Titre : La Dépêche algérienne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Alger)
Date d'édition : 1885-12-25
Contributeur : Robe, Eugène (1890-1970). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32755912k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 25 décembre 1885 25 décembre 1885
Description : 1885/12/25 (A1,N162). 1885/12/25 (A1,N162).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5432978
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-10449
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/04/2021
Première année. — N* 162.
t'Kfifc’ËCTCKË U’ALGKb
depot legal
t j numéro 15 oentimee. ‘p/v) Vendredi, 25 décembre 1885
La Dépêche Algérienne
JOURNAL P0LIT1Û0E QUOTIDIEN
âx&feis.. ■
7XAJT0B...
ABONNEMENTS :
Trois mois Six mois Cn an
4.5© 9 «8
G 18 S4
ADMINISTRATION ET RÉDACTION.
Rne de îa Marine» n 9 9, ancien hôtel BaxU
Tontes tes a«HusRal»4iaa* «osui'cai «... «.*>« • b:: v
Algérie, être admséoa & I'à'SMRCïS HA ■?.*&■ -..v~ .•<>**».»* is, ^«Rik&ïv
m ffrau», le» «eBu*awi*.«tei!M *.*.«»■ ?e^s$s
4 Marïxiïsjs, «1ms ML 8ss*a»ï àUUSUL rot» $a&vÉn. a
.4 Paris, «Iuh KSI, AÙDBQIÏKS ai O, j?Ut* de i* 8o»«r* té
St p*r tam eorfWipra'ïfcsî»'
La DSJPBOH® ALOÔBIBKN» est pour l’insertion de» anaonee* ldgr*l®# JifdJiainiyos «t tutrsa «aci*?®®» powf la validité d©» jftwaaédxtr»*
•- r K) ‘■■.t
SERVICE TÉLÉGRAPHIQUE DE LA DÉPÈCH
LES CRÉDITS DU TONKIN
Paris, 23 décembre, 5 h. 30, matin.
La « Paix » croit possible que la dis
cussion des crédits du Tonkin soit ter
minée ce soir à la Chambre par le vote
pur et simple des crédits, lequel ne paraît
plus douteux avec la tournure qu'a prise
la discussion.
Paris, 23 décembre, 8 h. 38, matin
Le vote des crédits du Tonkin demandé
par le gouvernement parait assuré depuis
l'heureuse impression produite par la
signature du traité de Madagascar.
La discussion sera très abrégée.
M. Brisson parlera au début de la séan ■
ce.
« ■ii.iiiwimMiaMrttlBHWi"»*
A LA C HA MBRE
LES CRÉDITS DU TONKIN
Discours de M. Drisson
Paris, 23 décembre, 5 h. soir
M. Brisson monte à la tribune. Il dit
qu'il se propose répondre point par point
à l'éloquent discours prononcé hier par
M. Pelletaii et dont les conclusions sont
l'évacuation du Tonkin et de l'Annam.
Cette solution, comme toutes les au
tres. nécessiterait des négociations nou
velles, et dans le cas où on les entrepren
drait, il faudrait renoncer aux traités
que nous avons signés hier.
Entamer des pourparlers diplomatiques
dans de pareilles conditions, nous crée
rait une situation quelque peu humiliante
et .rendrait bien délicate latâohe des né
gociateurs qui agiraient au nom de la
France.
La commission, dont l'œuvre critique
est si complète, aurait bien dû apporter
ici sa solution et mettre la Chambre en
mesure de se prononcer en connaissance
de cause entre le gouvernement d'aujour
d'hui et celui de demain.
La question est ainsi posée :
La France doit elle abandonner une en
treprise presque terminée, déchirer des
traités signés par elle, abandonner des
populations auxquelles elle a offert l'abri
de son drapeau ?
Une pareille attitude de la France lui
porterait un préjudice plus grand que des
dépenses considérables. (Marques d'ap
probation).
Le president du conseil expose ensuite
quelle était la situation quand le minis
tère actuel a pris les affaires : les préli
minaires de la paix étaient signées, mais
la paix n'était pas encore assurée. Il a
envoyé des renforts pour parer à toutes
les éventualités, et comme tout le monde
reconnaissait que la clef de la situation
était à Euè, le général de Courcy y a été
envoyé ; mais ce n'est pas son arrivée
qui amena la fuite du roi d'Annam. La
-conduite du gouvernement dans l’Annam
était imposée par les circonstances.
On parle de négocier dans le but d'ob
tenir des avantages commerciaux, mais
peut-on négocier en commençant par
abandonner des gages que l’on tient “
gouvernement déclare hautement
qu'il n’abandonnera rien du patrimoine
national qu'il a reçu. (Applaudissements).
Il est impossible que la France déchire
les traités qu’elle a signés, car si elle le
faisait, qui voudrait désormais négocier
avec elle ?
On veut que nous abandonnions des
peuples qui ont embrassé notre cause !
Est-ce là une conduite digne de la généro
sité traditionnelle de la France?
Il est vrai qu'une démocratie a besoin
de toutes ses ressources pour réaliser ses
réformes intérieures, mais si cette dé
mocratie veut vivre et devenir un gou
vernement, elle ne doit pas abandonner
des entreprises qu’elle a presque termi
nées. car elle montrerait qu'elle n'a pas
en elle-même autant de confiance qu'en
montra la monarchie, (vive approbation).
Les sacrifices et les actes d'héroïsme de
notre armée nous imposent un devoir :
celui de ne pas les rendre stériles par un
abandon injurieux pour la mémoire de
ceux qui sont morts au Tonkin pour la
patrie. (Vifs applaudissements).
Il reste à organiser ce nouveau domai
ne, à y implanter notre protectorat, rien
que le protectorat.
Le moment n'est pas encore venu de
définir exactement ce que sera le protec
torat, dont les liens pourront être resser
rés ou relâchés suivant les circonstances.
La meilleure solution serait d* le régler
par un décret, comme en Tunisie. La
prérogative du Parlement pourra s'exer
cer sur ces décrets par voie d’interpel
lation.
Le rouage principal de cette organisa
tion serait l'installation d'un résident ci
vil dépendant d'un seul ministère, qui
pourrait être un ministère nouveau au
quel seraient rattachés toutes nos cole-
nies. (Mouvements divers).
Le protectorat s'exercerait àEué sur le
gouvernement central, et notre ministre
résident interviendrait dans la nomina
tion des gouverneurs de province.
Au Tonkin, le protectorat surveillerait
la perception des impôts.
Malgré les affirmations pessimistes,
l'armée d'occupation pourra être réduite
à une division, grâce à l'organisation
d’une armée indigène.
Quant aux dépeness de F occupation,il est
assez difficile de les déterminer dès main
tenant.
Le gouvernement attend un projet de
budget, mais dès aujourd'hui ont peut
dire que les revenus possibles du Tonkin
sont évalués à 100 millions par des per
sonnes compétentes. L’impôt foncier seul
a été évalué à 35 millions.
M. de Gassagnac, interrompant avec
persistance, est rappelé à l’ordre.
M. Brisson. — Et nous avons tout lieu
d’espérer que dans un temps relativement
rapproché, le Tonkin se suffira à lui-
même.
Enfin, au point de vue commercial, le
gouvernement espere que l’intelligence
du commerce français saura faire fruc
tifier ce sol arrosé du sang de nos sol
dats.
Nos adversaires reconnaîtront d’ail-
lenrs eux-mêmes que nos commerçants ne
pourront commercer avec la Chine qu’au-
tant que nous aurons avec ce grand pays
un voisinage immédiat.
Nous espérons d’ailleurs que nous réus
sirons au Tonkin, aussi heureusement
qu'à Madagascar, à concilier les intérêts
et l’honneur de la France.
M. Brisson termine en disant qu’il y a
dans l’affaire du Tonkin quelque chose de
plus important qu’une question de dé
bouchés commerciaux : il y a le prestige
et l’honneur de la France.
Le président du Conseil conjure la
Chambre de sauvegarder ce prestige et
cet honneur. (Applaudissements répétés à
gauche et au centre).
La séance est suspendue.
Paris, 23 décembre, 7 h. 50, soir.
Mscoups tle M. Georges Périn
if. Georges Périn réclame l’évacuation
du Tonkin parce que l'intérêt de la patrie
l’exige et que l’honneur le permet.
On allègue que le sang français ne doit
pas être répandu enpure perte. Mais avec
ce système, combien de pays nous fau
drait-il conquérir ?— Le sang français
n’a pas coule en pure perte quand il laisse
le souvenir dn grand nom de la France.
On vient nous opposer que la France a
apposé sa signature au bas d’un traité ;
mais l’intérêt supérieur de la patrie per
met toujours de déchirer les traités qui
sont manifestement cotraires à Y intérêt
du pays.
L’orateur soutient que l’intérêt com
mande de quitter le Tonkin, parce que
personne ne peut dire encore ce que coû
terait l’occupation. (Applaudissements à
l’extrême gauche — protestations au
centre).
M. Georges Périn s'attache à démontrer
que nc-us serons obligés à de nouveaux
sacrifices si nous restons au Tonkin. Il
montre les dangers du voisinage de la
Chine et termine en se prononçant pour
la politique des mains nettes. (Applaudis-
ments à droite et à l’extrême gauche. —
Cris : la clôture ! la clôture !)
La clôture mise aux voix est repoussée.
M. de Lanessan veut demander com
ment le ministère veut organiser le Ton
kin et l'Annam ?
M. Brisson indique d'une façon géné
rale son plan d’organisation du Tonkin
et déclare qu'il ne comprend pas la por
tée de la question de M. de Lanessan.
Discours de M. de Lanessan.
M. de Lanessan réplique qu'il ne veut
pas l'abandon du Tonkin, qu’il votera les
crédits, mais qu'il veut savoir qu’elle se
ra l'organisation que le gouvernement
veut installer au Tonkin. Si le gouverne
ment n'a pas des idées plus nettes sur ce
sujet que celles qui ont été développées
par le président du Conseil, il faut le
remplacer par un autre gouvernement.
(Bruits).
M. de Lanessan critique le plan du mi
nistère : il blâme l'organisation des
troupes indigènes et déclare qu'il serait
dangereux de laisser exister l'adminis
tration des mandarins et de permettre
au roi d'Annam de percevoir les impôts.
Ce serait laisser entre les mains du roi
et des mandarins le pouvoir de formen-
ter l’insurrection.
Il expose ensuite son plan d’organisa
tion du Tonkin qui, d'après lui, permet
trait de mainienir l'ordre et la sécurité
avec 6,000 hommes.
Quant à l’intervention de la Chine, elle
ne peut facilement s’exercer ; il suffit
pour s'en convaincre de se reporter à la
carte du pays.
Incident Rochefopt.
M. Roche fort. — Parlez vous de la car
te sur laquelle figuraient des pépites d'or
et qui fut l'instrument de spéculations
véreuses. (Violent tumulte au centre).
M. Floquet invite M. Roche fort au si
lence.
M. Rochefort persiste et continue à
parler sur le même ton outrageant. Il est
rappelé à l'ordre.
Fin dn discours de M, de
Lanessan.
M. de Lanessan continue à développer
son plan d'organisation du Tonkin aor
milieu des conversations particulières et
de l'inattention générale.
Il descend enfin de la tribune au milieu
des cris de « la clôture, la clôture. »
M. Andrienx s'oppose à la clôture, de
mandant que les ministres de la guerre et
des affaires étrangères soient entendus.
La suite de la discussion est renvoyée,
à demain.
Paris, 23 décembre 6 h. 25, soir.
Le « Paris » prête au général Cam -
penon l'intention de soumettre à un con
seil d'enquête la question de savoir si *
oui ou non, le colonel Eerbinger doit être,
mis à la réforme pour intempérance.
— La Commission sénatoriale du re
crutement s'est occupée aujourd’hui du
projet de loi voté à oe sujet par la Cham
bre. au point de vue budgétaire ; elle a
nommé une commission de cinq membres
chargée d’étudier la question à ce point
de vue et de demander tous les renseigne
ments nécessaires au ministre de la guer
re.
— M. Buffet posera demain une ques~
tion à M. Goblet relativement à la sup~
pression de traitement de plusieurs es*
olésiastiques.
Le traité avec les Hovas
Paris, 23 décembre, 4 b. 47, soir,
renseignements complémentaire»
Le projet de traité avec les Eovas comp
te dix-neuf articles. Il a été signé le W
décembre à' Tamatave par l’amiral Miot t
M. Patrimonio et les plénipotentiaires,
Eovas.
Unaviso es a immédiatement emporté 1&
texte à Zanzibar d'où il a été télégraphié
en France le 21 décembre.
Le projet avait été envoyé à Madagas
car tout rédigé par M. de Freycinet. Il a,
été a.ccevté par les Eovas dans son inté
grité, sauf trois articles, dont deux d'uns
importance secondaire.
Une certaine latitude a été laissée aux
négociateurs français pour régler le mods
d'après lequel seraient indemnisés les
Français et les étrangers dont les intérêts
ont été lésés par les Eovas ou par les
opérations militaires.
Le mode adopté est le suivant :
La France indemnisera directement les
victimes et se fera rembourser au fur et
à mesure par les Eovas à des échéances et
sous une forme à déterminer par uns
convention ultérieure. En conséquence p
la France devient, dès aujourd’hui, l'in
termédiaire entre les Eovas et les étran
gers.
Tremblements de terre en Espagne
Paris. 23 décembre 8 h. 30, mat
Une dépêche de Madrid dit qu'un trem
blement de terre a eu lieu à Leiza, Lesac &
et Zubiela (Navarre).
On ne signale heureusement aucune vis-
tirne. . ... *
La reine Christine recevra aujourd hüE
le baron des Michels, notre ambassadeur
à Madrid, en audience de congé.
t'Kfifc’ËCTCKË U’ALGKb
depot legal
t j numéro 15 oentimee. ‘p/v) Vendredi, 25 décembre 1885
La Dépêche Algérienne
JOURNAL P0LIT1Û0E QUOTIDIEN
âx&feis.. ■
7XAJT0B...
ABONNEMENTS :
Trois mois Six mois Cn an
4.5© 9 «8
G 18 S4
ADMINISTRATION ET RÉDACTION.
Rne de îa Marine» n 9 9, ancien hôtel BaxU
Tontes tes a«HusRal»4iaa* «osui'cai «... «.*>« • b:: v
Algérie, être admséoa & I'à'SMRCïS HA ■?.*&■ -..v~ .•<>**».»* is, ^«Rik&ïv
m ffrau», le» «eBu*awi*.«tei!M *.*.«»■ ?e^s$s
4 Marïxiïsjs, «1ms ML 8ss*a»ï àUUSUL rot» $a&vÉn. a
.4 Paris, «Iuh KSI, AÙDBQIÏKS ai O, j?Ut* de i* 8o»«r* té
St p*r tam eorfWipra'ïfcsî»'
La DSJPBOH® ALOÔBIBKN» est pour l’insertion de» anaonee* ldgr*l®# JifdJiainiyos «t tutrsa «aci*?®®» powf la validité d©» jftwaaédxtr»*
•- r K) ‘■■.t
SERVICE TÉLÉGRAPHIQUE DE LA DÉPÈCH
LES CRÉDITS DU TONKIN
Paris, 23 décembre, 5 h. 30, matin.
La « Paix » croit possible que la dis
cussion des crédits du Tonkin soit ter
minée ce soir à la Chambre par le vote
pur et simple des crédits, lequel ne paraît
plus douteux avec la tournure qu'a prise
la discussion.
Paris, 23 décembre, 8 h. 38, matin
Le vote des crédits du Tonkin demandé
par le gouvernement parait assuré depuis
l'heureuse impression produite par la
signature du traité de Madagascar.
La discussion sera très abrégée.
M. Brisson parlera au début de la séan ■
ce.
« ■ii.iiiwimMiaMrttlBHWi"»*
A LA C HA MBRE
LES CRÉDITS DU TONKIN
Discours de M. Drisson
Paris, 23 décembre, 5 h. soir
M. Brisson monte à la tribune. Il dit
qu'il se propose répondre point par point
à l'éloquent discours prononcé hier par
M. Pelletaii et dont les conclusions sont
l'évacuation du Tonkin et de l'Annam.
Cette solution, comme toutes les au
tres. nécessiterait des négociations nou
velles, et dans le cas où on les entrepren
drait, il faudrait renoncer aux traités
que nous avons signés hier.
Entamer des pourparlers diplomatiques
dans de pareilles conditions, nous crée
rait une situation quelque peu humiliante
et .rendrait bien délicate latâohe des né
gociateurs qui agiraient au nom de la
France.
La commission, dont l'œuvre critique
est si complète, aurait bien dû apporter
ici sa solution et mettre la Chambre en
mesure de se prononcer en connaissance
de cause entre le gouvernement d'aujour
d'hui et celui de demain.
La question est ainsi posée :
La France doit elle abandonner une en
treprise presque terminée, déchirer des
traités signés par elle, abandonner des
populations auxquelles elle a offert l'abri
de son drapeau ?
Une pareille attitude de la France lui
porterait un préjudice plus grand que des
dépenses considérables. (Marques d'ap
probation).
Le president du conseil expose ensuite
quelle était la situation quand le minis
tère actuel a pris les affaires : les préli
minaires de la paix étaient signées, mais
la paix n'était pas encore assurée. Il a
envoyé des renforts pour parer à toutes
les éventualités, et comme tout le monde
reconnaissait que la clef de la situation
était à Euè, le général de Courcy y a été
envoyé ; mais ce n'est pas son arrivée
qui amena la fuite du roi d'Annam. La
-conduite du gouvernement dans l’Annam
était imposée par les circonstances.
On parle de négocier dans le but d'ob
tenir des avantages commerciaux, mais
peut-on négocier en commençant par
abandonner des gages que l’on tient “
gouvernement déclare hautement
qu'il n’abandonnera rien du patrimoine
national qu'il a reçu. (Applaudissements).
Il est impossible que la France déchire
les traités qu’elle a signés, car si elle le
faisait, qui voudrait désormais négocier
avec elle ?
On veut que nous abandonnions des
peuples qui ont embrassé notre cause !
Est-ce là une conduite digne de la généro
sité traditionnelle de la France?
Il est vrai qu'une démocratie a besoin
de toutes ses ressources pour réaliser ses
réformes intérieures, mais si cette dé
mocratie veut vivre et devenir un gou
vernement, elle ne doit pas abandonner
des entreprises qu’elle a presque termi
nées. car elle montrerait qu'elle n'a pas
en elle-même autant de confiance qu'en
montra la monarchie, (vive approbation).
Les sacrifices et les actes d'héroïsme de
notre armée nous imposent un devoir :
celui de ne pas les rendre stériles par un
abandon injurieux pour la mémoire de
ceux qui sont morts au Tonkin pour la
patrie. (Vifs applaudissements).
Il reste à organiser ce nouveau domai
ne, à y implanter notre protectorat, rien
que le protectorat.
Le moment n'est pas encore venu de
définir exactement ce que sera le protec
torat, dont les liens pourront être resser
rés ou relâchés suivant les circonstances.
La meilleure solution serait d* le régler
par un décret, comme en Tunisie. La
prérogative du Parlement pourra s'exer
cer sur ces décrets par voie d’interpel
lation.
Le rouage principal de cette organisa
tion serait l'installation d'un résident ci
vil dépendant d'un seul ministère, qui
pourrait être un ministère nouveau au
quel seraient rattachés toutes nos cole-
nies. (Mouvements divers).
Le protectorat s'exercerait àEué sur le
gouvernement central, et notre ministre
résident interviendrait dans la nomina
tion des gouverneurs de province.
Au Tonkin, le protectorat surveillerait
la perception des impôts.
Malgré les affirmations pessimistes,
l'armée d'occupation pourra être réduite
à une division, grâce à l'organisation
d’une armée indigène.
Quant aux dépeness de F occupation,il est
assez difficile de les déterminer dès main
tenant.
Le gouvernement attend un projet de
budget, mais dès aujourd'hui ont peut
dire que les revenus possibles du Tonkin
sont évalués à 100 millions par des per
sonnes compétentes. L’impôt foncier seul
a été évalué à 35 millions.
M. de Gassagnac, interrompant avec
persistance, est rappelé à l’ordre.
M. Brisson. — Et nous avons tout lieu
d’espérer que dans un temps relativement
rapproché, le Tonkin se suffira à lui-
même.
Enfin, au point de vue commercial, le
gouvernement espere que l’intelligence
du commerce français saura faire fruc
tifier ce sol arrosé du sang de nos sol
dats.
Nos adversaires reconnaîtront d’ail-
lenrs eux-mêmes que nos commerçants ne
pourront commercer avec la Chine qu’au-
tant que nous aurons avec ce grand pays
un voisinage immédiat.
Nous espérons d’ailleurs que nous réus
sirons au Tonkin, aussi heureusement
qu'à Madagascar, à concilier les intérêts
et l’honneur de la France.
M. Brisson termine en disant qu’il y a
dans l’affaire du Tonkin quelque chose de
plus important qu’une question de dé
bouchés commerciaux : il y a le prestige
et l’honneur de la France.
Le président du Conseil conjure la
Chambre de sauvegarder ce prestige et
cet honneur. (Applaudissements répétés à
gauche et au centre).
La séance est suspendue.
Paris, 23 décembre, 7 h. 50, soir.
Mscoups tle M. Georges Périn
if. Georges Périn réclame l’évacuation
du Tonkin parce que l'intérêt de la patrie
l’exige et que l’honneur le permet.
On allègue que le sang français ne doit
pas être répandu enpure perte. Mais avec
ce système, combien de pays nous fau
drait-il conquérir ?— Le sang français
n’a pas coule en pure perte quand il laisse
le souvenir dn grand nom de la France.
On vient nous opposer que la France a
apposé sa signature au bas d’un traité ;
mais l’intérêt supérieur de la patrie per
met toujours de déchirer les traités qui
sont manifestement cotraires à Y intérêt
du pays.
L’orateur soutient que l’intérêt com
mande de quitter le Tonkin, parce que
personne ne peut dire encore ce que coû
terait l’occupation. (Applaudissements à
l’extrême gauche — protestations au
centre).
M. Georges Périn s'attache à démontrer
que nc-us serons obligés à de nouveaux
sacrifices si nous restons au Tonkin. Il
montre les dangers du voisinage de la
Chine et termine en se prononçant pour
la politique des mains nettes. (Applaudis-
ments à droite et à l’extrême gauche. —
Cris : la clôture ! la clôture !)
La clôture mise aux voix est repoussée.
M. de Lanessan veut demander com
ment le ministère veut organiser le Ton
kin et l'Annam ?
M. Brisson indique d'une façon géné
rale son plan d’organisation du Tonkin
et déclare qu'il ne comprend pas la por
tée de la question de M. de Lanessan.
Discours de M. de Lanessan.
M. de Lanessan réplique qu'il ne veut
pas l'abandon du Tonkin, qu’il votera les
crédits, mais qu'il veut savoir qu’elle se
ra l'organisation que le gouvernement
veut installer au Tonkin. Si le gouverne
ment n'a pas des idées plus nettes sur ce
sujet que celles qui ont été développées
par le président du Conseil, il faut le
remplacer par un autre gouvernement.
(Bruits).
M. de Lanessan critique le plan du mi
nistère : il blâme l'organisation des
troupes indigènes et déclare qu'il serait
dangereux de laisser exister l'adminis
tration des mandarins et de permettre
au roi d'Annam de percevoir les impôts.
Ce serait laisser entre les mains du roi
et des mandarins le pouvoir de formen-
ter l’insurrection.
Il expose ensuite son plan d’organisa
tion du Tonkin qui, d'après lui, permet
trait de mainienir l'ordre et la sécurité
avec 6,000 hommes.
Quant à l’intervention de la Chine, elle
ne peut facilement s’exercer ; il suffit
pour s'en convaincre de se reporter à la
carte du pays.
Incident Rochefopt.
M. Roche fort. — Parlez vous de la car
te sur laquelle figuraient des pépites d'or
et qui fut l'instrument de spéculations
véreuses. (Violent tumulte au centre).
M. Floquet invite M. Roche fort au si
lence.
M. Rochefort persiste et continue à
parler sur le même ton outrageant. Il est
rappelé à l'ordre.
Fin dn discours de M, de
Lanessan.
M. de Lanessan continue à développer
son plan d'organisation du Tonkin aor
milieu des conversations particulières et
de l'inattention générale.
Il descend enfin de la tribune au milieu
des cris de « la clôture, la clôture. »
M. Andrienx s'oppose à la clôture, de
mandant que les ministres de la guerre et
des affaires étrangères soient entendus.
La suite de la discussion est renvoyée,
à demain.
Paris, 23 décembre 6 h. 25, soir.
Le « Paris » prête au général Cam -
penon l'intention de soumettre à un con
seil d'enquête la question de savoir si *
oui ou non, le colonel Eerbinger doit être,
mis à la réforme pour intempérance.
— La Commission sénatoriale du re
crutement s'est occupée aujourd’hui du
projet de loi voté à oe sujet par la Cham
bre. au point de vue budgétaire ; elle a
nommé une commission de cinq membres
chargée d’étudier la question à ce point
de vue et de demander tous les renseigne
ments nécessaires au ministre de la guer
re.
— M. Buffet posera demain une ques~
tion à M. Goblet relativement à la sup~
pression de traitement de plusieurs es*
olésiastiques.
Le traité avec les Hovas
Paris, 23 décembre, 4 b. 47, soir,
renseignements complémentaire»
Le projet de traité avec les Eovas comp
te dix-neuf articles. Il a été signé le W
décembre à' Tamatave par l’amiral Miot t
M. Patrimonio et les plénipotentiaires,
Eovas.
Unaviso es a immédiatement emporté 1&
texte à Zanzibar d'où il a été télégraphié
en France le 21 décembre.
Le projet avait été envoyé à Madagas
car tout rédigé par M. de Freycinet. Il a,
été a.ccevté par les Eovas dans son inté
grité, sauf trois articles, dont deux d'uns
importance secondaire.
Une certaine latitude a été laissée aux
négociateurs français pour régler le mods
d'après lequel seraient indemnisés les
Français et les étrangers dont les intérêts
ont été lésés par les Eovas ou par les
opérations militaires.
Le mode adopté est le suivant :
La France indemnisera directement les
victimes et se fera rembourser au fur et
à mesure par les Eovas à des échéances et
sous une forme à déterminer par uns
convention ultérieure. En conséquence p
la France devient, dès aujourd’hui, l'in
termédiaire entre les Eovas et les étran
gers.
Tremblements de terre en Espagne
Paris. 23 décembre 8 h. 30, mat
Une dépêche de Madrid dit qu'un trem
blement de terre a eu lieu à Leiza, Lesac &
et Zubiela (Navarre).
On ne signale heureusement aucune vis-
tirne. . ... *
La reine Christine recevra aujourd hüE
le baron des Michels, notre ambassadeur
à Madrid, en audience de congé.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 86.49%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 86.49%.
- Auteurs similaires Robe Eugène Robe Eugène /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Robe Eugène" or dc.contributor adj "Robe Eugène")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bd6t5432978/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bd6t5432978/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bd6t5432978/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bd6t5432978/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bd6t5432978
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bd6t5432978
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bd6t5432978/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest