced'intervention des cours
étrangères, qui justifierait une garantie
semblable, intervention qui ne manque-
rait pas de s'exercer dès lors au moindre
différend entre le cabinet de Saint-Pé-
tersbourg et la Porte. Par suite de notre
position géographique vers le Midi, et de
celle du Bosphore, qui en est la clef, une
influence prépondérante à Constantinople
forme un de nos premiers besoins
nous la réclamons, et nous saurons
la maintenir, » Par cette réponse, M. de
Nesseirode détruisait également par la
base le troisième principe de la politi-
que du chancelier, son rival, principe in-
Limement lié au précédent. Aussi, lors-
qu'à la fin de la campagne de 1828, M. de
Metternich proposa aux cabinets de Lon-
Ires, de Berlin et dé Paris, de se concerter
sn vue de rétablir la paix entre la Turquie
:t la Russie, l'irritation de cette der-
oière puissance ne connut plus de bor-
nes. « Dans aucune hypothèse, écrivait
M. de Nesseirode, un pareil projet ne sau-
rait être admis. » Il est impossible de se
['aire une idée de la violence de langage
~.vec laquelle les diplomates russes atta-
~aient alors la politique autrichienne.
~ous n'en citerons qu'un exemple, em-
t
prunté & une dépêche de M. Pozzo d
Borgo « L'Autriche, écrivait-i!, est, seIon moi, l'auteur principal de la situatiOK
critique où se trouve maintenant la quesi
tion qui nous occupe. Pendant quatre;
ans, le prince de Metternich paralysa et
déjoua les plus nobles sentimens, sana
égard ni à la délicatesse de la position
de la Russie, ni à ses intérêts, abusant
constamment de la conuance qui lui
était accordée, et ne faisant jamais
une promesse que pour y manquer.
Notre politique nous commande donc de
nous montrer à l'Autriche sous un aspect
terrible, et de la persuader par nos pré-
paratifs que, si elle fait un mouve-
ment contre nous, elle verra éclater
sur sa tête un des plus grands ora-
ges qu'elle ait encore essuyés. Il faut
que le prince de Metternich sache que,.
s'il veut nous avoir pour ennemis, il noua
trouvera formidables, inexorables, et dé-
cidés à verser sur l'Autriche toutes les'
calamités de la guerre qu'elle nous sus-
cite, sans lui en épargner une seule. »~
La Russie n'est plus aujourd'hui en état
de iaire entendre à Vienne un pareil lan-
g~e..
Pendant toute cette période, les euorts
de l'Autriche, qui tendaient évidemment
au maintien de l'équilibre européen, furent
constamment paralysés par l'inaction
volontaire ou forcée des autres puissances.
En France, le gouvernement de la Restau-
ration avait un penchant décidé pour l'al-
liance russe, et même, peu de temps avant
sa chute, il proposa au cabinet de Saint-
Pétersbourg un plan développé du démem-
brement de la Turquie, qui impliquait un
remaniement complet des traités de 1815.
Il y à là, disons-le en passant, une page
d'histoire qui oSrirait aujourd'hui un as-
sez piquant intérêt. La Prusse, satisfaite
des agrandissemens que ces traités lui
avaient procurés, et moins sensible qu'au-
jourd'hui aux intérêts que l'Allemagne peut
avoir vers le bas Danube, répugnait à
toute intervention en Orient. L'Angleterre
était alors absorbée par la grave question
des réformes économiques dont le minis-
tre libre-échangiste Huskisson avait pris
l'initiative, et par celles de l'émancipation
des catholiques et de la réforme parlemen-
taire. L'Autriche, ainsi abandonnée, fut
contrainte de faire amende honorable, et,
au mois de janvier 1829, M. de Ficquel-
mont alla à Saint-Pétersbourg présenter à
ta Russie la justification de sa rivale
humble et repentante. Ainsi se termina
la première lutte diplomatique entre l'Au-
triche et la Russie au sujet des aBaires
d'Orient.
La Révolution de 1830 et surtout celle
de 1848 renouèrent les liens qui avaient
uni auparavantces deux empires. La guerre
de Crimée vint les relâcher de nouveau et
donna naissance à un second conQit dont
les péripéties sont encore trop présentes
à toutes les mémoires pour que nous
nous y arrêtions comme au précédent.
M. de Buoi put reprendre alors, grâce à
l'appui de la France et de l'Angleterre, la
politique de M. de Metternich dans des
conditions bien diSerentes. Cette poli-
tique atteignit pour ainsi dire son point
culminant lors de la signature du traité
~M~être question de demander, dans les cir-
constances actuelles, l'exécution de ce
traité; mais les principes sur lesquels il
repose n'ont pas varié ies intérêts qu'il
avait en vue de défendre sont aussi
restés les mêmes, et il est évident
que, grâce à la nouvelle attitude de
l'Angleterre, l'Autriche est maintenant
tout à fait en mesure d'exercer dans le
règlement des aSaires d'Orient une in-
fluence à la fois salutaire pour elle-même
et pour l'Europe. Il dépend d'elle absolu-
ment de sortir avec honneur et profit
d'une crise qui il y a quelque temps
encore menaçait de'lui être plus fatale
que celles qu'elle à traversées une pre-
mière fois en 1821-29 et une seconde
fois en 1854, et dont les principaux
incidens nous ont semblé pouvoir jeter
quelque lumière sur la situation actuelle.
ERNEST DOTTAIN.
Voici le texte &'une circulaire que N. le
général Borel, ministre de la guerre, aurait
adressée à tous les généraux comïnandans de
corps d'armée
Mon cher généra!,
A la suite des dernières élections, H s'est pro-
duit entre la gendarmerie et certaines autorités
locales des difficultés de nature à nuire à la
bonne exécution du service. Des plaintes nom-
breuses m'ont été adressées à ce sujet. Les en-
quêtes auxquelles j'ai fait procéder, tout en me
permettant de constater que ces plaintes n'é-
taient pas toujours suffisamment fondées, m'ont,
révélé l'existence d'un état de crise et de mal-
aise auquel, dans un but d'apaisement et dans
l'intérêt même de la gendarmerie, il convient de'
mettre un terme.
Je vous prie d'inviter les chefs de légion &
prescrire aux militaires placés sous leurs ordres
d'apporter dans leurs relations avec tes autorités
civiles et les populations toute la conciliation
désirable.
Us devront, s'abstenir de tout acte ou de toute
parole ayant trait à la politique et pouvant don-
ner prise à des critiques ou a des interprétations
malveillantes.
En outre, pour amener un plus rapide apaise-
ment dans tes esprits, il conviendra, dans les lo-
calités où les relations seraient particulièrement
tendues entre la gendarmerie et les autorités lo-
cales ou les populations, de couper court par des
changement de- résidence.
Vous inviterez donc les chefs de légion à me
proposer par votre intermédiaire les mutations
qui leur paraîtraient commandées par l'intérêt du
service. Ces mutations, qui n'auront bien en-
tendu aucun caractère disciplinaire, devront ne
pas nuire aux Intérêts des militaires qui en se-
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